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 Roman : On descend tous de nos ancêtres

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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Mer 19 Sep 2007 - 13:39

Vu que le contrat avec mon éditeur à prit fin...je remets en ligne...pour les nouveaux qui bien sûr connaissent pas ce chef-d'oeuvre... AngeR
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Mer 19 Sep 2007 - 13:42

Cher Abonné,

Voici que commence un nouveau feuilleton. Quelle émotion ! Quelle peur aussi, celle de décevoir bien sûr. Il n'est pas facile de prendre la suite d'une aventure aussi passionnante que celle que nous venons de vivre. C'est donc avec une certaine angoisse que nous commençons la publication de cette oeuvre par le premier épisode. Cette méthode, certes classique, nous parait néanmoins la meilleure pour capter votre attention. C'est donc avec joie et appréhension que nous vous invitons à rester le fidèle lecteur de nos publications et principalement de votre nouveau grand feuilleton:

Une précision toutefois, notre auteur va se livrer devant vous a un exercice encore plus périlleux que dans l'écriture des Tô. Le récit qui va suivre sera entièrement improvisé d'épisode en épisode. Seules les premières lignes de cet épisodes ont été réfléchies et l'auteur n'a à ce jour aucun mauvais jeu de mots ou calembour vaseux à placer comme c'était le cas dans notre précédent feuilleton. C'est donc le travail sans filet, l'aventure, le radeau sur l'océan, l'entière découverte, un monde en formation, les remous du magma de l'esprit, la quintessence de l'ineptie, l'imagination non domptée, l'absurdité du hasard, l'enchaînement inéductable des causes et des effets, la vie quoi !. Que les Dieux de l'écriture et des Abonné(e)s veillent sur nous.
Un instant de recueillement.
Début du compte à rebours.....9...8...7...6...5...4...3...2...1 !...C'est parti !

" On descend de nos ancêtres et à la prochaine."

Eté 1753, au sud de ce qui est maintenant le Dakota. Il fait chaud. Il fait soif. Plus une seule goutte d'eau, ni dans les outres que porte la mule, ni dans sa gourde. Quant au whisky....Il ne peut qu'en rêver. Il n'est pas tombé de pluie depuis plus de quatre mois et les sources auxquelles il se ravitaille sont à sec. Il est donc descendu vers les plaines. Derrière le bois de bouleaux qu'il aperçoit là-bas, coule une rivière. Il épie le paysage. Pas le moindre signe de présence humaine. Pas de trace de passage dans l'herbe épaisse qui couvre la prairie, pas de fumée suspecte, pas le moindre bruit. Ce n'est pas encore aujourd'hui qu'il rencontrera son premier indien !
Cela ne l'empêche pas de traverser le plus vite possible la zone à découvert tout en effaçant au maximum les traces de son passage. On ne prend jamais trop de précautions lui a appris Jeff.

Ah, Jeff ! Que serait-il devenu s'il ne l'avait pas rencontré. Mais c'est une longue histoire qu'il vaudrait mieux raconter dès le commencement.
C'est toujours comme ça les histoires, si on ne commence pas au début, personne n'y comprend rien et il n'y a rien de plus agaçant qu'une histoire où on ne comprend rien. Moi, en tout cas, ça m'agace.

Elle a commencée en France cette histoire, par la naissance de notre héros qui, comme on le verra, n'est pas notre héros.... Dit comme ça, ça n'arrange pas la compréhension, bien sûr, mais il est important de s'en tenir à la vérité si on veut être un minimum objectif, n'est-ce pas ?
On est donc en France vers 1730, Marivaux vient d'écrire "Les jeux de l'amour et du hasard".
Est-ce le fruit du hasard, je ne sais pas, en tout cas c'est incontestablement en faisant l'amour que Paul-Louis-Alexandre Vilain fit un enfant à Bernadette Laporte. Il naquit un garçon que l'on prénomma Victor. Paul-Louis- Alexandre Vilain ( à l'avenir nous dirons PLA pour être plus rapide) n'était pas riche, mais il n'était pas pauvre non plus. Disons qu'il baignait dans une modeste aisance. Ce qui n'est déjà pas mal quand on connaît la misère des temps. Ceci permit à Victor de passer une enfance heureuse et sans histoire. Quand il eu une vingtaine d'année, son père, PLA, l'envoya poursuivre ses études à Paris dans le but de le faire accéder à une quelconque mais rémunératrice carrière de fonctionnaire. PLA avait quelques économies et quand Victor aurait fini ses études, il lui achèterait une charge de juge ou de fermier général. Ainsi, le gamin pourra vivre tranquille sur les deniers de la nation. Que rêver de mieux ! PLA penchait plutôt pour un poste de juge. Il avait quelques différents avec son voisin et il comptait bien les régler à sa cette façon. Si son fils devenait juge, il avait une bonne chance de réussir. Mais qui vivra verra, comme dit le proverbe. Ce qu'il y a de bien avec les proverbes, il y en a toujours un qui correspond à la situation. C'est pour cette raison que PLA aimait les proverbes. Il s'en était fait une spécialité, ce qui nous fait une belle jambe. Toutefois, un homme averti en valant deux, nous avons désormais deux abonnés. C'est toujours ça de pris.
Mais je m’aperçois que si je vous ai parlé du penchant de PLA pour les proverbes, je ne vous ai pas parlé de son aspect physique. C'est un petit PLA, il n'est vraiment pas grand. Quand il était jeune, il était imberbe, maintenant c'est un PLA à barbe. Est-ce pour ça qu'il rase son entourage avec ses proverbes ?
Toujours est-il que PLA attendait beaucoup de son fils. Ce fût pour lui une catastrophe quand Victor -qui je vous le rappelle est étudiant à Paris- décide, parce qu'il fait beau, de faire une petite promenade dans le quartier Maubert. Je ne vous ferais pas l'injure de vous dire que ce quartier est le quartier "étudiant" depuis toujours. Il se baladait tranquillement, le nez en l'air, quand il se retrouve prit dans un cortège de manifestants. Des pas-contents qui râle parce que la vie est trop chère, les salaires trop bas, que les patrons suppriment des emplois parce que ....la conjoncture. Bref, le bordel habituel. Ces braves gens, dont certains sont armés de faux, marteaux et autres manches de pioche n'ont manifestement pas l'air contents. Et les voici qui décident de marcher sur Versailles. Notre Victor essaye de quitter ce cortège mais son voisin l'attrape violement par l'épaule:
- Où tu vas toi comme ça ?
- Ben...je rentre chez moi.
- Non, non, non... Tu es avec nous, tu viens avec nous.
Comme Victor n'est pas très grand - les chiens ne font pas des chats, aurait dit PLA- il doit lever la tête pour croiser le regard de son interlocuteur et ce qu'il voit dans ce regard lui fait prononcer:
- Ah, ben oui... Bien sûr que je viens avec vous.
- C'est bien, mon gars !
Et le grand type attrape Victor par le bras et ne le lâche plus.
Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, comme aurait dit son papa, il se laisse entraîné puisqu'il ne peut pas faire autrement. Et puis, il fait beau, il était sorti pour se promener, alors pourquoi pas jusqu'à Versailles ? C'est du moins ce qu'il se dit pour trouver une excuse à sa lâcheté pourtant bien compréhensible. Ils marchent d'un bon pas, ils chantent et Victor trouve tout ça amusant, finalement. Si son voisin voulait bien lui lâcher le bras tout serait bien. Il lui fait mal cet abruti mais comme il est presque aussi large que haut Victor décide de ne pas protester. Prudence est mère de sécurité. Cette phrase tourne dans sa tête et à tout hasard, il sourit à son voisin parce que si ça ne fait pas de bien ça ne peut pas faire de mal.
Je ne sais pas si vous êtes au courant mais de Versailles à Paris il y a 25 km. De Paris à Versailles, puisque c'est dans ce sens qu'ils font le trajet, il y en presque 32 quand on se trompe de chemin comme c'est le cas de cette foule qui comme toute les foules suit bêtement le mouton de tête. Inutile de dire que quand ils arrivent enfin devant les grilles dorées du Château ils sont crevés. Victor traîne la jambe et son bras n'est plus que douleur.
- Si j'avais su j'aurais pas venu se dit-il in petto pour que son tortionnaire ne puisse l'entendre.
Au moment où Victor se fait cette réflexion, il entend les grilles du château s'ouvrir. Vu sa taille, il ne voit rien mais le bruit qu'il entend est manifestement celui d'une grille mal graissée que l'on est en train d'ouvrir. La foule crie. Au milieu du vacarme, il entends une voix mâle et autoritaire : " Chargez". Cet ordre est immédiatement couvert par le bruit des sabots sur le pavé. La foule se fend comme la mer sous l'étrave d'un paquebot et bientôt Victor, son compagnon et ceux qui étaient proches se retrouvent entourés par une troupe de mousquetaires en armes. Les soldats les entraînent derrière les grilles, cognant sans ménagement ceux qui tentent de résister. Ils sont ensuite entravés et enfermés dans le poste de garde.



Fin du 1° épisode

Que va t’il arriver à Victor ? Avez-vous compris quoi que ce soit à cette histoire ? Comment Victor est-il arrivé dans le Dakota ? C'est à ces questions que notre auteur répondra peut-être dans le second épisode de cette saga pas encore vue à la télé que nous avons le privilège d'éditer et vous de lire en avant première. En attendant portez-vous bien et que Bacchus veille sur vous.
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Jeu 20 Sep 2007 - 17:41

Cher Abonné,
Une fois n'est pas coutume ( comme dirait PLA) notre auteur, qui comme vous l'avez remarqué, a regagné le bercail et semble de nouveau nous faire confiance, nous a livré le fruit du mouvement de ses petits doigts sur le clavier en temps et en heure. Cela mérite d'être noté et d'être arrosé comme il se doit. Nous vous proposons donc de boire un coup à sa santé - et à la notre par la même occasion - Rien de plus simple, il vous suffit d'ouvrir une bouteille de votre boisson préférée, de prendre un verre, de le remplir et de porter un toast avant de le vider dans cette ouverture située sous votre nez et qui vous sert (entre autre) à bailler. Vous verrez, ça fait du bien. Mais ce n'est plus l'heure de flemmarder. Voici le moment de vous plonger de nouveau dans la lecture de votre nouveau feuilleton:

" On descend tous de nos ancêtre et à la prochaine."


