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 THEATRE : Or, deuil et pré-jugées

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MBS

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MessageSujet: THEATRE : Or, deuil et pré-jugées   Ven 9 Nov 2007 - 23:46

Acte I – Scène 1
(Ma – Lydia – Elizabeth – Jane – Mary)


Ma
- Mary, tu regardes que personne ne vienne…

Mary
- Ok, Ma !

Ma
- Bien... (elle déplie une carte sur la table) Alors, Jane, tu entreras avec Lydia par la porte principale… Lizzy, tu garderas les chevaux… Mary, tu feras le guet à l’entrée de la rue…

Mary
- Encore ?! Mais je ne fais que ça, moi… Faire le guet !…

Elizabeth
- Tu es la plus petite, c’est normal…

Mary
- Mais si quelqu’un vient, je pourrais jouer du piano pour vous avertir…

Jane
- Du piano ?… Tu ne peux pas l’oublier un peu ton piano ?

Mary
- Ben, moi au moins, je ne passe pas mon temps à attendre le prince charmant en dévalisant des banques…

Lydia
- Bon, faudrait savoir ce que tu veux au juste ! Tu veux attaquer la banque ou faire le guet ?

Mary
- Je veux attaquer la banque ! Je veux attaquer la banque !

Ma
- Tu n’attaqueras pas la banque ! Tu feras le guet !… Là !… Faire le guet, tu fais ça très bien !… Un jour, ton pauvre père a voulu te faire plaisir et tu sais ce qui est arrivé ?…

Mary
(baissant la tête)
- Oui… Il s’est fait prendre parce qu’il n’y avait plus personne pour surveiller le bureau du shérif et prévenir qu’il arrivait… Mais, la prochaine diligence, je pourrais ?…

Elizabeth
- On verra…

Mary
- C’est que moi aussi je veux être une des sœurs Bennett, une légende de l’Ouest…

Jane
- Mais combien de fois il faut te le dire ! Tu es une sœur Bennett !…

Mary
- Oui mais moi je n’ai pas mon portrait sur des affiches avec en dessous marqué « Forte récompense » !

Lydia
- Et elle s’en plaint en plus ?! Tu crois que c’est rigolo d’être obligées de vivre ici… A Longbourn Gulch, le village le plus paumé de tout le Far West. Ici, y a pas un magasin de jolies robes…

Jane
- Y a même pas un vétérinaire ! Quand un cheval est blessé, il faut l’abattre soi-même et après on en mange pendant deux semaines…

Elizabeth
- Y a même pas un médecin ! Quand on se prend une balle dans le bras, faut se faire charcuter par Ma…

Jane
- Et elle t’assomme même pas au whisky avant !

Ma
- Vous n’avez pas droit au whisky, vous le savez ! C’est uniquement pour les clients… Des fois que ça vous tuerait !…

Lydia
- Le dernier que j’ai goûté, il avait un petit goût de pomme… Il était pas mauvais…

Ma
- Oui, y en avait dedans… C’était une nouvelle recette… Mais comment tu sais ça, toi ?!… File dans ta chambre, tu es punie… C’est Kitty qui ira braquer la banque de Pin Ville !

Lydia
- C’est pas juste ! Tu la préfères, hein ?! Mais qu’est-ce qu’elle a de plus que moi ?

Ma
- Comment tu veux que je la préfère ! Même vingt ans après votre naissance, je ne sais toujours pas qui est qui… Vous vous ressemblez comme deux jumelles…

Jane
- Ben c’est justement parce que ce sont des jumelles…

Les filles (ensemble)
- Le foulard vert c’est Lydia ! Le foulard violet, c’est Kitty !

Ma
- File, je t’ai dit !… Et toi tu surveilles la rue !…

Mary
- Mais y a rien dans la rue !… A part deux buissons qui sont partis avec le vent… Et puis de toute façon, il fait encore nuit et on ne voit rien !…

Ma
- Justement, la nuit tous les coyotes sont gris… Alors… La paye des cavaliers du 18è de cavalerie arrive dans deux jours, mardi…

Jane
- Ah non… Mardi, c’est demain…

Ma
- Déjà ?! Comme le temps passe vite… Alors, il faut se dépêcher de tout mettre au point… Donc Jane et Lydia…

Jane
- Non, Kitty…

Elizabeth
- Lydia tu l’as envoyée dans sa chambre…

Ma
- Ca c’était hier !…

Jane
- Non, c’était il y a cinq minutes…

Ma
- Ah ! A peine ?! Je ne sais pas ce qu’il y a… Mais le temps passe pas vite, je trouve…

Elizabeth (à Jane)
- Elle ne s’est pas remise de la mort de papa, hein…

Jane (à Elizabeth)
- Ca empire, tu veux dire !… Mais il nous l’avait bien dit le docteur No qu’elle aurait des séquelles post-traumatiques…

Elizabeth (à Jane)
- Je ne sais pas si tu as lu l’intéressant article du professeur Kalaraminovitchevskilopez dans le Los Angeles Buggle sur ça… C’était passionnant !

Jane (à Elizabeth)
- Tu es abonnée au Los Angeles Buggle ? Depuis quand ?

Elizabeth (à Jane)
- Je suis pas abonnée… Je l’ai piqué à un voyageur quand on attaqué le Wichita Express il y a 15 jours…

Mary
- Hé ! Ho ! Hé ! Y a quelqu’un qui vient !…

(dans un grand vent de panique, elles mettent une nappe par-dessus la carte, deux couverts et deux menus).


Acte I – Scène 2
(Ma – Kitty – Mary – Elizabeth – Jane)


Kitty
- Du calme ! Du calme ! Ce n’est que moi !

Ma
- Qui ça ? Moi ?

Kitty
- Kitty ! Celle qui a un foulard violet !…

Ma
- D’où tu viens à cette heure-ci ?

Kitty
- Je reviens d’aller vérifier que la paye du 18è de cavalerie est bien arrivée à la banque de Pin Ville…

Elizabeth
- Et ?…

Kitty
- Elle est arrivée… Pas de problème… Ils l’ont mise dans le coffre de la banque…

Jane
- Comment tu le sais ?

Kitty
- Je m’étais déguisée en cliente…

Elizabeth
- Alors, tu peux pas venir demain pour attaquer la banque… Ils vont te reconnaître…

Kitty
- Mais non ! Puisque je te dis que j’étais déguisée !…

Ma
- Ok… Alors, on reprend…

(elles commencent à dégager la table pour regarder à nouveau le plan)


Kitty
- Ah… Au fait ! En revenant, j’ai dépassé deux étrangers…

Ma
- Des étrangers ?… Des cow-boys avec un troupeau ?…

Kitty
- Non… Deux types tout seuls !…

Mary
- S’ils étaient deux, ils n’étaient pas tout seuls !

Ma
- Ils avaient l’air riche ?… Parce que si c’est le cas, on a encore le temps d’aller les attaquer avant qu’ils arrivent ici… On les truffe de plomb et on les enterre le long de la piste… Ni vu, ni connu !

Kitty
- Oh non, je les ai trouvés juste avant d’entrer en ville… Et puis ils n‘ont pas l’air si riche que ça… Y en a juste un qui avait une sorte de truc qui brillait sur la poitrine…

Ma
- Comme une pépite d’or ?…

Kitty
- Non… Ca avait un peu la forme d’une étoile !

Elizabeth
- Une étoile ! Une étoile ! Un marshal fédéral ! Ils nous envoient un marshal fédéral !

Jane
- Et toi tu ne dis rien !…

(Elles camouflent à nouveau la carte)


Kitty
- Ben… Si je viens de le dire… C’est vous qui ne comprenez rien…

Mary
- Et à ton avis, qu’est-ce qu’il vient faire ici le type avec une étoile ?

Kitty
- Ouvrir un restaurant ?… Mais bon avec une étoile, il va pas avoir beaucoup de clients !

Jane
- C’est nous qu’il cherche !… C’est forcé !… Il fallait bien qu’un jour on nous cherche ailleurs que dans le Tennessee…

Mary
- C’est sûr, oui !

Elizabeth
- Retourne guetter, toi !

Mary
- Oh ! Oh ! Oh ! Ils arrivent !…


Dernière édition par le Ven 9 Nov 2007 - 23:52, édité 2 fois
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MBS

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MessageSujet: Re: THEATRE : Or, deuil et pré-jugées   Ven 9 Nov 2007 - 23:48

Acte I – Scène 3
(Ma – Elizabeth – Mary – Jane – Kitty – Darcy – Bingley)


Bingley
- Bonjour mesdames… Le saloon est ouvert ?…

Ma
- Non, il est tout noir… Vous ne voyez pas qu’on vient de le repeindre ?

Bingley
- Oh, effectivement… Pardon ?… Un deuil familial ?

Ma
- Oui… Mon mari… Pendu !

Bingley (soupçonneux)
- Pendu ?

Elizabeth (pendant que Kitty et Mary éloignent Ma)
- Un accident du travail !… Euh, il était charpentier… Le pied qui glisse malencontreusement , le cou qui se prend dans une corde… et pffffttt plus de papa…

Bingley
- Oh, je suis désolé… Je ne savais pas…

Kitty
- Nous non plus.. On croyait qu’il avait été arrêté en attaq…

Jane
- On ne vous a pas tout dit pour ne pas vous traumatiser… Mais, voyez-vous, monsieur le marshal, depuis notre pauvre maman n’a plus toute sa tête…

Bingley
- Il lui en reste quand même un peu pour faire tourner ce saloon ?… Alors, ce sera deux whisky ! (ils s’installent à une table).

Ma (qui réunit ses filles autour d’elle)
- C’est bien un marshal fédéral… Votre pauvre père disait toujours : « Marshal fédéral, ennuis en rafale »… Alors, les filles, vous allez me les surveiller de près…

Kitty
- Qu’est-ce que tu veux dire, Ma ? Faut qu’on les plombe ?

Ma
- Non ! Surtout pas ! Si on les plombe, y en aura toujours d’autres dans leur genre pour venir renifler sur leurs traces… C’est des chacals, c’est des hyènes… Et votre pauvre père disait toujours : « Là où y a des hyènes, y a pas de plaisir »…

Elizabeth
- Alors qu’est-ce qu’on fait ?

Ma
- Faut frapper là (elle montre le cœur) !

Bingley
- Ca vient ce whisky ?!

Ma
- Oui, on finit de le distiller !…

Kitty
- On frappe là ? Au couteau ou à la fourchette à escargot ?

Ma
- Non, non… Faut les avoir au sentiment… Allons, mes filles, je ne vais pas vous apprendre ces choses-là quand même… Vous avez bien vu les regards des cow-boys quand vous êtes sur la scène… Ben, il faut qu’ils soient dans le même état… Tout blanc puis tout rouge… En sueur puis en suaire…

Jane
- Oh attends ! On ne va pas faire deux spectacles par jour… C’est pas ce qui est prévu par la convention collective ! On veut bien sourire et montrer nos gambettes… mais à la fin c’est fatigant… Moi je commence à avoir de la fatigue dans les articulations… J’ai la rotule qui siffle…

Bingley
- Ca vient ce whisky ?!

Ma
- Oui, on finit de laver les verres !… (aux filles) Lizzy, Jane, je vous fais confiance…

Bingley
- On voit bien qu’il n’y a pas d’autres saloons dans ce patelin… S’ils avaient un peu de concurrence, ils traiteraient mieux le client.

Darcy
- Ouaip !

Bingley
- C’est un des problèmes dans l’Ouest profond et sauvage ça… La civilisation et l’esprit libéral ne sont pas encore arrivés jusqu’ici…

Darcy
- Ouaip !

Bingley
- D’ailleurs si ça continue…

Darcy
- Ouaip !

Jane (à Bingley)
- Le whisky de monsieur…

Elizabeth (à Darcy)
- Le whisky de monsieur…

Jane
- Dites, c’est bien une étoile que vous avez là ?

Bingley
- Oui… Je suis le marshal fédéral Charles Bingley… Et mon compagnon est le juge fédéral William Darcy…

Elizabeth
- Ouh là ! Des fédéraux ? Ca rigole pas ! Et qu’est-ce que vous venez faire par chez nous ?

Bingley
- On vient rétablir l’ordre… Il paraît que tout ce secteur est sans foi, ni loi…

Jane
- Pour la foi, il faut bien reconnaître que nous n’avons pas de prêtre et que l’église reste bien vide à l’heure de la prière… Mais pour la loi…

Elizabeth
- On a tout ce qui faut… Revolver, carabines à répétition, dynamite…

Bingley
- Justement ! Ce n’est pas ça la loi !

Elizabeth / Jane (d’un air enjôleur)
- Ah !… Expliquez-nous ça s’il vous plait…

Darcy
- C’est quoi ce whisky ?

Jane
- Un whisky écossais… 6 mois d’âge… Vieilli en fût de chêne avec certificat de garantie et reprise de votre ancien verre de whisky ordinaire auprès de votre détaillant habituel…

Darcy
- C’est imbuvable !

Jane
- On peut aussi s’en servir pour enlever la peinture…

Darcy
- Y a un hôtel dans ce trou ?

Elizabeth
- Non il a été fermé parce qu’il y avait des trous dans cet hôtel… Mais nous avons des chambres…

Bingley
- Alors, on va prendre deux chambres… Vous avez vue sur la mer ?

Jane
- Oui… Si vous avez beaucoup d’imagination…

Bingley
- Combien c’est la chambre ?

Elizabeth
- Ca dépend ! Le premier prix c’est 5 $. Pour ce prix là, vous avez juste le lit… et on vous offre gratuitement la clé pour fermer la porte… Parce que même ici, c’est pas sûr !… Il paraît qu’il y a des gens louches qui traînent…

Jane
- Après, vous avez notre « kit du voyageur » pour 15 $.

Bingley
- C’est pas donné !

Jane
- Il faut bien vivre, marshal… Mais là, vous avez la bassine d’eau, le gant de toilette et le service « repos du guerrier »…

Bingley
- Et c’est quoi ce service ?

Jane (qui lui murmure à l’oreille)
- Pssspssspsssppssss…

Bingley (enthousiaste)
- Je prends !… Vous en mettrez un aussi pour mon ami le juge Darcy… Ce n’est pas tous les jours qu’on a affaire à des personnes aussi serviables…

Darcy
- Sûrement pas !… Si j’ai envie d’une fille, je ne prends pas n’importe quoi… C’est comme pour mon whisky !… Elles vont sûrement nous dire qu’il n’y a rien de mieux dans ce trou… Moi, j’attends pour juger…

Elizabeth
- C’est normal… Juge… Juger… Non, j’ai rien dit…

Darcy
- D’ailleurs, Bingley, je vous rappelle que nous devons être à l’arrivée de la diligence demain pour accueillir miss Bingley…

Jane
- Vous êtes marié ?

Bingley
- Non… Miss Bingley est ma sœur…

Jane
- Ah bon ! Je préfère ça !… Si vous aviez eu une femme, j’aurais été obligée de vous facturer un supplément prise de risques…

Darcy
- A quelle heure arrive la diligence de 14h50 ?

Elizabeth
- Si elle est attaquée normalement, pas avant 18h15 !

Bingley
- Ca laisse donc du temps pour le « kit du voyageur »… (Bingley et Jane sortent)

Elizabeth
- Et pour vous alors, monsieur le juge, c’est quoi une femme ?

Darcy
- Un synonyme d’emmerdement…

Elizabeth
- Eh bien, vous êtes fort agréable…

Darcy
- On ne me paye pas pour être agréable !

Elizabeth
- Et pourquoi est-ce qu’on vous paye ?

Darcy
- Pour mettre en prison les hors la loi…

Elizabeth
- Et à quoi vous reconnaissez un hors la loi ?… Tenez moi, est-ce que je pourrais être un hors la loi ?

Darcy
- D’abord j’ai pas envie de vous tenir… Et ensuite, je vous réponds non… Il vous manque quelque chose d’important…

Elizabeth
- Et quoi ?

Darcy
- Des… revolvers…

Elizabeth
- Oh mais j’en ai… C’est qu’ici le soir les rues ne sont pas sûres… Il vaut mieux avoir de quoi se défendre quand on est une jeune femme…

Darcy
- Un hors la loi, il a un chapeau et un foulard sur la figure pour qu’on ne le reconnaisse pas…

Elizabeth (après être allée se coiffer d’un chapeau et nouer un foulard)
- Et comme ça ?!

Darcy
- Comme ça ? Je n’entends plus ce que vous dîtes !…

Elizabeth (qui enlève son foulard)
- Ce que vous êtes agaçant !

Darcy
- Ben voilà, vous avez compris ce que c’est qu’une femme… Et maintenant que vous avez compris, je pense que vous comprenez pourquoi je n’ai aucune envie d’en avoir une… (dédaignant Elizabeth, il se lève et va vers le comptoir) Vous avez des Petits Lu ?

Ma
- Non. Pourquoi ?…

Darcy
- Comme ça… Je voulais vérifier à quel point le progrès n’était pas encore arrivé jusqu’ici… C’est où les chambres ?

Ma
- Mary va vous montrer… (ils sortent)


Dernière édition par le Ven 9 Nov 2007 - 23:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: THEATRE : Or, deuil et pré-jugées   Ven 9 Nov 2007 - 23:48

Acte I – Scène 4
(Ma – Elizabeth – Kitty)


Ma
- Mes filles, je ne vous félicite pas… Il n’y a que Jane qui soit à la hauteur…

Elizabeth
- Maman, on n’y peut rien !… Tu as vu ce juge… Il est antipathique… C’est à peine s’il m’a regardé…

Kitty
- Ah ça ! J’en ai pas vu beaucoup des hommes qui ne craquaient pas quand Lizzy fait son regard de braise…

Elizabeth
- Merci Kitty…

Kitty
- Ah si… Il y a le vieux Smith, le chercheur d’or… Lui, tu ne lui fais rien !… Mais alors rien du tout…

Elizabeth
- Oui mais lui ça ne compte pas… Il est aveugle !…

Ma
- N’empêche ! Qu’est-ce qu’on va devenir avec ce marshal et ce juge ?! Finie la tranquillité !… Ici, on nous prend pour une famille honnête… ce qui nous permet de dévaliser tranquillement tout ce qui se présente aux alentours… Ni vues, ni reconnues ! Mais eux, ils vont avoir vite fait de renifler qu’il y a du louche derrière tout ça !… Non vraiment, mes filles, je ne vous félicite pas…

Kitty
- Faut qu’on les plombe !

Ma
- Kitty, tu me fatigues ! Va donc libérer Lydia qui est punie dans sa chambre… Et prends sa place…

Kitty
- C’est pas juste ! Dès qu’il faut plomber quelqu’un, vous vous le réservez… (elle sort)


Acte I – Scène 5
(Ma – Elizabeth – Miss Bingley)


Miss Bingley (qui entre)
- Pardon, mesdames… Pourriez-vous m’indiquer le bureau du shérif ?

Elizabeth
- Il n’y a pas de shérif… mais si vous tenez à voir son bureau, je peux vous y conduire… Vous aimez les rats et les araignées ?…

Miss Bingley
- Grand dieu non ! Qui pourrait aimer des créatures comme celles-là ?!

Ma
- Moi j’aime bien !… Si vous le laissez suffisamment mijoter dans son jus, le rat c’est délicieux…

Miss Bingley (qui manque défaillir mais se retient finalement)
- Je suis miss Bingley… Mon frère devrait être arrivé dans votre ville… Il est marshal…

Elizabeth
- Votre frère est bien arrivé… Mais il vous attendait à la diligence de 14h50…

Miss Bingley
- Nous avons eu de la chance… Nous avons été escorté par le 18è de cavalerie qui va se faire verser sa solde à la banque de Pin Ville… Aucune attaque à déplorer sur le chemin… Nous sommes arrivés en avance !

Ma
- Quelle chance !… C’est le genre de truc qui n’arrive jamais, ça… D’habitude, elle a toujours du retard cette diligence… Quand elle arrive !… Une fois,…

Miss Bingley
- Auriez-vous l’obligeance de m’indiquer où je peux trouver mon frère ?

Elizabeth
- Votre frère se… Comment dire ? Se… se repose pour l’instant… Désirez-vous une chambre pour en faire de même…

Miss Bingley
- Inutile ! J’ai dormi dans la diligence ! Je vais l’attendre ici ! Servez-moi donc un thé…

Ma
- Un thé ?! C’est quoi ?

Miss Bingley
- Bonté divine ! Mais je suis où ici ?!

Ma
- Ici, vous êtes à Longbourn Gulch, dans le saloon Bennett… Et sœur du marshal ou pas, je vous conseille de vous calmer !… Elizabeth, tu t’occupes de madame… Moi je vais à la cave voir si j’ai de ce thé…


Acte I – Scène 6
(Jane – Elizabeth – Miss Bingley)


Jane (qui entre)
- Oh Elizabeth, il a été merveilleux !

Elizabeth (qui lui fait signe de se taire)
- Chut !

Jane (à voix basse)
- Qui est-ce ?

Elizabeth
- La sœur du merveilleux !…

Jane
- Oh !… Elle a l’air pas commode…

Elizabeth
- Comme tu dis !… Mais raconte…

Jane
- Il est gentil… Vraiment gentil… C’est un homme galant… Il est prévenant… Il est doux… Et puis il a beaucoup de goût… Il a le dernier modèle de revolver de chez Colt…

Elizabeth
- Le Mk 1869b avec la crosse en ivoire et le barillet inoxydable…

Jane
- Oui…

Elizabeth
- Woaw ! Ca en jette !…

Jane
- Et le juge, qu’est-ce que tu en as fait ?

Elizabeth
- Oh lui ?! Je crois qu’il a son compte…

Jane
- Vous l’avez plombé ?

Elizabeth
- Non, non… Il doit dormir… Mais si ça ne tenait qu’à moi, il ferait déjà la sieste au cimetière…


Acte I – Scène 7
(Miss Bingley – Elizabeth – Jane – Lydia – Bingley)


Jane
- Oh, le voilà !… (Bingley passe près de Jane… Il lui fait un petit geste complice)

Bingley
- Caroline chérie, vous êtes déjà là !

Miss Bingley
- J’ai failli attendre, Charles !… Il n’y a pas de lieux plus respectables dans cette ville ?…

Bingley
- Euh… Je crois que non… (en regardant Jane et d’un air faux-cul) Et je le déplore… (nouveau petit signe vers Jane… qui lui répond de même)

Miss Bingley
- Nous avons profité de la présence sur la route du 18è de cavalerie…

Lydia (qui entre en coup de vent)
- Jane, Lizzy, vous savez quoi ?…

Jane / Elizabeth
- Non !

Lydia
- Il y a des cavaliers qui campent à l’entrée de la ville… Je les ai vus arriver par ma fenêtre…

Jane
- Et alors ?…

Lydia
- Ben, voilà quoi, Jane, des cavaliers… Des types avec qui tu pourrais…

Jane
- Et bien ça ne m’intéresse plus…

Elizabeth
- Laisse tomber, Lydia ! Elle a la tête dans les étoiles !… Tu disais des cavaliers ?… Faut aller voir ça !… C’est intéressant !… Tant qu’ils sont là, ils ne sont pas à la banque de Pin Ville !…


Acte I – Scène 8
(Jane – Bingley – Miss Bingley – Ma)


Bingley
- Caroline chérie, puis-je vous présenter miss Jane Bennett ? Jane, approchez… Je vais vous présenter ma sœur…

Miss Bingley
- Grand Dieu, mais vous sentez comme une cocotte…

Jane
- Oui, miss, je me parfume… Mais c’est du parfum qui vient de Paris !

Miss Bingley
- Du parfum de Paris ? Et comment trouve-t-on du parfum de Paris dans une ville perdue comme la vôtre ?…

Jane
- Il suffit de demander gentiment… et il se trouve toujours des gens assez peureux… euh, des gens assez attentionnés pour vous offrir un peu de parfum… Celui-là c’est un mélange d’essence de violette et de marguerite des champs…

Bingley
- C’est un parfum tout à fait captivant… Enivrant… Entêtant… On n’a qu’une envie… Y revenir… Jane, s’il vous plait, deux limonades… et amenez-en une troisième pour vous…

Miss Bingley (qui se penche à l’oreille de son frère)
- Charles… Charles… Ce visage ne vous dit-il rien ?

Bingley
- Oh, il m’a dit beaucoup de choses charmantes…

Miss Bingley
- Cette tête ne me revient pas…

Bingley
- Et moi je ne demande qu’à revenir avec elle…

Miss Bingley
- Enfin, attendez, je suis sûre l’avoir déjà vue quelque part (elle se lève, farfouille dans son sac). Tenez, regardez ! (elle brandit une affiche de recherche) Jane Bennett… Recherchée pour attaques de banque, attaques de diligence, attaques cardiaques.

Bingley
- C’est ma foi troublant comme c’est ressemblant… Je la reconnais toute entière cette chère Jane… Les cheveux, les yeux, la bouche, le menton…

Miss Bingley
- Attendez… Vous l’appelez Jane… Sa mère m’a dit que nous étions dans le saloon Bennett… Jane plus Bennett plus cette affiche… Vous avouerez que c’est une chance pour vous… On ne savait plus quoi faire de vous dans les services fédéraux tellement vous étiez nul… Incapable d’arrêter qui que ce soit… On vous laisse une dernière chance de faire vos preuves… Et là, vous tombez sur cette Jane Bennett !

Bingley
- Mais que faut-il que je fasse ?

Miss Bingley
- Que faut-il que je fasse ?… Mais à votre avis ? Pourquoi on vous a donné cette étoile et ce revolver ? Pour Mardi Gras… Mais arrêtez-la sur l’heure ! Conduisez-la à la prison ! Allons, vous savez bien que nos concitoyens ont peur et réclame plus de sécurité… Il faut les rassurer… En prison la traînée !…

Bingley
- Et combien de temps devrais-je la garder en prison ?

Miss Bingley
- Aussi longtemps que vous le voudrez…

Bingley

- Aussi longtemps que je voudrais… Oh la bonne nouvelle !…

Ma
- Bonne nouvelle ! J’ai réussi à fabriquer du thé !… C’est pas bien compliqué par rapport au whisky… Mais je ne vous donnerai pas la recette… Ca doit rester secret comme procédé de fabrication…

Bingley
- Madame… Je suis désolé de devoir vous annoncer une mauvaise nouvelle… Je viens de reconnaître votre fille…

Ma
- Moi aussi, je l’ai reconnue… A la naissance… Je suis pas gâteuse quoi que certains voudraient faire croire…

Bingley
- J’ai reconnue votre fille Jane, ici présente, comme étant une reprise de justice… ça se dit ça ?… enfin bref comme une bandite… ça se dit ça ?… Pffff c’est pas simple de trouver le bon mot… Bon, on va dire que c’est une assassine… et une voleuse… Ah voleuse, ça c’est bon… Bref, bref, bref ! Je l’arrête !…

Jane
- Vous m’arrêtez ?

Bingley
- Oui… Pas de résistance ! Posez vos mains sur le comptoir, je vais vous mettre les menottes et vous lire vos droits…

Ma
- Mais vous n’avez pas le droit…

Bingley (qui dégaine)
- Si j’ai le droit… et le gauche aussi d’ailleurs… Alors, vous reposez gentiment votre Winchester sous le comptoir… Miss Jane Bennett, vous êtes en état d’arrestation. Je dois vous prévenir que tout ce que vous pourrez dire pourra être retenu contre vous…

Jane
- Oh oui, retenez-moi contre vous !…

Bingley
- Vous avez le droit d’envoyer un télégramme à un avocat… Si vous n’avez pas les moyens ou si la ligne a été détruite par une bande d’apaches acariâtres, le gouvernement fédéral vous en commettra un d’office… Et maintenant, c’est où la prison ?

