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 comment honorez-vous vos morts ?

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BloodyMary
Appelez-moi Nivéa


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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Lun 21 Avr 2008 - 14:36

Citation :
J'ai un coté agnostique qui dispute au mystique...
Idem d'ailleurs ça me rappelle un anecdote qui illustre bien ceci...

En fait pour ce qui est des tombes je pense n'être allée qu'une fois dans ma vie y poser une fleur. C'était une situation particulière : mon ex belle soeur avait perdu son bébé in utero à 8 mois de grossesse.
L'enfant mort né a eu une sépulture mais les parents ne sont pas venus à l'enterrement ; ils étaient très secoués et j'ai compris que c'était au-dessus de leurs forces. Mais du coup personne n'y est allé et j'ai trouvé ça atrocement triste.
C'était leur premier enfant, une petite fille, tous leurs espoirs, leur enfant "rêvé" comme l'est toujours le premier. L'enterrement (civil) a eu lieu en octobre et savoir que personne n'avait accompagné la dépouille de cet enfant... Je ne sais pas ça m'a hanté.
Pourtant je n'avais aucune affinité avec ma belle soeur. Alors le premier novembre, j'en ai parlé avec ma belle-mère qui m'a confié qu'elle souffrait de ne pas avoir suivi le cercueil (elle était très croyante). Face à sa tristesse à elle, j'ai réalisé qu'il fallait faire un geste, même symbolique. J'ai décidé d'aller au cimetierre et je le lui ai dit. La pauvre femme était toute retournée. Elle essaya de m'en dissuader, prétextant que sa fille m'en voudrait ect... Je lui ai dit qu'elle n'en saurait rien et du coup, elle m'a donné de l'argent pour que j'achète une plante à poser sur la tombe de sa part. Il n'était pas question de religion pour moi, mais pour elle cela avait surement une autre portée.
Bref je suis allée toute seule au cimetierre, j'ai posée la plante de ma belle mere et un petit bouquet de ma part et j'ai dit à la petite Julie que sa grand mere pensait à elle. Je lui ai dit au revoir et je suis partie. 5 minutes montre en main, mais cela a suffit à me rendre la paix.
Environ 3 ans plus tard j'ai dit à ma belle soeur ce que j'avais fait. Elle a été très émue, c'est la première et dernière fois qu'elle m'a remercié pour quelque chose. Elle avait eu un autre enfant et évoquer Julie redevenait possible.

Donc comme toi Lily... Un reste de rituel se débat au fond de ma tête entre le "mange-soutane" et le "ne pas oublier la vie"
Compliqué...
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LylaTsB

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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Lun 21 Avr 2008 - 16:14

