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 La vie de TAGORE

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MessageSujet: La vie de TAGORE   La vie de TAGORE EmptySam 21 Avr 2007 - 18:39

LA VIE DE TAGORE




La vie de TAGORE Tagore





Rabindranath Tagore est sans doute l’un des génies les plus universels de l’Inde. Romancier, poète, dramaturge, peintre, musicien, auteur de chants passés dans le patrimoine indien populaire, il était également un grand érudit.
Son œuvre littéraire lui valut le prix Nobel en 1913, mais ne conquit le public occidental que lentement.
Tagore écrivait en bengali, sa langue natale, et traduisait lui-même en anglais un grand nombre de ses poèmes et nouvelles. La traduction en français de ses œuvres commence enfin à paraître peu à peu, et il était temps !

Sa poésie, toute lyrique, nous révèle l’âme indienne dans toute son ampleur et dans le même temps, nous confronte avec ce qu’il y a de plus profondément ancré dans l’âme humaine : la souffrance, l’espoir, la joie de vivre, le contact intime avec la nature et l’aspiration à une haute spiritualité.




L’ENFANCE

Rabindranath, dont le nom signifie «le seigneur du soleil» (son œuvre est d’ailleurs jalonnée d’allusions au soleil) est né le 7 mai 1861, quatorzième et dernier enfant d’une famille de haute caste. Des brahmanes du Bengale, enrichis par le commerce avec les anglais.
La maison familiale dans les quartiers nord de Calcutta est aujourd’hui le siège d’un musée et d’une école d’art. C’est là que Rabindranath a passé une enfance libre et heureuse, dans un milieu privilégié, même s’il avait parfois un peu de mal à y tenir son rang.
Pas d’école, mais des professeurs particuliers: musique, peinture, danse, ... Il écrit son premier opéra et ses premiers poèmes à l’âge de 13 ans.

Son grand-père, Dwara-kanath, était un homme d’affaires fastueux. Il a vendu aux anglais la toute première cargaison de thé de leur histoire. Réformateur de la société et fondateur de plusieurs institutions éducatives, dont la Société brahmique (Brâmasamâja), il était aussi un généreux mécène et bon vivant, surnommé «le Prince» ; mais il mourut ruiné.

Son père, Debendranath, un esprit très religieux, fut l’un des artisans d’un grand mouvement de réforme de l’hindouisme. Surnommé «le grand sage» (Maharshi), il se retrouve le chef d’une très grande famille au début des années 1870. Dans la maison de Jorasanko où l’on réinvente l’art de vivre et ses raffinements, le divertissement même doit être une qualité esthétique. On y croise des artistes indiens et étrangers, des musiciens de renom y reçoivent l’hospitalité, et les jeunes Tagore apprennent le chant classique au contact quotidien de ces maîtres.

Rabindranath a cinq ans lorsque le théâtre de la maison «Jorasanko Natya-shala» est inauguré par son cousin Ganendranath. Le souvenir des représentations fastueuses qu’il donne restera vivace dans sa mémoire. Les femmes de la famille participent à toutes ces activités au grand dam de la nouvelle classe moyenne et de sa morale victorienne.
Jyotirindranath, un de ses frères aînés, raconte dans ses mémoires comment Rabindranath changea sa pièce Sarojini (1875) en composant une chanson pour une des scènes que lui, l’auteur, avait écrite sous forme de monologue. La pièce, jouée dans un des théâtres de la ville, fut un succès, la chanson ayant enthousiasmé les spectateurs. Ici furent jetées les bases de son sens du théâtre et de la musique, deux dimensions essentielles de son œuvre future.
Parmi les nourritures formatrices de son esprit, on remarque la poésie vaishnava (dédiée à Vishnu) des XIIe-XVe siècles.
Dans ses souvenirs, il évoquera le bonheur de sa première lecture des Chants de Govinda (Gita-govinda), et de la poésie de Kalidasa, qui le fascine.
Lorsqu’il a douze ans, son père se charge de son éducation et l’emmène dans sa retraite de Santiniketan, et dans l’Himalaya.
De l’héritage paternel, il recevra en outre le goût de l’astronomie et de la poésie persane des soufi, un regard nouveau sur la nature et en concevra un véritable appétit pour le chant. Des chants védiques, chantés avec son père face à l’Himalaya, jusqu’à la richesse des musiques folkloriques, qu’il connaîtra au terroir même durant ses séjours dans les villages où il prend le relais de son père. Il y rencontre les «baul», chanteurs errants «amoureux de Dieu». Leurs chants le séduisent par leur imagerie à la fois simple et subtile et leur idée du Divin libre des carcans confessionnels.
Il recueille une partie des chants de Lalan Fakir, baul célèbre, et les fait publier dans la revue Prabashi. Ces rencontres feront mûrir sa personnalité de poète. «Je suis l’un d’eux, un hors-caste (vrâtya), écrira-t-il ultérieurement, Rabi, le baul.»

