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 Expérimentation animale – le malaiseVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Diego Ortiz




Inscrit le : 07 Avr 2008
Messages : 234

MessageSujet: Les trois dimensions de l\'acte   Mer 23 Avr - 3:01

J'adore cette manière de poser le problème. Elle m'a été familière surtout du temps où je pratiquais la médecine physique et la santé publique. Je vais tâcher de simplifier un peu votre propos, si nous n'y voyez pas d'inconvénient, afin de faire court, et de me limiter à seulement deux ou trois éléments de réflexion (ce qui n'empêchera pas de broder ensuite) :

Une action peut se décomposer, sur le plan moral, entre une intention, plus ou moins bonne, une exécution, plus ou moins correcte, et finalement des conséquences, plus ou moins bonnes.

(1) Dans le cas de la vivisection, l'intention affichée est bonne. Nos représentations du monde impliquant que les animaux sont inférieurs et moins sensibles, il va de soi que leur sacrifice au nom de la santé et du bien-être de l'être humain est bon. On verrait mal administrer directement à l'homme un nouveau produit dont on ne connaîtrait, par exemple, même pas la dose létale (DL50 : celle qui tue 50%). Le spectre de Mengele réapparaîtrait. Il a déjà été examiné assez récemment et les conclusions, qui vont dans le sens de notre propos, vont sans doute perdurer quelques années encore, jusqu'à ce que, par exemple, il soit avéré que les animaux aient des sentiments et une âme comparables aux nôtres. Ce n'est pas demain la veille. On est donc tranquille de ce côté. Et de plus, au passage, je vous fais remarquer que le rat Wistar serait une espèce éteinte depuis longtemps si elle n'avait pas été étalonnée pour les expériences de laboratoires. Le monde dépense un fric fou pour la maintenir pure, en bonne santé, fiable et reproductible. J'ignore si l'on peut parler ici de bonne intention dans ce cas de figure, mais le résultat est indéniable. Pas de Wistar sans vivisection. Pas de Charolais sans barbecues. Pas de foie gras sans gourmands distingués. Je crois que jusque-là le cas est clair.

(2)L'exécution de l'acte, dans un cas comme dans les autres, obéit à des règles tout à fait humanistes. Il peut arriver qu'on guillotine des séries de rats, cela va vite et ne ferait pas mal; dans mon labo on les chloroformait; les vaches ont un petit coup de revolver sur la tête; l'égorgement des moutons obéit à un rite bien défini; quant aux exécutions kasher, saigner à blanc il paraît que cela n'est pas si douloureux. L'exécution est donc pratiquée avec humanité autant que faire se peut, et les déviants sont même punissables (je dis ça, mais à la même époque je devais aller chercher des seaux d'aortes de porc à l'abattoir et je ne vous dis pas le bordel que c'était).

(3) Les conséquences de l'acte sont déclarées ouvertement positives : un comité d'éthique qui inclut des amis des bêtes a évalué scientifiquement la proportionalité entre les souffrances infligées à l'espèce A, mettons Wistar, et celles épargnées à B, mettons l'Homme. Le rapport coùt/bénéfice a été calculé à l'aide de formules simples et le résultat en est brillant, éblouissant, irréfutable.

Naturellement, rien ne se fait vraiment comme cela. Il faut avoir des rats tous du même âge et du même sexe et l'on tue les autres; quand les mé nagères veulent du veau blanc (les bouchers disent toujours cela), alors on tue des veaux à tour de bras; et ainsi de suite. Le rebut fait des farines animales dont nous avons eu le plaisir de faire la connaissance il y a quelques années. Les laboratoires spécialisés dans les expérimentations sur les cosmétiques - classiquement une goutte dans l'oeil d'un lapin, et inch'allah) sont affiliés par concours et appels d'offre aux organismes étatiques qui se mettent un point d'honneur à répéter une centième, une trois centième fois la même expérience pour tout nouveau produit introduit sur le marché, même si cela a déjà été fait aux USA, au Brésil, etc. Et je ne parle même pas de la triche sur les résultats, qui est immense, et dont il est beaucoup question dans les médias ces derniers temps.

Bon. Et il faut de toute façon en arriver à la phase IV, l'expérimentation humaine. Là non plus je n'allonge pas car il y a un immense débat en cours dans les journaux scientifiques, depuis des années : méta-analyses qui démontrent que tel produit n'offrait pas d'avantage mais produisait des inconvénients, voire des morts, selon les études des industries pharmaceutiques qui tenaient ces résultats secrets et payaient les directeurs de grandes revues scientifiques pour publier des études favorables mais à la tenue un peu moins rigoureuse...

Enfin, ayant vu ce matin flotter plusieurs drapeaux tibétains dans les champs de mon petit pays, je ne puis m'empêcher de partager avec vous deux considérations qui m'ont souvent fait réfléchir; mais attention elles recèlent des pièges logiques :

(1) Auriez-vous rencontré Hitler alors qu'il n'était qu'un bohème, un très mauvais peintre, que peut-être un coup de couteau bien placé de votre part, même en toute gratuité, eût pu sauver plusieurs millions de gens. Vous vous seriez damné pour ce crime gratuit, bien entendu, mais cela n'en aurait-il pas valu la peine ? Réfléchissez-y en adoptant le point de vue du bodhisattva...

