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 La marquise de Sade

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la_marquise_de_sade



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Date d'inscription : 20/11/2004

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MessageSujet: La marquise de Sade   La marquise de Sade EmptyLun 9 Juil 2007 - 17:15

Ce téléphone peut vous sauver la vie

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Je raccrochai mon téléphone avec le sourire de la victoire. Le sourire que devaient arborer les héros quand ils réussissent une mission. Ce sourire satisfait, plein, heureux d’avoir accompli le geste qui va changer le monde, d’avoir réussi là où tant d’autres avaient échoué, avant.

J’allumai une clope, décapsulai un Pepsi et m’étendis sur mon lit. Fière.
Je venais de venger des générations de femmes humiliées et trahies, des siècles d’avilissement et de soumission à ces putes couillues. De rayer à tout jamais ces contes de fée qui nous font croire que le prince charmant existe et qui nous le font attendre notre vie durant avant de crever vieille et flétrie culpabilisant de ne pas avoir été à la hauteur de cet homme merveilleux qui nous avait honoré de son amour. J’avais fait éclater au grand jour cette lente destruction que nous imposent les hommes en nous complexant de ne jamais atteindre l’idéal qu’ils sont en droit d’espérer à grands coups de régimes, de séances dans les centres esthétiques, de psychothérapie, de reproches injustes et d’exigences qu’ils sont incapables d’atteindre eux-mêmes. J’avais effacé les tortures que s’étaient infligées des millions de femmes convaincues que si leur mari les quittait c’était parce qu’elles n’en valaient pas le coup, ces milliers de femmes qui s’étaient éteintes un matin pour l’amour d’un homme.
Avec juste un simple coup de fil.
Je repensai à ce slogan sur une cabine téléphonique «Ce téléphone peut vous sauver la vie ». J’avais presqu’envie de rire à voix haute, de laisser sortir cette jouissance d’avoir gagné, mais je devais attendre. Attendre encore un peu pour savourer pleinement ma victoire. Seule, inconnue. Les grands sauveurs ne sont pas ceux qui figurent sous les légions d’honneur. Ma victoire serait secrète, utile à toutes, sans que jamais on ne sache que j’en étais l’initiatrice.

Je me levai et ouvris mon PC. Je fouillai ma boîte mail à la recherche de ses messages. Juste pour les relire encore un peu et jubiler, moi toute seule, en pensant à la suite.
Ses mensonges étaient là, étalés devant moi, comme il avait étalé son trop plein de vide et d’inconsistance, comme il l’étalait devant tout le monde, paradant sous ses complexes, attendrissant avec ses idées noires. Je relisais chacun de ses mots, en soupesant l’ignominie de la manipulation. Je l’imaginais derrière son bureau ses gros doigts moites tapant ses mails à sa liste de proies, sa bouche puant la bière de la veille et sa bite en manque débutant une érection aussitôt réprimée par la vue de sa chef de service derrière le bureau face à lui.
Je les fis suivre, tous sans exception, les mails, les poèmes, les promesses, les textos, les photos, les mp chauds jusqu’à la messagerie de sa femme. De l’officielle, celle qui croyait encore avoir trouvé la perle rare, l’homme sensible, aimant et fidèle. Ce gros porc.
Je regardai l’heure au bas de l’écran. 17h56. Dans quelques minutes il rentrerait chez lui. Elle ferait comme je lui avais dit. Elle l’accueillerait comme chaque soir, l’écouterait lui raconter sa journée de merde, trop de travail, débordé, crevé, marre de ce boulot de con, putain de dossiers. Elle le rassurerait, lui servirait un verre et dirait aux enfants de ne pas faire de bruit parce que papa est fatigué. Elle lui sourirait comme si de rien n’était et attendrait le bon moment. Dans quelques jours. Quand tous les papiers seraient prêts.

Elle m’avait d’abord raccroché au nez quand je lui avais dit que j’étais la maîtresse de son mari. Puis elle avait laissé sonner sonner sonner le téléphone. Au bout de 5 appels elle avait décroché à nouveau.
- Ne raccrochez pas si vous voulez savoir.
Elle n’avait pas raccroché et n’avait rien répondu.
J’avais entamé mon histoire, étape après étape. Je lui avais raconté comment il s’était approché de moi, par hasard, du moins je l’avais cru. Comment peu à peu il m’avait raconté sa détresse, ses doutes, ses envies de mourir, son dégoût de la vie, et elle. Comment il m’avait dit qu’il la détestait, elle et ses exigences. Elle et ses seins qui tombent. Elle et ses suspicions. Elle et ses dimanches en famille.
Je lui avais expliqué comment jour après jour il m’avait envoyé des petits mots, rapidement quand elle pensait qu’il travaillait, comment il occupait ses nuits derrière son ordinateur quand elle dormait agitant sa queue devant une Webcam, comment il transformait ses rencontres virtuelles en partie de baise lors de ses déplacements professionnels, comment il réchauffait la banquette arrière de sa Peugeot sur les aires d’autoroute avec des midinettes draguées sur des forums ado.
Je lui avais dit comment il s’était construit un personnage virtuel. Un poète maudit pour faire rêver les névrosées du net. Leur faisant croire qu’il la quitterait un jour, si c’était plus facile, pour les épouser. Je lui avais donné la liste des jours où elle avait quitté la maison le laissant seul sans le savoir pour assouvir son vice dès que leurs fils dormaient, des we où il était en déplacement professionnel dans les bordels de Bruxelles ou dans un bouge à enculer une gamine de 16 ans en lui récitant des vers gothiques sur une musique des Doors, je lui avais cité les prénoms et les pseudos, même ceux des mecs.
Elle écoutait, sans raccrocher. J’entendais son souffle à mon oreille s’entrecouper de temps en temps de grosses déglutitions. Elle avait envie de vomir ? Sûrement, moi je l’avais fait quand j’avais découvert le pot aux roses, quand j’avais imaginé ces à peine femmes entre ses doigts dégueulasses.

Elle devait attendre. Préparer la fin. Ne pas se précipiter. Ca aurait été trop doux.
La chute devait être longue et douloureuse, et inattendue.
Elle était d’accord avec moi. Longue et douloureuse. Et irréversible.
Elle reprendrait contact avec moi quand tout serait prêt.

Elle commença par l’argent. Chaque semaine quelques retraits sur le compte commun, jusqu’à ce qu’il soit vide. Puis son boulot, quelques lettres anonymes à sa chef de service, copier coller de toutes les merdes qu’il m’avait dites contre elle, avec son adresse mail en pièce jointe, quelques remarques salaces sur ses collègues et des photos qu’il avait prises à leur insu quand elles allaient aux toilettes. Ensuite il y a eu ses parents qui reçurent une copie des nouvelles écrites sous un faux nom où ils les assassinaient, où ils les accusaient de gestes obscènes, inventés bien sûr cela faisait partie du poète maudit. Ses amis reçurent par retour de courrier les lettres et les mails qu’il avait envoyés à leur femme ou les récits de ses fantasmes entre leur cul. De mon côté, je lui avais piraté tous ses comptes Internet et j’avais diffusé sur les forums les photos qu’il avait prise avec son portable des nanas qu’il sautait, transmis à ses proies des copies des mails qu’il nous envoyait à toutes. Ce fut la révolution sur bon nombre de sites qui tombèrent. Lentement son monde s’écroula. Il ne lui restait que sa femme qui continuait de le rassurer parce qu’il ne comprenait pas ce qui se passait ce coup monté contre lui, cette vengeance d’un collègue jaloux de mes compétences c’est certain.

Une après midi de juillet, mon téléphone sonna. C’était elle. Elle était dans le train, avec ses deux fils. Le contrat de vente de la maison dans son sac et ses billets d’avion pour le Canada entre les mains.
- J’ai laissé son arme sur la table du salon. Il ne peut pas la rater. Ce soir, nous ne serons plus en Europe.

Je repris mon sourire de héros et allumai une cigarette. Sur mon PC, ma liste de contact MSN défilait sous mes yeux.
Je sélectionnai un nom et cliquai droit sur ma souris.
« Supprimer ce contact ? »
OK.
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MessageSujet: Re: La marquise de Sade   La marquise de Sade EmptyLun 9 Juil 2007 - 17:28

Beuh.. J'avais pô vu que tu étais là toi !
Kisss :annoyed Wink
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MessageSujet: Re: La marquise de Sade   La marquise de Sade EmptyLun 9 Juil 2007 - 17:33

hé hé
ça fait longtemps que j'étais là, mais j'avais perdu le lien (utile Mr. Green )

C'est utile de faire un peu de ménage d'été dans son pc !!


bises pepette bisou
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MessageSujet: Re: La marquise de Sade   La marquise de Sade Empty

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