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 Dans le capharnaüm des législateurs...

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zoé sporadic
Jasmine calamardesque
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Date d'inscription : 02/05/2007

MessageSujet: Dans le capharnaüm des législateurs...   Jeu 7 Fév 2008 - 15:30

Paru sur le site internet @si, où se prolonge la défunte émission "arrêt sur image"

enquête Le 30/01/2008 Par Sophie Gindensperger
Médecins médiatiques et labos : leurs liaisons resteront secrètes
Triste histoire d'une loi que personne n'a jamais appliquée
Rubrique : Connivence

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Imaginez. Un médecin interviewé dans un journal de 20h sur une grande chaîne. Avant même de commencer son interview, le voilà qui déclare avoir travaillé récemment pour le laboratoire qui commercialise un produit dont il va parler. Inimaginable ? C'est pourtant ainsi que cela devrait se passer.


La loi dite "Kouchner" du 4 mars 2002, relative aux droits des malades, aborde cette question délicate des conflits d'intérêt qui peuvent exister entre un médecin et un laboratoire pharmaceutique, en particulier lorsque celui-ci est appelé à évoquer un produit dans les médias ou une manifestation publique (un congrès, par exemple).

Il ne s'agit pas de montrer du doigt tel ou tel médecin : tous ont des collaborations plus ou moins fréquentes avec un ou plusieurs laboratoires. Ce qu'impose cette loi, c'est tout simplement que lorsque ces médecins prennent la parole en public, leurs interlocuteurs doivent savoir d'où ils parlent.
[Cliquez pour zoomer : Prévention-tabac]
> Cliquez sur l'image pour un gros plan <



Ainsi, les médecins « qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé, ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu'ils s'expriment lors d'une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle », dit la loi.

Passée totalement inaperçue à l'époque, elle a cependant retenu l'attention de "l'association pour une formation médicale indépendante au service des seuls professionnels de santé et de patients", alias Formindep. Et pour cause, cette disposition s'inscrivait dans la droite ligne de leur action. Problème : sans décret d'application, la loi restait lettre morte.

Or, l'association a dû se battre avec les autorités pour que ce décret soit adopté, jusqu'à déposer un recours devant le Conseil d'Etat. Le même jour paraissait le décret « relatif aux conventions et aux liens unissant les membres de certaines professions de santé aux entreprises ». Il précise que ces liens peuvent être de nature diverse, comme l'explique le conseil de l'Ordre dans son bulletin : : « Il peut s'agir d'intérêts financiers dans une entreprise du secteur biomédical, de liens durables avec une telle entreprise (dirigeants, associés, salariés, collaborateurs réguliers, titulaires de brevets...) ou encore de liens ponctuels : participation à des essais cliniques ou plus largement à des travaux scientifiques (enquêtes épidémiologiques), rédaction de rapports d'expertise, activité de conseils, interventions rémunérées par des entreprises à des réunions professionnelles, voire invitations à de telles réunions. »

Mais depuis l'entrée en vigueur de ce décret, les médecins ne se bousculent pas au portillon pour affirmer haut et fort qu'ils sont en contrat avec tel ou tel laboratoire.

Un cas d'école : le 21 novembre 2007, l'émission de radio Le téléphone sonne, diffusée sur France Inter, était consacrée à (l'alors future) interdiction de fumer dans les lieux publics. Parmi les invités, on comptait le docteur Anne Borgne, tabacologue à l'hôpital Jean Verdier de Bondy, et le docteur Daniel Thomas, cardiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Tous deux ont été amenés à parler de traitements de sevrages tabagique (gommes à la nicotine à mâcher, mais aussi le Champix, traitement à base de varénicline destiné à désensibiliser les fumeurs à la nicotine, et délivré uniquement sur ordonnance).

