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 ANTIQUITÉ & ORIGINES ETHNIQUES DE L'INDE

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MessageSujet: ANTIQUITÉ & ORIGINES ETHNIQUES DE L'INDE   Ven 13 Avr 2007 - 22:13

ANTIQUITÉ & ORIGINES ETHNIQUES DE L'INDE


L’histoire de l’antiquité de la civilisation indienne reste très floue, contrairement à celle, par exemple de l’Egypte. Le peu de traces et d’informations qu’il nous reste mêle l’histoire, la religion, les mythes et les légendes, où les dieux et la magie cohabitent avec des références précises de rois ou de lieux géographiques.

Aussi loin que l’on puisse remonter dans le temps, le sous-continent indien était peuplé à l’origine d’une part par la civilisation de Harappa, dans la vallée de l’Indus, et d’autre part par les Dravidiens, ensemble de tribus aborigènes à la peau très sombre (les Tamouls, par exemple).
La première fut éradiquée, la seconde fut annexée ou repoussée vers le sud.
Par qui ? Par un peuple indo-européen : les Aryens, qui, plus de 2000 ans avant notre ère, établirent alors les bases de l’hindouisme, de l’art, du langage (le sanskrit), et de l’organisation sociale qui deviendront celles de l’Inde actuelle.

L’installation des Indo-Européens chez les Dravidiens entraîna donc un métissage complet entre les deux civilisations, mais qui s’étendit surtout au nord.
D’ailleurs, on remarquera qu’au moyen-âge, l’importante influence des envahisseurs musulmans s’est exercée également au nord du sous-continent.

C’est pourquoi on prend toujours soin de séparer l’Inde du Sud et l’Inde du Nord.
Car l’Inde du Sud est restée principalement dravidienne, et d’un hindouisme peu altéré ; alors que l’Inde du Nord présente un véritable melting-pot génétique, social, culturel et religieux.



LA MYSTERIEUSE CIVILISATION DE L’INDUS

Un millénaire avant l’arrivée des Aryens, vers 2500 avant J.C., les populations agro-pastorales des plateaux iraniens ont commencé à migrer vers la vallée de l’Indus (actuel Pakistan), probablement attirées par les conditions climatiques plus favorables d’une région bien arrosée, pourvue d’une riche végétation naturelle très giboyeuse. Le bassin de l’Indus était en effet une vaste plaine sédimentaire au sol extraordinairement fertile, comparable à la vallée du Nil et à la Mésopotamie. Les hommes s’y installèrent progressivement et y créèrent une grande civilisation, baptisée Harappa en l’honneur du premier site découvert. Elle est encore très mal connue et il faut souvent se contenter d’hypothèses pour tenter de la décrire.
Des fouilles archéologiques récentes ont montré que son aire de diffusion ne se limitait pas à la seule vallée de l’Indus, comme on le croyait : on a également découvert des sites présentant les même caractéristiques dans la vallée du Gange, sur la côte du Gujarat, dans le nord du Rajasthan (Bikaner) et encore plus à l’est, dans l’Uttar Pradesh (Alamgirpur).

Il est très difficile de dater précisément les début de le civilisation de Harappa, dont les traces les plus anciennes remontent apparemment au début du IIIe millénaire ; elle semble avoir duré environ entre 2500 et 1500 avant J.C., et on situe généralement son apogée vers 2000.

Son organisation politique reste une énigme : on ignore s’il s’agissait d’un immense empire, comme semblerait le suggérer l’uniformité des vestiges découverts dans toute la région, ou de deux grands états voisins. Cette hypothèse se fonde sur la présence de deux sites urbains de même importance, au nord celui de Harappa, au sud celui de Mohenjo-Daro ; distants de 600 km, ils présentent un plan et des caractéristiques absolument identiques.
Dans ces deux cités, qui comptaient chacune environ 20 000 habitants, on trouvait une citadelle aussi haute qu’un immeuble de cinq étages ; les appartements y étaient dotés de toilettes et de salles de bain, il y avait des égoûts souterrains, un système de ramassage de déchets urbains, des maisons de briques, et aussi des jouets raffinés.
(Dire que par chez nous, c’était la proto-histoire, l’âge du bronze et des huttes en torchis!)

