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 Stéphane Mariesté

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bertrand-mogendre
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MessageSujet: Stéphane Mariesté   Jeu 24 Jan 2008 - 17:15

Biographie.
Né en 1964 à Foix en Ariège, Stéphane Mariesté a grandi au large des côtes sénégalaises, puis étudié à l’École Supérieure des Beaux Arts de Saint-Etienne.
Entre la Nouvelle-calédonie, Tahiti, la France, terres de cœur ou d’accueil, il a longtemps exercé le métier de créatif et s’est essayé à bon nombre d’arts, du dessin à la musique en passant par la photo et la vidéo. Rien d’étonnant donc à ce qu’il ait fini par prendre la plume pour un premier roman. Rien d’étonnant non plus à ce que cet auteur à l’âme apatride ait écrit ses premières lignes dans un avion.
Et rien d’étonnant toujours à ce que Babylone sous les bombes, trimballe ce doux parfum d’ailleurs

Christelle Mauger


Babylone sous les bombes Roman - 224 pages - 14,90€
ISBN : 2-910753-49-2
SODIS : 924 754 7
éditeur : Intervista collection : les mues

Extrait :
(1)
[L’avant-guerre]

J’ai étudié longtemps, très longtemps, brillamment, très brillamment, si brillamment qu’au bout du compte, cela m’a enseigné une vérité absolue : je n’étais pas fait pour le métier auquel je m’étais destiné, n’en avais aucune envie. Alors, j’en ai exercé d’autres, ici, ailleurs, quantité, et comme bien sûr, je n’étais pas davantage fait pour eux qu’ils étaient faits pour moi, cela m’a conduit au sommet de la pyramide des institutions publiques. Cela a fait de moi un être privilégié, d’ailleurs c’est bien simple, même si je les partage avec beaucoup, j’hésite à vous avouer les avantages qui sont miens.
J’en éprouve même un peu de honte
J’œuvre pour un consortium gigantesque, un consortium qui jamais ne délocalisera, qui jamais pour des questions de coût, n’ira chercher main-d’œuvre ailleurs, et qui, par-dessus le marché, me laisse du temps libre, plein.
Je suis de l’élite commune.
De temps à autre, je signale au consortium que je suis toujours en son sein, au moyen de mon choix, je pointe présent : courriel, courrier, téléphone… Tout est bon, le consortium n’est pas très regardant.
J’ai la belle vie.
Celle d’un chômeur.
Évidemment, ça n’a pas non plus que des avantages, dire que je suis bien payé serait un mensonge, sans parler que l’ancienneté n’est pas prise en compte, ce serait même plutôt l’inverse, et puis, comme tous ceux du consortium, je suis chassé par la concurrence « rue ». Faut que je fasse gaffe, la rue sans cesse recrute, sans cesse embauche, peut un de ces quatre me refourguer un chien, un litron de rouge et un bout de son trottoir, le tout joliment emballé dans un contrat à durée indéterminé.
J’ai la belle vie dangereuse
Et du temps libre, donc.
Pour pallier la générosité déclinante du consortium, pour contrer les propositions de la rue et pour quelques billets, je débarde trois jours par semaine chez un grossiste du coin. Jusqu’aux premières lueurs de l’aube, je vide les camions de leurs denrées fruitières en cageots, cagettes et autres caisses. Je joue du chariot comme personne : j’ai le diable au corps moi.
Le diable au corps.
Elle est bien bonne !
Et pendant mon temps libre, je joue des mots.


Mon commentaire :
Hum ! Que j'aime cette relation entre cet homme écrivain, et cette femme voisine en danger (de quoi, on ne sait pas au juste, mais quelle importance).

Que j'aime ses corps qui se parlent sans rien dire. Comme j'adore la relation de ces deux travailleurs, bêtes de somme liés autant par leur sueur que par leur silence respecté.
Les plus jolis mots d'amour ne sont-ils pas ceux transmis avec les yeux, traduis par les gestes déposés sur un corps attentif ?
Dans cette histoire menée sur trois fronts différents, le premier et le second traitant de la guerre m'indiffèrent complètement. C'est d'ailleurs à cette époque là, que j'ai définitivement coupé les ponts avec les informations (actualités) télévisuelles ou radiophoniques. Je ne m'en porte pas plus mal.

Au rythme lancinant de la condition de cet écrivain, le personnage cale son inspiration en mélangeant sa vie sentimentale quotidienne, les actualités énoncées par les milieux autorisés, son travail de débardeur (la nuit).

Mariesté taille ses personnages dans un matériaux tendre, facile à façonner, qui a la particularité de leur donner une certaine stature vivante, éprouvant des sentiments. J'ai senti battre un coeur.
Lecture agréable, douce à entendre.
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http://www.flickr.com/photos/mogendre/
 
Stéphane Mariesté
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