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 Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1

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Romane
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 30 Nov 2008 - 15:09

Et la pâte à trous, elle compte pour du beurre ?
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lison

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 30 Nov 2008 - 19:10

M. que d'admiration...

D'un admiratrice inconnue.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 1 Déc 2008 - 17:39

lison a écrit:
M. que d'admiration...

D'un admiratrice inconnue.

Visage : N.m.
Un visage ne vous renseigne en rien sur l’autre. Au plus, est-il une façade. Autant dire, une énigme. Qu’y voir hormis le noir d’autres prunelles?

« Jamais Madame Bovary ne fut aussi belle qu’à cette époque. Ses paupières semblaient tout exprès taillés pour ses longs regards amoureux, où la prunelle se perdait tandis qu’un souffle fort écartait ses narines minces et relevait le coin charnu de ses lèvres qu’ombrageait à la lumière un peu de duvet noir. »
(Gustave Flaubert, Madame Bovary. 1857)

Dépeindre ainsi son sujet, à un moment donné, à l’aide d’une simple phrase, oblige l’auteur, à retranscrire, sinon la description de la personne concernée, du moins le sentiment de l’époque qui y anima sa plume. Un simple miroir où déjà se dessinait le destin d’une héroïne.
Or, en nous en séparant, un visage est d’abord l’autre. Autant dire, l’inconnu.

Mais laissons pour cela la parole à notre pseudonyme :

Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin,
De venir dans ma chambre, un peu chaque matin ;
Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère ;
Elle entrait et disait : bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s’asseyait,
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s’en allait ainsi que l’oiseau qui passe.
Alors, je reprenais …
… Et dire qu’elle est morte ! Hélas, que Dieu m’assiste…


Le visage, qu’il soit d’ange ou celui de la mort, ne serait-il donc rien sinon un miroir, une simple adresse. Il est ainsi curieux sur ce forum que de se livrer chaque jour à de simples avatars. En effet, la stupeur de ces derniers ne nous renseigne sur pas grand chose. Un ou une autre plutôt que mon âme ? L’idée de ce masque numérique créé par un soir d’euphorie, ce public, en quoi demeure-t-il toujours mon semblable ? Comment l’avatar de mon correspondant(e) serait-il le siège d’une autre personne à l’instar de son joli minois?
Sachant par ailleurs qu’un délit de sa gueule demeure toujours chose fort commode pour se séparer de l’autre. Exclure en un simple clic l’ombre de son faciès. Celui qui résuma son identité mieux que tous ses papiers officiels.
L’identification entêtante de l’autre à soi-même par le face à face ne saurait-elle ainsi qu’une illusion révolue, quand les posts que nous nous partageons quotidiennement, nous enseignent aussi bien sur nous même que le futile commerce des regards ?

Dans le sang du jamais elle ose un peu de miel,
au sucre d'amertume, aux larmes de rubis,
Avant de se noyer aux alcools bon marché,
De s'étouffer des poudres aux ersatz d'édens,
En victime définitive du brouillard de ses yeux.


(Gohelan, Mélancolie) http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-de-gohelan-t13916-390.htm#317644

Ou encore :
http://liensutiles.forumactif.com/gerard-feyfant-f30/les-larmes-de-mary-t15861.htm
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 9 Déc 2008 - 16:49

Nausée : N.f.
Il était bien un peu malade, mais qu'importe! Il ne comptait pas ses nausées, et, quand son corps se tordait sous le mal de mer, son esprit s'ébaudissait d'une immense satisfaction.
JULES VERNE, Le Tour du monde, 1873.

Ca secoue bien au-delà des Glénans. La naupathie, c’est d’abord le mal de mer. Tout estomac nécessite un horizon ne serait-ce que pour sa ligne de flotte. Mais tout cela secoue. Ne nous étonnons donc plus de rien, passés les quarantièmes rugissants. Selon la dernière vacation, Loïc perdrait sinon des longueurs, au mieux quelques encablures. Durant la nuit, Roland et Jean-Pierre l’ont doublé sur son tribord. Trouver le vent. Pas les icebergs, le vent. Que celui-ci s’appuie enfin sur nos voiles et nous préserve ainsi de la houle. Egalement, penser à dormir. Stop. Penser à dormir. Prochaine vacat…
Dernier point : http://tracking.vendeeglobe.org/fr/
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Romane
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 9 Déc 2008 - 22:14

Vic chinois bisou

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Sam 13 Déc 2008 - 15:59

Cuiller : n.f.
Cher épicurien, pour déguster aujourd’hui des escargots (de Bourgogne ou petit-gris), vous me fournîtes d’une pince dite fort justement « à escargots » ainsi qu’une fourchette ad hoc à deux fourchons. Cette précaution indispensable pour ne point tacher de beurre mon habit révèle ainsi la modernité de votre table.

En France, avant le XVIIème siècle, seuls le roi et quelques hauts personnages possédaient des fourchettes ; c’était encore un objet de luxe, utilisé à l’imitation des Italiens (forchetta) et des Espagnols qui s’en servaient aussi en Flandres. Celles-ci convenaient pour manger quelque fruit, une poire pour la soif par exemple.

