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 Et le désert avance....

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Miss You

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MessageSujet: Et le désert avance....   Lun 14 Jan 2008 - 17:15

Lu dans Le Monde.fr du 13/01/2008 :

Demain, combien de terres stériles ?
Une interview de Marc Bied-Charreton, géographe, et Président Comité scientifique français sur la désertification (CSFD) par Gaëlle Dupont.

Quelques chiffres

40 % DES TERRES ÉMERGÉES, soit 60 millions de km2, sont des "terres sèches".
Le terme désigne toutes les terres qui connaissent un déficit en eau. Elles sont à

40 % SITUÉES EN AFRIQUE, à 40 % en Asie.
Le reste se trouve en Amérique latine, en Australie, et dans la zone méditerranéenne.

Parmi elles, 10 MILLIONS DE KM2 seulement sont des déserts proprement dits
(soit des régions où les précipitations sont inférieures à 250 mm par an).
Dix autres millions de km2 sont déjà fortement dégradés par la désertification. Sur le reste, soit

40 MILLIONS DE KM2, on estime que 70 % risquent de subir le même sort dans les années à venir.


Les Nations unies estiment qu'un tiers des terres émergées est menacé. Aujourd'hui, 500 à 600 millions de personnes en subissent les conséquences. Ils seront deux à trois milliards à l'avenir, si rien ne change.

Sur quelles tendances s'appuient ces prévisions ?

La menace vient à la fois de l'augmentation de la population mondiale - nous allons passer de six à huit milliards d'individus -, de l'absence d'adaptation des systèmes d'agriculture et d'élevage, et des risques liés aux changements climatiques. Selon les prévisions du Groupe intergouvernemental d'experts pour le climat (GIEC), notre siècle sera marqué par des épisodes climatiques extrêmes. Les sécheresses seront plus fréquentes et plus longues.

A quoi ressembleront les zones touchées par la désertification ?
Il faut préciser d'emblée que la désertification, ce n'est pas une progression naturelle des déserts. C'est un phénomène qui se produit souvent - mais pas toujours - sur les marges des déserts, ce qui fait que l'on dit improprement que le désert "avance".

On considère qu'une terre est désertifiée quand il ne reste que 10 % ou 15 % de végétation sur le sol. Il n'y a plus d'arbres ni d'arbustes. Il reste environ une touffe d'herbe par mètre carré. Le reste, c'est du sable et des cailloux.

En fait, la désertification consiste en une perte progressive de la fertilité des sols. Ses causes sont à la fois naturelles et humaines. Le manque d'eau entraîne une baisse de la productivité des terres. Mais les activités humaines ont une grande part de responsabilité dans le phénomène, car les pratiques agricoles et d'élevage trop intensives ou inadaptées épuisent également les sols.

Quelles régions du monde sont menacées ?

Une centaine de pays sont concernés, sur tous les continents. L'Afrique l'est au premier chef. Le continent asiatique également. Toutes les franges du désert australien subissent elles aussi un déficit en eau depuis quelques années. Le continent américain et l'Europe ne sont pas épargnés : le phénomène menace un bon tiers de l'Espagne, Chypre, une partie de la Sardaigne, de la Sicile, et de la Grèce.

Quelles seront les conséquences sur l'environnement ?
Quand la végétation disparaît, le sol perd sa capacité de rétention de l'eau. Le ruissellement emporte la terre. Il n'y a plus de graines dans les sols. Toute vie disparaît. La résilience de l'écosystème, c'est-à-dire sa capacité à revenir à l'état initial, ne cesse de diminuer. C'est un cercle vicieux.

Les conséquences seront également planétaires. Une forte désertification aboutira à la mise en suspension dans l'atmosphère de millions de tonnes d'aérosols. Les dépôts de terre entraînés par l'érosion envahiront les égouts des villes et perturberont le régime de crue des fleuves. Le phénomène aggravera aussi le réchauffement climatique, car la capacité de stockage du carbone atmosphérique diminuera.

