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 Georges-Olivier Châteaureynaud

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Pierre Bachy

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Nombre de messages : 183
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 06/08/2004

MessageSujet: Georges-Olivier Châteaureynaud   Jeu 27 Déc 2007 - 10:06

L’autre rive

Le personnage de Benoît est inoubliable, adolescent mal dans sa peau, attachant dans son rôle de jouet pris au coeur d’intérêts qui le dépassent, mais qui réussit finalement à s’en sortir. Le maire, Superbe Propinquor, est blessé à mort par un carreau d’arbalète tiré par un homme jeune sans foi ni loi. Il décide alors d’adopter légalement Benoît et d’en faire son légataire universel.

Les responsables de la cité décident alors de construire un pont sur le Styx, car en atteignant la rive adverse jusqu’ici inaccessible, ils désenclaveraient l’Erèbe ! Y croître, y prospérer ! Comme naguère le Far West, la Sibérie ou le Mato Grosso, cette contrée sans doute immense, préservée depuis toujours par l’impossibilité d’y accéder, attendait d’être fécondée par l’activité humaine. Quel coup de fouet ce serait pour l’économie mondiale, ces espaces vierges à explorer, ces immensités à défricher, à ensemencer, à bâtir, à lotir ! Une vague d’émigration sans précédent lancerait là-bas des millions d’êtres, qui emprunteraient le pont et empliraient les caisses en s’acquittant d’un péage pour se lancer à la conquête de leur terre promise, enfin accordée. Ecorcheville s’étendrait en tous sens, elle déborderait sur l’autre rive, elle deviendrait une des plus vastes et des plus opulentes cités de la terre... En somme, le projet était d’ouvrir à la colonisation les Enfers !

Mais très vite, il fallut déchanter. Pour enfoncer les piliers, les ingénieurs durent aller chercher le fond à des profondeurs jamais atteintes pour un ouvrage d’art ! On eut beau immerger des kilomètres de câbles, employer des sondes perfectionnées, des bathyscaphes téléguidés, on ne trouva pas de fond : il n’y en avait pas. A l’extrême bord du voussoir hérissé de ferrailles recourbées comme d’énormes pointes de harpons rouillés, on voyait les flots, loin sous les pieds. Sous la surface, ce n’était pas un abîme, c’était le néant. Quant à l’Erèbe ? La rive adverse reculait vraiment à mesure qu’on avançait. Elle était inaccessible, sinon par la barque de Charon… Quant au pont, il fut condamné. Inutile. Il resta à jamais inachevé et la ville fut ruinée…

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Georges-Olivier Châteaureynaud
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