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 El Tren del Sur - Diomenia Carvajal

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MessageSujet: El Tren del Sur - Diomenia Carvajal   Mer 30 Avr 2008 - 1:23

Romane n'aura qu'à déplacer ce post; moi je ne sais pas où écrire et je suis nul en rangement.

"Ce qui dit tout par éclats ne dit plus rien quand c'est un ensemble organisé" (Louis-rené des Forêts, mon idole).

Je le dis tout de suite: je vais t'envoyer un mail avec la liste des fautes d'orthographe dans les deux livres et à la prochaine édition tu les enlèves. Inutile de polluer un cours d'eau stylistique.

Je le dis tout de suite: les catégories ne m'intéressent pas. Histoire, vignette, historiette, épisodes... aucun intérêt. Je ne vais pas chercher à coller un mot qui n'apportera rien du tout.

Je le dis tout de suite: je déteste mais alors je déteste, je m'oppose, je contredis, je calomnie, je tue ta préface: "il faut choisir entre être un génie et voler à des altitudes inaccessibles pour les pauvres terrestres que nous sommes tous, ou essayer d'amuser, d'intéresser..." Une sorte de culte de la simplicité qui estpour moi une fuite devant l'étendue de la richesse du langage. Tu as tort et tu te prives, tu nous prives de toutes les ressources de ton langage. Comme une peur de ne pas atteindre. Mais plane, vise haut, vole à des altitudes inaccessibles et nous t'y rejoindrons sans problème. Relis ton texte sur l'arbre-lessive et regarde comme il est d'une puissance d'écriture phénoménale. Ne sombre pas dans le culte de la simplicité qui est une facilité. Franchement, me dire ça dans la préface...

Je le dis tout de suite: je ne dévoilerai évidemment rien de l'histoire (ou si peu) et je ne ferai que sugérer car... je ne suis pas Claire Chazal. (Bah quoi, elle a le chic pour raconter la fin des films cette cruche! De toute façon maintenant que j'ai mon chez-moi je la regarde plus!).

Mena, il y a deux choses qui selon moi définissent un grand auteur: le style et tu en as. Beaucoup. Parce qu'il y a bien une voix dans ton écriture, une démarche, des graves surtout, peu d'aigus, quelques uns quand même, quelques cris déchirants.

...... le clocher sonne les douze coups de minuit, l'heure... des pâtes...

Deux choses je disais: le style et un propos essentiel à l'humanité, tu vois, je n'ai pas peur des grands mots parce qu'il faudrait être le dernier des abrutis pour ne pas comprendre ou deviner que ta vie, ton histoire, tes racines, ta culture, le Chili, ton enfance, mais aussi ta vie en france et le regard que tu portes sur le Chili, ton corps qui sera à jamais lié à ce pays, que tout ça plus ton imaginaire, les contes et les histoires que tu connais, tout ça plus les voix que tu as entendues, les voix disparues mais jamais tout à fait, que tout ça plus la révolte, plus la tendresse, plus la mémoire... que tout ça plus plein de choses que je n'ai pas encore décelées... fait de toi à coup sûr un écrivain. Ce qui n'a aucun intérêt d'ailleurs. Je reformule... fait de ton texte, un texte essentiel. Un texte est bon s'il porte en lui une nécessité. Voilà pourquoi les grands auteurs sont rares. Je ne dis pas que tu en fais partie. Je dis que tu l'es potentiellement. Je n'ai pas lu assez de choses pour me faire un avis définitif. Mais ce que je dis, c'est qu'en prenant ce train - qu'on ne prend pas tout à fait d'ailleurs, ou qui est symbolique - on ne voyage pas! ON EST. Point. On Y est. Là-bas. Non: ICI, au Chili. On ne se dit pas des trucs niais du genre "ouah je voyage, je vais prendre une photo" ou "très typique!" (je les bafferais ceux qui disent ça), non: on y est. Dedans. A l'intérieur. Avec. A
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MessageSujet: Re: El Tren del Sur - Diomenia Carvajal   Mer 30 Avr 2008 - 1:41

"Florinda se signe tandis que la peur déroule ses doigts agiles sur sa colonne vertébrale et monte jusqu'à sa gorge, aiguisant ses sens, la maintenant attentive au sifflement du vent, aux sanglots de la pluie et à la nuit qui se glisse sous sa porte, décloue les charnières des fenêtres et grimpe parmi les ombres que la lueur de la bougie fait danser sur les murs."
Diomenia Carvajal - El Tren del Sur

