Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Histoire en une phrase.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Histoire en une phrase.   Sam 31 Mar 2007 - 1:02

Je vous propose d'écrire un texte qui ne soit composé que d'une seule phrase, la plus longue possible.

Le thème ? Simple !

Faites l'éloge de la phrase courte.


Bonne chance ! mèche

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
monilet
Hélice au Pays des Merveilles
avatar

Nombre de messages : 3761
Age : 66
Localisation : Île de France, chtimmi d'origine et de coeur
Date d'inscription : 18/05/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Mar 3 Avr 2007 - 22:34

A vous, frères humains qui après nous vivrez, à mes rares amis,à mes nombreux ennemis, à vous, Mon Révérend, à Monsieur le très respectable Président de l'Orphéon, à Madame le Colonel des Pompiers, aux gentes dames, damoiselles et damoiseaux, à moi-même, j'en passe et des meilleurs, et cætera, je voudrais en ce beau jour de l'an de grâce deux mille sept, le trois avril dudit, parler très brièvement je l'espère, car je ne voudrais pas vous lasser et cela arrive vite dans les discours, plus vite qu’on le croit, d'un sujet qui me tient tout particulièrement à coeur depuis des lustres et des lustres, tout comme à vous, je n'en doute pas, alors que nous sommes tous réunis ici, au pied de la butte, plus exactement à mi-butte, bien calés, endimanchés comme il se doit, les messieurs en gibus et frac, les dames en crinoline , les demoiselles en jupette et les garçonnets en culotte courte, j'ai nommé , vous m'entendez bien et n’en concevez aucune crainte,ce serait totalement infondé, la phrase courte, dont je me propose ce matin de faire l'éloge funèbre car il ne vous a pas échappé qu'à notre époque, caractérisée par toutes sortes d'inventions diaboliques , plus faramineuses les unes que les autres, ladite phrase courte semble avoir vécu - et ce définitivement - puisqu'on peut constater régulièrement et à de multiples reprises dans quelque milieu que ce soit une sorte d'accroissement funeste, voire pernicieux, de son bien regrettable mais réel désemploi, qui va s'amplifiant plus les générations se succèdent, de sorte que pratiquement plus personne ne sait correctement s'exprimer avec la concision qui sied à un honnête homme, fût-il de sexe féminin, sauf peut-être lorsqu'une grosse dame dans le métro, par exemple, mais cela pourrait tout aussi bien être ailleurs, où vous voulez en fait, vous marche malencontreusement sur le pied droit ou gauche, c'est selon,
et que vous devez alors contraint et forcé supporter d'un orteil maussade son poids, tout son poids qu'on peut dire en l'occurrence, n'ayons pas peur du mot, pesant , ce qui sans aucun doute vous amène communément dans un mouvement naturel visant certes à exprimer une douleur soudaine et féroce, à proférer un, voire plusieurs "aïe" bien sonore(s) dont les puristes ne manqueront sans doute pas et plus que vraisemblablement de contester vigoureusement la nature de phrase, car sauf à admettre, ce qui reste discutable,en particulier pour ceux que l'on nomme ou qui se nomment eux-mêmes "experts ", l'existence d'un type de phrase qu'on pourrait avec hardiesse qualifier en quelque sorte d'adjectivo-adverbo-interjectionnale, ce qui corrobore la théorie qui énonce que...merde, ma phrase est trop longue et... que...vous n'êtes plus là.
(J’arrête volontairement).


Dernière édition par le Mar 3 Avr 2007 - 23:06, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://monsite.orange.fr/claude-colson
rizlabo
Saigneur des Grands Crus
avatar

Nombre de messages : 7973
Localisation : Poireaux et blaireaux, it's my way
Date d'inscription : 05/04/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Mar 3 Avr 2007 - 22:44

affraid
Tudieu, tu as fait fort, très fort.... Chapeau.
Revenir en haut Aller en bas
monilet
Hélice au Pays des Merveilles
avatar

Nombre de messages : 3761
Age : 66
Localisation : Île de France, chtimmi d'origine et de coeur
Date d'inscription : 18/05/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Mar 3 Avr 2007 - 22:50

chinois riz, tu sais que tout ça est nouveau pour moi et ça m'amuse beaucoup. Merci encore à Ro.
Revenir en haut Aller en bas
http://monsite.orange.fr/claude-colson
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Mer 4 Avr 2007 - 0:43

Nom d'un chien tu ouvres le bal, moni ! Et quelle prestation !! J'arrive, j'arrive.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
lison

avatar

Nombre de messages : 7704
Localisation : Gatineau, Québec
Date d'inscription : 22/02/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Mer 4 Avr 2007 - 0:59

Oui, la barrière est haute pour les suivants...

