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 Dépendance ou sous surveillance ?

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Romane
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MessageSujet: Dépendance ou sous surveillance ?   Dim 25 Mai 2008 - 17:44

Nous parlons beaucoup de l'amour, de l'amitié, ces deux-là occupant une large partie de notre vie, centres d'intérêt sans lesquels tout nous semblerait bien fade.

Or, malgré notre attirance permanente pour le tissage de liens, combien pouvons nous constater de ces échecs cuisants qui nous laissent sur le flanc X temps (parfois très long), avant d'oser à nouveau timidement.

L'équilibre est l'une des choses les plus difficiles à trouver, ou plutôt à maintenir. Dévier est si simple...

Pour avoir vécu l'expérience du travail en commun avec le père de mes enfants, j'ai su très tôt que 24h/24 ensemble tient de l'exploit. Ajoutons à cela l'espace géographique auquel nos immeubles nous soumettent, et si l'on pousse un peu, les prédispositions naturelles à étouffer l'Autre, et hop, nous y sommes.

Je ne sais pas vous, mais personnellement je ne vois pas tellement comment on peut faire pour s'épanouir dans de telles conditions. L'amour c'est bien beau, mais encore faut-il lui donner la possibilité de se déployer plutôt que se racornir au point de finir à la poubelle. L'idée d'avoir quelqu'un sur mon dos du matin au soir me hérisse tant dans la relation amoureuse que dans la relation amicale et dans toute autre relation d'ailleurs, y compris au boulot. La liberté conditionnelle est un leurre. Je considère que deux qui s'aiment doivent se laisser respirer sous peine de mourir, tout simplement mourir. En tout cas, je suis d'emblée rebelle.

Nous sommes sollicités entre les pistes balisées de notre société (c'est normal, parfois trop, mais il faut bien des règles de base de vie commune), les moments de liberté sont indispensable à l'équilibre général.

Je pensais à ça, en suivant le fil de l'écriture. Je ne saurais pas créer en présence de quelqu'un même discret, sa simple présence me gonflerait grave à partir du moment où il s'agirait de son choix et pas du mien (ou pas le nôtre). Je n'ai jamais eu de problème pour créer, lorsque j'ai moi-même pleinement consenti à la présence d'autrui. Ce n'est donc qu'une question d'origine, alors ?

Et vous ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Mahaut

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MessageSujet: Re: Dépendance ou sous surveillance ?   Dim 25 Mai 2008 - 21:00

Un jour, j'ai osé dire à un ami dont je venais de faire connaissance qu'il pouvait arriver que je prenne ma voiture, fasse 1000 km et me pointer, que j'en étais capable, que mes amis pouvaient en témoigner...

Cela me paraissait tellement aller de soi que je n'ai pas ajouté que je ne le faisais que sur appel au secours, et avec l'accord de celui ou de celle chez qui je me rendais.

Mon ami a donc cru que j'étais très capable de m'imposer chez lui, sans tambour ni trompette.

Une telle intrusion, j'en serais ulcérée. A fortiori, l'imposer, moi, à un autre, me semble inacceptable.

En fait, sous des dehors d'éléphant dans un magasin de cristaux du Val Saint-Lambert, j'ai terriblement peur d'être importune. Ce qui fait que parfois, j'en deviens empotée, ou que je prends mon courage à deux mains, désir d'exister au regard de ceux que j'apprécie, mais dans ce mouvement de volontaire mise en avant pas naturelle, j'en fais de trop. Pas facile de doser quand on doute de soi.

Je te rejoins donc Romane dans ton analyse :
Citation :
Or, malgré notre attirance permanente pour le tissage de liens, combien pouvons nous constater de ces échecs cuisants qui nous laissent sur le flanc X temps (parfois très long), avant d'oser à nouveau timidement.

L'équilibre est l'une des choses les plus difficiles à trouver, ou plutôt à maintenir. Dévier est si simple...

Alors, je disparais. Mes quelques vrais amis savent que ce temps de silence est un signe. Et ils viennent me chercher.