Comment vous dire ?
Ma première vision de la mort : une voisine. J'avais 11 ans. Mon père m'a dit : "Ma fille, chez nous on ne craint pas la mort. J'ai moi-même cloué le cercueil de mon père en lui chantant sa chanson préférée. Tu vas venir avec moi dire au revoir à G. et comme ça tu sauras." Je n'avais pas à refuser, c'était une obligation. Nous sommes entrés dans la chambre sombre. J'ai regardé le visage de G., si paisible après tant de maladives souffrances, J'ai souris et je l'ai embrassé sur le front, comme m'a dit mon père. Et voilà, je n'ai plus eu jamais peur. Peu après, ma mémé, pleurs pour l'absence, obsèques traditionnelles comme chez Ro, avec variantes selon les voeux du défunt. Puis mon bébé : obsèques civiles non maîtrisées (j'étais trop jeune) sans messe ni fioriture (j'habitais en foyer d'accueil). Puis ma mère, telles qu'elle les avait organisées de son vivant (merci maman, toujours étudiante, je n'aurais pu payer le caveau ni la cérémonie). Puis ma belle-soeur, soeur de coeur. Puis mon père, qui s'en fichait pas mal de la messe, et dont on a suivi le convoi à pied en riant de ses conneries, ses dictions et ses citations qu'il semait depuis toujours dans l'oreille de ses nièces et neveux pour qui il a été et restera "L'Oncle".
Et les autres, tantes, oncles, cousins, amis, avec ou sans cérémonies, religieuses ou pas, notamment celle de mon cousin que j'ai appréciée plus particulièrement. Rendez-vous au funérarium, ceux qui voulaient assister à la crémation le pouvaient. Puis, dans une salle sobre et lumineuse, un simple hommage de ceux ou celles qui voulaient l'évoquer, prennant la parole durant le temps de la crémation, émouvant et presque joyeux. Les cendres récupérées, nous nous sommes intimement retrouvés à la maison autour d'un buffet, à rire et à finir la soirée en chansons (n chante beaucoup chez nous, tout est prétexte à se réunir, pour les mariages, les naissances, les communions, les anniversaires, les morts, tout cela fait partie de la vie).
L'important pour moi n'est pas tant le déroulement des obsèques, je fais acte de présence quand j'aime la personne et non par obligation. L'important est de suivre ses volontés dans la mort, comme la dernière de ses libertés. Peu importe si je pleure, peu importe si je ris, peu importe si il y a cérémonie ou pas, peu importe le lieu, peu importe le cimetière, le colombarium, les cendres dans les jardins, etc, ce n'est que matériel...
L'important pour moi est l'empreinte qu'elle a gravé dans mon coeur... avec qui je converse et me marre régulièrement ! Le seul "rituel" Bertrand, le seul que je pratique...
BavardSourire
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LylaTsB

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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Lun 21 Avr 2008 - 16:42

Almalo, je viens de te lire... Je t'embrasse fort ma belle... Un souvenir me vient suite à tes paroles :
- ma mémé nous racontant la mort de ses enfants (mortalité infantile considérable avant et pendant les guerres et qui étaient enterrés près de la maison parce que le cimetière le plus proche était si loin), comme une banalité douloureuse de la vie.
- mon fils qui, lorsque son deuxième grand-père est mort, a voulu m'accompagner à l'ouverture du caveau où mes parents étaient déjà. J'ai regardé avant lui pour vérifier l'état des cercueil, puis je l'ai laissé faire. Il y est descendu (il avait 11 ans), il a observé, il est ressorti en disant : "La prochaine fois, je viendrais peindre ces murs gris avant. Maman, est-ce que je peux aller acheter des fleurs pour mamie et papi aussi ?" M'a scotché le marmot ! "Bien sûr" "Bon, alors on y va et je redescendrais les poser avant que papi arrive". Et c'est ce qu'il a fait, grand bonhomme, un bouquet pour chacun, orange pour son grand-père, rose-thé pour sa grand-mère qu'il n'a pas connu.
Quand on en parle maintenant qu'il est un jeune homme, on en rit encore. Il n'a pas répété qu'il mettait son projet à exécution. Mais il est si taquin, qu'il est fichu de peindre un énorme gâteau mangé par une énorme bouche ouverte à ma place et sonoriser l'espace de beuglement de vachette pour son père ! Et comme je suis aussi taquine que lui, ben j'irai pas à ma place, NA, (faut pas délirer, entendre des meuh pour l'éternité) ! lk Ou du moins pas entière, car j'ai toujours sur moi une carte de don d'organes. A mourir, autant mourir utile. Et ensuite, je leur ai dit : "Escamper mon corps où vous voulez, je m'en fiche un peu, mais faites le en fanfare, pur jus de rhum et fiesta !"
Quoi de plus simple finalement...
EternelSourire
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 11:08

filo a écrit:

mais en plus je considère qu'un corps mort n'est plus qu'un corps mort.

Je trouve ce fil très intéressant sur la question d'honorer ses morts. Je lis actuellement un livre passionnant: "l'histoire du corps" écrit par des historiens français sous la direction de Vigarello. Il reprennent l'histoire des représentations, des façons de faire avec le corps depuis le XVIIème siècle jusqu'à nos jours en France.
La façon dont nos aîeux traitaient la question du corps mort est très surprenante mais aussi très instructive sur la façon dont nous gérons actuellement les rites mortuaires.