Ca c'est de l'écriture!
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Mena

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MessageSujet: Re: El Tren del Sur - Diomenia Carvajal   Mer 30 Avr 2008 - 1:51

Merci Pascal! Enfin quelqu'un qui me dit des choses sincères. On ne peut compter trop sur les autres amis, car tout le monde a lu et...ils n'ont vu que le côté "conte pour enfant, elle parle d'une école, d'un village et sa maîtresse". Envois-moi vite les fautes à corriger, plein des coquilles je sais qu'il y en a, 3 personnes l'ont lu avant d'imprimer et ... rien! Bon, je changerai la préface, je ne sais ce que je mettrai, on verra...bof, tout compte fait...

Ou je ne suis pas très attentive, tout compte fait, les copains qui l'on lu, n'ont lu que le côté espagnol! Quant à la préface, ... ils ont rigolé...

Bon, mais pour toi, surtout n'abandonne pas, car tu as beaucoup à écrire encore, tu n'es qu'à tes débuts!
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MessageSujet: Re: El Tren del Sur - Diomenia Carvajal   Mer 30 Avr 2008 - 14:16

Ne change pas la préface. Je suis pas un dictateur de la pensée unique!! Wink Ca m'a fait réagir, c'est bien. L'essentiel c'est que ça reflète ce que tu avais envie de dire.

Je t'ai envoyé un mail.

Une autre qualté que tu as et dont j n'ai pas parlé: c'est la lumière, la clarté dans l'écriture ce qui n'exclue nullement la poésie. Rien de pire que les pseudos écrivains qui font des phrases incompréhensibles et se drapent derrière l'artistique. Cette lumière renvoie au pays; d'ailleurs tu pourrais nous en parler de la lumière du chili... Wink

Tu t'y prends comment pour faire connaître tes livres?
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MessageSujet: El Tren et le reste.   Mer 30 Avr 2008 - 15:14

Merci Pascal, merci aussi de m'avoir parlé de la lumière du Chili et de mes phrases qui traduisent la lumière. Je pense que quand tu parles de "lumière" tu parles de "clarté dans l'expression" c'est ça. Si c'est ça que tu veux dire, est que, comme l'a dit une de mes amis Prof de la Fac d'Aix, je suis très influencée par "l'or-alité". Je raconte comme si j'allais raconter à l'oral quelque chose. J'avais une grand mère avec pas mal de sang indien et elle racontait, me racontait des histoires, elle chantait aussi, mais pas des chansons indiennes non! elle avait une belle voix de contralto et chantait...Madame Butterfly! Cela te surprend? Le Chili est un pays plein des surprises, attend! et je ne suis pas encore arrivée à Valparaiso dans ma randonnée geo-historique, j'arriverai, mais avant je passerai par le pays de Gabriela Mistral, la Vallée de l'Elqui et là oui, tu as une Belle lumière!.
Quant à mes livres, j'ai commencé par la chose la plus bête du monde, par créer une petite revue bilingue où j'ai publié pendant 9 ans, plein d'auteurs latinos et hispaniques traduits, alors leur oeuvres figuraient en bilingue. Bien sûr que à chaque numéro je faisais aussi figurer un chapitre d'un de mes romans que je n'ai laissé pour l'instant publié que' à cet stade là. Je ne suis pas pressée. De plus pour les traductions je me faisais aider par les collègues profs d'espagnol qui elles étaient françaises et elles ont été mon premier public! Après, j'ai fait partie d'une association culturelle latino-américaine, j'étais la présidente, et avons fait plein des choses culturelles, de expos. de peinture, "réunions littéraires, fait venir des écrivains ou des profs pour nous donner des conférences, après on faisait la fiesta, avec bouffe et musique; ça a mis beaucoup d'ambiance à Toulon, surtout qu'ici il n'y avait pas trop de choses culturelles ou si elles existaient c'était très "chapelle", chacun dans son coin. Puis, nous avons beaucoup travaillé avec la Fnac.
Tu sais, tu as une chance inouï de travailler dans l'enseignement, car je pense que tu devrais pouvoir monter des choses littéraires, soit avec les élèves ou alors avec quelques collègues. Essaye de voir si tu peux d'abord, t'inscrire dans l'annuaire des écrivains habitant dans ta région, tu es où exactement? Chaque région a un Conseil Régionale qui promut la culture, ou dans la Municipalité de ta ville. Prends de renseignements auprès du journal qui t'ont fait ton entrevue, eux ils sont au courant de tout! Par Internet essaie de voir les fêtes du livre qui ont lieu près de ton lieu d'habitation et contacte des libraires si tu peux les fréquenter en vacances, cela se fait.
Est-ce que ton article a eu des retombées?
Bon, je te propose aussi de participer dans ma prochaine anthologie, j'attendais de te lire pour t'ouvrir les portes, et tu as de la valeur, tu mérites d'être promu et encouragé.
Je t'envoies l'anthologie pour que tu vois de quoi il retourne. Okay?
Je vais voir si je peux consulter les mails de la revue.
Je viens de recevoir une demande venant de...Pologne, concernant mes livres pour être mis dans une anthologie de littérature latino-américaine.
Je vais voir. Internet a beaucoup fait et j'y ai beaucoup travaillé.
As-tu visité tous mes liens?
Je t'embrasse et surtout, continue.
Vas y visiter ce lien, pour voir si ça t'intéresse, c'est un site situé en Amérique, vois si tu peux mettre quelques extraits de ton livre. C'est toujours un début que d'être à côté des autres auteurs . Voici le lien:
http://www.artecomunicarte.com/LiteraturaPAD1_L.php
Je vais remettre en plus des liens vers ton blog.
Tout commence doucement et "tout vient à point à qui sait attendre" qui a dit donc ça?
Je t'embrasse


