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 Littérature sur le thème du désert d'Atacama

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Romane
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MessageSujet: Littérature sur le thème du désert d'Atacama   Mar 22 Avr 2008 - 18:15

Les Fleurs noires de Santa Maria - Hernan Rivera Letelier - Editions Métailié -

Le livre commence ainsi :
"Sur le toit de la maison, découpés sur la lumière de l'aube, les vautours ressemblent à un couple de petits vieux en frac, tout rabougris et les mains dans les poches"..........

En 1907, de grandes grèves éclatent dans les mines de nitrate du désert d'Atacama (Chili), les mineurs entreprennent une grande marche à travers le désert en direction de la petite ville de Santa Maria de Iquique, où ils pensent négocier.
Leur famille les accompagne. Hernan Rivera Letelier aussi avec ces personnages dont il a le secret : Olegario le mineur amoureux de l'image féminine qui figure sur son paquet de cigarettes, Gregoria l'énergique veuve au grand coeur, Idilio l'amoureux du vent constructeur de cerfs=volants et la jeune Liria Maria. Tous ces protagonistes pleins de force et d'innocence traverses le désert et sont inexorablement entraînés vers le dénouement tragique et réel qui verra plus de trois mille d'entre eux impitoyablement massacrés à la mitrailleuse.
Hernan Rivera Letelier même épopée sociale et vies romanesques dans un récit à plusieurs voix magnifique et poignant. Amitiés, conflits, solidarité et amours en sont la trame. Il complète ici le cycle romanesque de cet univers prodigieux que fut le monde des mines d'Atacama, qu'il chante dans une écriture rude et magique qui n'appartient qu'à lui.

Hernan Rivera Letellier est né à Talca, au Chili, en 1950, mais il a toujours vécu dans les déserts des mines de nitrate d'Atacama. Il y a longtemps travaillé comme ouvrier, puis comme employé, après avoir fait des études secondaires à 25 ans. Il a reçu pour ses deux premier romans le prix du Conseil national du livre du Chili.
Il est l'auteur de :
La Reine Isabel chantait des chansons d'amour
Le soulier rouge de Rosita Quintana
Mirage d'amour avec fanfare
Les trains vont au purgatoire[/i]

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Romane
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MessageSujet: Re: Littérature sur le thème du désert d'Atacama   Mar 22 Avr 2008 - 18:17

Je joins un lien depuis mon blog, dédié à Hernan Riveira Letelier, que je n'ai pas encore bien étoffé, mais ça viendra. Une sorte de première pierre, en quelque sorte.
http://romane.blog4ever.com/blog/lirarticle-86614-394500.html

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Mena

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MessageSujet: Re: Littérature sur le thème du désert d'Atacama   Ven 25 Avr 2008 - 17:28

Salut Romane. Oui, j'ai entendu parler de Letelier, mais je n'ai encore rien lu de lui. En attendant que les enfants partent je ne peux pas faire grand chose pour l'instant. Je vais aller consulter sur le net chilien ce soir, si je n'ai pas sommeil.
J'ai posté un diaporama-vidéo sur la vallée de la lune dans le site espacehispano.
Voici le lien:
http://espacehispano.literaturismena.com/diaporama_vallee.html
Après il y aura aussi une vidéo sur les quelques habitants de San Pedro d'Atacama et quelque villages des alentours, mais je voudrai d'abord pouvoir mettre un sous-titre, ou quelque chose comme ça, c'est ce qui m'embête le plus, j'ai le logiciel mais je n'ai pas encore eu le temps de m'y mettre.
Bisous.
J'ai téléchargé ton PDF des Petits mots, j'aimerai t'acheter le livre, tu me diras. Bisous.


Dernière édition par Mena le Ven 25 Avr 2008 - 17:44, édité 1 fois
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Romane
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MessageSujet: Re: Littérature sur le thème du désert d'Atacama   Ven 25 Avr 2008 - 17:43

Je vais aller regarder ces liens, que je ne connais pas encore. J'aime découvrir ce monde, et son atmosphère.
Pour le livre, donne-moi tes coordonnées postales par mp, c'est un plaisir. Merci à toi !

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Mena

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MessageSujet: Re: Littérature sur le thème du désert d'Atacama   Sam 10 Mai 2008 - 21:22

Cayetano


C’était au temps où la Pampa appartenait au salpêtre. Le ciel était salpêtre. La terre était salpêtre. L’eau même était salpêtre.
Il y avait les hommes qui l’arrachaient aux entrailles de la terre, avec leurs femmes tristes et simples et leurs enfants qui naissaient dans le sable des dunes. Leur destin était un éternel recommencement des instants vécus : on naissait dans les dunes et lorsqu’on mourait, on revenait tout naturellement à elles.
C’est là que Sofia alla cueillir son amulette.