Les autres ne savent pas et ne sauront jamais que je vais mal. Je reste souriante, je fais ce que je dois. (Et je le fais bien pour qu'aucun ne sache rien) Alors le clown dont tu parlais, Boudufle, prend le relais de moi, façade en forteresse où personne ne me voit, pas même moi.

Car dans ces moment-là, je ne suis là pour personne, sauf si on me demande, essayant de trouver en moi-même un équilibre que je me sais pourtant incapable de trouver.

Je ne comprendrai jamais comment il est possible de perdre un temps immense à courser une personne. Comment le possessif ou le jaloux peut prendre son téléphone, son Internet ou sa voiture pour chercher à savoir où se trouve sa moitié.

Bien sûr, mais cela est aussi dû à un long temps de manque, j'aime être en présence de celui qui compte pour moi. Petite souris silencieuse.

Mais...

Faire autre chose, être ailleurs dans la maison, être ailleurs dans la ville, ne pas le voir n'est pas important. Le lieu n'a plus d'importance, si je sais que pour lui, alors je suis là, même quand je n'y suis pas, et qu'il me reviendra, avec toute sa tendresse et sa présence physique.

Je vous dis cela maintenant, nous en avions longuement parlé quand j'avais un amour à 250 km de chez moi. Cela ne me faisait rien d'en être aussi loin. Quand nous nous retrouvions, la connivence suffisait à combler la distance. Je ne suis pas jalouse. (du moins je le crois) Tant que j'ai confiance en lui, il peut être à Tombouctou ou bien au Kamtchatka. Il peut être avec des amies plus belles les unes que les autres, il peut avoir une amie de coeur, voire même une amitié amoureuse, peu m'importe, par ailleurs il m'aime moi, rien que moi. Et cela me suffit. Alors il est normal de lui laisser l'espace pour vivre d'autres choses et même des choses sans moi.

Mais j'ai souffert mille morts quand je l'ai vu me mettre à la périphérie de lui. Les raisons lui appartiennent, ce n'est pas le lieu ici, mais la souffrance de ce rejet fut telle que je ne voudrais pas que mon pire ennemi la connaisse. Alors, je me taisais, il venait me chercher, puis me remettais au ban, retirant de lui un peu plus chaque fois...

Cela a duré longtemps, trop longtemps, puis on s'est séparés, et aujourd'hui, je ne sais plus quoi faire avec moi, ne me faisant plus confiance : peur de souffrir, peur d'être de nouveau délaissée et brisée, envie pourtant de m'ouvrir mais sans avoir la clef. Maladroite, dès lors...

Alors,Romane, je ne sais pas comment résoudre la quadrature du cercle.

Pourtant oui, l'amour respecte l'autre. Et chacun doit pouvoir respirer à la mesure de sa demande.
La mienne est une demande de présence... de gestes de tendresse (personne ne m'a touchée, prise dans ses bras, ami ou amour depuis près de 3 ans), de grands éclats de rire, de connivence, de tout ce qui me manque, mais il est évident que cela ne doit pas devenir une prison.

Je crois profondément qu'on doit se parler, dire chacun à l'autre ce qu'on vit. Souvent l'exprimer suffit si on voit dans le regard de l'autre que l'on est accueilli. Pas besoin de grands cadeaux, de grandes envolées, passer le bras sur l'épaule quand on sens l'autre solitaire, le regarder vraiment sont des moments subtils qui font la différence, qui font la connivence, qui parlent de tendresse. Et chacun sait que l'homme, le mâle, a besoin pour survivre de rentrer par moment dans son hibernation... respecter sa caverne... Chuuttt
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MessageSujet: Re: Dépendance ou sous surveillance ?   Dim 25 Mai 2008 - 21:29

Mahaut a écrit:
Un jour, j'ai osé dire à un ami dont je venais de faire connaissance qu'il pouvait arriver que je prenne ma voiture, fasse 1000 km et me pointer, que j'en étais capable, que mes amis pouvaient en témoigner...
C'est à double tranchants, parce que si l'un des deux fait cette démarche sans que l'autre des deux soit demandeur ou en attente de cela, effectivement cela s'assimile à l'intrusion en force. Comme toute chose dans une relation, il faut la symbiose totale, c'est pourquoi je disais que si moi-même ne suis pas dans cette acceptation et que l'ami (e) m'impose sa présence comme une évidence et avec toute sa bonne volonté de preuve affective via ce geste-présence (ou le fait de franchir les 1000 km, ce qui revient au même), m'apparaît comme empiéter sur mon domaine privé, au lieu de prendre la tournure d'une preuve.