Jane
- Je vous conduis si vous voulez…
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MessageSujet: THEATRE - Or, deuil et pré-jugées - Acte 2   Sam 10 Nov 2007 - 14:06

Acte II – Scène 1
(Collins – Ma – Lydia)



Ma
- Tu crois qu’ils vont la pendre ?
Lydia
- C’est possible… mais on les laissera pas faire, hein ?… On ira les plomber avant, hein !
Ma
- Bien sûr !… Je t’avais bien dit qu’il fallait les descendre tout de suite ces étrangers !
Lydia
- En attendant, on n’a pas pu attaquer la banque de Pin Ville… Adieu l’argent !
Ma
- Ca c’est secondaire… De toute façon, les soldats du 18è de cavalerie viendront le dépenser ici… Alors… Et puis, tant que ces oiseaux fédéraux sont ici, il vaut mieux rester tranquilles…
Collins (qui entre)
- Mon Dieu !… On m’avait dit que ça existait mais je n’y croyais pas…
Ma
- Qu’est-ce que tu veux, toi ? On est fermé !… Parce que les portes du pénitencier bientôt vont se refermer…
Collins
- Fermé ! Oh la grande nouvelle ! Louée soit la puissance du Seigneur !… Je me présente… Je suis le révérend Collins…
Ma
- Un pasteur ! Manquait plus que ça ! Lydia, va faire les valises ! On déménage !… Ce n’est plus un endroit assez bien pour nous ici…
Collins
- Vous faites bien de préparer vos valises et de partir avant que je ne vous chasse !
Ma
- Personne ne me chasse ! Je pars quand je veux…
Collins
- Je pense que ce papier est plus fort que votre volonté !…
Ma
- Et que dit-il ce papier ?
Collins
- Que vous occupez indûment ce lieu !… Par décision de la Cour suprême de l’Etat, procès Collins vs Smith… Vous avez acheté ce saloon à un certain Vernon Smith…
Ma
- Acheté ?… (elle se marre) Oui… En quelque sorte… Il nous l’a laissé pour une bouchée de pain… Et il a détalé, détalé, détalé…
Collins
- Et bien, il n’était pas le propriétaire légitime des lieux… Le propriétaire légitime de ce saloon était mon père qui en avait hérité d’un arrière grand-oncle acariâtre mais généreux… Mon père est mort pendant que je faisais mes études dans l’Est et je n’ai pu que récemment faire valoir mes droits. En conséquence, je suis le propriétaire légitime de ce saloon… et je vous prie de préparer votre bagage…
Ma
- Jamais !… Non mais oh, ça va pas la tête !… Je suis ici chez moi et si tu veux m’en virer, faudra d’abord que tu goûtes à mon clafouti au plomb !
Lydia
- Chouette ! On va pouvoir plomber quelqu’un !…


Acte II – Scène 2
(Elizabeth – Collins – Ma – Lydia)



Ma
- Lizzy ? Alors, quelles nouvelles ce matin ?
Elizabeth
- Je n’ai pas pu la voir… Elle dormait… Mais le marshal m’a rassuré… Il ne fera rien contre elle pendant la journée…
Ma
- Ouf !
Elizabeth
- Mais il n’a rien promis pour la nuit… Par contre, sa sœur est une espèce de pieuvre… Elle ne veut pas lâcher Jane !…
Ma
- Lizzy… Tu vois ce type ?
Elizabeth
- Un pasteur ? Il font exprès de les prendre laids comme ça ?!
Ma
- Oui, c’est un laid pasteurisé… Eh bien, il prétend qu’il est le propriétaire légal du saloon…
Elizabeth
- Belle mentalité ! Venir voler le pain quotidien des honnêtes gens…
Ma
- Il est venu hier pour…
Lydia
- Non, il vient d’arriver à l’instant…
Ma
- Peu importe !… Hier, aujourd’hui, demain, c’est toujours dans le calendrier…
Collins
- Mademoiselle est votre fille aînée ?…
Ma
- Hélas non !… Ma fille aînée, Jane, est actuellement en prison…
Collins
- En prison ?… Quelle horreur !
Ma
- Mais elle est innocente, monsieur ! Innocente ! C’est une erreur judicieuse !…
Collins
- Si elle est innocente, j’irai voir le shérif et le juge… Et ils devront la libérer !…
Ma
- Oh merci, monsieur…
Collins
- Et je l’épouserai ensuite !…
Ma
- L’épouser ?! Quelle idée ?!
Collins
- Suivez-moi bien !… Je pourrais vous faire chasser sur l’heure de ce saloon, mais je crains que cette décision ne soit pas très populaire auprès des habitants de cette ville…
Lydia
- Ca c’est sûr… Si on ferme le saloon, il ne restera pour s’amuser que la mercerie de miss Bridget Jones… Et comme elle a tout son fonds de commerce sur le visage…
Collins
- Je vous propose donc que vous me donniez votre fille aînée en mariage et j’oublie mes droits sur ce saloon…
Ma
- C’est du chantage !
Collins
- Non c’est une affaire !… Vous avez cinq filles m’a-t-on dit ?
Ma
- Oui… J’ai fait mieux que le docteur March !…
Collins
- Eh bien ! Qu’est-ce qu’une fille ?! Il vous en restera quatre !…
Ma
- Comme le docteur March ? C’est gênant.. On risque de nous confondre… Et puis, j’ai besoin de tout mon monde moi… Ca m’étonnerait que vous autorisiez votre épouse à venir lever la jambe chaque soir devant les cow-boys rassemblés autour d’un bon whisky et d’une table de poker…
Collins
- Sûrement pas ! Ce serait dégradant !… D’ailleurs, elle n’aura à l’avenir que des activités nobles : repasser mes caleçons, raccommoder mes chaussettes, cirer mon parquet.
Elizabeth
- Pauvre Jane !
Lydia
- Elle ne mérite pas ça… Attends, elle sait faire des choses plus intéressantes dans la vie… A 20 pas, six balles dans un as de cœur… Pan pan pan pan pan pan… et un seul trou !… Alors, le trou dans ses chaussettes, il devra apprendre à le raccommoder tout seul s’il veut pas qu’elle lui en rajoute un entre les deux yeux…
Ma
- Et vous comptez vous installer ici ?
Collins
- Bien sûr… J’ai obtenu le soutien d’une dame très chère de la bonne société de New York. Miss Catherine Hep-Burn. L’église sera remise en état grâce à une collecte effectuée par une fondation pieuse et grâce à des pieux pour assurer les fondations. Mais vous comprenez que pour tenir mon ménage, j’ai besoin de quelqu’un…
Elizabeth
- Pauvre Jane !
Lydia
- Oh oui ! Il vaudrait encore mieux qu’on la pende !… Parce que nettoyer l’église après la messe, ça le fait pas !…
Ma
- Lydia ! Arrête de dire des horreurs ! Va dans ta chambre !
Collins
- Pour vous montrer que je suis tout à fait capable de rendre votre fille heureuse, j’irai la faire sortir de prison…
Ma
- Si vous faites ça, monsieur… Si vous faites ça, monsieur…
Collins
- Eh bien ?!
Ma
- Vous pourrez m’épouser moi-même…
Collins (battant en retraite)
- Nous verrons, nous verrons… Il ne faut jamais prendre de décisions hâtives ! (il sort)


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MessageSujet: Re: THEATRE : Or, deuil et pré-jugées   Sam 10 Nov 2007 - 14:07

Acte II – Scène 3
(Elizabeth – Wickham – Ma - Darcy)



Wickham
- Salut !
Ma
- Bonjour beau cavalier… Qu’est-ce qu’on vous sert ?
Wickham
- Une présence féminine !… Et sans faux col !
Elizabeth
- Bonjour beau cavalier… Comment tu t’appelles ?
Wickham
- Wickham… George Wickham…
Elizabeth
- Et tu es venu tout seul ?
Wickham
- Non, je suis là avec des potes… Mais ils ont du mal à garer leurs chevaux…
Elizabeth
- Et qu’est ce que tu vas nous siffler ?
Wickham
- Un whisky !
Elizabeth
- Ca marche !… Et un whisky qui marche… Une menthe à l’eau, un Canada dry, une bière sans alcool, un jus de coton, une part de tarte aux myrtilles réchauffée mais pas trop, un sandwich magret-foie gras aux truffes…
Wickham
- Eh ! J’ai pas commandé tout ça !…
Elizabeth
- T’as bien demandé une présence féminine… Tu vas bien me payer quelque chose pour me caler le ventre pendant que je discute avec toi ? Sinon je préviens SOS entraîneuse maltraitée et tu vas avoir des ennuis…
Wickham
- Oui… Bien sûr !…
Darcy (qui descend de sa chambre)
- Mais quelle heure est-il ?
Ma
- 11h
Darcy
- Ah ! Un moment j’ai cru que j’avais loupé la diligence de 14h50 !
Ma
- La diligence de 14h50 ? Mais elle arrive que demain !…
Darcy
- Demain ? Mais hier, elle devait arriver demain…
Ma
- Mais on n’est plus hier… On est aujourd’hui…
Darcy
- Ben, justement… Si hier, aujourd’hui c’était demain… aujourd’hui ça ne peut pas être demain…
Ma
- Mais si ! Puisque la diligence est arrivé hier, maintenant, elle n’arrivera que demain… Si elle arrive…
Darcy
- Elle est arrivée hier, mais hier nous on n’était pas arrivés !
Ma
- Mais si !
Darcy
- Mais quel jour est-on ?
Ma
- Mardi !
Elizabeth
- Mercredi !
Darcy
- Mardi ou mercredi ?
Elizabeth
- Mercredi… Excusez-la, monsieur le juge, mais ma mère a du mal avec l’heure d’hiver !…
Darcy
- Mais on est en automne !…
Elizabeth
- Justement…
Darcy
- Ca veut donc dire que j’ai dormi plus de 24 heures !
Elizabeth
- Ah ça ! Si vous aviez pris le « kit du voyageur », le service réveil matin câlin était compris dedans…
Darcy
- Et il s’est passé quelque chose d’important ?
Ma
- La banque de Pin Ville n’a pas été attaquée… Et la diligence de 14h50 est arrivée en avance…
Darcy
- Laquelle ? Celle de demain ?
Ma
- Non, celle d’hier… Elle est arrivée avant-hier !
Elizabeth
- Ma ! Laisse monsieur le juge effacer son décalage horaire… Il va avoir besoin de toutes ses facultés de jugement…
Darcy
- Où est le marshal Bingley ?
Elizabeth
- Au bureau du shérif… En sortant d’ici, c’est facile à trouver c’est entre la blanchisserie-restaurant chinois et le bureau de petites annonces « Au 7 mercenaires ». Et puis c’est marqué dessus !… Shérif OpenOffice…

(Darcy sort… Il échange un regard étrange avec Wickham)


Acte II – Scène 4
(Elizabeth – Wickham – Ma)



Elizabeth
- Vous le connaissez ? J’ai vu que vous le regardiez bizarrement…
Wickham
- Hélas ! Je le connais et je connais bien sa famille…
Elizabeth
- Racontez… Si ça doit vous soulager…
Wickham
- Il était une fois dans une grande forêt…
Elizabeth
- Non, celle-là je la connais… Racontez-moi votre histoire !
Wickham
- Quand j’étais petit, je vivais dans une grande demeure dans la banlieue riche d’une ville de l’Est des Etats-Unis dont je ne citerai pas le nom mais dont j’ai pu voir qu’elle était au menu de votre carte…
Elizabeth
- Pardon ?!
Wickham
- Oui… Là, il y a écrit pâtes et jambon !
Elizabeth
- Et alors ?
Wickham
- Pâtes, jambon… Nouilles, York… Dites, si vous ne comprenez pas ce que je dis, vous allez pas la comprendre mon histoire…
Elizabeth
- Mais vous n’êtes pas clair non plus…
Wickham
- Peut-être, mais à ce moment de la pièce vous n’êtes pas censée le savoir…
Elizabeth
- Donc, dans cette grande demeure ?
Wickham
- Il y avait un gentil monsieur qui me donnait tout le temps des bonbons… Bon, après, en grandissant, j’a compris que c’était un pervers…
Elizabeth
- Quelle histoire !
Wickham
- Attendez, je n’ai pas commencé… Donc, je vivais dans la demeure des Darcy… Mon père était le majordome préféré de monsieur Darcy père. J’ai donc grandi avec William Darcy…
Elizabeth
- Comment ça ? Grandi avec lui ?
Wickham
- Ben quand il prenait un centimètre, j’en prenais un aussi… Un jour, on s’est fait pincer par son père… Il a fallu qu’on rende les centimètres qu’on avait en trop ! Ca fait bizarre ! On tombe de haut !…
Elizabeth
- Ils prennent vraiment n’importe qui maintenant dans la cavalerie !…
Wickham
- Non, seulement au 18è de cavalerie… C’est pas un hasard si on a un âne comme emblème !… Et encore, moi je suis un des chefs !… Alors vous imaginez les autres… Y en a certains, ils sont tellement cons qu’ils pourraient faire président des Etats-Unis…
Elizabeth
- Mais pourquoi ce juge Darcy est-il si antipathique ?
Wickham
- C’est comme ça ! C’est une tête de con ! Ca a toujours été une tête de con !… Il a fait toutes les étapes. Petit con, moyen con, grand con, con de classe internationale… Vous savez pourquoi il est là ? Il s’est planté dans une affaire… Il a mis une vingtaine de personnes au trou sans raison… Maintenant, il est juge itinérant…
Elizabeth
- Hum, hum… Intéressant !…
Wickham
- Son père à Darcy, il m’avait à la bonne. Il avait promis que quand il mourirait
Elizabeth
- Mourrait…
Wickham
- Non, Mouret, Octave Mouret, c’était dans Center… Tu te trompes de pièce… Bref, que quand il aurait passé le colt à gauche, il me laisserait assez d’argent pour m’établir dans la vie…
Elizabeth
- Et ?
Wickham
- Et ce salaud de Darcy, il a profité qu’il était juge pour faire casser le testament de son père… J’ai rien eu… Alors, que voulez-vous, j’avais le choix entre deux trucs : militaire ou faux peau rouge au cirque Barnum…
Elizabeth
- Et vous êtes entré dans l’armée…
Wickham
- Pas tout de suite… J’ai d’abord essayé peau rouge mais moi je bronze bien, je prends pas de coups de soleil… Alors j’ai été viré…
Elizabeth
- C’est pas joli joli tout ça…
Wickham
- Les coups de soleil ?
Elizabeth
- Non, l’histoire du juge Darcy…
Wickham
- Et encore, vous ne savez pas tout… Mais là, je ne peux pas vous raconter, je n’ai pas le temps… Il faut que j’aille voir ce que font mes copains… S’il faut, ils cherchent encore à se garer… Ou alors ils attendent qu’on leur serve à boire à la mercerie… C’est qu’ils sont vraiment très cons…
Elizabeth
- Oui, eh bien pas moi !… Tu payes d’abord ce que tu dois… La maison ne fait pas crédit ! (Wickham sort)
Ma
- C’était intéressant ce qu’il t’a raconté ?
Elizabeth
- M’oui… Je crois qu’on doit pouvoir faire chanter ce juge…
Ma
- Bah, si ce pasteur Collins réussit à faire libérer Jane ce ne sera peut-être pas la peine !


