Pierre Bachy

Inscrit le : 06 Aoû 2004 Messages : 185 Localisation : Belgique
 | Sujet: Amitié bafouée Ven 27 Aoû 2004 - 8:32 | |
| Bonjour,
Un livre qui m'a touché...
Le Dernier Ami de Tahar Ben Jelloun
Il s’agit de l’histoire d’une amitié. Celle qui unit Mamed et Ali de l’adolescence à la maturité durant une trentaine d’années, au lendemain de l’indépendance du Maroc. On dirait qu’ils ont tout vécu ensemble : les émois, l’éveil à la sensualité, la drague, les films goûtés en commun, puis la découverte de la politique et de l’engagement, le service militaire et les prisons de la monarchie, les études et le mariage. Entre les deux jeunes gens, l'amitié s'apparente à une histoire d'amour qui tourne mal. La jalousie s'en mêle, alimentée de rumeurs et de malentendus. L’incident intervient à mi-vie: un jour, l’un décide de rompre les ponts. De ne plus voir l’autre. Sans lui fournir la moindre explication. Le genre d’expérience dont les âmes les mieux trempées ne ressortent pas sans des blessures qui mettent une vie au moins à se cicatriser. Du moins est-ce ce que l’on croit. La première partie est constituée du récit de l’un, la deuxième du récit de l’autre, et la troisième de la synthèse faite par leur ami commun. Quand on écoute la version d’Ali, on se dit que Mamed est un ingrat. Mais quand on découvre ensuite celle de Mamed, on comprend: il se mourrait d’un cancer et ne voulait pas imposer le spectacle dégradant de cette mort lente à son dernier ami. Jusqu’au coup de théâtre final, on comprendra que cette " trahison " n’en était pas une. Mamed meurt en laissant à son ami une lettre posthume. Roman cruel et dérangeant sur l'amitié. L'amitié est beaucoup plus tragique que l'amour, car elle dure plus longtemps. L’histoire d'amitié pourrait se résumer à un contrat par lequel on s'engage à rendre de petits services afin qu'on nous en rende de grands. Les sentences ou observations des deux personnages semblent ponctuer de sagesse leurs élans ou leurs indignations. Tous ces fragments, par l'humour, la colère, le regard aigu, le retour sur soi sans excessive complaisance célèbrent les beaux instants sans jamais les diluer dans un lyrisme consolant, mais surtout concourent tous à une recherche obstinée de la "vraie vie". L'auteur parle par impressions, souvenirs, rythmant un amour constant de la vie. Une amitié précieuse dans ses affirmations, ses doutes ou ses détours qui se fertilise au fur et à mesure du récit. La langue soutenue, subtile, et même charnelle, nous concerne et nous implique. Dès lors, « Le Dernier Ami » nous fait pénétrer davantage dans la réflexion. http://users.skynet.be/pierre.bachy/taharbenjelloun-dernierami.html
Cordialement
Pierre  _________________ *** La culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale (Ed. Herriot) *** |
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