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 Emmanuel Carrère

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Pierre Bachy

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MessageSujet: Emmanuel Carrère   Mer 26 Sep 2007 - 9:15

Un roman russe

Dans ce roman autobiographique, Emmanuel Carrère effectue un déballage familial et intime sur la place publique. Il a dû avoir un impact douloureux sur l’entourage de l’auteur. Cet ouvrage est la transgression d’un interdit, celui de sa mère, Hélène Carrère d’Encausse, qui est secrétaire perpétuelle de l’Académie Française et qui lui avait demandé de ne pas toucher à son père avant sa mort. Sans doute pour se faire excuser, à la fin du roman, il s’adresse à elle qui a beaucoup souffert :
« Tu t’es interdit de souffrir mais tu as interdit aussi qu’on souffre autour de toi. Or ton père a souffert, comme un damné qu’il était, et le silence sur cette souffrance, plus encore que sur sa disparition, a fait de lui un fantôme qui hante nos vies à tous. Ton frère, Nicolas, souffre. Mon père, ton mari, souffre. Je souffre, moi, et mes soeurs aussi, bien que je ne m’accorde pas ici le droit de parler en leur nom. Tu ne nous a pas niés, non, tu nous a aimés, tu as fait tout ce que tu as pu pour nous protéger, mais tu nous as dénié le droit de souffrir et notre souffrance t’entoure au point qu’il fallait bien qu’un jour quelqu’un la prenne en charge et lui donne voix. »

Le 10 septembre 1944, son grand-père maternel, Georges Zourabichvili, qui n’avait pas choisi le bon camp, est arrêté à Bordeaux par des hommes armés de mitraillettes qui l’embarquent dans une traction avant. On ne reverra jamais ce Géorgien déclassé, devenu interprète des services économiques de l’occupant allemand.

Ces recherches du passé, celui du prisonnier Hongrois, celui de son grand-père, cette histoire familiale qu’il porte en lui mais qui n’est pas révélée sont portées par l’apprentissage ou le réapprentissage du russe, la langue « maternelle ». Ce rapport à la langue est peut-être l’aspect le plus émouvant du livre. Il ne sait pas lui-même s’il s’agit de la découverte d’une langue, ou d’un retour vers une langue connue. Comme si toute l’ambiguïté de son identité se cristallisait autour du russe, qu’il a essayé d’apprendre dans le passé, sans parvenir jamais au niveau qui l’aurait satisfait.

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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mer 26 Sep 2007 - 9:20

Cette présentation donne envie de lire le livre...Démarche courageuse. chinois
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Pierre Bachy

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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mer 26 Sep 2007 - 18:45

Effectivement, c'est une démarche courageuse de la part de l'auteur !

Attention cependant, le roman est parfois " lent " à lire...mais le résultat en vaut la peine
Cordialement
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mer 26 Sep 2007 - 21:19

je vais y aller de mon commentaire alors, puisque pierre a ouvert ce fil.
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mer 26 Sep 2007 - 21:36

Un roman russe d'Emmanuel Carrère.
Broché: 356 pages Editeur : POL (1 mars 2007) ISBN-10: 2846821828

Présentation de l'éditeur :
La folie et l'horreur ont obsédé ma vie. Les livres que j'ai écrits ne parlent de rien d'autre. Après L'Adversaire, je n'en pouvais plus. J'ai voulu y échapper. J'ai cru y échapper en aimant une femme et en menant une enquête. L'enquête portait sur mon grand-père maternel, qui après une vie tragique a disparu à l'automne 1944 et, très probablement, été exécuté pour faits de collaboration. C'est le secret de ma mère, le fantôme qui hante notre famille. Pour exorciser ce fantôme, j'ai suivi des chemins hasardeux. Ils m'ont entraîné jusqu'à une petite ville perdue de la province russe où je suis resté longtemps, aux aguets, à attendre qu'il arrive quelque chose. Et quelque chose est arrivé : un crime atroce. La folie et l'horreur me rattrapaient. Elles m'ont rattrapé, en même temps, dans ma vie amoureuse. J'ai écrit pour la femme que j'aimais une histoire érotique qui devait faire effraction dans le réel, et le réel a déjoué mes plans. Il nous a précipités dans un cauchemar qui ressemblait aux pires de mes livres et qui a dévasté nos vies et notre amour. C'est de cela qu'il est question ici : des scénarios que nous élaborons pour maîtriser le réel et de la façon terrible dont le réel s'y prend pour nous répondre.