Le XVIIème siècle, c'est avant la Révolution, avant la déclaration des droit de l'Homme et du citoyen. C'est à dire qu'à l'époque un individu seul, ça n'existe pas. Soit vous êtes noble et appartenez à une famille, soit du clergé et appartenez à un ordre religieux ou à la hiérachie ecclésiastique, soit du tiers-état et alors membre qui d'une ferme, qui d'un village, une ville, une corporation.
A cette époque pas si lointaine, le discours officiel sur le corps vient de l'église. Il se réfère au corps de Jésus-Christ mort sur la croix pour sauver les hommes. Ce mystère divin qui fait loi n'est pas enseigné par le livre, la parole (la grande majorité est analphabète) mais d'abord par des images qui représentent, où l'on voit réellement le calvaire du christ. L'art sacré est son apogée, les peintres exécutant pour l'Eglise des tableaux, des sculptures qui sont la pour former la représention de tout un chacun pour édifier les foules sur la façon de se penser. Un peu comme aujourd'hui les images de mode, de mannequins disent réellement aux jeunes adolescentes comment leur corps doit-il être pur, maigre anorexique. A l'époque, devenir, star, people pour s'extraire de sa piètre condition de mortels est également à la mode et tout aussi nécessaire à l'économie.
Il faut des saints, des saintes qui souffrent le martyre dans l'imitation de notre Seigneur Jésus-Christ. Cette imitation est un sacrifice à prendre au pied de la lettre. De jeunes nonnes dans les communautés religieuses, se mettent à jeûner, martyrisent leurs corps et s'imposent des heures durant à rester en prière, en méditation devant l'image du christ sur la croix. Au bout de quelques années, ce comportement devient devant la communauté religieuse de plus en plus honorable. La bienheureuse souffre en silence dans nos murs. Tout le monde attend, espère le miracle. Un jour, il survient: apparaissent sur le corps de la sainte, les stygmates de notre seigneur Jésus-christ. Un procès est alors tenu par l'Eglise pour savoir s'il s'agit vraiment d'une action divine et pour écarter une oeuvre toujours possible du diable qui se prend si facilement dans les corps. Il n'est pas rare en effet que certaines jeunes filles trop impatientes après des années d'extase et de calvaire en viennent à ouvrir elle-même sur leur corps les saintes plaies. Alors, il faut vite brûler ses sorcières! Avouez que pour elles ce n'est pas de chance, échouer si près du but!

mais, si par la grâce de dieu, votre village, votre couvent recèle une véritable sainte, alors vous pouvez commencer à organiser les pélerinages, la fortune de votre communauté est faite. Généralement la sainte à le bon goût de mourir assez rapidement. Son corps va désormais pouvoir être toucher par tous les fidèles en attente de Rédemption ou de guérison. On utilise alors ses reliques, des os de son squelette que l'on présente à la foule lors de grandes processions et qu'on garde précieusement dans le trésor de son église ou de son abbaye désormais riche et célèbre.
tout le monde veut son saint. On s'arrache les dépouilles sacrées, on troque des reliques, il existe des faussaires. ainsi, on répertorie à un moment donné dix sept crânes de Saint Jean-Baptiste! La découverte des catacombes à Rome tombe à pic. Un peu comme une relance de la Banque mondiale, ce fond de premiers chrétiens martyrs permet à chaque petite communauté de posséder désormais qui un tibia sacré, qui une mandibule.
Le corps du saint est le représentant même du corps social. La langue utilise le même mot. Aussi, n'a-t-on que peut de scrupules à le démembrer. La communauté essaime d'autant plus facilement qu'un squelette est composé de nombreux os...