La voyante des grains de sable lui avait dit : « Il te faudra une présence humaine pour te protéger des embûches du désert ». Et Sofia parcourut les sables à la recherche de « la présence ».

Elle la vit là. Elle brillait au soleil qui l’avait blanchie de ses rayons. Quelqu’un avait enterré quelqu‘un et, maintenant, combien de temps après ? elle ressortait à la lumière du jour, comme une fleur qui a besoin de clarté pour y puiser la vie.

C’était une phalange longue et fine, un os droit et sans fissures. Une phalange d’artiste ou d’homme de peine ? peu importait. Sofia en fit un talisman qu’elle garda soigneusement dans le creux de son corsage.
Comme c’était une présence « d’humain », il lui fallait un nom. Sofia l’appela Cayetano.
Sofia parcourut ainsi les provinces du nord.

Quand le sel donnait du travail, le village de tentes surgissait au bord du lac. Quand le salpêtre appelait les hommes, on s’enterrait dans le désert, emportant avec soi les femmes, les enfants, les bêtes, les outils nécessaires pour puiser l’eau et l’âne maigre et insipide qui portait la charge et la couverture grise, usagée, qui servirait à enterrer un mort ou à coucher un nouveau né.

Cayetano, enfoui dans le corsage de Sofia, se nourrissait de sa sueur et des battements de son cœur.

C’était au bord de l’eau, quelque part dans les dunes. Un matin, le village s’était dressé là. Il avait surgit blanc et miroitant, défiant le soleil et l’écume de sable.
Sofia défit son corsage et chercha Cayetano , et comme il fallait s’y attendre elle ne le trouva point. Affolée elle appela « Cayetano, où es-tu ? » Mais seul le silence lui répondit.

Elle visita alors les maisons de toile, questionnant les femmes aux regards las qui donnaient le sein aux nourrissons, ou qui épluchaient patiemment des épis de maïs, ou qui trempaient leur linge dans une cuvette usagée et au fond inépuisable, chantonnant des exils de vagues et de battements d’ailes. Mais rien ! Silence complet. Silence éternel de dunes. Silence infini d’un ciel d’encre. Silence crépusculaire des morts. Et Sofia s’en retourna dans sa case, silencieuse et abattue.
Là, elle s’enveloppa dans la couverture tissée par les mains patientes d’une vieille grand-mère et sombra dans la réflexion chercheuse des mineurs.

Où pouvait-t-il bien être Cayetano ? Etait-ce dans le puits profond du bord de mines du salpêtre, là où l’eau était si enterrée, si lointaine des semelles des gens, qu’il fallait s’allonger à plat ventre pour y lancer le sceau ? Ou était-ce au fond de cette grotte, oh ! de cette grotte si éloignée où un hibou égrenait chaque soir sa longue plainte qui imitait le choc des petits cailloux ?
Plus Sofia y pensait, plus elle sentait que Cayetano lui avait échappé dans ce long chemin qui croise la Pampa, mais, vers quelle direction était-il parti ?
La nuit renversa son encrier sur le sable et le village sombra dans le sommeil des dunes.

Trois jours et trois nuits s’écoulèrent, et Sofia, enveloppée dans sa couverture, réfléchissait toujours.

La femme aux seins tristes lui apporta une tasse de bouillon, lui disant : « N’y pense plus ». Une autre lui fit goûter une épis de maïs grillé qui craquait sous la dent, lui disant : A quoi bon y penser ? ». Une vieille au visage parcheminé par le vent et la chaleur, au sourire édenté et à la voix profonde des grottes, lui dit : « Il est retourné à l’endroit où tu l’as pris, il ne reviendra plus ». Et Sofia finit par s’endormir, enveloppée dans sa vieille couverture.
Tout à coup, un appel rompit le silence de la nuit :
- Sofia, je suis là, viens !

Elle se dresse sur sa couche, l’oreille aux aguets :
- Où es-tu ? – cria-t-elle, et la voix répondit :
- Ici, ici, viens !

Et Sofia marcha, marcha et marcha toujours plus loin, tout en appelant :
- Cayetano…Cayetano où es-tu ?
Et la voix répondait toujours plus loin, toujours très, très loin:
- Ici, ici, viens !

Les hommes finirent leur travail dans les salins. Ils plièrent leur tente et en emportant leurs outils, leurs femmes et leurs enfants, ils reprirent le chemin vers d’autres salins, vers d’autres mines ; parfois vers la mer, d’autres fois vers le désert, mais partout où ils allaient, le vent criait :
- Où es-tu ?
Et l’écho répondait :
- Ici, ici viens !

Depuis lors, dans les nuits profondes du désert, dans les aurores pâles du bord de mer, le vent répète encore la plainte de Sofia :
- Où es-tu ?, et la voix de Cayateno répond :
- Ici, ici, viens… !

In: "Contes et Légendes du Pays Lointain" Diomenia Carvajal - Editions Arcoiris. Année 2007
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