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 Allergie au pollen

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almalo

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MessageSujet: Allergie au pollen   Lun 14 Avr 2008 - 18:18

Allergie au pollen






- Il fait grand beau aujourd’hui, vous ne trouvez pas Madeleine ?

- Oui, c’est un bien bel après-midi. Après le froid de la semaine passée, ça fait du bien aux rhumatismes…

- Et puis on est si bien sur notre banc, à côté de ces enfants…Regardez-moi ça si c’est pas heureux dans le sable, ça joue, ça crie, ça mange même les faux pâtés !!

- Oui enfin vous savez Yolande, je serais la maman, là je mettrais quand même le holà. Il y a tout de même des choses à apprendre aux enfants, de nos jours on leur laisse tout faire.

- Oui, de notre temps, on savait obéir, c’est sûr. La gifle paternelle, c’était autre chose que toutes leurs palabres de maintenant.

- Et vas-y qu’il faut leur parler, qu’il faut les écouter, qu’il faut leur expliquer. Moi, ma mère me répétait « tu comprendras quand tu seras grande », et puis voilà. J’ai pas tout compris depuis, mais à l’époque ça suffisait pour me calmer et les choses ne duraient pas aussi longtemps.

- Surtout que quand on les voit, on n’a pas l’impression qu’ils soient plus heureux que nous, ces enfants. Regardez cette petite là, assise dans son coin, à regarder les autres jouer.

- Bah, des querelles de gosses, ça. Elle s’en remettra bien assez vite, allez.

- Non, j’ai vraiment l’impression qu’elle est malheureuse, cette petite. Regardez ses yeux, regardez-les bien. Vous ne remarquez rien ?

- Non Yolande, vraiment non. Je crois que vous cherchez le malheur où il n’est pas.

- Ah, vous avez peut-être raison. Oooooh voyez si c’est pas mignon, ça. Qu’est-ce qu’il s’en font des bisous ces petiots !!

- Là, c’est bien ce qu’on disait, tout à l’heure. Ce ne sont plus des enfants, ce sont des adultes en miniature. Ils veulent singer leurs parents qu’ils ne savent même pas comment ils sont arrivés là.

- Oh vous exagérez, Madeleine. Nous étions bien pareils, à leurs âges. Je me souviens d’une fois, derrière l’église après l’office, avec ce petit coquin de Nestor…

- C’est sûr que vous, vous n’étiez pas particulièrement prude.

- Qu’est-ce que vous voulez dire par là ?

- Rien.

- Oh si, je le vois dans vos yeux, vous n’en pensez pas moins, ma chère.

- Ma chère, arrêtez donc de voir dans les yeux des autres ce que vous voulez y voir et restez-en à votre tricot.

- Quand même, je la trouve bien tristounette, moi, cette petite.

- Ne changez pas de conversation, je vous prie.

- Moi ? Mais c’est vous qui m’avez demandé de revenir à mon tricot.

- Ce que vous n’avez pas fait. Vous êtes encore en train de chercher des poux dans les têtes de ces enfants. Laissez-les donc tranquilles.

- Madeleine, parfois vous me faites beaucoup de peine. C’est que je les aime, moi, c’es gaminots. J’ai l’impression de revenir en arrière, de rajeunir, même. Oui, c’est ça, les observer me fait rajeunir de soixante ans.

- Eh bien bravo, vous avez résolu le problème de l’élixir de jouvence. Vous allez faire fortune.

- Oh, ne vous moquez donc pas de moi. Zut, j’ai raté une maille. Je ne sais plus où j’en suis, à présent.

- Ah vous voyez bien qu’il faut arrêter de palabrer sur tout et n’importe quoi.

- Non, c’est vous qui m’embrouillez la cervelle. Et je reste à dire que cette petite me fait du souci. On dirait qu’elle en veut aux autres enfants et qu’elle va se mettre à pleurer, alors que personne ne lui a rien fait.

- Mais c’est encore un caprice d’enfant mal élevée, je vous dis. Les enfants sont dressés n’importe comment de nos jours. Alors forcément, dès qu’ils ont une petite contrariété, ils se vexent et boudent à n’en plus finir.

- Vous en connaissez beaucoup, Madeleine, des enfants qui font un caprice en pleurant sans un bruit ? Parce que là, ça y est, elle pleure ma pitchoune.

- Ce n’est pas votre pitchoune, ne commencez pas à vous attacher à elle. C’est tous les mercredis la même chose, après vous ne voulez plus repartir tant que ces gamins restent là et moi je rate mon feuilleton. Et vous savez qu’elles ne sont pas commodes, à l’hospice, elles n’aiment pas qu’on rentre après l’heure.

- Ce que vous êtes désagréable quand vous vous y mettez. Le « Pin Galant » n’est pas un hospice, on y est très bien.

- Oui, si on aime la soupe froide à six heures du soir et les reniflements permanents des vieux grabataires quand on regarde le feuilleton.

- Bah, qui sait comment on sera nous, plus tard.

- Plus tard, plus tard…Allons, vous parlez comme si vous aviez vingt ans, Yolande.

- Je vous l’ai dit, voir tous ces enfants me rajeunit. Et puis je suis comme ça, moi. Je préfère voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide.

- Ah non, vous n’allez pas remettre ça avec vos proverbes, hein !

- Quoi, mes proverbes ? C’est juste que j’aime bien voir la vie du bon côté, c’est tout. Pas comme vous.

- Qu’est-ce que vous voulez dire ?

- Rien.

- Si si, vous insinuez que je suis pessimiste.

- C’est vous qui le dites, Madeleine.

- Oh et puis vous m’ennuyez à la fin. Je n’ai pas besoin de me justifier, c’est comme ça la vie, on souffre et puis c’est tout.

- Et un jour, on est sauvés et on gagne sa place au Paradis, c’est ça ?

- Aaaah ne commencez pas à blasphémer, hein !

- Oh c’était pour rire. Vous avez la vieillesse morose en ce moment.

- Non, c’est juste que ces petites manières de ces vauriens m’agaçent.

- Quoi, ce sont leurs petits bisous qui vous gênent ?

- Allez on s’en va. Il commence à faire froid.

- Vous plaisantez, on sent à peine une légère brise…On peut rester encore un peu !

- Vous voyez, on ne peut plus partir maintenant.

- Oh et puis regardez, la petite vient vers nous, on ne peut pas partir maintenant…
Bonjour petite, qu’est-ce qui te donne ce gros chagrin ?

- Mais rien, elle n’a rien. Va voir ta maman fillette, allez va. On doit partir, nous.

- Attendez, Madeleine, pas si vite !! Je n’ai plus mes jambes d’autrefois, moi !

- Ah ? Vous avez vieilli depuis tout à l’heure ?

- Madeleine ?

- Oui ?

- C’est votre petit amoureux de l’école qui vous chagrine comme ça, que vous ne pouvez pas voir les enfants à ce point ?

- Ah je vous interdis de parler de ça maintenant, hein, c’est du passé largement dépassé.
On ne s’est regardés que deux ou trois fois sur les bancs de la classe, avant que ce fichu camion ne le fauche. On n’en parle plus. C'est trop vieux, ça.

- Madeleine, vous pleurez ?

- Mais non qu’est-ce que vous allez imaginer. C’est mon allergie au pollen, voilà tout.
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