Dernière édition par Mena le Mer 28 Mai 2008 - 0:53, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: El Tren del Sur - Diomenia Carvajal   Mer 30 Avr 2008 - 19:14

Merci. J'attends la revue alors. Tu me diras la date de la prochaine. J'ai une idée de texte pour toi. Si tu préfères un extrait que tu as déjà lu tu me diras.

Je suis effectivement dans les librairies de Vesoul et Besançon mais il y a tellement de livres... Enfin on verra bien. Y en a même une à Besançon, la plus grande, qui me prend aucune marge, pour m'aider, j'ai trouvé ça trop sympa. Sinon le centre régional, j'ai envoyé un mail. Pas de réponse. L'article a fait beaucoup parler, quelques ventes, pas des masses. Le maire de Vesoul a transmis au service communication... Je suis dans le bulletin municipal du village mais pas de vente pour l'instant. Là y a une revue qui m'a encouragé à leur présenter mon travail, on verra bien. Bref, mon grand défaut, c'est l'impatience tu l'auras compris.

Les choses se font quand même. Wait and see.

Je parlais de la lumière stylistique, de la lumière chilienne et de la lumière intérieure (rien à voir avec la religion dans mon esprit, je précise). "La lumière, la lumière aussi, voyage..." Wink

J'ai hâte d'être à Valparaiso quand même. Encore cette impatience, alala. Quelle chance nous avons que tu nous fasses découvrir tout ça! Petit à petit. Pas à pas. Tu le sais, je crois aux rencontres...
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MessageSujet: La fête du 1er Mai   Jeu 1 Mai 2008 - 14:09

La Fête du 1er mai


Je ne pouvais pas laisser passer ce jour sans parler de cette fête, car une foule de souvenirs me tombent dessus. Rassure-vous, rien à voir avec « ma position de chilienne défendant les droits des travailleurs », non, c’est autre chose qui vient de très loin.

