Le fait du jour
Ce jour-là, devant le monde étonné par la rapidité de l’évolution à laquelle il assiste, le Mur de Berlin, symbole de la guerre froide, s’ouvre…
Pourquoi ?
La ville de Berlin, capitale du IIIè Reich vaincu en 1945, était une ville où s’affrontaient depuis les lendemains de la seconde guerre mondiale les deux blocs antagonistes (bloc occidental contre bloc soviétique). Pour éviter que les Allemands de l’Est passent en nombre à l’Ouest en utilisant les points de passages berlinois (en particulier les lignes du métro), les Soviétiques décidèrent en août 1961 de construire un mur de séparation. Long de 160 kilomètres, le mur isolait complètement Berlin-Ouest de l’Allemagne de l’Est. Plus de 200 Allemands de l’Est devaient perdre la vie en essayant de franchir cet obstacle devenu frontière entre la liberté et le totalitarisme.
Après l’arrivée de Gorbatchev à la tête du parti communiste soviétique (1985), les évolutions se font à toute vitesse. Libéralisant son pays, et permettant aux "pays frères" d’en faire autant, Gorbatchev ouvre la voie à un chamboulement rapide du monde de la guerre froide. En mai 1989, les Hongrois décident de permettre le libre passage leur frontière avec l’Autriche. Dès lors, de nombreux Allemands utilisent cette issue pour, via la Hongrie et l’Autriche, passer à l’Ouest. Dans ce contexte, de grandes manifestations commencent à rassembler les Allemands de l’Est tous les soirs ; le pouvoir communiste est-allemand cherche à s’adapter en remplaçant le vieux Erich Honecker. Après que le pouvoir ait autorisé les Allemands de l’Est à voyager librement à l’étranger, la foule se masse aux points de passage avec Berlin-Ouest ; les douaniers dépassés laissent faire… Le « mur de la honte » a vécu.
Qu’est-ce que cela change ?
Un peu comme la prise de la Bastille, la chute du Mur de Berlin a une valeur symbolique forte, celle de la fin d’un monde. Si la guerre froide n’est pas véritablement terminée, on comprend alors que, sauf coup de théâtre, l’évolution en cours est irréversible. Effectivement, un an plus tard (3 octobre 1990) l’Allemagne est réunifiée… Encore une année et, en décembre 1991, l’URSS aura disparu.