Il est Suisse et conteur. Je dis "conteur" parce que ce qu'il écrit est digne d'être lu ou simplement raconté lors de veillées douces, vous savez, de celles où l'on en profite pour raconter les histoires de famille, de la région, les légendes et contes qui tricotent les traditions et jalonnent l'histoire du pays de mille anecdotes.
On dit de lui qu'il a été assez fainéant pour ne pas pondre une seule ligne de la thèse qu'il devait rendre, et qu'il n'a strictement rien fichu pendant les douze années où il est resté à Paris, là où il pensait ne faire un séjour que de six petits mois.
En réalité, il se destinait à autre chose, puisqu'il a laissé bon nombre d'oeuvres derrière lui.
Ramuz, c'est un peu comme Giono ; des récits liés à sa terre, à son ciel, avec ses histoires pas comme les autres.
Derborence, dont je vous parle un peu sur le fil Voyages et Randonnées
http://liensutiles.forumactif.com/voyages-randonnees-f10/derborence-t17039.htmest le titre du livre qui raconte cette histoire terrible de la montagne tombée en bas, une nuit pas faite comme les autres, plongeant plusieurs villages dans le deuil ; c'est que les bergers venaient d'arriver à Derborence avec leurs troupeaux, et qu'ils ont été engloutis en cette nuit diabolique sous des tonnes de rochers plus gros que des maisons quand la montagne s'est effondrée sur eux.
Les détails sont saisissants, les comparaisons crues et poétiques à la fois, on sent qu'il aime sa terre, cet homme là, et qu'il la vit, et qu'il la vibre.
Je ne suis pas étonnée de savoir que Giono le prend pour exemple, on sent qu'il tient un pinceau entre ses doigts, tandis que se forment les mots sous sa plume. Un chant du profond.
Derborence, le mot chante triste et doux dans la tête pendant que se penche sur le vide, où il n'y a plus rien, et on voit qu'il n'y a plus rien...