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 La Science, un des principaux mythes de notre Société

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alejandro
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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyDim 20 Juil 2008 - 22:01

Si je te lis correctement, Diego, tu es passionné par la science, mais ta passion est écornée par une certaine déception, un certain désenchantement … et une certaine perte de confiance dans la science. Ou à tout le moins, sa pratique. Les médecins que je connais – mais ils ne sont peut-être pas représentatifs, et peut-être aussi que la formation des médecins n’est pas la même en France et en Suisse – ont en commun d’avoir une confiance j’ai envie de dire presque aveugle en la science et sa pratique ; à l’exception de quelques uns qui, au contraire, contestent vigoureusement le savoir généralement accepté dans un domaine médical donné. A tort, peut-être, c’est l’impression que tu me fais.

Alors, permets-moi de te poser la question franchement : y a-t-il un domaine médical où quelque chose – un traitement, par exemple, ou une cause de maladie – est largement admis par la communauté médicale et scientifique mais que toi tu contestes ?
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Tryskel
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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyLun 21 Juil 2008 - 15:52

" C'est une étude on ne peut plus sérieuse qui a poussé des scinetifiques anglais à distribuer des Rubik's cube à plusieurs dizaine de poulpes du Sea Life center de Weymouth.
Le but de l'opération: déterminer si les animaux ont un tentacule favori où s'ils les utilisent tous indifférement.
En effet, si l'étude démontre que les pieuvres préfèrent un de leur "bras", les scinetifiques éspèrent pouvoir réduire leur anxiété en les nourissant du côté de leur tentacule favori.
On se demande à quoi ressemble un poulpe anxieux"
Marianne 19/25 Juillet 2008.

On se demande surtout à quoi peut bien servir ce genre d'étude... Les pieuvres s'en tapent (avec 8 bras) et l'humanité ne doit pas y gagner garnd chose.
Mais à la lumière de ce que dit Diégo du "Publier pour publier", je vois un peu mieux...
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alejandro
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alejandro

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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyLun 21 Juil 2008 - 17:13

Si on ne cherchait que ce qu’on savait qu’on allait trouver, y aurait-il quelque chose à chercher ?

Par ailleurs, faudrait-il balancer par-dessus bord la recherche fondamentale – qui s’oppose à la recherche appliquée – ? Si la science ne consistait qu’à trouver des applications pratiques aux découvertes, la science serait-elle encore de la science ?

Mais sinon, les expériences sur les pieuvres, je trouve ça plutôt intéressant. Deux des choses qui caractérisent tout particulièrement l’être humain sont l’hypertrophie de son encéphale et sa capacité à modifier son environnement, caractéristiques qui s’appliquent également à la pieuvre.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyLun 21 Juil 2008 - 17:55

Pour l'humain, l'hypertrophie touche surtout l'ego et les chevilles. Remarquez que je ne fais aucun commentaire sur les chevilles des poulpes...

Demeure leur égo...
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alejandro
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alejandro

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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyLun 21 Juil 2008 - 18:01

Vic Taurugaux a écrit:
Pour l'humain, l'hypertrophie touche surtout l'ego et les chevilles. Remarquez que je ne fais aucun commentaire sur les chevilles des poulpes...

Demeure leur égo...

Ah? Donc, l'être humain n'a pas un cerveau particulièrement gros ... ?
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Tryskel
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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyLun 21 Juil 2008 - 18:55

lol! Vic...
Alex, paraît que l'humain est l'animal qui a le plus gros cerveau rapport à sa taille, dommage qu'il soit pas l'animal qui s'en sert le mieux...
Quant à l'expérience, je persiste à la trouver plutôt nulle, si les pieuvres sont aussi intelligentes qu'on le dit (j'aime bien les pieuvres) qu'elles fassent bouffer leur cubes aux scientifiques...
Ce qui ne signifie pas que je sois contre la recherche désinteressée, au contraire.
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caramelle

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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyLun 21 Juil 2008 - 18:56

Et est-ce que les pieuvres ont réussi à le faire le rubik's cube ? Chuuttt
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Diego Ortiz



