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 Les aventures du Petit Alf

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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Les aventures du Petit Alf   Dim 13 Juil 2008 - 15:55

Les aventures du Petit Alf

Chapitre 1
Pourquoi Alf a du aller au cabinet.





Alf, pour moi, c’est un chouette copain. Il vous prêtera toujours une bille quand vous aurez perdu toutes les vôtres à la poque. Mais, je vous parle d’un autre temps, celui où c’était un garçon si bizarre que durant la récré, jamais il ne jouait au foot.
-C’est un jeu de brutes ! Ca ne m’intéresse pas !

Nous, avec les copains, nous avions du mal à le comprendre. Bien sûr que le foot est un jeu de brutes. C’est d’ailleurs tout ce qui en fait son intérêt. La dernière fois, il y avait péno et Gé a insisté pour le tirer. (Chez nous, c’est toujours Gé qui tire les penalties, rapport à la grandeur de ses jambes). En face, ils avaient mis Filo dans les buts, rapport à sa chevelure à la Barthez. Ils lui ont tous embrassé la tête et Gé en a profité pour mettre le ballon en pleine lucarne. Un tir, je ne vous dis pas ! Après, Renord a prétexté qu’on n’avait pas le droit, qu’on aurait triché, tout ça ! Nous, nous avons tout de suite compris où ils voulaient en venir : nous leur avons fichu une peignée commack que j’en ai encore la lèvre toute gonflée. Une semaine après, quand j’aspire fort entre les dents du haut, je peux même réussir à la faire saigner encore un peu. Ca donne un drôle de gout dans la bouche et vous me croirez si vous voulez : Alf, même pour la bagarre, il n’est pas venu jouer !

Des fois, après l’école, on allait se marrer chez lui, derrière l’église. A côté de la salle du patronage, il y a un grand fronton, pour jouer à la pelote ou à la raquette, mais ça non plus, ça ne l’intéresse pas. La tante d’Alceste qui a perdu les élections dit que si Alf est comme ça, tout chétif et incapable de se bagarrer, c’est à cause de sa mère qui le « couve trop ». Personnellement, je ne sais pas comment elle sait celà, j’ai été voir les poules dans le poulailler de mon pépé, et quand j’ai attrapé les œufs, c’était tout doux et tout chaud. Mais la mère d’Alf, qui n’a pas de plumes, dit :
-C’est la tante d’Alceste qui est une dinde !

Et ça fait rire tout le monde quand elle imite sa façon de marcher. La mère d’Alf adore parler. Elle parle tout le temps. Elle voudrait en faire son métier, devenir une grande dame, dire des bêtises devant plein de monde jusque dans les théâtres de Paris. Pour l’instant, pour être grande, elle met tout un tas de cheveux en équilibre sur sa tête. Ils se balancent d’un côté et de l’autre quand elle parle. C’est pour ça que je n’écoute rien quand elle me dit de me concentrer sur ce que je dois dire.
Le jeudi après-midi, elle veut à tout prix nous faire faire les acteurs. Il faut apprendre des trucs par cœur et les dire en étant habillés avec des habits de grands. Nous, ce qui nous intéresserait, c’est d’avoir le maillot de l’Aviron bayonnais F.C. où encore les belles tenues blanches des pelotari. Alors, dès que l’on a ânonné deux ou trois fois des phrases compliquées qu’on ne comprend pas, et pendant que Alf refait sa tirade sous ses yeux émerveillés, on s’enfuit par la porte de derrière. Et elle, elle est bien attrapée.

Mais, là où je voulais en venir, c’est que Alf devenait de plus en plus bizarre et que ça nous faisait tout drôle. Il ne pouvait plus nous parler normalement. Par exemple, si nous lui disions :
-Tu viens Alf. Ce soir, on a un truc pour toi qui ne te fera pas peur : on va tous aller attaquer Bloodie. A quinze contre une fille, tu ne risques rien !



J’aimais bien attaquer Bloodie. Je ne sais pas pourquoi. Au Boucau, il y avait toutes les sœurs de mes copains : la Farouche qui ne l’était pas, la Lison avec son drôle d’accent, la Fanette qui en pinçait pour Scapino , la Confiture qui était sucrée et plein d’autres que je vous dirais après. Alors, peut-être ses yeux noirs qui nous regardaient si profondément que ça nous faisait de l’électricité dans le ventre, avaient fait que de courir après elle était devenu notre préférence. Faut avouer aussi qu’elle avait tout un tas de cachettes dans le village et, au contraire de certaines de ses copines, elle ne se faisait pas rattraper tout de suite.

Et bien, Alf, pour une chose aussi simple, mettait un temps fou à nous répondre. C’est que, depuis peu, il ne parlait plus qu’en égyptien. C’est un truc très difficile que même la plupart de vous qui êtes devenus grands maintenant, vous voudriez le faire, vous n’y arriveriez pas ! Il faut compter sur ses doigts tout en parlant !

Mou-rir-Ma-dame-vo-zyeux, de-trop-d’a-mour-me-font,
Point-de-cô-té-m’es-souffle, las-mes-douze-pied-zy-sont.


