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 L'INDE DES MOGHOLS (XVIe-XVIIIe siècles)

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filo

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MessageSujet: L'INDE DES MOGHOLS (XVIe-XVIIIe siècles)   Ven 13 Avr 2007 - 23:30


Se tenant côte à côte, les trois empereurs de l'apogée de la puissance moghole. A eux trois, ils régnèrent un siècle.
Akbar au centre, son fils Jahangir à sa droite, et son petit-fils Shah-Jahan à sa gauche.





L'INDE DES MOGHOLS


L’Inde au XVIe siècle est morcelée en une multitude de royaumes hindous et musulmans. les musulmans avaient déjà conquis l’Inde au XIe siècle et fondé leur première capitale à Lahore.
Les Moghols eux, d’origine différente (moghol est un nom persan désignant ces nouveaux venus du Nord, du pays des Mongols, mais certains venaient en fait de Turquie), vont conquérir l’Inde dès le début du XVIe siècle ; Babur, le premier, était loin d’imaginer qu’il fonderait une des plus prestigieuses dynasties que le monde ait connu.
Dix-sept souverains moghols gouverneront l’Inde.
Nous aborderons ici les six plus grands


BABUR (1526-1530)

Muhammad Babur était un jeune prince turco-mongol originaire d’Asie centrale. Pendant longtemps son rêve fut d’établir un véritable empire et de régner sur Samarkande. Mais le destin en fut autrement : après plusieurs tentatives échouées, il décide de se tourner vers l’Afghanisthan, qu’il réussit à prendre an 1504. Dès lors ses ambitions de conquêtes vont s’orienter vers le Sud, et notamment vers l’Inde dès 1514.
Après avoir soumis Lahore et marché sur Delhi, Babur se heurte à l’armée du sultan Lodi (qui régnait à l’époque) dans le village de Panipat, non loin de Delhi. La bataille est longue et difficile, mais s’avère décisive : le 21 avril 1526, Babur est victorieux, et se proclame padishah (Sultan en persan) de l’Hindoustan (ancien nom de l’Inde).
Après plusieurs hésitations, il décide de rester en Inde, car Babur préfère les montagnes de l’Asie centrale à l’Inde qu’il trouve sans charme. Il se désole de constater qu’“il n’y a point d’eaux vives dans les jardins”.
Ainsi, dans sa nouvelle capitale d’Agra, il fait bâtir de nombreux jardins où il aime se retrouver entre deux conquêtes.
Les quatre années de son règne sont difficiles à gérer, car il se trouve face à des problèmes d’administration politique et de gestion financière. Il n’entreprend aucune réforme administrative, et les différents territoires sont toujours gouvernés par des personnes attitrées chargées de collecter les impôts sur les terres et d’entretenir une armée. Ce système favorisait la rebellion contre le dynaste.
Quand Babur meurt en 1530, Humayun son fils prend les rênes d’un empire déjà fragile.


Babur



HUMAYUN (1530-1540 et 1555-1556)

Humayun succède à son père à l’âge de 23 ans.
Son empire est vaste mais sans cesse menacé : Afghans, rajputs et sultans indiens redoublent leurs attaques. A l’est, au Bihar et au Bengale, l’empereur doit faire face à un redoutable ennemi, l’Afghan Sher Shan Sur. Il subit d’ailleurs une terrible défaite en 1540 et part s’exiler en Perse. Pendant ce temps Sher Shan prend le pouvoir et s’organise. Il s’installe à Delhi, conquiert Agra et décide de centraliser le pouvoir autour de sa personne. Les réformes se succèdent, il avait déjà compris le danger qu’entraîne la division du pouvoir. Il n’hésite pas à épouser des princesses rajputes pour établir des liens avec les puissants rajas rebelles.
A sa mort en 1545, ses fils ne parviennent pas à endiguer les multiples troubles qui destabilisent le royaume. Humayun choisit ce moment propice pour reconquérir l’Inde.
En juillet 1555, il pénètre Delhi et remporte toutes les victoires, les dernières avant sa mort en 1556.
L’empire moghol englobe alors l’Afghanisthan, le Punjab, la plaine de Delhi jusqu’à Allahabad, et les contreforts himalayens à l’est.


AKBAR, le Grand Moghol(1556-1605)

A 11 ans, il part déjà aux côtés de son père Humayun pour la reconquête de l’Inde. Son père meurt alors qu’il a 13 ans, c’est donc son précepteur Baïram Khan qui va le guider et l’aider dans son énorme tâche. Seulement, le poids de ses conseils et mises en garde se font de plus en plus lourds, jusqu’à irriter Akbar, qui sent son pouvoir s’étioler au profit de son premier ministre.
C’est à la mort de ce dernier qu’Akbar va réellement commencer son règne.
Akbar entreprend non seulement de consolider les frontières de son empire, mais aussi d’étendre son territoire par les armes.
Il s’engage également dans une politique matrimoniale en décidant d’épouser plusieurs princesses rajputes.
Après avoir conquis le nord de l’Inde, il se tourne vers le sud réputé pour ses richesses. En 1594, alors qu’il s’est engagé sur la route du Deccan, son fils Salim (futur empereur sous le nom de Jahangir) se fait proclamer roi à Allahabad. Averti, Akbar regagne rapidement sa capitale, abandonnant définitivement ses aspirations sur le Deccan. Akbar sait pertinament que le pouvoir doit être partagé, il décide donc de répartir les charges administratives de l’empire entre quatre ministres différents.
Akbar et l’architecture
Akbar voulut rendre hommage à son père en édifiant à Delhi un tombeau monumental à l’image de la puissance moghole. Il entreprend aussi en 1571 l’édification d’une nouvelle cité: Fatehpur, sur le site d’un village appelé Sikri, en hommage à un saint soufi local qui lui avait prédit la naissance de ses trois fils, alors qu’il était désespéré de ne pas avoir de successeur. Plusieurs années furent nécessaires à la construction de la cité ; on raconte qu’un manque en approvisionnement d’eau fut la cause du départ d’Akbar et de sa cour quinze années plus tard, mais on suppose aussi que des raisons politiques ont pu le motiver (ceci-dit, pour les passionnés de l’histoire moghole, la cité est encore de nos jours pratiquement dans l’état où l’empereur l’a laissée !).
Sa tolérance envers l’hindouisme est nettement visible dans cette cité où art hindou et art musulman s’épousent savamment.