Mais on doit se limiter à des hypothèses en ce qui concerne l’organisation économique. L’existence de villes comme celles-ci suggère une civilisation évoluée de type urbain basée sur le commerce. Les grands entrepôts et les greniers mis à jour sur les sites archéologiques évoquent une accumulation de marchandises, témoin d’un commerce florissant ; les échanges étaient certainement favorisés par la localisation des cités sur les rives de l’Indus et de ses affluents, qui constituaient un excellent réseau de transport fluvial. En outre, la découverte de modèles réduits de chars, en argile ou en métal, atteste que les marchands utilisaient également des moyens de transport terrestres. Enfin l’important site de Lothal, sur le golfe de Cambay (tout près de l’actuelle Ahmedabad), rappelle que le pays avait également un débouché sur la mer. On sait qu’il effectuait des échanges jusqu’en Egypte, en Mésopotamie et au golfe persique (en particulier avec l’île de Bahreïn) car on a découvert dans ces régions des sceaux et des poids provenant de Harappa et de Mohenjo-Daro. L’agriculture, et en particulier la culture du blé et de l’orge, semble avoir été assez prospère, de même que l’élevage.
Il s’agissait donc d’un pays dont la richesse reposait non pas sur la puissance militaire, comme paraît le confirmer la rareté des armes retrouvées, mais sur le commerce.
La variété des édifices et leurs différences d’aspect laissent supposer que la société était divisée en classes, comme chez les Sumériens. Il n’est d’ailleurs pas exclu que les deux civilisations aient eu une origine commune.

L’écriture utilisée à Harappa et à Mohenjo-Daro constitue un autre mystère : personne n’a encore réussi à déchiffrer les nombreuses inscriptions en caractères cunéiformes des sceaux et des amulettes. C’est pourquoi la religion et la culture de cette civilisation demeurent pratiquement inconnues.

Cette grande civilisation de Harappa disparut brusquement vers le XVIIe siècle avant J.C. Parmi les nombreuses causes possibles de sa ruine, on envisage son inertie et sa décadence interne ou de terribles inondations de l’Indus qui auraient détruit les villes les plus importantes.
Mais le fait déterminant a probablement été l’invasion des Aryens. Le terme sanskrit Arya (=noble) désignait à l’origine, outre la classe des nobles, l’ensemble d’un peuple, et s’est appliqué par la suite à un groupe linguistique parent de celui des habitants de l’Iran. La tendance actuelle est de considérer les Aryens comme l’une des branches orientale des Indo-Européens. Il est probable qu’ils ont envahi la région de l’Indus d’une façon très brutale et que les habitants de Harappa et de Mohenjo-Daro n’ont guère été en mesure de leur résister.







LES ARYENS

L’apparition des Indo-Européens en Asie est un fait historique d’une importance considérable, dont les conséquences sont encore tangibles de nos jours. En effet, dans une grande partie de l’Inde actuelle, on parle des langues très proches de celles de l’Iran, de l’Afghanistan et de l’Arménie. Le plus étonnant est que toutes ces langues présentent de fortes affinités avec un grand nombre de langues européennes.
La présence de caractéristiques communes, aussi bien dans la structure sociale que dans le système religieux, entre des cultures apparemment aussi éloignées, ne semble pouvoir s’expliquer que par l’existence d’un seul tronc linguistique, l’Indo-Européen, auquel appartenaient des peuples divers.
L’origine de la civilisation indo-européenne remonte à la période comprise entre le Ve et le IVe millénaire avant J.C. et il faut probablement la situer en Russie méridionale ou en Sibérie occidentale.

Malgré les divisions et les migrations ultérieures, on considère que les populations indo-européennes sont restées durant une longue période dans cet espace géographique bien défini. Vers 3000 avant J.C., une partie de ces peuples s’est dirigée vers l’Europe occidentale et une autre vers le sud, vers les plateaux iraniens, l’Afghanistan et le Cachemire. Au cours des siècles suivants, ce groupe indo-iranien s’est encore subdivisé : une partie a conquis l’Iran et s’y est installée et un autre groupe, celui des Aryens, a poursuivi sa route vers l’est, pénétrant vers 1500 avant J.C. dans la vallée de l’Indus, détruisant donc probablement la civilisation de Harappa et Mohenjo-Daro.

