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 Entre Les Etoiles Et le CaniveauVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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shunga




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MessageSujet: Entre Les Etoiles Et le Caniveau   Mer 17 Oct - 16:21

Premier chapitre du roman en vente sur mon site éditée par l'association Nomad's Land.
Premier volume du triptyque.
Premier livre édité.
Premiers compliments.

Premier premier premier.
De temps en temps je reçois un compliment ou une commande. Ça fait bizarre, deux ans après. On ne réalise pas combien un livre ne vous appartient plus une fois édité. Vous continuez de vivre, de grandir, lui aussi, mais de son côté. Etrange sensation.



Chapitre 1




Bonjour !





Et si on parlait de moi un peu ? C’est vrai quoi ! Ça fait chier à la fin. On ne parle que d’eux. Jamais de moi, l’anonyme perdu dans la masse de millions de corps et d’âmes s’enchevêtrant comme dans une orgie débri-dée. Car c’est un peu ça le monde, une orgie débridée ; tout le monde baise tout le monde sans jamais se regarder dans les yeux. Mais pourtant, moi, je suis bien quelque chose, moi, non ? Je suis bien quelqu’un. Je ne suis pas rien. Alors c’est vrai quoi. Pourquoi on ne par-lerait pas de moi ?
Moi qui vois tout le monde et personne, qui suis tout le monde et personne. Moi, l’enfant de nulle part. Moi qui n’ai que peu d’attraits dans mon unicité mais tellement plus dès que je me transforme en catégorie socioprofes-sionnelle, tellement plus dès que je m’intègre en nombre – de préférence très grand –tellement plus dès que je me transforme en petite croix bien gentille dans sa petite case bien rangée. Bah, merde ! Aujourd’hui la pe-tite croix elle a envie de parler. Et pas parler de n’importe quoi, non. Elle a envie de parler d’elle-même, de sa vie de petite croix bien docile.
Alors oui, on va parler de moi. Juste parce que j’en ai envie et qu’y en a marre d’eux. Juste parce qu’ils font chier à toujours la ra-mener sur tout et n’importe quoi. Juste parce qu’ils font chier à protéger leur place comme un trésor de pirate. D’ailleurs, c’est peut-être ce qu’ils sont en fait, des pirates. Des gars qu’ont pas hésité à piétiner sournoisement des plus faibles qu’eux. Des gars qui, pour un mor-ceau d’antenne, un filet de pouvoir, une par-celle de notoriété, n’ont pas hésité à mettre leur intégrité morale en jeu. Quand on voit ce que ça donne… Non thanks. Mais vous savez ce qu’on dit chez eux : « Donnez un œil à un aveugle et il en voudra deux ». Interprétez ça comme vous voulez, moi je gerbe.
Non, autant être clair dès le début car je vous vois venir avec vos gros godillots ten-dance bien propre. Je ne veux pas leur place, ou du moins pas comme vous l’entendez ; non, je veux juste parler de moi, et plus si affinités bien sûr. Pourquoi ? Pas vraiment de raison. Quoiqu’en y réfléchissant bien, peut-être une ou deux. Voyons…
Il faut absolument que je sois un héros ! Sé-rieux ? Ok. Si j’ai envie de prendre la parole c’est parce que moi aussi je veux savoir ce que ça fait de dire « moi je me » au moins trois fois en trois minutes. Moi aussi j’ai besoin de me concentrer sur mon nombril et de le montrer au monde entier et d’entrer dans le concours de celui qu’a le plus beau le plus grand. Moi aussi j’ai besoin de penser que je suis le meilleur des gars et que je sais tout et que j’ai tout fait et que et que… Yapakeukon le droit ! Le pro-blème c’est que nous on n’a pas vraiment la possibilité de faire ça dans la vie, sinon on n’a plus d’amis. Pourtant, chaque homme a bien besoin de se faire mousser un peu, non ? Un peu je dis. Pas comme eux. Un peu.