Pendant ce temps, les prêtres catholiques cherchent à inculquer à leurs paroissiens le culte de tous les morts. Jusqu'à présent, il faut bien reconnaître que les vivants sont un peu "légers" dans la façon de se comporter avec leurs disparus qui d'ailleurs ne le sont guère. Dans le champ clos qui ceint les petites églises des villages, tout le monde se réunit là pour bavarder tout en piétinant les fosses jamais suffisament nombreuses pour accueillir tous les macchabées que le village produit. On déterre les plus anciens pour faire place aux cadavres plus "frais" qui ont besoin à leur tour de leur temps de décomposition . Mais des os traînent partout et ne sont nullement respecter ni par les humains ni par les chiens. Alors, en Bretagne, comme en Limousin, les prêtres du bas clergé se battent contre la difficile piété de leurs ouailles pour construire des ossuaires afin de rendre aux modernes cimetières un nouveau lustre grace à l'investissement dans des stèles et des pierres tombales. Les carrières de granit tournent à plein pour permettre ainsi de délimiter au mieux le monde des morts de celui des vivants.

Ce n'est qu'après tout ce travail que le clergé peut parler du destin des âmes. Je me rapelle ma première veillée funèbre en Bretagne. J'avais quatorze ans et mon grand-père maternel venait enfin de mourir à l'âge de soixante quatorze ans. Il était né avec le siècle au coeur de la bretagne profonde et avait eu miraculeusement la chance de survivre à la boucherie organisée par les Français et les allemands sur le chemin des Dames. Il avait été le seul de la contrée a revenir et le recteur avait demandé à ma grand-mère alors chef de choeur dans la grnade église de Guémené, plutôt que d'embrasser les ordres comme celà était son plus grand désir (se marier avec Jésus pour ses vingt ans) de devenir la femme de ce poilu que la grande guerre avait écarté du pieux chemin que doit emprunter tout breton dûment baptisé . Je me rapelle de mon grand-père pour avoir vécu toute mon enfance avec lui. Il buvait force cidre et en guise de stygmates de la guerre entretenait à chaque cheville des blessures purulentes qui ne guérissaient jamais malgré les soins hebdomadairess et les prières pluriquotidiennes de sa femme.
Heureusement grâce à la vigilance de son épouse, il put bénéficier de l'extrème-onction à temps. Le docteur venu délivrer le certificat de décès râla beaucoup qu'on ne l'ai pas appelé plutôt. Pour faire des papiers, ces gens sont prêts à tout. Il ne fallut que six ans à ma grand-mère pour mourir à sa suite en ne s'alimentant plus.

Donc, lors de la veillée funèbre de mon grand-père alors qu'on avait réunit toutes les pleureuses des alentour et que le recteur officiait avec tout ce rituel compliqué de prières et de bénédictions pour être sur que ce breton gagne son paradis, j'avais eu la malencontreuse idée de me préoccuper des vivants. En effet, on était déja à la fin de l'automne, je me trouvais près de l'unique fenêtre qui était restée entrouverte et par où le froid rentrait. J'ai donc pris sur moi de la fermer non seulement pour mon confort mais aussi pour celui de toutes ces vieilles personnes dont j'imaginais la santé fragile. Ma grand-mère m'a discrètement lancer un regard réprobateur. comme je ne comprenais, elle est revenu ouvrir le battant de la fenêtre.
Ce n'est qu'après l'enterrement qu'elle me donna l'explication. si la fenêtre était restée ouverte comme d'ailleurs la bouche du grand-père, c'était simplement pour permettre à son âme de quitter d'abord l'intérieur de son corps puis ensuite après avoir errer parmi nous, celui sa maison.

On voit dans les exemples donnés sur ce fil combien la gestion du corps du mort reste nécessaire au "corps" des survivants, c'est à dire la famille et les proches du défunt. La famille se rassemble autour du corps du défunt et bien souvent on entend des familles dire: c'est malheureux, mais on se voit plus que pour les enterrements. Ensuite, l'assemblée mange ensemble. En bretagne on dit qu'on mange le mort.

Chez les Dogons, le mort doit effectué un parcours pour pouvoir devenir un ancêtre, c'est à dire, une figure tutélaire. Cela prend un certain temps et suit d'une façon analogue le cheminement d'initiation qu'emprunte les enfants dogons pour devenir des adultes. Les dogons mettent des statuettes un peu partout dans leur village. Ce ne sont ni des totems, ni des éléments de décor comme pourraient le penser des occidentaux collectionneurs. Non, ces statues, ces masques aident l'âme des morts à se raprocher le plus possible des figures ancestrales dont le village a besoin.