Quel sera le sort des populations qui vivent sur ces terres ?

Quand la fertilité des sols et leur capacité à retenir l'eau diminuent, les rendements agricoles baissent. Donc la ration alimentaire quotidienne baisse et le revenu baisse, qu'il provienne des surplus de l'agriculture vivrière ou de la culture de plantes commerciales. On observe dès aujourd'hui une chute des rendements en sorgho et en coton.

Pour compenser cette tendance, les paysans augmentent les superficies cultivées. Ils résolvent leur problème pour une année, mais ils réintroduisent le cycle de la désertification sur de nouvelles terres. Quand les déplacements locaux ne suffisent plus à faire vivre les familles, on envoie des gens vers les villes pour trouver du travail et envoyer de l'argent. Les bidonvilles gonflent.

La désertification peut-elle aboutir à des mouvements migratoires ?
Ils ont déjà commencé, notamment de l'Afrique subsaharienne vers le Maghreb et l'Europe. Cela conduit à des drames, et ce n'est pas une solution d'avenir. La solution, c'est que les villageois se développent dans leur village. Si l'on suit la tendance dessinée par le dernier rapport du GIEC, et si les techniques agricoles ne changent pas, on risque d'aboutir à des crises sociales terribles. Il y aura des bagarres pour la terre et des bagarres pour l'eau au sein de pays et entre pays. En désespoir de cause, les gens bougeront beaucoup plus.

La progression de ce processus est-elle inéluctable ?
Non. Il faut améliorer la gestion de l'eau et les techniques agricoles. C'est simple et assez peu coûteux. On peut empêcher l'eau de partir, grâce à de petits murets de pierre, à des diguettes, à de petites retenues. Il faut aménager les pentes pour stopper l'érosion, faire des trous dans lesquels on met du compost et où l'on plante un arbre, tous les 3 ou 5 mètres.

C'est aussi simple que cela ?
Même avec peu d'eau, quand la végétation commence à recoloniser le sol, on stoppe la spirale négative. Au bout de trois ou quatre ans, le sol est enrichi en matière organique, et on peut envisager de réimplanter une agriculture. Il n'y a pas besoin de grands aménagements. Il faut juste un peu d'engrais. Avec de bonnes pratiques, les rendements peuvent doubler ou tripler. Cela a déjà été fait sur des milliers d'hectares, c'est reproductible.

Quel pourrait être l'apport des plantes génétiquement modifiées ?

Je ne suis pas contre a priori, mais ce n'est pas un remède miracle. La génétique traditionnelle progresse dans la sélection de semences adaptées au manque d'eau. De toute façon, les paysans de ces zones ne sont pas solvables. Mieux vaut améliorer les variétés locales, et garder la technique traditionnelle, qui consiste à prélever 15 % de sa récolte comme semences pour l'année suivante.

Pourquoi les techniques élémentaires que vous décrivez ne progressent-elles pas ?
Il faut investir de 300 à 400 dollars par hectare et par an, pendant trois ou quatre ans. Les paysans n'ont pas cet argent. Ensuite, toute la difficulté vient du différé du retour sur l'investissement. Pendant les quelques années consacrées à la restauration des sols, il faudrait donner à manger aux gens, et même les payer. Ce message est très difficile à faire passer. Les gouvernements des pays concernés ont d'autres priorités. Les masses rurales sont ignorées, c'est la peur de l'émeute urbaine qui domine.

La communauté internationale agit-elle ?

L'aide publique au développement va en priorité aux infrastructures et à la santé. C'est plus visible. En plus, l'aide internationale va plutôt aux grands projets, alors que ce type de programme demande d'allouer de petits montants. Il s'agit pourtant de restaurer un bien public mondial. C'est assez désespérant, on dirait que personne ne se rend compte de la gravité de la menace.

