Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 11 novembre 1918

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
MBS

avatar

Nombre de messages : 8164
Age : 54
Localisation : Toulouse
Date d'inscription : 31/10/2007

MessageSujet: 11 novembre 1918   Sam 10 Nov 2007 - 23:50

Le fait du jour

Ce jour-là, à 11 heures du matin, des rivages de la mer du Nord à la frontière suisse, le clairon sonne l’armistice. Celui-ci a été signé à 5h15 dans le wagon du généralissime Ferdinand Foch en forêt de Rethondes.


Pourquoi ?

Au printemps 1918, débarrassés de l’opposition russe sur le front de l’Est, les Allemands ont lancé une série d’offensive sur le front de l’Ouest pour vaincre avant l’arrivée en masse des Américains. C’est la fin de la guerre des tranchées, le retour à une guerre de mouvement. Revenus sur la Marne, les Allemands ont été repoussés et l’été a vu s’enclencher une série de contre-offensives des Alliés. Dès lors, les responsables allemands comprennent que la guerre est perdue. Le 3 novembre, les marins de la base de Kiel se mutinent ; le 9, c’est à Berlin que la contestation monte. Sous la pression des militaires, l’empereur Guillaume II abdique. La défaite ne peut être celle de l’Etat-major mais bien celle des civils. C’est pourquoi c’est un civil, Mathias Erzberger qui est chargé d’aller négocier l’armistice avec Foch.


Qu’est-ce que cela change ?

Contrairement à ce qu’on dit souvent, l’armistice de Rethondes ne met pas fin à la guerre, il conduit à l’interruption des combats ( on devrait logiquement parler de guerre de 14-19 et non de guerre de 14-18 ). Un débat agite les décideurs français, certains comme Pétain souhaitant que les combats se poursuivent afin d’envahir l’Allemagne. L’armistice sera cependant renouvelé jusqu’à la conclusion du premier traité de paix, le traité de Versailles (28 juin 1919), conclu après six mois de discussions entre les vainqueurs… et imposé aux Allemands sans possibilité de négocier.


Dernière édition par le Dim 11 Nov 2007 - 21:12, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://fiona.toussaint.free.fr
rizlabo
Saigneur des Grands Crus
avatar

Nombre de messages : 7973
Localisation : Poireaux et blaireaux, it's my way
Date d'inscription : 05/04/2005

MessageSujet: Re: 11 novembre 1918   Dim 11 Nov 2007 - 2:21

Je me permet de broder un peu autour des propos essentiels de MBS.

L'armistice impose le silence aux armes, mais non l'état de belligerance.
Il s'agit d'une suspension et non la fin des hostilités.
Cet armistice fut renouvelé tous les 36 jours (allez savoir pourquoi ?). IL y fut mis fin avec le traité du 28 juin 1919. Ce qui fait dire à MBS, c'est la première fois que je lis ça, que cette guerre devrait s'appeller celle de 14-19 (du moins du point de vue de la France et de l'Allemagne). Bien vu.

Notons qu'Adolf Hitler s'est fait un plaisir de signer la capitulation de la France en '40 dans le wagon de Rethondes, et que la paix de Versailles de 1919 était au fond une guerre froide contre l'Allemagne, avec des conditions si intenables qu'elle a engendré le nazisme.

Enfin, le front allemand et les arrières allemands était minés par les menées révolutionnaires dans la lignée de la révolution en Russie et que les français ont bien pris soin de laisser la possibilité militaire aux allemands de "rétablir l'ordre"...
C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'Hitler, caporal autrichien courageux se retrouva dans les services de contre-espionnage de l'armée allemand avec mission de surveiller tout ce qui était rouge. Ce fut le premier pied à l'étrier d'une brillante carrière gouvernementale.

