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 Dissociation

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Anneke

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MessageSujet: Dissociation   Sam 6 Oct 2007 - 19:37

(2005)

J'ai du mal à fonctionner, j'éprouve des angoisses insurmontables. J'ai peur, peur de ne pas plaire, peur qu'on ne m'aime pas, peur qu'on me quitte. Alors je deviens servile. Esclave volontaire de l'homme. Je préviens ses moindres désirs, je fais des kilomètres pour acheter une friandise qu'il aime, je lui apporte son café, il est maître de la télécommande, maître de ma vie, maître de tout.

Il plaisante. Il dit que je suis une fille qu'il faut absolument épouser. Que je suis facile à vivre, que j'ai le sens de l'humour, que je suis très gentille, très douce. Puisse-t-il dire ça encore et encore ! Je ne m'en lasserai jamais !! Tant qu'il me voit comme ça, il ne pensera pas à m'abandonner. Oh mon Dieu, j'ai peur...

Mais parfois, c'est insurmontable. La panique m'étouffe, la moindre parole sèche, le moindre bisou manqué provoque un tsunami dans ma tête. Je veux ton amour, je veux ton attention, occupe-toi de moi, dis-moi que tu m'aimes, j'ai tellement peur !!! Alors je veux le quitter, tout de suite !!! Je ne peux pas supporter qu'il me délaisse, alors je veux partir, si je suis loin de lui, je n'aurai plus peur qu'il me quitte. Mais non, c'est idiot, je ne veux pas partir ! Bien sûr que non ! Je l'aime, j'en suis folle. Et puis, je veux pas être seule, c'est trop dur. C'est rare de trouver un homme qui donne envie qu'on reste avec lui n'est-ce pas? Je dois rester avec l'homme. Je ne dois pas le quitter, d'ailleurs, il m'aime aussi, je le sais, il le dit souvent, et quand il voit que je suis pas bien, il en souffre.

Donc il ne faut pas montrer que je suis pas bien, que la panique m'étouffe, qu'elle m'empêche de faire quoi que ce soit. Il faut beaucoup se concentrer, essayer de se convaincre qu'on ne veut pas vraiment quitter l'homme, qu'il n'est ni monstrueux ni hypocrite, qu'il donne souvent des preuves d'amour. Je t'en prie, concentre-toi, ne lui montre pas que tu angoisses, que tu étouffes. Il n'aime pas ça, ça le dérange. Il ne faut pas déranger l'homme, il faut au contraire lui plaire. Il ne comprend pas à quel point tu as peur. Non seulement de le perdre, mais de tout ce qui t'entoure. Du facteur, de ta mère, de tes amis, qui se plaignent de ne plus te voir. Ton estomac se serre, ton cerveau passe en mode survie. Ton corps continue à fonctionner de son mieux, mais ton esprit est parti, loin ailleurs, dans une salle de torture où il éprouve intensément chaque sensation désagréable qu'un esprit peut ressentir. Ma respiration s'accélère. Je prends un air absent, distrait. Je dois contenir d'énormes doses de colère, de rancune, de haine. C'est un déferlement incessant, mon Dieu, j'en peux plus, ça fait trop mal, des sentiments pareils...

Je voudrais tellement trouver la paix.
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Romane
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MessageSujet: Re: Dissociation   Sam 6 Oct 2007 - 19:44

Reçu 6/5. L'abandon, je veux dire la terreur de l'abandon, de ne pas plaire, fait attendre des preuves constantes, épuisantes pour l'entourage. Alors se taire et ne rien rien, surtout ne rien laisser paraître.
Parfois, la souffrance devient si intense qu'il faut faire n'importe quoi pour lancer un signe qui paraisse ne pas en être un. Un faux signe vrai, comme si, désinvolte, jeté là comme ça, comme par hasard, oui, voilà, par hasard, dans un hurlement intérieur qui se cogne partout dans les limites de soi. Bien malin qui pourrait le déchiffrer, ce signe là, quand par hasard ils y répondent sans savoir. Justement. Sans savoir.