En voici quelques extraits sélectionnés :
[Cliquez pour zoomer : Pfizer]
> Cliquez sur l'image pour un gros plan <



Problème : tous deux sont aussi conseillers scientifiques, de façon ponctuelle, pour les laboratoires Pfizer, qui produisent le Champix (au coeur d'une récente controverse). Et selon cette nouvelle loi, ils auraient dû l'évoquer avant leur intervention. « Ce n'est pas un secret » , répond le docteur Anne Borgne. « Quand on me le demande, je le dis toujours clairement. Je donne ponctuellement mon avis d'expert aux laboratoires Pfizer, j'ai alors un contrat sur honoraire que je remets au conseil de l'ordre des médecins. En général on essaie de ne pas privilégier un laboratoire. Mais le problème avec le Champix, c'est qu'il est le seul sur ce segment », explique-t-elle.

picto Le site de Pfizer



Argument récurrent des deux médecins : personne ne leur a rien demandé. Or, « que ce soit en congrès, en presse écrite, à la télévision ou à la radio, les médecins doivent déclarer spontanément leurs conflits d'intérêt », précise le docteur Chanu, Président de la Commission relations médecins-industries au conseil de l'Ordre.

« On ne l'applique pas parce qu'on n'a pas l'habitude », se justifie le docteur Thomas. « Je trouverais ça normal de le faire », renchérit le docteur Borgne.

Et pourtant... personne ne le fait. Dans les textes, tout citoyen lambda qui soupçonne un médecin de ne pas avoir correctement communiqué sur ce sujet peut déposer une plainte devant le Conseil de l'Ordre, qui prendra ensuite les mesures nécessaires. Seul dépositaire des conventions signées entre les médecins et les industries, le Conseil ne peut pas s'auto-saisir. « Si un journaliste a un doute, il dépose plainte », en conclut le docteur Chanu.

Mais il n'est pas toujours facile de déceler les liens plus ou moins clairs qui peuvent exister entre les laboratoires et les médecins, qui évoluent au sein d'un système peu transparent.



Exemple : le docteur Bertrand Dautzenberg, président de l'Office de Prévention du Tabagisme, est très souvent sollicité pour parler des traitements anti-tabagiques.

Exemple, au 13h de France 2 le 18 décembre dernier picto





[Cliquez pour zoomer : Dautzenberg dans Le Parisien]
> Cliquez sur l'image pour un gros plan <




picto Ou encore dans Le Parisien, le 14 décembre 2007



Accusé dans Marianne au mois de septembre de rouler pour Pfizer et son Champix, il s'en défend. « J'ai refusé d’être dans les comités d’experts de ce médicament pour garder mon indépendance d’expert universitaire », dit-il.



Mais parmi ses multiples activités, il est aussi rédacteur en chef du magazine "Sevrage-tabagique-pratique", une revue trimestrielle destinée aux professionnels de la santé.

Exemplaire du mois de janvier picto



Elle est diffusée sur abonnement à 70 000 professionnels, nous apprend son directeur d'édition. Des abonnements souvent offerts par les laboratoires eux-même.



Or, cette revue a pour seul et unique annonceur les pastilles Nicorette. Jusqu'en décembre dernier, ces pastilles étaient produites par les laboratoires Pfizer. « C'est un modèle économique particulier », concède l'éditeur. En un mot : les pastilles Nicorette financent ceux qui y écrivent.
[Cliquez pour zoomer : Sevrage pratique recto]
> Cliquez sur l'image pour un gros plan <



« Je suis payé en droits d'auteur selon ce que j'écris, c'est une partie minimale de mes revenus », explique le docteur Dautzenberg. S'il se sent « totalement libre de ce qu'il écrit », il concède « accorder peut-être plus de place » aux produits du sponsor dans les colonnes. « On peut parler d'influence mais pas de pression », insiste-t-il.

Ce type de collaboration ne rentre a priori pas dans le champ d'application de la loi. Devraient-elles quand même être précisées avant toute intervention dans un média ? Le docteur Dautzenberg ne le pense pas. « Quel que soit le produit qu'on attaque, je le défends. Et quand je vais dans les médias pour parler des produits, je bosse plus pour Roselyne Bachelot que pour les laboratoires. »

D'ailleurs, s'il avoue volontiers connaître des cas de médecins qui abusent de leur situation, il ne croit pas vraiment à l'application de cette loi. « Dans les journaux, quand je le leur dis, ils ne le retranscrivent pas. Et à la télévision et à la radio, ce n'est pas possible. Les gens ne le comprendraient pas. »
Par Sophie Gindensperger le 30/01/2008

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=348
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Vilain
Nain de Jourdain
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Nombre de messages : 9160
Date d'inscription : 20/02/2004

MessageSujet: Re: Dans le capharnaüm des législateurs...   Jeu 7 Fév 2008 - 22:09

grrrrrrrrrrr et àprès ça, on voudrait que je me calme !......
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