Acte II – Scène 5
(Ma – Collins – Jane – Elizabeth – Mary – Kitty)



Jane
- Maman ! Lizzy !
Ma
- Ma petite Jane ! Mon bébé !…
Collins
- Je ne vous avais pas dit que je la ferai libérer si elle n’avait rien fait…
Elizabeth
- Comment avez-vous fait ? Il y avait cette affiche, cette ressemblance… Jusqu’au nom qui était le même…
Collins
- Ma fille, il n’est rien que le nom du Seigneur ne puisse arranger… J’ai parlé à ce brave marshal de ma protectrice, miss Catherine Hep-Burn. Je lui ai dit qu’elle saurait le récompenser s’il acceptait de fermer les yeux..
Jane
- Et il l’a fait !… Il a préféré salir son honneur que de me garder plus longtemps en prison… Quoique la prison ce n’était pas le plus dur… Mais alors la nourriture !… Miss Bingley ne connaît qu’une recette : riz aux carottes… Et le riz aux carottes au petit déjeuner, c’est vachement dur !… Surtout sans pain…
Elizabeth
- C’est donc qu’il t’aime !
Jane
- Comme un fou, je crois…
Elizabeth
- Et tu es heureuse ?
Jane
- Comme une folle, je crois…
Ma
- Monsieur Collins, je crois qu’il me faut tenir ma parole… Mais d’abord j’aimerais annoncer que pour fêter le retour de Jane, nous organiserons un grand square room ce soir au saloon… Et c’est moi qui régale ! Lydia, Mary, allez annoncer dans toute la ville !
Lydia
- Mary, tu préviens la ville… Et tu ne traînes pas chez le bouquiniste comme d’habitude à regarder le catalogue des Trois Cuisses !… Moi je m’occupe du 18è de cavalerie…
Elizabeth
- Dis, tu dois absolument trouver le lieutenant Wickham et lui dire de venir !…
Lydia
- Wickham ?… Qui c’est ?
Elizabeth
- Il était là tout à l’heure et…
Lydia (en sortant)
- Oh ! Oh ! Y aurait-il aiguille sous cloche ?
Ma
- Donc, monsieur Collins, si vous me demandez la main de Jane, je vous l’accorderai…
Collins
- Epouser une personne qui sort de prison ? Non mais vous m’avez bien regardé !… Par contre, si mademoiselle Elizabeth voulait d’ores et déjà m’inscrire pour deux danses ce soir dans son carnet de bal…
Elizabeth
- Moi ?!… Mais c’est-à-dire que…
Ma
- Allons, n’oublie pas le service que monsieur Collins vient de nous rendre… (à voix basse) Et je t’autorise à lui marcher sur les pieds autant de fois que tu le veux !…
Elizabeth
- D’accord pour deux danses, monsieur Collins… (à voix basse) Je ne savais pas que les hommes d’Eglise dansaient…
Ma
- Raison de plus pour lui rappeler qu’il serait mieux à rester dans sa petite église… Vise bien le gros orteil, c’est là que ça fait le plus mal…


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MessageSujet: Re: THEATRE : Or, deuil et pré-jugées   Sam 10 Nov 2007 - 14:08

Acte II – Scène 6
(Ma – Jane – Darcy – Lydia – Mary – Collins – Bingley – Miss Bingley – Elizabeth)



Voix off
- Au terme d’une longue journée de préparation, le saloon put accueillir ceux qui avait pris la peine de se déplacer…
Ma
- Mais enfin ?! Où ils sont tous ?
Lydia
- Il paraît qu’il y a ce soir la grande finale du concours de rodéo et que tout le monde est allé là-bas…
Ma
- Et on ne nous a pas prévenues ?
Mary
- Ma, je te rappelle que l’année dernière, tu avais tellement bu que tu flinguais les chevaux dès qu’ils sortaient du paddock…
Ma
- Mais c’est pas les chevaux que je visais !…
Elizabeth
- On sait, on sait !

(arrive Collins)

Collins (il va vers chacune des sœurs mais toutes se détournent)
- Mes biens chères filles, je constate avec tristesse que vous manquez de danseurs… Heureusement, me voici… Sans me vanter, dans mes jeunes années, j’étais un bon danseur… Les filles faisaient la queue pour danser avec moi… Il suffisait que j’arrive et elles se précipitaient toutes pour me demander de danser…
Jane
- Oh ! Voilà le marshal Bingley !… Oh ! Il est venu avec sa sœur !
Bingley
- Miss Jane ! Je suis heureux de vous revoir…
Jane
- Oh moi aussi ! Moi aussi !
Miss Bingley
- Tenez, je vous ai apporté un petit quelque chose…
Jane
- Oh ! Du riz aux carottes ! Il ne fallait pas ! Les cochons ont déjà mangé !…
Elizabeth (après que Darcy soit venu s’asseoir à côté d’elle)
- Vous comptez inviter quelqu’un à danser, monsieur le juge ?
Darcy
- Sûrement pas ! Je n’aime pas danser…
Elizabeth
- Eh bien, évitez de venir me le proposer… Je danserais plutôt avec un cul de jatte borgne et albanais plutôt que de danser avec vous…
Ma
- Allons ! Les absents auront eu tort ! (à voix basse) Et je m’en vengerai le moment venu… Mary, le piano !

(le square dance… Collins dansent avec Elizabeth, Bingley avec Jane)

Elizabeth (qui vient d'écraser le pied de Collins)
- Révérend Collins, vous avez un problème ?
Collins
- Non, non… Tout va bien !… Une douleur soudaine… Je ne sais pas… Le manque d’entraînement peut-être… Si vous le permettez, je m’arrête un instant…
Elizabeth (en croisant Jane)
- Et le lieutenant Wickham qui n’est pas là…
Jane
- Tu crois que c’est parce que le juge Darcy est là !…
Elizabeth
- Je ne sais pas… Mais qui pourrait bien me délivrer du révérend Collins ? Il danse comme un ours…
Jane
- Le juge Darcy peut-être
Darcy
- Me ferez-vous l’honneur de cette danse ?
Elizabeth
- Non ! (voyant Collins qui se lève à nouveau…) Oui !… (Collins en est réduit à danser avec Ma) Ainsi vous dansez ?
Darcy
- Fort mal, je l’avoue… Je n’aime guère ces trémoussements en société…
Elizabeth
- Vous préférez faire danser les malheureux au bout d’une corde ?
Darcy
- S’ils le méritent…
Elizabeth
- Mais le méritent-ils tous ceux dont vous ouvrez et refermez le carnet de bal ?
Darcy
- Sans doute ! La justice ne saurait se tromper !…
Ma
- Alors, monsieur Collins, que pensez-vous de mon Elizabeth ?
Collins
- Elle danse avec grâce mais avec aussi un je ne sais quoi qui fait que son pied a une fichue tendance à se retrouver par-dessus le mien…
Ma
- Allons, cela n’est rien… Vous verrez, elle est pleine de qualité…
Collins
- Je n’en doute pas… Mais dites m’en plus…
Ma
- Elizabeth est ce qu’on peut appeler une femme de l’ouest accomplie. Elle monte à cheval, attrape les bisons au lasso, sait préparer le café, tire à la carabine…
Collins
- Sait-elle au moins lire ?
Ma
- Lire ?… Grands dieux, je ne sais pas… Sans doute… Mais pour les livres, il faut voir notre Mary…
Bingley
- Miss Jane… Je vous sens lointaine
Jane
- C’est que je pensais à une course importante que j’avais à faire ce matin et que votre charmante hospitalité m’a empêché d’effectuer…
Bingley
- Cela m’attriste…
Jane
- Il ne faut pas, allons… C’est une occasion qui se reproduira…
Bingley
- Sans doute !… Quant à cette affiche…
Jane
- Oh, marshal Bingley, vous voulez me refaire de la peine…
Bingley
- Non, sans doute…
Lydia
- Bon, Mary, maintenant ça suffit !…
Mary
- Pourquoi ça suffit ?!
Lydia
- Tu as assez joué !
Mary
- Mais les gens dansent !…
Lydia
- Oui, mais pas moi… Alors, tu arrêtes !… Je propose que nous faisions un petit tournoi de poker…
Ma
- Ah oui ! Oui ! Oui !… Vous jouez, révérend Collins ?
Collins
- Sans me vanter, dans mes jeunes années, j’étais un bon joueur de poker… Les messieurs faisaient la queue pour jouer avec moi… Il suffisait que j’arrive et ils se précipitaient tous pour me demander de jouer…
Miss Bingley
- Moi je ne joue pas…
Elizabeth
- Moi non plus…
Bingley
- Darcy ?
Darcy
- Sans façon…
Elizabeth
- Allons… Le juge Darcy est trop honnête pour se compromettre avec tous les tricheurs de la ville…
Mary
- Le poker, ça empêche pas que je joue du piano !
Lydia
- Si ! Justement !


Acte II – Scène 7
(Ma – Jane – Darcy – Lydia – Mary – Collins – Bingley – Miss Bingley – Elizabeth)



(pendant qu’on installe la table pour le poker)
Miss Bingley
- Vous semblez fort déçue de ne pas avoir vu le lieutenant Wickham…
Elizabeth
- Oui, je le reconnais… J’adore les uniformes de la cavalerie américaine… Ce bleu sombre et ces galons jaunes… Vraiment, ça me fait quelque chose…
Miss Bingley
- Et les tenues à rayures noires et jaunes, ça vous fait quelque chose ?
Elizabeth
- Que voulez-vous dire ?
Miss Bingley
- Que si mon frère est assez naïf pour ne pas comprendre, moi je vois clair dans votre jeu…
Elizabeth
- Vous devriez jouer au poker alors, ça vous rapporterait…
Miss Bingley
- Tout ce saloon sent le mystère… Les sœurs Bennett de Longbourn Gulch ne seraient-elles pas les mêmes qui écumèrent voici deux ans le sud du Tennessee ?…
Elizabeth
- Je ne peux pas vous le dire… Mais bon, on a tous quelque chose en nous du Tennessee…
Miss Bingley
- En tous cas, mon frère n’épousera jamais votre sœur… Ca je m’y engage !…
Elizabeth
- Pour votre part, vous devriez essayer d’attirer le juge Darcy dans vos filets… Vous feriez un joli couple tous les deux : la sangsue et le cafard…
Ma
- Monsieur Collins, vous amusez-vous ?
Collins
- Oh oui beaucoup, mais sans me vanter, dans mes jeunes années, j’étais un bon camarade qui savait bien s’amuser… Tout le monde faisait la queue pour s’amuser avec moi… Il suffisait que j’arrive et ils se précipitaient tous pour me demander de m’amuser avec eux…
Ma
- Fort bien !
Collins
- Je crois qu’il faut que je vous dise quelque chose…
Ma
- Me dire quelque chose ?… Oh, vous me comblez !… C’est vrai, moi on ne me dit jamais rien… Juste « un whisky, Ma ! » ou « 5 $ la chambre ? c’est du vol ! »… J’ai l’impression qu’on ne m’a plus parlé en face depuis la mort de mon pauvre mari…
Mary
- Je voudrais jouer encore un peu de piano !
Collins
- Tu n’as pas entendu ce que t’a dit ta mère ! Non, c’est non !…
Mary
- Bon… Eh bien, je vais lire à haute voix… (et elle commence à lire la partition…)
Collins
- Je vais faire ma demande auprès de votre fille…
Ma
- Oh révérend Collins !…
Lydia
- Oh ça c’est chouette alors !
Collins
- Tu es heureuse de mon choix ?…
Lydia
- Oh oui ! Moi j’ai toujours rêvé de me marier pour avoir une maison à moi à défendre… Et le premier qui entre dans la salle à manger sans prendre les patins, je le plombe !!!
Collins
- Voilà pourquoi mon choix s’est porté sur miss Elizabeth…
Ma
- Elizabeth !…
Elizabeth
- Qu’y a-t-il, Ma ?
Ma
- Le révérend Collins voudrait te parler… Alors les autres, tout le monde dehors !
Bingley
- Mais ?… Et le poker ?
Ma
- Plus tard ! (ils sortent)


Acte II – Scène 8
(Collins – Elizabeth)



Collins
- Miss Elizabeth, je suppose que vous devinez pourquoi je veux m’entretenir seul à seul avec vous ?
Elizabeth
- C’est cette salope de Lydia qui a parlé et qui vous a dit que je n’avais pas fait ma première communion !
Collins
- Ca n’a rien de dramatique !…
Elizabeth
- Et que je crachais dans le bénitier…
Collins
- Ah quand même !… Ma foi, si vous promettez de ne plus recommencer…
Elizabeth
- Et puis elle a dû aussi vous dire que je ne crois pas en Dieu…
Collins
- Oh !
Elizabeth
- Ben non, voyez !… J’ai déjà du mal à croire en moi…
Collins
- Ma foi, tout cela s’arrangera je suis sûr dans un avenir très proche… Miss Elizabeth, je me suis dit que comme il me faut prendre femme afin de m’installer dans cette riante et paisible bourgade qui, quoi en dise, n’est pas si éloignée que cela de la civilisation puisqu’on projette la construction prochaine d’une gare et d’une ligne de tchoutchou express et l’agrandissement de l’épicerie de John Care IV.
Elizabeth
- Abrégez, je vous prie, révérend…
Collins
- Nonobstant les difficultés que vous avez pris la peine, et de manière fort honnête, de me dévoiler, je pense néanmoins qu’il est tout à fait loisible que je prenne mon courage à deux mains et le mors aux dents pour vous déclarer que je souhaite vous prendre pour femme…
Elizabeth (après quelques instants d’incompréhension)
- Qui ça ?
Collins
- Vous !
Elizabeth
- Moi ?
Collins
- Oui, vous !
Elizabeth
- Mais avec qui ?
Collins
- Avec moi !
Elizabeth
- Moi avec vous ?
Collins
- Vous avec moi !
Elizabeth
- Décidément, le whisky de Ma a de drôles d’effets secondaires… Et vous croyez que je vais dire « oui »…
Collins
- Oui…
Elizabeth
- Et si je dis « non »
Collins
- Je comprendrais que c’est un « non » qui veut dire « oui ».
Elizabeth
- Mais un « non » veut dire « non ».
Collins
- Sauf quand c’est une femme qui le dit…
Elizabeth
- Donc le « non » d’une femme veut dire « oui »…
Collins
- Oui.
Elizabeth
- Et votre « oui » à vous, il veut dire « non » ?
Collins
- Ah non, le mien veut dire « oui »…
Elizabeth
- Alors pourquoi mon « non » voudrait-il dire « oui » ?
Collins
- Parce que s’il voulait dire « non », cela voudrait dire que je récupère le saloon en mon nom.
Elizabeth
- Et votre nom que dit-il lui ? Je suis toute ouie…
Collins
- Justement non !… Si vous êtes toute « oui », c’est que vous voulez bien prendre mon nom.
Elizabeth
- Prendre votre nom ? Mais le mien me suffit…
Collins
- Ah oui ?!
Elizabeth
- Mon « non » est un vrai « non »… et je ne vous permets pas d’en douter…
Collins
- J’en douterai cependant… Il en va de mon renom…
Elizabeth
- Ben oui…
Collins
- Enfin, un « oui » !…
Elizabeth
- Mais non ! C’est un « non »… Encore un « non »… Toujours un « non »… Non, non et non !
Collins
- Ah oui !
Elizabeth (qui sort un colt)
- Bon, on s’arrête de jouer là… Alors, le grand danseur va prendre par la main son ami le grand joueur de poker et il va aller avec son autre ami qui aime s’amuser chercher une autre faible femme à gonfler… Parce que moi, entre une mère qui perd la boule, une sœur qui joue des livres et lit du piano, une qui joue à draguer le marshal et deux qui font du trafic de foulards de couleur, j’ai pas de temps à perdre avec un révérend qui veut me filer son nom pour toute la oui… la vie !… Dehors !!!
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MessageSujet: THEATRE - Or, deuil et pré-jugées - Acte 3   Sam 10 Nov 2007 - 14:11

Acte III – Scène 1
(Jane – Mary – Lydia)



Jane
- Elle a fait quoi ?
Mary
- Elle a refusé la demande en mariage du révérend…
Jane
- Et tu trouves ça anormal ?..
Mary
- Elle aurait pu se caser, avoir une vie tranquille…
Lydia
- Et toi tu pourrais aller braquer les diligences à sa place…
Mary
- Par exemple… Il faut savoir laisser la place aux jeunes…
Lydia
- Ca m’intéresserait de savoir si tu comptes pointer un bouquin sur le cocher… Eh toi bouge pas sinon je te lis du Balzac !
Jane
- Je crois plutôt qu’elle leur dirait que s’ils ne jettent pas tout de suite leurs objets précieux, elle leur joue un petit air…
Mary
- Vous n’êtes pas drôles ! Vous ne savez pas ce qui est bien ! Vous ne savez pas ce qui est beau !… Lizzy aurait dû épouser le révérend… Et toi le marshal avant qu’une autre ne te le prenne…
Jane
- Personne ne me le prendra !…
Mary
- T’es sûre ?… Il n’est pas encore venu ce matin… D’habitude, il est là dès l’ouverture…
Jane (prise d’une soudaine inquiétude)
- C’est vrai !… Pourvu qu’il ne lui soit pas arrivé quelque chose…
Lydia
- C’est pas pour dire… Mais on est encore les sœurs Bennett, les terreurs de l’Ouest, ou on joue aux grandes dames ?… Il y a une semaine, on était prêtes à aller dévaliser une banque et maintenant, on en est à discuter mariage et coups au cœur… C’est beaucoup trop calme… Il va se passer quelque chose…

(A ce moment, une fusillade éclate dans la rue. Mary et Jane se jettent derrière une table)

Lydia
- Qu’est-ce que je disais ?
Jane
- Lydia ?…

Lydia
- Oui, je sais… Je vais dans ma chambre…


Acte III – Scène 2
(Jane – Mary – Collins)



(entre Collins)
Collins
- Le temps va changer… Les balles volent bas !…
Mary
- Que se passe-t-il, révérend ?
Collins
- C’est le marshal…
Jane
- Le marshal Bingley ! Seigneur ! Que lui arrive-t-il ?
Collins
- Il marchait dans la rue ce matin lorsqu’il a reconnu un hors la loi…
Mary
- Un hors la loi ? A Longbourn Gulch ? Allons, c’est impossible… Ici, tout le monde sait qu’on respecte la loi… La preuve, depuis que le dernier a été abattu d’une balle dans le dos, on n’a plus de shérif… Et ça se passe très bien !
Collins
- Et où a-t-il été abattu ce malheureux homme ?
Mary
- Il était juste là où vous êtes assis… (Collins se lève affolé, s’assoie sur une autre chaise) Ah, ça c’est le siège où était le dernier juge de la ville quand il est mort…
Collins
- Assassiné lui aussi ?…
Mary
- Non… Trois verres de whisky à Ma… Faut dire qu’elle s’était gouré dans la recette… La mort au rat, ça le fait pas !…
Jane (qui pendant l’échange précédent est allée et venue jusqu’à la porte)
- Et le marshal ?…
Collins
- En fait, c’est miss Bingley qui a reconnu ce hors la loi… George B. Wush… Un Texan de la pire espèce si j’en crois ce que j’ai appris… Vol, escroquerie, trafic d’armes et j’en passe… Le marshal a arrêté ce B. Wush… et maintenant c’est toute sa bande qui vient de débarquer en ville et qui assiège le bureau du marshal…
Jane
- Mon héros !…
Mary (à voix basse)
- Dommage !… Tu te rends compte que tu prends la défense d’un marshal contre un confrère…
Jane
- Un confrère ? Parlons-en !… Tu ne te souviens pas que dans le jour où on a attaqué la diligence de la Wells Fargo, il était passé avant nous… C’est tout sauf de l’esprit confraternel…
Mary
- On va voir ce qui se passe ?
Jane
- Oui… (montrant son colt dans sa ceinture) Et si je peux donner un coup de main au marshal… J’ai la gâchette qui me démange, alors je tire un petit peu… (elles sortent)


Acte III – Scène 3
(Collins – Ma)



Ma (qui entre)
- Oh révérend ! Comme je suis malheureuse de toute cette affaire… Croyez-moi, j’ai bien grondé Lizzy… Je l’ai privée d’attaque de diligence pour un mois… Mais cette tête de pioche n’a pas voulu en démordre… Non c’est non !… Ah, révérend, que les enfants sont des êtres décevants !
Collins
- Je ne peux pas vous dire… Justement…
Ma
- Oh oui !… Pardon ! Vous ne pouvez pas !… C’est vrai que vous n’avez pas de femme…
Collins
- Mais ça pourrait changer !…
Ma
- Oh ! Vous êtes venu me demander la main d’une autre de mes filles… C’est qu’il m’en reste trois et ce sont sans aucun doute les plus parfaites beautés de Longbourn Gulch et de ses environs… Mary a beaucoup de qualités, savez-vous… Elle lit beaucoup et joue du piano…
Collins
- Bref, elle ne fait rien d’utile…
Ma
- Ma Lydia est pleine de vie… Elle a l’habitude de rester à la maison…
Collins
- Dans sa chambre, je sais…
Ma
- Quant à ma Kitty, elle est formidable… Elle est très joueuse, elle adore se déguiser… (baissant la voix) d’ailleurs, peut-être qu’elle est là à nous écouter, déguisée en chaise ou en pancake…
Collins
- Madame Bennett, vos efforts sont, hélas pour vos intérêts, trop tardifs… J’ai déposé ce matin une demande en fiançailles et elle a été agréée…
Ma
- Agréée ? Ca veut dire quoi ça « agréée » ?
Collins
- Que je vais épouser une jeune fille de cette ville !
Ma
- Une jeune fille à Longbourn Gulch !… Mais il n’y en a plus depuis longtemps… La seule qui reste, c’est miss Woods… mais elle n’a plus toute sa tête et la dernière fois que je l’ai croisée elle venait de perdre son chien et son dentier…
Collins
- C’est la fille d’un émigrant irlandais qui s’est installé sur la route de Memphis… Jim O’Frez…
Ma
- Quoi ? Vous épousez Charlotte O’Frez ?
Collins
- Oui ça s’est décidé en un éclair…
Ma
- Oh c’est une bonne pâte… mais de là à faire une religieuse… Et en plus elle est tarte O’Frez !… Bon, au début, ça ira bien entre vous sans doute mais après les problèmes iront croissant…
Collins
- Elle tiendra bien mon ménage et mon église. Dieu en sera content et les saint honorés… Je vous quitte… Je m’en vais signer mon contrat de mariage… Il fait au moins mille feuilles… Bonne journée, Madame ! (il sort)
Ma
- Malheur de moi ! Que vais-je devenir ?… Je sens bien que je m’en vais… Et je voudrais que mes filles trouvent à se caser… Oh, on pourrait bien faire un hold-up de temps en temps… Pour ne pas perdre la main… Etre en famille avec le marshal et avec le prêtre, quel meilleur moyen pour éviter d’être soupçonnées !… Bon, le juge, je ne dis rien… Il est tellement antipathique, méprisant, sûr de lui, arrogant, hautain, taciturne… (jouer avec le public) oui, c’est vrai, c’est un juge aussi… On ne peut pas attendre qu’il fasse plier tout le monde de rire…


Dernière édition par le Sam 10 Nov 2007 - 14:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: THEATRE : Or, deuil et pré-jugées   Sam 10 Nov 2007 - 14:11

Acte III – Scène 4
(Ma – Miss Bingley – Jane)



Miss Bingley
- Bonjour madame Bennett…
Ma
- Miss Bingley… Votre frère ne passe pas ce matin ?…
Miss Bingley
- Non ! Et je pense qu’il ne repassera pas de sitôt…
Ma
- Pourquoi ? Il y a un problème au pressing ?
Miss Bingley
- Mon frère a enfin décidé d’honorer l’étoile qu’il porte sur sa poitrine… Il est enfermé dans son bureau avec une bande de 25 hors la loi qui l’assiègent… Alors, soit il ne s’en sort pas et vous comprenez bien que son petit déjeuner au saloon des Bennett il viendra le prendre à titre posthume… Soit il s’en sort et alors il conduira lui-même George B. Wush au pénitencier d’Etat…
Ma
- Dans ces conditions, j’aimerais bien qu’il vienne me payer ce qu’il me doit…
Miss Bingley
- Il aura du mal à sortir… Il n’a avec lui qu’un adjoint vieux et impotent, un alcoolique aux mains qui tremblent et le juge Darcy…
Ma
- Le juge Darcy est là-bas aussi ?… Mais c’est toute ma clientèle qu’il va massacrer ce B. Wush ! C’est un danger pour l’humanité ce gars là !
Jane (qui entre)
- Oh, miss Bingley ! Que se passe-t-il ? Ce cher Charles est-il en danger ?
Miss Bingley
- Il faut le craindre… Tenez, il m’a confié cette lettre pour vous…
Jane (qui commence à lire)
- Oh !… Oh !… Oh !… Nooooooooon !!!
Miss Bingley (ironique)
- Mauvaise nouvelle ?
Jane
- Il dit que tout ce qui arrive est à cause de moi… Que c’est parce qu’il m’avait libérée qu’il s’est senti obligé d’aller mettre sa vie en danger pour se racheter aux yeux de sa conscience..
Ma
- Ca a des yeux une conscience ?
Jane
- Je ne sais pas, mais moi j’ai des yeux qui pleurent…
Miss Bingley
- Allons, très chère, vous trouverez d’autres hommes pour le remplacer… Il vous suffira de lever la jambe pour qu’ils soient à vos pieds…
Jane
- Impossible ! Si je lève la jambe, ils ne peuvent être qu’à un de mes pieds !… Et s’ils sont à mes pieds c’est que je n’aurais pas la jambe levée… Vous voyez, c’est inextricable ! Ma vie est fichue !…
Miss Bingley
- Et la sienne ?… Pensez-vous à la sienne !… Si les hommes de ce B. Wush le tuent ?
Jane
- Ils n’oseront pas ! C’est un marshal des Etats-Unis !
Miss Bingley
- Si, ils oseront ! Au Texas c’est une tradition, on tue d’abord, on discute ensuite… (elle sort)


Acte III – Scène 5
(Ma – Jane – Kitty)



Kitty
- Eh ! Vous ne devinerez jamais…
Jane
- Je n’ai pas envie de jouer aux devinettes, Kitty… Je n’ai pas le cœur à ça…
Kitty
- Il y a une bourgeoisie de la ville qui s’amène par ici… Elle est arrivée avec sa propre diligence !…
Ma
- On ne va quand même pas l’attaquer en pleine ville…
Kitty
- Non mais je me disais que si je me déguises en cactus à la sortie de la ville, je pourrais faire ça quand elle repartira…
Jane (qui brame)
- Mon Bingley !!!
Ma
- On fait comme ça, Kitty… Sors par derrière qu’elle ne te remarque pas… Mais attention, pas d’erreur !
Kitty
- Aucun problème… Je la flingue et je te ramène…
Jane
- Mon Bingley !!!
Kitty
- Ca, ce sera plus dur…
Ma
- Allez, emmène-la avec toi… Si elle reste ici, elle va verser toutes les larmes de son corps…
Jane
- Mon Bingley !!!
Ma
- Oh, ça suffit, hein ! Je ne vous ai pas élevées jusqu’à cet âge-là pour que vous deveniez des chochottes romantiques… Dégage ! Va attaquer une banque, ça te fera du bien…
Kitty
- Justement… La banque de Pin Ville…
Ma
- Ah ne me parle pas de la banque de Pin Ville ! Quand je pense qu’hier on aurait pu l’attaquer et qu’à l’heure actuelle on serait riche…
Kitty
- Ma ! Ce n’était pas hier mais il y a six jours… Et puis, rien n’est perdu ! Il paraît qu’ils ont un problème là-bas… Ils ont perdu les clés du coffre…
Jane
- Ils ont perdu les clefs du coffre… Et ils ne peuvent pas l’ouvrir… Les amateurs !
Ma
- Ah Jane ! Tu me fais plaisir… Tu retrouves ta vraie personnalité…
Jane
- Allez, Kitty, viens… On file à Pin Ville, on ouvre le coffre et on revient… Et comme ça, quand je reviens, je vais me constituer prisonnière dans le bureau de… mon Bingley !!! (Kitty et Ma prennent Jane par la main et l’entraînent)


Acte III – Scène 6
(Catherine – Elizabeth)



Catherine
- Ce cher révérend Collins n’est donc pas ici ?
Elizabeth (lasse)
- Non… Il est parti rejoindre sa nouvelle fiancée qui l’attendait sur la route de Memphis…
Catherine
- Mais ce brave homme m’avait dit qu’il épouserait une des filles du saloon…
Elizabeth
- Eh bien, il a changé d’avis… Enfin je l’ai fait changer d’avis…
Catherine
- Mais pourquoi, grands dieux ? Auprès de lui vous auriez pu connaître une vie d’une grande félicité marquée par les joies simples de la vie de couple puis de famille. Une vie civilisée dans un monde de brutes… Je suis à peine arrivée dans cette ville que partout on se tire dessus, partout on se jette des injures et des menaces à la face… Est-ce ainsi qu’on accueille des personnes de ma dignité ? Je vous signale quand même que j’étais dans la loge voisine lorsque ce malheureux président Lincoln a été assassiné…
Elizabeth
- Mais était-ce bien lui qui était visé ?
Catherine
- Je vous demande pardon ?
Elizabeth
- Non… rien…
Catherine
- Ainsi donc, vous vivez dans ce saloon…
Elizabeth
- Oui… Avec ma mère et mes sœurs Mary, Lydia, Kitty et Jane…
Catherine
- C’est horrifiant !… Pas un seul homme pour vous protéger ou vous chaperonner !
Elizabeth
- Pourquoi faudrait-il nous protéger ?… Un homme ne nous manquera jamais deux fois de respect…
Catherine
- Et par quel miracle ?
Elizabeth
- Deux balles dans la tête…
Catherine
- C’est violent !… Je ne sais pas si le code du savoir-vivre prévoit de tels expédients…
Elizabeth
- La loi de l’Ouest si…
Catherine
- Et c’est donc ici que vous servez ces boissons alcoolisées qui avilissent l’homme et le ramène à l’état animal ?…
Elizabeth
- On a bien essayé la verveine et la camomille mais ça n’a pas été un succès…
Catherine
- Enfin, ce n’est pas un endroit pour élever des jeunes femmes… Votre institutrice doit ne pas être à son aise dans un tel décor.
Elizabeth
- Miss Hillary ?!… Elle est là au premier rang tous les soirs ! Et elle chante ! Et elle crie ! Et elle descend des chopes de bière !… Vous devriez la voir…
Catherine
- Grands dieux ! Je m’en garderais bien… Je comprends mieux maintenant ce brave révérend Collins… Ici c’est l’antre du diable !… Notez bien que je ne reviendrai point en ce lieu quand bien même une bonne raison m’y entraînerait…
Elizabeth
- Notez bien qu’on ne vous avait pas invité non plus…
Catherine
- Je me plaindrai de vous au révérend Collins et il ne vous accueillera pas dans son église…
Elizabeth
- Et je crois bien que nous n’irons jamais de toute façon… (Outrée, miss Catherine sort) C’est incroyable quand même ! On n’est plus chez nous !… Après miss Bingley, après le juge Darcy, après le père Collins, cette miss Catherine ! Mais si ça continue, vous allez voir qu’on va nous interdire de rigoler, de boire un coup et de tirer au revolver… C’est quoi ce monde ? C’est ça le progrès ? C’est ça la civilisation ?…


