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serena_de

Nombre de messages: 281 Age: 54 Localisation: Ô mon païs, Ô Touououlouuuuuseeee (Mode Bluuue'ssss) Date d'inscription: 21/06/2007
 | Sujet: René Char Sam 23 Juin 2007 - 17:01 | |
| Je voudrais vous conseiller ce livre ; mais je ne sais s'il est toujours édité. René Char : Christine Dupouy. Edition : Les Dossiers de Belfond.Au dos de ce livre :
"le premier geste du poète, naissant, à la poésie, aura été d'abréger en Char, la patronyme familial de Charlemagne'.
Fils de platrier, Char parle une langue enracinée dans son Vaucluse natal, ce coin de France entre Rhône et Sorgue, Apt et Montmirail. Mais dépassant le terroir revendiqué, l'homme s"élève à l'universel, l'homme s'élève à l'universel en entretenant son dialogue avec les anciens.......
René Char-charron et forgeron - s'est construit à coups de marteau dans une violence qui culmine à l'époque de la Résistance. Chez lui la lutte armée, l'apprentissage de la fraternité et la découverte de la beauté du monde ont côïncidé. Ami des peintres et des musiciens - René Char est devenu, comme eux, proche de cette matière qui est l'esprit.
Le livre de critique de Christine Dupouy comprend : un essai liminaire, une étude sur chaque recueil et titres publiés, une bio-chronologie, une biographie.- Dans le cercle de l'oeil le monde tout entier est enclos, c'est la vie même :
...art rupestre, art magique, art païen, art inclassable, art roman, etc, art de nos yeux.
Observez ce tableau : l'oeil gauche est celui du métier, l'oeil droit est un cercle empli de noir. Ni borgne, ni aveugle pourtant. C'est la nuit à côté du jour. C'est la vie". René Char J'ai retenu de lui que son dialogue avec les autres arts : La musique, la peinture et la danse. Je laisse aux philosophes celui de son rapport avec la philosophie.
Débris mortels et Mozart : ....soudain l'allegro, defi de ce rebut sacré, perce et reflue vers les vivants, vers la totalité des hommes et des femmes en deuil de patrie intérieure qui, errant pour n'être pas semblables, vont à travers Mozart s'éprouver en secret...
Peinture et poésie : la part des circonstances. Au temps de l'art roman, les écoliers et les artistes avaient le même oeil rond. Je me posais à côté de l'oiseau. Tous deux nous nous observions, ressemblants.
René Char évoque souvent le rêve du peintre, Braque, qui aurait aimé exposer ses toiles aux Palais des Papes, où souvent aboutissaient ses promenades :
Les murs nus des salles intérieures le fascinaient. "Un tableau accroché là, pensait-il, s'il tient, est verifié".
Braque confie à René Char en parlant des choses : Je leur donne désir de lumière, curiosité d'ombre, avidité de construction. Ce qui importe, c'est de fonder un amour nouveau à partir d'êtres et d'objets jusqu'alors indifférents.
....Nicolas de Stael, nous laissant entrevoir son bâteau imprécis et bleu, repartit pour les mers froides, celles dont il s'était rapprochée, enfant de l'étoile polaire.
René Char s'est fait l'écho des autres poètes.
Rimbaud : Oh ! les pierres qui se cachaient - les fleurs qui regardaient déjà (les illuminations).
René Char : Les pierres se serrèrent dans le rempart, et les hommes vécurent de la mousse des pierres.
Je pleure quand le soleil se couche parcequ'il te dérobe à ma vue et parce que je ne sais pas m'accorder avec mes rivaux nocturnes. Bien qu'il soit au bas et maintenant sans fièvre, impossible d'aller contre son déclin, de suspendre son effeuillaison, d'arracher quelque envie à sa lueur moribonde.... ..Je n'ai pleuré en vérité qu'une seule fois. le soleil en disparaissant avait coupé ton visage. Ta tête avait roulé dans la fosse du ciel et je ne croyais plus au lendemain..... (L'inoffensif).
Echo :
Victor Hugo : le boeuf souffre, le char se plaint René Char : l'esprit souffre, la main se plaint. l'amour entre eux comme un sextant écorché.
Victor Hugo : Grattez le juge vous trouverez le bourreau. René Char : Creusez le phénix, vous dégagerez,, Sodome le tigre.
Et pour notre actualité d'aujourd'hui : " Les déceptions tamisent. Nous peinons pour l'entrepreneur". R. Char. L'histoire nous rattrape.A lire donc ce livre référencé. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: René Char Sam 23 Juin 2007 - 18:53 | |
| René Char Fureurs et mystèreLettres à Hypnos28 - Il existe une sorte d'homme toujours en avance sur ses excréments. 50 - Face à tout, A TOUT CELA, un colt, promesse de soleil levant ! 56 - Le poème est ascension furieuse ; la poésie, le jeu des berges arides 62 - Notre héritage n'est précédé d'aucun testament. 71 - Nuit, de toute la vitesse du boomerang taillé dans nos os, et qui siffle, siffle... 96 - Tu ne peux pas te relire mais tu peux signer. 103 - Un mètre d'entrailles pour mesurer nos chances. 131 - A tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s'asseoir. La place demeure vide mais le couvert reste mis. et d'autres, et d'autres, VIVE LA RESISTANCE ! merci serena_de, je ne m'étais pas replongé dans Char depuis longtemps. |
|  | | le Veilleur