Guillaume II passa la guerre à Spa, en Belgique, très jolie petite ville d'eau réputée dans toute l'Europe des siècles. Vous pouvez admirer le chateau et le parc dans le film de Kubrick, "Barry Lyndon", cet épisode ou toute la noblesse joue aux cartes et s'entrebaise.
Revenir en haut Aller en bas
rizlabo
Saigneur des Grands Crus
avatar

Nombre de messages : 7973
Localisation : Poireaux et blaireaux, it's my way
Date d'inscription : 05/04/2005

MessageSujet: Re: 11 novembre 1918   Lun 12 Nov 2012 - 3:30

Commémoration ce jour d'un conflit qui fit 18 millions de morts dont 1,5 pour la France des millions d'invalides et de mutilés, sans compter toutes sortes de maladies mentales provoquées par le stress du combat.
Ces maladies étaient d'ailleurs mal connues et c'est la première fois que les services de santé commencèrent à prendre en compte ses maladies. Adolf Hitler qui fut un soldat et un sous-officier exemplaire et courageux pendant la guerre, souffrit quelque jour d'une cécité névrotique (encore que ce point soit contesté car il aurait été atteint par du gaz moutarde).

Une chose très regrettable, c'est qu'on ne dit jamais presque nulle part que cette terrible guerre fut le fruit de l'impérialisme très aggressif de l'Allemagne et de GB
Il se dit que les grands trusts style Wendel ou Krupp s'enrichirent en fournissant les deux camps.
Les socialistes cajolent Jaurès qui fut assassiné pour son pacifisme révolutionnaire le jour de la déclaration de guerre par un nationaliste d'extrême-droite. Après cet évènement, les socialistes de tous les pays sans exception tournèrent le dos à l'antiimpérialisme et au pacifisme et votèrent les énormes crédits de guerre, en France comme en Allemagne. Sans risque de se tromper, on peut affirmer que Jaurès aurait choisi le camp communiste lors du Congrès de Tours en 1921. Car la tendance de gauche, futur communiste des PS étaient restés fermement sur la ligne antérieure.
Dans ces conditions, il était dans l'ordre des choses que le parti bolchevik prenne totalement le dessus en 1917. Pour rappel, bolchevik en russe signifie tout simplement majoritaire et leurs adversaires mencheviks minoritaires lors d'une scission du PSOSDR quelques temps plus tôt.

Il faut se réjouir de ces manifestations nationales (et non j'espère nationalistes) qui commémorent l'armistice, je m'en réjouis, mais je me réjouirais encore plus si on soulignait aussi et surtout son caractère impérialiste. Ces soldats, tous sans exception dans tous les camps ont soufferts de conditions épouvantables car non seulement le marmitage était incessant, mais il y avait aussi l'odeur des excréments et des ordures, danger des gaz, humidité, froid, les rats, les cadavres pourrissants, la crainte des sapes, des attaques commandos et des offensives massives, lances-flammes et lors d'une attaque un pourcentage très élevé de pertes et de blessés. Sans compter que la chirurgie et la médecine n'étaient pas aussi développée que pendant la deuxième guerre, que les antibiotiques étaient inconnus. Heureusement, morphine.

L'entre-deux guerres que certains auteurs voient comme une continuité de l'état de guerre, le pacifisme changea de camp. En effet, la droite était nationaliste, voire cocardière et pacifiste en s'appuyant sur les anciens combattants tandis que les communistes, très tôt ont senti le danger d'une guerre avec le régime hitlérien. Ils n'étaient donc pas pacifistes, mais au contraire voulaient augmenter le budget de l'armée, la moderniser et l'entrainer intensivement. Un slogan de droite de ces années-là, c'était plutôt Hitler que le Front Populaire

