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 Pour le LU (photo de l'homme entre ciel et terre)

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meley

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MessageSujet: Pour le LU (photo de l'homme entre ciel et terre)   Sam 17 Nov 2007 - 22:34

Voila une photo, un regard que l'on devine...
elle vous inspire? à vos plumes!

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Anna Galore



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MessageSujet: Re: Pour le LU (photo de l'homme entre ciel et terre)   Sam 17 Nov 2007 - 23:09

Où est-ce que je suis?

Il n'y a plus rien, il fait sombre. Pourtant, je me sens bien. J'ai chaud. J'entends des chants d'oiseau. Non, des voix. Enfin, je crois que ce sont des voix. Je ne reconnais pas les mots.
Peut-être s'agit-il de langues que je ne comprend pas. Ca doit être ça. En tout cas, ces mots inconnus sont doux. Chaleureux. Ils m'entourent, voltigent autour de moi.
Peut-être sont-ils des pensées? Oui, voilà, des pensées de gens qui m'aiment. Ou du moins qui se tournent vers moi, sans savoir où je suis. Des bribes d'affection, qui me parviennent sans que ces gens sachent où je suis. D'ailleurs, je ne le sais pas moi-même. Mais quelle importance, après tout? Pour tous ces gens, je suis un petit peu en eux, dans leur coeur. Les sentiments se moquent des distances ou du temps.
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Laconfiture
Palala
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MessageSujet: Re: Pour le LU (photo de l'homme entre ciel et terre)   Sam 17 Nov 2007 - 23:37

***

Moi, j’ai lu le ciel et les nuages, j’ai fait le tour et l’oiseau, comme on vole, comme on vole, du haut d’une plage, et se jette à l’eau.

Un deux trois, je sautille.

Moi, j’ai lu la nuit et les histoires, des monstres qui sortent du placard, comme tu me consolais, tu me consolais des marais.

Et puis je dégringole.

Toi, t’as lu des contes, de princesses et de sirènes, pour que je remonte, que je remonte sur la Seine.

Trois fois rien de pacotilles.

Toi, t’as lu dans mes yeux, des eaux vives, qui coulaient à deux, trois à la dérive, comme tu comprends et les vents et les marées.

Je cris et je rigole.

Moi, j’ai lu une déclaration, que je voulais faire semblant, de noyer le poisson, sur le sable blanc, comme je voulais dire des océans.

Un deux trois, ça fait froid.

Moi, moi j’ai lu des mers et des paires d’étoiles, comme on met les voiles, comme on s’en va, dans l’air et le calme plat.

Là, lala, dans le dos.

Toi, t’as lu mes peines et mes mers agitées, mes vagues à l’âme que je voulais étouffer, comme t’as essuyé le sel de mes yeux mouillés.

Et si je chantonne, à trois.

Toi, t’as lu le ciel et les nuages, t’as fait le tour et l’oiseau, comme on vole, comme on vole, du haut d’une plage, et se jette à l’eau.

Me revienne six échos.

Toi, t’as lu.


***
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ZAZA 54
Ouillette D'Inde
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MessageSujet: Re: Pour le LU (photo de l'homme entre ciel et terre)   Dim 18 Nov 2007 - 1:10

Tous les soirs il venait à cet endroit , attiré comme par un aimant. Il ne savait pas pourquoi ses pas le portait jusque là, mais il fallait qu'il y aille . C'était plus fort que lui. Les nuits étaient froides mais cela ne semblait pas le préocuper outre mesure, son regard se tournait alors vers le ciel, mais que cherchait-il ? qu'attendait-il ? lui même sans aucun doute ne le savait pas, mais c'est cette force intérieure qui le menait là, et pour cette raison il se laissait conduire inlassablement chaque nuit. Il avait fini par comprendre que quelque chose de bien allait finalement lui arriver. Le signe serait bientôt là, il le sentait.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
C'est ainsi que je veux écrire. Avec autant d'espace autour de peu de mots. Je hais l'excès de mots. Je voudrais n'écrire que des mots insérés organiquement dans un grand silence, et non des mots qui ne sont là que pour dominer et déchirer le silence. En réalité, les mots doivent accentuer le silence. »