Moni, tu m'épattattes... Rêve
Revenir en haut Aller en bas
filo

avatar

Nombre de messages : 8690
Age : 104
Localisation : Montpellier
Date d'inscription : 02/04/2007

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Mer 4 Avr 2007 - 2:09

Je n'irai pas par quatre chemins, en un mot comme en cent, pour établir dans vos neurones éblouis la certitude du fait, sinon vérifié, au moins très fortement supposé (comment ça par qui, je vous en pose des questions connes?), qu'aussi loin que remonte la mémoire humaine, et même un peu au-delà pour être sûr de ne pas me planter, la parole, le verbe, l'expression orale, ou encore le langage -entre autres synonymes dont je vous ferai grâce vous qui avez gagné le concours de la pâmoison d'or organisé par les amis de la salle des fêtes de Fesquelles-Saint-Meuvouais- se résumait à des balbutiements bestiaux et primitifs, non pas ceux éructés avec passion par l'homme moderne sur le périph' nord à 18h le vendredi ou encore sur les gradins du stade de France (devenu l'arène sponsorisé de ces hommes sandwich empressés vantant les mérites de diverses enseignes moyennant un confortable salaire, sous prétexte de jouer à ce fameux jeu, divertissant au demeurant, consistant à courir après un ballon et s'en débarrasser chez le voisin d'en face, accessoirement concurrent, lors d'une finale quelconque d'un championnat interchangeable dont les arcanes sont paradoxalement, la télévision aidant, plus connues du bas-peuple que des grands hommes, sauf lorsque ces grands hommes sont justement sélectionnés parmi ces gladiateurs modernes), ni ceux -pire- des carnavaleux de Dunkerque, ivres de bière et de vacuité cérébrale, mais bel et bien ceux des premiers hommes lorsqu'ils expurgèrent leur première semence dans le ventre des premières femmes (sans se rendre compte qu'ils venaient là d'assurer leur mission ultime, le sens primordial de leur vie entière : se reproduire), sans se soucier du plaisir que celles-ci pouvaient être en droit de ressentir, voire de réclamer, que dis-je, d'exiger, mais il leur faudrait quelques centaines de milliers d'années avant qu'elles n'y pensent (putain dire que c'est tombé juste, mais alors en plein sur notre siècle à nous, bordel!) ; ces borborygmes, que nous pourrions être tentés de qualifier de "bestiaux", drapés dans notre fière modernité de savants fous semi-divins, constituant assurément les premiers mots bredouillés fièrement à l'aube de l'humanité, prirent un sens et, de fait, furent compris comme il se devait, non seulement par leur congénères (qui faisaient tous la queue derrière le premier en entretenant désespérément leur érection pendant que ce con s'évertuait à se la jouer le Neil Armstrong du Logos primitif), mais aussi par l'intéressée, ainsi apostrophée, et formèrent, on peut désormais le dire (putain il accouche, là?), le premier assemblage de phonèmes discernables, donc la première phrase, à laquelle certains de nos contemporains politiques et philosophes bobo télévisés feraient mieux de revenir, au lieu de tergiverser indéfiniment pour évoquer une simple opinion dont ils ne sont d'ailleurs, la plupart du temps, même pas convaincus eux-mêmes (comment ça mon cas? qui a dit que c'était également mon cas? Non parce que ok parlons-en...).