D’ailleurs, en parlant de la vie, j’ai un peu comme l’impression que le mot « ego » est devenu péjoratif en ce moment. C’est vrai ça, on peut plus faire un pas quelque part sans s’entendre parler d’égoïsme, d’égocentrisme et patati et patata. Comme si c’était mal de pen-ser à soi. On dirait que les gens renient l’ego. Brrr, c’est mal l’ego ! Pourtant d’ego, si je me trompe pas, on en a tous un, non ? Je suis plus sûr du tout là, car à entendre les voix qui cou-rent dans la rue, tout le monde serait généreux, altruiste, et voterait à gauche. Tous nos amis possèdent ces qualités, donc à nous tous, ça doit bien faire tout le monde, non ? Mais peut-être que tout ceci ne serait qu’une tendance influée par Eux. Ces maudits cancrelats de pirates qui…
STOP ! Je trouve que je parle beaucoup d’eux pour quelqu’un qu’a envie de parler de soi. Mais faut dire qu’ils sont tellement pré-sents aussi. Tellement ici, tellement ailleurs, tellement partout. Quoi qu’on regarde, quoi qu’on écoute, où qu’on soit, ils sont là. Tou-jours à la ramener pour dire qu’ils savent mieux que nous ce qui est bon pour notre corps et notre esprit, et aussi pour toute la vie. C’est gonflant à la fin. Un jour je voudrais avoir une idée personnelle qui vienne de moi et de personne d’autre. Juste une fois, pour voir si c’est mieux ou pas que la pensée subli-minaire.
Bon, ça suffit maintenant ou je m’énerve ! STOP ! Je parle de moi ou plutôt de nous, puisque je suis vous. Oui oui, vous avez bien compris, je suis vous. Vous l’anonyme assis sur la terrasse d’un café en train de boire une mauvaise bière, une 16 parce que ça fait plus classe qu’une Kro et que la classe c’est meil-leur dans la tête ; vous la maman qui promène son dernier rejeton dans le parc mis à disposi-tion des chiens pour qu’ils puissent chier sur de l’herbe ; vous le papa rentrant de l’usine ou du bureau ou du champ de courses ; vous l’étudiant, le lycéen, voire le collégien ; vous la dame-pipi ; vous l’horticulteur ; vous le paysan et vous tous les anonymes qui vous demandez quel est le but de votre putain de vie quand on a deux fois plus de factures que ce que l’on touche comme salaire. Et je suis aussi ceux qu’arrivent tout juste à boucler leurs fins de mois et ceux aussi qui les bouclent un peu plus facilement. Je suis l’anonyme.
Vous me direz qu’on n’est jamais anonyme puisqu’on est toujours connu de quelqu’un. Vous aurez raison. Je vais donc préciser le fond de ma pensée, car dans cette histoire, vous l’aurez compris, c’est moi qui dois avoir raison. Donc, j’entends anonyme comme anto-nyme de reconnu et non de connu. Nuance qui pèse son poids, hein ! La reconnaissance du plus grand nombre. C’est bien ce que tout le monde cherche, même si tout le monde ne se l’avoue pas. Alors certains se contentent de peu et d’autres de beaucoup. Attention hein ! Ne venez pas me dire que je parle de célébrité car elle n’a rien à voir là-dedans. Tout le monde ne veut pas être célèbre, dieu merci. Mais de la reconnaissance, tout le monde en veut et tout le monde en a besoin. Oui, je sais, c’est pas super clair. Mais vous inquiétez pas, j’ai tout prévu. Et même l’illustration de mon propos fouillis par un exemple concret.
Prenez l’Abbé Pierre, oui oui, l’idole des gens qu’ont pas assez de couilles pour se bou-ger le cul et aider leur prochain. Et prenez le modeste médiateur social qui travaille à la mission locale du coin et que vous regardez comme un cancrelat sorti de sa cité. Et bien les deux ont le même but dans la vie : mettre une bonne claque dans la gueule à la Souffrance et amener des gens à se sortir de la merde dans laquelle ils se noient. Pourtant l’un a plus de considération que l’autre, c’est quand même bizarre, non ? Mais rassurez-vous, le média-teur social n’a que faire de notre considération. D’une, il a bien trop de travail, et de deux, il se satisfait tout seul d’un bon résultat. C’est ce qu’on appelle le don de soi. Il a bien raison.