Nous avons laissé Victor entravé, enfermé dans le poste de garde du palais de Versailles. Bien sûr nous pourrions très bien le retrouver au même endroit mais le temps passe et la justice n'a pas que cela à faire. D'autant que le temps c'est de l'argent et qu'à ce moment le budget de la France n'est pas très brillant. (On se demande d'ailleurs si ce budget a été brillant un jour). En tout cas quand nous retrouvons Victor, il est en train d'attendre le verdict du tribunal qui a été désigné pour juger les émeutiers. Il est accusé ainsi que ses compagnons d'infortune (ni lui, ni eux n'était riche), de révolte, crime contre l'état et de quelques autres chefs d'accusation qui devraient leur valoir rien de moins que les galères à défaut de la pendaison.
Cela ne l'enchante pas du tout Victor. Il n'arrive pas à comprendre ce qui lui est arrivé et quand il envisage son avenir sur les galères du Roi, il en frémit d'avance. Peut-être à tort, car que connait-il sur les galères ? Rien. N'empêche, il n'est pas fier du tout quand il est ramené devant le tribunal.
Le juge l'interroge:
- Donnez-moi le nom de votre père.
- Paul-Louis- Alexandre Vilain , mais on dit PLA.
- Hum! et que fait PLA ?
- PLA tanne...enfin, il est tanneur.
Le juge sourit. Il apprécie les jeux de mots et c'est peut-être ce qui permit à Victor de ne pas passer sa vie à ramer. Alors que ces compagnons entendent leur condamnation aux dites galères, il bénéficie de la mansuétude du tribunal qui le condamne à la déportation dans les colonies d'Amérique.
Evidament, ce n'est pas le Pérou mais entre deux mots, il faut choisir le moindre - comme aurait dit PLA - et il est presque content Victor.
Il embarque à Bordeaux un jour de pluie ( là, je voulais mettre: Il part à pluie. J'ai renoncé.), passe une grande partie du voyage à dégueuler tripes et boyaux et est bien content de débarquer, encore un jour de pluie, dans le port de New-York. Etant donné qu'elle n'est pas encore en place, il ne peut pas voir la statue de la liberté et c'est bien dommage car il apprécie l'Art, mais de terre.
La ville ne lui plait pas. C'est bruyant, sale et plein d'Anglais. Victor n'aime pas les Anglais depuis le jour où il a apprit qu'ils avaient brûlé Jeanne d’Arc. Et puis, il est Français et les Anglais n'aiment pas les Français. Bref, l'ambiance n'est pas bonne.
Heureusement pour lui. Il rencontre Jeff (cf.: 1° épisode)

Peut-être trouvez-vous que nous aurions pu nous appesantir un peu plus longuement sur les péripéties du voyage. Il y a forcément plein de choses à dire sur une telle épopée. C'est que ce n'est pas rien de traverser l'Atlantique à cette époque. Cela n'a rien de la ballade d'agrément. Il n'y avait pas le Concorde, ni même le France, savez-vous. Il en fallait des jours et des jours de traversée. Le service laissait à désirer, la bouffe n'était pas bonne et avec un peu de manque de chance on tombait sur un navire bourré de pirates tout aussi bourrés qui vous faisaient la peau avant de s'approprier votre montre gousset.
Mais Victor, n'a rien à raconter. Il a passé le plus clair de son temps penché sur la rambarde à nourrir le banc de poissons qui le suivait tantôt à tribord, tantôt à bâbord quand il changeait de plat-bord histoire de se distraire. En fait, cela ne changeait rien puisque d'un côté comme de l'autre le paysage était le même, monotone et ennuyeux, ce qui lui fit prononcer ce mot que l'on a attribué plus tard à un autre : Que d'eau, que d'eau ! Quant aux pirates, ils avaient sans doute autre chose à faire. C'est donc avec regret que nous persistons à ne rien vous raconter de ce voyage. Parlons plutôt de Jeff, si vous le voulez bien.

Victor s'emmerdait ferme à New-York. Tous ces Anglais qui baragouinaient leur incompréhensible langage, la nourriture insipide dont ils se régalaient, tout l'agaçait et il n'avait qu'une hâte, trouver un moyen de fuir ces lieux. Déjà à cette époque le voyage de retour n'était pas donné et il n'avait pas d'argent, en tout cas pas assez. De plus la simple idée de devoir faire la traversée dans l'autre sens lui révulsait l'estomac. Il passait donc le plus clair de son temps à boire pour oublier. C'est dans ces circonstances qu'il fit la connaissance de Jeff.
- J'peux m'asseoir là ?
Victor leva la tête. Devant lui se trouvait un immense gaillard. Pas loin de 2 mètres de haut, vêtu d'un costume de peau, un bonnet de trappeur posé sur de longs cheveux, le tout puant comme mille putois. Un genre de Blek le Rock si vous voyez ce que je veux dire. Mais il parlait français. Rien que pour ça Victor était prêt à supporter l'odeur que dégageait le personnage.
- Bien sûr, prenez place.
L'autre s'assit, commanda un grand pichet de vin et sans plus de cérémonie se mit à boire. Quand il eut vidé son verre, il le remplit de nouveau ainsi que celui de Victor. Il levèrent leurs verres avec un bel ensemble et le vidèrent de même. Au quatrième pichet. Jeff, puisque c'est de lui qu'il s’agit, prit la parole.
- J'peux savoir ce que tu fais ici ? T'as pas l'air de t'amuser

Bien sûr, vous allez me dire qu'à cette époque, on ne parlait pas de cette façon. Je vous répondrais que je ne fais pas oeuvre d'ethnologue, que je n'ai aucunement envie de me casser les pieds à faire parler mes personnages dans un jargon que plus personne ne comprend et qui rebuterait le lecteur. Certes ça ferait vachement "culturel", mais je préfère faire pas culturel et être lu que le contraire. Et puis c'est moi qui écris, merde à la fin.

Victor raconte à Jeff tout ce que vous venez de lire. Comme ça fait longtemps qu'il n'a parlé à personne, il est pris d'une sorte d'ivresse - les quatre pichets de vin y sont peut-être aussi pour quelque chose - et affabule un tantinet. A l'écouter, c'est lui qui menait la révolte. Il raconte comment il a poussé les autres à marcher sur Versailles, il va même jusqu'à monter sur la table et prononcer un discours anti-royauté pas piqué des hannetons et qui a pour conséquence de déclancher une bagarre générale dont il ne serait pas sorti indemne sans son nouveau compagnon. Celui-ci, après avoir brisé quelques tables, bancs et ustensiles divers sur la tête des autres belligérants fini par succomber sous le nombre et nos deux compères se retrouvèrent le nez dans le ruisseau. Jeff se releva le premier, chargea Victor sur son épaule et regagna son hostellerie en chantonnant. Il avait passé une excellente soirée.

On va passer très vite sur le reste, parce que ça n'a guère d'importance et que contrairement à Alexandre Dumas, je ne suis pas payé à la ligne. Je vous dirais quand même qu'ils restèrent encore 3 jours à New-York, que pendant ces 3 jours, ils burent, mangèrent, firent connaissance et que Jeff persuada Victor de l'accompagner dans l'ouest pour trapper ( Jeff était trappeur). Il n'eu aucun mérite à cela compte tenu de ce que Victor pensait de New-York et de ses habitants.
Ils passèrent un peu plus d'une année ensemble. Durant tout ce temps, Jeff apprit à Victor tout ce qu'il savait : faire des pièges, lire les pistes, tirer au fusil, boire plus de quatre pichets sans être ivre à force d'entraînement, faire un feu, construire un abri, se faire ses propres vêtements, ainsi que toutes choses utiles quand on est trappeur.
Il lui apprit même que l'on pouvait mourir bêtement. Jeff disparu un jour d'hiver, ou plutôt une nuit. Une nuit sans lune, froide. Il avait neigé toute cette journée qu'ils avaient passée à boire. Jeff s'éveilla prit d'une terrible envie de pisser. Il sortit dans la nuit, s'éloigna de quelques mètres et entreprit de se soulager.
Je ne vous apprendrais rien en vous disant que ça fait du bien. Il n'y a pas grand-chose au monde qui procure une telle satisfaction. Et il était satisfait Jeff. Il pisait, il pissait, il n'en finissait plus de pisser.

Là, je vais faire une parenthèse un peu technique afin que vous compreniez bien ce qui s'est passé.
1) Quand un liquide chaud est versé sur de la neige (ou tout autre état de l'eau en dessous de 0 degré Celsius), celle-ci fond.
2) Si vous couvrez une couche de glace ( autre état de l'eau en dessous de 0° Celsius ) d'une couche de neige et que vous versez un filet de liquide chaud (37° Celsius, par exemple), le filet de liquide chaud fait fondre la neige à son point d'impact ( un trou dirions-nous), ensuite il rencontre la glace - qui elle ne fond pas immédiatement - Le liquide chaud se repends alors sur une large surface sous la neige sans que l'on puisse s'en apercevoir.
3) Ce liquide fini par faire fondre la glace si l'opération dure un certain temps.
4) relisez ce qui précède et vous comprendrez ce qui s'est passé.

Jeff avait tellement bu qu'il dû pisser ainsi suffisamment longtemps pour que la glace fonde jusque sous ses pieds. Un grand "Crac" se fit entendre et plus rien. Jeff est tombé dans une eau si froide qu'il coula immédiatement. Si ça ce n'est pas mourir bêtement, qu'est-ce que c'est.
Victor venait de prendre sa dernière leçon : Ne pas construire sa cabane près d'un lac l'hiver.
Il se retrouva donc seul, et c'est ainsi que nous le retrouvons dans la situation qui a fait l'objet des premières lignes du premier épisode de ce feuilleton.

Fin du 2° épisode


Vous souvenez-vous de début de ce premier épisode? Où cela va t’il nous mener ? Avez-vous déjà pissé sur la neige? Avez-vous bien tout compris?
C'est ce que vous saurez en lisant le 3° épisode de notre grand feuilleton.

"On descend tous de nos ancêtre et peut-être à la prochaine"
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Dim 23 Sep 2007 - 9:11

Cher Abonné,
Nous nous sommes quitté en nous posant un certain nombre de questions qui (si j'ose dire) posaient question. Entre autre, il y avait celle-ci qui m'interpelle au niveau du VQ ( ne lisez pas vieille querelle, s'il vous plait): Avez-vous tout compris ? Non que je m'interroge sur vos capacités intellectuelles ( à votre âge la question ne se pose pas encore. Quoique...) mais simplement je me pose la question de savoir si ce récit est très clair. Simple scrupule d'auteur, me direz-vous. Vanité même ? Peut-être. Mais sachez qu'un auteur, quel qu'il soit souhaite être compris, c'est la moindre des choses. Malraux, lui même, quand il rédigeait entre deux prise de cocaïne, deux bouffées d'opium, ses imbuvables éjaculations littéraires se posait ces questions. C'est en quelque sorte une question de standing. On est Auteur ou on ne l'est pas. D'autre part nous avons, en tant qu'éditeur une immense responsabilité. Pensez ce qui va se passer quand les générations futures trouverons dans votre grenier ce texte coincé entre un vieux numéro de Télérama et les textes de vos chansons. Imaginez leur émotion quand contrairement à toute attente, vos descendants découvriront que vous étiez un intellectuel. Rien ne les avait préparé à cela. Quel choc!
Mais fi des générations futures (y en aura t’il d'ailleurs?) laissons nous aller au plaisir du moment. Contentons nous de ce qui nous est donné et de vivre le moment qui passe. Notre Auteur se met devant son clavier, vous sur votre fauteuil. La communion est totale, notre verre est plein, que demander de mieux ?
Un moment de plaisir. Espérons qu'il en sera ainsi.
Attention, la lumière s'éteint, les trois coups stoppent les bavardages, le rideau se lève sur le 3° épisode de notre grand feuilleton:

" On descend sans doute de nos ancêtres
mais pas forcement à la prochaine "


Or donc ( déjà ça en jette comme début. Ça fait "culturel", non?) Nous retrouvons notre héros - qui n'est pas notre héros, comme on vous l'a déjà dit - quelque part à l'ouest (Ah! ce bon vieux Tournesol...). Il a soif et il scrute le paysage qui s'offre à lui pour découvrir si une présence quelconque peut le mettre en danger. Grâce à Jeff ( Dieu ait son âme!) il est capable de voir si un bison, un lapin, une marmotte, un cerf, une souris, un indien ou tout autre animal a fouler les étendues vierges qui s'offre à son regard. Et là, pas de doute, rien de tout ça. La prairie est vierge de tout passage. C'est donc l'esprit serein qu'il peut s'aventurer à traverser l'espace découvert qui le sépare de la rivière ou il pourra, sinon boire ( il n'applique ce terme qu'aux boissons digne de ce nom), se désaltérer.
- Allez vient Germaine.
A ces mots, Germaine, sa mule Hihanne de plaisir ( je ne sais pas très bien comment définir le son que pousse la mule qui a du plaisir et je n'ai pas vraiment le temps de chercher. Toutefois si vous savez comment se nomme le cri de la mule heureuse, n'hésitez pas à nous en faire part)
Germaine est contente. Elle aussi à soif et la vue de l'eau la réjouit bien plus que son propriétaire qui lui préférerait de loin pousser les portes d'un saloon que marcher dans les hautes herbes pour se tremper la gueule dans les eaux boueuses de la Big Muddy afin d'étancher sa soif. Mais faute de grive....( comme aurait dit PLA).
Quand ils ont bu tout leur saoul - et pas tous ses sous comme au saloon - Il se construit, vite fait bien fait, un abri de branches et de fougères puis il allume un feu, en prenant soin que celui-ci ne génère aucune fumée révélatrice de sa présence avant de s'endormir paisiblement.
Est-ce le brutal silence qui envahit les lieux, l'instinct du trappeur, un sixième sens ou tout simplement le caca d'oiseau qui lui tombe sur le nez qui le réveilla, je ne saurais le dire. Toujours est-il qu'il sorti de la douce torpeur du sommeil. Pas un piaillement d'oiseau. Pas le moindre souffle de vent. Pas le moindre bruissement dans les herbages et sous les couverts et pourtant, il sent, il sait qu'il n'est plus seul avec Germaine qui elle aussi montre des signes d'inquiétude.

