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 Nouvelle : Ta tête sur mon épaule

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Gérard FEYFANT

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MessageSujet: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Sam 5 Mai 2007 - 12:41

TA TÊTE SUR MON EPAULE



Je ne veux pas ouvrir les yeux ! Je suppose que j’y parviendrais si j’essayais, mais je ne veux pas essayer. Pas encore. Je suis bien dans ma nuit. Je ne veux pas ouvrir les yeux.

Je ne sais pas où je suis. Je ne sais pas si je suis seul. Je ne sais pas ce que c’est qu’être seul. Est-il là ? Est-il seul lui aussi ? Je ne veux pas ouvrir les yeux. J’ai mal aux yeux. J’ai mal à la tête. A-t-il mal à la tête ?

Surtout ne pas bouger. Remuer une seule, une infime parcelle de mon corps, ce serait prendre contact avec le monde qui m’entoure, commencer à me repérer dans l’espace. Je veux prolonger cet état de douce anesthésie, d’ankylose confortable. Je flotte dans un univers à une seule dimension, celle de ma pensée légère, vaporeuse. Surtout, aucun repère par le corps, aucun repère dans l’espace. Je veux me contenter d’une seule dimension, d’une seule certitude : j’existe !

Mais suis-je vraiment ? Ce serait la première fois. "Je" n’a jamais existé. Et lui, existe-t-il enfin ? Existons-nous encore ?

Toujours "nous". Nous courions ensemble dans le jardin. Nous chantions ensemble, ensemble nous riions et nous pleurions. « Les garçons à table ! Les garçons au lit ! Les garçons, c’est l’heure des devoirs ! Rentrez, vous allez prendre froid ! » Nous toujours, inséparables. Les mêmes joies, les mêmes peines. Les mêmes gestes quotidiens. Les mêmes sommeils et les mêmes angoisses. Les mêmes souvenirs. Les mêmes demains et les mêmes espoirs. Le même horizon. Le même désespoir ! Le fond du jardin pour seul horizon. Impossible solitude ! A la vie à la mort ! Je t’aime je te hais. Qui "je" ? Qui "te" ? Tu - es - me. Tu - me - es. Les mêmes rêves. Non, pas les rêves ! Je ne veux pas ouvrir les yeux. J’ai mal à la tête.

Derrière mes paupières closes, une lumière m’éblouit qui perturbe ma nuit. Je ferme les yeux plus fort. Une voix qui dit : « Il a bougé les paupières ! » Je ne suis donc pas seul. On s’affaire. Je ne reconnais aucun bruit, tout est feutré. Un bip régulier, qui rassure. Je regrette d’avoir cligné des paupières. Ce geste imperceptible vient de me renseigner, m’a détaché de cette dimension unique dans laquelle je planais. Je me reconstruis en trois dimensions. Maintenant, je sais où je me trouve.

Flottements de tissus, mouvements diaphanes, murmures, bruits diffus, loin, loin.

"Il" a bougé les paupières. Il ne peut s’agir que de moi. Je suis donc "il". Il "a" bougé les paupières. Je suis donc seul. Alors où es-tu ? Aucun signe. Surtout, ne pas bouger. Qui a gagné, qui a perdu ? Y a-t-il un gagnant ? Devait-il y en avoir un ? Je l’avais espéré, sinon à quoi bon ! Où es-tu ? Où es-tu ? Je t’aimais je te haïssais. J’ai mal à la tête. Ne pas bouger. Je ne veux pas ouvrir les yeux.

Des pas qui fuient, légers, légers, une porte qu’on ouvre, une porte qu’on referme, un petit clic à peine. Puis seulement ce bip régulier, régulier, régulier. Je me rendors.
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Gérard FEYFANT

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MessageSujet: Re: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Sam 5 Mai 2007 - 12:45

Tu as vu Aurore le premier. Tu as dit : « Regarde, une fée ! » Nous avons couru au fond du jardin pour la regarder passer. Avant elle, il ne passait jamais personne sur le chemin, au fond du jardin. Mon cœur s’est mis à battre très fort. Elle avait des nattes délicieuses qui dansaient. Chacune était ornée d’un ruban rose. Elle sautillait comme une bergeronnette et trillait son chant comme une flûte douce. Elle nous a vus, elle a souri. Elle nous a salués d’un geste de la main, nous a lancé : « Bonjour les garçons ! » et elle a passé son chemin.