Il faut faire comprendre que la protection de l'environnement, ce n'est pas seulement la limitation des gaz à effet de serre, ou la protection de la biodiversité, mais aussi une agriculture, une foresterie et un élevage plus productifs et aussi protecteurs de l'environnement.
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Anna Galore



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MessageSujet: Re: Et le désert avance....   Mer 16 Jan 2008 - 8:25

Cet article me fait penser à une vue de la Terre dont nous avons déjà parlé, Miss et moi. Elle est familière et pourtant effrayante. On y voit à quel point une bande désertique immense parcourt la planète du Sahara à la Chine et à l'Australie (à peine visible sur cette photo). Quand on regarde des vues satellites prises à quelques années d'écart, la progression est nettement visible.


Photo NASA

Tempêtes de sable venues du Sahara

Photo Telsat


Photo NASA

Tempête de sable au printemps dernier sur Karthoum. La hauteur du nuage de sable peut dépasser couramment 1 km.

Photo AFP
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Miss You

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MessageSujet: Re: Et le désert avance....   Mer 16 Jan 2008 - 8:42

Merci Anna. Je pensais aussi à cette vue de la terre en lisant l'interview du Monde.
Ces cartes sont impressionnantes.
Quant à la tempête sur Karthoum, elle illustre mieux que tout la puissance de la nature.
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antillaise

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MessageSujet: Re: Et le désert avance....   Mer 16 Jan 2008 - 18:59

Je voulais faire une blague sur le fil de Sampang parce que j'ai faim.

Là, j'suis calmée. En faisant une recherche d'image en anglais, je suis tombée sur de bien tristes rappels de réalité...

Puissions-nous, puisque tout est information, les aider :



Anti
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Miss You

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MessageSujet: Re: Et le désert avance....   Mer 16 Jan 2008 - 19:01

chinois
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Anna Galore



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MessageSujet: Re: Et le désert avance....   Mer 16 Jan 2008 - 20:00

Il y a une façon simple d'aider ces personnes qui souffrent à un niveau même modeste, c'est de donner un peu d'argent à des ONG dignes de confiance.

En ce qui me concerne, je contribue tous les mois à deux organisations: Médecins du Monde et l'UNESCO (l'UNESCO est la branche de l'ONU qui vient en aide aux enfants en péril partout dans le Monde).

Il y en a bien d'autres, tout aussi efficaces, comme MSF, la Croix Rouge, Action Contre La Faim, etc.

Quelques euros ne résolvent pas les conflits mais sauvent des vies. C'est déjà beaucoup.
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Romane
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MessageSujet: Re: Et le désert avance....   Jeu 17 Jan 2008 - 19:08

Mon dieu, quel trou au coeur, que de regarder cette pauvre petite main...

Merci Anna pour le rappel des possibilités, pour ceux qui ont le désir d'aider les plus défavorisés du monde.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
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Slayeras

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MessageSujet: Re: Et le désert avance....   Jeu 17 Jan 2008 - 20:15

anti, cette photo, j'en ai....... mon dieu ! ah lalala... Pourquoi ?

Faudrait peut-être aussi obliger les grosses entreprises à donner ? Mais ça...
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antillaise

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MessageSujet: Re: Et le désert avance....   Jeu 17 Jan 2008 - 20:24

Faudrait pas, il faut. Il faut continuer d'abord à y croire ça compte énormément; ensuite à agir, à rassembler les âmes.

Un combat n'est pas la guerre comme chante Noah.

Anti
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Jayshree

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MessageSujet: Re: Et le désert avance....   Jeu 7 Fév 2008 - 13:26

Ah...! Cela m'a tristement bouleversé cette image...
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jeandb



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MessageSujet: Re: Et le désert avance....   Mer 18 Juin 2008 - 2:06

Miss You a écrit:
Lu dans Le Monde.fr du 13/01/2008 :

Demain, combien de terres stériles ?
Une interview de Marc Bied-Charreton, géographe, et Président Comité scientifique français sur la désertification (CSFD) par Gaëlle Dupont.