Vous conviendrez que ça nous faisait bizarre. Jok, qui était déjà un gars binaire, s’énervait :
-Alf, tu nous dis simplement si c’est oui ou non !
Filo renchérissait :
-Mais oui ! Comme tu nous parles là, ça ne rime à rien !

Et à ces mots, allez comprendre pourquoi, notre Alf fondait en pleurs !
Si sa mère le couvait trop, nous pour qui encore une poule était synonyme de sélection dans le championnat des benjamins, nous en étions tout désemparés. La tante d’Alceste, celle qui avait perdu les élections, prétendait que ce gosse, logé dans l’impasse de l’église, était un bâtard du curé.

-Impossible ! avait claironné haut et fort au Bar des Amis, le père de Juanito qui était communiste. Les curés ! Ils n’ont rien sous la soutane !

Toutes les ouvrières de l’usine de conserve à poissons avaient ri, preuve que si l’abbé baissait bien sa culotte s’était d’abord pour le plus grand plaisir des bourgeois du centre-ville. Donc, le père d’Alf n’avait rien à voir dans tout cela.

Pour le guérir, voyez le terrible des choses, nous fûmes obligés de nous en remettre à l’avis des filles ! Dans les moments dramatiques, elles se laissent plus facilement rattraper. Elles tinrent donc conciliabules. En attendant leur verdict nous partîmes faire des pénos du côté de la Nive, mais le cœur n’y était plus. Au bout de quinze jours de réflexions, (les filles, ça réfléchit longtemps), les filles donc, nous conseillèrent de lui laisser plus souvent attraper le ballon.
-Il ne court pas après ! L’excusa Ronron.
- Donnez-le-lui !


Avez-vous déjà essayé une seule fois dans votre vie d’expliquer les règles du foot à une fille ?
Offrir le ballon ????!!!!… J’ai dit co à Bloodie. A l’époque, elle-même courrait après un gosse d’Italiens, un de ceux dont on nous avait chargés de leur jeter des cailloux car n’appartenant pas au village et qu’elle cherchait malgré tout, patiemment, à apprivoiser.
Calmement, je lui rappelai la simplicité de la règle :
-Si nous lui donnons le ballon : il gagne et donc, nous, on perd.
-Mais non ! Me répliqua-t-elle en me regardant avec sa façon de me faire de l’électricité. Si toi un jour, tu me donnais le ballon, alors nous aurions gagné tous les deux !

Voyez comme les filles sont impénétrables ! Elles ne comprennent rien à rien, ce n’est pourtant pas faute de leur expliquer la vie.

Le cas d’Alf étant sévère, sa maman fit appel aux plus grandes sommités. Un docteur suisse s’installa dans le village. Elle demanda une consultation. Des Suisses comme des Italiens, avec les copains, nous n’y connaissions pas grand-chose. Sauf que les Italiens, eux au moins, il paraitrait qu’eux aussi joueraient au foot. Mais les Suisses ? Rien de précis !
La solution nous est venue de Juanito. Du moins, de la devanture du magasin de son père. Celui qui fait l’angle de la grand’rue avec l’allée du port ! Je sais, il ne paie de mine depuis que les touristes ne viennent plus au Boucau. Mais, si vous observez bien, sous le tourniquet des cartes postales, le père de Juanito, notre meilleur copain et vous allez tout de suite comprendre pourquoi, possède toute une collection de couteaux suisses ! Des vrais ! Accrochés avec des élastiques sur un carton. Avec la croix blanche et tout et tout ! Il en existe un, le plus gros, tout en bas du carton, vous me croirez si vous le voulez, qui possède vingt sept outils. Tous déployables de son manche. Une lame simple d’abord, puis une lame scie, un débouche-capsule, un mètre, une paire de ciseaux, une loupe, trois tournevis cruciformes, cinq plats, une tenaille, un stylet que si on le gratte sur n’importe quelle pierre, il fait du feu, un tire-bouchon « asymétrique »… Oh ! Je n’ai pas besoin d’apprendre tous ces mots par cœur ! Je les ai vus, de mes yeux vus, tous ces outils que les suisses recèlent ! Moi aussi, je sais faire des tirades !

Sa maman a pris rendez-vous pour Alf au cabinet de ce pipilogue. Nous, on espère que pour notre pote Alf, ce ne sera pas trop long. Il paraît que cela dure neuf mois. C’est Bloodie qui me l’a dit.

En l’attendant, avec tous les copains, alignés tout en bas du fronton, on fait des concours…
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almalo

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MessageSujet: Re: Les aventures du Petit Alf   Dim 13 Juil 2008 - 16:13

la suite !! la suite !!
Trop mimi ce p'tit Alf et ses copains...ça me rend nostalgique, j'ai toujours aimé ces histoires...
Encore!!Rêve
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Diego Ortiz

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MessageSujet: Où ça ?   Dim 13 Juil 2008 - 22:01

Je suis myope depuis l'âge de dix-huit ans mais déjà cinq ans auparavant je ne voyais plus le ballon. Névrose. Quant à mon couteau suisse, le seul vrai que je possède, il m'a été remis solennellement en Moldavie, à Chisinau, en juillet 2003, alors que je m'étais loué comme consultant en santé mentale publique par notre département suisse de la coopération, sous-bureau du département des affaires étrangères, comme partout ailleurs. J'ai démissionné quelques mois plus tard de ce seul contrat.

