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 Flaubert.

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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Flaubert.   Sam 12 Juil 2008 - 14:47

Décrire un personnage. Aller à l'essentiel. Avec les mots, dire juste ce qu'il faut. La simplicité est un art en littérature. On voudrait faire des phrases. Séduire le lecteur.

Un coeur simple=un chef d'oeuvre. Jugez plutôt.

Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l'Evêque envièrent à Madame Aubain sa servante Félicité.

Pour cent francs par an, elle faisait la cuisine et le ménage, cousait, lavait, repassait, savait brider un cheval, engraisser les volailles, battre le beurre, et resta fidèle à sa maîtresse qui n'était pas cependant une personne agréable.

Elle avait épousé un beau garçon sans fortune, mort au commencement de 1809, en lui laissant deux enfants très jeunes avec une quantité de dettes. Alors, elle vendit ses immeubles, sauf la ferme de Toucques et la ferme de Geffosses dont les rentes montaient à cinq mille francs tout au plus, et elle quitta sa maison de Saint-Melaine pour en habiter une autre moins dispendieuse ayant appartenu à ses ancêtres et placée derrière les Halles.

Cette maison, revêtue d'ardoises, se trouvait entre un passage et une ruelle aboutissant à la rivière. Elle avait intérieurement des différences de niveau qui faisaient trébucher. Un vestibule étroit séparait la cuisine de la salle où Madame Aubain se tenait tout le long du jour, assise près de la croisée dans un fauteuil de paille. Contre le lambris peint en blanc, s'alignaient huit chaises d'acajou. Un vieux piano supportait sous un baromètre un tas pyramidal de boîtes et de cartons, Deux bergères de tapisserie flanquaient la cheminée en marbre jaune et de style Louis XV. La pendule, au milieu, représentait un temple de Vesta; et tout l'appartement sentait un peu le moisi, car le plancher était plus bas que le jardin...


Extraordinaire, cette senteur de moisi chez Madame Aubain. Elle n'a rien de péjorative. Ne pas la mentionner serait trahir le décor. Aussi, l'auteur la justifie par l'agencement des lieux. Mais, plus personne n'est dupe de qui est Madame Aubain. Pourtant, il ne vous l'a pas décrite, oh! non! trop respectueux avec les dames. C'est un peintre qui sait se tenir. Il ne surchage pas. Juste, il vous suggère un intérieur et vous avez tout compris.

Plus loin, il décrit l'héroïne de sa nouvelle, Félicité.

...Elle se levait dès l'aube pour ne pas manquer la messe, et travaillait jusqu'au soir sans interruption; puis le dîner étant fini, la vaisselle en ordre et la porte bien close, elle enfouissait la bûche sous les cendres et s'endormait devant l'âtre, son rosaire à la main. Personne dans les marchandages, ne montrait plus d'entêtement. Quant à la propreté, le poli de ses casseroles faisait le désespoir des autres servantes. Econome, elle mangeait avec lenteur, et recueillait du doigt sur la table les miettes de son pain, un pain de douze livres, cuit exprès pour elle, et qui durait vingt jours.

En toute saison elle portait un mouchoir d'indienne fixé dans le dos par une épingle, un bonnet lui cachant les cheveux, des bas gris, un jupon rouge - et par-dessus sa camisole un tablier à bavette, comme les infirmières d'hôpital.

Son visage était maigre et sa voix aiguë. A vingt-cinq ans,, on lui en donnait quarante; dès la cinquantaine, elle ne marqua plus aucun âge; - et, toujours silencieuse, la taille droite et les gestes mesurés, semblait une femme en bois, fonctionnant d'une manière automatique....


Comme un impressionniste, il ne touche à rien. Ou si peu de choses qu'il dépose ça et là, sur sa toîle. Relisez, il n'a rien dit et pourtant vous connaissez Félicité. elle vous est devenue familière. Le fait qu'on ne peut lui donner un âge, dire que c'est une femme en bois, tout ce floutage de l'image qui se sert simplement de votre imagination... C'est vous qui créez le tableau. Lui, l'auteur ne s'occupe que de disposez des ingrédients sur sa palette. Il n'a encore rien dit et pourtant, en quelques paragraphes, il vous a capté dans son histoire.

Mais, d'histoire, il n' y en a guère. Cette histoire, ce conte, c'est juste la banalité des choses. Félicité, c'est une bonne comme il en existe des millions à l'heure ou Flaubert écrit.
Pourquoi celle-ci plus qu'une autre? Pourquoi le poète vous décrira tel arbre au milieu de la forêt. Parce que l'arbre, c'est la forêt et que Flaubert vous décrit son époque.