Quelques chiffres

40 % DES TERRES ÉMERGÉES, soit 60 millions de km2, sont des "terres sèches".
Le terme désigne toutes les terres qui connaissent un déficit en eau. Elles sont à

40 % SITUÉES EN AFRIQUE, à 40 % en Asie.
Le reste se trouve en Amérique latine, en Australie, et dans la zone méditerranéenne.

Parmi elles, 10 MILLIONS DE KM2 seulement sont des déserts proprement dits
(soit des régions où les précipitations sont inférieures à 250 mm par an).
Dix autres millions de km2 sont déjà fortement dégradés par la désertification. Sur le reste, soit

40 MILLIONS DE KM2, on estime que 70 % risquent de subir le même sort dans les années à venir.


Les Nations unies estiment qu'un tiers des terres émergées est menacé. Aujourd'hui, 500 à 600 millions de personnes en subissent les conséquences. Ils seront deux à trois milliards à l'avenir, si rien ne change.

Sur quelles tendances s'appuient ces prévisions ?

La menace vient à la fois de l'augmentation de la population mondiale - nous allons passer de six à huit milliards d'individus -, de l'absence d'adaptation des systèmes d'agriculture et d'élevage, et des risques liés aux changements climatiques. Selon les prévisions du Groupe intergouvernemental d'experts pour le climat (GIEC), notre siècle sera marqué par des épisodes climatiques extrêmes. Les sécheresses seront plus fréquentes et plus longues.

A quoi ressembleront les zones touchées par la désertification ?
Il faut préciser d'emblée que la désertification, ce n'est pas une progression naturelle des déserts. C'est un phénomène qui se produit souvent - mais pas toujours - sur les marges des déserts, ce qui fait que l'on dit improprement que le désert "avance".

On considère qu'une terre est désertifiée quand il ne reste que 10 % ou 15 % de végétation sur le sol. Il n'y a plus d'arbres ni d'arbustes. Il reste environ une touffe d'herbe par mètre carré. Le reste, c'est du sable et des cailloux.

En fait, la désertification consiste en une perte progressive de la fertilité des sols. Ses causes sont à la fois naturelles et humaines. Le manque d'eau entraîne une baisse de la productivité des terres. Mais les activités humaines ont une grande part de responsabilité dans le phénomène, car les pratiques agricoles et d'élevage trop intensives ou inadaptées épuisent également les sols.

Quelles régions du monde sont menacées ?

Une centaine de pays sont concernés, sur tous les continents. L'Afrique l'est au premier chef. Le continent asiatique également. Toutes les franges du désert australien subissent elles aussi un déficit en eau depuis quelques années. Le continent américain et l'Europe ne sont pas épargnés : le phénomène menace un bon tiers de l'Espagne, Chypre, une partie de la Sardaigne, de la Sicile, et de la Grèce.

Quelles seront les conséquences sur l'environnement ?
Quand la végétation disparaît, le sol perd sa capacité de rétention de l'eau. Le ruissellement emporte la terre. Il n'y a plus de graines dans les sols. Toute vie disparaît. La résilience de l'écosystème, c'est-à-dire sa capacité à revenir à l'état initial, ne cesse de diminuer. C'est un cercle vicieux.

Les conséquences seront également planétaires. Une forte désertification aboutira à la mise en suspension dans l'atmosphère de millions de tonnes d'aérosols. Les dépôts de terre entraînés par l'érosion envahiront les égouts des villes et perturberont le régime de crue des fleuves. Le phénomène aggravera aussi le réchauffement climatique, car la capacité de stockage du carbone atmosphérique diminuera.

Quel sera le sort des populations qui vivent sur ces terres ?

Quand la fertilité des sols et leur capacité à retenir l'eau diminuent, les rendements agricoles baissent. Donc la ration alimentaire quotidienne baisse et le revenu baisse, qu'il provienne des surplus de l'agriculture vivrière ou de la culture de plantes commerciales. On observe dès aujourd'hui une chute des rendements en sorgho et en coton.

