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 Intrigant: le codex alimentaire

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Pétaloïde

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MessageSujet: Intrigant: le codex alimentaire   Dim 10 Aoû 2008 - 15:18

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Romane
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MessageSujet: Re: Intrigant: le codex alimentaire   Dim 10 Aoû 2008 - 15:57

Justement, je n'en suis pas surprise, bien que révoltée. Je me souviens d'un temps pas si lointain ou ce qu'on mettait dans les assiettes était sans doute moins varié mais plus savoureux, non seulement dans le sens "goût" mais aussi "qualité".
Je crois que tout s'est dégradé très rapidement et de manière très perverse, puisque l'engouement n'a pas faibli bien au contraire. Des magasins alimentaires de plus en plus gros, de plus en plus fournis, des rayons archi blindés de tout quelle que soit la saison, des plats préparés, et des poubelles qui dégueulent des emballages, quand ce n'est pas des restes alimentaires. Une sorte de surabondance qui a l'air d'enchanter la population parce que c'est bien de disposer de tout à tout moment, de tout et même de ce qu'on n'imaginait pas du temps où la surconsommation n'existait pas.

Moi qui suis d'un âge où mes parents, oncles et tantes, grands-parents, vivaient très proches de la terre, issus de la campagne profonde de France, j'ai donc vécu à cheval sur ces deux modes alimentaires. Pendant les vacances, j'alternais entre une ferme familiale et la ferme d'amis de ma mère, soit dans le Sud-Ouest soit dans le Centre. Et le reste du temps je vivais dans ces banlieues dortoir de la banlieue parisienne.

J'ai donc suivi malgré moi l'évolution de ces magasins alimentaires et bien sûr l'affluence dans les villes pendant la désertification des campagnes et la disparition progressive des fermes.

Tout ici est pervers. Pour ne parler que de ce dont je suis témoin, c'est-à-dire en France et dans mes horizons à moi, je dirais que ce qui m'est devenu insupportable est cette spirale infernale dans laquelle la vie en banlieue me plongeait de plus en plus vertigineusement. Sur le plan alimentaire, puisque c'est le sujet, le retour à la province fait que je suis sans doute privilégiée par rapport à mon fils aîné totalement formaté au profil de ce que dénonce la vidéo-conférence que tu montres, Pétaloïde.

(Je lance ce premier post, je continue)

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Romane
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MessageSujet: Re: Intrigant: le codex alimentaire   Dim 10 Aoû 2008 - 16:25

(Désolée, je fais en vrac comme ça vient, je me réveille, donc je laisse courir sans construire)

Je disais donc "à cheval sur les deux modes d'alimentation".

Je me souviens du temps où il était à la mode de dénoncer les ajouts conservateurs, et les colorants. Oui. A peine le temps que ça deviennent habituel. Après quoi, "on pense à autre chose" n'est-ce pas ? Tout comme le tollé du passage à l'euro et les inévitables augmentations de prix. "Mais non, mais non, voyez, ça ne change rien" disaient-ils en retour. De fait, sur le moment ça n'a rien changé ou si peu, mais il a suffi de quelques mois pour que brutalement les prix grimpent, et on s'y laisse prendre, puisque quand on vous annonce "10 euros" ça fait peu dans la tête, 10 c'est pas grand chose... donc voilà, nous sommes bel et bien pris dans le filet, on s'est encore fait avoir, ils savent doucement guider, anesthésier le petit peuple, hein.
Eh bien pour la bouffe, c'est la même chose.

On parle de Mac Do ? Voyez l'engouement, encore une fois. Les jeunes ont été les premiers à trouver ça pratique, peu cher, ça prend si peu de temps, ça permet tellement de laisser la place et l'argent pour faire autre chose ! Aujourd'hui, c'est passé dans les us et coutumes, et pas que les jeunes. Tout ça bien ficelé passe à merveille.

On s'achète des fraises toute l'année, on mange de la viande à chaque repas, et même deux fois par jour midi et soir. Consommation de plus en plus puissante, débit rapide, tous les légumes à toutes les saisons, et de tous les coins du monde s'il vous plaît. Des conserves à gogo, ça dégueule des rayons, on remplit les chariots, des monticules sur le tapis roulant, des coffres pleins à craquer, des frigos trop petits, des étagères bondées, des assiettes à "obésifier" (verbe inventé pour la circonstance) n'importe quel maigrelet, il faut manger de tout à tout prix, y compris les chairs auxquelles on n'avait pas pensé, parce que c'est la mode, parce que ça fait bien de dire qu'on a bouffé du trucmuche, et qu'on a dans sa corbeille de fruits des machinschoses exotiques et tout le tintouin.