Dans ma famille, ou mieux encore, dans la famille de ma grand-mère, tous venaient du Nord, et même du Grand Nord (El Norte Grande) comme nous l’appelons là-bas (Nous avons en fait deux Nord : Le Grand (El Norte Grande, et Le Petit (El Norte Chico) . Elle avait vécu une enfance nomade, en compagnie de ses parents et de ses frères et sœurs. Son père était journalier, travaillant tantôt dans les mines du salpêtre, d’autres fois dans les salins. Et en bon journalier, il se déplaçait avec femme et enfants, et avec d’autres familles qui vivaient ainsi, ils arrivaient à bâtir d’immenses campements groupés dans certaines zones réservées à ces travailleurs là. Il est vrai que le désert est grand, immense. Quand ma grand-mère, qui avait l’art de raconter, en parlait, elle faisait surgir des images sombres ou colorées, selon le cas. Je me souviens qu’elle faisait souvent référence à ses jeux dans des dunes, moi, ne connaissant pas le Nord à cette époque-là, j’essayais d’imaginer des dunes, telles que celles déjà vues dans des magasines, dans des contes illustrés ou en bord de mer, je les associait toujours à la mer. Mais en fait, il s’agissait des dunes du désert, celles qui se trouvent dans ce qu’on nomme « La vallée de la mort ». Maintenant, en prononçant rien que le mot, j’en frémis, et les touristes découvrent ce Nord-là, en excursion, très bien imaginées et montées par des agences de voyage. Le mana du tourisme est arrivé maintenant là où ma grand-mère jouait avec ses frères et soeurs et les enfants des autres journaliers.
Elle racontait : « Je creusais dans le sable et tout à coup je déterrais un tibia ou une phalange, et sans savoir ce que c’était, je la lançais derrière mon dos, car je cherchais des pépites (d ‘or, bien sûr), que je n’ai jamais trouvées » et pour cause, son esprit pionnier, transmis par son père et le père de son père avait gardé cela en mémoire « les pépites, jamais trouvées » mais son père devait ramasser le plus de sel possible pour les apporter aux « Oficinas salitreras », là on pesait les sacs et on payait en espèces, au poids. Alors, je vois dans mon imagination cet arrière grand-père qui portait la charge à dos de mulet. Et je revois les tentes collées les unes aux autres, entends les voix ou plus, les murmures, écoute la nuit et contemple le lac salé qui brille dans l’obscurité. Mystères d’un autre temps. Dans mon esprit salins et « salitre » (salpêtre) se confondaient ne faisant plus qu’un ensemble qui permettait à ma grand-mère de jouer dans les dunes et déterrer des morceaux de squelettes des journaliers, certainement, qu’on avait enterrés là un jour de deuil pour la famille concernée. « Un jour - me racontait elle -, on vint informer ma mère qu’elle ne reverrai plus son mari, car il était mort dans un éboulement. Mais il avait choisi un bon patron, ma mère a eu de l’argent pour manger pendant quelque temps, avec ses enfants, et nous pliâmes bagages, avons pris le mulet et sommes rentrés à Iquique. Là, elle compta les sous et à sa grande surprise elle constata, avec l’aide d’un scribe chinois qui comptait avec des boules, à la chinoise, qu’elle pourrait avoir un petit commerce, même que c’est lui qui le lui a procuré. Il nous compta en chinois, je crois ou je pense, il désigna avec ses deux mains sept doigts, et il parla, moitié espagnol du nord (patois espagnol composé des mots quechuas ou aymaras, selon le cas) et moitié chinois, à sa femme qui s’inclina silencieuse et discrète. Puis nous avons dormis quelques jours dans sa cour, d’autres chinois de sa famille nous ont monté la tente qui était notre maison dans les dunes. Puis un jour nous sommes allé visiter « la pulpería » (magasin où l’on vend de tout, et sert même de bar à l’occasion) et ma mère s’y installa avec mes deux frères et mes quatre sœurs plus moi-même, qui pleurais parce que je voulais retourner jouer dans les dunes. Elle me donna deux coups de pieds aux fesses parce qu’elle avait les mains prises avec ma petite sœur dans les bras, puis j’ai dû m’esquiver pour qu’elle n’arrache pas mes cheveux à force de les tirer". - Elle soupirait riait un peu et continuait -
"La « pulpería » se trouvait juste à l’entrée d’Iquique, ou mieux, c’était la première maison avec magasin qu’on voyait en débouchant dans la ruelle qui menait au centre ville. Là s’arrêtaient quelques ouvriers qui venaient dépenser leurs paye, mais ma mère ne servait pas trop d’alcool, elle avait peur de ces brutes qui parfois l’alcool faisait perdre raison, alors, elle ne « récompensait » que ceux qui achetaient leurs denrées pour la semaine avec un petit verre de chicha, de temps en temps. Mais avant, elle nous enfermait mes soeurs et moi, dans une chambre au fond du couloir, qui se trouvait séparé du comptoir par un épais rideau : « il ne faut pas que ces abrutis vous voient » - elle nous chouchotait - ou alors elle devrait quitter ce gagne pain, et nous mourrions de faim…et le châtiment que nous aurions dépasserait toute imagination, nous ne serions plus bonnes qu’à être enterrées dans les dunes".
Elle parlait parfois du passage, tant redouté pour quelques femmes en ce temps-là, de son enfance à l’âge de « adulte ». « Nous portions des tresses – elle avait des cheveux magnifiques et elle conservait une belle tresse, épaisse, d’une couleur châtain clair – dans un tiroir qu’elle fermait à clé, c’était « sa malle aux trésors », je vous raconterai une autre fois ce que j’y découvrit lorsqu’un jour je l’ai ouvert ce tiroir, en cachette, la tentation était trop grande - elle continuait - "alors nous devions sacrifier une de nos tresses et puis après on faisait un chignon, pas question d’avoir les cheveux courts ! une femme devait avoir des cheveux longs, mais pas épars, seule les « rameras » (putes)les portaient tombant sur leurs épaules. Alors, j’ai fait un chignon et descendit ma jupe pour qu’elle tombe sur mes souliers ne laissant voir que le bout ! Les petites filles pouvaient laisser voir leurs bas et leurs souliers, jusqu' à mi mollet, une jeune fille « bien », cachait ses mollets et remontait ses cheveux. Et là, surgit ton grand-père dans ma vie. Il était très bien mis, beau garçon, il parlait avec un drôle d’accent, il venait acheter du sucre ou de l’huile, mais avant il guettait patiemment que l’un de mes frères passe derrière le rideau, pour esquiver la corvée quand ma mère n’était pas là, ou c’était le milieu de la semaine et elle nous permettait de servir les denrées car il n’y aurait pas des journaliers descendus des mines acheter des « fideos (pâtes) ou autre chose. Et ton grand-père, Carlos Carvajal Alvayay (je n’ai su que bien plus tard que mon grand-père n’était pas né au Chili : lui, sa mère et ses sœurs avaient émigré d’Espagne, c’était une ancienne famille de « reconvertis » des séfarades, quoi !) il me caressait les mains à l’a dérobée, quand je lui rendait la monnaie. Un jour ma mère me surprit à lire une petit message, j’ai essayé maladroitement de le cacher dans mon jupon, mais elle vit le geste, me donna une baffe et souleva ma jupe pour s’approprier le petit mot, ton grand-père avait écrit maladroitement quelque lignes, style « je sifflerai un air de tango ce soir au coin de la rue, est-ce que tu l’entendras ? » et la réaction de ma mère fut terrible, elle ordonna à mes frères de guetter « le jilguero » (le moineau siffleur) et de le chasser à coups des cailloux. Puis, elle me retira du cours de Mademoiselle Elisa, une vieille maîtresse d’école qui donnait des cours particuliers aux jeunes filles afin de les instruire, grâce à ça je n’étais pas tout à fait analphabète. J’ai pu profiter de quelques cours d’anglais tout de même, j’ai appris à dire Yes, No, et Please (elle disait plïs). Mais je n’ai plus jamais fréquenté une école, alors « vida mía » (mon cœur) travaille bien à l’école, parce que tu as de la chance ». Ensuite elle me chantait un air d’opéra que j’ai appris grâce à elle, mais je n’ai pas sa voix ! Bien au contraire, je chante comme une casserole, je fais pleuvoir et tonner ! mais, pourquoi est-ce que je vous raconte ça ? Ah, c’était à cause du 1er Mai !
D’où est venue cette fête ?
Visitez ce lien pour vous instruire à ce sujet, mais je sais que vous le savez déjà !
http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_du_Travail

Alors, un jour du premier mai, je n’avais pas école et elle qui était mon encyclopédie, me raconta, que c’était une fête sacrée !
« C’est parce que un jour à la campagne, un patron a voulu faire travailler un de ses paysans, et Saint Pierre avait dit au paysan, dans son sommeil « aujourd’hui c’est le 1er mai, il ne faut pas travailler ! » Et le patron, tu sais mon amour que les patrons ont toujours raison ici !, appelle les carabiniers qui emmènent le paysan en prison. Et le patron après quelques heures dans l’après-midi, voit s’approcher un pèlerin, du moins il a crut que ça en était un, avec une longue barbe et un bâton, qui lui demande après son paysan et le patron lui répondit « je l’ai fait mettre en prison ! Il ne voulait pas travailler, il m’a raconté des balivernes sur un rêve qu’il avait eu avec Saint Pierre, c’est un fainéant ! Et comment as-tu fait pour envoyer cet homme en prison ? lui demanda le pèlerin, Et bien, répondit le patron, j’ai appelé les gendarmes et ils lui ont passé les menottes derrière le dos, et en expliquant le tout il faisait le geste de mettre ses mains derrière son dos, et puis ils l’on amené, j’irai le chercher demain, après qu’ils lui auront fait passer l’envie de ne pas vouloir travailler ! Alors le pèlerin lui dit « Ah, tu l’as envoyé en prison avec ses mains attachées sur le dos ! eh bien, c’est comme ça que tu resteras, ce sera ta punition ! Et l’homme resta ainsi jusqu’à sa mort, avec les mains attachées sur son dos »
J’ai crû longtemps que le 1er Mai était une fête sacrée dictée par l’église (lol !)