Dans son sourire et dans sa voix, il y avait du soleil. J’ai dit : « C’est vrai, c’est une fée ! » Chaque jour, nous allions la voir passer. C’était comme d’attendre le lever du soleil. On se plantait entre deux troènes, on l’attendait et elle arrivait. On devait avoir l’air de bêtes curieuses parce qu’elle nous a lancé un matin :

« Vous en faîtes une drôle de tête ! »

On a beaucoup ri.

Au début, tu disais : « Elle est belle notre fée ! » Au début, tu disais "notre". Elle était à nous deux. « C’est l’heure, allons voir notre fée ! » C’est toi qui as osé lui demander son prénom.

« Dis-nous ton prénom !
- Aurore !
- Tu veux être notre fée ?

Elle s’est sauvée en sautillant comme une bergeronnette.

- A demain les garçons ! »

ça voulait dire oui.

Au début, on disait "notre fée". Tout de suite, j’ai pensé "ma" fée, je me la suis accaparée. Je l’ai rêvée pour moi seul. J’ai rêvé d’elle toutes les nuits, je pensais à elle sans cesse. C’est la seule arme que j’avais contre toi, le seul jardin secret.

« A quoi tu penses ?
- ça jamais ! Ne me demande jamais à quoi je pense !
- A quoi tu penses ?

S’il te plaît pas ça ! Je veux m’envoler seul dans mes rêves, seul, seul, seul.

- A quoi tu penses ?

Laisse-moi mes rêves, tu n’as pas le droit ! Laissez-moi mes rêves ! Mon seul refuge ! Mon seul bonheur ! Ma seule solitude ! Laisse-moi le rêve !

- Tu penses qu’à elle, tu en rêves, c’est ça ?
- Salaud, pas ça ! Ne me dis pas ce que je pense, tu n’as pas le droit ! Pas le rêve, pas le rêve. Je te déteste. Pas le rêve ! »

Pas le rêve ! Aurore ma fée ! Ma douceur de vivre qui passe comme la brise du matin, tu es belle je t’aime ! Nous courrons tous les deux en riant, je te dirai des poèmes, à toi seule, à toi seule ! Nous ne grandirons pas ! Je dénouerai tes tresses et nous irons nous baigner à la rivière, seuls. Je referai tes nattes et j’attacherai des roses dans tes cheveux. Seuls, seuls !

- Tu penses à elle, mon salaud !
- Ta gueule !
- Je l’ai vue le premier, elle est à moi !
- Ta gueule !
- C’est vrai qu’elle est excitante !
- Ta gueule !

Je crie je hurle je pleure je crache je griffe ! Nous roulons au sol. Nous partons dans un corps à corps burlesque et suicidaire. Je te bourre de coups de poings dans le ventre, sur ta gueule stupide. Fais-moi face que je te crève salaud !

Maman accourt. « Mon dieu ! Mon dieu ! Pas ça les garçons, pas ça les garçons ! Mon dieu ! Mon dieu ! » Elle n’a pas la force de nous séparer, elle appelle au secours. Papa arrive. Il nous attrape et nous redresse. Il est rouge de colère. « Il ne manquait plus que ça ! Vous devriez avoir honte, entre frères ! »

Maman nous a soignés, en pleurant. Le docteur est venu, nous a auscultés. Il a longtemps hoché la tête. « Vous comprenez, docteur, je n’ai pas pu les séparer ! »

Silences. Conciliabules.
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Gérard FEYFANT

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MessageSujet: Re: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Sam 5 Mai 2007 - 12:52

Conciliabules.

« Il a été très agité dans son sommeil.
- Tel médicament, tel dosage. L’électro ?
- Régulier.
- Tension ?
- 16 / 7.
- Beaucoup trop, beaucoup trop. Tel médicament, tel dosage ! »

Bruits de plastique froissé, d’ampoules que l’on brise, de flacons que l’on ouvre et referme, bruits de seringues que l’on pose dans un haricot métallique. On manipule le cathéter dans mon bras droit. Derrière mes paupières, la lumière baisse d’intensité. Porte qui grince. Odeurs de pharmacie. Bip du moniteur, témoin de vie. Au rythme de ma vie.

Je suis en vie. J’ai survécu. Je suis seul ! Où es-tu ?

Es-tu ?

Dormir.


