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Le rapport de Brodeck, Philippe Claudel, ed. Stock

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gohelan




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MessageSujet: Le rapport de Brodeck, Philippe Claudel, ed. Stock   Jeu 15 Mai 2008 - 12:19

« Le rapport de Brodeck. »

On ne sait pas d’où il vient Brodeck. Seulement d’où il revient et d’où il ne devait pas revenir. Il en revient et y est encore dans le camp de la mort. Il n’y niche plus, « le chien Brodeck », mais le camp l’habite toujours.
Brodeck…brodequins…Brodeck marche sa vie aux parcours subis, juif errant de malédictions en souffrances quel que soit le lieu où il se pose. Souffre-t-il encore quand pour survivre, il a dû abandonner sa dignité ?
Brodeck livre son histoire en vrac, d’un lieu à un autre, en avant, en arrière, au présent : il démêle les nœuds de sa pelote de barbelés dont chaque piquant saigne.
Victimes et bourreaux à la promiscuité parfois fraternelle partagent le bien, partagent le mal : le bien qui procède de l’amour, de l’harmonie avec la nature, de la générosité et de la culture ; le mal de l’ignorance, de la bêtise, de la lâcheté, de la cupidité et des peurs.
Mais une fois lancée la toupie du mal, le tourbillon qu’elle entraîne n’a plus de limites que la mort et les atrocités : exit la différence, la vérité, le droit, la dignité, la vie.
L’écriture est belle, simple, sans effet. On en oublie la forme au profit du contenu riche, poignant, chirurgical, sur un moment de réalité d’une communauté villageoise entre guerre et après guerre. Après la réalité paroxystique d’un état d’exception où les pulsions les plus malsaines se sont déchaînées, il s’impose de mettre le couvercle sur la vérité sous peine de conduire la communauté à un éclatement destructeur. Celui qui sait ou a deviné et compris doit se taire, partir ou mourir.
Ne faudrait-il pas que l’espèce humaine disparaisse finalement pour que la terre tourne rond ? L’homme n’est-il pas l’élément de déséquilibre qui conduit le monde à la mort ?
J’ai repensé au « choix de Sophie » et à Kafka. De la poésie en plus, une porte qui reste ouverte en fin.

J'ai aimé ce livre et je vous le recommande: il relativise beaucoup de nos petites peines...Gohelan.
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