Dernière édition par Mena le Dim 1 Juin 2008 - 18:55, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: El Tren del Sur - Diomenia Carvajal   Jeu 1 Mai 2008 - 20:09

Je voulais t'offrir un brin de muguet virtuel mais j'arrive pasà insérer une image! Continuons notre découverte du Chili à travers les liens mis ça et là, tes connaissances, tes souvenirs... Faudra que tu nous parles du Chili actuel quelque part aussi. Ce qu'en disent tes amis de là-bas, ce qui 'y passe...

http://www.dailymotion.com/relevance/search/isla%2Bnegra/video/xuuqz_yosoypablonerudabig_creation

A voir!
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MessageSujet: Re: El Tren del Sur - Diomenia Carvajal   Jeu 1 Mai 2008 - 20:59

Oui, justement, j'étais revenue pour faire quelques corrections au texte du dessus, je suis en train d'écrire la partie qui concerne justement "la lumière", le pays de Gabriela Mistral, tu verras j'ai passé mon après-midi à scanner des photos. Tu verras, elles datent de mon dernier voyage. Il va falloir que je demande des nouvelles à ma copine d'école qui est venue me voir en 2006! Déjà... comme le temps passe vite!
Je suis allée sur le lien que je t'avais donné, j'ai vu que tu avais posté quelque chose, c'est bien! Tu as vu tout ce monde? Dommage qu'il n'y ait pas encore la langue française, mais on se comprend tout de même!
De temps en temps va y voir si des français sont allés lire, ou des américains parlant le français.
Quant à cette série sur le Chili, après ce sera le tour de Valparaiso, dommage qu'on ne puise pas mettre un petit ipod!
Bon, je mettrai un lien pour aller voir les vidéos sur YouTube.
Vas y voir ce diaporama sur le Désert, (http://espacehispano.literaturismena.com/diaporama_vallee.html) l'as-tu déjà Vu?
De plus je pense que je vais essayer de monter quelque chose d'autre où tout se suivra.
Je t'ai envoyé le paquet, j'espère que tu le recevras vite, car ici ils étaient en grève!
Bisous
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MessageSujet: Re: El Tren del Sur - Diomenia Carvajal   Jeu 1 Mai 2008 - 21:39

Tu n'avais pas vu que "lapislazulis" c'est moi, dans Daylimotion? Tu trouveras ces vidéos dans l'espacehispano de literaturismena.com et d'autres en plus.
As-tu lu "Le Fils de l'Arc-en-Ciel"? Quand j'arriverai à décrire la zone de "la Frontera", le pays de Pablo Neruda il faut que tu saches de quoi il retourne!
Bon, tu verras. Je vais essayer de voir si je peux me procurer deux films qui t'enchanteront! peux-tu regarder des DVD où tu vis?
Bon, alors je verrai.
Je vais écrire à ma copine pour lui demander si elle peut communiquer avec toi par mail, tu pourras lui poser toutes les questions que tu voudras. Okay? Elle est sur place et elle pourra te renseigner mieux que moi sur l'actualité actuelle, car elle est dans "le bouillon", elle cuit avec...Ma nièce va bientôt retourner au Chili je vais lui pose la question aussi, pour voir si elle peut te consacrer quelques minutes de temps en temps, quoique... elle travaille à Nanterre, et elle prépare son doctorat de droit International. Elle fait le va et vient entre la France et le Chili.
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MessageSujet: Re: El Tren del Sur - Diomenia Carvajal   Jeu 1 Mai 2008 - 22:35

Muchas gracias, esos paisajes son maravillosos, es una invitacion a suenar, "al corazon de la tierra" como se dice en la canzione... me gusta mucho las fotografias con la luna que mira la terra y los hombres perdidos en ese deserto de Atacama. Conoces la canzione "los pajaros perdidos"...?

Je n'ai pas encore lu entièrement l fils de l'arc-en-ciel, je suis un peu débordé et fatigué (bts, festival de Cannes, copies, piano, jardin...). Merci pour ce superbe voyage. Ne dérange personne pour moi, j'ai assez à découvrir avec toi!Wink

C'est chouette ce site international. Tu traduiras un passage de mon texte en espagnol et jle mettrai! Wink
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MessageSujet: Re: El Tren del Sur - Diomenia Carvajal   

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