Vers la fin du IIe millénaire avant J.C., les Aryens avaient déjà occupé une partie du bassin du Gange et le territoire compris entre celui-ci et la Yamuna.
Là, certaines tribus ont commencé à s’unir, en particulier celles des Kaurava (ou Kuru) avec celles des Pancala.
Si l’on en croit les vieux textes (voir chap. suivant, l’histoire mythique), Janamejaya, un roi des Kaurava qui a laissé dans l’histoire la réputation d’un conquérant, ou l’un de ses descendants immédiats, aurait créé plus tard un état puissant situé entre le Gange et l’Indus. Il s’agirait du premier noyau politique stable caractérisé par un mode de vie urbain depuis la période de Harappa et Mohenjo-Daro.

Par rapport à la civilisation de l’Indus, le centre de gravité des nouveaux venus se situait donc beaucoup plus à l’est et se déplaçait progressivement vers le sud.

Par la suite, les groupes tribaux se regroupèrent en entités plus grandes et mieux organisées, si bien que vers 500 avant J.C. on connaît l’existence d’au moins seize véritables états. Parmi eux : le Magadha, le plus important dans l’histoire de l’Inde septentrionale de cette époque ; l’Anga, dans l’ouest du Bengale, extrême limite de l’implantation des Aryens à l’est ; le Pancala, entre le Gange et la Yamuna ; le Gandhara sur l’Indus moyen ; et le royaume d’Avanti, pointe méridionale de leur pénétration.

Partout où ils allaient, les Indo-Européens apportaient leur spécificité culturelle, caractérisée essentiellement par une nette répartition tripartite de la société correspondant à trois fonctions : religieuse, confiée aux prêtres ; guerrière, apanage exclusif de guerriers spécialisés dont la puissance reposait sur l’usage (original à l’époque) du cheval ; et productive, à la charge des paysans et des pasteurs. On retrouvera ce découpage dans les castes encore vivaces de nos jours.



HISTOIRE MYTHIQUE : MYTHE HISTORIQUE

L’histoire des Aryens pendant les premiers siècles de leur installation dans la vallée du Gange reste essentiellement mythique.
C’est en vain qu’on pourrait tenter de la reconstituer à partir de textes comme le célèbre poème fleuve de caractère plus philosophique qu’épique qui a nourri la sensibilité de l’Inde depuis plus de deux millénaires, le Mahabharata, dont le cadre serait une guerre entre les Kaurava et un autre clan royal, les Pandava, qui se seraient affrontés dans les champs de Kurukchetra, localité au sud de l'actuelle Delhi.
On situe cette guerre, dans la mesure où on peut l’admettre comme un événement historique, vers le début du VIIIe siècle avant J.C., voire les dernières décennies du siècle précédent, bien que certaines spéculations l’aient repoussée jusqu’au milieu du IIe millénaire avant notre ère.
Les exploits qui y auraient été accomplis se trouveraient à l’origine d’un premier poème épique de 8800 shlokas (=stances de deux vers de seize syllabes, ou de quatre vers de huit syllabes), intitulé Jaya. Dans sa forme définitive, un millénaire plus tard, il atteint le chiffre fabuleux de 100 000 shlokas, soit 200 000 vers ! Il est possible que les listes dynastiques qui y sont données, que les clans cités, tout autant que les rois nommés, aient des fondements historiques. Mais comme on ne dispose d’aucun document de caractère historique susceptible d’apporter des lignes directrices, nous sommes dans l’impossibilité de distinguer l’historique du mythe, de l’"ahistorique".

Plus difficile encore est de situer aussi bien dans le temps que dans un espace historique les dynasties légendaires mentionnées par des textes comme les Purana (textes sanskrit en vers ou en prose, au nombre de 18, traitant de sujets mythiques), qui, cependant, donnent quelques éléments chronologiques.

L’un des personnages-clés est Krishna, avatar (l’une des incarnations) de Vishnu, qui occupe une place capitale dans le Mahabharata.
La légende le fait naître à Mathura, dans le clan védique des Yadava, bien que, en réalité, on doive avoir affaire à une divinité ou à un héros d’origine dravidienne. Krishna signifie d’ailleurs «le Noir» et il est représenté comme un dieu noir. Ce n’est pas ici le lieu de rapporter les éléments de sa légende développée dans les Purana. Ce qu’il faut noter, c’est que sa mort est censée marquer le début de l’âge de Kali, situé chronologiquement en 3102 avant J.C., mort qui met fin à la guerre des clans royaux rapportée par l’épopée. Date évidemment issue de spéculations qui cette fois n’ont rien à voir avec l’histoire, car, si on la retenait, il faudrait situer l’action du Mahabharata au IVe millénaire.