Est-ce que c'est effrayant, si ça se sait ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Anneke

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MessageSujet: Re: Dissociation   Sam 6 Oct 2007 - 20:49

Romane a écrit:
Bien malin qui pourrait le déchiffrer, ce signe là, quand par hasard ils y répondent sans savoir. Justement. Sans savoir.

Est-ce que c'est effrayant, si ça se sait ?

Oui. En tout cas, en ce qui me concerne.

Je ne suis pas parfaite, j'essaye juste de faire croire que je le suis, pour qu'on m'aime.

Est-ce que quelqu'un de parfait peut avoir peur de l'abandon, et de plein de trucs en général? Non n'est-ce pas?

Je te promets que je suis capable de tromper tout mon entourage, même en cas de crise. Ils se diront que je suis juste encore plus distraite que d'habitude... Je connais ma maladie, je connais mes symptômes par coeur. Je les vis juste "ailleurs". Mon corps est un robot bien rôdé. Je contrôle. Je sais ce qu'il faut faire pour souffrir moins.

...

Dans le même ordre d'idées, toujours en 2005 (ma plus grosse crise, elle a duré presque deux ans, sans répit et m'a conduit tout droit à l'hosto)

Trouble de personnalité limite, idées délirantes, épisodes psychotiques, anorexie et j'en passe. Ce ne sont que quelques mots entendus dans la bouche du psychiatre lorsqu'il parlait de moi. Le boulot d'un psychiatre est peut-être plus facile qu'on ne le pense !! Il suffit d'inscrire les symptômes de leurs patients dans des grilles statistiques, et de choisir, en fonction de ces mêmes grilles, les neuroleptique anti-dépresseurs appropriés. Le psychiatre a donc ainsi accompli son métier, persuadé que le patient va avaler les pilules prescrites, obéïssant comme doit l'être tout sous-humain diagnostiqué, comme les vieillards ou les enfants.

Mais tout le monde sait que si on prend ces médicaments, on ne sera plus nous mêmes. On change ! On souffre moins, mais on vit moins aussi. On aime moins, on déteste moins, on baise moins, on pense moins, parfois même on ne pense quasi plus du tout. Je te jure: on finit par ne plus penser !!! Quand je le dis au Docteur Maboul, ce dernier me répond: "Hé bien tant mieux, c'est bien mieux ainsi n'est-ce pas? Vous ne ruminez plus vos idées, de cette façon !!"

Faut-il vraiment qu'on se prive d'une partie de notre personnalité pour guérir? Qu'on prenne 10 kilos en deux semaines à cause du Risperdal, qu'on dorme 16 heures par jour, et qu'on se fiche que la terre soit ronde les 8 heures qu'on reste éveillés? Si on nous expliquait simplement comment vivre avec notre maladie, comment la rendre plus supportable? Comment moins souffrir? Au lieu de nous "guérir" en nous amputant... Et si ça me faisait plaisir à moi de discuter avec mon arrière grand-père décédé il y a 20 ans? Evidemment, quand les extra-terrestres débarquent pour me capturer, je rigole moins.

On est qui, nous, les dingues et les demi-dingues? On est notre maladie, notre pourriture? On est notre souffrance? Nos émotions? Ou on est quelqu'un d'autre, quelqu'un de normal, mais qui a des épisodes psychotiques comme on a de la bronchite chronique? Si c'est ce dernier cas, pourquoi les neuroleptiques endorment tout? Et le quelqu'un d'autre qu'on serait, c'est qui?

Moi je voudrais juste ne plus avoir peur, j'aimerais tellement ne plus avoir peur... c'est horrible d'être prisonnier de la peur, avoir peur, tout le temps, pour n'importe quoi, c'est épuisant, parce qu'en plus faut surtout pas le montrer..
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j-l pons

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MessageSujet: Re: Dissociation   Sam 6 Oct 2007 - 21:28