C'est étrange cette différence entre la nature et la civilisation. Je ne sais pas si vous avez remarquer mais si l'action se passe dans un lieu comme une maison, par exemple, c'est un bruit inhabituel, un grincement, une porte qui claque, un parquet qui grince, un robinet qui coule, un carreau qui se casse, un pas dans l'escalier, un bavardage, l'arrivant qui se prend les pieds dans un tapis, le glouglou d'une bouteille, enfin, un bruit qui fait démarrer l'action, alors que si on est au fin fond des plaines du Far-West c'est exactement le contraire, (sauf pour le glouglou de la bouteille). Etrange, non ?

Pour en revenir à Victor et à Germaine, leur inquiétude naît du silence. Un silence pesant, lourd de menace (Putain, ce que c'est conventionnel cette formule! mais j'ai pas trouver mieux pour faire couleur locale). Victor renonce à sa sieste, prend son fusil (un modèle 36 modifié 49 à poudre et à pierre capable d'abattre un bison à 134,5 mètres les jours de visibilité moyenne) et retenant son souffle guette le moindre bruit.
Un gros PLOUF retentit en amont de l'endroit où il se trouve. Moitié rampant, moitié courant (C’est pas facile à faire, essayez pour voir) il se dirige vers l'origine de ce bruit et dissimulé derrière les frondaisons observe les lieux. Une plume fendant les flots attire son attention. Sous cette plume, une tête apparaît.
- Un indien. Se dit-il.
Comme vous le savez si vous avez lu attentivement le premier épisode de ce feuilleton, Victor n'a jamais vu d'indien. Mais il ne peut douter de la chose. Si ce qu'il voit nager dans cette rivière était un dindon, il y aurait plusieurs plumes. Or, il n'en voit qu'une. C'est donc un indien.
Un indien, en chair et en os. Son premier indien. Son premier réflexe est d'épauler son fusil. Au moment où il va tirer, le sauvage pousse un cri et la plume s'enfonce sous les flots tel le bouchon du pêcheur dont la ligne est happée par une carpe gourmande. Comme il ne réapparaît pas au bout de cinq minutes, sans plus réfléchir, mû par un réflexe spontané (un réflexe, quoi !) Victor plonge. L'indien est en train de se noyer, pas moyen d'en douter. Il est au fond, les yeux révulsés et la langue pendante, à moins que ce soit le contraire. Péniblement Victor réussit à regagner la rive, tirant le noyé par une jambe. La tête du pauvre indien rebondit de rochers en rochers mais il est sauvé des eaux.
Pendant que le peau-rouge se vide des litres et des litres d'eau qu'il a eu le temps d'ingurgiter, Victor reprends son souffle et se demande franchement pourquoi il est allé récupérer cet emplumé. Il n'avait qu'à le laisser se noyer tranquillement après tout. Le voilà maintenant avec un indien sur les bras, comme s'il n'avait que ça à faire. Il n'a pas l'air bien dangereux le macaque, mais quand même. On ne sait jamais avec ces gens là. A tout hasard, Victor garde son fusil à portée de main et surveille du coin de l'oeil le cracheur d'eau.
- Il va rouiller, se dit-il.
L'autre continue à tousser, cracher, expectorer à qui mieux mieux, un vrai festival. On dirait un vieux fumeur de havane en fin de course, à deux doigts du cancer. Victor l'observe du coin de l'oeil et il le trouve plutôt sympathique cet emplumé. Quand il fait abstraction de la plume dans les cheveux, de la quasi-nudité, des peintures sur le visage et des a priori cet indien ressemble à tout un chacun.
Le peau-rouge fini de cracher ses poumons et timidement sourit à Victor. Victor fait de même. L'indien baragouine dans son dialecte un truc que Victor ne comprend pas, à tout hasard il lâche à son tour:
- Ça va mieux ?
L'autre émet une série de sons du genre "a'bdeck' aoloi' wachishu" en s'asseyant face au trappeur. Son attitude n'est en rien agressive.
Ils restent assis face à face un long moment sans rien dire. A quoi servirait de parler? L'indien sourit, Victor aussi. De longues minutes passent ainsi. Les oiseaux ont repris leurs chants. Tout est calme. Curieusement, Victor se sent bien. Ils restent ainsi immobiles un long moment. L'indien semble réfléchir puis accompagnant son mouvement d'un geste apaisant, il se met debout. Le premier réflexe de Victor est de pointer son arme, prêt à faire feu. A ce geste, le sauvage recule d'un pas et renouvelle son geste (pacifique le geste).
Manifestement, il ne me veut pas de mal pense Victor. Il baisse le canon de son arme. L'indien sourit plus largement encore et s'éloignant de quelques pas, il fait signe à Victor de le suivre.


Fin du 3° épisode


Pourquoi Victor a t’il sauvé ce sauvage ? Où l'indien va t’il mener le trappeur ? Comment vont'ils finir par se comprendre ? Avez-vous bu un coup ? C'est ce que vous saurez ( sauf la dernière interrogation à laquelle vous devriez pouvoir répondre immédiatement ) en lisant le 4° épisode de notre exaltant et fabuleux feuilleton:

" On descend tous de nos ancêtres et vous, vous descendez à la prochaine ?"
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Lun 24 Sep 2007 - 22:53

Cher Abonné,

Quel suspense ! Notre maison d'édition est en émoi. Tous le monde attend avec plus que de l'impatience ce qui va suivre. C'est l'enthousiasme général. Nous avons pris des contacts pour le tournage de ce feuilleton pour TF1 mais nous avons des doutes sur la réalisation car nous n'arrivons pas à obtenir l'accord de notre auteur qui refuse les conditions misent par la production de la dithyrambique de télé.
1) Que le père de Victor se nomme Pierre-Alexandre-Flavien (ce qui donne les initiales PAF au lieu de PLA. du coup, le jeu de mots " PLA à barbe" devient "PAF à barbe". N'est-ce pas un tantinet vulgaire se demande notre auteur)
2) Que Victor ne soit pas le fils d'un modeste tanneur mais celui d'un prince de sang, ce qui exclu d'office le patronyme de VILAIN (notre auteur qui prétend écrire une histoire quasiment à peu près respectueuse d’une éventuelle vérité historique sur ses origines refuse catégoriquement. Allez savoir pourquoi ?)
3) Afin de ne pas déplaire à nos alliés Américains, il est préconisé (par recommandation du ministère de tutelle) de situer l'action au Goenland ou à Java ou en tout autre lieu qui ne risquera pas de porter atteinte à l'honneur du peuple américain.
(Pour des raisons d'honnêteté intellectuelle notre auteur prétend qu'il ne saurait accepter ce genre de modifications)
C'est fort regrettable, d'abord parce que vous ne pourrez pas voir ce feuilleton sur votre poste de télévision, ce qui changerait des merdes actuelles, d'autre part à cause des droits que nous aurions perçus.
Mais faisant contre mauvaise fortune, bon coeur. (Comme dirait PLA) nous nous résignons et nous ne sommes pas loin - pour une fois - d'approuver notre auteur.
Nous sommes des éditeurs, que Diable! Et nous n'avons qu'un soucis: L'Abonné.
C'est à dire vous, petit veinard qui êtes assis tranquillement dans votre fauteuil, cet envoi en main et la bouche pleine. Vous rendez-vous compte que jour et nuit, l'auteur, l'éditeur et tout le staff nécessaire à la réalisation de ce feuilleton, travaille, pense, rumine, écrit, frappe (le clavier seulement - pauvre Christian!), relit, imprime, s'agite dans tous les sens et quelques autres dans le seul but de vous livrer à temps, un à un, les merveilleux épisodes de ce sublime feuilleton.
Mais il est temps. On me dit que vous arrivez à la dernière ligne de cet éditorial. Nous vous quittons pour vous laisser savourer le 4°épisode de votre feuilleton:

" On descend tous de nos ancêtres mais surtout pas à la prochaine"


Ils marchent ainsi un long moment l'un derrière l'autre. De temps à autre l'indien se retourne pour voir si Victor suit bien. C'est qu'il cavale comme un lapin le peau-rouge et Victor qui fume sa pipe plus que nécessaire souffle et crache presque autant que les futures locomotives qui traverseront ces lieux bien plus tard. Quand il prend trop de retard l'indien attend qu'il l’ait presque rejoint et quand Victor n'est plus qu'à quelques mètres de lui, il remet le turbo et le lâche de nouveau.
- Il cherche à m'humilier l'enfoiré, se dit Victor qui traîne de plus en plus la patte.
Alors que Victor le rejoignait difficilement pour la X° fois, l'indien lui fait signe de s'asseoir et à force de gestes il lui fait comprendre de l'attendre là qu'il va revenir avant que le soleil ne soit couché.

Dit comme ça, ça à l'air vachement simple mais si vous aviez vu le cirque qu'à été cette "conversation" vous ne diriez pas ça. Ce pauvre indien obligé de se transformer en une espèce de sémaphore pour qu'enfin Victor entrave quelque chose, faisait peine à voir. Il continuait à rester calme et à sourire mais on voyait bien qu'il en avait par-dessus la tête de ce blanc qui ne comprenait même pas le langage des signes que n'importe quel crétin fût-il Pawnee -(C'est qu'il est sioux, notre indien et que les Sioux et les Pawnees sont ennemis depuis une vague histoire de priorité à droite ou quelque chose de ce genre et que depuis ce temps, ils s'étripent à la première occasion. Toutefois comme ils ne sont pas complètement idiots, en général ils prennent bien soin de s'éviter. Courageux mais pas téméraires, aurait dit PLA - Bien sûr de temps en tant quand un Pawnee peut piquer sans se faire prendre le cheval d'un sioux, il ne s'en prive pas. Quand un sioux peut pisser sur un Pawnee endormi au pied d'un arbre, il ne s'en prive pas non plus. Mais ça ne va jamais bien loin. Sauf des fois.)