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MessageSujet: Oui, il y aurait tant à débattre... nous y viendrons   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyLun 21 Juil 2008 - 20:14

Ah, me voici repris par les devoirs des jours, et je ne puis relever correctement tout ce qui a été échangé ici, en particulier les questions qui m'ont été adressées, je pense en particulier à celle d'Alejandro : à propos de ma propre position désenchantée vis-à-vis de la science, tout en étant, parmi les conversants, certainement un de ceux qui s'intéressent et consacrent encore le plus de temps à la science comme objet d'études, surtout dans mon champ la médecine, et aussi d'autres pour le plaisir, l'intérêt...

Je ne saurais me définir comme antiscientifique; cela serait comme se déclarer, en regardant une forêt, anti-feuillus, ou anti-résineux; j'ai bien peur que cette affirmation prête à malentendu; son fondement réside surtout dans le fait que le regard de la science, conditionné par une Weltanschauung issue du Siècle des Lumières, a suivi son propre point de vue, et rencontré des succès immenses dans le monde matériel, et contribué sur le plan matériel, de façon prédominante, à la domination de la civilisation occidentale, une fois déchristianisée et bien sécularisée, sur les autres cultures, du moins dans leurs aspects matériels. Si vous me lisez bien, je crois que vous comprendrez que j'occupe vis-à-vis de la science une position qu'on pourrait dire ambivalente. Oui, la science nous a permis d'avancer à pas de géants dans la civilisation matérielle et dans l'hégémonie de l'Occident sur les sociétés dites "primitives". Mais bien entendu mon dernier mot n'est pas là. En tant qu'ethnopsychiatre ou autre dénomination que vous préférerez, je ne suis certainement pas dupe du caractère univoquement positif, en apparence, de nos superstructures intellectuelles depuis quelques siècles - et guère disposé à exclure en leur nom des systèmes de pensée alternatifs. Nous continuerons sans doute cette discussion. Pour l'instant, fidèle à mon idée initiale pour ce fil, je continue à insérer des contenus qui peuvent faire réfléchir en s'amusant [cf. le journal Pilote pour ceux qui l'avaient connu], en amenant des sujets émergés tout fraîchement des sites réputés sérieux auxquels je suis abonné, afin de les partager avec vous pour réflexion...

J'insère donc dans le prochain message un "placard" avec un très bref commentaire, qui revient au sujet de la construction de la mémoire et donc de la réalité par nous autres, à notre insu.
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alejandro
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alejandro

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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyMar 22 Juil 2008 - 15:07

Diego Ortiz a écrit:

Je ne saurais me définir comme antiscientifique;

Je ne l’ai jamais soupçonné, ce n’était absolument pas le sens de mes questions.

Diego Ortiz a écrit:
Si vous me lisez bien, je crois que vous comprendrez que j'occupe vis-à-vis de la science une position qu'on pourrait dire ambivalente.

Je t’ai donc bien lu. C’est cette ambivalence que j’aurais voulu que tu éclaircisses.

Diego Ortiz a écrit:
En tant qu'ethnopsychiatre ..

C’est quoi, concrètement, l’ethnopsychiatrie ?

Diego Ortiz a écrit:
je ne suis certainement pas dupe du caractère univoquement positif, en apparence, de nos superstructures intellectuelles depuis quelques siècles - et guère disposé à exclure en leur nom des systèmes de pensée alternatifs.

Incontestablement, le dix-neuvième siècle était positiviste (« la science résoudra à court ou long terme tous les problèmes ») et certains, à l’époque, étaient même scientistes (« toute décision [notamment politique] doit être scientifiquement fondée »). Mais le dix-neuvième siècle a connu aussi une crise de légitimité majeure de la science reine, les mathématiques, et a mesuré les limites de la méthode scientifique classique : l’empirisme, l’idée de partir du particulier pour aller vers la loi générale (l’induction) suivi du retour de la loi générale vers le particulier (la déduction). Bref, l’idée que l’objectivité de la science tenait de l’objectivité des observations de départ.