Je crois que je me suis un peu égaré avec cet exemple simpliste. En plus, il illustre rien du tout, à part peut-être l’inverse de ce que je disais. Ce qui prouve bien que la vie c’est pas forcément évident et qu’on n’a pas fini de changer d’avis dans les heures qui viennent. Il faut me pardonner, je m’emporte facilement dans les méandres de mon esprit mal structuré. Mais où en étais-je ?
Ah oui ! J’en étais au Je égale Nous égale Vous. L’anonymat dans lequel nous errons tous nous confère des similitudes effrayantes. Puisqu’il y a très peu d’Eux et beaucoup de Nous, chacun de nous est pris dans sa globalité et non dans son unicité. Ainsi, quand l’un d’Eux pense à une personne qu’il ne connaît pas, il ne pense pas Grégoire Dupuis, 17 ans, lycéen. Il pense : 15 - 25 ans, jeunes. Ce qui revient à dire que les 15 - 25 ans sont tous semblables. D’où Je égale Nous égale Vous. Effrayant, non ?
Pire ! Personne n’échappe à la catégorisa-tion. Le système a prévu des catégories pour tous et toutes. Ainsi moi, je fais approximati-vement partie de la classe des 15 - 25 ans et vous pourriez penser que vu la différence d’âge entre vous et moi, nos idées ne peuvent concorder. Vous, l’homme ou la femme ma-riés, deux enfants, bientôt divorcés, détrom-pez-vous tout de suite. Tout de suite j’ai dit ! Je conduis une voiture. Ça vous fiche un coup ça, hein ! PAM dans le nez ! Et oui les cocos, je fais partie de la catégorie des conducteurs, certes jeunes mais conducteurs tout de même. Nous faisons donc partie de la même catégo-rie. Et quand un constructeur automobile veut plaire à un automobiliste, il s’adresse à moi, à vous, à nous. CQFD yes !
Vous n’avez pas votre permis. D’accord, vous voulez faire le malin avec moi. Ok pas de problème, je suis clément ; mais écoutez-moi bien. Vous jouez au tennis, vous allez à la pis-cine (non, plus maintenant, vous avez été tou-ché de plein fouet par la loi sur les maillots moule-bites, comme-moi PAM !), vous écou-tez Bach, Mozart, Kool Shen, Bonetcha ou un autre, vous allez au cinéma, vous mangez, vous DOR-MEZ, ne me cherchez pas ! Vous et moi nous faisons partie au moins d’une même catégorie, et je suis égal à vous et à nous. Nous constituons ensemble la foule ano-nyme sensée diriger ce pays par l’amas de nos voix. Démocratie, oui. Hypocrisie, aussi.
Vous me pensez fou. Vous me croyez com-plètement secoué de la cafetière. Vous n’avez pas tout à fait tort. Je ne suis pas passé bien loin de l’HP. Hehe ! Mais je l’ai évité les amis. Youpi ! Nous en avons eu de la chance, hein ! Tenez, peut-être que je vous raconterai plus tard comment j’ai réussi à esquiver ce mur d’un sublime pas chassé sur la gauche. Peut-être ou peut-être pas, ça dépendra de mon hu-meur et de votre attention aussi. C’est évident.
Revenons à moi, donc à nous tous, et aussi vous, celui qui se cure le nez avec circonspec-tion alors que je suis en train de faire un des plus beaux discours de ma vie. Quel va être le propos de ce que je raconte ? Moi bien sûr, ça aussi c’est évident. Je vais raconter ma vie, mes pensées, mes angoisses et mes désirs, mais sans ambages sans fioritures ni merde qui colle les yeux. Le tout comme une photogra-phie de la vie. Wahou le cliché ! On peut pas faire pire comme cliché, hein ? Une photogra-phie de la vie, fichtre ! N’avez qu’à trouver une autre expression les gros malins qui se la racontent critiqueurs dans les gazettes à deux balles, et même ceux qu’ont pas de gazette d’ailleurs. Puis vous me l’enverrez par la poste, je vous filerai mon adresse à la fin.