Encore légendaires sont les deux grandes lignées royales, solaire et lunaire, liées à la notion de Manu (lire manou). Ce nom, qui signifie "homme", désigne le géniteur de l’humanité, lequel est de descendance divine. En réalité, il y aurait non pas un mais quatorze Manu, chacun régissant l’une des quatorze périodes formant un Kalpa*.
Le Manu de l’âge actuel, le septième, est Vaivaswata, qui signifie Fils de Vavaswat, c’est-à-dire du Soleil.

A ce Manu Vaivaswata est rattachée l’histoire d’un déluge, (où Manu est averti par le premier avatar de Vishnu, un poisson géant, qui tirera son arche) qu’on connaît par un Brahmana (nom des commentaires en prose des Veda) et le Mahabharata ; la version de l’épopée étant certainement plus tardive. Une histoire qui a peut-être subi l’influence de la tradition du déluge sumérien par l’intermédiaire de la civilisation de l’Indus, et dont le parallèlle biblique est devenu bien sûr l’histoire de l’Arche de Noé.
Premier roi, père de l’humanité actuelle, ce Manu est à l’origine de la dynastie solaire. Après le déluge, il se serait uni à une femme, née à la suite d’un sacrifice qu’il aurait fait aux dieux, appelée Ida, d’où l’humanité a été engendrée. De lui descend directement toute une lignée de rois, parmi lesquels brillent Bhagiratha, roi d’Ayodhya au Koshala, et son fils Rama (dans lequel Vishnu s’est aussi incarné), le héros du second grand poème épique de l’Inde, le Ramayana.

La dynastie lunaire quant à elle aurait été fondée par le roi Soma, aussi appelé Chandra, nom de la lune (astre masculin en Inde). Le fils de ce roi fut appelé Boudha (différent du Bouddha bien connu). Son épouse, Ila, était la fille du Manu Vaisvaswata. Dès lors, leurs descendants unissent les caractères des deux lignées, solaire et lunaire. De cette dynastie vont sortir les Kaurava et les Pandava, dont les guerres sont au centre du Mahabharata.


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MessageSujet: Re: ANTIQUITÉ & ORIGINES ETHNIQUES DE L'INDE   Ven 13 Avr 2007 - 22:13

LA SOCIÉTÉ VÉDIQUE VÉRIDIQUE

L’unique témoignage disponible sur la société aryenne est fourni par ses textes sacrés, les Veda (du sanskrit vid = connaître), un recueil de vérités révélées par les dieux à des hommes particulièrement éclairés. Les textes védiques, dont le plus ancien, le Rig-Veda (=savoir des chants), pourrait dater de 1500 avant J.C., montrent que l’organisation sociale et religieuse était conforme au modèle indo-européen. En effet, comme dit plus haut, la population était divisée en trois castes : les brahmanes, ou prêtres, étaient chargés des rapports avec le monde sacré. Les kshatriya, ou guerriers, devaient assurer la défense et le gouvernement de l’état, le roi était choisi parmi eux. Enfin les vaishya, agriculteurs, pasteurs et marchands, devaient subvenir au bien-être matériel de la société. L’appartenance à une caste était héréditaire et l’interdiction de se marier hors de sa propre caste constituait l’un des éléments d’un vaste code d’interdits. Une quatrième caste impure et inférieure, constituée par la population autochtone des territoires conquis, venait probablement s’ajouter aux trois premières ; c'est elle qui deviendra les "intouchables".

Dans la société védique fondée sur la famille patriarcale, la religion jouait un rôle fondamental. La hiérarchie divine reprenait sur un plan théologique la répartition tripartite des fonctions. Parmi les nombreuses divinités hindouistes, Mitra et Varuna étaient les souverains de l’univers, gardiens du sacré, représentants complémentaires de la souveraineté divine dans ses aspects créatifs et juridiques ; Indra, dieu de la guerre, était souvent associé à Agni, dieu du feu, de la lumière et de l’intelligence ; les jumeaux Ashwin ou Nasatya étaient les dispensateurs du bien-être et de la progéniture. En outre, la religion védique attribuait une extrême importance à la tradition, c’est à dire à tout un patrimoine d’informations et d’actes rituels scrupuleusement transmis à l’intérieur de chaque famille.