Etty Hillesum


Dernière édition par le Dim 18 Nov 2007 - 1:13, édité 1 fois
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Anna Galore



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MessageSujet: Re: Pour le LU (photo de l'homme entre ciel et terre)   Dim 18 Nov 2007 - 1:10

Le texte qui suit est extrait de mon roman en cours d'écriture "La femme primordiale". Il s'agit de l'histoire "vraie" (imaginaire, bien sûr) qui aurait pu donner naissance au mythe d'Isis et Osiris - nommés ici sous leur vrai nom égyptien, Iseth et Ouser.

La danse nubienne au soleil


Lutte ! Rallume cette lumière qui s’est éteinte. (Dylan Thomas)



Mon aimé, ne meurs pas. Ne meurs pas. Je vais danser sous le soleil, je vais dire les mots qui peuvent tout. Les hommes de Makuria ne peuvent t’enlever à moi. Toi et moi, nous ne sommes qu’un.
Le soleil donne la vie et le soleil brûle. Le sable… le sable rouge à perte de vue. Ils nous traquent. Il faut continuer à marcher, il faut les distancer. Ce sont des chasseurs impitoyables, ils savent même vaincre les crocodiles d’Iteru, le Grand Fleuve.
Ils sont menés par Soutekh, ton propre frère. Il veut ta mort parce qu’il veut mon corps. Il me désire depuis qu’il nous a vus à Dongola, nus sur notre couche, ton talisman dressé de désir au fond de mon ventre brûlant, tes mains sur mes seins offerts. Mes soupirs de plaisir l’ont rendu fou de jalousie.
Mais je ne serai jamais à lui. Jamais. Si tu meurs, Ouser, mon aimé, je partirai aussi là où il ne pourra plus m’atteindre. Je rejoindrai les terres obscures où le soleil ne luit jamais. Je deviendrai un spectre parmi les spectres, unie à toi à jamais.
Relève-toi, mon aimé. La soif nous brûle la gorge mais nous devons avancer. Ton frère a tailladé ton corps de multiples blessures. Tu saignes abondamment, tu es épuisé. Appuie-toi sur moi, il faut continuer à avancer. Ton frère, celui qui hurle dans le ciel, ne doit pas vaincre. Tu ne dois pas mourir.
Vois, il y a un abri au flanc de cette butte. Une cavité où nous allons passer la nuit. Je vais en cacher l’ouverture avec des buissons desséchés. Allonge-toi, mon bien-aimé. Ici, il fait frais. Tu fermes les yeux, tu es faible. Es-tu endormi ou évanoui ? Peu importe, je vais soigner tes plaies. Je vais veiller sur toi. Je vais te ramener à la vie.
Je connais un rituel très puissant. Je l’ai appris loin d’ici, au cœur des Terres Noires du nord, sur l’île entre les deux fleuves. Je ne t’ai jamais raconté mon histoire d’avant toi. Quand je t’ai rencontré, je venais d’arriver à Dongola après un long périple.
Tu as la peau sombre, comme les premiers hommes, ceux des savanes du sud. Moi, ma peau est claire. Mes ancêtres ont été voisins des tiens mais un jour, ils sont partis. Mon peuple a migré vers le nord, il y a de cela des centaines de générations. Nul ne sait plus pourquoi.
Pendant des lunes et des lunes, ils ont suivi le cours du Grand Fleuve. Là-bas, au bout de sa course, il devient un vaste marais et se jette dans un lac à l’eau saumâtre, tellement immense qu’on ne peut pas en voir l’autre rive. Des poissons plus grands que les hommes y vivent. On peut les voir sauter au dessus de la surface, à quelques jets de pierre des berges.
En atteignant le rivage, tous étaient épuisés. Nombreux sont ceux qui ont pensé être au bout du monde. Selon eux, la migration venait d’arriver à son terme. Ces lieux avaient tout pour devenir leur nouvelle demeure. Il fut décidé de rester là. Le Grand Fleuve apportait de l’eau en abondance et un limon fertile, à chaque inondation bienfaisante. Les graines et les fruits de la terre, ainsi irrigués, mettaient la tribu à l’abri de la famine pour toujours.
Pourtant, après bien des saisons de quiétude, une poignée d’hommes et de femmes a voulu partir plus loin. Mes aïeuls en faisaient partie. Les plus anciens se sont réunis pour choisir dans quelle direction poursuivre leur migration : vers le soleil levant ou vers le couchant ? Après bien des palabres, il a été décidé d’aller vers l’aurore plutôt que vers le crépuscule. Vers le soleil qui naît plutôt que vers celui qui meurt.
Ils ont traversé un désert pierreux et escarpé. La faim les a tenaillés, la soif les a torturés. Plusieurs y sont morts. Moi, j’y suis née.
