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 Demain MEurt À MinuitVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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shunga




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MessageSujet: Demain MEurt À Minuit   Mer 17 Oct - 16:25

Prologue du second volume du triptyque.
Qui devrait sortir prochainement. Dès que ça m'amusera de jouer aux éditeurs.

Même héros. Changement de style. Changement de rythme. Changement d'émotions. Aïe.
Que de changements

Je est un autre.





À tous les enfants morts,
Et nos pères et mères, ces assassins…



Prologue






Elle est morte. On pourrait même dire qu’elle est morte et enterrée. Complètement crevée la gonzesse, la pouf, la putasse, la chérie de ma vie, de ta vie, ta mère, ta fille et ma femme ; les qualificatifs subalternes du verbe amour ; le mot de la fin au début de l’histoire. Raconte-moi un mouton, dessine-moi un tombeau. Appelle-moi Saint Ex. Hors de… tout, toi, moi… Hors de…Tout toi moi… Hors de… Ex !
Synopsis : âme pétrifiée dans la poussière d’un cercueil solitaire au regard calcifié cinq pieds sous le seuil de l’entre-monde en l’obscure ferveur d’une fenêtre fermée sur une vie mortifère ; et tout ce qui ne sera plus : elle, moi, Nous. Elle est morte.
Surprise !
Oui, je sais que ça t’enthousiasme Monde. Tu en éjaculerais des arcs-en-ciel sur fond de couchers de soleil si tu ne ressentais la peur d’une explosion bileuse ; l’éjac facial des miasmes que je te crache à la gueule, dégobille sur ta calebasse cramoisie d’hypocondrie, affadie d’électricité. Les Watts purificateurs d’ethnies et le filament incandescent en brûleur de cornées. Il fait si sombre à la lumière.
Aveugle !
Allons, tu ne te souviens pas de moi ? Stéphane ? Le paladin de ses princesses ? Ça ne te dit rien ? Pourtant, je t’avais raconté de quelle façon j’avais rencontré celle qui deviendrait ma femme, mon égérie, et finalement ma pierre tombale, marbrée de l’éternel, cinquante-six tonnes et épitaphe de merde. J’étais devenu un héros pour toi, et ensemble nous allions changer le monde. Le monde, celui qui tue, torture, opprime, déprime, comprime, toujours par derrière, en douce mais sans douceur, plus de tunes pour la vaseline, plus de mailles pour la sardine. Le tissage trop serré infirme, endort l’esprit, tord la réflexion, le rêve se meurt et la révolte se terre. C’est trop facile Monde !
Ouep Bonhomme, t’as bien compris, c’est de toi que je parle. Non pas de toi mais de TOI. Laisse, c’est à toi que je parle Monde. Il est venu le temps des Vérités. Oui, le temps est venu de faire éclater ton immoralité. Le vice vissé à la peau. Peau du coup peau de genoux. Râpé. Spleen idéalisé, splif idéacidé. L’idéation qui suivra sera homicidaire. Certitude de l’absolu.
Abscons ? Laisse venir et ça viendra disait papa.
Stéphane, c’est ainsi que l’on me prénomme ; un prénom pour la vie un prénom pour toujours ; le mot le plus personnel et le plus intime que nous n’aurons jamais ; un mot imposé par un autre, souvent maladroit parfois inconscient, ou juste idiot ; un mot appliqué comme une marque de naissance, fer rouge ou fer noir pour la vie et le toujours ; le mot qu’il nous faudra apprendre, apprivoiser, accepter ; un mot pour se définir, se reconnaître, s’aimer ou se détester.
Physiquement, je suis toujours aussi grand et toujours aussi maigre. En réalité, il n’y a que peu de différences entre hier et aujourd’hui si ce n’est un certain nombre de demains oubliés dans le filigrane d’une photo souvenir désagrégée.
Mon âge précis ? Oh non Monde ! Ce serait trop simple. La seule chose que tu as besoin de savoir c’est que lorsque nous nous sommes quittés j’avais dix-neuf ans et que j’étais allongé sur une plage, un trou dans le bide, victime d’un coup de couteau et d’idées chevaleresques. La seule chose que tu as besoin de savoir c’est que j’allais changer le monde, que Nous allions changer le monde.
Depuis, le temps a passé, un sacré morceau de fichu temps on pourrait dire. On en a fait des choses avec Aurélie, Bob et Jack.