Je crois qu'il ne faut pas confondre l'acceptation pleine et entière de deux personnes, avec l'élan de l'une qui peut fermer l'autre, malgré les bonnes intentions. Alors que dans une acceptation commune aux deux, l'élan devient bonheur et ouverture, parce que ces deux là sont synchro tout simplement. Le décalage ne fait pas bon ménage avec le lien affectif quel qu'il soit (souvent dans le couple, mais aussi en amitié.

Quand même, j'ai envie d'ajouter que beaucoup de gens confondent aimer et étouffer, là est le drame.

J'ai aussi vécu une amitié (enfin, je pensais que c'en était une), bouffeuse de tout, y compris et surtout de ma personnalité. Tu sais, quand tout est passé à la moulinette au titre de l'attention portée à l'autre, quand en réalité il s'agit de le soumettre, consciemment ou pas. Maintenant, je sais faire la différence et je me défends bec et ongles devant ce type de comportement qui ne réussit qu'à me fermer à jamais.


Citation :
Alors, je disparais. Mes quelques vrais amis savent que ce temps de silence est un signe. Et ils viennent me chercher.

Les temps de disparition ne sont pas négatifs, à mon avis. Ils te permettent de chercher à te situer, à situer tes gestes, tes intentions, tes mots, et il faut juste veiller à ne pas te déconsidérer toi-même, mais au contraire à trouver la juste mesure. L'équilibre... nous sommes des funambules, hein. Ne crois pas être la seule, et même je te donne l'image qui me vient souvent, je nous compare à ces escargots qui sortent ou rétractent leurs antennes. Je me dis que rétracter (faire disparition, comme tu dis), c'est aussi son propre choix, par nécessité consciente ou pas, de faire le point. Et c'est très bon. Les temps de silence sont merveilleusement porteurs de messages positifs qui aident à se frayer un chemin.

Citation :
Les autres ne savent pas et ne sauront jamais que je vais mal. Je reste souriante, je fais ce que je dois. (Et je le fais bien pour qu'aucun ne sache rien) Alors le clown dont tu parlais, Boudufle, prend le relais de moi, façade en forteresse où personne ne me voit, pas même moi.
Bien sûr ! Je pense que nous connaissons tous cela, et si on est tant soit peu attentif, on sait comprendre chez soi et chez l'autre, chez tous les autres. Le repli se fait dans le silence, mais aussi dans l'apparence de clown, j'ai aussi beaucoup aimé ce qu'en a dit Boud' je ne sais plus où, parce que c'est tout à fait ça. Il ne faut pas le prendre sous forme négative, je pense, mais au contraire s'en servir pour le tourner positivement, constructivement. Que veut dire le clown ? Que cherche t-il à exprimer en n'exprimant pas ? Je pourrais en écrire des tonnes sur le sujet... ô combien. Mes propres parents n'ont rien vu que le clown pendant des années, c'est dire l'efficacité... il n'y a que soi pour tomber le masque. Notre propre volonté. Donc par déduction, notre propre maturité sur le sujet.


Citation :
Car dans ces moment-là, je ne suis là pour personne, sauf si on me demande, essayant de trouver en moi-même un équilibre que je me sais pourtant incapable de trouver.

Le temps. Il faut du temps pour tout. Pendant que tu "ne sais pas trouver", tu cherches, même à ton insu. En tout cas, il se passe quelque chose, malgré tout.

Citation :
Je ne comprendrai jamais comment il est possible de perdre un temps immense à courser une personne. Comment le possessif ou le jaloux peut prendre son téléphone, son Internet ou sa voiture pour chercher à savoir où se trouve sa moitié.
C'est l'acte primaire, je pense. Dès lors qu'on prend la peine de réfléchir un peu, et pour peu qu'on soit honnnête bien sûr, on se rend bien compte de ses propres travers et on tâche de ne plus bouffer l'autre. Encore faut-il en faire la démarche profonde, pas dire avec les mots, mais le ressentir très fort en soi. La plupart des gens qui n'ont pas ce réflexe sont capables de n'importe quelle folie au détriment du lien pour lequel ils pensent se battre.

Citation :
Bien sûr, mais cela est aussi dû à un long temps de manque, j'aime être en présence de celui qui compte pour moi. Petite souris silencieuse.
Ah oui, mais voilà, voilà le truc. Bien sûr oui, mais la petite souris toute silencieuse soit-elle peut parfois prendre des allures de garde chiourme, en tout cas dans ma tête c'est ça. Jadis, petite, j'aimais demander à ma mère de me regarder quand j'essuyais la vaisselle, par exemple. Je me donnais "en spectacle" en quelque sorte. La différence énorme, c'est que dans les moments d'intimité entre soi et soi, le spectacle n'a pas lieu. Donc la petite souris est bienvenue à l'essuyage de la vaisselle, mais en aucun cas dans l'intimité soi-soi.

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Romane
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MessageSujet: Re: Dépendance ou sous surveillance ?   Lun 26 Mai 2008 - 2:53

Citation :
La
mienne est une demande de présence... de gestes de tendresse (personne
ne m'a touchée, prise dans ses bras, ami ou amour depuis près de 3
ans), de grands éclats de rire, de connivence, de tout ce qui me
manque, mais il est évident que cela ne doit pas devenir une prison.
Oui, bien sûr c'est très important, les étreintes d'amitié comme celles d'amour, et je pense que nous en avons besoin, pour peu que nous soyons normalement constitués dans notre espace affectif. (certains sont rebelles à toute manifestation gestuelle, et puisque nous parlons de belles-mères dans un autre fil, la mienne-ex était exactement dans ce type de personnes très froides, elle m'a désappris en 20 ans la somme de tout ce que je suis profondément, ouf, j'ai tout récupéré quand j'ai rencontré Romane).

En amitié, si je peux me permettre de te poser cette question, ne vas-tu pas à la rencontre de l'autre pour l'étreindre ? Moi si. D'ailleurs dans n'importe quelle relation, mes gestes sont entiers. Je serre les mains chaleureusement et "il passe quelque chose" de la même manière que lorsque je demande "comment vas-tu", ce n'est pas une question qui n'appelle pas de réponse, c'est une vraie question. J'étreins mes amis très fort, je ne les embrasse jamais dans le vide, j'aime leur donner un vrai baiser sur la joue, parfois même dans le cou.
En amour, j'te raconte même pas. (rire)

Citation :
Et chacun sait que
l'homme, le mâle, a besoin pour survivre de rentrer par moment dans son
hibernation... respecter sa caverne...
Pas du tout d'accord avec toi, ici. La femme a aussi besoin de son espace privé vital, j'insiste sur le vital. Ou bien je suis un homme ?

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Mahaut

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MessageSujet: Re: Dépendance ou sous surveillance ?   Lun 26 Mai 2008 - 7:31

Tout va avec tout :

Citation :
En amitié, si je peux me permettre de te poser cette question, ne vas-tu pas à la rencontre de l'autre pour l'étreindre ?

Depuis 3 ans, j'allais mal, donc je me rentre dans ma coquille, ne vais plus vers personne. Je n'ai osé sortir que vers cet ami lointain que j'évoquais, pas de chance...

D'autre part, je n'ai ces gestes de tendresse que vis à vis de ceux dont je sais qu'ils les acceptent : j'ai peur d'être importune. En général, donc, je les retiens.

C'est cela aussi qui a fait la magie d'une rencontre d'écrivains et lecteurs à Arbois il y a deux ans, on était en confiance. Je n'ai rien retenu. C'était bon. C'était clair.

Et cela me manque.