Bonchour, Tocture, foissi nodre kato te vienfenü : kuto & kaskette, et kart te païs, m'a-t-on déclamé le premier matin. J'ai mis le kouto tan ma poch. Jamais réussi à le perdre depuis, alors que tous ceux offerts par mon parrain d'autrefois, coutelier, ont toujours disparu. Imperdaple. Néfrosse enkor. Chisinau égale Kichniev, lieu de destination pour le Grand Pouchkine.

Che le traîne tonk. Kuto mashik. Pas celui à 27 options mais au moins la moitié. Je l'avais dans ma poche quand j'affrontai le directeur du plus grand hôpital psychiatrique de toute l'Europe, le Professeur Constantin T. Tss. 68 hectares, 68 bâtiments, 68 ruines, des centaines d'aliénés tabagiques, une église orthodoxe convertie en "magazin" en 1920 par les Bolchéviks et en église en 2002 par Konstantin T, à l'aide de fonds privés : "Et si vous me donnez de l'argent pour cette église avec vos Suisses, je ferai peindre votre portrait dans cette alcôve encore vierge." Mince, pas de barbe. Aucune chance.

En ce qui concerne le suchet de ze vil : je reviens tout juste de chez notre ami Alf, dont j'ai non seulement apprécié l'hospitalité, mais l'humaine présence. Je suis le Swisse qui ne suit pas le foute. Zhe zuis bas blus kong que z'autres. Rien que swisse.

EEh bien che tis : il n'y a pas de "petit Alf". Il n'y a pas de pallon kaptiv. Nous avons tous et toutes dribblé pour faire face aux encheux de la vie. Aukun n'a bris de frais torts.

Je franchis une petite limite virtuelle ici pour m'adresser directement à ceux qui lisent en passant par ici. Il existe des situations humaines qui nécessitent davantage de sincérité que de raisonnement. Je vous aime, Vic, pour porter aussi haut la flamme quasi olympique de la verbalisation sans entraves. Je suis de mon côté bien convaincu que c'est grosso modo la voie à suivre, si l'on veut prévenir les malentendus et les éclatements dans nos communautés humaines, présentes ou virtuelles, et c'est une expérience récente pour moi, entièrement au mérite de notre LU, que le virtuel soit si authentique que le passage à la rencontre réelle se fasse quasi sans transition ni barrière.

Et je veux vous dire. Alf il n'y a pas de "petit Alf". Alf c'est tout simplement Alf et Alf et un point c'est tout. Je préférerais largement que ce fil commence par s'occuper de la névrose du petit Nicolas. Sempé a toujours été un névrosé de première. Je suis certain qu'il portait des talonnettes. Mais uniquement dans sa tête, qui n'était pas rien.

Salutations d'un petit suisse. Sachez que seuls les Français mangent du Petit Suisse. Nous n'en connaissons pas la recette. Notre plat national, c'est la raclette, voilà, quoique tout le monde croie que c'est la fondue et le pas feu au lac.
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Farouche

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MessageSujet: Re: Les aventures du Petit Alf   Dim 13 Juil 2008 - 23:06

J'adooooooore cette histoire, Vic !!!!!!

Je n'ai pas envie de faire de commentaire analytique sur le style ou quoi ce soit. C'est tout simplement jubilatoire !
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Romane
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MessageSujet: Re: Les aventures du Petit Alf   Ven 7 Nov 2008 - 3:02

Figurez-vous que je découvre ce petit bijou ! Il est impossible qu'il n'y ait pas de suite. De l'oeuf tout rond tout chaud au couteau swisse en passant par l'histoire te dotre abi Tiego, tont j'ibite bal l'accent beuillez be bardodder, che vais ce que che beux, je refuse de placer ce fil dans le recueil de textes courts, il lui faut une suite et de préférence des suites.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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Passionata



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MessageSujet: Re: Les aventures du Petit Alf   Dim 15 Mar 2009 - 4:22

Non seulement c'est un p'tit bijou, mais c'est aussi un p'tit bijou !

Sauf que depuis, y a pas eu de suite ? Pasdrole

C'est sans doute parce que les neufs mois ne sont pas écoulés... AngeR
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Ysandre
Nonosse Tradamus dodo


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Date d'inscription : 10/12/2008

MessageSujet: les aventures du petit Alf   Dim 15 Mar 2009 - 12:14

Vic, bonjour ! par pitié ! la suiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite ! pardon, chuis pas patiente ! mais là, je crois qu'il va y avoir une manif avec panneaux : "VIC LA SUITE !"
Merci d'avance, je mé régalé !!!!!
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cathecrit
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MessageSujet: Re: Les aventures du Petit Alf   Mer 24 Juin 2009 - 4:13

Bah oui koua ! La suite...... LA SUITE
merde ! Ou est passée la manif ? ? ? ?
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