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 Baudelaire

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francoisdalayrac

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MessageSujet: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 0:19

Baudelaire est mort il y a 150 ans. Faut en parler quand même!

Savez - vous à quoi je pense?

A sa tombe. Petite, modeste, de couleuir ocre. Son nom n'es même pas le premier de la liste. C'est celui du général Aupick qui serait resté inconnu s'il n'avait été le beau père de Charles. Il y a sa mère aussi.

Baudelaire, le grand, l'immense Baudelaire qui depuis mes 14 ans m'ouvre de nouveaux infinis à chaque re lecture des fleurs maladives dédiées à Gauthier.

Que reste - t - il de ce géant? Quelques os probablement verdis dans le cimetière du Montparnasse! Baudelaire mort d'un treponème pâle, bourré de vérole! Misère!

Et puis, merde, il y a les fleurs, les paradis, le coeur mis à nu et j'en passe.

150 ans après ta mort, Baudelaire, comme l'ado en mal de vivre et crise d'adolescence frisant la psychose, le vieil homme que je suis te le dit,

Baudelaire toi qui m'accompagnse depuis si longtemps (46ans!), qui ne quitte jamais ma table de nuit et ma valise, que j'ai trainé jusqu'à Pékin,

Baudelaire, t'es pas mort, pas mort.

Je ne reviendrai jamais au cimetière du Montparnasse. Tous des menteurs. Ils disent que t'es enterré là. Même pas vrai.

Non, t'es pas mort. T'es vivant. T'es beau.

Baudelaire, merde, je t'aime depuis si longtemps!

Allez. Je vais aller dormir moi. Un p'tit poème en prose avant d'éteindre.

Bon anniversaire, Charles.

François
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Sylphide
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 0:35

tchin et si on fetait un peu en sa mémoire? après tout, j'suis sure qu'il aurait aprécié que l'on prenne un peu de vin... non?

j'espere qu'il a ateint les paradis... et pas seulement ceux artificiels...
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didier meral

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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 1:02

Sylphide a écrit:
tchin et si on fetait un peu en sa mémoire?

Le flacon

Il est de forts parfums pour qui toute matière
Est poreuse. On dirait qu'ils pénètrent le verre.
En ouvrant un coffret venu de l'Orient
Dont la serrure grince et rechigne en criant,

Ou dans une maison déserte quelque armoire
Pleine de l'âcre odeur des temps, poudreuse et noire,
Parfois on trouve un vieux flacon qui se souvient,
D'où jaillit toute vive une âme qui revient.

Mille pensers dormaient, chrysalides funèbres,
Frémissant doucement dans les lourdes ténèbres,
Qui dégagent leur aile et prennent leur essor,
Teintés d'azur, glacés de rose, lamés d'or.

Voilà le souvenir enivrant qui voltige
Dans l'air troublé ; les yeux se ferment ; le Vertige
Saisit l'âme vaincue et la pousse à deux mains
Vers un gouffre obscurci de miasmes humains ;

Il la terrasse au bord d'un gouffre séculaire,
Où, Lazare odorant déchirant son suaire,
Se meut dans son réveil le cadavre spectral
D'un vieil amour ranci, charmant et sépulcral.

Ainsi, quand je serai perdu dans la mémoire
Des hommes, dans le coin d'une sinistre armoire
Quand on m'aura jeté, vieux flacon désolé,
Décrépit, poudreux, sale, abject, visqueux, fêlé,

Je serai ton cercueil, aimable pestilence !
Le témoin de ta force et de ta virulence,
Cher poison préparé par les anges ! Liqueur
Qui me ronge, ô la vie et la mort de mon cœur !
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didier meral

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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 1:04

Recueillement

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
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didier meral

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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 1:07

Obsession

Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales ;
Vous hurlez comme l'orgue ; et dans nos coeurs maudits,
Chambres d'éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De profundis.

Je te hais, Océan ! tes bonds et tes tumultes,
Mon esprit les retrouve en lui ; ce rire amer
De l'homme vaincu, plein de sanglots et d'insultes,
Je l'entends dans le rire énorme de la mer.

Comme tu me plairais, ô nuit ! sans ces étoiles
Dont la lumière parle un langage connu !
Car je cherche le vide, et le noir et le nu !

Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
Où vivent, jaillissant de mon oeil par milliers,
Des êtres disparus aux regards familiers.
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didier meral

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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 1:12

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
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zoé sporadic
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 1:29

La chevelure


Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô
boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase !
Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant
dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un
mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante
Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit
dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres
esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage
sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et
l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous
l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève
!
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant
rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts
:

Un port retentissant où mon âme peut boire
A
grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les
vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs
vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où
frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête
amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre
est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis
caresse
Saura vous retrouver, ô féconde
paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux
bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez
l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de
vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs
confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps
! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera
le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir
tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve,
et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du
souvenir ?
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francoisdalayrac

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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 10:34

L'invitation au voyage

Celui là aussi , Ferré l'a mis en musique! Divin!

François
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francoisdalayrac

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MessageSujet: LES BIJOUX   Mar 26 Juin 2007 - 10:40

LES BIJOUX

La très chère était nue et, connaissant mon cœur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et serins;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe!

- Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre.

Ch. Baudelaire



Alors là, hein, quand même! Lui seul seul et pas un autre a pu nous faire ça. Lisez le relisez le. A haute voix. Quelle sonorité, quelle atmosphère! Il n'y a pas de mot!

On en a même pas parler à la télé.

Bah! On a rendu hommage à Dalida. Doit y avoir encore des sous à gagner.

Charles, il est tombé dans le domaine public lui.

O tempra o mores!

François
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serena_de

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MessageSujet: Relisez le !!!!   Mar 26 Juin 2007 - 11:59

"Alors là, hein, quand même! Lui seul seul et pas un autre a pu nous faire ça. Lisez le relisez le. A haute voix. Quelle sonorité, quelle atmosphère! Il n'y a pas de mot!"Françoisdalayrac.

Oui, je suis d'accord relisez le !

"Le poètes jouit de cet incomprable privilège, qu'il peut à sa guise être lui même et autrui. Comme ses âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun. Pour lui seul, tout est vacant ; et si certaines places paraissent lui être fermées, c'est qu'à ses yeux elles ne valent pas la peine d'êtres visitées".
XII : Les foules. Les Fleurs du mal.

"Mon âme voyage sur le parfum l'âme des autres hommes sur la musique"
XII : Un hémisphère dans une chevelure. Les Fleurs du mal.

"Tout livre qui ne s'adresse pas à la majorité - nombre et intelligence, - est un sot livre"
VII : Curiosités esthétiques : aux bourgeois.


Bonne initiative de nous rappeler la naissance de sa mort :
Il y a eu l'année Rimbaud l'année dernière
Peut être auront nous l'année Baudelaire dans 50 ans. Je ne serai plus là
là. Mais qu'importe, le tout est d'avoir lu ses vers. Et je me suis replongé dans son recueil Des Fleurs du Mal, pour te laisser une réponse :


"Le charme de la nouveauté, peu à peu tombant comme un vêtement, laissait
voir nu l'éternelle monotonie de la passion, qui a toujours les mêmes formes et le même langage.

Comme si la plénitude de l'âme ne débordait pas quelques fois par les métaphores les plus vides; puisque personne jamais, ne peut donner l'exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni de ses douleurs, et que la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours quand on voudrait atteindre les étoiles".

Oui, il n'y a pas à dire, le bon poète est celui qui permet de nous retrouver dans "ses propres émotions" "Comme ses âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun" (voir plus haut.

Mais Baudelaire écrivait "Il faut écrire pour soi, avant tout. C'est la seule chance de faire du beau". Envoyé à Melle LeRoyer 11 juillet 1858
Je le désis à tous les poètes de ce site.

Merci , encore, d' avoir rappelé cet anniversaire.incl36
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Anna Galore



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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 12:35

Sed non satiata

Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Oeuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits,

Je préfère au constance, à l'opium, aux nuits,
L'élixir de ta bouche où l'amour se pavane ;
Quand vers toi mes désirs partent en caravane,
Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.

Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,
Ô démon sans pitié ! verse-moi moins de flamme ;
Je ne suis pas le Styx pour t'embrasser neuf fois,

Hélas ! et je ne puis, Mégère libertine,
Pour briser ton courage et te mettre aux abois,
Dans l'enfer de ton lit devenir Proserpine !
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Sylphide
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 12:37

Hymne à la beauté
Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?