Un jour, le rivage du Lac Sans Fin a obliqué à nouveau vers le nord. Le chef et mon père se sont querellés. Le premier voulait continuer le long du rivage, le second poursuivre vers l’orient, même si cela voulait dire s’enfoncer au cœur de terres hostiles. Certains ont suivi le chef et d’autres mon père. Des oasis, des rivières nous ont permis de reprendre quelques forces. Les lunes se sont succédées. Nous avons atteint des montagnes immenses qui barraient tout l’horizon. Nous n’étions pas en état de les traverser. Nous avons décidé de trouver une passe. Nous les avons longées, en allant vers le nord à notre tour. Nous sommes arrivés dans les marais des Terres Noires.
Là, tous les miens sont morts, l’un après l’autre. Dévorés par une créature effrayante qui nous a traqués pendant des lunes. Jusqu’à ce qu’il ne reste que moi, enfant désemparée. Le monstre est venu pour me prendre. Ce n’était pas un animal. Pas un humain non plus. Un démon, sans aucun doute. Son mufle était celui d’un fauve. Ses dents étaient des crocs. Son corps nu était couvert d’écailles. Son pénis ressemblait à un serpent. Ses doigts étaient comme des serres. Le bas de son dos ressemblait à une queue de scorpion. Son odeur était pestilence.
Ma dernière heure était venue : il allait mettre mon corps en lambeaux et me dévorer.
Il m’a épargnée.
Il s’est contenté de me fixer longuement, en humant l’air dans ma direction. Puis, il m’a fait signe de le suivre. J’étais terrorisée, je n’ai pas tenté de m’enfuir. Il m’a gardé avec lui pendant quarante lunes. J’ai vécu tout le temps nue, comme lui. Il ne m’a jamais fait le moindre mal, même quand je suis devenue femme.
Il vivait dans une antre de pierre, vaste et déserte. J’ai appris sa langue. Il m’a dit que désormais je m’appellerai Iseth, le Trône. C’est le nom que je porte encore aujourd’hui. Lui s’appelait Pazu Anzu, le Serpent Faucon.
J’ai très vite su pourquoi il ne m’avait pas tuée comme les autres de mon clan. Il m’a expliqué que je ressemblais trait pour trait à celle qu’il adorait depuis toujours. Je lui ai demandé qui elle était. Il m’a répondu qu’elle avait plusieurs noms : Kissikil Lyla Ke, la Lune Noire, l’Esprit du Vent, Lil’itu. Mais il l’appelait simplement la Première.
Il m’a dévoilé toutes sortes de secrets. Il m’a appris les sortilèges les plus terribles, le pouvoir de certains mots, les philtres et les poisons. Il m’a enseigné comment voir au-delà des yeux, au-delà des corps, au-delà de la mort, au-delà du temps. Il a fait de moi la Grande en Magie. J’ai vu tout ce qui allait être. Je t’ai vu, Ouser. J’ai vu que j’aurai un enfant de toi et que cet enfant serait un dieu et un roi. Le premier roi des terres qui entourent le Grand Fleuve. Ses descendants seront eux aussi à la fois dieux et rois.
Notre fils sera nommé Celui-qui-est-au-dessus. Le pouvoir d’Anzu le protègera. J’ai su que je ne mourrai jamais et qu’on me vénèrera jusqu’à la fin des temps.
Une nuit, il a dit que j’étais prête pour l’ultime initiation. Il m’a donné à respirer des herbes à l’odeur étrange. Lil’itu est apparue. À peine l’ai-je aperçue que des pensées lascives m’ont envahie. Je l’ai désirée comme je n’ai jamais désiré personne, pas même toi. Alors que ses lèvres restaient immobiles, elle m’a parlé. Sa voix était dans ma tête. Elle me murmurait des mots d’une lubricité que je n’avais jamais connue auparavant.
Elle m’a enveloppée de ses ailes et elle est entrée en moi. J’ai eu la sensation que mon corps était tout entier caressé de l’intérieur. J’ai éprouvé une jouissance qui m’a faite trembler de plaisir pendant une éternité. J’ai perdu connaissance tellement mon plaisir était insoutenable.
Au matin, quand je me suis éveillée, Pazu Anzu était au pied de ma couche et me regardait en silence. Son visage avait une expression que je ne lui avais jamais vue. Son sexe était dressé jusqu’à son nombril, raide et palpitant. Ses yeux regardaient mes jambes écartées. Mes mains étaient posées sur l’intérieur de mes cuisses. Mon ventre était moite, ma vulve entrouverte, mes doigts mouillés, mes seins érigés.
Il a grondé longuement, sans bouger. Puis il m’a dit qu’il fallait que je m’en aille, loin. Que je reparte chez moi. J’ai lu en lui. J’ai vu ses pensées. Je suis partie.
J’ai pris la route du sud. Je voulais revenir là où vivait mon clan, avant qu’il ne commence la grande migration. J’ai traversé à nouveau les plaines, les rivières, le désert immense. J’ai enfin atteint Iteru, le Grand Fleuve. J’ai remonté son cours vers le sud, en longeant la rive que ma tribu avait prise bien des cycles plus tôt. Les sables rouges n’avaient pas changé à Makuria. Quand j’ai passé la porte de Dongola, je t’ai rencontré. Je te voyais pour la première fois mais je t’ai reconnu. Depuis, nous ne nous sommes plus quittés. Nous sommes devenus des jumeaux que rien ne sépare.