Mais voyons plutôt comment il la marie...
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filo

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MessageSujet: Re: Flaubert.   Sam 12 Juil 2008 - 15:18

Vic Taurugaux a écrit:
Décrire un personnage. Aller à l'essentiel. Avec les mots, dire juste ce qu'il faut. La simplicité est un art en littérature.
Je ne te le fais pas dire. D'ailleurs je le dis souvent.
Ton exemple est effectivement probant. Camper un personnage en moins de 10 lignes là où d'autres pondront un ou deux chapitres enluminés et laborieux. C'est tout un style, un art, et pour moi une espèce d'ambition.
J'ai écrit un récit que j'entrevoyais au départ en plusieurs volumes, une véritable saga sur plusieurs siècles, mais j'ai opté pour cette façon d'aborder les choses, et tout s'est retrouvé condensé en un court roman.

Mais le revers de la médaille, c'est que certains viennent te dire ensuite que ça aurait pu être développé !
J'avoue sans honte ne jamais avoir lu Flaubert, mais là tu m'as interpelé.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'art est parfois un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Flaubert.   Sam 12 Juil 2008 - 15:19

Un soir du mois d'août (elle avait alors dix-huit ans), ils l'entraînèrent à l'assemblée de Colleville. Tout de suite, elle fut étourdie, stupéfaite par le tapage des ménétriers, les lumières dans les arbres, la bigarrure des costumes, les dentelles, les croix d'or, cette masse de monde sautant à la fois; et elle se tenait à l'écart modestement, quand un jeune homme d'apparence cossue et qui fumait sa pipe les deux coudes sur le timon d'un banneau, vint l'inviter à la danse. Il lui paya du cidre, du café, de la galette, un foulard et s'imaginant qu'elle le devinait, offrit de la reconduire. Au bord d'un champ d'avoine, il la renversa brutalement. Elle eut peur et se mit à crier. Il s'éloigna.

Un autre soir, sur la route de Beaumont, elle voulut dépasser un grand chariot de foin qui avançait lentement; et en frôlant les roues elle reconnut Théodore.

Il l'aborda d'un air tranquille, disant qu'il fallait tout pardonner, puisque c'était "la faute de la boisson".

Elle ne sut que répondre et avait envie de s'enfuir.

Aussitôt il parla des récoltes et des notables de la commune, car son père avait abandonné Colleville pour la ferme des Ecots, - de sorte que maintenant ils se trouvaient voisins. - "Ah!" dit-elle.


Mais, en servant d'un acteur, écoutez également la musique du texte.
Allez directement à la minute 6:55 de cette vidéo.
http://www.dailymotion.com/related/x48bbw/video/x48buc_par-coeur-luchini-part-55_events
Bien sûr Lucchini fait son Lucchini.

Mais quand même, c'est Flaubert qui écrit plus loin:
Ils se rencontraient au fond des cours, derrière un mur, sous un arbre isolé. Elle n'était pas innocente à la manière des demoiselles, les animaux l'avaient instruite. Mais la raison et l'instinct de l'honneur l'empêchèrent de faillir. Cette résistance exaspéra l'amour de Théodore, si bien que pour le satisfaire (ou naïvement peut-être) il proposa de l'épouser. Elle hésitait à le croire. Il fit de grands serments.

Bientôt il avoua quelque chose de fâcheux.


C'est lui qui découpe les prhases et les paragraphes:pour le satisfaire (ou naïvement peut-être) il proposa de l'épouser. Elle hésitait à le croire. Il fit de grands serments.

Bientôt il avoua quelque chose de fâcheux


Les rebondissements sont juxtaposés là où n'importe quel romancier aurait délayé, fait des pages. Mais pourquoi faire des pages pour une simple servante? Tout ceci n'est que le portrait d'une paysanne. Vous voulez voir son chagrin quand elle apprend que l'homme qu'elle a enfin fini par oser aimer lui préfère une autre par simple calcul:

...Il lui apprit qu'elle ne devait plus le revoir. Pour se garantir de la conscription, Théodore avait épousé une vieille femme très riche, Mme Lehoussais, de Toucques.

Ce fut un chagrin désordonné. Elle se jeta par terre, poussa des cris, appela le Bon Dieu et gémit toute seule dans la campagne jusqu'au soleil levant. Puis, elle revint à la ferme, déclara son intention d'en partir; - et, au bout du mois, ayant reçu ses comptes, elle enferma tout son petit bagage dans un mouchoir, et se rendit à Pont-l'Evêque...