Nombre de messages: 260 Date d'inscription: 07/09/2006
 | Sujet: Re: René Char Sam 23 Juin 2007 - 19:16 | |
| Le poète nous paye avec des mots. C'est son métier. C'est parfois très joli mais je ne suis pas sûr que ce soit toujours très profond, sous des apparences trompeuses. |
|  | | bertrand-mogendre Bienveneur bucolique

Nombre de messages: 2946 Age: 54 Localisation: ici et là Date d'inscription: 09/03/2006
 | Sujet: Re: René Char Dim 24 Juin 2007 - 11:14 | |
| serena_de nous invite à découvrir René Char. le veilleur, lui, a déjà sa petite idée | Citation: | | Le poète nous paye avec des mots. C'est son métier. C'est parfois très joli mais je ne suis pas sûr que ce soit toujours très profond, sous des apparences trompeuses. | As-tu donc déjà été déçu par cet écrivain ? *"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"* là où le vent se pose, je m'installe un moment (bertrand-môgendre)
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|  | | serena_de

Nombre de messages: 281 Age: 54 Localisation: Ô mon païs, Ô Touououlouuuuuseeee (Mode Bluuue'ssss) Date d'inscription: 21/06/2007
 | Sujet: Ôn peut aimer ou ne pas aimer... Dim 24 Juin 2007 - 11:42 | |
| Le veilleur, oui, ce n'est pas toujours le cas ; il y a bien des apparences trompeuses. Mais n'allons pas juger René Char de cette manière, là. Il mérite, bien lui, tout notre respect. - L'action de la justice est éteinte là où brûle, où se tient la poésie, où s'est réchauffée quelques soirs le poète. - J'aime qui respecte son chien, affectionne ses outils, n'écorce pas l'arbre pour en punir la sève, ne mouille pas leVin hérité, se moque de l'existence d'un monde exemplaire....  |
|  | | le Veilleur

Nombre de messages: 260 Date d'inscription: 07/09/2006
 | Sujet: Re: René Char Dim 24 Juin 2007 - 16:55 | |
| Désolé si j'ai froissé les admirateurs de René Char. Je vois dans les réflexions qui nous sont présentées ici de jolies formules; mais en matière de pensée pure (je ne parle donc pas de poésie proprement dite), j'ai appris à me méfier de ce qui était trop littéraire, et je suis résolument pour la clarté et la simplicité. |
|  | | serena_de