L’aube se lève. Tu sembles dormir paisiblement. Dans la nuit, ton cœur a cessé de battre. Tes quatorze plaies béantes ne saignent plus. La vie t’a quitté. Mais je suis plus forte que la mort.
Je te tire hors de notre abri. Je t’expose à nouveau au Dieu Soleil, le plus grand de tous, celui qui meurt tous les soirs et qui renaît tous les matins. Comme lui, tu es mort et tu vas renaître.
J’allonge ton corps inerte sur le sable encore froid. Je glisse une grosse pierre sous ta tête. Je m’agenouille à tes pieds. Je tiens dans les mains deux grands faisceaux de papyrus qui me font comme des ailes. Derrière toi, face à moi, le Dieu Soleil se lève et fait un halo de feu autour de ton front.
Je vais danser devant lui. Danser pour toi. Danser pour te rendre la vie. Danser pour que tu me donnes l’enfant divin. Les rayons caressent ma peau. Je te transmets leur énergie. Vois mon corps bouger au rythme du ciel qui s’enflamme. Sens mes ailes battre et t’éventer. Reçois les vibrations qui me traversent. Vers toi, je projette mon K’a, mon souffle vital.
Tes plaies se referment.
Le soleil m’illumine et je te le renvoie. Je te réchauffe en dansant sur le sable rouge. Tu bouges la tête. Tu entends la musique du feu. Tes yeux s’ouvrent. Tu me vois danser. Tu regardes mon corps luisant onduler sous le soleil. Tu ne sais pas que tu es mort.
Ton désir monte. Ton pénis devient dur. J’approche de toi. Je m’assieds sur ton talisman dressé. Il s’enfonce en moi alors que tes yeux s’écarquillent de plaisir. Ne bouge pas, laisse-moi faire. Je monte et je descends le long de Pazu le serpent.
Tu respires plus vite. Ta bouche s’entrouvre.
Nos K’a se mélangent.
Tu pousses un cri de vie. Tu m’envahis enfin de ta semence adorée. Tu m’emplis pendant que je t’enserre de mes cuisses et que j’ouvre mes ailes.
Je jette la tête en arrière. Haut dans le ciel, je vois un faucon planer au dessus de nous. Au dessus du pays du Grand Fleuve.
Du fond des Terres Noires, à des milliers de lieues d’ici, Anzu le faucon jouit en moi en même temps que toi. Il crie en même temps que moi.
Lil’itu nous enveloppe de ses bras ailés en souriant.
Le dieu qui va régner sur les terres du Grand Fleuve est en moi.
Celui qui est au dessus est en moi.
Je suis le trône et la matrice.
Je suis Iseth, la déesse mère.