Victor est donc assis au pied d'un arbre et il attend. Le soleil poursuit sa ronde et Soeur Anne ne voit rien venir, Victor non plus. Mais Victor doit être moins résistant que la guetteuse. (L’âge sans doute). Il s'endort.
Une chiée de ronflements plus tard, il est éveillé quand on lui tape sur l'épaule. C'est son indien qui est revenu: pas seul. Il y en a un autre avec lui. Plus vieux, même assez très vieux, si vous voyez ce que je veux dire. Au grand étonnement de Victor c'est le assez très vieux qui prend la parole et qui l'a prends en français.
Enfin quand je dis " en français " c'est un peu exagéré, disons dans un charabia franco sioux duquel Victor fini par démêler que:
- Il ne faut pas qu'il ait peur, personne ne lui veut du mal.
- Que "son" indien se nomme " met-le bas"
- Qu'il le remercie de l'avoir sauvé
- Qu'il lui doit une vie
- Qu'il veut devenir le frère de sang de Victor
- Que c'est comme ça chez les sioux
- Qu'il n'y a pas à discuter
- Et que pour ça il faut qu'il vienne au village
- Qu'on intérêt à faire fissa parce que la nuit va tomber et que dans ces régions sauvages il vaut mieux ne pas trop traîner dehors à ces heures là, que c'est plein de bestioles qui ne demanderaient pas mieux que de se tailler un steak dans votre carcasse sans compter que l'on peut tout simplement attraper un rhume.
Rien qu'à l'idée de se retrouver avec 40 de fièvre avec pour tout breuvage un verre d'eau Victor approuve le plan, se met debout et marche vers son destin.
(Alors là, putain con. On se croirait à la fin d'un roman Harlequin. "....et marche vers son destin".... C'est'y pas beau, ça !)

Quand ils arrivent au camp, la nuit tombe et Victor de fatigue. Il traîne les pieds derrière ses compagnons qui eux trottent comme des lapins, même le assez-très-vieux qui se nomme de son nom indien : " Traîne la patte ". C'est ce que l'indien lui a dit dans son baraguoin Franchouillot-sauvage en se tapant sur la poitrine d'un air convaincu. Victor avait fait de même, mais en tapant moins fort.
Et maintenant c'est lui qu'ils allaient pouvoir surnommé "Traîne la patte". Même Germaine, sa mule, qui est pourtant une grosse faignasse marche plus allègrement que lui. Les deux indiens n’ont pas de mal à gagner la course.
C'est ce qu'il se dit en entendant les " Youiiiouuuuu !" des femmes, les tambours qui se mirent à battre et les cris des hommes.
Toute cette foule se tourne alors vers lui et comme un seul homme, se met à lui foncer dessus en continuant à beugler comme des ânes.
Ni une, ni deux, sans une seconde d'hésitation, Victor fait un demi-tour compact, que ne mépriserait aucun joueur de foot, et court comme un dingue dans le vague espoir de leur échapper à ces enfoirés de sauvages de merde. Putain, il aurait jamais crû qu'il pouvait courir si vite. Il fait un bruit de vieille locomotive (enfin, des pas-encore-neuves à l'époque....) et ses bras s'agitent comme les bielles des susnommées. Il lève les genoux, il est bien obligé avec ces saloperies d'herbes de la pairie. Il souffle de plus en plus fort et ça fait " Bang-bang, boum-boum" dans sa poitrine. Je ne sais si c'est ce barouf qui l'empêche d'entendre ce qui se passe autour de lui, mais il a l'air drôlement étonné quand son nouveau frère de sang (enfin pas encore vraiment. Y'a pas eu la cérémonie. C'est un peu comme pour des concubins avant le mariage, pour donner un exemple .... qui réflexion faite, n'a rien à voir avec cette histoire). Il est donc vachement étonné de voir " met-le bas" non seulement le rattraper mais le doubler par la gauche en lui faisant un grand sourire et une sorte de bonjour avec la main. Il craque quand il se fait doubler, par la droite et par " Traîne la patte" qui lui dit, sans le moindre halètement:
- " Arrête, Ducon ! On ne te veut pas de mal, on va faire la fête! "
Victor est aussitôt entouré par la nuée braillante, il est porté en triomphe. Ou plus exactement, ils se le passent de mains en mains en rigolant comme des bossus ou en poussant des cris qui lui fiche la trouille. Il est qu'à moitié rassuré le Victor. Il se retrouverait attaché au poteau de torture qu'il serait qu'à moitié étonné. Non, il est pas fier du tout. Il ne se rappelle plus si c'est les sioux ou si c'est les autres qui pratiquent la torture qu'il redoute le plus. Attttrrrrrooooce la torture! Ils font un noeud avec ton sexe, ce qui fait que tu ne peux pas pisser. T'imagine déjà quand ça te prend et que t'es dans l'autobus. Mais si en plus t'as pas le plaisir après....En plus, tu dois finir par éclater. Et ça, ça lui fait peur à Victor !
Il est tout étonné quand il finissent par le poser à terre et que l'emplumé suprême se met a faire des " Chumakonca jemiconu, plum-plum" tout en lui tapant sur l'épaule d'une manière agaçante. Heureusement " Traîne la patte et dans les parages" lui traduit tant bien que mal tout le tintouin. En gros, il est un super mec bien, bien que blanc. Il a sauvé " Mets-le bas", c'est pas que ça aurait été une grosse perte mais c'est sympha. Viens on va faire la Fête aussitôt que vous aurez échangés vos sang.
- Quoi, quoi ! Echanger nos sangs ?
Il aurait pas dû dire ça. Sûrement qu'en sioux " Koikoi é chan gé no San" ça veut dire un truc du genre " mais bien sûr, faites donc", car le grand sachem lui prend le poignet et lui file un coup de canif en traître. Victor, lui, se prends le poignet dans l'autre main, pousse des "Houille-houillouiouhe" et trépigne de douleur. Ils croient qu'il se met à danser et les voilà qui se mettent à faire comme lui en tournant autour du feu. Le grand chef va faire dire aux tambours de bien vouloir ne pas lui casser sa baraque, qu'il veux la finir cette cérémonie et qu'ils pourront taper toute la nuit s'ils le veulent après mais que si ils arrêtent pas immédiatement on va voir ce qu'on va voir. D'un coup les tambours s'arrêtent. Du coup, les Youyou meurent (Chouette hein ! Ça sonne bien: "DuKou lé Youhiou me' eur". On dirait du vrai sioux). C'est le silence.

Fin du 4° épisode


Cher Abonné,
Comme vous, nous sommes haletants. Qu'est-ce que quoi va t’il arriver ? Est-ce qu'ils auront l'idée de lui mettre un garrot au Victor, les indiens? Il ne manquerait plus qu'il se vide de son sang d'ici qu'on reçoive le prochain épisode! On serait pas dans la merde!
Mais ce sont nos problèmes, pas les vôtres, Cher Abonné et nous n'allons pas vous embêter plus longtemps avec ça. Nous espérons seulement être en mesure de vous livrer à temps votre prochain épisode de notre grand feuilleton *:
" On descend tous à la prochaine et pas forcement de nos ancêtres."


* : On enverra le SAMU si nécessaire !
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Mer 26 Sep 2007 - 9:14

Cher Abonné,
Nous vous rassurons tout de suite, Dès que fut sous presse notre dernier envoi, nous avons contacté notre auteur pour lui faire part de nos inquiétudes. Il nous a immédiatement rassuré en nous disant qu'au moment où nous le contactions, Victor était déjà pansé, désinfecté et que cette coupure n'était déjà plus qu'un mauvais souvenir. Rassurés, nous sommes allés dormir du sommeil du juste en attendant, comme vous, le 5°épisode de cet exaltant feuilleton:

" On descend de nos ancêtres à la prochaine "

" Cé moy Ké di", le chef peut alors se gratter la gorge avant de commencer la cérémonie. Il demande à " Mets-le bas" de venir près de lui et lui entaille le poignet de la même façon qu'il a entaillé celui de Victor. "Mets-le bas" ne crie pas, ne pleure pas, ne danse pas sur place, n'esquisse pas le moindre mouvement de sourcils. Victor qui continuait à gémir dans son coin se sent un peu ridicule et n'a d'autre ressource que de sourire à la ronde. "Cé moy Ké di" lie alors leurs deux poignets sanguinolents et prononce un long discours que " Traîne la patte" traduit comme il peut à Victor.
- " Cé moy Ké di" invoque le grand esprit " Wakatanka". Il le remercie d'avoir fait se rencontrer "Coule au fond" et "Pêche "mets-le bas"".

Là, ça mérite une petite explication pour que vous puissiez bien suivre l'action. Explication que nous pouvons donner grâce à de longues recherches sur les us et coutumes tribales des indiens d'Amérique du nord et principalement les Sioux.
Vous avez remarqué que les indiens portent en général des noms imagés qui se réfèrent à un acte qu’ils ont commis ou subi. Mais il faut savoir aussi qu'ils ne portaient pas comme nous toujours le même nom au cours de leur existence. C'est ainsi que "Mets-le bas" qui avait acquis son nom en faisant tomber un adversaire de son cheval venait d'hériter de celui de "Coule au fond». Quand à "Pêche " Mets-le bas" ", c'était tout simplement le nom indien de Victor qui avait repêché" Coule au fond" quand il s'appelait encore "Mets-le bas".
C'est clair ? Si, si, relisez attentivement et vous verrez, c'est tout simple!
Mais écoutons ce que nous dit "Cé moi Ké di".

- Merci Grand esprit de les avoir fait se rencontrer où il fallait, quand il fallait. Supposons un instant que "N'a pas encore repêcher "Mets-le bas"", ne soit pas au bord de la rivière quand "Mets-le bas" coule. Supposez que "Mets-le bas" n'ait pas coulé. Rien ne se serait passé de cette façon et on n'en serait pas là où on en est. Enfin, c'est comme ça et il faut bien faire avec.
"Coule au fond" et "Pêche "mets-le bas"", je vous déclare frère de sang. A partir d'aujourd'hui vous vous devez fidélité et soutien, Les amis de l'un sont les amis de l'autre et la même chose pareil pour les ennemis et tout le tintouin.
Maintenant c'est pas tout ça, c'est l'heure de faire la fête !

Le grand Sachem a à peine finit de parler que les tambourineurs, qui n'attendaient que ça, tapent à qui fera le plus de bruit sur leurs troncs d'arbre. Le reste de la tribu danse, mange, boit, ripaille et Victor voudrait bien aller se coucher.
Comme il a vécu pas mal d'émotions dans cette fichue journée, je crois que ce ne serait pas mal de lui donner satisfaction. De plus, j'ai moi même une vieille flemme et si vous le voulez bien, nous allons Victor et moi nous accorder un brin de sommeil.


* *
*

Le lendemain matin, l'Empereur, sa femme et le p'tit Prince......( d'accord, c'est facile. Mais pouquoi se priver ? ).
Le lendemain matin, donc, Victor apprend qu'il est nommé Sioux d'honneur, qu'il fait désormais partie de la tribu, qu'on va lui trouver une femme vite fait bien fait pour lui faire sa tambouille et lui gratter le dos, qu'il va apprendre à parler Sioux en deux temps trois mouvements grâce à l'aide de " J'arrive deuxième" ( c'est le nouveau nom de "Traîne la patte" depuis l'arrivée d'hier ) et que tout va aller pour le mieux dans le meilleur des mondes si "Wakatanka" le veut bien.
Il a rien contre Victor. Il sera aussi peinard chez les indiens que n'importe où ailleurs. Ils sont sympha, Ils savent faire la fête, le temps de leur apprendre la cuisine française et la vie devrait être vivable...Alors, il hoche la tête de haut en bas, ce qui à peu près partout sauf chez ceux qui font le contraire, signifie qu'il est d'accord.

Si ça vous embête pas, on va passer quelques années d'un coup, parce que si je continue comme ça à décrire tout ce qui se passe dans le moindre détail, on ne va pas s'en sortir.
En plus, il ne s'est rien passé de bien intéressant. En gros, tout s'est passé comme prévu. Victor est devenu pour tout le monde "Pêche "Mets-le bas"", Il parle Sioux, tire à l'arc (ça fait longtemps qu'il n'a plus ni poudre, ni balles.), fume le calumet, raconte des histoires drôle à la veillée, est drôlement bon au jeu de la crosse, pêche la truite à la main, pisse sur les Pawnees quand il peut, porte un costume du dernier cree*, mange avec ses doigts, joue** avec sa femme, a plein de petits papooses qui cavalent partout dans la prairie et porte la barbe parce qu'il n'arrive toujours pas à se raser au fil du couteau sans se massacrer la gueule. Rien de bien notable en quelque sorte.

* ( Cree: (prononcer: cri.) Tribu indienne d'amérique du nord. Le dernier Cree fût tuer par un Sioux Arapaho dénommé " Pech Mel ba" au alentours des années à peu près)

** ( Terme que les Sioux employaient pour désigner l'acte sexuel. cette information est véridique contrairement à la précédente qui n'est là que pour servir de support à un assez mauvais jeu de mot.)

*** ( J'aime bien les notes en fin d'article. Ça fait Culturel ! )


Quelques années ont passées. Combien ? "Pêche Melba" (c'est plus facile à écrire comme ça.) ne s'en souvient plus très bien, on perd vite le fil quand on n'a pas de calendrier des postes sous la main et de ce point de vue là, le coin n'était pas très bien desservit. Quoi que.......
Ce jour là, ils sont partit tôt le matin, avant le lever du jour. Il y a " Cé moi Ki koz", le nouveau chef, l'autre ayant rejoint "les territoires de chasse de Wakatanka" suite à une mauvaise grippe durant l'hiver dernier qui a été rude. Ça faisait des années qu'on avait pas vu un hiver comme ça à l'ouest du Pecos mais on dit ça tous les ans et on est pas là pour parler météo. Il a aussi "Coule au fond", "Tête à claques", " Baille toujours", "Tire au but" et deux ou trois autres que je ne distingue pas dans cette obscurité. Il partent pour voir si des fois il n'y aurait pas un troupeau de bisons qui aurait la bonne idée de passer par là parce que les garde-manger commencent sérieusement à se dégarnir. Et ça galope un coup à droite, un coup à gauche, ça rigole bien quand "Cé moi Ki Koz" donne l'ordre de s'arrêter et de bien vouloir faire silence s'il vous plait merci. Comme sur les gravures quand j'étais petit, il se met la main en visière au-dessus des yeux et regarde au loin dans la direction qui fait face à ses yeux. Il est beau comme tout, un bel indien, bronzé, la couronne de plume d'aigle, le pantalon à franges, le mocassin brodé, parfait, nickel, mieux que sur la photo. On dirait une pub pour une marque de lunettes, c'est dire. Brutalement, il démarre en trombe en poussant un " Hokka hei" tonitruant. En entendant le cri de guerre traditionnel des Sioux, toute la bande suit son chef. Ils n'ont aucune idée de sur qui ils vont taper, mais ils vont taper. C'est çà la discipline. Ils espèrent vaguement que " Cé moi Ki koz" ne s'est pas gourré dans l'estimation des risques et que l'adversaire sera à la hauteur, c'est à dire nul. C'est mieux pour gagner. Ils galopent un moment avant de voir un groupe de Pawnees s'enfuir à leur arrivée. (entre parenthèse, il a vraiment bonne vue ce "Cé moi Ki koz". Quand je vous disais qu'il aurait pu servir de pub pour un fabriquant de lunettes...). Les pawnees partent mais il reste du monde sur le terrain. Un blanc qui ressemble vaguement a un dénommé Sébastien, surtout les flèches. Dans le chariot, ils trouvent de la farine, de la viande séchée, des ustensiles de cuisine, des trucs, des machins et un sac plein de courrier. Victor Pêche melba est vaguement déçu. Il espérait bien trouver une fiole ou deux d'eau de feu mais ce Wachichu* devait être Témoin de Jéhovah ou faire partie d'une autre bande de barjots qui boivent jamais une goutte d'alcool.
- Ça ne lui a pas porté bonheur. Pense Victor.
Il est tiré de ses réflexions par "Cé moi Ki koz" qui l'interpelle en lui disant:
- Dis donc "Coule au fond", toi qu'à été un Wachichu (voir note* en fin d'épisode)...
Victor l'interrompt brutalement.
- Moi c'est pas "Coule au fond", c'est....
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère... rétorque l'autre qui ne veut surtout pas faire croire qu'il a mauvaise vue avant de reprendre:
- Je disais donc que tu avait été un Wachichu parmi les Wachichu ( là, je ne met pas d' "S" parce que je ne suis pas bien sûr qu'en Sioux on en mette un....Alors, dans le doute - comme aurait dit PLA....) ( Ah, encore un mot. Pour Wachichu, voir la note en fin d'épisode.) ( Voilà, je n'interrompt plus l'action, ça casse le rythme.), et que de ce fait là même tu es en mesure de me dire ce qui se trouve écrit là-dessus. Et il tend à Victor le sac de courrier.

* (prononcer: Ouachichou) : Homme blanc en Sioux.
** (décidément, c'est classe les notes en fin d'épisode)

Fin du 5° épisode
Qu'allons nous apprendre dans le prochain épisode ? Vous le saurez, comme nous, en vous précipitant sur votre boite à lettre, en ouvrant l'enveloppe, en dépliant et en lisant les feuillets qu'elle contiendra. Rendez-vous à la prochaine fois pour suivre les aventures de Victor, "Coule au fond", "Cé moi Ki koz" et les autres, dans le 6° épisode de notre grand feuilleton:

" On descend à la prochaine et vous l'ancêtre ? "
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Vilain
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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Jeu 27 Sep 2007 - 16:58

Cher Abonné,
Notre auteur qui a compris à quel point nous étions impatient de connaître la suite de son feuilleton, met les bouchées doubles. Il a accepté, et c'est bien gentil de sa part, de travailler pendant le week'end. C'est un début, nous ne désespérons pas, à la longue, arriver à mettre à bas le mythe des jours fériés et toutes ces contraintes qui nous empêche encore d'avoir notre feuilleton journalier. Mais sachons, pour l'heure, nous contentez de ce que nous avons. C'est à dire un temps de Merde. Il pleut, il fait gris, et histoire de se relever le moral, nous vous invitons à vous plonger dans la lecture de ce 6° épisode de notre grand feuilleton:

" On descend l'ancêtre et à la prochaine"

Victor est assis. Autour de lui, répandu au sol, le contenu du sac de courrier. Des lettres, des lettres et encore des lettres. Il y en a bien plusieurs centaines. Ça lui fait tout drôle à Victor de voir des mots écrits sur le papier. D'un coup lui est revenu un plein bouquet de souvenirs : L'école, ses difficultés en orthographe, la punition une fois qu'il avait oublier de faire ses devoirs, sa réception à l'université.... Il est là, rêveur une lettre à la main quand il est rappelé à la réalité par "Cé moi Ki koz".
- Alors, tu le lis, le langage des blancs ? Je veux savoir.
Victor ouvre la première lettre. Elle dit un truc du genre:
" J'espère que tu est bien arrivé en Californie. Ici le temps se maintient mais cela ne va pas durer. John vient de prendre le bateau pour vous rejoindre mais c'est la mauvaise saison pour passer le cap Horn et je ne suis pas rassuré..."
" Cé moi Ki koz" est déçu, il croyait trouver des ordres militaires dans ces lettres. Quelles drôles de manières, ils ont les Wachichu *(* j'espère que vous avez retenu ce que ce mot signifie. Sinon vous reporter en page 4 de notre dernier envoi); Envoyer un messager avec un tas de lettres qui ne disent que des banalités, traverser les grandes plaines jusqu'à la Californie. Ils sont fondus dans leur tête. C'est plein d'indiens.
Quand il fait part de ses réflexions à Victor, celui-ci ne peut s'empêcher de rire et au fond de lui même d'approuver son chef de tribu. Ils sont fous dans ce monde qu'il a quitté. Il faut qu'ils aillent toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus bas. Bientôt, Victor en est sûr, ils viendront jusque là. Déjà ce messager avec son sac de lettres, c'est inquiétant. Ça veut dire qu'ils sont décidés à faire une piste pour se rendre jusqu'en Californie où le climat est meilleur que sur la côte Est. Jusque là, ils prenaient le bateau et faisaient le tour du continent. Mais s'ils ont décidés d'affronter les grandes plaines de l'intérieur ça veut dire qu'on en va pas tarder à les voir rappliquer. Victor imagine les trains de chariots fendants les hautes herbes. Il imagine surtout l'état des lieux après leur passage. Ça va être plein de papiers gras et de bouteilles vides, Ouais...
Tout en se laissant aller à ces pensées, Victor à machinalement saisit une autre lettre et tout aussi machinalement déchiffre le nom et l'adresse du destinataire.
" Victor VILAIN
Quelque part à l'Ouest
Amérique du Nord "

Il n'en revient pas, Victor. Une lettre. Pour lui. Là, ici. Il ne soupçonnait pas un seul instant que la distribution du courrier avait fait un tel progrès depuis qu'il vivait parmi les Sioux. Quand il pense que quand il était à Paris, il devait se rendre lui-même au bureau de poste et que maintenant on lui porte à domicile... Sans ces maudits Pawnees, le messager lui aurait même peut-être remis en main propre. Ils auraient échangés quelques mots.... Il est vaguement nostalgique notre Victor et ému, aussi, il faut bien le dire, ce n'est pas tous les jours qu'on reçoit une lettre au fin fond de la prairie.

(Ah, cher Abonné ! Je sens une larme poindre sous vos paupières; Vous la connaissez, vous cette joie du contact matinal avec le préposé des postes.
Cette ambiance de franche camaraderie spontanée entre compatriotes qui n'en ont rien à foutre l'un de l'autre. Ces "Bonjour, Monsieur Pochet, Ça va?!" dont on n'attends aucune réponse, suivit entre les dents (mais suffisamment fort pour que vous l'entendiez) d'un "Pink floyd, va ! ". Et la réponse qui vient, tout aussi joviale: " Quand je vous vois ça va toujours !», et dès qu'il vous a remit cet envoi de nos éditions que vous attendez tant, c'est à votre tour d'ajouter entre ce qui vous reste de dents:
" Bourrougne, Va !"
Ce n'est pas à vous que nous apprendrons combien il est émouvant de recevoir du courrier quand celui-ci n'est pas une facture. On regarde l'enveloppe, aucune sigle, aucun tampon, ni devant ni derrière, rien qui puisse laisser supposer un quelconque envoi officiel; l'adresse est manuscrite, c'est bon signe. Voyons cette écriture...Qui ça peut être ? C'est une écriture d'homme ça... A moins que.... En tout cas, c'est pas Germaine...Elle écrit pas comme ça Germaine... Elle écrit plus rond... ou moins haut .....Pas comme ça. Ça peut pas non plus être Nicole, c'est pas un homme....Je me demande bien qui ça peut être !
Bien sûr, il aurait été plus simple d'ouvrir l'enveloppe d'un index déchirant et de vérifier si cette fichue lettre n'était pas anonyme - on ne sait jamais, le monde est si malveillant - Mais vous connaissez les plaisirs que donnent l'attente et vous ne voudriez en aucun cas vous en priver, vieux libertin que vous êtes. Un verre vite vidé pour combattre l'émotion. Un deuxième que l'on videra tranquillement au fil de la lecture. Peut-être même que l'on se préparera une cigarette que l'on allumera juste avant de lire la première ligne. Un instant de bonheur....).

C'est donc dans cet état proche de l'illumination que nous retrouvons Victor. Lui non plus ne s'est pas précipité pour ouvrir l'enveloppe. Et maintenant, pour tout dire, une fois passée l'exaltation de la nouveauté, ça lui dit rien trop qui vaille cette lettre. L'écriture lui dit bien quelque chose. Ces lettres tarabiscotées, cette volute à la queue du Vé... Pas de doute, c'est l'écriture de son père. De la pointe de son couteau, il fend l'enveloppe et en tire une feuille de papier remplie de gribouillis à peine lisibles et de taches d'encres.
Quand je pense qu'il ne reprochait la tenue de mon cahier de devoir, se dit'il en hochant la tête. Ce mouvement fait bouger ses plumes et l'une d'elle vient se ficher dans l'oeil de "Cé moi Ki koz" qui regardait par dessus son épaule ces signes bizarres qui veulent dire des mots. Sentant le choc de sa plume avec l'oeil de "Cé moi Ki koz", Victor surpris tourne la tête et la deuxième plume qui vient se planter dans l'autre oeil du chef indien. Celui-ci entame une danse du style de celle que Victor a improvisé quand on lui à entaillé le poignet pour cette cérémonie des frères de sang * (* voir notre 5° épisode), sauf qu'il crie encore plus fort. Heureusement les autres indiens sont là pour s'occuper de leur chef. Après avoir discuté de longues minutes sur la meilleure méthode à suivre, ils décident de rentrer au camp et d'amener " Cé moi Ki koz san Ri in Hi Voir" chez "Sa vou Gra Tou ye Ou Sa vou Cha Tou ye" le sorcier guérisseur qui connaît le secret des plantes et celui de vous faire cracher la monnaie. En attendant, ils lui étalent une bonne couche de bouse de bison sur les yeux. Si ça ne fait pas de bien, ça ne peux pas faire de mal, ajoutent-ils.
Cette phrase rappelle à Victor qu'il n'a toujours pas lu la lettre de PLA. Leur laissant le soin de reconduire " Cé moi Ki Koz" il en entreprends le déchiffrage:

" Mon cher Fils,
J'espère que cette missive arrivera à t'atteindre. Comme je ne sais pas où tu peux bien te trouver, je fais confiance à la providence et au service du courrier.
Je tiens à te dire que je ne suis pas content de toi. J'ai bien compris que tu n'étais pour rien dans cette histoire de révolte, tu n'as pas assez de caractère pour ça. Mais j'avais compté sur ta condamnation et dans cette perspective, j'ai acheté des actions à la compagnie royale des galères et autres navires. Je me disais que j'arriverais bien à te persuader de ramer vite et sans faire d'histoire et qu'ainsi tu préserverais mes intérêts - qui sont aussi les tiens, je te le rappelle -. Au lieu de ça, tu te débrouilles, je ne sais comment, pour te faire envoyer dans un pays de sauvages où je n'ai pas le moindre placement,
Aurais-tu perdu le sens de la famille ?
Heureusement je l'ai pour deux et dès que j'ai appris ton départ pour les Amériques, j'ai vendu mes actions dans les galères pour acheter celles de la compagnie de la baie d'Hudson. Au passage j'ai fait une bonne plue value. Les galères avaient montées. J'ai bien fait de vendre, maintenant elles sont au plus bas. Je fais aussi un peu de commerce. Avec un ami, j'ai affrété un bateau. On a aussi acheté quelques fusils et leurs munitions pour en remplir les cales. Il semble qu'on ait besoin de beaucoup d'armes aux Amérique....
Alors, j'ai pensé que cette fois tu feras tout ce que tu peux pour me rendre service. Il faudrait que tu ailles réceptionner ce bateau et t'arranger pour en vendre la cargaison au meilleur prix. Dès que j'ai de tes nouvelles, je fais partir le bateau.
A part ça, ta mère va bien, mon cheval aussi. Quand à ta soeur, elle est toujours aussi conne.

Je compte sur toi cette fois.


Ton père PLA."

Victor est tout ému. Il n'aurait pas crû que son père puisse lui montrer tant d'affection. Ça lui faisait tout drôle. Pour une fois, son père, lui avait donné des nouvelles de la famille. D'habitude, il était plus réservé.



Fin du 6° épisode


A combien se monte la plue value que PLA a réalisé sur la vente de ses actions sur les galères ? Comment se portent les yeux de "Cé moi Ki koz San Ri in Y voir "? Que va faire Victor ? Et le reste du courrier, comment va t’il être distribué ? Et votre lumbago, ça va mieux ?
C'est ce que nous saurons peut-être si notre auteur veut bien se magner le cul pour nous livrer le 7° épisode de notre super-mega-passionnant feuilleton:

" A la prochaine on descend tous les ancêtres."
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Dim 30 Sep 2007 - 18:05

Cher Abonné,
Nous avons enfin fini les négociations avec notre auteur au sujet de l'irrégularité de sa production. Nous ne vous cacherons pas que pour cela nous avons dû employer des méthodes...disons inhabituelles. Mais l'intérêt de notre Abonné prime sur le droit et nous ne reculerons devant rien qui puisse l'empêcher d'avoir sa dose de drogue littéraire quasi-journalière. Plus il en prend, plus il en veut, c'est comme ça qu'on fait marcher les affaires...
Pour ne rien vous cacher, nous avons usé d'une ruse.
Nous avons invité notre auteur à déjeuner et nous lui avons expliqué qu'il allait disposer de son ordinateur et de tout le confort possible. Une seule petite contrainte, il doit nous fournir un épisode pour avoir un jour de nourriture. Plus la page est vide, plus l'estomac aussi et "vice vers ça". A première vue, cela parait une bonne méthode, puisqu'il vient de s'y remettre.....A croire que le vide de l'estomac active l'imagination... On devrait affamer plus souvent nos politiciens.
C'est donc avec le sentiment d'avoir tout fait pour vous satisfaire que nous vous laissons savourer votre pastis et le 7° épisode de notre grand feuilleton:

" L'ancêtre descend à la prochaine et nous aussi."

Victor remonte sur son cheval et galope vers le campement. Il a prit une décision. Il va consulter les esprits.
A peine est-il arrivée qu'il se rend jusqu'au Tippee de " Tu y Kroy toi" le sorcier. Dans la tribu, on ne fait pas dans le modeste. Ce n'est pas comme ces tribus minables où on a qu'un homme médecine qui soigne aussi bien (si on peut dire) le corps que l'esprit. Dans la tribu de Victor, ils sont deux à se partager le marché. " Sa vou Gra Tou ye Ou Sa vou Cha Tou ye" se charge du corps. Verrues, toux diverses, engelures et autres petites misères auxqu'elles sont confrontés les Sioux n'ont pas de secret pour lui. Pour ce qu'il ne sait pas soigner, il envoie son client chez " Tu y Croi toi" qui maîtrise les mauvais esprits et les bons à l'occasion. Des fois ça marche. On va le trouver aussi quand on veut savoir où le cheval qui vient de s'échappé va être retrouvé, quand on veut se faire expliquer un rêve et à chaque fois qu'on a une décision à prendre. C'est lui que l'on consulte avant de partir sur le sentier de la guerre, pour faire la danse de la pluie ou diriger une danse du soleil. Un incontournable, quoi !
Un chiffon rouge orne la porte du tipee de "Tu y Kroi toi". Il est en communication avec les esprits, pense Victor. Alors, il s'assied tranquillement et il attend. " Tu y Kroi toi" finit par mettre le nez dehors, il s'étire face au soleil, baille un grand coup, regarde Victor qui est assis à quelques mètres et dit:
- Viens, je t'attendais.
Victor entre dans le tipee. C'est un tipee comme tous les tipee (pour le "S" j'hésite. Si vous le voulez vous pouvez en mettre un, ça ne me fait ni chaud ni froid.). Au centre, le feu entouré de pierre, surmonté d'une broche de fortune où rôti doucement un lapin. Un matelas d'herbe couvert d'une peau de bison sert de lit. Quelques ustensiles de cuisine, des pots contenant des herbes, des cuillères taillées dans du bois d'arbre. Un foutoir invraisemblable complète la décoration ainsi que les animaux totem de "Tu y Kroi toi" qui sont l'aigle et la libellule commune des marais.
"Tu y Kroi toi" s'assoit, à sa place, sous ses animaux totem et fait signe à Victor de prendre place face à lui. Ils restent un long moment face à face, les yeux dans les yeux. Cérémonieusement "Tu y Kroi toi" sort son calumet, le remplit à ras bord et après l'avoir allumé avec une braise fait signe à Victor de tirer quelques bouffées histoire de se dégager l'esprit. Un coup à moi, un coup à toi, il leur faut quand même un certain temps pour venir à bout de la chose. L'après-midi est bien avancée quand on entre enfin dans le vif du sujet.
(A ce sujet, je ne sais pas ce que mettaient exactement les Sioux dans leur mélange à fumer, mais il est certain que cela ne devait pas être désagréable car toute occasion était bonne pour le faire. D'autre part, on peut remarquer que quand ils fument les indiens ne se livrent pas ensuite à un exercice violent. Ils fument en général le soir, se passant le calumet tout en se racontant des histoires drôles.
L'image d'Épinal montrant un blanc toussant comme un damné pour avoir tiré une bouffée sur un calumet, me laisse à penser que les indiens, ces grands enfants se foutaient de la tronche des tuniques bleues en leur faisant fumer de la bouse de bisons, voire pire encore dans le seul but de rigoler un coup.)

- Tu voulais me consulter ! Affirme " Tu y Kroi toi"
- Oui, réponds Victor.
- Tu hésites à prendre une décision ! Encore une fois, ce n'est pas une interrogation (décidément ce "Tu y Kroi toi" est un vieux renard)
Et de question affirmative en affirmation spéculative le vieux sorcier finit par apprendre tout ce qu'il a besoin de savoir. Il préconise alors à Victor une purification dans la loge à sudation, suivit de 3 jours de jeûne au sommet de la montagne sacrée des Sioux.
- Ton coeur te dira alors ce qu'il faut faire ajoute t’il avec un sourire bienveillant.
Et ce qui fut dit fut fait. Victor passa dans la loge à sudation. Il avait l'habitude. Il monta seul au sommet de la montage. Un long voyage. Là, pendant 3 jours et 3 nuits, il resta allongé dans la fosse qu'il avait creusé à son arrivée, attendant une réponse à sa question. Au cours de la troisième nuit, épuisé, il s'endormi et rêva qu'il naviguait sur un voilier. Quand Il se réveilla ce rêve dans la tête, il replia sa couverture, chargea son cheval et se mît en route pour le campement.
Une fois arrivé, la première chose qu'il fait est de demander la réunion du conseil. Celle-ci va avoir lieu le soir même dans le tipee de Victor.

* *
*

Presque tout le monde est réunit, on n'attend plus que " Cé moi Ki koz" qui se fait un devoir d'arriver en retard à toute réunion. On est le chef ou on ne l'est pas. Enfin, il fait son entrée. A tout seigneur, tout honneur, il lui présente le calumet. " Cé moi Ki koz" tire une bouffée et passe à son voisin. Ils fument ainsi un long moment puis Victor prend la parole:
" Il y a une lune, nous avons trouvé dans la prairie, un Wachichu qui a été tué par les Pawnee(s ?) (J'ai toujours ce fichu problème de "S" au pluriel des noms indiens). Ce Wachichu transportait des messages et l'un de ces messages était pour moi. C'est un message de mon père. Il me demande de rentrer près de lui."
Tout le conseil écoute ce qu'il a à dire. Ils sont pendus à ses lèvres. Quand il évoque son père, les vieux hochent la tête.
Victor reprends:
-" Il dit que je dois me rendre à Boston pour prendre la grande pirogue qui me ramènera chez moi. Mais avant, je dois vendre les bâtons de feu qui remplissent le bateau. Voilà, vous savez tout. Je demande l'avis du conseil. J'ai parlé ! "
-" Cé moi Ki koz" prend alors la parole:
- Que " Pêche Melba" se retire. Le conseil va délibérer.
(Là, j'écris "délibéré" mais ce n'est bien sûr pas en ces termes que le chef s'exprime. Il dit plutôt un truc de genre : " Que "Pêche Melba" sorte du tipee. On va causer et quand on se sera mit d'accord on te le dira. En attendant montre nous tes provisions, causer ça creuse et justement j'ai comme un petit creux).
Puis il allume un calumet et les palabres commencent.

* *
*

Le conseil a prit sa décision. C'est " J'arrive deuxième" en tant que doyen d'âge qui est désigné pour en faire part à Victor.L'instant est solennel.
- Moi "J'arrive deuxième", au nom du conseil de la tribu, je dis que "Pêche Melba" doit obéir à son père. Nous allons aider "Pêche Melba" et "Coule au fond" accompagnera son frère de sang dans son lointain pays. J'ai dit."


Fin du 7° épisode


Comment va se passer la reprise de contact avec la civilisation ? En quoi les indiens vont'ils pouvoir être utile à Victor ? L'auteur va-t'il fournir assez de copie pour ne pas mourir d'inanition ? Quel temps va t’il faire demain? C'est à ces questions ou à d'autres que répondra sûrement le prochain épisode de notre grand feuilleton:

" On descend la prochaine de nos ancêtre "
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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Dim 30 Sep 2007 - 18:07

A ce propos, je me demande si l'Abonné est toujours vivant.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Il ne suffit pas de dire. Encore faut-il prouver."
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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Dim 30 Sep 2007 - 18:10

Romane a écrit:
A ce propos, je me demande si l'Abonné est toujours vivant.


je sais pas..j'ai pas de nouvelles...
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Romane
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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Dim 30 Sep 2007 - 18:17

Moi non plus. AngeR

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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Lun 1 Oct 2007 - 13:14

bah ici y'a une abonnée du Québec qui croit être en vie... AngeR [Vilain... ton texte me fait mourir de rire...] lk
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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Lun 1 Oct 2007 - 13:27

Cher Abonné,

Nous sommes bien sûrs que, comme nous, vous bouillonnez d'indignation. Quoi ? Qu'est-ce ? Que signifie ? Un tel laisser-aller dans l'écriture ne peut laisser personne indifférent. C'est à ne pas croire ! Comment un auteur, ou tout au moins quelqu'un qui se prend pour tel peut sans rougir écrire des phrases telle que:
" Il dit que je dois me rendre à Boston.....Mais avant, je dois vendre...."
Des répétitions à répétition, oserons-nous dire.
Que dire de la pauvreté ethnologique ? Alors que nous avions la possibilité d'assister à l'un des moments les plus intéressant, les plus secret de la vie indienne, nous avons droit à:
..... Les palabres commencent.
Le conseil a prit sa décision.

C'est un peu court Jeune homme, pourrait-on dire. Ce n'est même plus un raccourci. C'est la négation du temps. On n’est pas loin du minimalisme absolu. Un mot de plus et l'éternité commençait. Le voyage instantané n'a pas de secret pour notre auteur. Et pourquoi pas l'histoire qui ne raconte rien aussi.
Quatre pages, on lui avait demandé quatre pages. Ah, on a bien quatre pages, mais la quatrième n'est entamée que de deux malheureuses petites lignes.
Certes nous n'avions pas mis de cornichons dans son sandwich jambon beurre et le beurre n'était que de la margarine. Ce dernier détail pour vous prouver à quel point nous prenons soin de lui. Notre auteur est en effet sujet au cholestérol et c'est un service à lui rendre que de ne pas beurrer ses tartines. Et voyez, regardez comment nous sommes récompensés.
Le métier d'éditeur n'est pas seulement un sacerdoce, c'est un chemin bordé des pines (pour les éditeurs de textes érotico-pornographique), d'auteurs capricieux (pour les autres) dont nous devons subir les plaintes diverses et variées:
" Comment voulez-vous que je fournisse ce texte à temps?", " Et l'angoisse de la page blanche, vous la connaissez l'angoisse de la page blanche ?", " Si je n'ai pas de vin à table, je n'écris pas mon épisode !"....et gnin, gnin, gnin...gnin, gnin, gnin...
(Ça, c'est pour les éditeurs textes pas érotico-pornographiques, pour les suçe-nommés nous n'osons imaginer le dialogue.)
Et nous bonnes pommes, nous sommes obligés d'en passer par où il veux, quand il veut, comme il veut juste parce que c'est lui qui raconte l'histoire et que vous attendez la suite.... Ah, si vous n'attendiez pas la suite. Les choses seraient différentes. C'est nous qui pourrions lui dire.
" J'en ai rien à foutre de ton texte, Bonhomme !». Et tiens ! Nous ne mettrions même pas de majuscule à " bonhomme". Humilié qu'il serait cet auteur de pacotille. Mais, bon, vous êtes déjà en position de lecture dans votre fauteuil. Vos mains crispées sur les pages comme celles de Mickael Schumacher sur son volant au moment du départ, son oeil guète le feu vert comme le vôtre la fin de cette ouverture à notre 8° épisode de votre si attendu feuilleton:

" On descend tous nos ancêtres à la prochaine"


La curiosité est dit-on un vilain défaut. Mais Victor était trop avide de connaître la décision du conseil pour attendre d'en être informé officiellement. Après s'être éloigné quelque peu, il revint en rampant comme un serpent, ou plutôt comme un Sioux sur le sentier de la guerre quand il veut surprendre un Pawnee afin de lui pisser dessus. Il faisait tous ses efforts pour faire le moins de bruit possible. Bien qu'avec le bordel qui régnait dans le tipee il n'y avait aucun risque.
" Ils n'ont pas commencés à parler, se dit-il tout en passant sa tête sous la tente.
En effet le conseil ne parlait pas, il baffrait. Victor avait pourtant bien fait les choses. Deux grands plats de chevreuil aux mytilles et des crêpes aux herbes. Et déjà les plats étaient presque vides. Ils buvaient aussi, une espèce de bière pas bien méchante à base d'orge sauvage et puis le calumet s'était multiplié et la fumée du " tabac " envahissait l'espace.
C'était très beau. Je ne sais pas si vous imaginez ça au cinéma. On fait un plan du point de vue de Victor, qui je vous le rappelle vient de passer la tête sous la peau de bison qui constitue la couverture de son tipee. Au centre, le feu, dont les flammes montent à 2 mètres du sol. (on fait ça pour la beauté de l'image, parce qu'il n'y aurait jamais un indien assez con pour faire un feu de cette taille à l'intérieur de son tipee. Il aurait trop peur de foutre le feu).
N'empêche, c'est beau. Surtout avec la fumée bleutée des calumets. Le profil des indiens se découpe, plus ou moins en ombres chinoises, au premier plan en haut à gauche. En face d'autres indiens éclairés de face par la mouvante clarté des flammes. La caméra se rapproche du foyer. Autour des flammes, une aura d'air chaud déforme les visages qui se tordent en grimaces tantôt grotesques, tantôt effrayantes, nous rappelant que nous avons affaire à des sauvages. La caméra recule et s'élève. On découvre alors l'ensemble de la scène et ce n’est pas triste. C'est à qui mangera le plus vite afin d'être le premier à pouvoir se resservir. Et que je t'enfourne une bouchée de bidoche et que je te la pousse avec un bout de crêpe. Ou bien le contraire. En tout cas, il faut que ça rentre. De temps en temps, on vide une corne de bison pour faire passer le tout et on recommence en lorgnant le morceau qu'on va pouvoir baffrer si l'autre con, en face, il ne finit pas avant moi. On est très occupé. Les vieux, et ils ne sont pas rares, mangent plus posément, ils jettent sur tout ça un regard amusé tout en suçotant leur morceau de viande comme tous les vieux du monde avant que la sécu ne rembourse les dentiers. Eux, c'est plutôt le calumet, leur truc et quand c'est pas un qui fait tourner, c'est l'autre. Parmi les jeunes, une bagarre se déclenche. Pour trois fois rien. L'un des deux protagonistes a juste voulu planter son couteau dans un chouette morceau de barbaque et l'autre a mit sa main là où il fallait pas au mauvais moment. Celui au couteau n’avait pas dû y aller de main-morte parce que le couteau en question avait traversé la dite-main de part en part au risque de créer des lésions irréparables.
(Je ne sais pas si vous avez remarqué mais ça parait un peu à contre-emploi cette expression:.....ne pas y aller de main morte... enfin, du moins dans le cas présent.)
Du coup, il est pas content celui-ci qu'on va nommer " Aye J'sui Pad'la Vi Hand' ". Il se sent l'air con avec le surin du futur "Plante les potes" planté dans sa main droite. En plus, ça lui fait mal. Et il aime pas avoir mal. Il était juste venu là pour rigoler un coup, manger, boire, discuter le bout de gras et v'la l'autre con qui lui boussille sa soirée. Il est en rogne, le camarade. Sans un cri, sans un mot, sans le moindre signe de douleur, il arrache d'un geste ferme et digne l' horrible poignard qui lui déchire la main.( Alors, là, je ne sais vraiment pas pourquoi ce poignard est horrible....ça m'est venu comme ça... Mais ça fait bien....ça fait littéraire, non ?)
D'un geste large, il balance derrière lui l'arme qui manque de se ficher dans la tronche de "Cé moi Ki koz" qui a juste le temps de baisser la tête. Ses plumes en prennent un coup. Il y en a deux ou trois qui pendent lamentablement. Mais ça aurait pu être plus grave. Pendant ce temps, les deux adversaires tournent autour du feu. Bien sûr, la caméra suit le mouvement, ce qui fait que vous dans votre fauteuil vous attrapez le tournis et qu'il vous vient une vague envie de vomir. Heureusement le plan se termine et nous repassons à une vue plongeante, mais pas trop, ce qui nous permet de suivre le combat dans les meilleures conditions.
Pour l'instant, c'est le round d'observation. De part et d'autre du brasier, les yeux dans les yeux, ils tournent lentement dans le sens des aiguilles d'une montre. D'un coup, ils s'arrêtent. Ils ne se quittent toujours pas de l'oeil. Prunelle dans prunelle à se dire des choses pas aimables. Dans le tipee, le silence s'est fait. Tout du moins jusqu'à ce que "Coule au fond" donne " Aye J'sui Pad'la Vi Hand' " vainqueur à 6 contre 1. Vite fait bien fait les paris s'organisent. C'est à qui braillera le plus fort. Victor est un peu navré. Il a hâte que l'on parle de son problème. Il en a rien à foutre, lui, des histoires des ces viandards. Si il avait su, il leur aurait servit des noisettes.
(Tout ce que je vous dis là sur Victor, sur l'écran ça se résume à une espèce de série de mimiques vaguement dégoûtées, mais comme c'est la version française que vous voyez on ne peut pas juger. Peut-être que le doublage n'est pas très bon.)
"Cé moi Ki koz" se dit alors que ce merdier a assez durer. Majestueux, malgré ses plumes brisées et pendouillantes, il se dresse. Il lève la main pour demander le silence. Comme personne ne le regarde, ça ne produit aucun effet.
" Putain de bordel de merde !" hurle t'il.
" Vous allez la fermer, oui !"
Sans doute a t'il été convainquant cette fois car le silence se fait.
" Y'en à marre de vos histoire ! Vous deux, là. Le piqueur et le piqué. Vous règlerez vos affaires plus tard. Disons demain matin avant l'apéro.
A propos, "Coule au fond", mets-moi donc 10 chevaux sur " Aye J'sui Pad'la Vi Hand' "....
Ce n’est pas tout ça, mais on n’est pas là pour rigoler. "Pêche Melba" nous a demandé notre conseil, nous nous devons de lui donner.
J'ai dit... "

Impressionnant ! Ça c'est de l'autorité et dans son coin Victor opine en branlant du chef.
"Tu y Kroi toi" demande alors la parole.

Fin du 8° épisode


Ai-je droit à mon sandwich ? Elle est bien la description, non ? Avec de la bière ? Vous souvenez-vous de "Tu y Kroi toi" ? Est-ce que c'est assez long cette fois ? Avez-vous la moindre idée à me souffler pour la suite?
C''est ce que vous appendrez ans doute savoir en lisant le prochain épisode du seul feuilleton en cinémascope:
" Tous les ancêtres descendent à la prochaine."
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Vic Taurugaux



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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Lun 1 Oct 2007 - 17:32

Romane a écrit:
A ce propos, je me demande si l'Abonné est toujours vivant.


Cher service des abonnements.
Quand j'ai contracté avec vous c'était pour une offre promotionnelle comportant trois numéros de votre revue, trois numéros de Notre Temps pour voir, ceci m'offrant la possibilité de recevoir gratuitement Lui pendant deux ans.

A ce jour, je croule sous les conseils de jardinage et d'assurance-décès, j'en suis déja au huitième numéro des aventures d'un olibrius au pays des plumitifs mais aucune nouvelle de votre alléchant mensuel.
Je sais que vous faites beaucoup d'efforts pour sortir de l'anonymat des auteurs qui sans votre grande générosité croupirait encore dans les caves à Roquefort dont vous les avez extraits.

Comment donc me défaire des aventures de cet homonyme sans vexer votre auteur?
Mesurez-vous le danger de cette lecture sur la bonnée iroquoise qui entrevoit déja son agonie?
Y aura-t-il dans les prochains épisodes des scènes de cul?

Recevez, cher service des abonnements, ma fidèle affliction.
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Vilain
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MessageSujet: Re: Roman : On descend tous de nos ancêtres   Mar 2 Oct 2007 - 13:57

Cher Abonné,

Nous ne savons pas quel est votre avis sur la question mais la réponse est évidente. Il fait tout pour nous emmerder ! Nous demandions quelques détails sur cette cérémonie, très secrète qu'est le conseil chez les Sioux et nous croulons sous leur amas. Il passe d'un excès à l'autre rien que pour nous agacer, ça c'est sûr.
Sans compter que nous ne voyons pas du tout où tout cela va nous mener cette histoire. Il nous tient, le salaud. Encore une fois nous sommes obligés de céder à ses exigences, au risque de vous déplaire.
Sans être paranoïaques, nous nous demandons si vous n'avez pas fait front commun, vous et lui, dans le seul but de nous faire tourner en bourrique.
Nous ne voudrions pas vous accuser, Cher Abonné, mais c'est quand même vous finalement le responsable de tout ce merdier.
Quel merdier ? Demandez-vous.
Mais cette séquestration dont il ne va pas manqué de nous accuser.
C'est de votre faute, tout ça.
Nous, nous avons juste agis dans le mieux de vos intérêts. C'est pour votre bien que nous avons fait ça. C'est du moins, ce que nous dirons au juge. Bien sûr, nous aurions pu envisager les conséquences de nos actes mais vous savez comme nous que si on se met à réfléchir on ne fait plus rien. Tiens, si nous avions su nous n'aurions jamais commencé à publier nos feuilletons mais dans ce cas vous n'auriez pas pu les lire et le monde aurait été différent.
Sachons donc rester ferme et continuons à influer sur le sort du monde en toute modestie en vous faisant parvenir la suite de notre grand feuilleton:

" Qu'est-ce qu'on fait si l'ancêtre descend à la prochaine ?"

"Tu y Kroi toi" parle. Il raconte la visite de Victor. Il dit que le rêve de voilier de la fin de la page 2 du 7° épisode ne laisse pas la moindre place au doute. Les esprits ont parlés et on ferait bien de suivre le conseil si on ne veut pas qu'il nous arrive des bricoles, voir pire.
Quand il a fini, il se rassoit très dignement et un sourire satisfait aux lèvres - il est toujours très fier de lui quand il parle - surveille du coin de l'oeil les réactions à son intervention.
Dans l'ensemble tout le monde semble d'accord avec lui. Chacun leur tour, les participants confirment leur accord par un simple geste. Les bras croisés sur la poitrine et un mouvement de la tête de haut en bas et inversement en cas d'accord. Le poing fermé, le majeur dressé à la verticale en cas de désaccord. C'est simple, c'est pratique et ça dit bien ce que ça veut dire. Sur le score final de 69 bras contre 1 majeur la motion fût adoptée.
(Ce score s'explique de la façon suivante: Le conseil est composé 36 membres dont un manchot)
Il sagit de fêter ça et on vide quelques cornes de bisons. Victor a des fourmis dans la jambe gauche et il est bien emmerdé. Heureusement, les autres se sont remis à brailler à qui mieux mieux et il peut en profiter pour changer de position sans se faire remarquer.
Ça dure un moment, puis "Cé moi Ki koz" reprend la parole. Le chef parle, le silence se fait et sa belle voix, grave et profonde, résonne à nouveau sous la tente.
(Là, vous vous dites, il exagère. Ben non, j'exagère pas. Un tippee ça fait dans les 8 mètres de diamètre et dans les 5 mètres sous plafond - si on peut dire - On en fait tenir du monde là-dedans et je suis bien sûr qu'une voix grave et profonde doit résonner dans un tel espace. Certes le tippee se prête moins à la raisonnance que l'église romane. C'est sans doute la raison pour laquelle on chante rarement le Grégorien sous un tippee.)
- Bon, c'est pas tout ça. On est d'accord pour dire que "Pêche Melba" doit faire le grand voyage qui le ramènera vers son père. Mais cette situation ne va pas sans poser problème. Avez-vous pensé à "Coule au fond" ?
Là, faut voir la tronche des autres. C'est clair, ils n'y ont pas pensé un seul instant à "Coule au fond".
"Cé moi Ki koz" reprends la parole.
- "Pêche Melba" et "Coule au fond" sont frères de sang et où l'un va l'autre doit le suivre. Que va devenir "Coule au fond" dans le monde des Wachichus? Devons-nous le laisser partir lui aussi ou devons-nous faire une entorse au pacte que constitue la fraternité de sang ? Et la femme de "Pêche Melba", ses papooses, ils vont faire le voyage eux aussi ? Je vous invite à réfléchir à ces questions. Que celui qui veut parler parle !
( J'aime bien cette formule. Ça fait vachement indien.)
Pour l'instant, on a surtout l'air de réfléchir. On boit une corne ou deux pour s'aider à penser.
Victor de dit que lui non plus il n'avait pas vu les choses sous cet angle. " Petite Pêche à la peau douce" sa squaw ne le laissera jamais partir seul sans elle et les enfants. Il s'imagine débarquant avec sa petite famille. Pla ne va pas s'en remettre, pense t’il. Il est interrompu dans ses pensées par "Tu y Kroi toi" qui ne va pas risquer de perdre une occasion de parler et surtout de faire approuver ce qu'il dit afin d'affermir autant peut se faire sa domination de sorcier sur la tribu.
- il n'est pas question de remettre en cause la loi des frères de sang. Ce serait manquer au grand Esprit. "Pêche Melba" et "Coule au fond" sont frère de sang, où l'un va l'autre va aussi. J'ai dit ! Pour sa femme, ses enfants, c'est à lui de décider. J'ai pas d'avis sur la question.
Il se rassoit encore une fois très dignement, mais il rate quelque chose car il se rétame de tout son long, ce qui fait beaucoup rire. Il fait semblant de prendre ça bien mais son orgueil en prend un coup. Heureusement pour lui, on n'a pas le temps de s'appesantir sur sa mésaventure car "Coupe dans le vif" intervient.
- Bon, alors on dit que c'est réglé qu'on en parle plus, on va pas passer la saison des prunes là-dessus. Moi, je voudrais qu'on parle des fusils.
Les fusils ! Nom de Wakatanka ! Plus personne y pensait à ces foutus fusils."Coupe dans le vif" continu:
- Mes frères, il faut aller vers le progrès. Vous souvenez vous des dégâts que faisait le fusil de "Pêche Melba" quand il avait encore des munitions. Putain, ça dégage ces trucs. Y'a pas, c'est plus performant qu'un arc. Et ça demande moins d'effort. Vous vous en foutez peut-être mais moi, j'ai des rhumatismes dans le bras droit !
C'est un argument comme un autre et ils doivent être quelques-uns à souffrir de douleurs diverses car beaucoup de bras se croisent et les têtes hochent de haut en bas.
"Cé moi Ki koz" estime que ce conseil dure depuis suffisamment de temps et propose de faire la synthèse.
- On dit donc que "Pêche Melba" doit prendre le bateau, rejoindre son père. On dit aussi que "Coule au fond", son frère de sang, l'accompagnera. Pour les fusils, on va voir mais on trouvera bien un moyen d'en profiter... " J'arrive deuxième", t'es le plus vieux. C'est toi qui lui dira."
Et là-dessus, ils boivent un coup pour sceller leur décision. Heureusement pour Victor, ils sont toujours aussi bruyants et il peut s'éloigner sans problème.
(Et nous voilà revenu où nous en étions à la fin du 7° épisode. Ce qui fait que ce qu'aurait dû vous raconter ce 9° épisode que vous êtes en train de lire, vous ne le trouverez que dans le 11° épisode. On a perdu 2 épisodes sans que l'action avance d'un poil. Les méthodes de ceux qui m'éditent - et qui ne méditent pas- m’étonneront toujours. J'en profite pour vous dire que la cuisine s'est améliorée, que les conditions de détention ne sont pas trop dures et qu'il ne faut pas vous sentir responsable de quoi que ce soit dans ma séquestration. C'est un plaisir d'écrire pour vous.)

* *
*

Comme l'avait prévu Victor, "Petite Pêche à la peau douce" ne voulu rien entendre pour le laisser partir seul. "Coule au fond", lui, n'avait aucune envie de traverser la mer, vu la façon dont il nageait. Mais comme on l'a dit et répété: "Pêche Melba" et "Coule au fond" sont frère de sang, où l'un va l'autre va aussi.

( là normalement, je faisais partir tout ce petit monde (Victor, sa femme, ses gosses, "Coule au fond" et une dizaine de Sioux) dès l'aurore mais comme j'ai dû vous raconter la façon dont s'est dérouler le conseil et que vous avez sûrement parier, vous aussi sur le vainqueur du combat qui doit opposer " Aye J'sui Pad'la Vi Hand" à ma droite, à " Plante les potes" à ma gauche. Alors évidement si je ne donne pas le résultat tout le monde va me faire la gueule. Vous voyez tout le retard qu'on prend avec ces exigences idiotes ? )


Fin du 9° épisode

Qui va gagner ce fameux combat ? Où va le monde? Pourquoi Victor n'est-il pas vraiment le héros ( voir les épisodes 1 et 3 ) ? C'est qui le héros, alors ? L'action va t'elle finir pas avancer ? Et Germaine, la mule, qu'est-elle devenue ? C'est ce que vous apprendrez certainement un jour et peut-être même dans le 10° épisode de notre grand feuilleton:
" Moi, je suis les ancêtres, je descend à la prochaine"
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Roman : On descend tous de nos ancêtres

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