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 Le RAGA : base de la musique indienne

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filo

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MessageSujet: Le RAGA : base de la musique indienne   Mer 25 Avr 2007 - 14:22




La musique indienne a conservé ses traditions et ses anciennes formes dans son évolution à partir des chants védiques, depuis environ 4000 ans.
La musique est mentionnée dans les textes religieux et les contes héroïques indiens, et était même liée aux origines du yoga, comme moyen d’atteindre plus facilement la félicité spirituelle.

En fait, la musique prenait part à toutes les distractions, toutes les cérémonies, tous les rituels ; du moins jusqu’au XIIIe siècle, car à l’époque elle subit l’influence des envahisseurs musulmans dans l’Inde du Nord, et devint plutôt l’apanage des cours princières.



Ecouter le flûtiste Hariprasad Chaurasia pendant la lecture


DEUX ECOLES

C’est alors que deux courants distincts apparurent : en Inde du Sud, le système Karnatique qui tient à la tradition indienne d’origine, de façon plus ou moins rigide, et en Inde du Nord, le système Hindustani, qui tout en restant dans les lignes de l’ancienne tradition, y a introduit des changements plus dynamiques et variés, avec l’influence des musulmans.
On peut dire que ces deux styles ont donc les mêmes fondements, et leurs divergences sont difficilement décelables par les profanes.


LE RAGA

La musique indienne est basée sur le principe du RAGA, et il existe des milliers de ragas différents.
Les ragas sont des formes mélodiques basées d’une part sur des gammes voisines ou apparentées connues sous le nom de mela. Il existe 72 melas. D’autre part sur des gammes modales fixes, ascendantes ou descendantes. Les gammes ascendantes s’appellent trohan, et les descendantes avarohan.
Chaque raga a ses propres caractéristiques, couleurs, et ambiances, qui développent une atmosphère appropriée au moment de son exécution (ou de son écoute) : le moment de la journée (1 jour est divisé en 8 parties de 3 heures - un raga du soir de 20h par exemple sera donc différent d’un raga joué à minuit !), de la saison, ou tout simplement de l’occasion. Les musiciens indiens évoluent ainsi constamment à travers des sensations d’aventure musicale et d’excitation, à mesure qu’ils créent et improvisent dans les limites des règles fondamentales du raga et des talas (le tala est un cycle rythmique à unités de temps fixées, comme 16, 14, 12, etc... avec leurs subdivisions respectives - cf. le rythme).


CONSTUCTION D’UN RAGA

Dans la forme classique d’un récital instrumental du système Hindoustani (auquel par exemple Ravi Shankar appartient), le musicien commence par un ALAP, qui présente et explore librement la gamme et l’atmosphère du raga choisi. Cette introduction dure le temps que le soliste le désire, et peut être divisé en trois parties:
L’alaap: c’est une sorte d’invocation qui doit être jouée lentement et sereinement, qui en fait présente une par une toutes les notes du mode et leurs interactions, et après ce lent solo d’exploration, le musicien passe au jod, qui est plus rythmé et évoque déjà le thème sur lequel le mode sera traité, et après avoir exploré plusieurs variations, il termine par un jhala, (qui se caractérise par un rapide mouvement de la main droite pour le joueur de sitar) et accentue le rythme.
L’alap et le jod constituent souvent un réel test pour un artiste lors d’un concert, et bien sûr pour les connaisseurs de l’assistance, qui poussent des exclamations (souvent guettées par l’artiste), comme «Bohot atcha!» (très bon!), ou «Kya bat he!» (qu’est-ce qui arrive!), ou font des gestes...
La 2ème phase du raga commence alors par le GAT, et la percussion (le plus souvent, les tablas, surtout dans le Nord) entre alors en scène.
Le gat est une composition fixe avec en général un cycle de temps précis (un tala) allant de 2 à 16 mesures. Le gat peut être joué dans un tempo lent (Vilambit), médium (Madhya), ou rapide (Drut), et a ses propres développement et variation, où les musiciens ont à nouveau un angle maximum d’improvisation, s’échangeant parfois les rôles de soliste / accompagnateur.

Le gat se termine en général par un JHALA, troisième phase du raga, un crescendo joué assez vite, où on peut atteindre l’extase. Puis vient la fin : le tehaï, répétition accélérée de trois fois un motif.
A noter qu'on trouve aussi des tehaïs secondaires au sein du morceau, pour marquer la fin de quelque chose, le passage à autre chose (chorus, atmosphère, intensité rythmique, etc...).


LE RYTHME

Les percussions scandent la structure rythmique du morceau et maintient les cycles de temps du gat.
Ces cycles, les tala, s’élèvent à 360, et sont constitués chacun de 3 à 108 battements, ou matra. Les divisions sont très importantes, et peuvent être agencées différemment. Par exemple, un tala en 10 matras peut donner : 2+3+2+3, ou bien 4+4+2, ou 3+3+4, etc...
Le premier temps, la première frappe, doit être accentué clairement à chaque fois qu’un cycle recommence, car il est le repère absolu : c’est le SAM. C’est tout un art de retomber avec une parfaite coordination sur le sam.


LES INSTRUMENTS

Il y en a bien sûr beaucoup trop pour les citer de façon exhaustive, mais les plus connus sont le sitar et le tabla, que nous devons tous deux à un certain Amir Khusro, un poète musicien, musicologue et homme d’état sous le règne de Allaudhin Khilji, au XIVe siècle. Il est même reconnu comme le fondateur de la poésie Urdu.
La veena est également très populaire en Inde, un peu comme la guitare chez nous, c’est d’ailleurs l’instrument que tient SARASWATI, la déesse de la musique et des arts, sur les gravures. D’autres instruments sont courants en Inde (et au Moyen-Orient), comme le sarod, le rabab (petit sarod du nord de l’Inde), le tempura, le sarangi, le santoor (d’origine perse), le sheenaï (sorte de hautbois), le dholak, le mridangam, ou le pakhawaj, etc... D’autre part, le Sud et le Nord de l’Inde ont chacun ses spécificités.


Sitar


Tabla


Veena


Sarod


Sarangi






La musique indienne est modale par nature, et s’apparenterait, si nous voulions absolument la comparer à une référence occidentale, au Jazz ; pour son côté improvisation «encadrée», et pour l’abondance de standards, qui pourraient être nos ragas...
En tous cas, nous autres occidentaux devrions nous pencher un peu plus sur cette conception différente de la musique ; sur sa subtilité, sa richesse, ses atmosphères... à l’heure où ce sont les musiques commerciales de bidouilleurs informatiques qui s’imposent à nos oreilles, telles des hamburgers qui, grâce à la pub et à la facilité, se vendent mieux qu’un bon curry d’aubergines !








Echos de l'Inde n°1 - Mai 1998



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