Toute façon, les clichés ne sont que des images tellement simples à imaginer que tout le monde peut les imaginer ; c’est bien pour cela qu’un jour une exception devient un cli-ché. « Cliché » oui oui, c’est très péjoratif. Ça veut dire que t’es pas capable de créer une image originale, que t’es pas doué, donc que t’es idiot, en gros. Oui, ce sont les gens qui ont une très grande culture qu’emploient ce mot, ou du moins qui l’estiment ainsi, enfin en gé-néral. La masse, elle, ne produit que des cli-chés. Et oui, la masse n’est pas douée. Vous avez vu le ton posé que j’adopte pour parler de ces gros cons imbus d’eux-mêmes, suffisam-ment suffisants pour nous traiter d’idiots parce que notre image n’est pas assez originale pour eux, ces messieurs-dames les culs-serrés. Moi, je trouve qu’en général les clichés sont de bel-les images, et puis ils ont le mérite de nous parler clairement à tous. Pour Eux, c’est comme s’il fallait que ça soit difficile à com-prendre pour être intéressant. Après on se de-mande pourquoi y a des problèmes de com-munication et pourquoi les gens se compren-nent plus. Bah à force de prendre la masse pour des cons c’est sûr que !
Bon, bref, on va pas en faire trois heures non plus ! J’en étais où ? Ah oui, à la photo-graphie de la vie. Oui, alors j’entends certains de vous dire qu’ils vont se faire chier comme des rats morts. Peut-être, mais peut-être pas. Qu’est-ce que ma vie a de plus intéressant que celle d’autres et surtout que la vôtre ? Certai-nement rien et certainement beaucoup. Ambi-guë la réponse. Laissez-moi vous ré expliquer.
Je fais partie d’un ensemble de catégories très étendu. Vous faites partie d’un ensemble de catégories très étendu. Vous et Moi consti-tuons le Nous anonyme. Nous avons donc des points communs. Ces points communs vous intéresseront puisqu’ils vous feront vous sentir moins seuls. Nous avons aussi des différen-ces : les points communs que j’ai avec d’autres personnes. Elles vous intéresseront puis-qu’elles vous feront vous sentir différents donc particuliers et peut-être même meilleurs. Cet ensemble constituant ma vie vous intéressera.
Je vous entends vous demander quelle peut être l’expérience vécue par un jeune de 15 - 25 ans. Je vous réponds que ce n’est pas le nom-bre d’années qui fait l’expérience mais l’intensité avec laquelle on vit ces années. Je suis intense.
Et puis je vous amène aussi les réflexions d’un jeune sur ce qui a été, ce qui est, et sur ce qui sera. Vous avez une part de responsabilité dans tout ça.
Et puis merde ! Si vous voulez pas écouter ma vie, si vous voulez pas une photo de la vie d’aujourd’hui d’un homme perdu sur la pla-nète Terre, et bah allez vous faire foutre. Allez donc écouter Catherine Angot. Et puis surtout, si vous trouvez un sens à une de ses phrases, revenez me le dire, ça me rassurera.
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shunga




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MessageSujet: Re: Entre Les Etoiles Et le Caniveau   Mer 7 Nov - 18:46

bon beh pour faire comme tout le monde, il est en téléchargement gratuit

ici : http://www.vercomnie.net/roman.htm

Vous noterez avec quelle finesse je vous envoie sur la page d'achat de ma toute dernière production. Oui je sais. J'aurais pu faire chef de rayon chez Auchan mais j'avais pas un assez bon dossier pour le BTS lk lk lk
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Romane
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MessageSujet: Re: Entre Les Etoiles Et le Caniveau   Mer 7 Nov - 18:50

Citation:
Vous continuez de vivre, de grandir, lui aussi, mais de son côté. Etrange sensation.


Quelle justesse de pensée (et de sensation) ! Imagine, quand nous serons aussi enfouis que Victor Hugo, et que cliqueront toujours des mains anonymes pour télécharger nos oeuvres....

Je me le mets sur ma liste.
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