Citation :
Et chacun sait que
l'homme, le mâle, a besoin pour survivre de rentrer par moment dans son
hibernation... respecter sa caverne...
Je ne sais pas si c'est un besoin vital pour les femmes, je sais que chez moi, cela traduit un mal être... ou un temps de création...

Cela est peut-être dû au manque, mais je n'ai jamais pensé : "allez vite qu'ils s'en aillent", sauf de gens importuns qui ne respectaient rien, (je pense à un jeune couple, invités qui sont restés ici 8 jours, pour qui je faisais tout comme une bonne, la bouffe, les courses, et la vaisselle sans qu'ils prêtent la main, et osaient encore me dire que le menu ne leur convenaient pas)


Dernière édition par Mahaut le Lun 26 Mai 2008 - 21:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dépendance ou sous surveillance ?   Lun 26 Mai 2008 - 11:24

Mahaut a écrit:
Depuis 3 ans, j'allais mal, donc je me rentre dans ma coquille, ne vais plus vers personne. Je n'ai osé sortir que vers cet ami lointain que j'évoquais, pas de chance..
Oui, je sais. Mais la démarche était différente, il ne s'agissait pas d'un élan d'amitié, mais d'un élan amoureux. Or en amour, l'engagement est tout de même particulier, bien plus particulier qu'en amitié.
C'est pour cela que ma question évitait soigneusement l'élan amoureux, qui, selon moi, est totalement personnel et je pense qu'il est inconcevable de forcer la porte de quelqu'un qui ne ressent pas les mêmes sentiments, ou qui les a ressenti mais en est déserté pour X raisons, bref tout ce qui fait que l'amour est complexe.
Tu ne peux pas en vouloir à quelqu'un de ne pas t'aimer d'amour, ça ne se commande pas ni ne se raisonne, c'est ou ce n'est pas.

Citation :
D'autre part, je n'ai ces gestes de tendresse que vis à vis de ceux dont je sais qu'ils les acceptent : j'ai peur d'être importune. En général, donc, je les retiens
Donc nous revoilà repartis plutôt dans un domaine plus abordable, l'amitié ou l'affection. Je crois que comme le sujet que nous avions abordé et dans lequel tu t'es si bellement confiée à nous, il faudrait que tu changes ton regard, Marianne. Comment peux-tu espérer que les gens viennent à toi, s'ils te sentent déjà sur la réserve "parce que tu ne sais pas comment ils réagiraient". Les élans entre parfaits inconnus, tout bêtement parce que le courant passe et qu'on sent qu'on pourra avoir des conversations passionnantes, ou partager une activité, ou vivre une amitié, ne sont pas une montagne à franchir. Par contre, je peux te dire qu'en face, on sent parfaitement quand quelqu'un est coincé, et ça ne donne pas l'envie d'aller à sa rencontre.
J'ai l'impression que tu te verrouilles beaucoup, alors que tout est bien plus simple et naturel dans la vie. Tout un regard sur toi-même, qui pourrait, s'il se positivait, t'ouvrir à un monde meilleur et plus facile.

Aller vers l'autre, selon moi, ce n'est pas forcément lui déballer sa vie, mais être "ouvert" sans préméditation ni calcul. On sent bien qu'on a des affinités ou pas, et si une relation amicale est possible ou pas, parfois même sans entrer dans l'Amitié avec un grand A, simplement un joli lien-tout-court, sans plus d'engagement que cela, mais en tout cas dans un franc partage joyeux (donc spontané).

Citation :
C'est cela aussi qui a fait la magie d'une rencontre d'écrivains et lecteurs à Arbois il y a deux ans
Même chose dans ta ville, en n'importe quelles autres circonstances. Ici ou ailleurs, peu importe. Passer du virtuel au réel (grrr ces termes !), tu sais, c'est aussi quitte ou double. Derrière l'écran, nous sommes tous comme n'importe qui dans ton quartier, ta ville ou ta famille.

Citation :
je pense à un jeune couple, invités qui sont restés ici 8 jours, pour qui je faisais tout comme une bonne, la bouffe, les courses, et la vaisselle sans qu'ils prêtent la main, et osaient encore me dire que le menu ne leur convenaient pas

mdr Excellent ! J'ai aussi quelques anecdotes truculentes à ce sujet. On pourrait ouvrir un fil, il y aurait de quoi dire !

A propos de l'espace privé :
Citation :
Je ne sais pas si c'est un besoin vital pour les femmes, je sais que chez moi, cela traduit un mal être... ou un temps de création...


Je crois que tu confonds le repli vécu comme une mise en quarantaine volontaire ou imposée ou quelque chose comme ça, par la sensation de l' "inaceptation du monde vis-à-vis de toi". Ce n'est pas du tout la même chose. Tu parles là d'un problème qui me semble encore une fois rejoindre ce dont nous avons parlé dans ton blog, ou en tout cas parallèle. Je me trompe peut-être, mais je crois qu'il s'agit d'un problème entre toi et toi, car le monde ne veut pas-pas de toi, tu aurais plutôt toi l'air de te retirer de toi-même. C'est différent.


L'espace privé vital dont il est question, n'a rien à voir avec ça, à mon avis. Il s'agit de pouvoir se soustraire non dans la souffrance, mais au contraire dans la construction, pour souffler, pas pour se fermer. Pour se retrouver, pas pour se perdre.

Je me souviens, lorsqu'en région parisienne je bossais dans le judiciaire (boulot intensif et surtout qui bouffait la tête), et que je rentrais à la maison pour me voir assaillie par mes deux petiots et leur père qui déversaient sur moi tout ce qu'ils avaient accumulé le jour, qu'il fallait aussitôt enchaîner sur le repas, le bain, etc. et qu'après avoir donné à tout ce petit monde il m'était encore impossible d'avoir quelques instants pour me ressourcer parce qu'en appartement nous n'avions pas la possibilité de nous isoler (sinon dans les toilettes, mais hein, bon), eh bien je t'assure que plus d'une fois j'ai failli ne pas m'en remettre. Un espace vital, une bulle d'oxygène à soi, la possibilité de prendre son propre rythme, sans qu'un oeil soit là pour observer, tout ça m'est apparu évident vers cette époque.

Tout est fait pour se reconstruire, dans cet espace là. La présence non souhaitée de la petite souris silencieuse peut être aussi intolérable que la présence non souhaitée des vacanciers qui t'ont prise pour leur bonne.

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MessageSujet: Re: Dépendance ou sous surveillance ?   Lun 26 Mai 2008 - 19:21

Tiens, il me revient un détail à ce propos. Quand mes enfants étaient petits, ils me suivaient partout. Quand je dis partout, je dis bien partout, y compris quand j'allais dans les toilettes, où c'était la croix et la bannière pour pouvoir faire comprendre que ben j'avais envie d'être un peu seule, hein. Et pendant qu'on y est, le chien aussi me suivait partout, au point que je me prenais souvent les pieds dans ses pattes. Ce qui fait que nous formions une file indienne, une sorte de chenille qui circulait dans l'appartement.

Si parfois j'ai trouvé ça marrant, j'avoue qu'en certains moments ça me pesait considérablement. Je me suis toujours aménagé des temps d'intimité, souvent quand la maison dormait ou dort. Besoin, besoin.

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MessageSujet: Hors sujet, juste une réponse qui n'en demande aucune   Lun 26 Mai 2008 - 20:39

Citation :
Oui, je sais. Mais la démarche était différente, il ne s'agissait pas d'un élan d'amitié, mais d'un élan amoureux.
Ro, il n'était pas au départ question d'élan amoureux. Juste de l'ouverture d'un coeur barricadé qui s'ouvrait comme une fleur au soleil de l'amitié. Je me suis fourvoyée plus tard, dans l'absence, le recul. Mais lui n'y est pour rien.
Citation :
Tu ne peux pas en vouloir à quelqu'un de ne pas t'aimer d'amour, ça ne se commande pas ni ne se raisonne, c'est ou ce n'est pas.
Je ne lui en veux pas. Il n'y est pour rien. Comme je te l'ai expliqué en privé, c'est moi qui ai imaginé.
Pense un coeur en prison, un coeur en solitude, quand un geste d'accueil, aussi petit soit-il, quand une connivence vient l'ouvrir à la vie, pense combien il lui est facile d'imaginer au delà du possible, combien il est en espérance.
Sans mesure, je l'admets, à tort, c'est vrai aussi.
Juste une erreur d'appréciation. Mais inconsciente aussi.
Tu sais quels mots furent dits qui montraient la béance entre mon désir et la réalité. Ce n'est pas le lieu ici. En crise en moi-même, parce que je prenais conscience d'un élan amoureux qui n'était pas possible, et l'autre réalité entre moi et moi-même.

Mais c'est bien du passé.

Il n'était mis dans ce fil que comme illustration de ce qui peut arriver quand un coeur solitaire vit en prison, et laisse parler le clown. Et puis rencontre un ami, et se trompe de route. Dépasse toute mesure.
Et dans notre monde de communication, d'apparente logorrhée, beaucoup sont en souffrance. On communique, mais on n'échange plus, on ne parle plus, on court...

Tu as bien compris, je suppose, qu'en parlant de ceci, c'est de ce déséquilibre que je voulais évoquer, je ne peux en parler qu'avec ce que je connais, donc j'ai parlé de moi, mais c'est plus largement que je veux aborder la difficulté que rencontre les solitaires, ou ceux qui ont souffert au point de se barricader, pour trouver l'équilibre.

Le temps, pour moi, fait bien les choses et remet l'église au milieu du village.
C'est alors que l'accueil prend toute son importance. Un lieu pour exister, prendre confiance en soi, se débarrasser du clown, et devenir Marianne soi-même. ;-)

Le chemin est ouvert, et j'y ai pris mon bâton de pélerin. L'équilibre suivra. Et la simplicité. Mais ne m'en veux pas si un temps, je me suis appuyée sur vous, sur votre accueil pour déblayer cette route.

J'arrête ici cette réponse qui clos cela très bien. comme une parenthèse. Et rebondis sur le reste dans un autre message.
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MessageSujet: Re: Dépendance ou sous surveillance ?   Lun 26 Mai 2008 - 21:02

Ton analyse est fine : amitié comme amour doivent se vivre en équilibre. Ni trop, ni pas assez.

C'est bien de cela dont il est question : respect de l'intimité de l'autre, mais aussi présence, même si elle n'est pas physique.

Tu sais, j'ai une amie à Lyon. Nous nous connaissons depuis l'age de 9 ans. Il va donc y avoir 40 ans. Longtemps, nos vie à 800 km l'une de l'autre étaient en parallèle. Chacune de son côté vivaient sans le savoir des choses proches de celles que vivait l'autre. On pouvait ne se voir, ne s'écrire, ne se parler que tous les six mois, on ne s'était pas quittées. On raccrochait nos vies comme si nous nous étions quittées la veille. C'est cela que j'appelle la présence : l'accueil et l'écoute de l'autre, savoir qu'il/elle existe de l'autre côté de la planète ou deux maisons plus loin, mais savoir en même temps qu'elle existe pour moi comme j'existe pour elle. Même si on ne se téléphone pas, même si on ne s'écrit pas.

De vrais amis à Boulogne, j'en ai deux. On ne se voit pas souvent, nos boulots nous donnent des horaires totalement différents et incompatibles, La chaleur par ici est moins démonstrative, (la liégeoise que je suis le regrette parfois, chez nous on est ardents), mais tout est connivence.

C'est cela la présence de petite souris dont je parlais dans mon premier message. Elle peut être virtuelle.(re grrrrr). En fait, elle consiste à savoir que tu comptes pour moi comme je compte pour toi. Et cela suffit. Pas besoin d'être là.

En revanche, je comprends combien il est pénible d'avoir en permanence du bruit et des amis qui envahissent tout, surtout si c'est petit et qu'on n'a pas de lieu pour s'échapper jamais.

Là oui, tu as raison, trop c'est trop. Et il faut pouvoir trouver un temps, un lieu pour soi, et souffler, respirer.

Marrante la chenille. A voir mais pas à vivre.

Pardonne-moi si j'ai donné l'impression d'avoir déballé mes trucs sans rapport. En fait cela en a : dans notre société de communication, on ne communique plus vraiment. Et tout devient biaisé. Où sont les veillées, les bals et les lectures ensemble au coin d'un feu.

Et c'est bien que vous puissiez ainsi, fêter à Montpellier, guindailler à Toulouse, et rire à grands éclats dans le soleil des Landes.

Et c'est très chouette aussi qu'on puisse refaire le monde autour d'un Bégaudeau à Boulogne, pendant toute une nuit, ou aller au théatre ou au concert entre amis, qu'on vive au Moyen Âge, parmi les chevaliers. Ces moments sont magiques.

Mais ils doivent aussi exister ces moments de solitude où on se recentre et se ressource.

Je t'embrasse.
bisou
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MessageSujet: Re: Dépendance ou sous surveillance ?   Lun 26 Mai 2008 - 21:04

Je pense que nous nous appuyons tous sur ce qui a été vécu pour parler
de tel ou tel sujet, bien sûr. Personnellement, j'ai posé ce thème de
la liberté individuelle, même dans le cadre d'un lien affectif, qu'il
soit amoureux, amical, filial, peu importe.

J'en ai fait le constat dans les trois genres, je sais donc que
certaines personnes sont envahissantes au point d'étouffer, quel que
soit le lien.

Citation :
Pense un coeur en prison, un coeur en solitude,
quand un geste d'accueil, aussi petit soit-il, quand une connivence
vient l'ouvrir à la vie, pense combien il lui est facile d'imaginer au
delà du possible, combien il est en espérance.
Je connais, au-delà de ce que tu peux imaginer et dans une violence non apparente mais intérieure, qui aurait pu me coûter la vie si j'avais été moins forte quelque part. Mais, et c'est là que j'en viens depuis un moment sur ce fil avec toi, je continue à penser que notre regard est fait de deux (ou davantage) manières de regarder le monde et soi-même. Il faut toutes les tenter, car les incidences ne sont pas du tout les mêmes.

Il s'agissait ici de traiter de l'espace personnel qui nous est indispensable pour nous rééquilibrer, soi en face de soi, comme un espace source, non comme un repli tragique comme ce que tu sembles vivre et qui est chargé de détresses, bien que ce soit aussi une sorte de protection. Mais justement, pas du tout abordée de la même manière.

L'espace perso, ce temps perso, sont comme des trêves dans une vie que l'on partage dans un même espace géographique ou pas. Il existe des gens capables de te bouffer ton énergie, ta substance vitale, depuis l'autre bout de la Terre, par exemple, et tout pareil que s'ils étaient dans le même studio. C'est grave. Du pompage pour ensuite faire de toi une sorte de pantin désarticulé, qui n'a plus la force de se remettre sur ses propres jambes. D'où recul, besoin de cet espace privé que nul ne peut franchir, hormis sur invitation (donc volontariat).

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Dépendance ou sous surveillance ?   Lun 26 Mai 2008 - 21:12

Entre temps tu as posté, je viens de lire. Oui, alors oui, nous sommes d'accord sur la définition de cet espace privé et c'est bien de celui-là dont je voulais parler.

Aussi d'accord pour les veillées, ces moments de partage. Aujourd'hui, ils prennent une autre allure, quoique. Par ici, chez moi, nous nous retrouvons souvent autour d'une table. Nous avons la réputation d'être de bons vivants, les repas sont joyeux, les chants basques à table sont fréquents, et on parle des nuits entières à bâtons rompus.

Parallèlement, le monde du Net se développe, et des lieux comme ici, et ailleurs sans doute, permettent aussi la communication

Après, nous entrons dans le thème du langage et la communication (thème qui m'est si cher que je l'aborde très souvent dans mes textes (cf mon fil poésies fait de prose poétique) et dans mes fils blog. Mais c'est un autre sujet : savons nous nous écouter, ne pas interpréter, choisir les bons mots, exprimer notre intime, etc.

Courage, ma belle, je crois que ton chemin de Compostelle, tu le fais en toi. bisou

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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