Mais le dix-neuvième siècle, ça commence à faire loin. Depuis, Bohr, pour ne citer que lui, a sérieusement questionné le déterminisme du monde ; si le cercle de Vienne a tenté de sauver l’empirisme dans les années 30, Popper, toujours dans les années 30, l’a définitivement enterré ; et si ce dernier concevait la science comme une sorte de sélection naturelle des théories, des épistémologistes comme Lakatos et Kuhn dans les années 60 ont clairement mis en évidence des phénomènes de structure (« projets de recherche » pour le premier, « paradigmes » pour le second) qui reposent pour une part significative sur la confiance que l’on accorde à une théorie. Ceci et bien d’autres considérations de la philosophie des sciences montrent que les limites de la science sont clairement assumées.

Je suis toujours surpris que l’ont accuse la science d’être ce qu’elle était il y a plus d’un siècle.
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Diego Ortiz



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MessageSujet: ...Après un long délai de réflexion (...)   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyMar 23 Sep 2008 - 18:41

Euh... Alejandro, ce ne fut pas par mauvaise volonté, et d'ailleurs je ne mentirai pas non plus en prétendant que j'ai passé tout ce temps à réfléchir à ta question... non, ce fut beaucoup plus prosaïque : la foudre est tombée sur ma maison le 25 juillet, grillant le disjoncteur de l'électricité, la ligne téléphonique et la livebox, ce qui m'a privé d'internet à la maison, naturellement, alors que mon lieu de travail ne me paraît pas, pour de nombreuses raisons, un bon endroit pour surfer à l'aise. Les livebox ont disparu du marché comme par hasard, et finalement j'ai dû changer mon abonnement et tout, et c'est ces jours-ci seulement que je recommence à prendre contact avec LU.

Pour ta question, afin de ne pas la laisser pendante, et en tenant compte du fait que la réponse n'est pas facile à faire courte...

J'aime la science, et continue à la fréquenter quoique sous forme plutôt vulgarisée pour ce qui n'est pas médical, en lisant le magazine américain Science quand j'en ai le temps, et en faisant même partie de... la société américaine pour l'avancement de la science. Cela dépasse la dimension du passe-temps. J'aime lire le design de certaines études, ou rêver à partir de certaines découvertes. J'admire l'ingéniosité de mes collègues.

En médecine, les découvertes purement scientifiques ne sont pas aussi fréquentes que le clament les médias. Nous nous trouvons dans une période de réorganisation des savoirs, avec en particulier la réévaluation des études sur l'efficacité des traitements, et autres aspects, à l'aide de méthodes statistiques lourdes qui prennent en compte le maximum de résultat des études des dernières décennies, après une sélection sévère, en leur appliquant un traitement que l'on nomme "méta-analyse", qui débouche sur un raffinement des résultats et permet en principe, en tout cas c'est le projet, de formuler des recommandations de diagnostic et de traitement bien mieux argumentés que par le passé : c'est l'avènement de "la médecine basée sur les preuves" (evidence-based medicine). Je n'ai rien à redire à ça, naturellement, bien que je ne soit pas un amateur très féru en méthodes statistiques.

Je suis devenu psychiatre, depuis un peu plus de quinze ans, et c'est là que les choses se corsent. Il s'agit d'une profession inhomogène. Je me suis soumis aux rituels de rigueur lorsque j'ai commencé comme débutant de 1ère année en 1992, après avoir pratiqué la médecine générale dans différents milieux et circonstances.

Il y a une base qui renvoie à la médecine organique : c'est la psychiatrie organique, l'interface avec la neurologie, et les avancées impressionnantes des neurosciences, à l'aide de nouvelles technologies, depuis maintenant d'assez nombreuses années (imagerie cérébrale fonctionnelle, compréhension de plus en plus raffinée des interactions entre les neurones à l'aide de neurotransmetteurs et de facteurs d'autre nature dont on ne soupçonnait même pas l'existence il y a dix ans, etc.). Tout cela est passionnant et permettra peut-être à terme de développer une psychiatrie de type biomédical efficace.