De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! -
L'univers moins hideux et les instants moins lourds ?



c'est par ce poème que j'ai découvert Baudelaire... et depuis... Roméo
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Anna Galore



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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 12:42

...et moi par celui-ci:

Une Charogne

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infame
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une facon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur etait si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'ou sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élancait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiete
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait laché.

Et poutant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses.
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposées !

...ensuite, j'ai acheté Les Fleurs du Mal et comme bien d'autres, je m'y replonge avec plaisir à chaque fois que je le peux...
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Romane
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 13:44

Et celui-là, cru comme il le faut, sans hypocrisie ni gants de soie... !!
Salut, Poète.


Le Vin de l'Assassin

Ma femme est morte, je suis libre !
Je puis donc boire tout mon soûl.
Lorsque je rentrais sans un sou,
Ses cris me déchiraient la fibre.

Autant qu'un roi je suis heureux ;
L'air est pur, le ciel admirable...
Nous avions un été semblable
Lorsque j'en devins amoureux !

L'horrible soif qui me déchire
Aurait besoin pour s'assouvir
D'autant de vin qu'en peut tenir
Son tombeau ; - ce n'est pas peu dire :

Je l'ai jetée au fond d'un puits,
Et j'ai même poussé sur elle
Tous les pavés de la margelle.
- Je l'oublierai si je le puis !

Au nom des serments de tendresse,
Dont rien ne peut nous délier,
Et pour nous réconcilier
Comme au beau temps de notre ivresse,

J'implorai d'elle un rendez-vous,
Le soir, sur une route obscure.
Elle y vint ! - folle créature !
Nous sommes tous plus ou moins fous !

Elle était encore jolie,
Quoique bien fatiguée ! et moi,
Je l'aimais trop ! voilà pourquoi
Je lui dis : Sors de cette vie !

Nul ne peut me comprendre. Un seul
Parmi ces ivrognes stupides
Songea-t-il dans ses nuits morbides
À faire du vin un linceul ?

Cette crapule invulnérable
Comme les machines de fer
Jamais, ni l'été ni l'hiver,
N'a connu l'amour véritable,

Avec ses noirs enchantements,
Son cortège infernal d'alarmes,
Ses fioles de poison, ses larmes,
Ses bruits de chaîne et d'ossements !

- Me voilà libre et solitaire !
Je serai ce soir ivre mort ;
Alors, sans peur et sans remord,
Je me coucherai sur la terre,

Et je dormirai comme un chien !
Le chariot aux lourdes roues
Chargé de pierres et de boues,
Le wagon enragé peut bien

Écraser ma tête coupable
Ou me couper par le milieu,
Je m'en moque comme de Dieu,
Du Diable ou de la Sainte Table !

Charles Baudelaire (1821- 1867)

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
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Sylphide
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 13:52

Il a été le maitre de plusieurs autres poètes, inspiration de plusieurs...

Charles Baudelaire
Maître, il est beau ton Vers ; ciseleur sans pareil,
Tu nous charmes toujours par ta grâce nouvelle,
Parnassien enchanteur du pays du soleil,
Notre langue frémit sous ta lyre si belle.

Les Classiques sont morts ; le voici le réveil ;
Grand Régénérateur, sous ta pure et vaste aile
Toute une ère est groupée. En ton vers de vermeil
Nous buvons ce poison doux qui nous ensorcelle.

Verlaine, Mallarmé sur ta trace ont suivi.
O Maître tu n'es plus mais tu vas vivre encore,
Tu vivras dans un jour pleinement assouvi.

Du Passé, maintenant, ton siècle ouvre un chemin
Où renaîtront les fleurs, perles de ton déclin.
Voilà la Nuit finie à l'éveil de l'Aurore.


-Nelligan
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 14:01

Un que j'aime particulièrement...

Les litanies de Satan

O toi, le plus savant et le plus beau des Anges,
Dieu trahi par le sort et privé de louanges,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

O Prince de l’exil, à qui l’on a fait tort,
Et qui, vaincu, toujours te redresses plus fort,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui sait tout, grand roi des choses souterraines,
Guérisseur familier des angoisses humaines,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui, même aux lépreux, aux parias maudits,
Enseignes par l’amour le goût du Paradis,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

O toi qui de la Mort, ta vieille et forte amante,
Engendras l’Espérance, — une folle charmante !

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui fais au proscrit ce regard calme et haut
Qui damne tout un peuple autour d’un échafaud.

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui sais en quels coins des terres envieuses
Le Dieu jaloux cacha les pierres précieuses

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi dont l’œil clair connaît les profonds arsenaux
Où dort enseveli le peuple des métaux,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi dont la large main cache les précipices
Au somnambule errant au bord des édifices,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui, magiquement, assouplis les vieux os
De l’ivrogne attardé foulé par les chevaux,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui, pour consoler l’homme frêle qui souffre,
Nous appris à mêler le salpêtre et le soufre,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui poses ta marque, ô complice subtil,
Sur le front du Crésus impitoyable et vil,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui mets dans les yeux et dans le cœur des filles
Le culte de la plaie et l’amour des guenilles,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Bâton des exilés, lampe des inventeurs,
Confesseur des pendus et des conspirateurs,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Père adoptif de ceux qu’en sa noire colère
Du paradis terrestre a chassés Dieu le Père,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

Gloire et louage à toi, Satan, dans les hauteurs
Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs
De l’Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence !
Fais que mon âme un jour, sous l’Arbre de Science,
Près de toi se repose, à l’heure où sur ton front
Comme un Temple nouveau ses rameaux s’épandront !
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serena_de

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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 26 Juin 2007 - 14:02

francoisdalayrac a écrit:
L'invitation au voyage

Celui là aussi , Ferré l'a mis en musique! Divin!

François

Oui François,


A propos de Baudelaire, Leo Ferré à écrit :

Pour le péché que tu fais naître
Au sein des plus raides vertus -
.....Pour les poèmes que tu glisses
Au chevet des adolescents
Quand poussent dans l'ombre complice
Des Fleurs du mal de dix-sept ans.....

EXtrait de : Poésie et chansons*
Poètes d'aujourd'hui*
Leo FERRE
de Charles Estienne.
Très belle anthologie de 1962

Tu t'y reconnaîtras peut être dans ton premier commentaire, François incl36
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serena_de

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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 28 Juin 2007 - 17:59

Petite rectification. Après contrôle, surprise de ne pas avoir lu où que ce soit les 150 ans de la mort de Charles Baudelaire. Je me suis informée, car un doute m'a assailli. On les fêtera dans 10 ans. Puisqu'il est décédé en 1867.

Nous sommes en avance. Mais ce fut bon de le citer à nouveau. incl36
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Anna Galore



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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 28 Juin 2007 - 18:02

Et puis, comme ça, on commémore les 140 ans de sa mort. AngeR
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Sylphide
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 28 Juin 2007 - 18:04

moui... mais voila 150 ans que les fleurs du mal bercent des lecteurs, choquent et ensorcelent...

AU POÈTE IMPECCABLE
Au parfait magicien ès lettres françaises
À mon très cher et très vénéré
Maître et ami
THÉOPHILE GAUTIER
Avec les sentiments de la plus profonde humilité
Je dédie
CES FLEURS MALADIVES
C. B.


150 ans!!!!
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 28 Juin 2007 - 18:56

Evidemment, si on fête, Les Fleurs du Mal. Je m'incline, sourire.

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent...

Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse
Leonard de Vinci, miroir profond eet sombre
Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures
Michel Ange, lieu vague où l'on voit des hercules
Goya, cauchema plein de choses inconnues
Delacroix, lac de sang hanté de mauvais anges.

incl36
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Sylphide
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 28 Juin 2007 - 19:01

oui oui!!

