Cormac McCarthy, c'est l'auteur entre autres de
No country for old men, le roman qui a été adapté au cinéma par les frères Coen il y a deux ans.
Le film est parait-il superbe, je ne l'ai pas vu.
Du coup, McCarthy a pris un peu plus de place subitement sur les tables des libraires.
Et c'est plutôt une bonne chose.
La route, notamment, a "conquis" pas mal de lecteurs et le bouche à oreille à bien fonctionné.
Bon, soyons clairs dès le départ : ce bouquin est un chef d'oeuvre, comme je n'en avais pas lu depuis bien longtemps.
Probablement un des plus beaux romans que j'ai pu lire d'ailleurs. Mais beau, c'est même pas le mot. Les mots seraient plutôt : dense, poétique, vibrant, profond.... et encore même tout ça semble des expressions galvaudées.
C'est chiant les critiques artistiques, on a l'impression que toutes les expressions ont déjà été usées jusqu'à la corde et ont perdu toute leur force. Bon enfin, excusez pour cet aparté.
Le contexte du roman, c'est la terre après l'apocalypse, il y a un père et son petit garçon, qui arpentent
la route , en essayant de pas mourir de faim, ni de froid, et de pas se faire attraper par ceux qui sont devenus cannibales après la fin du monde.
L'écriture est très spéciale. C'est en partie liée au contexte je pense. Car il ne se passe "rien" d'une certaine façon dans ce roman, pas d'histoire linéaire, pas de rebondissements, pas de quoi que ce soit d'habituel en fait.
Juste un père et son fils au milieu de nulle part, le monde dévasté, on ne sait même pas pourquoi et ça n'a pas du tout d'importance à ce stade.
Ils n'ont pas de nom, à quoi ça leur servirait ? les noms c'est fait pour être appelés, et il n'y a personne pour les appeler.
Honnêtement je ne sais pas où McCarthy a été chercher tout ça en lui, mais ça touche un truc qui est dans chaque être humain à mon avis. Ca touche un peu le "centre" de ce qu'on est, et de la vie, dans un monde qu'on imagine ne devoir jamais finir, le contact avec ce monde, la pensée et la conscience de la mort.... en fait tout ce qui fait l'humain je crois.
Il y a des livres qui entrent dans ma bibliothèque, et qui en ressortent après avoir été lus. Il y a beaucoup de livres qui sont agréables à lire, mais qui s'oublient assez vite. Il y a aussi beaucoup de livres qui sont vraiment très bien, et qui laissent une empreinte.
Mais celui-ci est un cran en-dessus de tout ça.
Il rejoint l'étagère de ma bibliothèque où il y a les "piliers", c'est à dire les livres
importants et qui m'accompagnent sur...
la route.

A côté de Steinbeck, Camus, et quelques autres...