« Qu’est-ce qu’on fera plus tard ?
- On est plutôt bons en maths et en sciences.
- Chercheurs ?
- Qu’est-ce qu’on cherchera ?
- Les secrets du vivant.
- Ou bien on sera explorateurs !
- On voyagera dans les trous noirs.
- Moi, j’aimerais écrire.
- J’aime pas le français.
- T’es bon, pourtant !
- On est bons en tout, faut croire que c’est dans les gênes, paraît qu’on a les mêmes.
- Très drôle !
- Elle te plaît Aurore ?
- Arrête tes conneries !
- Elle te plaît Aurore ! Je suis sûr que tu bandes quand tu penses à elle !
- Recommence pas !
- Tu bandes, tu bandes salaud !
- Ta gueule, ta gueule, TA GUEULE ! »

Nouvelle bagarre, pugilats incessants.

Cris, larmes, colères, blessures. Docteur, infirmière.
Colère, douleur, désespérance. Conciliabules. « Il faut les séparer. »

« Je te déteste ! Je te tuerai ! »

Je te tuerai.

On est dans la cabane sous le poirier au fond du jardin, à ranger les outils. C’est la fin de l’été. Aurore est repartie en ville par le car de onze heures, elle était en vacances chez ses grands-parents, la ferme au bord de la route blanche. Elle nous a fait au revoir de la main en passant sur le chemin. Il n’y passera plus personne. La cabane sent fort l’odeur sucrée des poires qui tombent sur le toit et y pourrissent. Des guêpes sortent et entrent constamment. J’attrape sur l’étagère le masque d’apiculteur de papa.

« On va jouer aux martiens ! »

Je plaque le masque devant mon visage, je ne peux pas y introduire la tête. J’ai repéré le nid de guêpes dans la cabane, entre deux planches disjointes. Je décroche la fourche-bêche du râtelier.

« Ce sera le rayon de la mort. »

Un coup de rayon de la mort dans le nid de guêpes. Nuée de guêpes furieuses, surexcitées. Hurlements terribles d’épouvante et de douleur. On se précipite dehors en courant comme des fous.

Les guêpes piquent piquent piquent. Rayons de mort. Je t’empêche de te protéger le visage. Cris de panique de maman ! Papa se précipite avec une couverture, nous recouvre, nous étouffe. Je continue à hurler, tu ne dis plus rien. Ensuite, à travers la moustiquaire du masque que je continue à presser sur mon visage, je t’aperçois de profil et j’ai peur ! Pompiers, sirène, hôpital.

Conciliabules.

« Lui s’en sortira. Un bon réflexe qu’il a eu de se saisir du masque. Dommage qu’ils n’aient pas pu l’enfiler. Pour son frère, par contre, pronostic réservé. Il en a pris un coup mais le cœur est solide. - Séquelles ? - Il faut attendre. Il a perdu la vision de son œil gauche. Triste histoire ! De toute façon, il faudra les séparer. Pensez-y ! »

Une semaine d’hôpital. Sortis d’affaire. Retour à la maison.

Lourds silences. On n’en parlera pas. Tu m’as prévenu :

« Je n’en parlerai pas ! »

Complicité retrouvée. L’école a repris, l’école à la maison. Les professeurs sont gentils, attentionnés, compétents. Ils sont toujours à l’heure et proposent volontiers des cours supplémentaires « pour prolonger le rapport privilégié qui s’installe ». Ils passent aussi beaucoup de temps à s’entretenir avec les parents. Ils sont fiers de leurs élèves. « Vous pouvez être fiers de vos enfants ! Deux frères modèles, intelligents avec ça ! C’est un plaisir de leur faire la classe. Pauvres petits ! »

Complicité de façade. Rien n’est plus comme avant. Lourds silences, des heures, des jours, des nuits à s’épier. Nous savons l’un et l’autre que la rupture est inéluctable.

J’ai mal de tous les coups que je nous ai donnés.

Le temps passe, les saisons, l’automne, l’hiver, le printemps. L’été, à nouveau.

Aurore est revenue, plus belle que jamais. Depuis quelques jours déjà, nous allions, chaque matin, au fond du jardin, j’avais toujours quelque prétexte en réserve. Ramasser des carottes ou cueillir un bouquet de persil, chercher des escargots, étendre le linge, taquiner les taupes. C’est comme si je l’avais attendue. Et brusquement elle est là.

Elle a coupé ses tresses, une vraie demoiselle ! Tous les matins, on va la voir passer au fond du jardin. Elle nous salue d’un geste de la main. Un grand sourire plein de soleil : « Salut les garçons ! » Elle s’éloigne en sautillant comme une bergeronnette et en trillant son chant comme une flûte douce. « Salut les garçons ! » Ces trois mots et cette vision fugitive suffisent à mon bonheur.