Deux phrases seulement. Elle a deux phrases pour s'épancher, on n'est pas chez Madame Bovary. Après, elle choisit. Ou elle meure dans la prochaine phrase ou son histoire continue. Flaubert la traite pour ce qu'elle est. Une quantité négligeable et ce faisant alerte son lecteur sur la condition terrible des femmes. Comme il écrit, c'est le plus grand féministe qui soit à son époque. Il questionne l'insensibilité de son lecteur essentiellement bourgeois.

D'ailleurs, allons juste un peu plus loin dans le texte. Le temps qu'il nous fasse voir le monde avec des yeux de femme.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Flaubert.   Sam 12 Juil 2008 - 15:33

...Elle [Félicité] l'ouvrait[la porte] avec plaisir devant M. Bourais, ancien avoué. Sa cravate blanche et sa calvitie, le jabot de sa chemise, son ample redingote brune, sa façon de priser en arrondissant le bras, tout son individu lui produisait ce trouble où nous jette le spectacle des hommes extraordinaires....

Le rapport que les femmes de l'époque pouvaient avoir avec les hommes. La différence de points de vue. Cette supériorité "naturelle" entre les hommes et les femmes, l'auteur nous la déja décrite dans le fait que pour les histoires d'amour, qui ne sont que des histoires de bonnes femmes, et bien ces dernières ne peuvent avoir que leurs yeux pour pleurer.

Alors, et c'est là le génie de Flaubert, mine de rien, pour enfoncer le clou avec l'air du gars qui parle d'autre chose, il vous relate une petite anecdote. Un truc pittoresque pour raconter la campagne.

Félicité est désormais au service de Madame Aubain. Après un pique-nique, elles reviennent avec les enfants à la maison. Voyez, il n'y apas de quoi casser trois pattes à un canard.



...Un soir d'automne, on s'en retourna par les herbages.

La lune à son premier quartier éclairait une partie du ciel, et un brouillard flottait comme une écharpe sur les sinuosités de la Toucques. Des boeufs, étendus au milieu du gazon, regardaient tranquillement ces quatre personnes passer. Dans la troisième pâture, quelques-uns se levèrent, puis se mirent en rond devant elles. - "Ne craignez rien!" dit Félicité. - et, murmurant une sorte de complainte, elle flatta sur l'échine, celui qui se trouvait le plus près; il fit volte-face, les autres l'imitèrent. Mais quand l'herbage suivant fut traversé, un beuglement formidable s'éleva. C'était un taureau que cachait le brouillard. Il avança vers les deux femmes. Mme Aubain allait courir. - "Non! non! moins vite!" Elles pressaient le pas, cependant, et entendaient par-derrière un souffle sonore qui se rapprochait. Ses sabots, comme des marteaux, battaient l'herbe de la prairie. Voilà qu'il galopait maintenant! Félicité se retourna et elle arrachait à deux mains des plaques de terre qu'elle lui jetait dans les yeux. Il baissait le mufle, secouait les cornes et tremblait de fureur en beuglant horriblement. Mme Aubain, au bout de l'herbage avec ses deux petits, cherchait éperdue comment franchir le haut-bord. Félicité reculait toujours devant le taureau, et continuellement lançait des mottes de gazon qui l'aveuglaient, tandis qu'elle criait - "dépêchez-vous! dépêchez-vous!"

Mme Aubain descendit le fossé, poussa Virginie, Paul ensuite, tomba plusieurs fois en tâchant de gravir le talus; et à force de courage y parvint.

Le taureau avait acculé Félicité contre une clairevoie; sa bave lui rejaillissait à la figure, une seconde de plus il l'éventrait. Elle eut le temps de se couler entre deux barreaux - et la grosse bête, toute surprise, s'arrêta...
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Diego Ortiz

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MessageSujet: Le Cadre et le Portrait   Sam 12 Juil 2008 - 16:25

Nous aurions donc, au lieu d'une description, une empreinte ou un cadre, avec pour le lecteur le plaisir de la surprise, de la découverte ? Le sujet ne serait dévoilé qu'en négatif, et par petites touches : tandis que vous seriez encore en train de lire, passé au paragraphe suivant, tout à coup la figure vous rattraperait et s'imposerait à vous, vivante et palpitante, sommant votre attention de se laisser captiver, fausse prisonnière, vraie jouisseuse ?

Oui. Incidemment cela me rappelle cette strophe d'un poème de Baudelaire :

Citation :
LE CADRE

Comme un beau cadre ajoute à la peinture,
Bien qu’elle soit d’un pinceau très vanté,
Je ne sais quoi d’étrange et d’enchanté
En l’isolant de l’immense nature,

Ainsi bijoux, meubles, métaux, dorure,
S’adaptaient juste à sa rare beauté ;
Rien n’offusquait sa parfaite clarté,
Et tout semblait lui servir de bordure.