Mais en psychiatrie, le "peut-être" ouvre des questions abyssales. On ne peut ignorer, par exemple, qu'il existe un ensemble de facteurs sociaux, environnementaux, contextuels, culturels, qui vont avoir une influence écrasante pour déterminer le déclenchement de ce que l'on appelle par convention une maladie mentale. Des facteurs génétiques existent, certes, et il existe à ce sujet d'innombrables études très élégantes, surtout sur des maladies fréquentes comme la schizophrénie et le trouble bipolaire, mais non uniquement celle-là. Pour ce qui est des affections et souffrances les plus fréquentes, les troubles dépressifs et anxieux, par contre, on en arrive toujours à des modélisations multifactorielles. Un quart de la population est atteint à un moment ou à un autre et le coût de cela est gigantesque, quand on intègre le calcul des coûts indirects, des années de vie productive perdue, et des retombées sur les proches, dans le présent et aussi à long terme. Il est clair, par ailleurs, que nos méthodes de diagnostic et de traitement ne sont pas satisfaisantes devant un phénomène d'une telle ampleur. Les antidépresseurs sont efficaces, mais partiellement, et rarement d'une manière isolée. Un climat de stigmatisation fait que beaucoup ne reçoivent jamais de traitement approprié. L'accroissement du stress et de la compétitivité au travail et dans la société en général jouent certainement un grand rôle, mais celui-ci n'est pas traité comme un facteur étiologique ordinaire, style microbes ou toxiques, pour des raisons principalement sociétales et politiques.

C'est ici que le modèle scientifique est pris en défaut, car l'objet d'étude et d'intervention ne se prête pas à ce type d'approche, sauf en neurosciences et psychopharmacologie parmi quelques autres spécialités, qui occupent une place au mieux marginale. Pour clarifier mon propos de juillet, Alejandro, je précise donc que c'est dans cette zone que j'affirme mon scepticisme par rapport à la science, surtout quand on préconise son usage à la place de solutions sociales ou autres, comme c'est d'ailleurs le cas pour d'autres sujets (réchauffement climatique et problèmes environnementaux, qui nécessiteraient une approche intégrée guidée par la science mais dont le gros de l'effort porterait sur des points beaucoup plus en rapport avec la politique par exemple).

En psychothérapie, il existe de nombreux modèles, et malgré l'immense difficulté d'évaluer statistiquement les résultats de ce type de traitements, la seule chose qui ressort clairement est que les thérapies qui réussissent sont celles dans lesquelles la relation et l'alliance avec le "patient" étaient les meilleures, que l'approche soit psychodynamique, systémique, cognitive, comportementale, et ainsi de suite. Cet aspect mériterait d'être développé si cela intéresse quelqu'un par ici; mais je précise d'emblée qu'il s'agit là d'un terrain complexe et très conflictuel au sein des spécialistes, alors que les planificateurs de la santé et de ses coûts, qui adhèrent surtout au modèle biomédical d'inspiration scientifique, cèdent périodiquement à la tentation de retirer la psychothérapie du catalogue des prestations remboursées par les assurances, comme cela a failli être le cas en Suisse en 2007. En gros, ce sont les classes supérieures et moyennes qui sont demandeuses de psychothérapies, alors que seules les premières ont les moyens de s'en payer d'une qualité suffisante. Quant aux classes économiquement inférieures, toujours en gros et avec beaucoup d'exceptions, elles se voient de plus souvent prescrire des thérapies de différents types par des tribunaux ou des services de protection de la jeunesse, ce qui pose un problème évident en terme d'alliance et donc d'efficacité.

L'ethnopsychiatrie n'est pas tout à fait synonyme de la psychiatrie interculturelle, transculturelle, ou de l'anthropologie médicale. J'ai utilisé ce mot en l'absence de solution meilleure. Sur le plan pratique, je voulais simplement dire que je me suis spécialisé dans le traitement psychothérapique (et aussi en partie psychiatrique, avec utilisation de médicaments si nécessaire) de groupes, familles et personnes qui appartiennent à d'autres cultures que la nôtre, c'est-à-dire, puisque je pratique à Genève, des migrants. Je ne puis prendre le temps et la place de développer cela ici. Il existe là aussi plusieurs écoles et plusieurs tendances, et en outre, des particularités très pathogènes dans le contexte sociopolitique et économique de cette population, dont le nombre est malgré tout très important à travers toute l'Europe, que l'immigration soit choisie ou non... Je serais bien disposé à en parler davantage si cela intéresse quelqu'un, à l'occasion.

