Coquelicot
Inscrit le : 08 Mar 2005 Messages : 488 Localisation : dans les champs...
| Sujet: Re: Le suicide Lun 16 Mai - 14:46 | |
| Romane tes écrits font mouches dans mon coeur à chaque fois...tu as tellement de sensibilité ...tu écris si bien...mais...à mon âge difficile d'y croire encore...ce n'est pas faute d'avoir espéré pourtant... Bisous ma douce toutes mes excuses à toi aussi ...tout va bien maintenant !! Coquelicot |
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Marie-Ange

Age : 33 Inscrit le : 08 Mar 2004 Messages : 3645 Localisation : LESTREM-PDC
| Sujet: Re: Le suicide Mer 18 Mai - 9:15 | |
| | Ariel a écrit: | | Marie-Ange a écrit: | | Ce qui m'énerve le plus ce sont les "pense aux autres ! qu'est-ce qu'ils vont devenir sans toi ?" |
Bien entendu, ça peut énerver, mais cela peut aussi aider quelqu'un à ne pas franchir le pas. Tu fais allusion à un départ, aux choix que l'on t'a refusé, mais le suicide est plus qu'un départ. Un père qui quitte sa femme pour refaire sa vie peut rester un père pour ses enfants. Un père qui se suicide ne sera jamais plus auprès d'eux. |
Je reviens sur les paroles d'Ariel. Un de mes amis a divorcé après 25 ans de mariage. Madame est parti vivre avec quelqu'un. Lui est allé s'installer seul dans un appartement, vide, et en plus à ce moment là il venait de perdre son boulot, et il n'avait plus un sou parce que son femme avait acheté, acheté, tout à crédit, et qu'il fallait rembourser illico parce que ça commençait à faire beaucoup. e ne sais pas s'il n'était vraiment pas au courrant comme il le prétendait, mais il est vrai que c'était tout de petites choses : canevas, habits, bijoux, maquillage.... Il s'est donc retrouvé sans un sou, dans un appart vide et sans boulot. Pas du tout le genre suicidaire, en plus comme il était dans la restauration, pour ce qui était de se faire à manger pas de problème, pour le ménage, c'était lui qui le faisait déjà du temps de son mariage, donc de ce côté là il savait aussi se débrouiller sans problèmes. Mais se retrouver, seul, sans boulot, sans argent... il l'a eu dur. Aujourd'hui, il a une belle petite maison, un boulot qui lui va, il a retrouvé le moral, mais au début ça n'allait pas fort, et aujourd'hui, il le dit s'il n'y avait pas eu des gens pour le soutenir, lui prêter un lit, une gazinière, une télé pour l'occuper les soirs, il ne serait peut-être plus là... et pourtant en tout bon vivant, il ne pensait pas avant celà au suicide. Ses enfants sont grands, il disait à ce moment-là que rien, ni femme, ni enfant, ni boulot ne le retenait en ce bas monde.
Le mari de ma soeur a commencé à travailler à 14 ans, il était boulanger. Il avait une maladie de naissance semble-t-il, qui ne sait développée que tardivement. Son cerveau n'était plus irrigué correctement. Il a donc dû être mis en invalidité. Les premiers mois, il tournait en rond, faisait la vaisselle, allait nourrir ses poules et ses lapins, et le reste du temps quand il tournait en rond il parlait de se foutre en l'air. La psychologue qu'il allait voir (à cause de mots de tête, de trou de mémoire et autres dû au problème d'irrigation) disait à ma soeur qu'il fallait lui acheter encore et toujours plus d'animaux, parce que lors de ses conversations avec mon beau-frère, elle a compris que c'était la seule chose qui le retenait. Ma soeur avait dû reprendre le travail, elle n'était pas là à la maison, mon filleuil était lui à l'école, et grandissait à vu d'oeil : donc sortie avec copains....
Quand tes enfants sont grands, qu'ils ont fait leur vie ou vont bientôt la faire, tu ne te sens plus forcément utile pour eux... et donc si tu es suicidaire, entre rester vivant et mourrir, je pense que le choix doit être vite fait et ce n'est sans doute pas celui de rester.
J'ai une tante qui, son mari également, travaillait en Suisse. Là-bas, il n'y a pas comme en France de retraite versé tous les mois, en tout cas eux n'ont pas eu ça : ils ont reçu tout d'un coup. Ma tante prévoyante a placé de l'argent, mais mon oncle joueur invétéré et gros perdant aux courses à tout bouffé. Ma tante l'a quitté et elle était parti pour se jeter dans un ravin. Puis au dernier moment, elle s'est dit que vraiment se foutre en l'air pour un "salopard" pareil c'était vraiment idiot. Elle a demandé le divorce et se sent très bien en célibataire. Mais ma tante est une battante, l'ami divorcé aussi (et pourtant lui a eu besoin d'aide pour s'en sortir, ma tante elle a sû se remonter seule)... mon beau-frère ne l'est pas, et sans aide il n'y arriverait pas... et franchement moi au bord du gouffre je me demande si seul la peur de la mort ne me retenerait pas, car ce n'est pas un secret, je ne suis pas une battante. _________________ La connerie humaine est la seule chose qui donne une idée de l infini. |
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sampang

Age : 47 Inscrit le : 05 Déc 2007 Messages : 673 Localisation : auprès de mon arbre...
| Sujet: Re: Le suicide Lun 10 Déc - 1:19 | |
| | alejandro a écrit: | | Romane a écrit: |
Ceci dit, au moment même de l'acte de se suicider, j'imagine que la personne se trouve dans un état second. Désespérance au point multiplié...
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Ce qu'on m 'a rapporté lors des TS de proches, c'est effectivement un état second, ne pas savoir ce qu'on est en train de faire, à la limite, après coup, d'avoir presque oublié qu'on l'a fait et pourquoi. |
le suicide... ni un acte de noblesse , ni un acte de courage pour moi. "Juste" un désespoir et l intime conviction de ne plus être maître de sa vie. Le sentiment que nous sommes impuissants à changer le cours des choses. Et je pense que l on peut être très lucide de l acte à venir et de ses conséquences, bien au contraire...  |
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