Ainsi, je pense que l'idée de faire reposer Aimé Césaire dans le Panthéon parisien a été pris par les Martiniquais comme une évolution trop rapide de leur grand homme. Il lui faudra un certain temps pour accomplir ou non ce voyage. Certains envisagent que son oeuvre circule d'abord dans les livres scolaires. Il est en effet nécessaire que l'âme de la négritude soit suffisamment répandue, disséminée pour que dans la république française le corps des noirs soient suffisament représenté, ne serait-ce qu'à l'Assemblée Nationale.
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almalo

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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 11:31

"On ne se voit plus que pour les enterrements"...Oui. c'est ce que j'ai écrit dans mon témoignage, à propos de ma belle-soeur qui n'avait pas voulu venir au baptême de mon fils quatre mois plus tôt.


Lyla, je viens de te lire aussi...je t'embrasse fort, ma belle, toi et tous tes fantômes...bisou bisou bisou
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Selmer
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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 11:42

Filo a écrit:
Oui, nous ne sommes pas d'accord dans le sens où tu parles de dignité, de rite.
Je place la dignité ailleurs (…)
Abondance de biens ne nuit pas. On peut mettre la dignité où on veut mais pourquoi ne pas la mettre aussi dans ce qui entoure directement la mort ? Sinon, que reste-t-il à vivre en commun à propos de cet ancien vivant, au moment où il s’en va ? Ce qu’on fait ensemble autour de la mort n’est pas une vague mise en scène machinale ou un moyen technique d’évacuer un cadavre mais un rassemblement chargé de sens et de symbole. C’est aussi l’occasion de se retrouver bien en face de la réalité et du mystère de la mort et face aux questions que seuls l’animal et l’imbécile heureux ne se posent pas. Que ce soit dans la solennité ou l’exubérance, avec les grandes orgues ou le tam-tam, peu importe. Ce n’est qu’une affaire de style derrière laquelle il y a autre chose.
Ensuite chacun fait comme il veut ou comme il peut avec ses souvenirs, son chagrin et la perspective de sa propre mort. Qu’une question soit profondément intime ne l’empêche pas d’être également collective et vécue ensemble, précisément parce que sa profondeur relève de l’universel et de la condition humaine.
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Selmer
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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 11:43

Filo a écrit:
Il faut regarder les choses en face et se laver de nos tabous et de nos rites.
Mais pourquoi donc ?
En quoi le rite empêche-t-il de regarder la mort en face ? Est-ce que banaliser excessivement l’événement n’est pas une manière de l’occulter en risquant justement de jeter le tabou ?
Le rite mortuaire est sans doute un des premiers signes d’activité purement humaine et il a traversé les millénaires. Il y a peut-être à cela des raisons. Je trouve que tu y vas un peu vite avec une pratique ancestrale commune à toutes les civilisations. Débarrassons-nous des rites. Plus de cérémonies, plus de fêtes, plus de repas en commun à diverses occasions, plus de poignée de main, plus de de fil présentation dans les forums, plus d’adoubement, plus d’apéros de comptoir, plus de remises de diplômes, plus de compagnonnage, plus d’initiation, plus rien de ce qui nous identifie en tant que genre humain et, au sein du genre, comme membre d’un groupe.
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Selmer
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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 11:44

Filo a écrit:
(…) je ne suis pas allé à son enterrement car c'était des bondieuseries qui m'auraient mis hors de moi malgré le respect que je garde envers ce genre de croyances (mais là il m'était trop cher pour que je supporte qu'on assimile ce qu'il était aux restes qu'on encensait, avec force textes solennels et impersonnels)
Je ne comprends pas en quoi l’assimilation entre la dépouille et l’être est gênante à ce point. Pendant toute sa vie, c’est bien à ce corps qu’on a eu affaire pour matérialiser devant nos yeux et parfois sous nos mains l’être qui l’animait. On peut comprendre que l’esprit ait des difficultés à les dissocier et on peut admettre pendant quelques heures encore que l’un continue à représenter l’autre sans en faire une question cruciale. Il ne s’agit pas de déifier le corps mais il n’y a pas de raison de se mettre tout à coup à le mépriser.
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Selmer
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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 11:44