En 1874, il publie des poèmes et des critiques dans une revue appelée «Le savoir en bourgeon». Mais le plus clair de son temps, il le passe à apprendre le sanskrit et l’anglais.
Après la mort de sa mère en 75, il compose Fleurs sauvages, Lamentations, et ses premières réelles œuvres musicales ; puis viendront les Essais sur Dante et Pétrarque, Histoire d’un poète, et des poèmes pastiches signés Bhanu Singha, publiés dans la revue Bharati, fondée par deux de ses frères.
A 17 ans, il part étudier le droit en Angleterre, et revient en Inde deux ans plus tard. Il écrit alors Le cœur brisé et Les chants du soir.



L’AGE ADULTE

A 22 ans, Tagore accepte docilement le mariage que son père arrange pour lui avec une fillette d’une dizaine d’années, Mrinalini Devi. Lorsqu’elle mourra 20 ans plus tard, il ne se cherchera pas une autre épouse.
En 86 naîtra sa fille aînée Madhurilata, et en 88 son fils Rathindra.
Sa nouvelle vie lui inspire Dièse et bémol, un recueil de poèmes sensuels, passionnés, où apparaît néanmoins l’évocation de la mort. En présentant le recueil, il signale cette apparition comme «la puissante entrée de la mort qui venait prendre possession de sa poésie».

Les termes d’une équation : vie, amour et mort commencent à se mettre en place. Comment pouvait-il en être autrement après la mort tragique de sa belle-sœur Kadambari, épouse de Jyotirindranath ?
Guère plus âgée que lui, cette jeune femme l’avait pris sous son aile protectrice à la mort de sa mère. Elle avait été une des premières femmes à apprécier ses écrits et à le stimuler avec ses critiques. Le choc de sa dispariton le marque profondément et par là même il se sent une liberté nouvelle d’écrire comme bon lui semble, de suivre son itinéraire poétique propre, dispensé de ressembler à d’autres figures contemporaines de la poésie chère à Kadambari.

Il tournera la page.
Il veut alors quitter Calcutta, changer de décor pour se consacrer totalement à sa «muse», femme de rêve, mais aussi à sa jeune épouse en chair et en os qu’il connaît à peine encore.
Il cherche «un lieu historique vers l’ouest avec de vieux monuments et des roseraies». Faute d’avoir trouvé Chiraz, il se contente de Ghazipur dans la province du Nord où naîtront les poèmes du recueil Muse.

En 1890, Tagore entreprend un second voyage en Europe. Il parcourt l’Italie, la France et l’Angleterre.
De retour en Inde, son père Debendranath lui confie la gestion des terres et du domaine familial, il s’installe alors à Shileida.
A 30 ans, il est nommé vice-président de l’Académie des Lettres du Bengale.
Dès lors, il ne va plus arrêter d’écrire, et la liste serait hélas trop longue pour la citer ici.
Notons tout de même Le bateau d’or, Chitra, Kacha et Devayani, La récolte hivernale, L’esquif d’or, Ephémère, Smaran (qu’il écrit à la mort de sa femme, en 1902), La jeune lune (écrit à la mort de sa fille en 1903), La Traversée, Gôra, Gitanjali, Le jardinier d’amour, La maison et le monde, Cygne, Marginal, Quatre Chapitre, La fugitive, La machine, Lucioles, Mohua, entre autres romans, poèmes et mémoires, ainsi que des pièces de théâtre, des opéras, et des revues.

En 1901, il fonde son école Brahmacharyashram à Santiniketan ; et, la même année, marie ses deux filles, Madhurilata et Renuka.
En 1903, il participe aux manifestations contre le partage du Bengale et compose même des chants patriotiques.
Après sa femme et sa fille, il perdra en peu de temps son disciple Satish Chandra Roy (1904), son père (1905), et son fils aîné (1907).


LA GLOIRE

En 1911, son cinquantième anniversaire est célébré en Inde sous forme de fête nationale. C’est un triomphe. Il décide l’année suivante de retourner en Occident. Il fait des conférences en Angleterre, où il rencontre Saint-John Perse. L’India Society de Londres publie la traduction anglaise de Gitanjali, sous le titre Song Offerings qu’André Gide traduira peu après en français sous le titre L’Offrande lyrique. Il pousse jusqu’aux Etats Unis et prononce des conférence aux Unitarian Club, Urbana et à l’université de Chicago, puis à celle de Harvard.
L’année suivante, en 1913, on lui attribue le prix Nobel. L’aurait-il alors reçu s’il n’avait pas «fait» l’Occident juste avant ?
Il est probable en tous cas qu’à travers Tagore, c’est l’Orient que les nobels ont voulu honorer, car pour l’Europe en crise, la lumière semblait venir de là. D’ailleurs, en 1915, il est nommé Chevalier par la reine d’Angleterre, titre qu’il rendra au vice-roi quatre ans plus tard. Il adhèrera alors à la Déclaration d’Indépendance de l’Esprit de R. Rolland.

Désormais, Tagore ne s’arrête plus, il a la bougeotte : il crée à Santiniketan une université internationale: Visva-Bharati, un centre d’études des civilisations et des cultures orientales et occidentales, il rencontre Gandhi, il va au Japon, il retourne plusieurs fois aux Etats Unis, en Angleterre, puis en France, en Belgique, en Europe centrale, en Chine, en Amérique Latine, en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Norvège, en Suède, Autriche, Hongrie, Yougoslavie, Bulgarie, Roumanie, Grèce, Canada, Russie, Iran, Irak,...

Il y donne des conférences, parle de son université et recueille des fonds, ou bien joue au touriste, rencontre des personnalités (comme Bergson ou Einstein), il joue également la comédie sur scène, dans ses propres pièces de théâtre.
En 1930, ses peintures sont exposées pour la première fois, à Paris. Puis à Birmingham, Berlin, Munich, Genève, Copenhague, Moscou, Boston, Philadel-phie et New York. C’est aussi l’année où il donne sa fameuse série de conférences sur la religion de l’homme à Oxford.
En 1931, lors de son retour en Inde, on lui remet, pour son soixante-dixième anniversaire, un Livre d’Or composé par les intellectuels du monde entier.

Il ne retournera plus en Occident. Il rend visite à Gandhi, lorsque celui-ci est emprisonné en 1932, et part à Ceylan où on lui fait un triomphe.
Puis il se retire à Santiniketan, où il écrit encore et toujours. Il y recevra Nehru en 34, puis Gandhi en 40.
Il y écrira ses souvenirs d’enfance : En ce temps-là.
En mai 1941, alors que la guerre fait rage en Europe, et à l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire, il fait un cadeau au monde sous forme de message: La crise de la civilisation.

Trois mois plus tard, le 7 août 1941, Rabindranath Tagore meurt dans la maison qui l’a vu naître, à Jorasanko, Calcutta.

Tagore fut au fil des décennies adulé, méconnu, calomnié et traité de pornographe, posé sur un piédestal ou mis en vitrine.
Caractériser une œuvre aussi ample et à dimensions multiples que la sienne est une gageure. Cependant, son évolution pourrait être une inlassable poursuite du sacré, qui est au début synonyme de Beauté et vers la fin celui de Vrai, qui a parfois le visage de la nature ou celui de l’amour ; tantôt c’est la musique, tantôt la mort ou simplement l’homme.
Bien souvent ce sont les mots que cherchent le cœur.






La vie de TAGORE Gandhi%20with%20Tagore




«Je garderai fraîche l’herbe du sentier où tu marches au matin et où,
à chacun de tes pas,
les fleurs avides de mourir bénissent le pied qui les foule ;
je teindrai la plante de tes pieds du jus rouge des pétales de l’Ashoka
et y cueillerai, dans un baiser,
le grain de poussière qui par mégarde pourrait s’y être égaré»
(R.Tagore - Le jardinier d’amour)





Filo - Echos de l'Inde n°5 - Juin 1999




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MessageSujet: Re: La vie de TAGORE   La vie de TAGORE EmptyLun 18 Juin 2007 - 8:19

Trouvé sur wiki ces magnifiques citations pleines de bon sens :

* "La naissance et la mort des feuilles font partie de ce vaste cycle qui se déplace parmi les étoiles"

* "Que seulement je fasse de ma vie une chose simple et droite, pareille à une flûte de roseau que tu puisses emplir de musique"

* "Ne pleurez jamais d'avoir perdu le soleil, les larmes vous empêcheront de voir les étoiles"

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rab%C3%AEndran%C3%A2th_Tagore

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