Nombre de messages: 281 Age: 54 Localisation: Ô mon païs, Ô Touououlouuuuuseeee (Mode Bluuue'ssss) Date d'inscription: 21/06/2007
 | Sujet: Je suis d'accord... Dim 24 Juin 2007 - 17:36 | |
| Le_veilleur, je ne suis pas seulement admirtarice de René Char, j'ai profité de ce centenaire pour le citer. sourire.
Ainsi de l'art du poète ou autre artiste, ou de toi même, le_veilleur, de vous mêmes ; si je porte mon regard sur les productions poétiques contemporaines, je remarque que le public de poèsie (oy d'autres arts) se compose d'un noyeau dur de poètes et d'artistes, et d'un noyau dur de lecteurs, et que tout autour, d'autres viennent graviter dont vous faites parti.
Aujourd'hui, je vais me promener sur ce site, pour découvrir, les oeuvres publiées. ."l |
|  | | Sbreccia Corse au cub' mais presque

Nombre de messages: 1434 Localisation: Pensif... Date d'inscription: 04/08/2005
 | Sujet: Re: René Char Mar 22 Sep 2009 - 22:43 | |
| René Char alias "Capitaine Alexandre" Le boulanger n’avait pas encore dégrafé les rideaux de fer de sa boutique que déjà le village était assiégé, bâillonné, hypnotisé, mis dans l’impossibilité de bouger. Deux compagnies de S.S. et un détachement de miliciens le tenaient sous la gueule de leurs mitrailleuses et de leurs mortiers. Alors commença l’épreuve. Les habitants furent jetés hors des maisons et sommés de se rassembler sur la place centrale. Les clés sur les portes. Un vieux, dur d’oreille, qui ne tenait pas compte assez vite de l’ordre, vit les quatre murs et le toit de sa grange voler en morceaux sous l’effet d’une bombe. Depuis quatre heures j’étais éveillé. Marcelle était venue à mon volet me chuchoter l’alerte. J’avais reconnu immédiatement l’inutilité d’essayer de franchir le cordon de surveillance et de gagner la campagne. Je changeai rapidement de logis. La maison inhabitée où je me réfugiai autorisait, à toute extrémité, une résistance armée efficace. Je pouvais suivre de la fenêtre, derrière les rideaux jaunis, les allées et venues nerveuses des occupants. Pas un des miens n’était présent au village. Cette pensée me rassura. À quelques kilomètres de là, ils suivraient mes consignes et resteraient tapis. Des coups me parvenaient, ponctués d’injures. Les S.S. avaient surpris un jeune maçon qui revenait de relever des collets. Sa frayeur le désigna à leurs tortures. Une voix se penchait hurlante sur le corps tuméfié : «Où est-il? Conduis-nous », suivie de silence. Et coups de pied et coups de crosse de pleuvoir. Une rage insensée s’empara de moi, chassa mon angoisse. Mes mains communiquaient à mon arme leur sueur crispée, exaltaient sa puissance contenue. Je calculais que le malheureux se tairait encore cinq minutes, puis, fatalement, il parlerait. J’eus honte de souhaiter sa mort avant cette échéance. Alors apparut jaillissant de chaque rue la marée des femmes, des enfants, des vieillards, se rendant au lieu de rassemblement, suivant un plan concerté. Ils se hâtaient sans hâte, ruisselant littéralement sur les S.S., les paralysant « en toute bonne foi ». Le maçon fut laissé pour mort. Furieuse, la patrouille se fraya un chemin à travers la foule et porta ses pas plus loin. Avec une prudence infinie, maintenant des yeux anxieux et bons regardaient dans ma direction, passaient comme un jet de lampe sur ma fenêtre. Je me découvris à moitié et un sourire se détacha de ma pâleur. Je tenais à ces êtres par mille fils confiants dont pas un ne devait se rompre. J’ai aimé farouchement mes semblables cette journée-là, bien au-delà du sacrifice. (René Char, Feuillets d’Hypnos |
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