Même on eût dit parfois qu’elle croyait
Que tout voulait l’aimer ; elle noyait
Sa nudité voluptueusement

Dans les baisers du satin et du linge,
Et lente ou brusque, à chaque mouvement
Montrait la grâce enfantine du singe.

[Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Spleen et idéal, Un Fantôme, III : Le Cadre]

Et justement : fin de bordure : ô Vic, reprends ton vol !...
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Flaubert.   Sam 12 Juil 2008 - 16:38

Flaubert parle de plus en plus par allégories. Bien sûr, on perçoit la réalité.Mais à la façon dont Félicité la pense. Sa vie la dépasse. Elle ne maîtrise rien. Elle doit juste profiter des bonheurs simples que lui accordent les événements entre deux malheurs.
Ainsi sa vie et la représentation de sa vie flottent de plus en plus. Des phrases témoignent autant du paysage que du regard de l'héroïne.
Exemple:
Félicité assiste à la communion de la petite Virginie:
Quand ce fut le tour de Virginie, Félicité se pencha pour la voir; et avec l'imagination que donnent les vraies tendresses; il lui sembla qu'elle était elle-même cette enfant, sa figure devenait la sienne, sa robe l'habillait, son coeur lui battait dans la poitrine; au moment d'ouvrir la bouche, en fermant les paupières, elle manqua s'évanouir.

Ailleurs, elle arrive dans un port.
...Elle fit le tour du bassin rempli de navires, se heurtait contre des amarres. Puis le terrain s'abaissa, des lumières s'entrecroisèrent, et elle se crut folle, en apercevant des chevaux dans le ciel...

Au bord du quai, d'autres hennissaient, effrayés par la mer. Un palan qui les enlevait les descendait dans un bateau, où des voyageurs se bousculaient entre les barriques de cidre, les paniers de fromage, les sacs de grain;


Tout devient comme une autobiographie où l'auteur ne sait plus très bien ce qu'il nous décrit. Le texte devient de plus en plus déconstruit. Aussi, quand Félicité meurt, dans la même phrase, l'histoire finit.

Mais, plutôt que mes commentaires :
http://pagesperso-orange.fr/rene.ernst/Coeur_simple/cadre_scenario_texte.htm

Qu'en pensez-vous?
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Flaubert.   Sam 12 Juil 2008 - 16:45

Diego Ortiz a écrit:
Nous aurions donc, au lieu d'une description, une empreinte ou un cadre, avec pour le lecteur le plaisir de la surprise, de la découverte ? Le sujet ne serait dévoilé qu'en négatif, et par petites touches : tandis que vous seriez encore en train de lire, passé au paragraphe suivant, tout à coup la figure vous rattraperait et s'imposerait à vous, vivante et palpitante, sommant votre attention de se laisser captiver, fausse prisonnière, vraie jouisseuse ?

Oui. Incidemment cela me rappelle cette strophe d'un poème de Baudelaire :

Citation :
LE CADRE

Comme un beau cadre ajoute à la peinture,
Bien qu’elle soit d’un pinceau très vanté,
Je ne sais quoi d’étrange et d’enchanté
En l’isolant de l’immense nature,

Ainsi bijoux, meubles, métaux, dorure,
S’adaptaient juste à sa rare beauté ;
Rien n’offusquait sa parfaite clarté,
Et tout semblait lui servir de bordure.

Même on eût dit parfois qu’elle croyait
Que tout voulait l’aimer ; elle noyait
Sa nudité voluptueusement

Dans les baisers du satin et du linge,
Et lente ou brusque, à chaque mouvement
Montrait la grâce enfantine du singe.

[Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Spleen et idéal, Un Fantôme, III : Le Cadre]

Et justement : fin de bordure : ô Vic, reprends ton vol !...

Diego, puisque tu t'appelles Diego,
ton cadre me rappelle un de tes homonymes
Qui lui aussi pratiqua
La mise en abyme.



Diego Velázquez - Las Meninas

Où sont et regardent le peintre, les sujets, le spectateur?
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Diego Ortiz

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MessageSujet: Pile !   Sam 12 Juil 2008 - 17:35

J'ai toujours, en effet, été fasciné par ce tableau, que j'ai découvert vraiment en lisant "Les Mots et les Choses", de Michel Foucault - il y a quelques années - qui l'analyse en profondeur et s'en sert comme d'un tremplin pour son essai sur la sémiologie. Un beau, un magnifique tableau, qui se trouve au Prado je crois, et dans lequel on peut s'absorber des heures entières. On peut aussi lire "Les Mots et les Choses", un magnifique essai. Oui !
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