J'ai la chance pour l'instant de vivre dans cette province qu'un banlieusard se complait à enluminer d'un titre de "trou du cul du monde" (sourire, parce que je ne l'ai jamais pris péjorativement). Nous avons ici encore la chance de pouvoir nous procurer des poulets, du porc et du mouton de ferme, par connaissances. Nous avons la chance d'avoir assez de place pour cultiver notre propre potager, de tendre la main pour cueillir les prunes sur l'arbre, et de sortir les grandes bassines à confit ou de saler la ventrèche nous-mêmes.

Nous sommes une région de bouffe, où les gens aiment les grands repas entre amis, chansons basques et bons vins. Et ce n'est pas encore tout à fait pourri, sauf que les produits chimiques doivent bien atteindre notre ciel et notre terre, quand on y réfléchit bien.

Ailleurs, ce n'est pas le cas. Les ruches de mon père ont été toutes anéanties lorsqu'un malin a décidé de saupoudrer des insecticides sur les champs de colza et de tournesol. Le nuage de Tchernobyl a voyagé, et lorsqu'il est arrivé en centre France, il n'a pas épargné les cultures, les potagers, les arbres fruitiers et tout le reste, les hommes compris.

Les ajouts de colorants et de conservateurs sont devenus monnaie courante, et ça bouffe, et ça bouffe, c'est si bon toutes ces couleurs et n'importe quoi n'importe quand puisque le frigo est gardien de plusieurs jours avant la date limite de conso...

Au Québec, ne croyez pas qu'ils soient épargnés, ce serait une erreur. La bêtise va jusqu'à noter l'heure limite de consommation sur les aliments mac do. Le poulet, qui est très consommé chez eux, est lavé à la javel avant de passer dans les frigos des restaurateurs et des magasins alimentaires. Un poulet dit "de ferme" a les os aussi fragiles et une chair aussi tendre et blanche qu'un poulet de batterie. Allons allons, il faut savoir ce qu'est un vrai poulet de ferme pour s'en apercevoir... alors ça passe, bien sûr, quel proprio de ferme pourrait bien venir dénoncer cela ? Alors ils consomment et ne savent pas.

En France, il y a encore quelques régions ou l'on sait, et quand on dit, ça fait quoi ? Vous allez les empêcher d'aller remplir leur chariot ? Comment ? Quels arguments ? Ils bossent comme des malades pour payer leur loyer, leur essence et leur assurance (pour aller bosser), les quelques menus plaisirs (coûteux et leurres) du week end pour leur donner la force d'aller bosser le lundi, et ainsi de suite.

C'est facile finalement de tenir toute une population en haleine...

La société vitrine dans laquelle on évolue touche aussi l'alimentaire et les produits d'entretien, et les fringues, les loisirs, enfin bref, tout, quoi. Un glissement pervers, presque imperceptible au début, puis de plus en plus effréné, mais qu'y peut-on ? Pris dans la spirale du métro boulot dodo, on essaye de garder la tête hors de l'eau, on se donne quelque plaisir pour garder le moral et tenir jusqu'à la retraite, en se promettant qu'après...

... si on y arrive, "après"...

L'utopie : que tout le monde se mette à déserter les grandes villes et s'attache à vivre plus modestement en dissémination sur la France, reprendre contact avec la nature, se remettre les mains dans la terre et s'essayer à un art de vivre différent. Oui, certes, mais pas si simple ; l'argent, mes bons, l'argent ! C'est qu'il y a des enfants à nourrir, des crédits en cours, comment trouver du boulot en province ?

Eh bien... et s'il y avait quand même des solutions auxquelles on n'aurait pas encore pensé ? Pas des brins d'idées qui s'enfoncent dans l'oubli dès lors qu'on les a effleurées un trente et un décembre où l'on refait le monde entre deux verres de champagne et un cigare, non non, vraiment, vraiment une réflexion qui aboutirait à un résultat, une décision ?

Utopie, hein. Parcequ'ils trouveraient forcément d'autres parades pour emberlificoter le monde dans le filet du pouvoir et de la main mise. C'est que notre consommation tous azimuts tient le système debout...

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