Tranquille comme un sage et doux comme un maudit,
...j'ai dit:
Je t'aime, ô ma très belle, ô ma charmante...
Que de fois...
Tes débauches sans soif et tes amours sans âme,
Ton goût de l'infini
Qui partout, dans le mal lui-même, se proclame,
Tes bombes, tes poignards, tes victoires, tes fêtes,
Tes faubourgs mélancoliques,
Tes hôtels garnis,
Tes jardins pleins de soupirs et d'intrigues,
Tes temples vomissant la prière en musique,
Tes désespoirs d'enfant, tes jeux de vieille folle,
Tes découragements;
Et tes jeux d'artifice, éruptions de joie,
Qui font rire le Ciel, muet et ténébreux.
Ton vice vénérable étalé dans la soie,
Et ta vertu risible, au regard malheureux,
Douce, s'extasiant au luxe qu'il déploie...
Tes principes sauvés et tes lois conspuées,
Tes monuments hautains où s'accrochent les brumes.
Tes dômes de métal qu'enflamme le soleil,
Tes reines de théâtre aux voix enchanteresses,
Tes tocsins, tes canons, orchestre assourdissant,
Tes magiques pavés dressés en forteresses,
Tes petits orateurs, aux enflures baroques,
Prêchant l'amour, et puis tes égouts pleins de sang,
S'engouffrant dans l'Enfer comme des Orénoques,
Tes anges, tes bouffons neufs aux vieilles défroques
Anges revêtus d'or, de pourpre et d'hyacinthe,
Ô vous, soyez témoins que j'ai fait mon devoir
Comme un parfait chimiste et comme une âme sainte.
Car j'ai de chaque chose extrait la quintessence,
Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or.



"Car j'ai de chaque chose extrait la quintessence,
Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or...."
j'adore ces vers
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 28 Juin 2007 - 19:01

francoisdalayrac a écrit:
Baudelaire est mort il y a 150 ans. Faut en parler quand même!

Savez - vous à quoi je pense?

A sa tombe. Petite, modeste, de couleuir ocre. Son nom n'es même pas le premier de la liste.

150 ans après ta mort, Baudelaire, comme l'ado en mal de vivre et crise d'adolescence frisant la psychose, le vieil homme que je suis te le dit,


Je ne voudrais pas être prise pour une empêcheuse de tourner en rond. Mais j'avais bien lu, sa mort. Ceci dit j'avais oublié 1867, année de sa mort. Le doute m'est venu, du fait que ces 150 ans, soient tombés dans l'oubli.
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 28 Juin 2007 - 19:04

Mais le vert paradis des amours enfantines
Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets
Les violons vibrent derrière les collines
Avec des brocs de vin, le soir dans les bosquets
-Mais le vert paradis des amours enfantines...balançoire
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 28 Juin 2007 - 21:25

François :
Citation :
Baudelaire toi qui m'accompagnse depuis si longtemps (46ans!), qui ne quitte jamais ma table de nuit et ma valise, que j'ai trainé jusqu'à Pékin,

Baudelaire, t'es pas mort, pas mort.

Je ne reviendrai jamais au cimetière du Montparnasse. Tous des menteurs. Ils disent que t'es enterré là. Même pas vrai.

Non, t'es pas mort. T'es vivant. T'es beau.

Baudelaire, merde, je t'aime depuis si longtemps!

Allez. Je vais aller dormir moi. Un p'tit poème en prose avant d'éteindre.

Bon anniversaire, Charles.

François


Alors là je dois le dire parce que c'est rare mais je suis touchée. Tu l'as dit et bien dit François. Il n'est pas mort. Je l'ai croisé certains soirs au bord des falaises de déprimes et au fond des bouteilles vides... Mais toi tu en parle si bien... Comme si tu me parlais d'un ami commun, d'un regret partagé. C'est troublant, émouvant... C'est bon.
Moi aussi je lui souhaite un bon anniv' au grand Charles, une brassée de roses noires et de baisers acides pour lui...

Mon poeme favori reste Remords Posthume, parce que la première fois que je l'ai lu, je me suis prise à rêver qu'il avait été écrit pour moi toute seule ; Tout comme quand j'ai lu Lola de Valence et que j'ai regretté de ne pas m'appeller Lola...


Remords posthume


Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d'un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir
Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse ;

Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir,
Empêchera ton coeur de battre et de vouloir,
Et tes pieds de courir leur course aventureuse,

Le tombeau, confident de mon rêve infini,
-Car toujours le tombeau comprendra le poète,-
Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni,

Te dira : "Que vous sert, courtisane imparfaite,
De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts ?"
- Et le ver rongera ta peau comme un remords.



Merci Charles.


Et j'adore aussi Une charogne entre autres...
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