Une particularité belge, c'est que le territoire, sauf une toute petite bande au Nord, fut occupé tout le temps du conflit. Les allemands se livrèrent à des représailles inadmissibles à large échelle contre les complots et le sabotage, qui étaient pourtant bien moins développés qu'en 39-45 (les belges disent 40-45). A leur décharge, les recrues tremblaient de peur tout au début et lors de leur avancée, les fantassins confondaient le bruit des shrapnells de l'artillerie longue portée avec des tirs de snipers. Ils avait donc la fusillade facile. Mais au bout de quelques jours, il n'y avait plus d'excuses. La propagande chez les alliés était de raconter que les allemands mangeaient les petites filles belges. Donc, quand je vois les cimetières communaux en France, je suis ébahi par la longueur des listes de tués sur les monuments aux morts et ce dans les plus petits villages.
Cette occupation fut tout aussi sévère dans les territoires du Nord de la France, elle était je pense soumise à la même administration allemande que la Belgique.
Ce souvenir des représailles était si ancré que les Belges prirent le chemin d'une véritable exode en France, c'est d'ailleurs son nom.
C'est le seul pays région d'Europe avec le Luxembours à avoir été occupée deux fois pendant les guerres, hormis les quelques annexions en France et dans l'Est de la Belgique.
Les conditions des civils étaient dramatiques, comme d'habitude manque de ravitaillement. Travail forcé mais pas au point du nazisme et bien sûr l'anxiété quotidienne.
Autre fait remarquable. C'est la GB qui a créé le mythe d'Albert II le roi chevalier défendant courageusement la petite Belgique. La cavalerie n'existait plus. Les anglais avaient besoin d'être conditionnés dans leur opinion antiallemande et probelge pour les encourager dans l'effort de guerre. N'oublions pas que la France était un ennemi économique et que le sentiment de haine envers l'ennemi héréditaire était encore très vivace. Quand le Roi mourut d'un accident d'escalade alors qu'il grimpait seul et que son ordonnance l'attendait dans la voiture. Encore aujourd'hui, cet mort semble à beaucoup suspecte et ils disent que c'était un assassinat des services allemands. Allez savoir.
Revenir en haut Aller en bas
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9746
Age : 70
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: 11 novembre 1918   Lun 12 Nov 2012 - 19:37

Ebahie aussi de la liste à Hellems, banlieue de Lille, pas moins de 4 frères, tous moins de 30 ans, à l'époque Hellems était un tout petit village! Ca touche, rien que des noms sur une pierre.

Nuances toutefois: l'Allemagne et la Grande Bretagne, aussi impérialiste l'une que l'autre ne portent pas seule la responsabilité d'une guerre que tout le monde voulait en criant le contraire. La France revancharde qui n'avait pas digéré la défaite de 1870, la Serbie fauteuse de troubles qui espérait fédérer autour d'elle la "Poudrière des Balkans" en créant la "Grande Serbie", ambition qu'elle n'a pas vraiment abandonnée. Sans compter tous les autres dont l'Autriche Hongrie d'où est partie la déflagration. Ces braves gens souhaitaient chacun s'emparer des morceaux de l'autre, surtout de l'Empire Ottoman, "L'Homme Malade de l'Europe", et les multiples nationalités soumises aux grands empires qui voulaient légitimement retrouver leur liberté.

Je n'affirmerais pas que Jaurès aurait choisi le camp communiste!

Lénine a été renvoyé en Russie par les allemands, en train et avec de l'argent, car ceux ci savaient qu'il aller semer le bazar ce qui empêcherait la Russie de continuer la guerre.
"Plutôt Hitler que le Front populaire" et plutôt Hitler que Staline. Hitler est né de la guerre et de la crise. la volonté imbécile d'humilier et abaisser l'Allemagne qu'à conduite la France l'a propulsé au pouvoir, avec la bénédiction des droites européennes.

Que les marchands d'armes aient fait des affaires avec tous les camps ne doit pas surprendre, ces gens là n'ont ni patrie ni états d'âme. Il en fut de même pendant la 2ème GM.

J'ignorais que le mythe Albert II était une création britannique, mais rien de surprenant au fond!

Résultats des courses: une boucherie qui en entraîna une autre! Bravo!
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: 11 novembre 1918   

Revenir en haut Aller en bas
 
11 novembre 1918
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Sergent 19eme RI 10 novembre 1918
» Le 11 novembre 1918
» Ou était nos bataillons le 11 novembre 1918
» Pierre Sellier clairon, 7 novembre 1918 Rethondes.
» Armistice 11 novembre 1918,Les vendanges au XIXe siècle,

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Connaissance du Monde :: Il était une fois... :: Anniversaire du jour-
Sauter vers: