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 Baruch Spinoza

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francoisdalayrac

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MessageSujet: Baruch Spinoza   Mer 18 Juil 2007 - 0:22

SPINOZA


Voilà un personnage des plus intéressants. Un homme libre. En d’un courage comme peu d’hommes en Occident en eurent. Il en a certes payé le prix, mais il n’a jamais cédé à quelques pression ou menace que ce soit tout en poursuivant sans faillir une véritable révolution philosophique.

Né le 24 novembre 1632 dans la communauté juive d’Amsterdam la réformée, il meurt à La Haye le 21 février 1677. Fils de commerçant, c’est un jeune érudit sur qui les rabbins fondent les plus grands espoirs. C’est le 27 juillet 1656 qu’il entre dans l’histoire où il est exclu de la communauté juive pour avoir prononcé d’horribles hérésies. Pour lui, le herem est définitif. C’est une véritable mort sociale, puisque qu’aucun juif n’aura plus jamais de contact avec lui et qu’il ne pourra jamais intégrer la communauté chrétienne. Il refuse les appels du pied des rabbins qui tentent de le réintégrer, préférant la vérité aux apparences. Il reste ferme dans ses convictions, voulant rester sans contrainte, ni juif ni chrétien.

En 1661, il s’installe à Rijnsburg, au sud d’Amsterdam et gagne sa vie en polissant des lentilles optiques. Parallèlement, il commence à rédiger son œuvre monumentale, taciturne, modeste, sans rechercher une gloire dont il se moque comme d’une guigne et refusant tous les honneurs. Quoiqu’admiré, en relation avec tous les penseurs de son temps, il reste suspect aux yeux de l’intelligensia européenne. Elle pressent combien peut être dangereux cet homme qui n’a d’autre but que de devenir philosophe et qui ne s’abaisse jamais à faire semblant, à tricher avec lui - même et avec autrui.

Pour lui le salut de l’homme ne vient pas d’une divinité, d’une grâce particulière ou d’une vie édifiante mais de son savoir. Pourvu de sa seule raison et guidé par elle seule, il veut parvenir à une explication totale du monde. Par la connaissance, il veut nettoyer l’humain de ses angoisses, de ses fanatises, de ses espérances, de l’illusion générée par l’ignorance. Comprendre le monde, c’est comprendre l’homme, c’est se comprendre, c’est pouvoir devenir heureux.

Il s’attache à démontrer que la liberté de penser ne peut jamais être nuisible à l’ordre social, mais au contraire, que la société ne peut évolué sans cette liberté. L’idée de liberté est centrale chez Spinoza. Il reste le penseur le plus radical de tous les penseurs de la liberté.

L’idée de morale lui est totalement étrangère. Le bien, le mal, le vice, la vertu? Plaisanterie! L’homme est une partie intégrante de la nature. En cela, il n’est nullement souverain de lui - même. Ce qu’il désire, ce qu’il pense, ce qu’il fait n’est nullement en son pouvoir. Croire l’inverse n’est que la preuve de notre ignorance. Dieu n’est pas le pur esprit omnipotent et omniscient que l’on croit. Ce dieu là est une invention humaine. Dieu est la nature. Dire que l’homme est soumis à dieu ne peut que signifier que l’homme est soumis à la nature et à ses lois. Spinoza dit en son siècle que nos choix, nos décisions ne sont que les conséquences des lois naturelles. Aujourd’hui nous parlons de déterminisme bio - neuronal, psychique, de mécanismes de l’inconscient. Il ne peut donc dans sa pensée, être question de morale.

Tout jugement moral est par définition une erreur. Porter ce genre de jugement est inutile, illusoire, néfaste. Au lieu de condamner, mieux vaut chercher à comprendre. Spinoza nous débarrasse de la morale au profit de l’éthique qui permet de vivre débarrassé de toutes les fausses perspectives qui faussent le jugement et à la seule lumière de la raison et de la connaissance de la nature.

Poussant sa réflexion, à contrario des théories religieuses en cours en son temps, il ne condamne pas le désir. Au contraire, pour lui “le désir est l’essence même de l’homme”. Le désir est un processus affirmatif, producteur , créateur de notre pensée. Cela ne veut pas dire que nous devons nous abandonner à tous nos désirs mais de les transformer en force de compréhension créatrice. Un psychanalyste dirait qu’il ne s’agit pas de refouler ou de débrider nos désirs mais de les sublimer pour cesser de les subir en aveugle.

Enfin, Spinoza est le philosophe de la joie, de la joie de la raison à saisir le mécanisme et le sens des choses par laquelle on se sent vivre dans la pleine puissance de la compréhension et de l’agir juste et vrai, la joie pleine d’être totalement au monde, synonyme de sérénité de la sagesse.

Tout cela fait de Spinoza un philosophe d’une évidente actualité. Gens de droite et de gauche, religieux ou laïques, scientifiques et poètes, tous s’en réclament où le vilipendent. Il continue à déchaîner les passions.

Pour en savoir plus :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Baruch_Spinoza

http://perso.orange.fr/sos.philosophie/spinoza.htm

http://mper.chez-alice.fr/auteurs/Spinoza.html

http://gallica.bnf.fr/
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