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 Françoise Rey

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Romane
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MessageSujet: Françoise Rey   Mar 21 Aoû 2007 - 5:54

Bertrand Môgendre :

Quatrième de couverture
Renvoyée à sa plume après une fulgurante et torride liaison, une femme écrit à son amant. "Le coeur tendre, le ventre désoeuvré", elle effeuille l'album de leurs souvenirs, de leurs folies. Avec les vrais mots de l'impudeur, elle invite le lecteur éberlué à la suivre dans un voyage mouvementé au bout de la sensualité... De son compagnon, nous ne connaîtrons que deux couleurs : le jaune de ses yeux et le vert de son pull... Mais nous découvrirons vite ses caprices et ses fantasmes auxquels elle se soumet, tout en laissant parler son propre corps. Jamais une femme n'est allée aussi loin dans l'évocation de sa vie érotique. Cela donne un roman libertin, une histoire de corps qui viendra mourir dans les profondeurs du coeur ! --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre. (trouvé sur le site amazon)
Un récit qui donne chaud dans le bout des doigts, à lire à quatre mains

* * *

A propos de la femme de papier voilà, toutes crues mes impressions, à vif.
Aussitôt entrevue la passion des chairs, tel rituel orgasmique fulgurant, je cherche le Dionysos , ce dieu grec des arts lyriques, de l'ivresse et de la passion.
Euripide dans ses Bacchantes dit :
" Ce fils rugissant et grondant que Zeus eut d'une mortelle, la princesse thébaine Sémélé, fait partager à ses fidèles son goût pour les lacérations de chairs vives ". Ce rituel procure une telle ivresse aux fidèles du Dieu qu'ils entrent dans une sorte de délire hallucinatoire " Plus encore : Dionysos Omestès, le mangeur de viande crue pouvait être affamé de chair humaine et entraîner ses adeptes à se livrer à l'allélophagie.
Si l’expression « je te mange tout cru », passe inaperçue dans le texte de Rey, j’entrevois ces fidèles serviteurs adorer leur Dieu, ici en l’occurrence, le Sexe dans toute ses dimensions, pardon, sous toutes les coutures.
Lâchez les étalons ! Les juments gourmandes hennissent, dandinent de la croupe, la nature gonflée, rougissante d’attendre, fébrile, la saillie du mâle prometteur.
La pornographie chuchote ses mots dits, à l’oreille inquisitrice, l’érotisme dévaste à petit feu les domaines de lutte partisane, de lits en couche, de chaise en tabouret inconfortable.
L’animalité transpire son cortège de violence et de cruauté. Mélange d’amour et de vice, les invites à la fornication s’ingénient de stratagèmes les plus torrides qui soient.
Dépendance du corps comme addiction sournoise, point d’avenir sur cette voie étroite, même si comme Kundera (la lenteur), un personnage peut y voir un trou du cul vaste et accueillant.
La petite chatte ronronnante se métamorphose en chienne dévoreuse de cadavres mous (pour Rey, ce sont les crayons de bois), aussi tendre qu’une pelle mécanique est sensible face à un bloc granit inébranlable.
Quels qu’en soient les laborieux usinages putatifs, ici la science du con s’attache à la performance dominatrice , toutes perversions confondues.
(Réf à la scène de viol page 41, dont je ne mettrais pas en ligne, la brutalité permissive).
Je suis content d’avoir lu ce premier livre de Françoise Rey, me permettant d’analyser mes sentiments vis à vis de cette attitude débridée.
Combien j’aimerais rencontrer cette femme de papier l’espace d’une heure à peine, pour épancher la vigueur de quelques besoins naturellement spongieux.
Combien je m’ennuierais d’elle, et elle de moi, sitôt consommé, sitôt consumé les flammes d’un feu de paille devenues cendres froides s'envoleraient comme poussières de rien, avilisant le néant.

Si la peau nue, carapace de nos chairs vives ressemble à nos oripeaux, au delà d’eux, sommeille un monde qui chavire les sens de l’extase.
Il n'existe pas de livre, bon ou mauvais. Ici le culte du cul arbore, hampe dressée, fanal rougissant, les imbriquements sirupeux laborieux.