Ok Monde, rien n’a vraiment changé si ce n’est empiré. L’empire a l’emprise d’une main acidulée ferreuse hein. Tu m’étonnes ! On a essayé mais pas réussi. C’est là la seule chose dont nous puissions être jugés. Coupables. Condamnés à la perpète. Aliénation ouvrière, galère urbaine, aide-socialisation à fond. C’est à peu près ce qu’on a récolté ; une bonne récolte soit dit en passant. Mais bon, pas de quoi en faire un œuf sur le plat ni même se brouiller. D’ailleurs ça fait un bout de temps que les poules ne pondent plus d’œufs. Ça ou autre chose, ça ne choque plus personne. On dirait bien que les bouts de temps s’accumulent pour tout le monde. Avec quoi au bout ? Rien. On doit pas manger assez de bananes. Je sais pas. Peut-être que tous ces bouts de temps mis bout à bout ça pourrait faire une histoire, ou une éternité, peut être... Laisse… Je vais me rouler une clope.
Tu veux que je te plante le décor ? Ok. Fais gaffe, les racines en sont tortueuses et profondément entortillées dans la boue nauséabonde de la misère sociale. Si tu veux une image on pourrait dire que cela ressemble à ces palétuviers qu’on peut voir dans notre télé, sur la cinquième, par un bel après-midi emmerdant ; la culture est toujours emmerdante, surtout celle de pays où nous n’irons jamais. À la place d’un fleuve filant libre et sauvage entre les racines de l’arbre, ce serait plutôt fange paludéenne et stagnation puante, le tout emberlificotées dans des circonvolutions quadridimensionnelles sans queue et surtout sans tête. Nous, nous sommes en dessous du centre de l’arbre, baignant dans l’eau fétide, les regards abandonnés vers des ailleurs perdus, loin derrière ces barreaux de bois encombrés des immondices de notre nature. Inextricable.
Je suis assis dans ma cuisine. Papier peint floral délavé, printemps sur fond de poubelle pleine. Ça déborde. Tout déborde. Et je me saborde avec conscience et patience, la patience de l’évadé. Oh oui je voudrais m’enfuir, partir pour ne plus dépérir, changer de peau de tête de vie pour ne plus jamais revoir son image-visage hanter mes nuits concentriques. Je la vois apparaître dans le noir, ce si doux minois, charme bellissimo turbo direct injection. Il flotte dans l’air enfermé par mes fenêtres calfeutrées. Je ne veux plus rien voir qu’elle. Mais je ne peux plus l’avoir non plus. Elle est morte.
Dans ma cuisine, il y a une table. C’est une table tout ce qu’il y a de plus banale, en bois avec quatre pieds et une planche tailladée d’innombrables coups de couteau. Pleure pas Monde, les tables sont en bois mort. La mienne n’a même pas souffert. Il ne reste plus qu’une chaise sur laquelle je me suis assis ; les autres gisent dans un coin, brisées par la fureur du vide, exploatomisées contre un mur de plâtre. Les chaises ne sont plus, le bois reste mort.
Sur cette table qui ne servira plus à grand-chose, j’ai posé un verre. Un verre vide tellement calcairisé par l’eau domestiquée de nos robinets qu’il en parait plastifié. Les verres blancs en symbole d’une génération dégénérescente ; ou bien déjà dégénérée ? Je ne serai pas digéré, juste oublié, et par-delà moi le peuple sera sacrifié sur un billot érigé en forme de billet Place de la Bourse. Il y aura quelques survivants et parmi eux un malin appellera ça la Place de la Bourde pour faire intelligent devant ses potes. Il le dira juste au moment où un historien traînant l’ouïe attentive ou attentiste – forcément puisqu’un historien ne crée rien, il vole seulement l’histoire des autres – attrapera le lamentable jeu de mots et en fera une légende. L’auteur crèvera aussi minable soit-il oublié de tous.
Derrière le verre se trouvent six bouteilles. Pourquoi six ? Parce que le septième jour j’aurai besoin de repos ou parce que le dimanche est traditionnellement le jour de cuve des baltringues trop flippés de la vie pour avoir les couilles de se bouger un peu le cul. Le défonçage de gueule c’est bien plus facile. D’ailleurs c’est ce que je vais faire moi aussi, me défoncer la gueule. Sauf que vu que j’ai des balloches grosses comme les valoches accompagnant tes six heures du mat’, moi je commence mon défonçage de gueule le lundi. First day last time. Pas de pitié pour le monde ! Tu veux te taper avec moi ? Viens je suis prêt. J’attends que ça depuis le jour de, le jour de le jour de, tous les jours de !