Acte III – Scène 7
(Elizabeth – Darcy)



Darcy
- Miss Elizabeth ?…
Elizabeth
- Juge Darcy ?… Mais pourquoi entrez-vous par la cuisine ?…
Darcy
- Pour que vous n’ayez pas d’ennuis…
Elizabeth
- Pour que je n’ai pas d’ennuis ? Et peut-on savoir qui oserait me faire des ennuis ?…
Darcy
- Sans aucun doute les hommes de la bande de George B. Wush !…
Elizabeth
- Mais, au fait, oui… On dit en ville que vous êtes enfermés dans le bureau du marshal… Qu’est-ce que vous faites là ?
Darcy
- J’ai fait une sortie…
Elizabeth
- Une sortie ?!… Et votre mère sait que vous sortez sans autorisation ?
Darcy
- Je voulais saluer ma tante…
Elizabeth
- Votre tante ?… Quoi ?! Cette miss Catherine est votre tante ?!
Darcy
- Elle l’est… Mais, à vrai dire, je ne suis pas fâché de l’avoir raté…
Elizabeth
- Je ne peux pas en dire autant…
Darcy
- Cela me permet d’avoir le loisir de vous parler…
Elizabeth
- Et les emmerdes continuent…
Darcy
- Je ne sais pas très bien comment dire ça…
Elizabeth
- Allons, allons, je suis sûre que vous connaissez plein de mots du dictionnaire. Faites une sélection et voyons ce que cela donne… Mais je vous préviens d’avance, je suis mauvais public !
Darcy
- Voilà… Je ne suis pas quelqu’un de très causant… Je suis un peu raide avec les gens et avec les mots. C’est une éducation et puis sans doute aussi que le fait d’être juge n’aide pas…
Elizabeth
- Vous me prévenez quand vous vous arrêtez de parler… J’ai peur de m’habituer et de ne pas me rendre compte que vous avez fini…
Darcy
- Je vous dirais alors… Bon, je me lance… Miss Elizabeth, je vous aime !…
Elizabeth
- Pardon ?! Vous pouvez me répéter ça ?…
Darcy
- Je vous aime… Quand je mange ça n’a plus de goût, quand je bois ça n’a plus de goût…
Elizabeth
- Ca c’est la camomille de votre tata, ça détruit tous les goûts !… Mais si je me rappelle bien… Il y a une semaine vous avez dit au marshal Bingley : « Si j’ai envie d’une fille, je ne prends pas n’importe quoi… »… Ca fait franchement plaisir…
Darcy
- Mais je ne parlais pas de vous…
Elizabeth
- Et vous parliez de qui ?
Darcy
- Je parlais de votre sœur…
Elizabeth
- Laquelle ?
Darcy
- Jane… Celle qui a essayé de corrompre mon ami Bingley…
Elizabeth
- Mais Jane aime le marshal Bingley…
Darcy
- Elle veut surtout se sauver de la corde du bourreau…
Elizabeth
- Non, non, elle aime sincèrement le marshal Bingley… Plus que vous ne m’aimez sans doute ! Je vous rappelle qu’il y a cinq jours, vous avez dit à propos de moi « elle est pas canon, je suis scié »…
Darcy
- Mais non ! Mais non ! Je disais à mon ami Bingley à propose de sa nouvelle Winchester… « Tu devrais la prendre avec un canon scié ! »…
Elizabeth
- N’importe quoi ! Ca n’existe pas, une Winchester avec un canon scié… Et, encore hier, vous avez dit en me regardant « S’il y en a deux comme ça dans le pays, on n’a plus qu’à passer au Mexique »…
Darcy
- C’est que je disais à mon ami Bingley que… Et puis non, vous avez raison !… J’essayais d’être blessant, j’essayais de vous faire mal… Parce que ça fait une semaine que vous me faites mal, parce que ça fait une semaine que je me débats pour trouver mille raisons de ne pas vous aimer.
Elizabeth
- Vous êtes un mufle !
Darcy
- Vous êtes une muse !
Elizabeth
- Vous êtes arrogant !
Darcy
- Vous êtes adorable !
Elizabeth
- Je vous déteste !
Darcy
- Je vous adore !
Elizabeth
- Qu’avez-vous dit au marshal Bingley à propose de Jane ?
Darcy
- Qu’elle ne l’aimait pas !
Elizabeth
- Si on gifle un juge, qu’est-ce qu’on risque ?
Darcy
- Outrage à magistrat… Six mois de prison ferme !…
Elizabeth
- Et si on le couvre d’insultes .
Darcy
- Outrage à magistrat… Six mois de prison ferme !
Elizabeth
- Alors, inscrivez-moi pour un an, espèce de crétin sans jugement et sans cœur (et elle le gifle !).
Darcy
- Mais j’ai un cœur puisque je vous aime…
Elizabeth
- Ah, arrêtez, sinon je recommence… Et je vous assure que ça me fait plaisir… Quand je pense à ce que vous êtes, à ce que vous avez fait à ce pauvre lieutenant Wickham…
Darcy
- Je n’ai rien fait à Wickham ! Rien !… C’est lui qui…
Elizabeth
- C’est lui qui quoi ?…
Darcy
- Je ne peux pas vous le dire !… Et ne cherchez pas à détourner la conversation !… Alors, vous ne m’aimez pas ?
Elizabeth
- Même s’il n’y avait plus qu’un seul homme dans la ville… Vieux, chauve, édenté, perclus de rhumatismes, votant pour le parti républicain et albanais de surcroît… Le pauvre… Je préférerai encore mille ans avec lui que deux minutes avec vous…
Darcy
- Alors je préfère aller rejoindre mon ami Bingley et mourir avec lui…
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MessageSujet: THEATRE : Or, deuil et pré-jugées - Acte 4   Sam 10 Nov 2007 - 14:17

Acte IV – Scène 1
(Elizabeth – Darcy)



Elizabeth
- Quoi ? Encore vous monsieur Darcy ?! Je croyais que vous vouliez mourir..
Darcy
- Ca c’était hier soir… Mais la nuit porte conseil, surtout quand vous avez à côté de vous un vieil estropié qui joue de l’harmonica et chique du tabac… Comme je n’arrivais pas à dormir, je vous ai écrit une lettre…
Elizabeth
- Une lettre, voyez-vous ça ! Une lettre d’amour, je suppose ?
Darcy
- Vous verrez… Attendez simplement que je me sois éloigné pour commencer à la lire (il sort).
Elizabeth
- Une lettre ! Une lettre ! Mais est-ce qu’il s’est seulement demandé si je savais lire ce gros prétentieux fat et pompeux ?… Euh oui, avec le vocabulaire que j’utilise, je dois savoir lire… (elle se met à lire) Chère miss Bennett, miss Elizabeth Bennett je précise dès dois que ma lettre tomberait entre d’autres mains et que cela pourrait provoquer des quiproquos qui, bien que drôles sur une scène de théâtre, n’en seraient que plus douloureux pour ceux qui en seraient victimes. Pffff, qu’est-ce que c’est fatigant de le lire !… Il écrit vite !… (elle se sert un verre) Vous m’avez hier soir repoussé avec autant de fougue que de force, avec autant de force que de fougue. Mais franchement qu’est-ce que je vous ai fait ? Qu’est-ce qu’il m’a fait ? Mais t’es désagréable mon gars ! Tu es prétentieux comme un troupeau de paons, orgueilleux comme un troupeau d’oies et gai comme un troupeau d’Italiens quand ils savent qu’il n’auront ni l’amour ni du vin… Je vous ai dit que votre famille était insupportable, que votre façon de vivre était odieuse et incompatible avec l’amour que j’ai de la loi, que j’aime la vérité avant tout et pas le mensonge, pas la dissimulation… Ben si tu aimes la loi et la vérité, faut les épouser !… Oh, je suis bête, c’est déjà fait, il est juge… Quoi que… Concernant votre sœur, j’ai peut-être eu tort de conseiller à mon ami le marshal Bingley de rompre avec elle et de choisir une mort héroïque cerné par les hommes de George B. Wush… Peut-être ? Il en est même pas sûr… Mais il lui faut quoi pour qu’il comprenne qu’ils s’aiment ? Des preuves ? Greffier, veuillez enregistrer s’il vous plait les pièces à conviction ! Nous avons une lettre sentimentale, un jupon déchiré, une caisse rempli de regards amourachés et deux invitations pour aller assister à un récital lyrique à New York… Mais est-ce que cela suffit messieurs les jurés ? (injuriant la lettre) Connard ! Concernant Wickham, c’est bel et bien un être sans foi ni loi… Si je l’ai privé de ce qu’il devait recevoir après la mort de mon père, c’est que… (silence puis, étonnée) Non ! (elle pose la lettre, va boire un nouveau verre, revient, relit) J’y crois pas !… (elle repose la lettre, retourne boire un verre, revient, relit)… Il a pas pu faire ça quand même !… (elle repose la lettre, retourne boire un verre, revient, relit) Il avait tous les jours des blettes à déjeuner et il voulait fuir avec mon arroseur ?!… Mais ça veut rien dire !… Ou alors, c’est que c’est moi qui n’arrive plus à lire !… Pourquoi ils dansent comme ça, les mots ? Pourquoi ?… (elle s’affale sur une chaise).


Acte IV – Scène 2
(Elizabeth – Wickham – Lydia)



Lydia
- Ainsi lieutenant Wickham, vous n’avez toujours pas été payés !…
Wickham
- Hélas non… Ils n’ont toujours pas retrouvé la clé du coffre à Pin Ville… Voilà pourquoi je ne peux vous payer ce que je vous dois…
Lydia
- Allons, allons, ce n’est pas bien grave…
Wickham
- C’est que je ne suis pas coutumier de la chose… Tiens, qu’est-ce qu’elle fait là votre sœur ?
Lydia
- On dirait qu’elle dort…
Wickham
- Ca lui arrive souvent de s’endormir comme ça ?
Lydia
- Non, pas vraiment… Je crois que c’est la première fois que je la vois comme ça (elle lui soulève le bras qui retombe lamentablement)…
Wickham
- Vous croyez que je pourrais abuser encore un peu et avoir un verre de votre whisky…
Lydia
- Pourquoi pas ? Ma serait pas contente si elle savait… Mais bon, je vais rajouter de l’eau dans la bouteille et personne ne verra rien…
Wickham
- Merci beaucoup, miss Lydia…
Lydia
- Vous ne pourriez pas m’appeler autrement que miss Lydia ?…
Wickham
- Oh pardon, miss Bennett…
Lydia
- Mais non !… Qu’est-ce qu’ils vous apprennent au 18è de cavalerie ?
Wickham
- Alors… On a appris à charger en suivant un clairon qui joue toujours le même air… C’est monotone !… Ils nous ont appris à toujours arriver à temps… Mais bon là, des fois, on est un peu juste… Ah ! Ils nous ont aussi appris à massacrer les Indiens !… C’est sympa ça comme truc… Un jour, j’en ai attrapé un et…
Lydia
- Et pour les filles ?
Wickham
- Et ça va pas, y a pas de filles dans la cavalerie… En tous cas, pas au 18è de cavalerie !… Parce que ça je saurais… J’aurais vu ça à la douche !…
Lydia
- Mais non !… Personne ne vous a jamais appris à regarder les filles ? A voir quand elles vous trouvent beau, fort et intelligent ?
Wickham
- Qui ça ? Moi ?…
Lydia
- Par exemple !…
Wickham
- Dites donc, il est costaud ce whisky…
Lydia
- Et surtout il a beaucoup servi…
Wickham
- Mais moi aussi j’ai beaucoup servi !…
Lydia (satisfaite)
- Ah ! Enfin, une bonne nouvelle !…
Wickham
- D’abord j’ai servi au 32è de cavalerie, puis au 5è de cavalerie, et puis au…
Lydia
- Mais qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour que vous compreniez ?!…
Wickham
- Comprendre quoi ?!
Lydia
- Mais que je vous aime !…
Wickham
- Vous dîtes ça pour me faire plaisir…
Lydia
- Non, non… Et puis, tenez, vous savez ce qu’on pourrait faire (elle lui chuchote à l’oreille)
Wickham
- Mais non… On n’a pas le droit !
Lydia
- Et bien on le prendra !
Wickham
- Mais que dira votre mère ?
Lydia
- Ah ça, elle serait pas contente… Ca pourrait mal aller pour moi comme vous… Elle a la gâchette facile en ce moment…
Wickham
- Et où vous voulez qu’on fasse ça ?
Lydia
- A votre avis ?
Wickham
- Alors, on y va tout de suite !…
Lydia
- Oui, oui…
Wickham
- Prenez de l’avance pour qu’on ne nous voit pas ensemble… Je bois un autre whisky et je vous rejoins…
Lydia
- N’oubliez pas de rajouter de quoi compléter la bouteille !… (elle sort)
Wickham
- A tout de suite, mon amour… (il va au comptoir, prend la bouteille et en descend la moitié)… Mais que ces filles sont connes !… (il va à Elizabeth, lève son bras qui retombe toujours aussi lamentablement) Bon, elle dort toujours… Il suffit de faire semblant de ne pas les intéresser, de ne pas comprendre et hop ! elles tombent !… Bonne affaire ce costume de cavalier au 18è de cavalerie !… Et maintenant, passons à la caisse pour tirer le gros lot !… (il sort, puis revient sur ses pas) Zut, j’oubliais la bouteille de whisky !… Alors, de l’eau… Y en a pas !… Ben je mets de la limonade, c’est presque pareil (il remplit la bouteille et sort).