Au soir de sa vie, une fois son empire consolidé, Akbar s’intéresse vivement aux différentes religions. Sa curiosité l’incite à faire traduire les grandes épopées hindoues, le Mahabharata et le Ramayana (cf. p.27) du sanskrit au persan. Il va même jusqu’à inviter à sa cour quelques jésuites installés à Goa. De nombreux débats sont orchestrés par Akbar, toujours en quête de vérité. Pourtant son ouverture aux autres religions ne l’écartera jamais de l’Islam et notamment du soufisme.
Fatigué, vieilli et déçu par son fils Salim, Akbar s’éteint le 27 octobre 1605, après cinquante années de règne.


JAHANGIR (1605-1627)

Salim, appelé Jahangir (“celui qui saisit le monde”), n’est pas, contrairement à ses ancêtres, un conquérant. Il se plaît plutôt à profiter du bien être de la vie à la cour. Les quinze premières années de son règne sont assez calmes. Il envoie ses deux fils dans le Deccan afin d’envahir le sud de l’Inde, et après bien des difficultés, ils gagnent Ahmadnagar. Pour remercier son fils Khurram, Jahangir lui offre le titre de Shah Jahan (“empereur du monde”).
En 1611, l’empereur tombe éperdument amoureux d’une Persane du nom de Mihr un-Nisa. Il l’épouse après s’être débarassé de son mari gênant. Elle se fait alors appeler Nur Jahan (“lumière du monde”).
Recluse derrière les fenêtres ajourées du harem, Nur Jahan tient fermement les rênes du pouvoir.
Affaibli par la maladie et par l’alcoolisme, Jahangir s’en remet aux décisions de son épouse, qui conduit l’empire avec compétence.
Jahangir n’est pas, il est vrai, un grand réformateur soucieux de son empire, mais il reste un souverrain éclairé, et fin lettré. Il attache par exemple une grande importance aux arts décoratifs. Passionné de poésie persane, il aime aussi observer les paysages, les fleurs et les animaux...
Dans sa résidence du Cachemire, il entreprend la construction d’un superbe jardin appelé Shalimar (“demeure de l’Amour”).


SHAH JAHAN (1627-1658)

Lorsque Jahangir meurt en 1627, le problème de succession se pose, car Sharyar (autre fils de Jahangir) se fait proclamer empereur alors que Shah Jahan se trouve dans le Deccan. A son retour, très déterminé, il fait défaire son frère et éliminer tous les prétendants au trône.
Shah Jahan tient à réaffirmer la puissance moghole ; opposé au laxisme de son père, il veut consolider à nouveau son empire.

Il remporte des succès militaires dans le Deccan, mais en Afghanisthan il subit des défaites contre les Perses.
A Delhi, sa nouvelle capitale, il fait construire le Fort Rouge et la grande mosquée. Mais la réalisation la plus splendide reste le Taj Mahal : symbole de la grandeur de son amour pour son épouse Mumtaz Mahal.
Mumtaz meurt en 1631 en mettant au monde leur quatorzième enfant. Fou de chagrin, Shah Jahan veut édifier le plus beau mausolée qui puisse exister. On raconte qu’il fallut vingt ans pour construire l’édifice.
Ironie du sort, Shah Jahan doit passer les dernières années de sa vie prisonnier de son fils Aurangzeb au Fort Rouge d’Agra, duquel, par delà les méandres du fleuve, il peut vaguement contempler dans le lointain le sublime tombeau de son épouse bien-aimée.


AURANGZEB (1658-1707)

Aurangzeb se dispute le trône avec ses trois autres frères, mais finit par l’emporter.
Il monte sur le trône en 1658, alors que son père ne meurt que huit ans plus tard. Aurangzeb est le dernier des grands Moghols, et son règne de cinquante ans est le plus long et le plus terrible.

Aurangzeb se révèle être un musulman orthodoxe (nous dirions intégriste aujourd'hui) qui veut créer un état musulman uni. Il réintroduit l’impôt levé sur les non-musulmans, et détruit de nombreux temples hindous.
Contrairement à Akbar, son règne est marqué par l’intolérance.
Empreint d’un certain idéalisme, il n’aspire qu’à étendre l’empire moghol pour imposer l’ordre islamique.

Mais dans le sud apparaît une nouvelle puissance indienne qui va peu à peu contribuer de façon déterminante à la chute de l’empire moghol : les Maratha, descendants du peuple hindou, réunis autour de Shivaji dans la deuxième moitié du XVIIe siècle.

Après la mort d’Aurangzeb, aucun empereur moghol n’atteint l’envergure des six premiers. Des trouble intérieurs, des invasions, afghanes et persanes, accélèrent la chute de l’empire moghol.

La colonisation européenne mettra une fin définitive à la dynastie, une dynastie qui a éclairé l’Inde par la richesse de sa culture pendant plus de trois siècles.





Echos de l'Inde - Mars 1999

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