En dernier lieu, et uniquement à titre d'exemple pour illustrer le type de scepticisme que j'éprouve à l'endroit de l'application des méthodes scientifiques à des objets qui ne se laissent pas réduire à cette approche, je vais mentionner la question du diagnostic en psychiatrie. En Europe nous utilisons la Classification Internationale des Maladies de l'OMS, qui est presque mot pour mot identique à la classification américaine, le DSM-IV tr, "Diagnostic and Statistic Manual" pour les maladies mentales. L'idée, au début des années 1960 et même un peu avant, était de tenter d'unifier les diagnostics psychiatriques, où effectivement on avait bien de la peine à s'orienter, comme on le constate à la lecture d'anciens livres ou articles, chaque obédience ou même chaque pays ayant organisé dans son coin sa propre classification. Dans l'esprit d'analyse scientifique et statistique de l'époque (que je ne rejette pas entièrement, ayant failli choisir de devenir épidémiologiste), on a donc formulé le projet d'une classification athéorique basée sur des critères vérifiables. Un psychanalyste et un cognitiviste, par exemple, devaient pouvoir s'accorder sur un critère tel que : "anhédonie", c'est-à-dire incapacité à éprouver du plaisir. A partir de ces critères, une fois validés à l'aide d'échelles ad hoc (il y en a quelques centaines qui sont élémentaires, et des milliers d'autres), autrement dit des questionnaires ou des méthodes d'interview, on s'est attaché à effectuer des regroupements en syndromes (dépressif, schizophrénique, bipolaire, anxieux, etc.), puis en raffinant de plus en plus, en sous-syndromes, chacun nantis d'un numéro, par exemple : F43.1, état de stress post-traumatique; F32.2, dépression sévère sans caractéristiques psychotiques; F33.2, dépression sévère récurrente sans caractéristiques psychotiques....... et ainsi de suite. Les manuels font plusieurs centaines de pages et le désespoir des étudiants, d'autant que des réformes interviennent toutes les quelques années à l'issue de nouvelles études de validation, et ainsi de suite.

Eh bien, voici ce que j'en pense, ainsi qu'une bonne partie de mes collègues : ces codes diagnostiques sont inutilisables pour aider les gens, et servent essentiellement à des fins de statistique et de planification, de la manière la plus mécanique et la moins réfléchie possible.

Cette femme qui consulte du fond de sa dépression est très facile, pour le praticien averti, à "diagnostiquer", sans user de petits numéros (qui doivent par contre figurer dans tous nos rapports médicaux). Suivant la gravité et l'histoire antérieure, il n'est pas difficile non plus de décider de prescrire ou non un antidépresseur ou d'autres médicaments, sachant qu'il s'agit de palliatifs et non de traitements des causes.

Toute la question est là, en effet. Quel est donc le problème, comment s'est-il construit, et comment la personne vit-elle ses symptômes dans son contexte de vie, familial, professionnel, ou minéral ? Nous entrons là dans une discussion ouverte, qui va se complexifier rapidement, et se faire "psychothérapie", un processus à deux ou à plusieurs qui va engager non seulement les "connaissances" mais aussi l'être global du thérapeute, avec ses techniques apprises, son expérience clinique, mais aussi sa culture de base, ses préjugés, ses expériences professionnelles, son contexte de vie et... son humeur du moment.