* * *

La gourgandine de françoise Rey
Si le roman est autobiographique, combien la vie de cette petite fille a du être brimée par tant d’interdits familiaux. Toute cette jeunesse perdue à ravaler ses sentiments, à cacher ses joies, renflouer ses tristesses ; toute cette jeunesse masquée derrière une éducation rigoureuse ; tous ses désirs tus, ses élans du cœur retenus. Ne devrait on jamais dire la vérité ? Par soucis de la maîtrise d’une éducation respectueuse des faussetés perverses, le flatteur glaviote ses effets de manche sirupeux, embobine la dite-cible de soyeux atours flash-bonbon. Où s’en vont les âmes guerrières ? Où se cachent la négation du tout cuit pré-maché ? Que devient le refus d’encuculement silencieux (lire Ferdydurke de Gombrowizc) ?
Pourtant, rien ne fit moins d’elle qu’une femme épanouie, libérée par l’acceptation de son état, explosante de reconnaissance envers un père non pas tortionnaire, mais sûrement très angoissé de ne pas pouvoir se montrer à la hauteur pour éduquer sa fille, à qui il n’a jamais su dire « merci d’exister ».
Bien dissimulée derrière un gourgandinage de bon aloi, elle se révèle être bien équilibrée la bougresse.
Qui pu mieux qu’elle, connaître la passion des corps aimants, cette prison qui enferme les cœurs dont la seule délivrance passe par la déchirure, la perte des sens qu’ordonne la raison ?
Françoise Rey est une tactile dans son écriture vivante. Elle utilise la plume comme un tâcheron son outil de façonnage au service d’une construction bien architecturée.
Parfois sa cuisine me paraît fade et résolument insipide. Comme la chair est triste, lorsque l’âme du rétameur n’a pas baisé la coquille des casseroles rondes (Queneau). Gargouille inexpurgeable veille sur l’œuvre d’une écrivaine sensuelle, délivreuse de thèmes affriolant, aguicheuse aux mains moites.
Ecriture facile et légère, elle n’a pourtant pas assez révélé ce qu’il y a de plus profond en elle : ce sentiment solide de la sincérité des cœurs.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Mar 21 Aoû 2007 - 6:08

Nuits d'encre - Françoise Rey

Une série de nouvelles, chacune se composant de deux personnages principaux, des gens comme les autres que rien n'avait préparé à de telles rencontres,à de telles folies, qui connaîtront la métamorphose d'une nuit unique, extravagante, inoubliable. Erotique.

Erotique ou pornographique, la frontière ne semble plus avoir d'importance, on passe de l'un à l'autre, on revient à l'un pour mieux repartir dans l'autre, une sorte d'overdose dont seuls les personnages ne se lassent pas.
A tel point que j'ai préféré la lettre effleurante à la nuit de noces où je me suis tout à coup demandé si cette pauvre jeune mariée n'allait pas finir volontairement dépecée.

Comme souvent, la finesse de l'érotisme et les pensées coquines qu'il suscite ont été balayés par plus, encore, davantage, trop.

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Priskan

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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Mer 22 Aoû 2007 - 22:01

C'est pas des lectures à faire à 5 heures du mat ', chère Romane !!! (Moi, si je lis ça à cette heure là, je ne dormirai plus !)

sculpteur
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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Mer 22 Aoû 2007 - 22:07

Minceuuu c'est loin, Nantes. Embarassed

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Priskan

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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Mer 22 Aoû 2007 - 22:10

La distance ne serait pas vraiment un problème ! En revanche, ma femme si !!!

Gros bisou en toute amitié !
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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Mer 22 Aoû 2007 - 22:15

mdr mdr mdr excellent ! Ici ça grincerait aussi.
AngeR

Pour en revenir au livre, il ne m'a pas du tout empêchée de dormir. Pas assez érotique, pour cela, dans la majorité du livre. S'il avait été juste bien dosé, je crois que n'importe quelle heure serait une torture....

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