Filo a écrit:
Je ne suis pas indigne pour autant dans mon attitude
Loin de moi cette idée.
Mais l’expédition directe du cercueil dans le trou, sans une parole, comme j’ai raconté plus haut, à l’égard celui qui s’en va et pour ceux qui restent, ça ressemble à quelque chose d’indigne, comme si ça donnait l’image du peu de considération qu’on avait pour le vivant. Ça laisse le souvenir d’un instant cruellement minable. Je ne voudrais pas être enterré comme ça. Tu vas me dire que quand on est mort on s’en fout. Tout ça n’a plus d’importance. « Faites ce que vous voulez, ça m’est égal ». D’un côté c’est absolument vrai mais je serais très étonné que le cabotin qui sommeille en chacun des artistes de ce forum conçoive de partir sans une petite mise en scène. Si on me l’affirmait, je n’en croirais pas un mot.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 14:31

[quote="Selmer"]
Filo a écrit:
mais je serais très étonné que le cabotin qui sommeille en chacun des artistes de ce forum conçoive de partir sans une petite mise en scène. Si on me l’affirmait, je n’en croirais pas un mot.

Pour moi aussi, on peut estimer actuellement sans coup férir que dans chaque corps sommeille un esprit. La mort sépare le corps de l'esprit. Mais en quoi le corps serait-il moins noble? C'est un peu comme pour la musique. Bien sur, il y a ce que le compositeur a écrit. Toute cette idée musicale qui va toucher tant de coeurs et d'oreilles parmi tous ces humains qui écouteront. N'en demeure le violon. Cette petite caisse de bois dont je crois me souvenir qu'elle possède également une âme. Bien sur, tout cela n'est que l'oeuvre d'un luthier. Une sorte de menuisier à l'oreille musicale. Il sait choisir ses planches, son bois. Dans l'espoir qu'un jour, le musicien compose un tombeau. Mais du luthier ou du musicien, lequel faudrait-il le plus encenser une fois la partition jouée?
L'honneur est comme l'amour. Enfant de bohème.
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Selmer
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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 15:20

Tu as des problèmes avec les citations, Vic ?
Filo ne va pas être content que tu lui fasses dire la même chose que moi...
Very Happy
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 15:29

Selmer a écrit:
Tu as des problèmes avec les citations, Vic ?
Filo ne va pas être content que tu lui fasses dire la même chose que moi...
Very Happy

Diable! Ma souris est pire que ma langue. Elle a fourché.

P.S. Pour nos lecteurs.

Filo et Selmer sont deux personnes différentes et ici bêtement inversées.
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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 17:03

Vic Taurugaux a écrit:

Filo et Selmer sont deux personnes différentes et ici bêtement inversées.


...Et ça fait mal Doc ?


ok, I get out... Chuuttt
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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 17:58

Je rejoins à fond la caisse le post de Vic et ceux de Selmer. Vous expliquez à vous deux exactement ce que je ressens.

Je dirais que si je suis totalement détachée à tout ce qui peut ressembler à des manifestations religieuses qui me font plutôt penser aux sectes, pour autant je n'oublie pas notre condition humaine et la notion d'appartenance à une espèce. Les rites ne revêtent pas à mes yeux quelque chose d'infantile ou de malsain, ou de liant (dans le mauvais sens du terme), mais au contraire, des possibilités de ne pas perdre de vue ce que nous sommes, je veux dire dans l'humilité de ce que nous sommes.
Nous avons une peur quasi naturelle de la mort. Quasi seulement, parce que justement nous nous sommes trop éloignés d'elle, bien qu'elle fasse systématiquement deux pas en avant quand nous faisons un pas en arrière. C'est nous qui la rejetons, car elle existe, incontournable, inévitable.