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'art est parfois un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse
Le site Filosphere ** Filographies : photo & design ** Ma musique récente ou inédite ** Musique de la Juste Parole
Revenir en haut Aller en bas
http://filosphere.com
lison

avatar

Nombre de messages : 7704
Localisation : Gatineau, Québec
Date d'inscription : 22/02/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Mer 4 Avr 2007 - 5:51

Eh bien mon Grand, tu as une ligne de plus que moni, bravo...
Revenir en haut Aller en bas
rizlabo
Saigneur des Grands Crus
avatar

Nombre de messages : 7973
Localisation : Poireaux et blaireaux, it's my way
Date d'inscription : 05/04/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Mer 4 Avr 2007 - 17:26

Héhé, bien vu Lison.
J'ai quand même du lire ton texte deux à trois fois, pour en saisir le sens.
Très dense, et bien dans le sujet. Bravo.
Revenir en haut Aller en bas
rizlabo
Saigneur des Grands Crus
avatar

Nombre de messages : 7973
Localisation : Poireaux et blaireaux, it's my way
Date d'inscription : 05/04/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Jeu 5 Avr 2007 - 4:05

Lecteurs, amis, moins amis, ennemis, critiques, enculeurs de mouche, oui, regarde, ailleurs, foutre, Clovis, Charlemagne, ma gueule à dents longues, élimées, lime !, ah que je mutile la langue, la foutresse, que je la nique, pardon, esprit fort, point virgule, fermez les guillemets, c'est votre programme, assommeurs, tousse-petits, pour y voir clair il faut se mettre tout contre, vous avez bien appris le fleuve, l'emphase, Champignac, vous y tâtez, vous me grognez, baveux, ah quel grand tort… le temps passe… hum, hum, oui, le cri primal, celui auquel, vous, fesses recousues, calva des hommes, plombés, recouverts de vieux débris, horribles oripeaux, proies d'inquiétudes, affalés de longs parapets, culbutez au limon d'un seul coup, vioques, jeunes, auto-peloteurs, piccolo, mandolines, tout ça, bien aligné, convenable, bute, stop, courtois devis, sanglots longs de violons, buvez de la gniole, tout l'or du monde, ah ! c'est quelque chose !, aucun doute, nous y sommes, pleins de planques, de jolis châlets, gras ombrages, la Suisse, et ça y va, sujets, verboses, complémentifs, arracheurs de couilles, passez aux aveux, instincts criminels, de la musique en bas du Rhin, j'entend même plus le bruit des voitures, meurtre, tribulations criminelles, examen de conscience, implication, tût tût, tout est là, bouillie, non, mèches sur la figure, mais vous n'êtes pas bien du tout, trop au lit pour être poète, grosse loupe, je bondis, quatre à quatre, sur les mains, oui, des poulardes, des mets fins, des vins longs, mais la phrase…
Revenir en haut Aller en bas
Vic Taurugaux

avatar

Nombre de messages : 4816
Localisation : 20°16'31.10"S-57°22'5.53"E
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Jeu 5 Avr 2007 - 14:32

Longtemps, je me suis couché de bonne heure pour ne pas somnoler devant les discours-fleuves que nous imposent dans de fastidieuses émissions nos chers candidats et dont la prose se trouve résumée par des journalistes complaisants qui extrayant pour nous la substantifique moellle des messages politiques offrent à nos oreilles ébaubies les petites phrases résumant tout et qui nous permettent, (les journalistes) ce raccourci qui consiste à doter la France d'un Président en glissant une voix, une seule, déja imprimée aussi sûrement qu'une épitaphe dans une urne dite non funéraire dispensant ainsi à nos coeurs et à nos portefeuilles l'espoir improbable de lendemains meilleurs alors que, me secouant des nuages de mon songe, j'émerge ce matin de la douceur de ma couette et que pour tout petit déjeuner, j'imagine, non ces petites phrases creuses et sèches débitées sur mon transistor, mais une simple biscotte au sirop d'orgeat que m'aurait concoctée amoureusement ma mie si, pour y mettre un bémol, elle ne se dénommait Ré et que cette douce musique mâtinale ne me rapelle telle une madeleine tous ces petits mots par vous Mesdames, si tendrement sussurrés sur mon oreiller cette nuit.
Est-ce cela rêver?
Revenir en haut Aller en bas
rizlabo
Saigneur des Grands Crus
avatar

Nombre de messages : 7973
Localisation : Poireaux et blaireaux, it's my way
Date d'inscription : 05/04/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Jeu 5 Avr 2007 - 19:22