L’EMPIRE PERSE SE DISPERSE

Le courant migratoire indo-européen avait conduit deux autres peuples très proches, de souche iranienne, dans les régions comprises entre la mer Caspienne et le golfe Persique, aux confins de la Mésopotamie: les Mèdes et les Perses.
Les Mèdes, d’abord sous dominance assyrienne, avaient constitué un vaste empire allant de l’actuelle Turquie au plateau iranien, mais en 550 avant J.C., ils se sont inclinés devant les Perses conduits par Cyrus. Ces derniers s’emparèrent même ensuite de Babylone et de l’Egypte.

Darius, avec ses conquêtes, étendit l’empire perse jusqu’à la vallée de l’Indus.
Une inscription de Persépolis, datant vraisemblablement de 513 avant J.C., qui énumère les territoires perses, cite l’Arachosie, le Gandhara et la plus peuplée de toutes les satrapies (provinces), nommée Hindu, c’est à dire la région de l’Indus, dont le nom vient du sanskrit Sindhu. Les grecs ont repris la forme Indoi pour désigner les habitants de cette zone, et désigné par le terme India, d’abord l’aire géographique de la vallée de l’Indus, puis tout le sous-continent.
En réalité, la domination de Darius contribua justement à détacher historiquement la région de l’Indus du reste de l’Inde, où l’influence perse parvint cependant indirectement et se manifesta quelques siècles plus tard.

Le premier empire de l’histoire indienne, créé par l’empereur Ashoka, reprendra en effet les concepts perses d’unité territoriale et de fondement éthique de l’état.



L’EMPIRE MAURYA

Parmi les nombreux états créés par les différentes tribus aryennes, le plus important pour l’histoire de l’Inde du Nord fut le Magadha, dans la région centrale du Bihar actuel (nord-est, frontière avec le Népal).
Non seulement ce fut le berceau du premier empire indien, mais surtout, c’est là que naquit un grand mouvement religieux, appelé à se diffuser bien au-delà de son foyer d’origine. En effet le rituel védique avait fini par se vider de tout contenu et par se transformer en un simple cérémonial liturgique concernant uniquement les brahmanes.
Dès le VIIIe siècle avant J.C., le brahmanisme avait succédé au védisme, mais le besoin de renouveau mystique suscita de nombreux prédicateurs, et les VIIe et VIe siècles avant J.C. furent donc une période extrêmement fertile sur le plan intellectuel et spirituel, comme c’était également le cas au même moment en Grèce et en Chine.


Apparurent alors en Inde Mahavira (540 - 468), alias Jina, à qui on doit le Jaïnisme, et bien sûr Siddharta Gautama (560 - 436), alias le Bouddha.
Le Jaïnisme, extrêmement austère, n’eut qu’un impact très faible comparé au Bouddhisme, qui lui-même s’est surtout exporté par la suite en Inde méridionale, en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge, au Laos, au Sri Lanka et dans l’Himalaya (puis au delà).
Je présenterai prochainement tout un article sur les origines du bouddhisme.

Mais pour revenir au védisme, qui devint le brahmanisme, puis l’Hindouisme, il apparaît sous sa forme définitive à partir du VIe siècle avant J.C.

Durant cette phase d’intense fermentation spirituelle, et alors que les Persans avaient envahi les montagnes de l’Indu Kuch et conquis le Pendjab et la vallée de l’Indus (ils s’y sont maintenus pendant 200 ans avant d’être chassés par les armées grecques d’Alexandre le Grand - ce n’est qu’après la mort d’Alexandre, à la moitié du IIIe siècle, que l’Inde a repris possession d’elle-même), plusieurs dynasties se sont succédées sur le trône du Magadha.
Les Haryanka (546 - 614) qui transférèrent la capitale à Pataliputra (Patna) furent suivis par les Shishunaga (414 - 346), qui annexèrent le royaume d’Avanti. Ensuite les Nanda (346 - 313) conquirent une grande partie de l’Inde centrale, ouvrant la voie à la dynastie des Maurya, qui fonda un empire assez vaste, centralisé et bureaucratique.
Le règne d’Ashoka (vers 272 - 236), le troisième souverain Maurya, est l’une des premières pages de l’histoire indienne connue avec certitude, et l’une des plus brillantes.
En effet Ashoka, officiellement converti au Bouddhisme, élabora à partir de l’éthique religieuse à laquelle il avait adhéré une idéologie conforme à sa conception de l’état, certainement inspirée du modèle perse, où une grande tolérance s’alliait à la rigueur morale, sans jamais perdre de vue les impératifs du gouvernement d’un grand empire. Ashoka diffusa sa doctrine d’une façon très originale, au moyen d’inscriptions gravées sur des pierres et des piliers distribués dans tout l’empire. Un de ses emblèmes, quatre lions féroces, est aujourd’hui le sceau officiel de l’Inde.