Preuve en est ; nous jugeons la mort en fonction de l'échelle de valeurs-mesure que nous lui avons affectée : nos grands-parents doivent partir les premiers, suivis de nos parents, suivis de nous-mêmes, suivis de nos enfants, et ainsi de suite. Or là nous faisons erreur. La mort n'est pas chronologique, elle est, point. Au même titre que le handicap physique ou mental touche X ou Y et pas Z, et c'est comme ça, point.

Nous lui donnons, à la mort, un aspect effrayant, et nous la parons d'un tas d'idées à frissonner, ajoutant même les fantômes, revenants and co. Nous avons encore tort et je me dis parfois que si nous savions tourner notre regard dans l'autre sens, pourquoi le corps d'un vivant ne serait-il pas plus effrayant que le corps d'un mort ?

Alors pour tous ces rites dans les campagnes, quand nous gardons le défunt dans la maison familiale et que se déroulent autour de lui tout un tas de rencontres, traditions, cérémonies, nous redonnons à la mort la place qui lui convient ; la continuité, aussi sainement et simplement que le passage de l'enfance à celui de l'adolescence, par exemple.

Je ne sais pas si je suis claire.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 18:42

BloodyMary a écrit:
Vic Taurugaux a écrit:

Filo et Selmer sont deux personnes différentes et ici bêtement inversées.


...Et ça fait mal Doc ?


ok, I get out... Chuuttt

Les fantasmes, il n'y a que ça de vrai!
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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 18:43

Je n'ai pas peur de la mort, cela n'empêche pas mon instinct de survie. Et je ne m'attache pas à ce qu'on fera de ma dépouille.
Je préconise le feu pour tout le monde, c'est plus sain et moins encombrant.

Quant au fait d'honorer une personne morte qu'on a aimé, je préfère faire survivre sa mémoire en en parlant de temps en temps avec les vivants, en l'évoquant longtemps, plutôt qu'en réunissant une unique fois des gens autour de sa dépouille, des gens qui n'ont pas forcément envie de se rencontrer entre eux, surtout dans de telles conditions émotives pour la plupart.
Les réunions et repas prennent plus de force à mon sens lorsqu'elles n'ont pas ce caractère formel, quasi-obligatoire (sinon on est mal vu), et relèvent plutôt d'une envie, d'un libre-arbitre. Exactement comme les cadeaux qu'on pourrait se faire dans l'année au lieu d'attendre Noël, anniversaire et tutti quanti.
C'est à mon avis le plus bel hommage que l'on puisse rendre à un être cher disparu : jouer une partition sur n'importe quel instrument, et à des occasions variées dans l'avenir, dans le quotidien, la vie, et non pas donner un concert unique sur un violon précis dédié, le jour où la partition est achevée.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 18:54

Là je ne suis pas d'accord avec toi, parce que pour l'avoir vécu plus d'une fois, je peux te dire que (comme le disait Vic, je crois), l'occasion de se réunir pour ces circonstances alors que dans l'année on ne se voit guère, offre quelque chose de particulier. Chacun est venu volontairement pour accompagner un défunt, donc tous ont ce point commun, qui balaie naturellement ce qui fait qu'habituellement on ne se voit pas ; tensions ou chemins de vie différents, etc.

J'ai rarement assisté à des empoignades ces jours là, alors que les mésententes peuvent fuser en n'importe quelles circonstances autres. Au contraire, j'y trouve comme un moment de grâce, chacun accepte l'autre, le partage a quelque chose de magique et de bienfaisant, une sorte d'apaisement et de chaleur au coeur. Voilà. Une chaleur au coeur.