L'exemple glorieux de ceux qui nous ont précédé dans le passé doit être unanimement suivi par ceux qui continueront dans un proche et lumineux avenir un présent chargé de promesses que glaneront les générations futures délivrées à jamais des nuées obscures qu'auront en pure perte essayé de semer sous leur pas les mauvais bergers que la constance et la foi du peuple rendent vains et illusoires car encore faut-il savoir manier avec aisance et facilité le pléonasme, le coq à l'âne, le charabia, la reprise sans antécédent, la métaphore filandreuse, le galimatias, le verbalisme, l'amphigouri, la logomachie, l'hyperbole stratosphérique, l'anacoluthe imprévisible, le zeugma vicieux, l'allitération tambourinaire, la prosopopée balbutiante, le parallèle à l'infini, voire l'énumération barbante et cela n'est pas à la portée du premier logorrhéique, celui qui simplement parle sans réfléchir, comme vous et moi, celui qui écrit sans penser, car il lui manque le sens de la relativité des choses, l'humilité, en un mot il lui manque la modestie, la vraie, celle qui fait la brûlante étoffe des héros, ces sacrifiés de la langue française, ceux qui écrivent si court qu'on ne peut même pas les lire, ceux qui parlent si net qu'on ne les entend pas, cet ascétisme dans la courtomanie formidable, ces reclus de l'expression, ces autistes stylistiques voire stylistes, et pour cela rien de tel que d'en revenir à ce qui reste le fondement de ce que nous sommes, ceux sans qui notre civilisation ne saurait même pas où s'asseoir, à défaut de fondement justement, mieux encore arracher les feuilles de vigne sur le corps nu qu'est notre langage, c'est donc d'une plume sèche mais néanmoins pseudonyme que je tiens à ouvrir vos oreilles écarquillées, quoiqu'ensablées à la pelle, au râteau, et aux boules de l'Yser : plus que la phrase courte, l'onomatopée.
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Jeu 5 Avr 2007 - 22:24


*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Selmer
Perturbateur de masses en fils
avatar

Nombre de messages : 4270
Localisation : Est
Date d'inscription : 13/08/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Sam 7 Avr 2007 - 23:51

L’art fut, de tous les temps, soumis à controverse, la peinture, la sculpture, la photo, la musique, art ancien, art moderne, futuriste ou antique, populaire, explicite, mondain, ésotérique, tantôt porté aux nues ou jeté aux orties, quel que soit le domaine et quel que soit le style, l’art n’a pas terminé d’opposer les avis, aussi bien du public, des clients, des esthètes que des grands créateurs et des meilleurs critiques mais parmi tous les arts l’un est particulier en ce qu’il utilise un instrument courant, commun à tous les hommes et compris de chacun, cet instrument banal à la porté de tous, cet outil c’est la langue, c’est la langue natale et c’est dans l’écriture qu’il est utilisé, donnant à l’ABC ses lettres de noblesse, élevant l’usuel au rang d’art consommé, c’est pourquoi l’écriture, que chacun peut comprendre encore mieux que toute autre forme d’expression, prête le flanc bien plus que tous les autres arts au jugement critique et à contestation, et c’est pourquoi, aussi, l’écriture se doit de respecter d’abord quelques règles utiles en se préoccupant non seulement du fond mais encore de la forme c’est-à-dire du style, car il faut à coup sûr, lorsque l’on veut écrire, savoir en premier lieu - et c’est impératif - si l’on a quelque chose à dire, oui ou non, tant il est vrai qu’écrire ne serait que futile si le propos était dénué d’intention alors qu’un fond solide et rempli de bon sens apportera toujours de la satisfaction et autorisera dès lors à s’engager dans le stade suivant, en posant la question du style et du recours à tous les procédés que la langue natale met à disposition, tout le vocabulaire et toute la syntaxe, la couleur et le bruit, les images et les sons, le rythme, l’équilibre et la construction, les effets, l’harmonie et la ponctuation, de même que les temps de la conjugaison, tout cela un auteur doit s’en préoccuper et parmi les rigueurs qu’il voudra s’imposer il lui faudra choisir entre deux procédés, délayer ses propos dans de l’interminable, opter pour la longueur et les phrases sans fin ou bien se contenter d’aller au plus concis en disant l’essentiel par voie de raccourci, en évitant le piège, aussi, de l’alternance - ça peut se discuter mais c’est ce que je pense - en n’utilisant pas l’une et l’autre emmêlées, phrases courtes, phrases longues emberlificotées, ce sera bénéfice s’il peut s’en dispenser, il saura préserver intacte sa pensée, n’en perdra pas le fil ni les aboutissants et sera par le fait d’autant plus convaincant qu’il n’entraînera pas son lecteur avec lui dans l’abscons des méandres et du trop nébuleux, qu’il ne se dira pas qu’il pourrait essayer de faire son profit de quelques artifices, soutenir notamment la longueur inutile en la faisant voguer sur des alexandrins, des faux évidemment, c’est-à-dire sans rimes, ou bien utiliser de commodes charnières, les qui, les que, les quoi les dont et les comment les pourquoi, parce que, toujours et cependant, les jamais, les parfois, les tantôt, les d’abord, il les dédaignera et ne se dira pas qu’il pourrait aussi bien, afin de s’étirer, ouvrir des parenthèses et même des tirets, mais que, respectueux de rigueur et de beau, il dira au contraire à l’instar de Boileau que ce qui se conçoit, ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement en allant au plus court et, pour le démontrer à tout entendement, il se décidera à le mettre en pratique, il se refusera les longueurs hermétiques, optera désormais pour la phrase limpide, un verbe et un sujet, parfois un complément, à l’extrême rigueur, comme ultime ornement, une conjonction pour donner du liant mais jamais, grand jamais, il ne se permettra de nous donner ici de ces phrases à rallonges qui - plus on veut finir et plus elles se prolongent - entraînent le lecteur et sa sainte patience soit vers l’irritation, soit vers la somnolence.
Revenir en haut Aller en bas
lison