(2) Si Judas n'avait pas accepté un péché similaire, celui de trahir Jésus, où en serait l'histoire de notre Chrétienté ? N'a-t-il pas accompli une bonne action, voir une action sublime, puisqu'elle lui demandait de passer par-dessus son amour pour le Christ, afin que la Mission de celui-ci puisse s'accomplir ?

Cher Alejandro, je me réjouis d'avoir trouvé en vous un débatteur de ces questions-là et me réjouis d'entendre vos réponses

D.O.
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Vic Taurugaux




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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Mer 23 Avr - 9:00

Je m'immisce.

J'ai l'impression que ce fil a des choses à voir avec le fil "comment honorer vous vos morts?" Ou la question est: quel rite permet de donner un sens à la disparition de nos proches.

Ici, Parler de la mort, c'est celle du droit de la donner. Pour comprendre les mécanismes de la vie et ainsi tenter d'enrayer autant que faire se peut la maladie. Ici aussi, on est renvoyé à ce qu'on peut bien comprendre de la mort. Les humains sont des machines à penser. Ils cherchent à tout prix à donner du sens, de la valeur à tout ce qui les entoure. Cette façon paranoïaque d'être au monde bute sur une limite: la mort celle qui fait qu'après on ne pense plus à moins encore que de s'inventer le paradis.

Sur ce fil qui parle des expérimentations et donc du savoir, le savoir sur l'autre:(par ex. le fonctionnement du rat) renvoie toujours l'être humain au-dela de sa froide logique et de ses savants et scientifiques protocoles à une identification à l'autre. Et si ces petites bêtes souffraient comme moi je souffre? Cette sensibilité qualifiée de sensiblerie par celui qui veut coûte que coûte poursuivre le protocole est pourtant une autre façon de connaître l'autre. Mais, la sensibilité rime également avec fragilité. Ce mode d'approche n'est pas sans risque. Je salue donc au passage le travail de Diego auprès des populations de survivants ayant subis les horreurs de la guerre.
Dans son exemple, les victimes disent la violence subie par le fait que la mort, le saccage le viol sont donné sans raison. Les assaillants ne se justifient d'aucune logique. Ils sont tout a fait incompréhensibles à la différence d'un bourreau, exécuteur de s hautes peines qui déclenche le couperet de la guillotine après un long procès explicatif.

Par modestie, Diego dit à la personne qui lui raconte son calvaire que d'avoir été ainsi écoutée ne la soulagera peut-être pas mais que sans doute cet échange fournira bien des cauchemars à l'écoutant. C'est déja un début. Parler de soi face à un trop plein de violence reste en effet peut-être la seule solution. Là, où encore peut se nicher une parole vraie. Diego connaît sa propre sensibilité. de celle-là au moins, il peut en parler plutôt quand il ne connaît encore rien de la sensibilité de son interlocutrice.
Je me dis: Ces gens ont vécu et nous racontent des horreurs qui sont pour nous impensables. Du moins sur le moment. Demeure notre confiance dans notre psychisme si apte à la rêverie avant que de souscrire au diagnostic de folie chez l'autre et qui serait pourtant bien commode.

La patiente de Diego garde le secret envers son mari. Non pas qu'elle-même est été violée puisque celui-là même de secret, cette confidence qu'ils auraient pu se faire entre époux leur a également été volée. Cette femme garde plus encore par amour pour son mari le fait que sa propre mère a été elle-même violée. Elle le préserve ainsi d'un cauchemar encore bien plus terrible que celui dans lequel il se débat.
L'idée donc que tout cela serait pensable par un être humain reste donc pour l'instant qu'une idée courageuse. Et du courage, il en faudra beaucoup à ses gens et à leur thérapeute pour lutter contre la tentation des passages à l'acte banalisant la cruauté mais que le corps social suisse ne pourra tolérer trop longtemps.
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Selmer
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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Mer 23 Avr - 10:45

C’est finalement le cycle de la nature que décrit fort justement Alejandro. Rien ne se perd, tout se transforme. Le phénomène nouveau, avec le développement de l’espèce humaine, est l’influence considérable qu’elle exerce sur le cycle et la faculté qu’elle a de s’en rendre compte mais le principe du cycle demeure.

Alejandro a écrit:
nous nous posons des questions d’ordre éthique…
la référence absolue en matière d’éthique est l’être humain et la vie humaine
après tout, pourquoi l’être humain et pas l’amibe ?

Parce que c’est l’être humain qui décide, évidemment. L’amibe n’est pas en état de se poser la question, heureusement pour nous…
L’être humain est la référence absolue, oui, mais pour l’être humain lui-même, ce qui réduit considérablement la noblesse de l’intention, d’un point de vue d’amibe.
L’humanisme prend tout son sens quand il s’applique au sein même de l’espèce, par exemple dans les principes d’égalité, d’altruisme, de partage et de renoncement. Quand l’homme décide de substituer une règle de droit à la loi primitive du plus fort, quand un groupe puissant renonce à employer sa force sur des plus vulnérables parce que ce sont aussi des hommes et quand il s’emploie à faire avancer cette idée, alors on peut parler d’humanisme. L’être humain et la vie humaine sont, dans ce cas, la référence absolue par rapport aux torts que pourraient leur causer d’autres êtres humains.
Quand l’homme se déclare la référence absolue par rapport à d’autres espèces, l’humanisme ne s’entend plus dans le même sens et devient l’expression même de la loi du plus fort. Qu’il s’interroge au nom de l’éthique sur la justification de cette autoproclamation est tout à son honneur mais il y a deux contextes nettement distincts.

