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 James Meek

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Pierre Bachy

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Nombre de messages : 183
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 06/08/2004

MessageSujet: James Meek   Mer 19 Sep 2007 - 18:05

Un acte d'amour

Dans une bourgade du bout du monde de la Sibérie de 1919, Jazyk, entre Omsk et Krasnoyarsk, la locomotive du Transsibérien est le seul espoir de fuite.

Des hommes et une femme s’interrogent sur l’amour, humain ou divin, justifiant le titre du roman. Ce bourg perdu est occupé par des militaires tchèques égarés après avoir combattu pour l'Empire austro-hongrois puis le tsar. Ils se sont emparés de la ligne du Transsibérien, sur toute sa longueur. Loin de leur tout nouvel Etat, ils aimeraient bien partir. Mais leur jeune commandant, l'autoritaire Matula, ne l'entend pas ainsi. Il se plaît à régner, au bout du monde, sur un empire déliquescent à sa dévotion. Seul le lieutenant Mutz, Juif allemand à qui il doit la vie, se permet de lui tenir tête à ses risques et périls. Il est intelligent. Il est un soldat juif en Russie comme un pingouin dans le désert. Il n’est pas croyant. S’il est un étranger parmi les Tchèques, c’est parce qu’à leurs yeux il est allemand, bien plus que juif. Et peu leur importe qu’il parle bien mieux le tchèque que la plupart d’entre eux. Ils se le représentent comme un Allemand. Et, d’un certain point de vue, ils ont peut-être raison. Il continue de vivre dans un endroit qui n’existe plus, un empire où cohabitaient des langues, des nationalités de toutes sortes, mais dont les lois étaient écrites en allemand. On y parlait l’allemand dans les administrations, même les trains roulaient en allemand. A Prague, il travaillait comme graveur dans une maison qui imprimait des titres d’actions circulant à travers l’empire. En allemand, exclusivement.

Une secte de castrats est dirigée par le gourou Balashov, époux d’une photographe, Anna Petrovna. Débarque un jour un certain Samarin qui marche depuis des mois et semble tout ignorer de la situation du pays. L'homme prétend s'être évadé du bagne du Jardin blanc avec un compagnon, Mohican, aux pulsions cannibales qui l'a poursuivi dans la forêt. Il y eut en effet des actes de cannibalisme en Sibérie. En hiver, il n'y avait pas de gibier dans la taïga. Le seul moyen d'y survivre était d'emmener un compagnon, au cas où... Méfiant, Matula fait ériger un tribunal pour le juger. On le soupçonne en effet d'être l'auteur de l'assassinat d'un chaman, crime qui a plongé la ville dans la terreur. Samarin est finalement libéré grâce à Anna Petrovna, qui s'est entichée de lui. En fait, la réalité est tout autre…Il ne s’était pas évadé. Criminel récidiviste, il voya¬geait au contraire en direction du Jardin blanc. C’était le camp de base de l’expédition dirigée par un aristocrate, le prince Apraksin Aprakov, un géologue amateur persuadé que les premiers contreforts des monts Poutorana, près des sources de la Iénisseï, recelaient des gisements de métaux précieux et de nickel.

Les Rouges sont proches de Jazyk et Mutz réussit à négocier un sauf-conduit pour lui et ses hommes à la condition que le commandant Matula soit éliminé…Il sera décapité par le sabre de Balashov sur son cheval ! Les Rouges respecteront leur parole.

On peut lire ce roman comme un excellent suspense mais aussi une belle réflexion sur ces formes d'amour, de Dieu, des autres, de sa patrie, qui conduisent au sacrifice. Il consigne dans ces très belles pages, subtilement équilibrées, la vie en Sibérie, des deux côtés de la guerre. Celle que lui, venu de l’étranger, découvre et observe. Avec ses certitudes, mais surtout, ses incertitudes, ses doutes, ses questions. Notamment sur l’is¬sue dd la victoire des Rouges. L’auteur ne milite ni pour une cause, ni pour une autre, mais tente de comprendre. Il fait revivre des personnalités et des anonymes, les écoute, les fait parler d’eux et de l’avenir, relatant tout cela avec tact ou humour. D’une plume vive et attentive, il passe du quotidien aux grandes questions, et inversement. Son livre, un reportage littéraire usant de divers tons, touchant, passionnant, est remarquable de nuances par rapport à une situation pro¬che du chaos.

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James Meek
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