Dernière édition par le Sam 10 Nov 2007 - 14:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: THEATRE : Or, deuil et pré-jugées   Sam 10 Nov 2007 - 14:17

Acte IV – Scène 3
(Mary – Ma – Elizabeth)



Ma
- Ben alors, Elizabeth ! C’est comme ça que tu fais l’ouverture ?!
Mary
- Voilà le résultat d’une mauvaise éducation !
Ma
- C’est à moi que tu parles peut-être ?
Mary
- Non, à elle !… Regarde, moi je fais quoi… Je lis et je joue du piano toute la journée… Et je ne me vautre pas n’importe où… Une vie saine et équilibrée que j’ai moi !…
Ma
- C’est vrai que je ne t’ai jamais surprise en train de vider le fond des bouteilles
Mary
- Oui c’est vrai… Et j’en suis fière !…
Ma
- Va donc voir ce que fabrique Lydia dans sa chambre… Qu’elle descende ! On a une banque à attaquer… Jane et Kitty sont rentrées à l’aube… Elles n’ont rien pu faire à elles deux… Il faut qu’on y aille en force… Et si cette saoularde ne se réveille pas, je te confierai peut-être une autre mission que de surveiller la rue…
Mary
- Chouette alors !… Je ferai quoi ?
Ma
- Tu garderas les chevaux !…
Mary
- Et zut ! (elle sort en emportant la bouteille) J’ai dit que je ne vidais pas le fond des bouteilles… Moi je préfère les attaquer par le haut !…
Ma
- Lizzy ! Lizzy !… Mais enfin ce n’est pas possible ! Ces filles vont me rendre folle ! Je leur ai quand même donné la meilleure éducation… Cours de chant, cours de danse, cours d’équitation, cours de tir… Tout pour devenir de véritables petites Calamity Jane… Et j’ai quoi ? Une beuglante, une endormie, une dingue des déguisements, une mal polie qu’il faut enfermer dans sa chambre et une dangereuse intellectuelle pianiste !… Lizzy ! Lizzy !
Mary (qui rentre en hurlant)
- Ma ! Ma !
Ma
- Quoi ?
Mary
- Lydia ! Elle n’est plus dans sa chambre !…
Ma
- Plus dans sa chambre ?! Mais qu’est-ce que ça veut dire ?
Mary
- Que quand je suis entrée dans la chambre, elle n’y était pas !
Elizabeth (qui se réveille un peu)
- Je sais où elle est !
Ma
- Où elle est ? Où elle est ? Bon sang ! Quand je l’enferme dans sa chambre, c’est pour qu’elle y reste !
Elizabeth
- Elle est partie avec le lieutenant Wickham !
Ma
- Partie avec le lieutenant Wickham ?… Mais pour quoi faire ?
Elizabeth
- Pour quoi faire ? Qu’est-ce que j’en sais moi ?… J’étais dans les vapes… Ton whisky !…
Ma
- Quoi mon whisky ?! Il a bon dos mon whisky, la bouteille est toujours pleine…
Mary
- Oui, oui… La preuve ! (elle montre la bouteille en cachant le haut avec sa main)… Faut que je la remplisse avec quelque chose pour que ça ne se voit pas… Oh, je sais… Je vais ajouter quelques morceaux de sucre… ça va épaissir le whisky et le niveau montera d’autant…
Ma
- Mais enfin, qu’est-ce que vous avez toutes à ne penser qu’à siffler mon whisky ?
Elizabeth
- Il y a des moments où on prend ce qu’on a sous la main pour essayer de se faire un peu de bien… Je vis dans un saloon, je guéris mes sentiments au whisky… Si j’habitais dans une église, peut-être que je me gaverais de prières…
Mary
- Et si tu vivais dans un ranch, tu boirais du lait de vache ! Et ça ne te ferait pas de mal ! Si tu voyais ta tête… On a l’impression que tu as vu un fantôme…
Elizabeth (qui prend conscience de la lettre qu’elle a toujours entre les mains)
- Oui, c’est un peu ça, je crois…
Ma
- Tout ça ne me dit pas où est ma Lydia !… Ma Lydia !…


Acte IV – Scène 4
(Elizabeth – Mary – Ma – Jane – Kitty)



Jane (qui entre avec Kitty)
- Mon Bingley !
Kitty
- Impossible de lui faire entendre raison… Elle a tellement beuglé qu’on n’a même pas pu s’approcher de la banque de Pin Ville
Ma
- Kitty, c’est horrible !… Lydia a disparu !…
Elizabeth
- Avec le lieutenant Wickham !…
Mary
- Ca, c’est pas moi qui vous ferai faire autant de souci… Moi je peux faire ce que je veux, personne ne fait attention (elle en profite pour rajouter du sucre dans la bouteille)…
Elizabeth
- Je sais ce qu’on va faire… On va se mettre en selle et partir chacune dans une direction… Il n’y a que cinq pistes qui partent de Longbourn Gulch… Une d’entre nous les rejoindra forcément…
Ma
- Et qui garde le saloon, hein ? Tu n’as pas pensé à ça, hein ?!
Mary
- Moi !
Ma
- Non, pas toi !… Tu ne ferais pas le poids face aux clients…
Mary
- Quels clients ? Personne ne sort plus en ville depuis que les hommes de B. Wush contrôlent la rue principale…
Ma
- Lizzy, tu restes… Jane courrait délivrer son Bingley… Kitty chercherait à se déguiser en je ne sais quoi… Et moi je suis incapable de rester en place quand une de mes filles disparaît avec un bellâtre de seconde zone… En selle !… Alors, Jane tu vas vers Sarko City… et tu vas jusqu’à l’intérieur de la ville… Kitty tu voles jusqu’à ChiChiHuaHua… Mary tu te diriges vers Bre Town et tu n’économises pas tes efforts. Et moi je prends la piste de Borloo… (elles sortent)


Acte IV – Scène 5
(Elizabeth – Darcy)



Elizabeth
- Mais qu’est-ce qu’il disait dans cette lettre ?… Il avait tous les jours des blettes à déjeuner et il voulait fuir avec mon arroseur ? (elle relit la lettre)… Bon c’est décidé, je ne touche plus au whisky de Ma !… Il avait tous les jours des dettes à honorer et il voulait fuir avec ma sœur… Et voilà ! Si j’avais été sobre, si je n’avais pas touché à cette bouteille, j’aurais deviné ce que ce Wickham voulait faire avec Lydia ! Oh malheureuse que je suis !… Et toi, maudite bouteille, je vais te faire payer ça ! (Elle brandit la bouteille comme pour la casser)
Darcy
- Que faites-vous ? Vous liquidez le stock ?
Elizabeth
- Non, je casse les prix !… Et vous ? Encore en sortie ?
Darcy
- Pas exactement ! Après ma dernière sortie, je n’ai pas pu rerentrer pour rejoindre le marshal Bingley… J’ai tourné un peu dans la ville… La solution est inextricable… Ils ont barricadé les rues, ils ont pris miss Bingley en otage, ils se rapprochent d’heure en heure… Et en plus, dans le bureau, il n’y avait presque plus rien à manger… Et surtout plus de café…
Elizabeth
- Chacun ses problèmes, monsieur le juge Darcy ! Moi c’est ma sœur Lydia qui m’inquiète… Elle est partie avec le lieutenant Wickham !…
Darcy
- Il l’a enlevée ?
Elizabeth
- Je ne sais pas ce qu’il a dû lui promettre…
Darcy
- Oh, c’est facile à deviner !… Il est prêt à promettre n’importe quoi juste pour espérer gagner de l’argent… C’est qu’il est couvert de dettes… C’est comme une maladie chez lui… ça le démange… Alors quand il ne peut plus faire face, il se tire… C’est sa seule chance de s’en sortir…
Elizabeth
- Oui, je vois… Une chance au tirage, une chance au grattage… Et si vous alliez prévenir le 18è de cavalerie de ce qui se passe ici ?!
Darcy
- Vous croyez ?!
Elizabeth
- Ca pourrait s’imaginer, non ?!… En quelques heures, ils seraient ici et les hommes de B. Wush n’auraient plus qu’à détaler…
Darcy
- C’est pas idiot !… Mais je suis juge, moi, pas justicier…
Elizabeth
- Tout ce que vous avez à faire, c’est prendre un cheval… et foncer vers Pin Ville !…
Darcy
- Je n’ai pas de cheval…
Elizabeth
- Prenez le mien… C’est un véritable pur sang… Il s’appelle Drag queen et il file comme le vent !…
Darcy
- J’y vais…
Elizabeth
- Mais avant, expliquez-moi… Vous avez dit que ce qui intéressait Wickham c’était l’argent… mais de l’argent, nous n’en avons pas !…
Darcy
- Allons, allons ! Pas de ça avec moi… Je sais bien qui sont les sœurs Bennett… Et je suis sûr que si on creusait dans votre jardin, on trouverait quelques beaux sacs bien remplis et bien tapis dans leur cachette…
Elizabeth
- Faudrait encore le prouver !…
Darcy
- On le prouvera… Un jour… Si on a le temps… (il sort)
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MessageSujet: THEATRE : Or, deuil et pré-jugées - Acte 5   Sam 10 Nov 2007 - 14:21

Acte V – Scène 1
(Darcy – Lydia – Wickham)



Darcy
- Miss Elizabeth ! Miss Elizabeth ! Je les ai retrouvés ! Miss Elizabeth !
Lydia
- Bon, ça va… Vous allez pas réveiller tout le quartier non plus…
Darcy
- Silence ! (et il tape sur une table) Ou je fais évacuer la salle !… Asseyez-vous !…
Wickham
- Je suis très bien debout !
Darcy
- Asseyez-vous ! Vous vous lèverez quand on vous interrogera !…
Wickham
- Pffff… Qu’est-ce qu’il est chiant quand il joue au petit juge !…
Darcy
- Lieutenant George Wickham, veuillez-vous lever et décliner votre identité…
Wickham
- Ben à quoi ça sert puisque tu les connais…
Darcy
- Veuillez vous lever et décliner votre identité…
Wickham
- Bon, d’accord… Je m’appelle George Wickham… Je suis né le 17 août 1859… Je suis lieutenant dans l’armée des Etats-Unis au 18è régiment de cavalerie, première brigade, troisième cheval à droite au second rang…
Darcy
- Merci… Vous pouvez vous rasseoir… Et vous Lydia Bennett…
Lydia
- Je m’appelle Lydia Bennett… Je suis née le 23 juillet mille huit cent hum hum et des poussières…
Darcy
- Soyez précise…
Lydia
- Mais enfin ! On ne demande pas son âge à une dame !…
Darcy
- Moi si !
Lydia
- Je suis née le 23 juillet 1867…
Wickham
- Comment 1867 ?!… Mais tu m’avais dit que tu avais 17 ans…
Darcy
- De l’intérêt d’être juge quand on pose ce genre de questions !… La suite !…
Lydia
- Je suis serveuse-danseuse-chanteuse-gardeuse de chambre au saloon de Ma Bennett à Longbourn Gulch…
Darcy
- Monsieur George Wickham, vous êtes accusé d’enlèvement… Et miss Lydia Bennett de complicité…
Lydia
- Et qui on a enlevé ? Moi ?! Je ne peux pas être complice de mon propre enlèvement…
Darcy
- Non, je parle de ça !… (il sort un sac de sous sa veste) La paye des cavaliers du 18è de cavalerie… Que plaidez-vous ?
Lydia
- Non coupable…
Wickham
- Coupable…
Lydia
- Comment ça coupable ?!
Wickham
- Attends… Il nous a surpris avec le sac, les colts encore fumants… Comment tu vas lui expliquer ça ?
Lydia
- On trouve toujours un bon avocat pour ça…
Darcy
- Avec tout ça, j’ai de quoi vous envoyer en enfer au bout d’une corde…
Lydia
- Mais vous n’allez pas le faire, pas vrai ?…
Darcy
- J’hésite…


Acte V – Scène 2
(Lydia – Wickham – Darcy – Collins)



Collins
- Oh oh ! Quel silence ici ! On se croirait dans un tribunal !
Darcy
- Ou dans une église, révérend…
Collins
- Ne comparez pas ce lieu de perdition à mon église…
Darcy
- Révérend Collins, ces deux jeunes gens veulent se marier…
Wickham
- Comment ça, se marier ?
Lydia
- Oui, comment ça ?…
Darcy
- A vous de choisir quel genre de corde vous voulez vous passer autour du cou…
Wickham
- Ah… Alors vu comme ça !…
Lydia
- Non, non… On peut toujours trouver un bon avocat pour ça…
Wickham
- Arrête de dire des conneries ! On est cuit ! On est cuit ! Va falloir qu’on se supporte !…
Collins
- Vous êtes sûrs qu’ils s’aiment ? Parce que là c’est pas évident…
Darcy
- Ils s’adorent !… C’est juste l’émotion…
Collins
- Et leurs parents sont d’accord…
Darcy
- En tant que tuteur du lieutenant Wickham, je suis d’accord… Cela suffit, non ? Vous n’allez pas supposer que Ma Bennett s’opposera ?!
Collins
- Non, en général, ce sont ses filles qui ne sont pas d’accord… Elle, elle veut bien s’en débarrasser… Si elle embauche des danseuses-chanteuses-serveuses venues d’Europe de l’Est, ça lui coûtera moins cher…
Darcy
- Alors, je crois que tout est clair… Vous pouvez embrasser l’accusée…
Wickham
- Ca va pas non ?
Darcy
- Alors, rendez-vous directement à l’église… Tenez, je vous donne 20 000 pour vos faux frais… Et soyez heureux de ne pas passer par la case prison…

(Ils sortent… Darcy reste seul un moment regardant fixement le magot sur la table, puis se lève et se sert un verre de whisky)
Darcy
- Qu’est-ce que c’est que ce whisky ? Il est sucré, il pétille… C’est pas mauvais, ma foi… (il se ressert… à ce moment, les cloches se mettent à résonner)


Acte V – Scène 3
(Darcy – Elizabeth)