Mon commentaire :
Carrère d'origine russe descend d'une famille aristocratique encore reconnue, avant la chute des privilèges.
Fernand Khnopff aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles me donne la clef de l'autobiographe clenché dans l'isolement. Hautain, dans sa démarche de journaliste ennuyeux, il sollicite une approche plus humaine dans le but d’obtenir un reportage chaleureux.
Le pauvre homme, placé devant la vérité des dures réalités rurales, se raccroche à l’unique fait divers insignifiant, sans intérêt.
Ce triptyque de Khnopff nous révèle à gauche, un guerrier, féminin, masculin, ambivalence sous-jacente corroborant à merveille la fonction violence dans la relation conflictuelle vécu avec la concubine de l’auteur, fier de sa « conquête ».
Au centre de l’œuvre, seul pastel coloré, la solitude, gardienne du Moi, tant nombrilisé par le romancier en question, arbore droit le glaive magistrale.
Troisième volet grisé : la volupté, ou l’histoire d’amour-passion vécue avec son égérie, vêtue de la légèreté des maîtresses trop jolies pour le rustre qu’il est.
Impassible et froid, Carrère longiligne, se vautre dans la débauche, sous couvert d’un amour perdu. Comment une femme intelligente peut-elle vivre avec un amant si dur et cruel ?
Jaloux, piètre menteur, l’entente des corps ne peut autoriser tant de méchanceté.
Il est gris, je le sais, son avenir me le dit.
Il est froid je le vois, son impassible discours est mépris.


L'avantage d'un tel endroit, ce forum, donne aux curieux, le goût de lire ceux qui nous séparent.
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mer 26 Sep 2007 - 21:41

la classe de neige de Emmanuel Carrère

Relié : 171 pages Editeur : P.O.L. (3 mai 1995) ISBN-10: 2867444772


Résumé de l'ouvrage par l'éditeur : (extrait)

La classe de neige commence mal pour Nicolas ; déjà, son père n'a pas voulu le laisser monter dans le car avec les autres et a tenu à le conduire en personne au chalet, histoire qu'il se fasse bien remarquer. En plus, Nicolas n'est pas du genre à s'intégrer facilement ; or, arrivés la veille, les autres ont déjà pris leurs marques : ...
Un roman fascinant, pour lequel l'auteur a obtenu le prix Femina en 1995. --Karla Manuele


Mon commentaire :

Avec un tel sujet, Carrère exorcise ses démons de l'avant puberté. Pour ceux et celles qui connurent ces classes de neige, en tant que participants ou encadrants, reconnaîtront aisément les personnages et situations fort bien décrites par l'auteur.
Contrairement à certains lecteurs, je ne dévoilerai rien de cette petite aventure, genre suite d'anecdotes vécues par un enfant de onze ans, pigmentées par une histoire invraisemblable.
Facile à lire, le style est moderne. J'ai bien aimé.

De mon côté pas de chance, le hasard m'a livré ce bouquin à la suite de rose bonbon. Je navigue autour des enfants martyrisés. (lourd à porter)
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Jeu 18 Oct 2007 - 11:03

Pierre Bachy a écrit:
Effectivement, c'est une démarche courageuse de la part de l'auteur !

Attention cependant, le roman est parfois " lent " à lire...mais le résultat en vaut la peine
Cordialement

Un peu lent parfois, mais peut être le sujet le veut - il. Mais oui, faut le lire.

François
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Jeu 18 Oct 2007 - 17:37

Bizarrement (est-ce que ce sont mes goûts qui sont bizarres...), mais je crois que c'est justement la lenteur du roman que j'ai aimé. L'écriture est pas efficace mais elle est le miroir du propos du roman et joue, je pense, dans la construction de l'atmosphère, ultra efficace. J'ai beaucoup aimé.
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