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reGinelle

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MessageSujet: Re: Pour le LU (photo de l'homme entre ciel et terre)   Dim 18 Nov 2007 - 1:10

Sur le tableau noir de la vie...

Face à un grand tableau noir sur lequel s’alignent des mots de craie et dans la main une éponge…

Lire, ligne après ligne, les révoltes, les rages, les élans, les espérances… lire les rêves, les doutes, les frustrations… lire les joies et les douleurs, les peurs et les désirs, lire les faims et les soumissions, les violences et les trahisons, lire les rires et les mensonges, les soupçons et les pleurs, les joies et les plénitudes… lire les manques, les absences, les silences… lire les échecs et les erreurs… lire… de fausses réalités, de vrais mirages… lire… une histoire…

Mots de craie… fragiles… qu’un geste suffirait à transformer en poussière impalpable. Ou plusieurs gestes… sélectifs ceux-là !

Ici, un passage d’éponge sur les pleurs et les mensonges… sur les violences, et les trahisons. Garder les rires et les élans, et les espérances. Effacer ici… et effacer là… Non ! Pas les manques ! Il faut garder les manques ! Les préserver car les effacer voudrait dire ne plus porter d’attente ! Il est bon de souffrir d’un manque ! Ressentir un manque c’est qu’il y a encore du désir ! Cela implique un besoin et l’envie de le satisfaire.

Garder les manques ! Et les faims !

Faim… de tout et de rien !

Faim de fêtes… de danses… de musiques… de liesse ! Faim de rires et d’espiègleries ! Et soifs de liqueurs, de nectars, de saveurs !

Faim… D’une course à perdre haleine sur le sable lourd où viennent mourir les vagues… Faim du vent qui entorse une chevelure aussi sauvagement que des doigts d’amant… Faim de s’écrouler haletante et de rouler sur le dos, les bras ouverts, tout entière offerte au ciel, au soleil, à l’espace et recevoir l’univers… Et soifs d’éclaboussures d’écume salée, de rasades de perles lourdes et chaudes…

Faim d’une pause dans le silence frémissant d’un sous-bois, tout contre l’écorce rugueuse d’un arbre haut et fort… l'enlacer et le serrer... à s’en incruster la chair, à s’y unir… à s’y fondre… Faim d’un bruissement de vie invisible… et soif du murmure d’une source tranquille…

Faim de n’être qu’animale…

Faim de matins de brume et de crépuscules de flammes… et soif d’aurores emperlées de rosée et de noires nuées d’orage !

Envie de la ferveur, de l’ardeur, de la puissance d’une marée océane et s’y livrer, s’y soumettre.

Envie de la tendresse, de la légèreté, de la fragilité, de l’éphémère d’une caresse d’aile de libellule… à en fermer les yeux comme sous la douceur d’un baiser.

Et inspirer aussi fort, aussi profond que possible… avec volupté, goulûment, à s’en rassasier le corps ! À s’en enivrer l’âme ! Aspirer la vie ! Par la bouche grand ouverte aux caprices du vent, par les yeux écarquillés sur un infini qu’il soit de lumière ou de ténèbres… par les doigts ancrés à la rudesse du sol… et s'y accrocher… percevoir la vie ! Et la savourer…

Et écrire d’autres mots de craie… aux couleurs d’arc en ciel…
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reGinelle

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MessageSujet: Re: Pour le LU (photo de l'homme entre ciel et terre)   Dim 18 Nov 2007 - 1:44

Des tankas et des Haikus (jamais postés sur Lu, je crois)


De l'aube givrée
Aux lourdes branches ployées
La neige est manteau

En maître, l'hiver règne
sur la terre, engourdie.