avatar

Nombre de messages : 7704
Localisation : Gatineau, Québec
Date d'inscription : 22/02/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Dim 8 Avr 2007 - 3:07

Alors là mon cher Selmer
Revenir en haut Aller en bas
Selmer
Perturbateur de masses en fils
avatar

Nombre de messages : 4270
Localisation : Est
Date d'inscription : 13/08/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Dim 8 Avr 2007 - 9:49

Merci, Lison.
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Dim 8 Avr 2007 - 13:17

Chouettes prestations ! Selmer, quand j'ai vu ton nom hier sur le fil, je m'en suis frotté les mains à l'avance.
Le fil est très riche et n'est pas fini. La diversité, waouh !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Alf
Plumoversificateur
avatar

Nombre de messages : 13967
Age : 69
Localisation : TDCDM : Landes
Date d'inscription : 23/06/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Dim 8 Avr 2007 - 15:41

Six, cinq, quatre, trois, deux, un, tiens, je n’ai pas entendu le zéro dans mon casque, mais je sens le vacarme du feu sous mes pieds et l’irrésistible poussée (ou l’attraction qui sait) vers les étoiles, je me mets à flotter au milieu des objets familiers, devenus soudain, aussi bizarres que la sensation de fluidité de mon corps et de ses mouvements, cette fluidité qui, hors de l’atmosphère d’hier, me fait oublier peu à peu mon scaphandre et me fait flotter d’un hublot à l’autre, mais toujours vers cette sorte de nuit, de l’autre côté, là-bas, qui enveloppe l’immensité, bleutée comme un concert d’étoiles, défilant en silence, et dont une d’elle envahit tout à coup mon apesanteur d’une grande clarté, bleutée, elle aussi : c’est la Terre, qui me rappelle d’où je viens, moi qui viens d’embarquer pour un long voyage vers « mes » planètes, celle que j’ai inventées, celles des poètes, celles dont je sais qu’elles existent quelque part, au fond de la galaxie de la versification, dans ce scaphandre que je peux maintenant quitter pour me laisser garder par l’apesanteur, qui, sous l’effet d’une nouvelle poussée (ou attraction peut-être) devient de plus en plus agréable, au moment où l’astronef semble slalomer vers un autre silence, entre les météorites et les satellites, vers le bord de la stratosphère où la Terre, d’orange qu’elle fut est devenue mandarine et le Lune, plus grosse qu’elle, mais seulement pendant un instant fugitif, avant de disparaître toutes deux dans la galaxie, englouties par un autre silence bleu-nuit, dans lequel, au milieu de la foule des astéroïdes, qui frôlent les hublots, sans les toucher, comme s’il voulaient éviter d’endommager mon vaisseau spatial et laisser libre cours à mon rêve, et dont je reconnais certains, ceux qui annoncent Jumars, ma verte planète où je cueillerai des vers, un jour prochain, au cours de ce voyage , vers l’autre bord de la galaxie, là où flotte Nuston et le rocher Caron, la planète qui insuffle le rêve toujours dans le silence, l’apesanteur, le flottement, présent à chaque seconde et dans lequel, soudain, je perçois comme une musique lointaine : des notes bizarres, inconnues, venant sans doute de Sapiter, l’astre des concerts dont j’aperçois