Le soir au lit, je ne dors pas, je pense à elle. Aurore ma fée ! Tu es belle je t’aime ! Nous marcherons longtemps le long du canal, tous les deux toi et moi main dans la main, seuls au monde. Je te dirai les poèmes que j’ai composés pour toi, que je n’ai jamais écrits de peur qu’il me les vole. Je te raconterai les grands espaces vierges où nous irons vivre, seuls, seuls, seuls.

J’accrocherai des papillons dans tes cheveux. Tu poseras ta tête sur mon épaule. Ta tête sur mon épaule ! Quel bonheur, quelle douceur, toi et moi un jour seuls, ta tête sur mon épaule !


Tu m’as entendu pleurer.

« Tu rêvais d’elle, salopard ?
- S’il te plaît arrête !
- Elle a un beau cul, hein !
- Arrête !
- Elle t’excite, pas vrai ?
- Fous-moi la paix !
- Tu bandes salaud !
- Laisse-moi mes rêves ! Laisse-moi au moins ça !
- Tu bandes ! Tu bandes !

- Pas mes rêves ! Pas mes rêves ! PAS MES RÊVES !

Conciliabules.

« Ce n’est plus possible ! Il va arriver un malheur, un grand malheur ! Qu’est-ce qu’on peut faire ? Qu’est-ce qu’on peut faire mon Dieu ? »

On parle de plus en plus de nous séparer.

Des hommes, des femmes défilent à la maison. Longues réunions dans le bureau de papa, à huis clos. Les visages sont graves. Maman est triste.

Séjours à l’hôpital pour des examens qui n’en finissent pas. On passe dans une machine, comme un tunnel, toute blanche, qui nous découpe en tranches et en trois dimensions. Retour à la maison.

Aurore ne passe plus sur le chemin au fond du jardin.
Aurore !


Nouvelle tentative.

Il fait très chaud, le temps est orageux. J’ouvre le frigo.


« On se boit une bière ?
- C’est défendu !
- Juste une, ni vu ni connu !
- C’est défendu !
- Poule mouillée borgne !
- D’accord juste une !
- Une chacun, peinards dans la cabane. »

Douces lampées, âcres mais fraîches.

« Pas tout d’un coup, on va être bourrés. Viens, on va jouer. »

Plus tard, retour dans la cabane, pour terminer les bières. J’attrape ma cannette. Ce n’est plus aussi frais, plutôt tiédasse.

« Passe-moi la mienne. »


Avec ton œil aveugle, celui qui me regarde, tu n’as plus tes repères. Je te passe la bouteille de bière, celle où papa prépare le gramoxone pour désherber les fraisiers.

« A la tienne frangin, cul sec ! »
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Gérard FEYFANT

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MessageSujet: Re: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Sam 5 Mai 2007 - 12:58

J’ai peur que tu sois là et que tu me regardes avec ton œil mort. Je devine sous mes doigts un turban impressionnant qui m’enveloppe la tête, planète solitaire de pansements ignobles. Une douleur fulgurante me traverse le crâne. J’ouvre grand les yeux.

J’ai brusquement conscience de cette tête hideuse amputée de toi. Mon frère où es-tu ? Je t’aime où es-tu ? Je suis seul au monde, pour la première fois. Pour la première fois ! J’ai peur !

Et je tombe soudain dans la cinquième dimension de ce vide qui dévore l’espace et le temps. Et je tombe dans ce vide de toi, ce vide horrible. Je ne veux pas ! Mon frère où es-tu je t’aime j’ai peur ! Mon frère à moi !

Tu pouvais tout me prendre, on pouvait tout partager, les peines et les joies, les rires et les larmes, nos jours et nos nuits, toute une vie, toute une vie. Mais pas mes rêves, mais pas mes rêves !

Je tombe, je tombe vers toi. Trou noir dans lequel je m’enfonce, trou noir où je veux te rejoindre, mon frère à moi ! Attends-moi, reprends-moi ! Mon corps est sublimé, devient lumière, cette même lumière qui m’entoure et m’aveugle, qui s’étire, qui s’étire dans ce tunnel qui m’absorbe vers toi. Je plonge je plonge vers toi. Je veux te rejoindre ! J’arrache ce ruban grotesque qui nous emprisonne. Poignards qui me transpercent. Je frappe je frappe sur cette tête orpheline, sur ma gueule stupide. Salaud ! Salaud ! Fais-moi face que je te crève salaud ! Mon frère je t’aime ! Je te rends mes rêves, je te rends mes rêves, ne me laisse pas ! Nous partagerons tout, même mes rêves ! Je te rejoins mon frère sans moi ! Nous serons comme avant, comme avant ! Je te rejoins attends-moi ! A nouveau nous ne ferons qu’un ! Que nos crânes se ressoudent, comme avant, comme avant !