Elizabeth
- Qu’est-ce qui se passe ?…
Darcy
- Je crois que vous devriez vous dépêcher si vous ne voulez pas manquer le mariage de votre sœur…
Elizabeth
- Une de mes sœurs se marie ?… Jane ?…
Darcy
- Non… Lydia…
Elizabeth
- Lydia se marie avec Wickham ?…
Darcy
- Tout à fait !…
Elizabeth
- Mais comment ?…
Darcy
- Ils n’étaient pas partis bien loin… Je les ai croisés… Je me suis expliqué avec Wickham… Et il a compris où était son intérêt…
Elizabeth
- Oh, vous avez fait ça !…
Darcy
- Vous en auriez fait autant à ma place…
Elizabeth
- Oh non ! Moi je l’aurais truffé de plomb d’abord et j’aurais discuté d’abord… (ils rient puis il y a un silence) Et pour le marshal Bingley ?
Darcy
- Je m’en occupe sur l’heure… Dépêchez-vous !… (il sort)


Acte V – Scène 4
(Elizabeth – Mary – Ma – Kitty – Jane)



Elizabeth
- C’est drôle comme on peut se tromper sur les gens… Ce juge Darcy avait l’air d’un type imbuvable et maintenant je le trouve si charmant, si attentionné, si… sympa… Oui, il est sympa !… Et à peine est-il parti qu’il me manque… Est-ce que cela veut dire que… Non, non, ce n’est pas possible… Je ne peux pas être amoureuse d’un juge… Avec Jane amoureuse d’un marshal, l’honneur de la famille est déjà trop mis à mal… Et puis je ne veux pas risquer de me laisser submerger par les mêmes espoirs que Jane fonda… Non, non, je ne suis pas amoureuse de lui… Impossible !… (elle se rapproche du comptoir, voit le verre, le prend contre elle et le serre sur son cœur, puis se précipite comme si elle voulait rattraper Darcy)
Ma
- On les a pas trouvés !
Elizabeth
- C’est qu’ils ne sont pas partis ! Ils sont à l’église… Ils se marient…
Jane
- Quoi ?! A l’église ?! Mais c’est moi qui devrais y être !
Elizabeth
- Tu y seras bientôt toi aussi, crois-moi… Dépêchons-nous ! Nous allons rater ça !… (elles sortent… un temps sans que rien ne se passe… puis des coups de feu)


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MessageSujet: Re: THEATRE : Or, deuil et pré-jugées   Sam 10 Nov 2007 - 14:22

Acte V – Scène 5
(Darcy – Bingley – Miss Bingley)



Bingley
- Cher Darcy, vous avez été remarquable !…
Darcy
- Ecoutez, cher Bingley, n’en parlons plus… C’est déjà de l’histoire ancienne…
Bingley
- Comment ?!… Votre modestie est donc sans bornes ?… A vous seul, vous avez mis en fuite les sbires de ce maudit B. Wush…
Darcy
- Ce n’est rien, je vous dis…
Miss Bingley
- Ce n’est rien, il vous dit… Charles, si ce cher Darcy ne veut rien vous dire de plus, c’est qu’il a sans doute ses raisons…
Darcy
- J’aurais cependant une faveur à vous demander…
Bingley
- Je vous l’accorde sans même vous demander de quoi il s’agit…
Darcy
- Laissez-moi parler plutôt… Cela concerne votre existence plus encore que la mienne…
Bingley
- Alors, dîtes…
Darcy
- Il y a dans ce saloon une personne qui éprouve pour vous les sentiments les plus vifs…
Bingley
- Vous voulez dire Miss Bennett…
Darcy
- Il y en a cinq des miss Bennett… Enfin plus que quatre à l’heure où je vous parle…
Bingley (qui sort de sa poche une affiche)
- Miss Jane Bennett… Wanted… 1000 $… Recherchée pour attaque de banques, de diligences et de merceries…
Darcy
- Elle-même…
Bingley
- Je ne peux pas… C’est une hors la loi…
Darcy
- Vous avez promis !…
Miss Bingley
- Allons, Charles, vous ne pouvez faire cela… Cette femme est une hors la loi… Vous ne pouvez d’un côté serrer en prison George B. Wush et laisser courir Jane Bennett… Ce serait mal… et cela nuirait à votre carrière…
Bingley
- C’est vrai… Mais d’un autre côté, miss Jane est pleine de… enfin bon quoi… C’est agréable d’être avec elle…
Miss Bingley
- Charles !!!
Darcy
- Miss Bingley, puis-je vous parler en particulier ?
Miss Bingley
- Je vous écoute…
Darcy
- Miss Bingley, vous savez que vos grands airs ne me trompent pas ?…
Miss Bingley
- Mes grands airs ?
Darcy
- Oui… L’air incorruptible, défenseur de la loi… Petite femme parfaite… Ayant un avis rigide sur tout… Toujours cassante…
Miss Bingley
- Ce n’est pas une façon de parler à une dame !…
Darcy
- Une dame, vous ?… Allons ! Faut-il que je raconte à votre frère ce que j’ai découvert quand je suis allé acheter le départ des hommes de main de B. Wush ?… Qui était en train de danser avec quelques solides cow-boys ?
Miss Bingley
- Il faut bien tromper l’attente…
Darcy
- Tromper l’attente ?! Moi je pense que vous trompez votre monde… Alors, vous souriez, vous acceptez d’avoir miss Jane Bennett comme belle-sœur et j’oublie ce que j’ai vu…
Miss Bingley
- Mais enfin, Darcy, avez-vous perdu la tête ?
Darcy
- Je crains que oui…
Miss Bingley
- Je dois dire que les arguments de Darcy sont convaincants, Charles… Faites comme bon vous semble…
Bingley
- Comme bon me semble… Mais dans ce cas, je l’épouse… Je l’épouse…


Acte V – Scène 6
(Jane – Bingley – Elizabeth – Darcy – Ma – Mary – Kitty – Miss Bingley)



Ma
- Qu’est-ce que c’était émouvant !
Mary
- Je ne sais pas… Moi je me suis endormie pendant le sermon du révérend Collins…
Jane
- Marshal Bingley ! Marshal Bingley ! Vous êtes vivant ?!
Bingley
- Je crains que oui… Sinon je ne pourrais pas faire cela… (il prend l’affiche de recherche et la déchire jetant en l’air les petits morceaux)… Miss Jane Bennett, voulez-vous m’épouser ?
Jane
- Mon Bingley ! (début d’une série de félicitations par accolades, bises et poignées de mains)
Elizabeth (à Darcy)
- Est-ce à vous que nous devons ce retournement de situation ?
Darcy (à Elizabeth)
- Je ne sais si je dois vous répondre…
Elizabeth (à Darcy)
- Ah ! Ne recommencez pas à devenir désagréable…
Darcy (à Elizabeth)
- Pour ne prendre aucun risque en ce domaine, permettez donc que je me retire…
Elizabeth
- Ne fuyez pas trop loin quand même…
Darcy
- J’ai des personnes à voir… (il sort)
Ma
- Encore un mariage !… Mais que vais-je devenir ?…
Mary
- Une grand-mère !
Ma
- Maudite gamine ! File dans ta chambre !
Mary
- Ah ! Maintenant que Lydia n’est plus là, c’est moi qui suis condamnée à garder la chambre… Eh bien, conduis-moi toi-même sinon je n’irais pas… (elles sortent ainsi que Kitty)
Jane
- Je suis si contente, Lizzy… Bientôt ce sera à toi… Il te reste juste à trouver l’homme…
Elizabeth
- Je crois que je l’ai trouvé…
Jane
- Qui ?… Qui est ce veinard ?
Elizabeth
- Je ne peux pas te le dire…
Bingley
- Allons, je crois que je sais… Il n’a cessé de me vanter vos mille qualités… C’est…


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MessageSujet: Re: THEATRE : Or, deuil et pré-jugées   Sam 10 Nov 2007 - 14:22

Acte V – Scène 7
(Jane – Bingley – Miss Bingley – Elizabeth – Miss Catherine)



Miss Catherine (qui entre)
- Pourrais-je parler à miss Elizabeth Bennett en particulier ?
Bingley
- Miss Catherine, quelle surprise !
Miss Catherine
- Monsieur Bingley, vous devriez être plus vigilant sur la sécurité des routes… J’ai été attaquée cinq fois… Deux fois à l’aller et trois au retour…
Bingley
- Je serai plus vigilant à l’avenir, je vous le promets miss Catherine… Je compte rester dans le secteur pendant de nombreuses années…
Miss Catherine
- Et bien pas moi ! C’est pour cela que je souhaite parler rapidement à cette demoiselle… (Jane, Bingley et miss Bingley sortent)
Elizabeth
- Me parler à moi… Mais pourquoi ?
Miss Catherine
- Allons, ne faites pas l’enfant… Vous le savez bien !…
Elizabeth
- Je vous assure que non…
Miss Catherine
- Cherchez bien…
Elizabeth
- Je n’ai pas à chercher ce que je n’ai pas perdu…
Miss Catherine
- Se pourrait-il que vous ayez des ambitions, mademoiselle ?
Elizabeth
- Qui n’en a pas ?
Miss Catherine
- Eh bien, oubliez ma famille lorsque vous faites la liste de vos ambitions…
Elizabeth
- Qu’ai-je à voir avec votre famille ?
Miss Catherine
- Ignorez-vous que mon neveu Darcy soupire pour vous ?
Elizabeth
- Je ne l’ignore pas…
Miss Catherine
- Alors, oubliez le !
Elizabeth
- C’est un ordre ?
Miss Catherine
- Oui…
Elizabeth
- Je n’aime pas recevoir d‘ordre…
Miss Catherine
- Eh bien, il faudra vous y habituer !…
Elizabeth
- Jamais…
Miss Catherine
- Promettez-moi que vous n’épouserez jamais mon neveu !…
Elizabeth
- Jamais !
Miss Catherine
- A la bonne heure !
Elizabeth
- Non, vous m’avez mal comprise… Jamais je ne promettrais cela…
Miss Catherine
- C’est donc que vous l’aimez et que le danger est bien réel…
Elizabeth
- Vous pensez ce que vous voulez…
Miss Catherine
- Je vous interdis de l’aimer !
Elizabeth
- Mais je ne l’aime pas…
Miss Catherine
- A la bonne heure !
Elizabeth
- Je ne l’aime pas… je l’adore, je le vénère, je ne rêve que de me retrouver dans ses bras… L’aimer ?! Mais c’est si commun !… Avec lui, je veux mille enfants…
Miss Catherine
- Oh !
Elizabeth
- Alors, toute miss Catherine que vous soyez, vous allez remballer vos sarcasmes en même temps que votre belle robe et vous allez débarrasser le plancher… Sinon, je lâche mes mites sur votre belle robe… Ce sont des mites en métal qui font des trous ronds et qui parfois s’attaquent même à la chair…
Miss Catherine
- Vous n’oseriez pas ?
Elizabeth
- Chiche ? (elle dégaine et miss Catherine s’enfuit) Tant pis pour moi… Avec ce qui vient de se passer, jamais Darcy ne reviendra vers moi… Je crois bien que moi aussi je vais filer dans ma chambre… (elle sort)


Acte V – Scène 8
(Collins – Ma – Elizabeth - Darcy)



Collins
- Oh ! Oh ! Il y a quelqu’un ?!
Ma
- Voilà, voilà !… Où est encore passée cette vaurienne de Lizzy ?… Oh c’est vous, révérend !
Collins
- Vous m’inquiétez, Ma Bennett…
Ma
- Pourquoi ? Je me suis encore trompée dans une date ?…
Collins
- Qu’est-ce qu’il vous prend ?
Ma
- Serez-vous plus clair ?
Collins
- Je suis venu vous féliciter pour ce nouveau mariage qui s’annonce…
Ma
- Ah oui… Je vous comprends… Vous parlez de Jane ?
Collins
- Non… parce que Jane aussi ?…
Ma
- Comment ça, Jane aussi ?
Collins
- Moi je vous parle d’Elizabeth…
Ma
- Mais Elizabeth ne veut pas se marier…
Collins
- Ce n’est pas ce qu’on m’a dit…
Ma
- Enfin, voyons, je sais bien que c’est Jane qui…
Collins
- Ecoutez, si Jane doit aussi se marier, je vais être obligé de vous faire un tarif de groupe…
Ma
- Mais Elizabeth ne veut pas se marier…
Collins
- Ce n’est pas ce qu’on m’a dit…
Ma
- Bon, calmons-nous et reprenons nos esprits… Vous affirmez qu’Elizabeth va se marier… et moi je dis que c’est Jane…
Collins
- Nous sommes d’accord… sur le fait que nous ne sommes pas d’accord…
Ma
- Mais qui est venu vous demander de marier ma fille ?
Collins
- Laquelle ? Elizabeth ou Jane ?
Darcy (qui entre)
- C’est moi !
Ma
- Vous ?!… Alors c’est qu’on vous a fait une mauvaise blague, révérend… Ma fille n’épousera jamais le juge Darcy… Elle le trouve hideux, fat, bête comme ses pieds et lourd comme un discours de George Washington…
Darcy
- Ah !
Elizabeth
- Ma, qui vous permets de parler en mon nom ?… Et si moi je trouvais au contraire que le juge Darcy est le plus extraordinaire des hommes, le plus juste, le plus humain… Et si je savais qu’il a eu pour notre famille mille bontés dont il ne cherche pas à se vanter… Tout cela juste pour que je sois heureuse… Si je vous disais cela…
Ma
- Mais vous ne le direz pas, n’est-ce pas ?
Elizabeth
- Non, je ne le dirai pas… Je le hurlerai, je le chanterai… Je l’aime, Ma… Je l’aime…
Ma
- En ce cas, il faudra l’épouser…
Darcy
- Madame Bennett, puis-je vous demander la permission d’épouser votre fille Elizabeth ?
Ma
- Vous pouvez… Et je vous réponds oui…
Darcy
- Et puis-je aussi vous demander la recette de votre fabuleux whisky ?
Ma
- Mon whisky ?! Mais c’est du whisky ?!
Darcy
- Un whisky sucré et avec des bulles…
Ma
- Comment ça ?! Avec des bulles ? (elle se précipite sur la bouteille, boit) Mais qu’est-ce que cette horreur ?… Qui a trafiqué mon whisky ? Les filles !!!
Darcy
- Ecoutez ! Je suis prêt à commercialiser votre whisky… Depuis que j’en ai bu, je me sens plus tonique, plus décidé… Là, je viens de river son clou à ma tante, miss Catherine, et d’oser vous demander la main de votre fille… Cette boisson a des effets magiques…
Elizabeth
- Mais que comptez-vous faire ?
Darcy
- Mais la vendre… La mettre en bouteille et la vendre… Et on appellera ça le Darcy cola !… On la vendra très cher…
Elizabeth
- Mais Darcy, c’est du vol !
Darcy
- Eh ! Pourquoi pas ?! Il faut bien savoir se faire accepter par sa nouvelle belle famille, non ?

(ils se mettent tous à tirer des coups de feu en l’air en poussant des cris)

FIN
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