Bon, c'est encore une fois un placard un petit peu long, Alejandro, mais je voulais d'un seul coup de brosse parcourir le spectre d'une réponse un peu différenciée à ta question... j'espère que tu auras la patience de le lire...
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyMar 14 Oct 2008 - 14:26

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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyMer 15 Oct 2008 - 14:25

Traquer les faux souvenirs, c’est avant tout traquer les fantômes comme dans le film « goshbusters ».
http://video.google.fr/videosearch?hl=fr&emb=0&aq=f&q=ghostbusters#

En 1972, mourrait mon grand-père maternel. De celui-ci, né en 1900, je peux prétendre désormais qu’il a eu la belle vie. En effet, paysan breton de l’intérieur, il fut réquisitionné comme tout un chacun à la fleur de son âge pour aller jouer sa partition sur le Chemin des Dames. Du fait de sa corpulence importante, chose assez rare chez les bretons de l’époque, il fut versé à l’artillerie plutôt qu’à l’infanterie. Grâce à cette particularité physique hors norme, (1m86, 90 kg) ainsi qu’au sergent recruteur l’ayant décelée, contre toute attente, (on pourrait dire en se référant aujourd’hui aux outils statistiques, un vrai miracle), mon grand-père revint (pratiquement seul) vivant de la boucherie de la guerre 14-18. Sa future femme, qui avait déjà imaginé à son tour prendre les ordres pour vivre conjointement la passion de notre Seigneur Jésus-Christ), dut obéir au recteur de notre paroisse pour prendre pour époux ce seul qui revenait de parmi les morts et qu’on n’attendait plus.
En 1972, déjà communiant, j’assistai donc grâce à lui à mes premiers obsèques. Poilu béni des dieux, son cadavre eut ainsi la chance d'être exposé dans sa maison aux regards de toutes les voisines pleureuses durant la veillée funèbre. C’était l’automne : il faisait froid. En tant que membre de la famille, je crus de bon ton de refermer l’unique fenêtre de sa chambre pour ménager un peu de chaleur à cette généreuse assemblée. Mal m’en pris. Ce sacrilège (refermer la fenêtre) fut vertement corrigé par ma grand-mère qui, maîtresse de maison oblige, dirigeait tout de la cérémonie. Il me fallut donc attendre le retour du cimetière pour savoir que chez les bretons, au moment de la mort, l’âme quitte le corps par la bouche et se fraie, avec plus ou moins de chance (mais aidée dans son envol par la ferveur des prières de son entourage), un chemin vers le paradis. Fermer la fenêtre, c’était donc, à coup sûr, faire obstacle au cheminement de la partie déjà céleste de mon aïeul.
Penser que le corps et l’âme, ce n’est pas la même chose, que leurs destinées ne sont pas les mêmes, m’a été ainsi affectivement légué. Par la suite, mes études de psychomotricien ont relativisé cette vision de l’humain, la dichotomie corps –esprit étant plus un héritage gréco-latin qu’une vérité universelle.

La Science se penche enfin sur ce problème :


Des médecins de 25 hôpitaux britanniques et américains vont étudier 1 500 cas de patients ayant échappé de peu à la mort afin de vérifier si des personnes dont le cœur a cessé de battre ou qui ne présentent aucune activité cérébrale sont susceptibles d’avoir des expériences de “sortie du corps”. Cette étude durera trois ans et sera coordonnée par l’université de Southampton.
Certains patients ayant frôlé la mort affirment en effet avoir vu un tunnel ou une vive lumière, d’autres se souviennent avoir observé le personnel chirurgical depuis le plafond de la salle d’opération.
C’est pourquoi il a été prévu, entre autres, d’installer spécialement des étagères dans les salles de réanimation et d’y placer des images qui ne pourront être vues que depuis le plafond.
“Si l’on peut démontrer que la conscience perdure après la cessation de l’activité cérébrale, cela pourrait éventuellement signifier que la conscience est une entité distincte”, souligne le Dr Sam Parnia, responsable de l’étude. “Il est peu probable que nous ayons beaucoup de cas où cela se produise, mais nous devons avoir l’esprit ouvert. Et, si personne ne voit ces images, cela prouvera qu’il ne s’agit que d’illusions et de faux souvenirs. Il s’agit d’un mystère que nous sommes désormais en mesure de soumettre à l’observation scientifique.” De par son expérience quotidienne de médecin réanimateur, le Dr Parnia avait le sentiment que la science n’avait pas examiné de façon satisfaisante la question des expériences aux frontières de la mort.
“Contrairement à ce que croient la plupart des gens, la mort ne constitue pas un moment spécifique, souligne-t-il. C’est un processus qui s’enclenche lorsque le cœur cesse de battre, que les poumons cessent de respirer et le cerveau de fonctionner – c’est l’état médical que l’on appelle arrêt cardiaque. Durant un arrêt cardiaque, les trois critères de décès sont présents. S’ensuit alors un certain laps de temps, qui peut durer de quelques secondes à plus d’une heure, pendant lequel les interventions médicales d’urgence peuvent réussir à relancer le cœur et à inverser le processus de mort. Ce que ressentent les gens pendant cette période d’arrêt cardiaque offre une fenêtre de compréhension unique sur ce que chacun d’entre nous pourrait éprouver durant le processus de sa propre mort.”
Le Dr Parnia et ses collègues médecins analyseront l’activité cérébrale de 1 500 personnes ayant survécu à un arrêt cardiaque, et chercheront à déterminer si ces personnes peuvent se souvenir des images placées sur les étagères.
Parmi les établissements participant à cette étude figurent l’hôpital d’Addenbrookes, à Cambridge, le University Hospital de Birmingham et l’hôpital Morriston de Swansea, au Royaume-Uni, ainsi que neuf hôpitaux américains.

Courrier international du 25/09/08 Jane Dreeper BBC

A l’heure où l’on parle de plus en plus d’euthanasie, d’accompagnement à la mort, il est heureux qu'une partie du corps médical ne s’acharne plus à sauver coûte que coûte notre peau, mais imagine que la mort fait partie de la vie, qu’elle est un « processus » et que rien scientifiquement prouve pour l’instant que c’est la Fin.
Grâce à ces ambitieux chercheurs, je me demande désormais à mon tour ce qu’il peut bien y avoir sur ces satanées photos…
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alejandro
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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyMer 15 Oct 2008 - 15:40

Elle me parait fort intéressante, cette expérience.
A se demander pourquoi elle n'a pas été tentée plus tôt, parce que le fameux tunnel, ça fait longtemps que des gens en parlent.
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Romane
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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyMer 15 Oct 2008 - 20:55

Il existe un très beau livre : "La Source Noire", de Patrice Van Eersel.
Un livre plutôt très technique, et bourré d'infos médicales entre autres, faisant état de témoignages assez troublants.

La décorporation, personnellement j'y crois et je me garderai ici de raconter ma propre expérience involontaire et violente (dans le sens "très puissante"), car elle est survenue dans un autre contexte, après un choc émotionnel d'il y a peut-être 6 ans.

J'y crois parce que ma mère, qui n'est en rien une illuminée, a vécu semblable expérience sur un lit d'hôpital, alors qu'elle était mourante après une fracture du crâne. Pas de tunnel lumineux, mais une autre manifestation très troublante, qu'elle a longtemps tue, pour ne pas passer pour une cinglée, mais qu'aujourd'hui elle ose dire puisqu'on commence à prendre en considération cette possibilité.

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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 EmptyVen 27 Nov 2009 - 4:35

Je ne dirais qu'une chose donner mon sentiment au sujet de la recherche dans le secteur médical en général et en génétique en particulier :

"Celui qui brise une chose pour tenter de la comprendre a quitté la voie de la sagesse"

Soyons clair : je n'ai rien contre le médecin qui cherche à développer des solutions pour guérir des malades, mais je pense que les mobiles réels de la recherche, lorsqu'ils s'appliquent à l'homme, sont d'emblée pervertis.
Il y a dans cette science de l'humain qui cherche à démonter l'homme jusqu'à ses plus petites parties un délire de fan de mécano qui me terrifie :
Un désir de contrôle, de toute puissance, un mépris de tout ce qui fait la dignité d'une vie humaine.
Et bientôt on se posera la question : "Mais qu'est-ce qui fait la dignité d'une vie humaine" ?
Et ensuite on ne se la posera même plus.
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MessageSujet: Re: La Science, un des principaux mythes de notre Société   La Science, un des principaux mythes de notre Société - Page 2 Empty

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