**********

Soleil de glace
Sur les relents de regain
La charrue s'endort

A la veillée, les hommes
Ecoutent d'anciens contes

***********
Les mots se posent
Sur le grimoire jauni
L'histoire est figée

Le suif de la chandelle
Goutte aux pages refermées

*************

Libellule vole
Aux rides de la mare
S'étire l'été

Les voûtes des tonnelles,
s'épanouissent de roses

*************

La braise murmure
Le chat en boule rêve
Le silence dort

*************

Les flammes dansent
Aux carreaux miroirs d'ombre
Les marrons sifflent

*************
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Romane
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MessageSujet: Re: Pour le LU (photo de l'homme entre ciel et terre)   Dim 18 Nov 2007 - 1:58

J’t’aime. J’t’aime et j’sais pas pourquoi c’est viscéralement planté là, vissé dans ma chair comme cet arbre mort dans son nulle part. J’ai marché toute ma vie de tout mon saoul, ivre à trop vouloir trouver ce que je ne sais pas nommer. Faut être dingue pour avaler autant de macadam et de poussière, jusqu’à plus d’heure, jusqu’à ne plus. Sans savoir. Ni comprendre. Simplement habité par la nécessité de.

Un pied devant l’autre et tracer. Combien déjà ? Combien… J’ai oublié et ça n’a plus tant d’importance. Des années sans compter.

Un, deux, trois, soleil ! Soleil.

Rongé par sa mine de ciel et sa terre renouvelable par tranches de vingt quatre heures. En cercle et par définition sans issue. Avec, comme en cet instant, les paupières du monde presque refermées. Un soleil toujours un peu pareil, toujours jamais différent. En dosage permanent. Un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout.

Je l’ai emporté partout avec moi, la nuit, le jour, macadam, poussière. Soleil.

J’t’aime.

Je suis là.



Romane

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
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lison

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MessageSujet: Re: Pour le LU (photo de l'homme entre ciel et terre)   Dim 18 Nov 2007 - 4:15




Qui que tu sois
Le soleil se lève chaque jour
Simplement pour te dire bonjour
De ses rayons, réchauffe ton coeur.
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Miss You

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MessageSujet: Re: Pour le LU (photo de l'homme entre ciel et terre)   Dim 18 Nov 2007 - 10:36

Une pensée, des pensées, des images, des rires, des silences, des mots… pour toi qui es loin, pour toi qui as mal, pour toi qui es là tout près, au plus près puisque tu es dans la pensée, dans les pensées, dans les images, dans les silences et dans les mots.
Tu es loin mais tu es là tout près, tu as mal alors on t'envoit un sourire, tout doux, tout chaud… rien que pour toi. Le jour se lève, un peu brumeux, le soleil est encore timide mais il va devenir toujours plus lumineux, toujours plus chaud, et ses rayons iront jusqu’à toi, clin d’œil de nous rien que pour toi.
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ZAZA 54
Ouillette D'Inde
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MessageSujet: Re: Pour le LU (photo de l'homme entre ciel et terre)   Dim 18 Nov 2007 - 10:36



Je ne sais pas qui tu es, tu sais peut-être qui je suis ? Le jour se lève, une aube remplie de nouvelles promesses l'accompagne, alors regarde le ciel et dis toi que chaque jour qui passe ne ressemble pas à l'autre et que tes yeux seront toujours émerveillés par ce spectacle.

( photo de planete-powershot)

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
C'est ainsi que je veux écrire. Avec autant d'espace autour de peu de mots. Je hais l'excès de mots. Je voudrais n'écrire que des mots insérés organiquement dans un grand silence, et non des mots qui ne sont là que pour dominer et déchirer le silence. En réalité, les mots doivent accentuer le silence. »

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