maintenant, par le hublot, les multiples cratères roses, violets (enfin, je crois, car les couleurs, elles aussi sont inconnues) et sur laquelle j’aurais bien voulu faire une halte, si l’énergie n’avait point commencé à diminuer, m’obligeant à poursuivre mon périple - l’autre rive étant encore loin – toujours dans le flottement et l’apesanteur, dans lesquels, une fois de plus, la musique des cratères de Sapiter aux couleurs inconnues s’estompe et qui, soudainement aussi, apporte à mon regard émerveillé de rêveur, une nouvelle clarté presque aveuglante, celle de Platurne, dans son halo de nébuleuses, Platurne, la planète des rêves diurnes avec tous ses stéroïdes, qui l’accompagnent comme autant de poissons pilotes dans l’océan interplanétaire : Léa, Sarah, Sonia, Clara, Lélia, Sophia, Platurne dont on dit également qu’elle est le siège des rêves inconnus, ce que je ne pourrai pas vérifier pour cause d’économie d’énergie, cette précieuse énergie orbitale qui me rapproche, je le sais (car c’est écrit sur la carte qui flotte elle aussi de hublot en hublot), à coup d’années lumière de Plumex, où règnent paix, tranquillité, solidarité, humilité, vérité, ces océans dont je sais qu’ils fabriquent des vagues au tréfonds, même si d’ici, ils semblent figés, et sur lesquels, hélas, je ne pourrai pas voguer cette nuit, pressé que je suis d’atteindre l’autre bout de la galaxie, où après Nustar, brille un soleil de plomb (enfin je crois), après les gardiens de l’antépénultième planète, aux formes bizarroïdes, allongées comme des plumes, volant dans le vide sans air, et encore après Vécure, l’astre bleu de l’écriture, déployé comme une aile, aux cratères bleus verts noirs rouge, en forme d’encrier, avec lequel, un jour, je le jure, je vous écrirai, cela est ma certitude bien qu’en cet instant, je ne puisse m’appesantir, dans mon apesanteur, car je touche enfin le bout du voyage : Nuston, qui frôle le soleil de plomb, dont je sais que je ne pourrai pas m’approcher, au risque de me brûler les ailes du retour, Nuston qui me murmure d’une étrange voix aux mots inconnus mais dont je comprends le sens, puisque ce sont des paroles de rêve : « Et si tu ne revenais pas ? ».
Revenir en haut Aller en bas
rizlabo
Saigneur des Grands Crus
avatar

Nombre de messages : 7973
Localisation : Poireaux et blaireaux, it's my way
Date d'inscription : 05/04/2005

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Dim 8 Avr 2007 - 16:33

Encore deux autres façons de traiter ce jeu...
Magnifique d'extra...
Et en plus, rigolo, ce qui ne gâche rien.
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   Dim 8 Avr 2007 - 18:06

Platurne est ma planète fétiche. Laughing

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Histoire en une phrase.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Histoire en une phrase.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Histoire en une phrase.
» BLACK SWAN de Darren Aronofsky
» Variations autour d'une phrase
» [A LIRE] Histoire de la taverne + Tuto d'upload.
» HISTOIRE DE LUMUMBA

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Littérature :: Ecriture :: Jeux d'écriture-
Sauter vers: