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 Jean Diwo

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Dona

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Date d'inscription : 18/02/2004

MessageSujet: Faut-il raser les cathédrales?   Dim 7 Mar 2004 - 19:23

Je ne l'ai pas lu en entier mais juste tourné quelques pages, debout, chez le libraire- clin d'oeil à Rotko qui aime bien lire debout Laughing (de Laurence Cossé "Le Mobilier national" collection Blanche- 13 euros environ).

Voici un extrait de la quatrième que je viens de trouver sur le net:
"Une légende veut que les cathédrales soient à toute épreuve, disait l'expert. Rien de plus faux. Les bâtisseurs du Moyen Age étaient des bricoleurs. Aujourd'hui, les cathédrales passent leur temps à s'enfoncer, à s'effondrer, à s'effeuiller. Elles coûtent des fortunes en restauration."

Ce roman, vu comme une fable, a l'air de poser une réflexion dérangeante sur le rôle du patrimoine dans une démocratie moderne. Il semble que le protagoniste, un employé du ministère de la Culture, mis en branle par une terrible pulsion néo-libérale, cherche le meilleur moyen de se débarrasser d'une centaine d'édifices religieux dont le coût d'entretien lui semble vertigineux au point d'épuiser les budgets nationaux. Par quels moyens s'y prend-il? J'aimerais bien le savoir si vous l'avez lu! Wink Je ne doute pas qu'il doit bien y avoir quelques crasseuses affaires de privatisation, de pots de vin généreusement distribués aux édiles des communes, de trafics en tout genre...Bref, complètement exotique le bouquin de Laurence Cossé. Laughing
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Aristarque

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MessageSujet: Re: Jean Diwo   Lun 8 Mar 2004 - 1:08

Avant de les démolir, il a bien fallu les bätir ces cathédrales. Jean Diwo nous parle de ces bâtisseurs avec beaucoup d'admiration et en s'appuyant sur une sérieuse documentation dans "Le printemps des Cathédrales" Alire avant de démolir Le PRINTEMPS des CATHEDRALES Jean DIWO Flamarion éditeur.

Il nous a raconté les ébénistes avec les "Dames du Faubourg", les luthiers avec
"Les Violons du Roi", les peintres de la Renaissance avec "Au Temps où la Joconde parlait" les jardins de Versailles avec "La Fontainière du Roy"....il se devait de nous raconter la montée en puissance et l'épanouissement des cathédrales aux XIIème et XIIIème siècles, avec ce dernier roman.
Cet art monumental semble l'avoir bien moins inspiré. Il m'a paru écrasé par la formidable "explosion" de ces chefs d'oeuvres lançant vers le ciel des milliers de tonnes de pierres taillées, ciselées, poncéees, appareillées en ogives croisées, en piliers cannelés, en tours crènelées, ou flèches gracieuses, en statues et en vitraux colorés permettant "d'exposer aux regards des fidèles des scènes illustrant les enseignements de l'Eglise", et des autels richement parés d'or et parfumés d'encens. Témoignages de tout un peuple soumis à Dieu, dont les nantis pourvoyaient à la dépense en achetant aux papes des indulgences.
Diwo s'attache à nous dépeindre la vie des architectes, des maitres et des compagnons
tailleurs de pierres, appareilleurs, charpentiers, sculpteurs, vitriers, forgerons, l'élite des bâtisseurs dont le grand secret était:"la foi en Dieu, la famille et l'amour du travail bien fait"
L'histoire se déroule lentement, sereinement sans dramatiques et pénibles péripéties, l'important
étant qu'en harmonie avec les religieux-patrons, évêques, chanoines, abbés, maitres d'oeuvre et administrateurs du chantier, ils pensent pouvoir dialoguer avec Dieu à grand renfort de blocs de pierres ouvragés, empilees avec art vers le Ciel.
Nous ne saurons rien ou presque des manants gâcheurs de mortier ou hommes de peine
main d'oeuvre décérébrée, qui n'avait à offrir, pour un salaire de misère, que la répétition sans fin d'un travail pénible dont ils ne verraient jamais la fin. Pas plus que leurs maitres d'ailleurs.
Car tous savaient qu'une cathédrale"exige plusieurs vies qui se repassent le flambeau avant qu'elle ne soit couronnée de son dernier pinacle....et que devaient se succéder sur les échafaudages, plusieurs générations.."
Au fil des pages, sur les chantiers des cathédrales de Sant-Denis,de Sens, de Chartres de Notre-Dame et même de Canterbury, se tissent les destinées des familles Lesourd-Pasquier, Geofroy de Laon, Jehan L'Hospital, Hans Maurer....c'est la part de la fiction.
Mais Diwo est aussi un historien qui aime entrelacer fiction et réalités de l'époque où il fait évoluer ses personnages. C'est ainsi qu'il évoquera le scandale d'Abélard et Héloïse, les frasques d'Aliénor d'Aquitaine, Bernard de Clairveaux prêchant la deuxième croisade en avouant que "par bourgs et villages, on ne voit que des veuves dont les maris sont encore vivants",- l'abbé Surger grand bâtisseur, concepteur de la voüte en ogives et des grandes croisées avec leurs vitraux, Philippe-Auguste, Saint-Louis et sa Sainte-Chapelle.......
Il se fait un malin plaisir de nous rappeler que la brouette existait déjà sur les chantiers du Moyen-Age avant d'avoir été inventée par Pascal.. Il nous dévoilera également la
singularité du "labyrinthe de dalles" dans quelques cathédrales, labyrinthe considéré par certains théologiens "comme un voyage intérieur, un vrai pélerinage à accomplir sur les genoux, pour atteindre en son centre, le coeur de la Cité Sainte" Seule Chartres semble en avoir gardé trace dans son dallage.
Le tempo du récit est calme, empreint de respect pour toutes cette volontés de bâtir grand, de bâtir haut, de bâtir fastueusement à la gloire de Dieu. Il n'a rien de commun avec le tragique des "Piliers de la Terre" de Follett, le mysticisme larvé des "Etoiles de Compostelle" de Vincenot, la complexité de la "Pierre de vie" d'Edith Pargeter, ou la gravité et la rigueur dans la construction de "La chair de pierre" de Jacques Folch-Ribas.
Il y a de la recherche dans la documentation, l'accent est mis sur les innovations architecturales: ogives de voûte, arcs- boutants, vitraux etc....Il se garde bien de parler de "roman" et de "gothique" deux mots qui n'existaient pas au XIIème et XIIIème siècles. Preuve d'honnêteté littéraire.
. Et puis il y a le talent de conteur de Jean Diwo qui est toujours aussi savoureux.Nous lui pardonnerons quelques longueurs et répétitions dans le récit.
Very Happy
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Aristarque

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Date d'inscription : 24/12/2003

MessageSujet: Jean Diwo   Mar 16 Mar 2004 - 23:53

AU TEMPS où la JOCONDE PARLAIT de Jean Diwo poche J'ai Lu

Jean Diwo est le type même de l'érudit qui sait manipuler les faits historiques dans la réalité de leur temps. Il a un véritable don pour faire revivre des personnages qui ont marqué
l'Histoire d'une inoubliable empreinte, dans un contexte où les arts ont la vedette. Il avoue que
"entre deux vérités, l'auteur se doit de choisir la légende la plus belle" et çà marche.....
Il a su nous passionner avec les ébénistes dans "Les Dames du Faubourg", les musuciens et les luthiers des "Violons du Roi", les splendeurs de Versailles avec la
Fontainière du Roi" .Ce sont les grandes heures de la Renaissance italienne qu'il nous propose
dans ce nouveau roman consacré à la profonde évolution des arts de la peinture, de la sculpture, de l'orfèvrerie, de l'architecture, voire de la littérature qui ont marqué cette époque.
Au fil des pages, nous rencontrerons Antonello de Messine, le sicilien qui n'a eu de cesse que de rencontrer à Bruges Van Eyck pour le supplier de l'initier à la peinture à l'huile qui rendait ses tableaux plus lumineux et plus brillants. Technique qui, peu à peu, devait se substituer à la "détrempe" utilisée alors pour les fresques murales et les supports bois lors de la peinture dite "de chevalet". Ce ne fut pas facile de changer les habitudes.
Puis Diwo nous "racontera" Léonardo da Vinci, Michelangelo, Raffaello, Cellini, L'Arétin, Machiavel, les papes avec Jules II en tête, les familles Della Rovera, Médicis et Borgia, Mona Lisa et la duchesse D'Este, Dieu, Les Saints et les Apotres sans oublier la Vierge, dans un récit où ces personnages nous seront présentés pleins de vie, de projets, d'espérances et de désillusions, se débattant dans des intrigues et parfois des scandales.
Nous verrons naître sous la plume d'un maître, des oeuvres magistrales: La Cène,
La Joconde, le plafond de la Chapelle Sixtine, Le Jugement Dernier, des Pièta, David, Moïse,
le Tombeau de Jules II, les admirables travaux d'architecture de Vinci et de Michel- Ange.
C'est l'art dans tous les domaines et dans ce qu'il avait de sublime, ou de grandiose comme le
"Grand Cheval" à jamais inachevé de Vinci.
Nous apprendrons, entre autres, que Machiavel s'est fait un nom avec son "Prince"
et que L'Arétin, maitre-chanteur épistolaire de génie que se disputaient François Ier et
Charles Quint, celui que l'Arioste appelle "le fléau des Princes" est mort étouffé parcequ'il avait trop ri !..."
Il y a bien quelques longueurs, mais l'époque de la Renaissance italienne qui sert de toile de fond à cet ouvrage, est bien plus plaisante à découvrir que la même époque, sur les livres d'histoire de ma scolarité. Les personnages, admirablement bien campés par un brillant conteur, m'ont paru bien plus humains..et leurs immortelles oeuvres bien plus attrayantes....
Aristarque Smile Razz
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