... ne pas le montrer, comme c'est dur. Oui, Anneke, on a peur, peur de soi, de ce qu'on est capable de devenir. On n'est ni dingue, ni demi-dingue, on est le résultat de nos actes (souvent incontrôlés).
La bonne Anne, le bon J-L sont toujours là, physiquement; et pourtant si loin psychiquement. Le moral ? Un jour on pense qu'il va, le lendemain, il y a amélioration ou déclin. Résultat d'une thérapie réajustée périodiquement.
OH, Anneke, combien je te comprends, combien tes questions sont également miennes coté masculin.
Ce désir parfois INCOMMENSURABLE de vouloir plaire à l'être aimé est si dense qu'on serait prêt à se renier pour lui (elle). Et lui (elle), ne voit que ce que nous montrons, nous n'avons donc pas le droit de lui repprocher de ne pas agir dans le sens de nos attentes.
Dualité interne: ai-je raison? suis-je incompris(e) ? Dois-je faire plus ? Moins ?
Et quand tout va mal: Je suis quand même moche; elle (il) ne veut plus de moi ! Chocolat, boulimie... se laisser aller, anorexie?

(suite) ... 2007

JL
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j-l pons

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MessageSujet: Re: Dissociation   Dim 7 Oct 2007 - 15:19

... réveil, ne pas oublier mon prozak. Journée calme ou anxiété dense?
Aïe, j'entends la mobilette du facteur: bonnes ou mauvaises nouvelles?
Battements de coeur intenses, j'ouvre le clapet, je regarde: quelques publicités et deux enveloppes. L'une pour mon épouse, l'autre pour moi...
Ouf, ce n'est qu'une facture ! Vite un Alprazolam car l'émotion fut trop forte.
Assis quelques temps pour récupérer de ce "périple", je lis quelques verset de la Bible afin de prendre de la force; prier et en demander (de la force).
Maintenant, il faut faire en sorte que la maison soit en ordre car il est naturel que celle (ou celui) qui travaille rentre dans un endroit acceuillant et propre.
Ne pas rester inactif car c'est laisser libre cours aux idées noires, mais l'activité fatigue. Oh bien sur, je n'ai plus 20 ans et j'en suis conscient, mais qui pourrait imaginer que passer la tondeuse (+ ou - 1 heure) deviendrait une fatigue intense pour le restant de la journée ?

... (Suite)
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Anneke

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MessageSujet: Re: Dissociation   Mar 9 Oct 2007 - 17:27

j-l pons a écrit:
Vite un Alprazolam car l'émotion fut trop forte.

... (Suite)

J'en ai aussi (c'est le générique du Xanax hein?)

Pourquoi tu ne passes pas un peu de temps en centre de jour hospitalier? Perso ça m'a fait du bien, même si la démarche a été super dure à faire (faut dire j'avais pas le choix: j'étais enceinte et donc en sevrage de tous ces médocs)
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j-l pons

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MessageSujet: Re: Dissociation   Lun 15 Oct 2007 - 14:20

Anneke a écrit:

Pourquoi tu ne passes pas un peu de temps en centre de jour hospitalier? Perso ça m'a fait du bien, même si la démarche a été super dure à faire (faut dire j'avais pas le choix: j'étais enceinte et donc en sevrage de tous ces médocs)

J'ai déjà eu droit à ce "stage" qui pour moi fut comme une incarcération. Comme pour toi, le contexte de l'époque ne me donnait pas le choix et quand j'ai repris mes esprits (aprés 3 semaines), je me suis promis de ne plus jamais y retourner... alors j'ai passé mes dernières semaines hospitalières à chercher la force et la détermination pour ne plus y retourner.
Je dois avouer que j'y pense parfois, mais je sais que c'est une forme de fuite par rapport à mes responsabilités du moment. Je fais donc appel à ma foi pour que ma raison prime.
Je sais que pour certains cela peut paraître "bizarre" et cautionner le fait que la religion est faite pour les "faibles", mais c'est un débat dans lequel je ne préfère pas me lancer.

JL
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sampang

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MessageSujet: Re: Dissociation   Dim 16 Déc 2007 - 3:11

on préfère souvent vivre dans la sécurité ( l insécurité...) de ce que l on connait que prendre des risques : celui de tout quitter, celui d aller vers l inconnu...
chinois
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