Pour compenser cette tendance, les paysans augmentent les superficies cultivées. Ils résolvent leur problème pour une année, mais ils réintroduisent le cycle de la désertification sur de nouvelles terres. Quand les déplacements locaux ne suffisent plus à faire vivre les familles, on envoie des gens vers les villes pour trouver du travail et envoyer de l'argent. Les bidonvilles gonflent.

La désertification peut-elle aboutir à des mouvements migratoires ?
Ils ont déjà commencé, notamment de l'Afrique subsaharienne vers le Maghreb et l'Europe. Cela conduit à des drames, et ce n'est pas une solution d'avenir. La solution, c'est que les villageois se développent dans leur village. Si l'on suit la tendance dessinée par le dernier rapport du GIEC, et si les techniques agricoles ne changent pas, on risque d'aboutir à des crises sociales terribles. Il y aura des bagarres pour la terre et des bagarres pour l'eau au sein de pays et entre pays. En désespoir de cause, les gens bougeront beaucoup plus.

La progression de ce processus est-elle inéluctable ?
Non. Il faut améliorer la gestion de l'eau et les techniques agricoles. C'est simple et assez peu coûteux. On peut empêcher l'eau de partir, grâce à de petits murets de pierre, à des diguettes, à de petites retenues. Il faut aménager les pentes pour stopper l'érosion, faire des trous dans lesquels on met du compost et où l'on plante un arbre, tous les 3 ou 5 mètres.

C'est aussi simple que cela ?
Même avec peu d'eau, quand la végétation commence à recoloniser le sol, on stoppe la spirale négative. Au bout de trois ou quatre ans, le sol est enrichi en matière organique, et on peut envisager de réimplanter une agriculture. Il n'y a pas besoin de grands aménagements. Il faut juste un peu d'engrais. Avec de bonnes pratiques, les rendements peuvent doubler ou tripler. Cela a déjà été fait sur des milliers d'hectares, c'est reproductible.

Quel pourrait être l'apport des plantes génétiquement modifiées ?

Je ne suis pas contre a priori, mais ce n'est pas un remède miracle. La génétique traditionnelle progresse dans la sélection de semences adaptées au manque d'eau. De toute façon, les paysans de ces zones ne sont pas solvables. Mieux vaut améliorer les variétés locales, et garder la technique traditionnelle, qui consiste à prélever 15 % de sa récolte comme semences pour l'année suivante.

Pourquoi les techniques élémentaires que vous décrivez ne progressent-elles pas ?
Il faut investir de 300 à 400 dollars par hectare et par an, pendant trois ou quatre ans. Les paysans n'ont pas cet argent. Ensuite, toute la difficulté vient du différé du retour sur l'investissement. Pendant les quelques années consacrées à la restauration des sols, il faudrait donner à manger aux gens, et même les payer. Ce message est très difficile à faire passer. Les gouvernements des pays concernés ont d'autres priorités. Les masses rurales sont ignorées, c'est la peur de l'émeute urbaine qui domine.

La communauté internationale agit-elle ?

L'aide publique au développement va en priorité aux infrastructures et à la santé. C'est plus visible. En plus, l'aide internationale va plutôt aux grands projets, alors que ce type de programme demande d'allouer de petits montants. Il s'agit pourtant de restaurer un bien public mondial. C'est assez désespérant, on dirait que personne ne se rend compte de la gravité de la menace.

Il faut faire comprendre que la protection de l'environnement, ce n'est pas seulement la limitation des gaz à effet de serre, ou la protection de la biodiversité, mais aussi une agriculture, une foresterie et un élevage plus productifs et aussi protecteurs de l'environnement.


Il existe une solution pour faire reculer les déserts

La gestion globale de l'eau
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Romane
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MessageSujet: Re: Et le désert avance....   Mer 18 Juin 2008 - 2:08

C'est pas gagné...
Tu proposes quoi concrètement ?

Bonjour.
Je t'invite à ouvrir un fil dans "Nos membres" pour une petite présentation, car nous sommes ici attachés à cette agréable tradition qui consiste à accueillir les nouveaux au sein de notre groupe, c'est plus sympa.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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