Les autres rois Maurya, dont on sait bien peu de choses, menèrent rapidement la dynastie à son déclin: sous le dernier, assassiné vers 185 avant J.C., l’empire se trouvait réduit à ses dimensions d’origine.



SRI LANKA ET L’EMPIRE DES SATAVAHANA

La pénétration des Indo-Européens en Asie les mena jusqu’à l’île de Sri Lanka (prononcer shri lannka), à l’extrémité méridionale du monde indien. Liée depuis toujours à l’histoire du sous-continent, l’île fut occupée vers le milieu du 1er millénaire avant J.C. par un groupe d’Aryens provenant, suppose-t-on, du golfe de Cambay. On ne sait rien des premiers habitants du pays mais on constate que les envahisseurs y ont introduit une langue indo-européenne (le cinghalais), la division de la société en castes, et leur religion.
En revanche, l’enseignement du Bouddha est parvenu au Sri Lanka grâce à des missionaires conduits par le fils de l’empereur Ashoka, qui s’efforçait de diffuser le bouddhisme aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses états. L’idéologie bouddhiste fut très rapidement assimilée par la population et joua un rôle majeur dans le développement des arts figuratifs, qu’elle a inspirés de manière durable.

Au 1er siècle après J.C., l’île subit des invasions répétées de populations dravidiennes, qui laissèrent des traces profondes dans la langue et la culture. Il s’agissait des Tamouls, un peuple n’appartenant pas au groupe linguistique indo-européen, qui vivait à la pointe méridionale de l’Inde. Les trois royaumes de Cola, de Pandya et de Kera, dont nous savons peu de choses, se partageaient cette région dont même le puissant Ashoka n’avait pas réussi à s’emparer. En dépit de leur forte particularité historique et culturelle, les Tamouls assimilèrent progressivement certains traits de ce monde indo-aryen qui se faisait pressant à leurs frontières, si bien qu’au début de notre ère, on assiste à une lente conversion des populations méridionales à l’Hindouisme.

Des changements notables se produisirent un peu plus au nord, dans la région centrale du sous-continent indien, le Deccan. Après la période obscure qui suivit l’effondrement de l’empire Maurya, on vit s’affirmer la dynastie des Satavahana, également appelée Andhra, dont la chronologie est très controversée. L’opinion la plus fréquente les situe cependant entre 50 avant J.C. et 230 après J.C. environ, ce qui exclut donc qu’ils aient été les successeurs directs des Maurya.
Peut-être en réaction contre l’orientation pro-bouddhiste d’Ashoka et de ses successeurs, les Satavahana remirent en honneur le rituel védique.
Hala, le septième souverain de la dynastie conquit l’île de Sri Lanka (appelée alors Simhala par ses habitants, Taprobane par les Grecs et les Romains, et Sarendib par les Arabes) en 78 après J.C. ; Gautamiputra, au IIe siècle après J.C. poursuivit une énergique politique expansionniste. On disait qu’il régnait sur un empire «baigné par les eaux de trois océans», en faisant allusion à la mer d’Oman, à l’océan Indien et au golfe du Bengale. Mais avec les successeurs de Gautamiputra, la dynastie connut une décadence progressive et l’empire finit par se morceler en un grand nombre de petits états sans importance.



DES INDO-GRECS, DES IRANO-SCYTHES
ET DES AFGHANO-CHINOIS !!


L’héritage des Maurya fut bien plus âprement disputé dans les régions du nord-ouest. à leurs frontières mouvantes, on ne trouvait plus les Perses, mais les Grecs arrivés avec Alexandre le Grand. L’influence des Grecs de l’Inde, qui incarnaient l’avancée extrême de l’hellénisme, fut cependant marginale dans l’histoire du sous-continent.
Après la succession rapide de deux dynasties, les Shunga et les Kanva, la vallée de l’Indus et les régions correspondant au Pakistan et au Pendjab furent envahies vers 90 avant J.C. par un nouveau groupe de tribus iraniennes, les Saka, ou Scythes du nord.
Après avoir traversé l’Afghanistan occidental, ils avaient été arrêtés pendant un certain temps par d’autres populations indo-européennes, les Parthes, appelés Pahlava en Inde, et les Indo-Grecs. Pourtant en 70 avant J.C., ils réussirent à détruire Taxila et se partagèrent les territoires environnants pour constituer une sorte de confédération tribale.
Mais les Indo-Grecs, les Palhava et les Saka furent définitivement écartés par l’invasion d’un peuple d’origine chinoise, les Yuezhi.
Chassés de leurs terres d’origine, ces derniers s’étaient avancés jusqu’en Inde, conquérant la Bactriane au 1er siècle avant J.C. On assista alors à la formation de la tribu des Kushana, issue soit directement des Yuezhi, soit d’ethnies iraniennes originaires de la Bactriane.
Leur roi Kanishka (144 - 168) créa une nouvelle dynastie et un nouvel empire extrêmement centralisé qui s’étendait de l’Afghanistan occidental au Pendjab, comprenant une grande partie de la plaine du Gange. Grâce à sa position géographique, l’empire Kushana joua un rôle considérable en favorisant les échanges commerciaux et surtout culturels entre l’espace indien et ses deux voisins, le monde irano-hellénique et l’Asie centrale. En effet c’est par lui que transita, en même temps que les caravanes chargées de marchandises, la doctrine bouddhiste, appelée à transformer profondément la physionomie religieuse de l’Extrême-Orient, d’abord en Chine, puis en Corée et au Japon.



POST antiquité :
APRÈS L’AMUSEMENT, LES MUSULMANS


Entre 320 et 467 après J.C., réapparurent et régnèrent certains des descendants d’Ashoka, les Gupta.
On a appelé cette ère l’âge d’or de l’Inde. Le pays n’a sans doute jamais connu, auparavant ou depuis, une telle période de paix et de prospérité, ni un tel épanouissement de la littérature et de l’art.
Selon un historien, à cette époque, l’Inde était peut-être «la région du monde la plus heureuse et la plus civilisée».
Mais elle était aussi trop riche pour que les choses durent. Elle est rapidement devenue un objet de convoitise.
Le premier assaut a été donné par les huns d’Asie centrale qui ont déferlé sur la dynastie Gupta. Ils ont bousculé les temples, mis à sac les palais, détruit les sculptures raffinées et pillé les trésors. Mais, bien plus, ils ont laissé l’Inde sans pouvoir et sans force pour résister à d’autres envahisseurs. Le vide laissé par les Gupta n’a en effet été comblé que par des clans menant des luttes intestines, incapables de se défendre contre un adversaire sérieux.
Et précisément, à cette période, l’Islam constituait des armées.

A partir du VIIIe siècle, les Arabes et les Turcs se sont répandus en vagues successives sur l’Inde du Nord, sans rencontrer de résistance. Ils se sont d’abord comportés en pillards, en effectuant des razzias, puis se sont installés définitivement et massivement sur place, plus tard, au XIIe siècle.
Mais cela est une autre histoire...




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* Kalpa: Période correspondant à un jour de Brahma, soit 1000 Mahayuga. Chaque kalpa est suivi d’un Pralaya, destruction de l’Univers correspondant à une période de repos, appelée «Nuit de Brahma», de la durée d’un kalpa.
Une yuga est une période ou cycle cosmique incluant l’évolution d’un univers et son éclatement. Chaque yuga est suivie d’une période de repos avant que ne recommence une nouvelle yuga. Ces cycles cosmiques sont groupés par quatre (Chatur-yuga), formant une grande yuga (Mahayuga) d’une durée de 4 320 000 années terrestres. Les quatre yuga composant le dernier Mahayuga sont : Krita-yuga de 1 728 000 ans, Treta-yuga de 1 296 000 ans, Dvapara-yuga de 864 000 ans et Kali-yuga de 432 000 ans. C’est dans ce dernier cycle que nous nous trouvons et qui aurait débuté en 3102 avant J.C.



Echos de l'Inde - Mars 1999

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