Alejandro a écrit:
Combien de centaines, de milliers, de centaines de milliers de rats (…) est-on prêts à massacrer pour sauver un enfant leucémique ?

Voilà en fait la seule vraie question.
En tuant d’autres animaux pour se nourrir, l’homme ne fait qu’appliquer un principe naturel que bien d’autres espèces appliquent aussi. En cela il se conforme à la loi générale de la survie, j’allais dire comme tout le monde, excepté le fait que l’antilope peut espérer échapper au lion tandis que la fuite du bœuf devant l’abattoir est très illusoire.

Avec la recherche en laboratoire, l’idée de survie devient un peu plus floue parce que plus indirecte. Il s’agit de combattre la maladie et la mort, donc de faire échec à un processus naturel, au profit de l’homme et au détriment d’autres espèces, avec, en plus, des méthodes pouvant être perçues comme cruelles dans leur mise en œuvre.

La question pourrait être formulée autrement : est-ce que l’homme, doté du pouvoir du plus fort, peut s’arroger le droit de s’en servir pour sacrifier d’autres espèces afin de reculer les limites de sa propre maladie et de sa propre mort ?
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Vic Taurugaux




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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Mer 23 Avr - 13:24

Dieu proposa à Abraham de sacrifier un bélier à la place de son fils. C'est un dérivatif.
Car, le sacrifice reste dans l'ordre des choses. Ou mieux, il l'agence. Il agence la priorité quand on n'est pas, comme Dieu le père ou le lion dans la savane, tout-puissant. Personnellement, je me range à l'idée que l'être humain est supérieur aux autres animaux. Cette supériorité le privilégie: de là naissent ses devoirs. S'il faut sacrifier des centaines de milliers de rats pour sauver un seul enfant leucémique, j'imagine d'abord qu'il y a une erreur de protocole car peu économique.

En ayant la conscience du sacrifice à la différence des autres animaux qui ne tuent de façon immédiate que selon les lois de la nature, l'homme accède à l'idée de la différence due au moins. Je dois d'abord ôter, sacrifier quelque chose, pour avoir mieux. L'être humain s'ouvre ainsi sur le culturel. La culture, c'est une conduite de détour que les poules ne connaissent pas. Se frustrer de quelque chose pour avoir mieux ensuite. Il faut au moins un cortex pour penser celà, pour inhiber l'instinct premier. Avec ce détour réflexif, on s'oblige à penser. Ce qui devient alors sacré, ce recours à l'esprit de la chose plutôt que la chose, c'est ce que le sacrifice représente. Ainsi, un médicament obtenu en sacrifiant x rats est à même de sauver non pas un enfant mais x enfants, si la maladie découverte par corrélation entre espèces animales génère une nouvelle loi biologique alors seulement ce nouveau modèle permettra à nos chercheurs d'entrevoir des applications. Je ne vois pas l'intérêt d'un laboratoire scientifique aussi puissant soit-il, sacrifier son stock de rats pour rien.

L'autre jour, j'ai vu comme vous à la télé le drame de cette famille ayant perdu leur jeune enfant. Malgré l'avis des médecins, ses parents végétaliens n'ont pas souhaité la nourrir autrement que ce que leurs croyances leur dictaient. Face au virus qui menaçait de mort leur enfant, ils ont préféré à l'hospitalisation et aux antibiotiques leur technique de médecine douce. Résultat, l'enfant est morte. Les journalistes ont interviewé une spécialiste reconnu du mouvement végétalien. Derrière, il y avait un poster avec ce slogan: ne mangez pas de viande: halte aux assassinnats des animaux.

Je regrette le temps où le monothéisme luttait plus efficacement contre l'idôlatrie.
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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Mer 23 Avr - 14:11

D'accord avec tout ce qui est si bien dit ici. C'est un plaisir de vous lire.
Je mange de la viande, ne suis pas bouddhiste ni Jaïniste, et accepte qu'on tue des animaux pour manger. Pareil pour les expérimentations. Mais évidemment, pas au delà du nécessaire.
D'acord, donc.

Excepté peut-être ce point :
Vic Taurugaux a écrit:
Personnellement, je me range à l'idée que l'être humain est supérieur aux autres animaux. Cette supériorité le privilégie: de là naissent ses devoirs.

Supérieur, selon quelles références ? Les nôtres bien entendu. Et cela renvoie à ce qu'Alex et surtout Selmer disent sur l'humanisme.
La notion de "devoir" conséquence de la prise de conscience d'une soit-disant supériorité est le fondement même de l'égocentrisme monothéiste à l'origine de ce droit de vie et de mort que s'est arrogé l'homme sur tout le reste des êtres vivants et de la planète même, sur tout l'univers s'il le pouvait, en référence avec la Genèse qui prétend que Dieu a fait l'homme à son image et que tout le reste ne lui sert que d'écrin.

Et si nous bouleversions nos références ? Si nous considérions que chaque espèce a sa propre supériorité ? Que nous ne sommes pas resté "à notre place" mais avons abusé de certaines de nos supériorités justement pour asservir tout ce qui ne nous sert pas ?
Si nous tentions de considérer l'homme comme une espèce parmi d'autres dans la Nature (l'univers entier même, qui sait si toute la matière de l'espace n'était pas une infime particule d'une crotte dans un mega-univers si vaste qu'incommensurable à nos yeux?), si nous nous placions du point de vue des dauphins ou des éléphants ou des amibes ? Evidemment c'est impossible, et surtout ça n'irait pas dans notre intérêt.
Mais juste pour voir...
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Tryskel




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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Mer 23 Avr - 14:54

Grain de sel de Guérande.
Je prends le train en marche et vous avez fait le tour de la question...
J'aime les animaux et ça me revulse qu'on les torture au nom de la "Recherche" pour le bien être humain. laquelle recherche soi dit au passage a d'abord un but mercantile car les labos pharmaceutiques sont tout sauf philantropes. Ce qui a été dit des rapports truqués est vrai, et combien de médicaments (la Thalidomide pour ne citer qu'elle) ce sont révélés néfastes à l'usage?
Oui, l'homme est un animal, mais doté d'une pensée; reste à prouver que les autres animaux ne pensent pas, ce qui posé en postulat arrange beaucoup de monde; une pensée dont il se sert bien mal, car il oriente tout dans son interêt ou ce qu'il croit l'être dans l'immédiat, la vision marchande est toujours à court terme!
Doté donc de "pensée" l'homme est aussi le seul animal a tuer gratuitement, pour le plaisir, à faire souffrir l'autre qu'il soit humain ou animal, le seul qui soit cruel. Les exemples donnés le confirmeraient si besoin était.
Il est ausi le seul animal à se couper de son environnement en l'adaptant, en le massacrant au nom de son "confort", en ignorant délibérement qu'il fait partie d'un tout et que si une partie de ce tout disparaît il se met en danger.
Il est le seul animal à exploiter consciement ceux de son espéce, sauf erreur ou omission, je ne connaîs aucune espéce animale qui exploite ses semblables. Alors quand il ne se respecte pas lui même, comment pourrait il respecter l'animal par définition inférieur?
L'amibe n'est pas en état de se poser des questions, mais certaines peuvent nous rendre bien malades, et soigner est un reflexe, on cherche à se prémunir contre ses petites bêbêtes qui nous causent bien du tracas, mais dans le même temps on balance de nouvelles technologies sans avoir mesuré leur impact sur l'humain...
Je pense entre autre au "Dispositif anti jeune à ultra sons", au nucléaire ect...
"Cette supériorité le privilégie, de là naissent ses devoirs", c'est un bien mauvais élève l'humain, il ne fait pas ses devoirs et surtout pas envers ses semblables, à de rares exceptions prés, car il existe quelques spécimens sincèrement dévoués...
Tuer pour se nourrir, c'est la "loi de la nature", en cela l'humain est vraiment animal, sauf que les autres carnivores tuent juste le necessaire...
Je ne vais pas vous faire l'apologie du végétarisme, je suis trés carnivore... mais aussi trés hypocrite car je n'oserais tuer moi même le boeuf qui me fournit mon steack!
Utiliser l'animal, oui, c'est dans la chaîne de la vie, l'exploiter et le faire souffrir sous pretexte qu'il n'éprouve rien (ça c'est l'humain qui l'a décidé) non!
Je suis totalement et absolument contre la chasse qui dans nos sociétés dévelloppées n'a plus d'autres raison d'être que de faire plaisir à des malades de la gâchette sous le fusil desquels on lâche des bêtes élevées exprés pour!
Je refuse de manger du fois gras à cause du traitement qu'on fait subir aux oies et canards pour l'obtenir.
Et pour en revenir au fil d'origine, j'ai une trés forte réticence envers l'expérimentation sur les animaux. Qu'on me dise en quoi l'exemple que cite Romane fait avancer la recherche pour le bien de l'Humanité?

Nos posts se sont croisés Filo, mais je t'approuve concernant cette soi disant supériorité auto octroyée à l'humain par l'humain, de l'asservissement et de notre place car là aussi nous nous sommes auto attribué la 1ère. on ne dira jamais assez les méfaits de la pensée monothéiste (inventée par l'humain pour son profit...)
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alejandro
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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Mer 23 Avr - 16:54

Diego Ortiz a écrit:

Cher Alejandro, je me réjouis d'avoir trouvé en vous un débatteur de ces questions-là et me réjouis d'entendre vos réponses


Ouh-là !! me voilà tout intimidé ! Peut-être qu’un tutoiement permettra de me désinhiber …

Diego Ortiz a écrit:

Une action peut se décomposer, sur le plan moral, entre une intention, plus ou moins bonne, une exécution, plus ou moins correcte, et finalement des conséquences, plus ou moins bonnes.

(1) Dans le cas de la vivisection, l'intention affichée est bonne …
(2)L'exécution de l'acte, dans un cas comme dans les autres, obéit à des règles tout à fait humanistes …
(3) Les conséquences de l'acte sont déclarées ouvertement positives : …


Le post auquel je faisais référence plus haut est ici : http://liensutiles.forumactif.com/humain-f53/une-question-de-bien-et-de-mal-t14231.htm#273068

Extrait :

alejandro a écrit:

Pourtant, l’expérience de la vie m’a appris que ce clivage [entre le Bien et le Mal] est assez peu utile lorsqu’on s’interroge sur la conduite de notre existence. Si l’on doit rester dans une terminologie à caractère religieux, je dirais que notre problème tient à la tentation du Diable : nous y sommes confrontés en permanence, […] Le Diable nous tente et exige des concessions ; la question dès lors est moins de savoir ce qui est le Bien et le Mal et agir en conséquence, que de savoir jusqu’où est-on prêt à faire des concessions au Diable. Exemple : nous sommes dans le métro, un SDF entre, explique brièvement sa situation, déclare qu’il souhaite manger chaud et dormir sous un toit, et nous demande de l’aider à cela en lui donnant une petite pièce. Et nous la lui refusons. Il y a toujours un tas de bonnes raisons de faire des concessions au Diable.


D’où que je soutienne qu’il ne s’agisse pas de savoir si la vivisection soit une bonne chose ou pas, mais jusqu’où est-on prêts à faire quelque chose de moralement manifestement condamnable.

Quant aux pratiques des laboratoires pharmaceutiques, je crois que c’est un autre problème. Les laboratoires sont des entreprises privées, dont la raison d’être est de gagner de l’argent. On peut leur reprocher, s’il y a lieu, de violer la loi, mais on ne peut pas leur reprocher d’avoir des pratiques contraires à l’éthique ; exiger ça d’une entreprise privée n’a tout bonnement pas de sens. Si nous, collectivement, estimons que les pratiques des laboratoires sont contraires à l’éthique, alors il nous revient de changer la loi ; un point c’est tout.

Diego Ortiz a écrit:


(1) Auriez-vous rencontré Hitler alors qu'il n'était qu'un bohème, un très mauvais peintre, que peut-être un coup de couteau bien placé de votre part, même en toute gratuité, eût pu sauver plusieurs millions de gens. Vous vous seriez damné pour ce crime gratuit, bien entendu, mais cela n'en aurait-il pas valu la peine ? Réfléchissez-y en adoptant le point de vue du bodhisattva...

(2) Si Judas n'avait pas accepté un péché similaire, celui de trahir Jésus, où en serait l'histoire de notre Chrétienté ? N'a-t-il pas accompli une bonne action, voir une action sublime, puisqu'elle lui demandait de passer par-dessus son amour pour le Christ, afin que la Mission de celui-ci puisse s'accomplir ?


Le premier me fait penser à un film de Cronenberg, The Dead Zone, où le héros est capable, à la suite d’un coma prolongé, d’avoir des visions sur l’avenir et, surtout, de changer l’avenir dont il a eu des visions. Parmi ces visions, il y a celle du candidat à la présidence et du futur président des Etats Unis qui veut à tout prix déclencher une guerre nucléaire, contre l’avis des militaires (une sorte de Bush avant l’heure, en plus trash). Le héros, donc, se sacrifie pour que cela n’arrive pas.

Le deuxième me fait penser à un roman allemand que j’ai lu adolescent qui s’appelait Ahasvérus, du nom du Juif errant, une légende selon laquelle Jésus l’aurait condamné à errer éternellement sur Terre. Dans ce roman, Jésus et Judas ont des gros soucis de conscience, le premier a peur et ne veut pas aller sur la croix, le second aime Jésus et ne veut pas le trahir. Mais le destin et le destin et, à la fin, chacun l’acceptera et l’assumera.

Houellebecq dans le Particules élémentaires explique que jeunes, on a l’impression que toutes les options sont ouvertes, alors qu’arrivant à l’âge mûr, on a l’impression que les choses ne pouvaient se passer que de la façon dont elle se sont passées. Je me dis que cette impression donne lieu à la conviction qu’il y a un destin, que l’avenir est écrit dans un livre. Mais ce n’est pas vrai, rien ni personne ne peut dire et lire l’avenir. Il n’en reste pas moins qu’il est intéressant dans des œuvres de fiction de jouer avec cette idée mais les applications éthiques de telles réfélxions ne me paraissent pas évidentes, en tout cas, pas directement.

Néanmoins, je dirais que, par rapport à Hitler, le plus grand regret que nous pouvons nourrir est que l’académie de beaux arts de Vienne ne l’ait pas accepté comme élève. Quant à Jésus, je tiens son histoire pour un mythe et une légende ; une fiction, donc.
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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Mer 23 Avr - 16:55

Selmer a écrit:

En tuant d’autres animaux pour se nourrir, l’homme ne fait qu’appliquer un principe naturel que bien d’autres espèces appliquent aussi. En cela il se conforme à la loi générale de la survie, j’allais dire comme tout le monde, excepté le fait que l’antilope peut espérer échapper au lion tandis que la fuite du bœuf devant l’abattoir est très illusoire.

Avec la recherche en laboratoire, l’idée de survie devient un peu plus floue parce que plus indirecte. Il s’agit de combattre la maladie et la mort, donc de faire échec à un processus naturel, au profit de l’homme et au détriment d’autres espèces, avec, en plus, des méthodes pouvant être perçues comme cruelles dans leur mise en œuvre.


Le principe naturel et la loi générale de la survie veut que le lion tue et mange l’antilope, mais ce n’est pas pour ça que l’antilope va se laisser faire. Si on remplace l’antilope par un gnou, qui lui aussi a vocation à servir de repas pour le lion, et que le lion est pour une raison ou pour une autre seul et affaibli, il n’est pas impossible que le gnou se rebelle contre le destin que la nature lui a attribué et fasse passer un sale quart d’heure au lion.



Selmer a écrit:

La question pourrait être formulée autrement : est-ce que l’homme, doté du pouvoir du plus fort, peut s’arroger le droit de s’en servir pour sacrifier d’autres espèces afin de reculer les limites de sa propre maladie et de sa propre mort ?


Vic Taurugaux a écrit:
Personnellement, je me range à l'idée que l'être humain est supérieur aux autres animaux. Cette supériorité le privilégie: de là naissent ses devoirs.


filo a écrit:

Vic Taurugaux a écrit:
Personnellement, je me range à l'idée que l'être humain est supérieur aux autres animaux. Cette supériorité le privilégie: de là naissent ses devoirs.

Supérieur, selon quelles références ? Les nôtres bien entendu. …
La notion de "devoir" conséquence de la prise de conscience d'une soit-disant supériorité est le fondement même de l'égocentrisme monothéiste à l'origine de ce droit de vie et de mort que s'est arrogé l'homme sur tout le reste des êtres vivants et de la planète même, sur tout l'univers s'il le pouvait, en référence avec la Genèse qui prétend que Dieu a fait l'homme à son image et que tout le reste ne lui sert que d'écrin.



Un jour, la vie a inventé le mode de reproduction sexué. Plus tard, certaines espèces ont développé un radiateur interne qui leur a permis d’avoir une température corporelle constante. Plus tard, certains animaux ont inventé l’allaitement. Puis, plus tard, il y en a qui ont mis de coté l’instinct pour tout miser sur l’acquis et la conscience de soi. A l’heure qu’il est, je ne connais qu’une espèce qui ait fait ce dernier pas dans l’évolution de la vie sur Terre, l’être humain ; mais qui sait, peut-être que d’ici un million d’années il y en aura d’autres. Si devais faire un pari sur la prochaine espèce à franchir le pas, je parierais sur la pieuvre. C’est d’ailleurs dommage qu’on en soit pas là, parce que si nous pouvions discuter philosophie et éthique avec les pieuvres, je suis sûr que nous disposerions d’un regard sur le monde beaucoup plus riche.

Si les chats parlaient et si nous pouvions poser à l’un d’eux la question si, à ses yeux, qu’est-ce qui est plus important, la vie d’un autre chat ou la vie d’un être humain, il n’est pas impossible qu’il réponde celle d’un autre chat.

Pour un être humain, a priori, la vie d’un autre être humain est plus importante que celle d’un chat. On peut justifier ça d’un tas de façons, par exemple de par le fait que la conscience humaine est, à ce que l’on sait, plus développée que celle des autres animaux, mais ce ne sont que des prétextes. La seule raison en est que nous nous sentons plus proches d’un être humain que d’un autre animal ; l’importance de la vie humaine répond donc à des considérations éminemment subjectives. Ca à l’air de poser un problème à Filo ; pas à moi, ça me paraît parfaitement dans l’ordre des choses.

Je ne crois pas que l’être humain ait quelque chose de particulièrement divin, que la nature lui ait accordé un quelconque privilège, droit, responsabilité, obligation ou devoir. Les seuls droits, responsabilités, obligations ou devoirs que de l’être humain sont ceux qu’il s’est lui-même accordé tout seul comme un grand. Et tout cela dépend d’abord et surtout du regard qu’il porte sur le monde, sur lui-même, et sur sa place dans le monde. Et tout cela est très, très variable d’une culture et d’une époque à une autre.

A certains moments au Moyen Age, des animaux pouvaient être sujets de droit et donc être pénalement responsables. C’est ainsi que des chiens ou des ânes ont pu se voir accuser d’être responsables de mauvaises récoltes ou d’épidémies, traduits en justice, condamnés et exécutés, parfois après avoir été suppliciés. Lorsque Descartes a affirmé que les animaux étaient des machines animées dépourvues d’âme – et donc de responsabilité pénale – on peut, je pense, parler de progrès dans le regard que les hommes portent sur les animaux. Aujourd’hui nous attribuons aux animaux la capacité de souffrir et d’éprouver des émotions, ce qui est, il me semble, un progrès par rapport à Descartes, en ceci que le regard actuel est plus pertinent que le sien, comme le sien l’était davantage que celui qui prévalait auparavant. Et nos considérations éthiques se font par rapport à ce regard. Nous verrions en nous des monstres si nous faisons souffrir inutilement les êtres sensibles comparables à ce que nous sommes, mais pour ça, il faut d’abord considérer que les animaux sont des êtres sensibles comparables à ce que nous sommes. Ca peut nous paraître une évidence à certains mais ça ne va absolument pas de soi.

En un mot comme en cent, la question n’est pas, à mon avis, quel est statut de l’homme dans la nature, mais la place qu’il s’attribue lui-même, ne serait-ce que parce qu’il est le seul – en attendant que la pieuvre soit capable de faire de même – à pouvoir attribuer des places.
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alejandro
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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Mer 23 Avr - 17:16

Vic Taurugaux a écrit:

L'autre jour, j'ai vu comme vous à la télé le drame de cette famille ayant perdu leur jeune enfant. Malgré l'avis des médecins, ses parents végétaliens n'ont pas souhaité la nourrir autrement que ce que leurs croyances leur dictaient. Face au virus qui menaçait de mort leur enfant, ils ont préféré à l'hospitalisation et aux antibiotiques leur technique de médecine douce. Résultat, l'enfant est morte. Les journalistes ont interviewé une spécialiste reconnu du mouvement végétalien. Derrière, il y avait un poster avec ce slogan: ne mangez pas de viande: halte aux assassinnats des animaux.


Petit intermède publicitaire, si vous permettez : La maladie de Zoé


Mais sinon, je ne savais pas qu'on soignait des infections virales avec des antibiotiques.
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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Mer 23 Avr - 23:15

Diego Ortiz a écrit:
Dans le cas de la vivisection, l'intention affichée est bonne. Nos représentations du monde impliquant que les animaux sont inférieurs et moins sensibles, il va de soi que leur sacrifice au nom de la santé et du bien-être de l'être humain est bon.

Les conséquences de l'acte sont déclarées ouvertement positives : un comité d'éthique qui inclut des amis des bêtes a évalué scientifiquement la proportionalité entre les souffrances infligées à l'espèce A, mettons Wistar, et celles épargnées à B, mettons l'Homme. Le rapport coùt/bénéfice a été calculé à l'aide de formules simples et le résultat en est brillant, éblouissant, irréfutable.

C’est très louable de la part de l’homme de se poser ces questions mais dans la mesure où les réponses sont données par l’homme et vont dans le sens de l’intérêt de l’homme et du maintien de la situation existante, la crédibilité de l’ensemble s’en trouve fortement diminuée. Bien sûr on ne peut pas faire mieux que de se pencher en toute bonne foi sur la question, experts à l’appui. On ne peut pas demander leur opinion aux animaux. D’ailleurs ce n’est pas nécessaire puisqu’on la devine.
Je préférerais qu’on dise carrément que l’homme se permet ce qu’il veut pour son bien-être parce qu’il en a les moyens et qu’il est le plus fort. En quoi il a sans doute raison.
Je serais curieux de savoir ce qui se serait passé si, à tous les stades de ce raisonnement bien propret, on était arrivé aux conclusions contraires. Par bonheur, ça ne s’est pas produit.

Sur la question de l’expérimentation, j’ai le point de vue du lâche intégral. Je serais incapable de faire souffrir un animal mais je suis bien content que d’autres le fassent à ma place. Comme je sais maintenant qu’un comité d’éthique a donné son approbation, mon sentiment de culpabilité s’amenuise. Je peux continuer à m’offrir le luxe de la compassion à l’égard des animaux et même celui d’être tourmenté, le temps de rédiger ce post.

Diego Ortiz a écrit:
Auriez-vous rencontré Hitler alors qu'il n'était qu'un bohème, un très mauvais peintre, que peut-être un coup de couteau bien placé de votre part, même en toute gratuité, eût pu sauver plusieurs millions de gens. Vous vous seriez damné pour ce crime gratuit, bien entendu, mais cela n'en aurait-il pas valu la peine ? Réfléchissez-y en adoptant le point de vue du bodhisattva...

Si Judas n'avait pas accepté un péché similaire, celui de trahir Jésus, où en serait l'histoire de notre Chrétienté ? N'a-t-il pas accompli une bonne action, voir une action sublime, puisqu'elle lui demandait de passer par-dessus son amour pour le Christ, afin que la Mission de celui-ci puisse s'accomplir ?

Quand on se met à penser à tous les inconvénients qui nous auraient été épargnés si tel événement ne s’était pas produit, on doit également envisager tous les avantages dont nous aurions été privés si tel autre événement, dont nous ne savons rien, s’était produit. Or c’est impossible, il y en a une infinité. Il faut laisser l’uchronie à la littérature et aux bandes dessinées.

Quant à Judas, des gens bien informés sur la stratégie des complots prétendent qu’il était en réalité le meilleur agent de Jésus et son plus dévoué, le seul à qui il puisse demander le sacrifice d’apparaître comme un traître, dans l’intérêt de la cause commune. Les trente deniers, selon les mêmes sources, provenaient des fonds secrets de Jésus.
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Mahaut




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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Mer 23 Avr - 23:54

Citation:
Quant à Judas, des gens bien informés sur la stratégie des complots prétendent qu’il était en réalité le meilleur agent de Jésus et son plus dévoué, le seul à qui il puisse demander le sacrifice d’apparaître comme un traître, dans l’intérêt de la cause commune. Les trente deniers, selon les mêmes sources, provenaient des fonds secrets de Jésus.


Cela fait partie des choses que je voulais aborder. Mais peut-être sous un autre angle, moins "big brothertesque." Quoique...

On le dirait comme ceci :
Quant à Judas, des gens bien informés prétendent qu’il était en réalité le meilleur ami de Jésus et son plus dévoué, le seul qui l'aimait au point de le pousser, dans l’intérêt de la cause commune, à se dévoiler comme le nouveau messie attendu. Les trente deniers, on s'en fout. Et comme cela a raté, puisqu'il n'a pas pris le pouvoir, ils sont devenus le symbole de l'échec de l'idéal du Grand Israël reconstruit.

La question que cela soulève est celle du choix devant une situation et de ses conséquences pour l'avenir du monde. Vous savez... l'effet "Papillon"...

On semble s'éloigner de la question de la vivisection, mais qu'est-ce que l'humanité ? Et qu'est-ce que l'humanisme ? Hégémonie orgueilleuse d'une espèce qui croit que le monde lui appartient ou responsabilité de chacun face à un choix demandé par une situation.

Cela m'enthousiasme et parfois me glace : de tout, nous sommes responsables.

Et on oublie trop souvent que responsable signifie "en état de donner une réponse" et que cela n'engage en rien un jugement de valeur.
De nos jours, responsable a trop souvent le sens de "coupable" et on demande des comptes.

Un choix est un choix. Pourquoi ne peut-on croire qu'il est fait sans haine ou sans rancune.

Reste la question de l'inspiration des choses. Un même fait peut être initié par amour ou par haine, par volonté de construire ou celle de détruire, ou simplement gratuitement. Tout, ensuite, est question d'intention que l'on prête, d'interprétation des choses en fonction des valeurs que l'on porte :

Un exemple, je réponds à un message. Je le ressens avec beaucoup de légèreté et je crois qu'il ne peut que être bien accueilli, bien lu, bien pris.

Une personne blessée, sensible, paranoïaque, qui se dévalorise (etc.) le lit, le prend mal et ouvre la polémique. Je débarque de nues, me rends compte que j'ai gaffé, essaie de me faire comprendre et... envenime les choses. Suis-je coupable ? Non, tout se passe dans la tête du lecteur ; suis-je responsable, oui, mais il arrive aussi qu'il faille se déconnecter de ce qui ne nous appartient pas. Ce n'est pas évident, mais c'est vital.

Demande de pardon :
Il est possible que mon intervention soit un peu hors sujet, quoique.... Blanc seing est donné aux modos de déplacer mon message à l'envi.
Courage

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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Jeu 24 Avr - 9:04

alejandro a écrit:
Vic Taurugaux a écrit:

L'autre jour, [/i].


Petit intermède publicitaire, si vous permettez : La maladie de Zoé


Mais sinon, je ne savais pas qu'on soignait des infections virales avec des antibiotiques.


Combattre les virus avec des antibiotiques? Je ne suis pas docteur!

Dommage que le texte sur Zoé ne soit pas signé. Très bien écrit.
Son intérêt sur ce fil est d'illustrer la question du point de vue. Ce père attentionné fait tout bien selon son rôle. Les autres protagonistes aussi d'ailleurs. Vraiment, pris individuellement, on ne pourrait rien reprocher à personne. C'est la vie qui va.
Et si c'était la même chose dans le cas de la vivisection. Tout le monde fait son travail consciencieusement. chacun dans son domaine. D'un côté, les chercheurs. De l'autre les labos qui financent, des comités d'éthique qui éthiquent, des journalistes qui nous informent et nous qui dans notre coin comme toujours consommont du médicament en nous culpabilisant.

Combien faudra-t-il de rats pour soigner mon ulcère à l'estomac?
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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Jeu 24 Avr - 10:30

Vic Taurugaux a écrit:

Dommage que le texte sur Zoé ne soit pas signé.


C'est que d'habitude on y accède par le site où il est hébergé, et qu'on sait chez qui on est.
Le texte est de votre serviteur.
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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Jeu 24 Avr - 11:15

Entièrement de ton avis, Mahaut. Ton post est à sa place ici, car non seulement tu justifies ta digression et reviens au sujet, mais en plus tu répondais à une phrase, citation à l'appui.

A propos de Judas, je penche aussi pour cette théorie.
Quant à Hitler, le roman de Stephen King Dead Zone pose effectivement la question de façon habile. J'aurais peut-être fait comme le héros.
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MessageSujet: Re: Expérimentation animale – le malaise   Sam 26 Avr - 16:49

Mahaut a écrit:

On le dirait comme ceci :
[i]Quant à Judas, des gens bien informés prétendent qu’il était en réalité le meilleur ami de Jésus et son plus dévoué, le seul qui l'aimait au point de le pousser, dans l’intérêt de la cause commune, à se dévoiler comme le nouveau messie attendu.


En fait, Ponce Pilate aussi était dans le coup. Vous imaginez s'il avait fait crucifier Barabbas à la place de Jésus ? Comment Jésus serait-il devenu Jésus ?
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