Six bouteilles. Pas pour les jours de la semaine, j’en n’ai rien à foutre. Non, six bouteilles pour toutes les fois où je suis mort. Allez on commence ! Une vodka pour mes six ans please boy ! Sans glace. T’es un guerrier ou la moitié d’un ? La glace endort les papilles or moi je veux papillonner, la sentir passer, crier, cracher le feu alcoolisé de mes abjections subjectives. Cul sec ! Alors essaie pas de m’enculer ça passera pas. La porte est fermée. Le pouvoir de dire oui on a vu ce que ça donnait, merci bien. Maintenant c’est non. Suivrons whisky, gin, tequila, une bouteille de rouge pour rincer et s’achever par la verte Chartreuse.
Un sacré programme hein Monde ! Des comme ça on n’en voit pas tous les mercredis et encore moins en panoramique. Le scénar est moyennement drôle cette fois-ci. Mais rassure-toi, je suis pas là pour te faire pleurer. Je suis là pour te raconter la suite de l’histoire avant de partir.
Tu te rappelles ? On devait changer le monde. Y a eu comme un contretemps oserai-je dire. Ici ou là, c’est le même prix pour tout le monde. La Mort ne fait jamais de soldes. Par contre elle en connaît un rayon en « liquidation totale » et en « tout doit disparaître ». Ne jamais baisser le prix. Ils finiront toujours par payer. Elle le sait et l’applique. Alors crache la monnaie bonhomme. Schling Schling !
Elle est morte. Comment ? Pas d’importance. Pourquoi ? Qui saurait ? Où ? On s’en fout. Il n’y a que l’homme pour poser des limites. La vie s’en moque elle de l’espace et du temps. Nous, faut bien qu’on se rassure à défaut d’assurer. Assurance sur la vie. Combien vaut ta vie ? Et la mienne ? Et nos souvenirs ?
La vie est passée dans son corps, dans le mien et entre nous, puis s’en est allée. Petite hirondelle conflictuelle, l’orage arrive, bouge de là. Le bonheur n’est pas pour toi bonhomme. La foudre, l’innocente, comme pour t’absoudre de l’aléatoire sur lequel tu n’auras jamais d’emprise. Ça fait peur. Assurance pour coup de foudre. Jamais sous un arbre. Un paratonnerre je veux bien, mais pas trop près, je ne veux plus être électrisé ! Frappe ! Je sais pas où, mais pas trop loin que je contemple ta beauté, iridescente, monochromatique. Et ne me regarde plus car je n’existe plus.
Le premier jour c’était hier. Tu te rappelles Monde de cette rencontre ? Aurélie ma petite fermière blonde à la robe de printemps, si jolie, si douce. Dream for eternity. Si tout. Un ange luminescent en suspension irradiante. Sa beauté et sa douceur contaminaient les alentours ; un tour pour rien passe la main ; les oiseaux chantaient ; qu’ils pleuvent qu’ils ventent que les sapins majestueux se pétrifient de glace, elle aurait fait fondre un arc-en-ciel pour l’exploser en feu d’artifice. La vie. Brillante illusionniste. Magique Aurélie, toi qui voyais dans le noir de chaque cœur, le sourire d’une rose amoureuse de l’espace et du temps. Un homme redevenait un homme en ta présence. Combien ont craqué ? La multitude. Et c’est moi qui partageais tes nuits. Nuits de poème ; languide lune qui me coiffe d’un oripeau de vainqueur tranquille ; languide lune qui te coiffe d’une pâleur mortelle. Rien ne sera plus. Et tout ce qui était avec toi… Il ne reste qu’hier pour te faire vivre. Tous les demains s’en sont allés sur les ailes de cette hirondelle. Il fait toujours meilleur ailleurs.
Nous avons vécu des années ensemble. Aurélie et moi c’était le Tout. Sans elle, je ne suis rien. Clic Clac.
Mon verre est vide mais crois-moi je vais les remplir. Fais tes jeux rien ne va plus.
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Laconfiture
Palala



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MessageSujet: Re: Demain MEurt À Minuit   Mer 17 Oct - 22:16

Raconte-moi un mouton, dessine-moi un tombeau. Appelle-moi Saint Ex.
Un trou dans le bide, victime d’un coup de couteau et d’idées chevaleresques.
Peut-être que tous ces bouts de temps mis bout à bout ça pourrait faire une histoire, ou une éternité, peut être... Laisse… Je vais me rouler une clope.
Papier peint floral délavé, printemps sur fond de poubelle pleine. Ça déborde. Tout déborde.
Moi je commence mon défonçage de gueule le lundi. First day last time.
Tu veux te taper avec moi ? Viens je suis prêt. J’attends que ça depuis le jour de, le jour de le jour de, tous les jours de !


C'est dans ces moments là, où j'ai l'impression que les mots me rentrent dans le bide et tordent à peu près tout, un malaise absolument euphorique.
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