Début- Il a un masque blanc qui tranche la nuit. Nous marchons à pas lents, il nous a prévenu qu'à tout instant il peut surgir et nous emporter, elle ou moi, ou celui-là au fond – déjà perdu dans le noir.
Pourtant aucun de nous n'y croit vraiment.
Depuis tellement longtemps que nous sommes immortels, comment cela pourrait-il changer ?
Fous nous sommes.
Presque autant que lui.
- Il fait complètement noir. Il fait froid. Nostalgie d'un fauteuil auprès d'un feu de bois chantant et vif, une tasse de thé et quelques causeries. Avant d'aller se coucher.
Mais la mort en a décidé autrement.
Ce soir elle a promis de se montrer et tout peureux, immortels et fatigués que nous soyons, nous sommes surtout curieux de la voir, enfin, en face.
- Elle s'est montrée avec son masque blanc.
Mais elle n'a pu atteindre, pas encore, la partie dure en nous, celle qui dit "je suis là et j'y serai toujours – plutôt crever que mourir".
Ca viendra, en son temps.
MilieuOubli.
Ennui.
Petit gris.
Routine fatiguée.
FinIl est revenu invisible. Je sais qu'il est là et que c'est pour de bon. C'est fini. Je dis adieu. Portez-vous bien.
Mon chemin se termine ce soir.
Il fait noir dans la chambre. Mon homme dort à mes côtés.
Une poussée de larmes mais aussitôt leur inanité. Il n'y a rien à pleurer et surtout pas partir dans une plainte. Alors elles se tarissent simplement. Et je laisse rentrer la sensation de mort à l'intérieur de moi. Je suis étonnée de ne pas avoir peur.
Mais c'est comme les larmes, à quoi cela servirait-il ?
L'ange de la mort est là – enfin – il m'a touchée.
*