Je te rejoins mon frère à moi !

Je te rejoins mon frère sans moi !

Je te rejoins mon frère siamois !
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Gérard FEYFANT

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MessageSujet: Re: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Sam 5 Mai 2007 - 12:59

La République du Midi - 24 août

Joël et Noël ne se verront jamais de face.

On sait que ces deux enfants de 14 ans, siamois craniopages rattachés par la région temporale, avaient été opérés le 17 août par le professeur Declarck à l’hôpital pour enfants de Marseille (notre édition du 20/08. L’opération, programmée de longue date, avait été avancée à la suite d’un accident horrible survenu à Joël, lequel avait, par inadvertance, avalé un puissant désherbant. Au cours d’une conférence de presse, le professeur Declarck avait déclaré que « le décès de Joël [n’était] en aucune manière lié à l’opération elle-même ». Il ajoutait : « Nous avons été contraints de l’anticiper d’un mois et demi (l’intervention chirurgicale était fixée au 5 octobre prochain, NDLR), mais nous étions prêts. La technique, bien qu’inédite, est parfaitement au point. La difficulté principale résidait dans l’âge avancé des sujets. L’opération, qui a duré 32 heures, s’est déroulée conformément au protocole qui avait été élaboré. Le décès de Joël est à mettre sur le compte des dégâts irréversibles occasionnés à son appareil digestif par le poison ingurgité. Nous n’avions aucun espoir ni aucune chance de le sauver. Vous comprendrez que, vu les circonstances, il y avait urgence à séparer Noël de son frère.»

Alors que le dernier bulletin de santé, en date du 22 août, émanant de l’unité de soins intensifs de l’hôpital de Marseille, annonçait une amélioration sensible de son état, lequel était passé « du stade grave au stade satisfaisant », il s’est brusquement dégradé pendant la nuit, malgré les efforts d’une équipe médicale parfaitement rodée à gérer ce genre de situations.

Selon les confidences d’une infirmière qui a souhaité conserver l’anonymat, il semblerait que l’aggravation brutale de l’état de santé de Noël, alors même qu’il sortait du coma, s’est produite lorsqu’il a pris conscience de sa définitive solitude. Le jeune miraculé aurait été pris d’un accès de folie, lacérant ses pansements et arrachant les tuyaux qui le reliaient à la vie.

Noël n’aura survécu que cinq jours à son frère siamois.
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Romane
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Sam 5 Mai 2007 - 13:05

Ça y est. J'ai trouvé. Le tour de force, dans les histoires que tu racontes, c'est la palette des nuances qui glissent de l'une à l'autre sans presque qu'on s'en rende compte.

J'adore ! J'adore te lire.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Sam 5 Mai 2007 - 18:52

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MessageSujet: Re: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Sam 5 Mai 2007 - 19:25

In ze piti kyste. Wink

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Sam 5 Mai 2007 - 19:51

bisou
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Gérard FEYFANT

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MessageSujet: Re: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Sam 5 Mai 2007 - 20:22

LylaTsB a écrit:

Where am I ?
http://www.mayannlicudine.com/mall_art.html
Sourire....



????
C'est écrit en étranger, je ne comprends pas. C'est quoi ce site ?
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Dim 6 Mai 2007 - 13:05

c'est juste une artiste qui offre ses oeuvres à nos yeux gloutons peint ou tu aimes et tu te régales, ou tu n'aimes pas et tu vas voir ailleurs (pour afficher une peinture en grand, il te suffit de la sélectionner, puis tu peux aller à la suivante avec la flèche en haut à droite du tableau) bisou DeToilEnToileSourire
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Dim 6 Mai 2007 - 13:17

J'ai regardé pas mal de ses toiles, j'aime bien. Pas assez pour poser sur mes murs, mais assez pour visiter ses galeries en rêvassant.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Ta tête sur mon épaule   Dim 6 Mai 2007 - 14:00

LylaTsB a écrit:
c'est juste une artiste qui offre ses oeuvres à nos yeux gloutons peint ou tu aimes et tu te régales, ou tu n'aimes pas et tu vas voir ailleurs (pour afficher une peinture en grand, il te suffit de la sélectionner, puis tu peux aller à la suivante avec la flèche en haut à droite du tableau) bisou DeToilEnToileSourire

Ah vouais ! J'ai cliqué et ça fait des images en grand. C'est beau !
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