Quand nous avons enterré ma belle soeur, ce qui ne fut pas une mince affaire car l'église n'a pas contenu la totalité des gens qui se sont déplacés, à plus forte raison la maison, quand tout ce monde est parti, nous avons gardé nos plus proches dans une soirée absolument fantastique : les petits plats dans les grands, ce n'est pas moi qui ai préparé le repas parce que j'avais en charge tout ce qui a concerné le choix des vêtements pour ma belle-soeur, les relations avec l'hosto, ramener les affaires, le rapatriement du corps, formalités de funérailles, préparation de la maison, de la chambre et tutti quanti, accueil des gens, être là pour chacun etc. Donc c'est "la voisine" (les guillemets ne sont pas anodins, j'ai expliqué dans un autre fil pourquoi, je le retrouverai) qui s'est chargée de fouiller dans les réserves et les placards pour s'en dépatouiller. Et nous avons mangé "comme à la maison" sans chichis, mais dans un partage incroyable et une chaleur au coeur fantastique, tous ensemble, notamment une partie de la famille que je vois très rarement.

Je conserve l'horreur des heures à l'hosto, avant le décès. Mais après, pour cette soirée là, le souvenir est d'une puissance émotionnelle extraordinairement réconfortante.

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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mar 22 Avr 2008 - 19:20

Romane a écrit:

Preuve en est ; nous jugeons la mort en fonction de l'échelle de valeurs-mesure que nous lui avons affectée : nos grands-parents doivent partir les premiers, suivis de nos parents, suivis de nous-mêmes, suivis de nos enfants, et ainsi de suite. Or là nous faisons erreur. La mort n'est pas chronologique, elle est, point.

Dans le magnifique film Genesis, on explique le développement de la vie sur terre. Comment le végétal et l"animal sont différents du minéral.
Un caillou demeure caillou. c'est un état.
La vie quant à elle n'est pas un état. Etre mort ou être un caillou, c'est un état. Quelque chose sur lequel le temps n'a aucune prise. Mais la vie, n'est pas un état. C'est une action qui s'auto-entretient durant un certain temps. Une action qui lutte contre le cours du temps.
Ainsi, la mort peut faire d'autant plus peur à qui ignore cette différence. Vivre est un verbe d'action, cela demande des efforts. La vie n'est jamais gagnée et on peut toujours en vouloir à ses parents de nous avoir mis au monde, pour le reste, il n'appartient qu'au vivant de rester en vie alors qu'il serait si facile de mourir.
La séduction de la mort existe à tout âge. Mais, dans nos sociétés modernes occidentales qui demandent à l'adolescent, au jeune adulte de faire leur vie, la tentation de mourir devient très forte. Le taux de suicide, de comportements à risque est le plus élevé dans ces tranches d'âge que pour le reste de la population. Ils étaient vivants dans le cocon parental. Leur enfance leur était un état insouciant quand tout à coup ils se retrouvent livrés au monde face à leurs propres désirs de vivre pour eux-même. Que faire? Mourir ou se battre pour subsister? Le choix peut se révéler parfois dramatique quand le monde apparaît comme une jungle inhospitalière.
On s'aperçoit ainsi que la mort, comme le dit Romane, n'est pas l'issue de la vie qui fait qu'il suffirait d'attendre d'avoir 80 à 90 ans pour en toucher l'échéance. Non, la mort reste une proposition toujours valable pour tous ceux qui, quelque soit leur âge ,arrêterait ce combat incessant que constitue la vie.
a mon avis, honorer ses morts permet de lutter contre cette séduction. il faut pouvoir penser que nos proches disparus sont pour toujours désormais différents de nous. Ils ont acquis un autre statut.
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MessageSujet: Re: comment honorez-vous vos morts ?   Mer 23 Avr 2008 - 17:43

Citation :
il faut pouvoir penser que nos proches disparus sont pour toujours désormais différents de nous. Ils ont acquis un autre statut.

Ça me fait penser à la tradition de jadis : porter le deuil vestimentaire (et sans doute acté). En réalité, je pense que le vrai deuil on le fait en soi, au travers d'un cheminement qui prend plus ou moins de temps, jusqu'à l'acceptation totale, comme une délivrance de l'absence du défunt, non pas en tant qu'absence au coeur, mais visuellement dans notre quotidien.

Il faut toujours du temps pour tout, finalement. Accepter le meilleur comme le pire, se fait dans un décalage.

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