La cuiller n’était pas plus utilisée. Montaigne lui-même, du siècle précédent, s’en tenait aux habitudes anciennes qui voulaient que l’on mange sa soupe en prenant l’écuelle par ses deux oreilles. Mais, il va de l’histoire des ustensiles de cuisine comme des faits de société. L’individualisme aidant, la cuiller de bois rapidement façonnée par les boisseliers ambulants ne servit plus qu’à trois ou quatre convives pour se servir dans le plat commun. Peu à peu, vers la fin du XVIIème siècle, une mode consistant dans l’adoption de la cuiller individuelle, en bois puis en métal, toucha une partie restreinte de la population :
Il faut se servir poliment
Et de cuiller et de fourchette,
Et de temps en temps, qu’un valet
Les aille laver au buffet
.
Marquis de Coulanges : Pour bien élever vos enfans, 1694.
Se servir avec les doigts dans le plat commun, tel que l’on avait toujours fait, n’était plus « des manières de tables » de l’aristocratie, puis de la bourgeoisie. Pour honorer son convive, il s’agissait désormais de l’initier à ces « objets de ménage ». Ainsi, dans la Belle au Bois Dormant, conte écrit par Charles Perrault vers la fin du XVIIème, on place devant les fées invitées au banquet « un couvert magnifique avec un étui d’or massif, où il y avait un cuiller, une fourchette et un couteau de fin or, garni de diamants et de rubis. »

Individualiser les personnes, vos convives, offrir à chacun, une assiette exclusive ne devait alors ne pas être pris comme la propagande d’une vision égoïste des plaisirs de table, mais plus par un lent cheminement de la pensée collective pour une élaboration future des droits de l’Homme.
La cuiller, que l’on retrouve en botanique dans le néologisme « herbe à cuiller » pour désigner le cochléaria du fait de ses feuilles incurvées en forme de coquille nous oblige à percevoir dans son étymologie un cousinage proche avec le mot cochlée, lui-même se rapportant à la forme hélicoïdal d’une partie de l’oreille interne. Porter une conque à son oreille pour mieux entendre, plus tard, un cornet, nous enseigne ainsi l’importance de l’escargot dans les relations humaines.

La cuiller, objet éminemment social, tire sa morphologie actuelle du mot cochlearium désignant dans le latin impérial « l’ustensile servant à manger les escargots ». Coquille contre coquille, cet objet servait également à décrocher l’huître de son logement pour mieux la porter à sa bouche. On notera que pour faire la même chose avec une moule, être parfaitement bivalve, on se sert toujours communément d’une moitié de l’habitacle. Mais, question de mode, il ne faudrait donc plus désormais se servir d’une cuiller pour déloger l’escargot de sa coquille, ni de ses mains pour manger, encore moins de son index pour se curer le nez, et surtout oublier votre auriculaire pour rapporter à votre bouche le mielleux cérumen contenu au creux de votre oreille.

O tempora o mores… nous aurait confié notre précieux Alf s’il n’avait plutôt choisi de se rendre pour l’heure au café : http://liensutiles.forumactif.com/alf-f56/la-petite-cuillere-t16263.htm
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 6 Jan 2009 - 19:55

Ouïe. N.f.
Introduit sur notre forum par Alejandro qui en gère un autre dans: http://liensutiles.forumactif.com/logiciels-f23/ouie-t16333.htm#320226

Le mot ouïe découle du verbe ouïr du lat. audire : écouter, entendre. En 1542, on dit : être à l’ouye de quelque chose pour parler d’une façon d’entendre.

Ainsi, dans le post précédemment lié, Alejandro nous dit : Et voilà que l’un des utilisateurs, Gilles, m’a fait part d’un curieux phénomène qui compromet le sérieux de ce tout nouveau forum. Quand cet utilisateur pointe sur son pseudo, apparaît une bulle qui dit « Ouïe ! » Je ne parviens pas à reproduire la chose chez moi.

L’espace d’un forum peut-il ainsi être freiné par la production inopportune de ce seul mot que nous tenterons de définir ci-après?
À portée d'ouïe. Aussi loin qu'on peut entendre (d'apr. ROB.).
− En partic. Ouïe de la cognée. Espace fixé par le code forestier à 250 mètres autour d'une coupe de bois, correspondant à la distance jusqu'à laquelle on pourrait entendre le bruit d'une cognée depuis la coupe, et sur lequel il est interdit de prendre du bois. (Dict. XIXe et XXes.).

Or, dans leur version d’Hansel et Grethel, les frères Grimm disent :
Hansel et Grethel s'assirent auprès du feu et quand vint l'heure du déjeuner, ils mangèrent leur morceau de pain. Ils entendaient retentir des coups de hache et pensaient que leur père était tout proche. Mais ce n'était pas la hache. C'était une branche que le bûcheron avait attachée à un arbre mort et que le vent faisait battre de-ci, de-là. Comme ils étaient assis là depuis des heures, les yeux finirent par leur tomber de fatigue et ils s'endormirent. Quand ils se réveillèrent, il faisait nuit noire. Grethel se mit à pleurer et dit :
- Comment ferons-nous pour sortir de la forêt ?


Créer son propre site dans l’immense forêt d’internet comme on y construirait sa propre maison est chose bien séduisante. Il importe néanmoins pour l’aventurier qui y tente sa chance de demeurer sinon à portée de voix, du moins à portée d’ouïe. Sorcières, virus et cabanes de pain d’épices pullulent, dit-on, désormais sur la toile. Ainsi, 250 mètres, nous paraît également être une distance raisonnable pour ne pas trop se séparer de Ronron la Douceur qui, contrairement à ce que nous laisserait supposer météo et géographie réunies, n’hiberne en rien outre-Atlantique.

Doubler Jok sur un tel sujet, il fallait le faire ! mdr mdr mdr mdr

P.S. Personne ici ne manquera de saluer l’initiative dudit Alejandro tout en espérant secrètement du site le lien…
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Romane
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 7 Jan 2009 - 16:27

2009 démontre ici que notre ami Vic n'a pas perdu la main, ni la tête. Il fallait oser, il l'a fait, avec brio ! Je me régale toujours autant. Rêve

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Jeu 8 Jan 2009 - 16:11

La carte du Tendre.

http://liensutiles.forumactif.com/jeux-d-ecriture-f77/cartes-du-tendre-2009-t16324.htm#320342

Ridiculiser les Précieuses, comme tout ce qui a cour au XVIIème est la tâche que s’est fixé Monsieur Poquelin avec la complicité de sa troupe de saltimbanques. Traquant le pédantisme des faux savants de l’Académie Royale, le mensonge des médecins ignorants, la prétention des bourgeois enrichis, ce fils de tapissier construit son théâtre sur la satire de ses contemporains. Il crée des personnages à l’envi chargés de ridiculiser nos dévots pourtant cruellement chargés du salut de nos âmes, nos chirurgiens par trop absorbés par les dysfonctionnements de nos humeurs, nos bourgeois rivalisant âprement pour enrichir les caisses de nos palais. Ses pièces de comédie connaissent un immense succès comme si plus rien n’avait de valeur et que la beauté même de notre langage ne devait plus servir qu’à outrer les travers de Versailles.

Or, nous prétendons ici, à l’inverse des bouffons, que la préciosité est une nouvelle philosophie qu’il convient de répandre pour s’opposer à la violence baroque du siècle dernier. Nous désirons à l'égal de ces Messieurs de la Comédie Française, en finir avec le pompeux, l’outrance des figures, l’exubérance dans des arts aussi nobles que la peinture et la musique, mais non pour dénoncer l'hypocrisie du paraître, plutôt toucher à l’expression du sentiment le plus délicat : celui de la tendresse et de l’Amour.

Aussi, les railleries de celui qui se fait désormais appelé Molière ne peuvent-elles rien contre ce qui se passe actuellement dans nos salons, à savoir la distinction qui s’y trouve requise par la pureté de notre langage, l’élégance de nos tenues et surtout la dignité de nos mœurs.

Mademoiselle de Scudéry qui nous initie galamment à l’Antiquité, aux raffinements des us de l'ïle Lesbos, a réuni dernièrement en son logis des personnes aussi précieuses que Monsieur de La Rochefoulcauld, Madame de Sévigné, Messieurs Conrart ou Pellisson et nous a fait l’agréable surprise de dresser dans son dernier ouvrage : Clélie, Histoire romaine, la Carte du Tendre.

Cette géographie des sentiments lutte ainsi contre la sottise des gens par trop grossiers qui tels Monsieur Poquelin s’entendent à alourdir les traits au moyen de fards, de lanternes, de toutes sortes de ces machineries théâtrales qui ne rendront jamais compte de la délicatesse de nos intimités protégée par le secret de nos cabinets.

"Vous vous souvenez sans doute bien, madame, qu’Herminius avait prié Clélie de lui enseigner par où l’on pouvait aller de Nouvelle-Amitié à Tendre, de sorte qu’il faut commencer par cette première ville qui est au bas de cette carte pour aller aux autres; car, afin que vous compreniez mieux le dessein de Clélie, vous verrez qu’elle a imaginé qu’on pouvait avoir de la tendresse pour trois causes différentes : ou pour une grande estime, ou par reconnaissance, ou par inclination; et c’est ce qui l’a obligée à établir ces trois villes de Tendre sur trois rivières qui portent ces trois noms et de faire aussi trois routes différentes pour y aller. Si bien que, comme on dit Cumes sur la mer d’Ionie et Cumes sur la mer de Tyrrhène, elle fait qu’on dit Tendre-sur-Inclination, Tendre-sur-Estime et Tendre-sur-Reconnaissance. Cependant comme elle a présupposé que la tendresse qui naît par inclination n’a besoin de rien autre chose pour être ce qu’elle est, Clélie, comme vous le voyez, madame, n’a mis nul village le long des bords de cette rivière qui va si vite qu’on n’a que faire de logement le long de ses rives pour aller de Nouvelle-Amitié à Tendre. Mais, pour aller à Tendre-sur-Estime, il n’en est pas de même, car Clélie a ingénieusement mis autant de villages qu’il y a de petites et de grandes choses qui peuvent contribuer à faire naître par estime cette tendresse dont elle entend parler. En effet vous voyez que de Nouvelle-Amitié on passe à un lieu qu’on appelle Grand Esprit, parce que c’est ce qui commence ordinairement l’estime; ensuite vous voyez ces agréables villages de Jolis Vers, de Billet galant et de Billet doux, qui sont les opérations les plus ordinaires du grand esprit dans les commencements d’une amitié. Ensuite, pour faire un plus grand progrès dans cette route, vous voyez Sincérité, Grand Cœur, Probité, Générosité, Respect, Exactitude, Bonté, qui est tout contre Tendre, pour faire connaître qu’il ne peut y avoir de véritable estime sans bonté et qu’on ne peut arriver à Tendre de ce côté-là sans avoir cette précieuse qualité. Après cela, madame, il faut, s’il vous plaît, retourner à Nouvelle-Amitié pour voir par quelle route on va de là à Tendre-sur-Reconnaissance. Voyez donc, je vous en prie, comment il faut d’abord aller de Nouvelle-Amitié à Complaisance ; ensuite à ce petit village qui se nomme Soumission et qui touche à un autre fort agréable qui s’appelle Petits Soins. Voyez, dis-je, que de là il faut passer par Assiduité, pour faire entendre que ce n’est pas assez d’avoir durant quelques jours tous ces petits soins obligeants qui donnent tant de reconnaissance, si on ne les assidûment. Ensuite vous voyez qu’il faut passer à un autre village qui s’appelle Empressement et ne faire pas comme certaines gens tranquilles qui ne se hâtent pas d’un moment, quelque prière qu’on leur fasse et qui sont incapables d’avoir cet empressement qui oblige quelquefois si fort. Après cela vous voyez qu’il faut passer à Grands Services et que, pour marquer qu’il y a peu de gens qui en rendent de tels, ce village est plus petit que les autres. Ensuite il faut passer à Sensibilité, pour faire connaître qu’il faut sentir jusqu’aux plus petites douleurs de ceux qu’on aime. Après il faut, pour arriver à Tendre, passer par Tendresse, car l’amitié attire l’amitié. Ensuite il faut aller à Obéissance, n’y ayant presque rien qui engage plus le cœur de ceux à qui on obéit que de le faire aveuglément; et, pour arriver enfin où l’on veut aller, il faut passer à Constante Amitié, qui est sans doute le chemin le plus sûr pour arriver à Tendre-sur-Reconnaissance. Mais, madame, comme il n’y a point de chemins où l’on ne se puisse égarer, Clélie a fait, comme vous le pouvez voir, que ceux qui sont à Nouvelle-Amitié prenaient un peu plus à droite ou un peu plus à gauche, ils s’égareraient aussitôt; car, si au partir du Grand-Esprit, on allait à Négligence que vous voyez tout contre cette carte, qu’ensuite continuant cet égarement on aille à Inégalité; de là à Tiédeur, à Légèreté et à Oubli, au lieu de se trouver à Tendre-sur-Estime on se trouverait au lac d’Indifférence que vous voyez marqué sur cette carte et qui, par ses eaux tranquilles, représente sans doute fort juste la chose dont il porte le nom en cet endroit. De l’autre côté, si, au partir de Nouvelle-Amitié, on prenait un peu trop à gauche et qu’on allât à Indiscrétion, à Perfidie, à Orgueil, à Médisance ou à Méchanceté, au lieu de se trouver à Tendre-sur-Reconnaissance, on se trouverait à la mer d’Inimitié où tous les vaisseaux font naufrage et qui, par l’agitation de ses vagues, convient sans doute fort juste avec cette impétueuse passion que Clélie veut représenter. Ainsi elle fait voir par ces routes différentes qu’il faut avoir mille bonnes qualités pour l’obliger à avoir une amitié tendre et que ce qui en ont de mauvaises ne peuvent avoir part qu’à sa haine ou à son indifférence. Aussi cette sage fille voulant faire connaître sur cette carte qu’elle n’avait jamais eu d’amour et qu’elle n’aurait jamais dans le cœur que de la tendresse, fait que la rivière d’Inclination se jette dans une mer qu’on appelle la Mer dangereuse, parce qu’il est assez dangereux à une femme d’aller un peu au delà des dernières bornes de l’amitié; et elle fait ensuite qu’au delà de cette Mer, c’est ce que nous appelons Terres inconnues, parce qu’en effet nous ne savons point ce qu’il y a et que nous ne croyons que personne ait été plus loin qu’Hercule; de sorte que de cette façon elle a trouvé lieu de faire une agréable morale d’amitié par un simple jeu de son esprit, et de faire entendre d’une manière assez particulière qu’elle n’a point eu d’amour et qu’elle n’en peut avoir.

Aussi, Aronce, Herminius et moi trouvâmes-nous cette carte si galante que nous la sûmes devant que de nous séparer. Clélie priait pourtant instamment celui pour qui elle l’avait faite de ne la montrer qu’à cinq ou six personnes qu’elle aimait assez pour la leur faire voir, car, comme ce n’était qu’un simple enjouement de son esprit, elle ne voulait pas que de sottes gens, qui ne sauraient pas le commencement de la chose, et qui ne seraient pas capables d’entendre certaine nouvelle galanterie, allassent en parler selon leur caprice ou la grossièreté de leur esprit. Elle ne put pourtant être obéie, parce qu’il y eut une certaine constellation qui fit que, quoiqu’on ne voulût montrer cette carte qu’à peu de personnes, elle fit pourtant un si grand bruit par le monde qu’on ne parlait que de la Carte de Tendre. Tout ce qu’il y avait de gens d’esprit à Capoue écrivirent quelque chose à la louange de cette carte soit en vers, soit en prose, car elle servit de sujet à un poème fort ingénieux, à d’autres vers fort galants, à de fort belles lettres, à de fort agréables billets et à des conversations si divertissantes que Clélie soutenait qu’elles valaient mille fois mieux que sa carte, et l’on ne voyait alors personne à qui l’on ne demandât s’il voulait aller à Tendre. En effet cela fournit durant quelque temps d’un si agréable sujet de s’entretenir qu’il n’y eut jamais rien de plus divertissant. Au commencement Clélie fut bien fâchée qu’on en parlât tant, car enfin, disait-elle un jour à Herminius, pensez-vous que je trouve bon qu’une bagatelle que j’ai pensé qui avait quelque chose de plaisant pour notre cabale en particulier, devienne publique, et que ce que j’ai fait pour n’être vu que de cinq ou six personnes qui ont infiniment de l’esprit, qui l’ont délicat et connaissant, soit vu de deux mille qui n’en ont guère, qui l’ont mal tourné et peu éclairé, et qui entendent fort mal les plus belles choses? Je sais bien que ceux qui savent que cela a commencé par une conversation qui m’a donné lieu d’imaginer cette carte en un instant ne trouveront pas cette galanterie chimérique ni extravagante; mais, comme il y a de forts étranges gens par le monde, j’appréhende extrêmement qu’il n’y en ait qui s’imaginent que j’ai pensé à cela fort sérieusement, que j’ai rêvé plusieurs jours sans le chercher et que je croyais avoir fait une chose admirable. Cependant c’est une folie d’un moment, que je ne regarde tout au plus que comme une bagatelle qui a peut-être quelque galanterie et quelque nouveauté pour ceux qui ont l’esprit assez bien tourné pour l’entendre.

Clélie n’avait pourtant pas de raison de s’inquiéter, madame, car il est certain que tout le monde prit tout à fait bien cette nouvelle invention de faire savoir par où l’on peut acquérir la tendresse d’une honnête personne qu’à la réserve de quelques gens grossiers, stupides, malicieux ou mauvais plaisants, dont l’approbation était indifférente à Clélie, on en parle avec louange; encore tira-t-on même quelque divertissement de la sottise de ces gens-là, car il y eut un homme entre les autres qui, après avoir vu cette carte qu’il avait demandé à voir avec une opiniâtreté étrange, et qui après l’avoir entendu louer à de plus honnêtes gens que lui, demanda grossièrement à quoi cela servait et de quelle utilité était cette carte. Je ne sais pas, lui répliqua celui à qui il parlait, après l’avoir repliée fort diligemment, si elle servira à quelqu’un, mais je sais bien qu’elle ne vous conduira jamais à Tendre.

Ainsi, madame, le destin de cette carte fut si heureux que ceux mêmes qui furent assez stupides pour ne l’entendre point servirent à nous divertir, en nous donnant sujet de nous moquer de leurs sottises."


— Clélie, Histoire romaine, Paris, 1656

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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 12 Jan 2009 - 12:10

Miséricorde :N ;f. 1120 empr. Au lat. misericordia : » qui à le cœur sensible à la détresse, au malheur »

1 Voc. Mar. : Ancre de miséricorde.
"Ancre" : Ce mot vient du grec ancien "Agkura ou agkulos" qui signifie crochu ou courbé. Il est devenu ensuite en latin "Anchora" Le mot ancre est donc étymologiquement du genre féminin . On dit toujours UNE ancre !
C'est un instrument en fer forgé, ou en acier moulé, composé d'une tige appelée "Verge". Celle ci porte un gros anneau à une de ses extrémités qui se nomme "Organeau". A l'autre bout on trouve deux bras portant becs appelés "Pattes", lesquelles sont articulées. Les ancres anciennes portaient aussi près de l'organeau un "Jas", souvent fait d'une forte pièce de bois dans le plan perpendiculaire à celui des pattes, qui étaient fixes. Le jas obligeait l'ancre à orienter une de ses pattes dans le meilleur sens pour l'accrochage et la traction sur le fond déterminant ainsi la tenue du mouillage.
Une "Ligne de mouillage" le plus souvent faite de chaine relie l'ancre au navire. L'ancre, en s'accrochant au fond retient le navire (ou toute autre structure flottante) contre la force du vent et des courants, et l'empêche de s'éloigner du point ou on veut qu'il ou elle se maintienne. Les ancres crochent, chassent, dérapent, s'engagent, se dégagent ou bien viennent à pic…Elles sont de croupiat, de détroit, de poupe… et même parfois flottantes. Elles sont alors en matériaux plus légers que l'acier (Toile, bois, métal ) et ne servent plus alors qu'à freiner un navire entrainé par le vent par rapport à la surface de l'eau à la façon d'une sorte de parachute aquatique.
Il ne faut pas oublier l' "Ancre de Miséricorde" dont le joli nom ne recouvre que la notion d'ancre de rechange, et c'est bien dommage. Car, c’est aussi celle du Salut, c'est-à-dire qui ne servira que lorsque toutes les autres auront été utilisées en vain pour fixer le bateau. C'est celle qui reste à rouiller sur le pont pendant toute la durée de la vie du navire à quelques exceptions près…
Voir : (Partance, Tryskel) http://liensutiles.forumactif.com/litterature-erotique-f76/isthar-en-avalon-t16198-15.htm

« Mon navire dans le port attend, pour lever l’ancre »


2 Relig. Petite saillie sous une stalle d'église sur laquelle on peut s'appuyer lorsque le siège est relevé tout en paraissant se tenir debout. Il existe une très belle collection de miséricordes au musée du Moyen-âge de Paris, (abbaye de Cluny) où l’on s’aperçoit que ces sculptures en bois cachées sous les sièges des moines révèlent des scènes de la vie courante souvent libertines et licencieuses.

D’une bouche gourmande, savoure les laudes
Et de sa fesse dénudée, fait rougir les miséricordes
Hypocrites des moines sans émois.

In (Vigiles libertines, Tryskel) http://liensutiles.forumactif.com/litterature-erotique-f76/isthar-en-avalon-t16198.htm

À tout péché miséricorde. Contre les excès de chairs, l’absolution, le pardon restent de nature divine et seule la tartufferie nous empêcherait de goûter ici la poésie envoutante d’une aède dont les spirales nous condamnent à la volupté de son triangle secret.
Mais, percer les secrets, fussent-ils ceux des fées, demeurant la fonction première de ce lexique. Courtisons donc un temps le mot Triquètre, du grec triskelês : « a trois jambes » de treis « trois » et skelos, jambe : comme dans isocèle, triangle où chaque côté mesure un pied. Figurant souvent sur le bouclier d’Athena,(déesse vierge) ce motif décoratif composé de trois jambes humaines soudées aux cuisses ou trois branches repliées dans le même sens, semble nous avoir été transmis par la monnaie. Ces jambes, par un curieux artifice, se transforment en spirales au contact de la culture bretonne faisant ainsi disparaître dans la magie des volutes celtiques l’idée tout hellénique d’un membre inférieur surnuméraire. Triquètre en s’adoucissant donne en français triscèle qui à son tour engendre en breton triskell ou triskèle ; tous ces noms étant indifféremment masculins ou féminins. On médite alors de l’emploi du y dans le pseudonyme pré-cité.

Triquer : De peur d’éveiller son divin courroux, ce verbe n’aura donc ici rien à voir avec notre auteur, sinon que dans notre piteuse acceptation : battre à coups de trique (Pulsations, Tryskel), au pire : se voir être mis au tricard sachant qu’il resterait encore le choix à notre Cybèle si belle offensée d’utiliser envers nous sa miséricorde, à savoir :
3 HIST. DES ARMES. Petite dague dont on se servait au Moyen Âge pour menacer l'ennemi et l'obliger à se rendre et à demander pardon.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 18 Jan 2009 - 16:34

Faïencière : Se dit d’une personne qui vend ou fabrique de la faïence. Cette poterie émaillée qui doit son nom à sa ville italienne d’origine : Faenza : Fayence, nous évoque un luxe suranné. Manger dans de la faïence paraissant ainsi être aujourd’hui un charme désuet voire désaffecté quant on sait la fragilité de cette vaisselle face aux outrages du temps. D’ailleurs, le mot Faïençage, subst. masc., technol. Désigne des craquelures apparaissant à la surface d'une peinture, d'un enduit ou d'un revêtement voire d’une peau.

Passionata, notre nouvelle et jolie poète qui espère, à l’en croire, à l’éternité plus un jour et mise sur le dos éternel de splendides séraphins, nous décrit pourtant dans son précédent recueil « des faïences », le travail du temps sur nos corps au moyen d’un très beau poème intitulé : un petit vieux.
http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/l-eternite-plus-un-jour-t16394.htm
La mort qui y zieute sur le décolleté de ses vingt ans, nous informe pourtant de la vanité de son nouveau recueil qui nous parle d’amour. Car se regarder dans le miroir déformant de l’amant, c’est forcément biaiser un peu, on dirait en italien : guardarsi in cagnesco, autrement dit se regarder en chiens de faïence.
Rafistoleuse de faïence, Passionata veut pourtant croire à la réparation possible des assiettes fêlées, des pots ébréchés, des ménages craquelés, des cœurs brisés, grâce à la barbotine de ses alexandrins.
Elle sait pour cela miser sur le bleu, celui d’un océan de soie, celui de la jeunesse, des yeux bleu-faïence qui évoque toujours l’azur des amants. Pourtant, il lui faudra toujours se méfier du verbe se faïencer (faux-ami du verbe se fiancer) et où la prunelle s’opacifie comme dans : Ces yeux charmants dont l'azur clair se faïença, s'émailla d'une « vitre » laiteuse qui les éteignit (BLOY, Femme pauvre, 1897)

Les italiens disent : maiolica pour désigner la faïence, ce qui nous donne le mot français : majolique car nul n’oublie que l’Italie avait importé la technique de cette céramique émaillée de l’île de Majorque, les Majorquins la tenant des arabes.
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 18 Jan 2009 - 16:38

mdr Quel joli hommage!
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 18 Jan 2009 - 16:41

Il est stupéfiant, notre Vic. Mais quel festin !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 19 Jan 2009 - 19:35

Dieu : n.m. Du lat. Deus.

Les Hébreux, courbés sous le joug des Pharaons, bâtissaient les pyramides : Moïse les fit sortir d'Égypte et leur donna un code. Les Lacédémoniens vivaient dans la discorde : Lycurgue leur impose des lois. Les Arabes étaient divisés au désert : Mahomet leur enseigne l'unité de Dieu. Voilà des exemples historiques qui font croire que le drame actuel de la société finira par quelque miracle semblable : Deus ex machina.
Pierre LEROUX
Discours aux politiques

Dans nos pièces modernes, l’oncle d’Amérique (lire Obama) pacifie, dénoue l’imbroglio entretenu sur nos ondes. La guerre de Troie, c’est aujourd’hui la bande de Gaza, son millier de morts et l’élection américaine. Nouveau démiurge en attente d’investiture pour organiser le monde, le jeune Barak donne à chacun la barraca. Aussi, dire qu’il serait le Messie est bien en dessous du plus modeste des éditoriaux.
Tout culte nécessite un clergé. Des savants qui donnent au chaos du monde, un ordre, un sens, quelque chose de représentable nous éloignant de la barbarie. Les journalistes sont les prêtres de notre modernité. Les tenants du Livre en direct live sur vos écrans d’ordinateur. Ils disent ce que vous devez voir, entendre, penser. Ils font l’information selon des lois qui nous échappent, celles de l’Olympe, sans doute.
Le mortel se trouve ainsi tour à tour convoqué pour en pleurer ou pour en rire. Notre monde, c’est avant tout le caprice des dieux aussi appelé fluctuation des marchés.

Nommer les dieux sans commettre d’injures, c’est dire le nom d’Allah sans plus se le représenter, c’est zyeuter les Venus callipyges tout en gardant pour soi ses propres commentaires, c’est enfin devenir athée au passage de la papamobile quand on connaît le prix de l’essence divine.

Enfin, pour nous, ce serait surtout lire celui pour lequel nous fûmes créés : http://liensutiles.forumactif.com/coup-de-gueule-f40/noms-de-dieux-t16411.htm
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 20 Jan 2009 - 12:09

Vic Taurugaux a écrit:
Faïencière : Se dit d’une personne qui vend ou fabrique de la faïence. Cette poterie émaillée qui doit son nom à sa ville italienne d’origine : Faenza : Fayence, nous évoque un luxe suranné. Manger dans de la faïence paraissant ainsi être aujourd’hui un charme désuet voire désaffecté quant on sait la fragilité de cette vaisselle face aux outrages du temps. D’ailleurs, le mot Faïençage, subst. masc., technol. Désigne des craquelures apparaissant à la surface d'une peinture, d'un enduit ou d'un revêtement voire d’une peau.

Passionata, notre nouvelle et jolie poète qui espère, à l’en croire, à l’éternité plus un jour et mise sur le dos éternel de splendides séraphins, nous décrit pourtant dans son précédent recueil « des faïences », le travail du temps sur nos corps au moyen d’un très beau poème intitulé : un petit vieux.
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La mort qui y zieute sur le décolleté de ses vingt ans, nous informe pourtant de la vanité de son nouveau recueil qui nous parle d’amour. Car se regarder dans le miroir déformant de l’amant, c’est forcément biaiser un peu, on dirait en italien : guardarsi in cagnesco, autrement dit se regarder en chiens de faïence.
Rafistoleuse de faïence, Passionata veut pourtant croire à la réparation possible des assiettes fêlées, des pots ébréchés, des ménages craquelés, des cœurs brisés, grâce à la barbotine de ses alexandrins.
Elle sait pour cela miser sur le bleu, celui d’un océan de soie, celui de la jeunesse, des yeux bleu-faïence qui évoque toujours l’azur des amants. Pourtant, il lui faudra toujours se méfier du verbe se faïencer (faux-ami du verbe se fiancer) et où la prunelle s’opacifie comme dans : Ces yeux charmants dont l'azur clair se faïença, s'émailla d'une « vitre » laiteuse qui les éteignit (BLOY, Femme pauvre, 1897)

Les italiens disent : maiolica pour désigner la faïence, ce qui nous donne le mot français : majolique car nul n’oublie que l’Italie avait importé la technique de cette céramique émaillée de l’île de Majorque, les Majorquins la tenant des arabes.

Wow...
Euh... J'avoue en avoir le souffle coupé ! Je suis estomaquée. Emue. C'est divinement bien expliqué, traduit, retranscrit, écrit.
Quel hommage vous me faites, Vic, au travers "des faïences" sans défaillance.

L'éternité, plus un jour, car l'éternité est trop courte. Peut-être est-ce en cela : l'écriture que les Hommes ont dédié à l'éternité, car l'éternité, chers lecteurs, c'est vous...

Merci Vic.
Merci Irma pour m'avoir envoyé le lien.
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 20 Jan 2009 - 12:25

Je me disais bien que t'avais loupé quelque chose ... Very Happy
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 20 Jan 2009 - 14:06

Du Vic, on en mangerait à tous les repas. Entendez par là : ses mots ! (pour le croquer lui, faudrait avoir les dents solides et un furieux appétit !)

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 20 Jan 2009 - 14:06

Faut toujours visiter le lexicalf! Il est plein de merveilles: la preuve!
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Jeu 22 Jan 2009 - 15:57

Légende : N.F. Etym : Ce qui doit être lu.

« L’esprit est une légende pour nos entrailles ».
in Autopsychose, Bloody Mary :
http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-cercueil-de-bloodymary-t16418-90.htm

Lors d’une autopsie, ce qui doit être lu, c’est avant tout l’heure de notre trépas. La datation des cadavres est une spécialité appartenant à la médecine légale.
Ainsi, on lira l’état de putréfaction du corps, par l’apparition première d'une tache verte abdominale au niveau de la fosse iliaque droite, puis, l'apparition d'une tache verte abdominale au niveau de la fosse iliaque gauche suivie de l'extension de ces deux taches qui finissent par gagner progressivement toute la partie inférieure de l’abdomen.
L’étude de la faune cadavérique offrira également de nombreux renseignements, car, en tenant compte des conditions environnementales, (corps à l’air libre ou corps inhumé) on estimera le délai post mortem du cadavre.
• On distinguera : Des arthropodes nécrophages qui se nourrissent du cadavre.
• Des arthropodes nécrophiles qui se nourrissent des autres espèces animales précédentes c’est-à-dire les arthropodes nécrophages.
• Des arthropodes omnivores se nourrissant à la fois du cadavre et de la faune présente sur le cadavre, comme c’est le cas de certains hyménoptères et de certains coléoptères.
• Des arthropodes opportunistes dont la présence n’est pas systématique pour tous les cadavres mais due au hasard comme les araignées par exemple. Ceux-ci ne sont donc pas utiles pour l’estimation du délai post mortem.
Les meilleurs arthropodes seront donc les diptères, mouches vertes, bleues, à damier ou noires scientifiquement dénommées Sarcophaga carnaria. Le délai d’incubation de leurs œufs, le développement de leurs larves dans les chairs ou dans les fèces seront de précieux renseignements sur l’écoulement inexorable du temps.

Le corps ainsi cartographié avant dissection nous fournira une première légende temporelle, une première lecture contribuant à faire la vérité sur le scandale du décès : crime, mort naturelle, erreur médicale, etc…


Ce qui doit être lu avant tout également, c'est-à-dire aux mâtines, c’est la Légende Dorée. Celle qui, dès l’aube, rend compte de la vie de notre Seigneur Jésus-Christ et de tous ses Saints. L’édification du novice, par la lecture du texte sacré répond à la première règle de la vie monastique. Nourrir son esprit avant son corps demeurant la fonction première de la légende. L’appétit étant avant tout une ouverture mystique, une appétence de l’âme précédant le petit déjeuner.
Cet ouvrage (la Légende Dorée) rédigé en latin par Jacques de Voragine entre 1261 et 1266 , raconte la vie de 180 saints, saintes et martyrs chrétiens ainsi que certains épisodes de la vie du Christ et de la Vierge, et suit le calendrier liturgique. Plus précieuse que l’or, la Légende dorée est consacrée aux explications des fêtes religieuses principales, qui renvoient à la vie du Christ. L'ensemble des vies de saints et des explications de fêtes religieuses est présenté dans l'ordre du calendrier, à partir de l'avent. Hauts en couleurs, largement destinés aux et utilisés par les prédicateurs, ces récits ont pour vocation d'exalter la foi, car le véritable sujet de la Légende dorée est le combat que mène Dieu contre les esprits du Mal, et s’y exprime notamment le courage des martyrs qui démontre finalement l'impuissance des persécuteurs.
La Légende dorée devient avec la Bible l'œuvre la plus lue, la plus copiée mais peut-être aussi la plus « augmentée » : aux XIVe et XVe siècles, il n'est pas rare d'en trouver des copies contenant pas moins de 400 histoires… On estime qu'il en existe plus de 1 000 manuscrits, du plus simple au plus enluminé, et l'arrivée de l'imprimerie accroît encore sa diffusion. Cette légende explique par le menu, la souffrance des corps, leur corruption possible dans le péché, mais également les vertus du sacrifice qui demandent à voir correctement et profondément les choses.
Dans la légende de la Vierge d’Antioche, le texte nous apprend que : Il y eut naguère à Antioche une vierge qui évitait de se montrer en public; mais plus elle se cachait, plus elle enflammait les cœurs.

Aussi, la pudeur qui recouvre toujours d’un voile nos entrailles ne pourra jamais cacher les passions qui s’y développent.


Une légende, (à moins que ce ne soit la miséricorde) voudrait pourtant que sur ce forum, des poètes (à moins que ce ne soit des sorcières), en se dénudant plus que nécessaire, animent de leurs vers nos trop prochains squelettes. Elles obligent nos émotions critiques dans la métrique savante de leur rhétorique, nous anesthésient :
Avant de penser à réfléchir,
Il faut apprendre à oublier ce qui s’agite sous les nervures.

Pour mieux se frayer un chemin dans les tréfonds de nos intimités.
Et mon crochet à nerfs
Qui crisse et qui frémit
Te transcendant l’épine
Remontant aux méandres
Si doux
De ton cerveau mouillé.

Farouche, d’amour et d’autopsie.
http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-de-farouche-t15144-45.htm#322389
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 25 Jan 2009 - 19:44

EXEQUATUR, subst. masc. inv.
Lat. ex(s)equatur 3e pers. du sing. subj. prés. du verbe ex(s)equi « qu'il exécute, qu'on exécute ».

L’utilisation, bien que parfois rébarbative de termes latins dans la langue française semble préférable à l’invasion de mots anglais souvent perçue comme facilité de langage. Car, le latinisme reste un détour savant parfois obligé pour rendre compte de choses inexprimables par le vulgum pecus.

Dans le droit international, l’exequatur est un décret par lequel le gouvernement d’un pays autorise un conseil étranger à remplir ses fonctions dans ce pays.
Réciproquement, toujours en droit, l’exequatur est aussi une décision par laquelle un tribunal rend exécutoire sur le territoire national un jugement ou un acte étranger. On dit alors : donner l’exequatur.

Ainsi, l’incursion de ce lexique dans le champ de la poésie d’Alf, ne pourrait être possible sans l’autorisation du poète à notre travail d’analyse de ses mots. Etranger à l’intérieur de son contexte, nous n’avons pourtant d’autre choix que de nous servir de nos propres procédures pour approcher le sens de ses vers. Car, il est entendu que lui et nous, n’utilisons pas la même rhétorique. En effet, à notre différence, Alf ne tente pas d’enfermer les mots dans les cases de leurs définitions, ne les observe pas comme des objets statiques, mais les utilise plutôt comme des projectiles, des jets, des interpellations. Là où pour nous le mot est une cassette pleine de significations, ses poèmes sont des flèches chargées de véhiculer des messages et l’idée même d’y parler latin doit être pris comme une provocation. A contrario, la lourdeur de notre propos ne doit pas être perçue comme une pierre jetée dans son délicat jardin, mais plutôt comprise comme une différence de style en notre défaveur, car, ne nous trompons pas, ce qui intéresse avant tout le poète, c’est la musique de ses mots.

Dans le poème : l’Art-en-ciel in http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-d-alfred-t7862-930.htm
Alf dit :
De l’archer de ton Arc, le trait d’amour ne blesse
Point. Et l’amant touché par son feu clair-obscur
Cherche des yeux Vénus, pour un exequatur
L’artiste de cela, invente la promesse.


Comparer l’artiste à l’archer lui permet aussitôt de créer le néoalflogisme Art-en-ciel construit sur arc-en-ciel mais en y adoucissant le c de arc par un t. Dans la langue française, ces deux consonnes ont la particularité de s’adoucir ou de se tendre à loisir comme dans les mots dentition ou coccinelle et la forme phonétique s s’écrit autant avec un t dans prophétie qu’avec un c dans pharmacie.
Cette possibilité du c à se prononcer soit k soit s n’est en rien accessoire. Il offre plutôt un axe au texte et c’est d’ailleurs pour cela que nos ancêtres latins inventèrent le x à la fois nombre et lettre.
Il est alors intéressant de souligner chez Alf l’utilisation dans sa prosodie des sons produits par toutes ces consonnes qu’on note phonétiquement par les sigles: s, k, S, t, z, gz, ks.

Art-en-ciel
Domaine de l’éther D’Amon Râ, ton altesse,
Peuplé de mille oiseaux qui s’abreuvent d’azur
Ô, ciel, toi que le Juste en quête de futur
Implore, où caches-tu Éros et sa Déesse ?

De l’archer de ton Arc, le trait d’amour ne blesse
Point. Et l’amant touché par son feu clair-obscur
Cherche des yeux Vénus, pour un exequatur…
L’artiste de cela, invente la promesse.

Sous ta voûte apparaît écriture céleste,
Prose ou vers, acrolithe, aquarelle, et le reste,
Alors, ne compte plus. Le rêve, en toi, fera

Son œuvre à ciel ouvert et bientôt, dans tes ourses,
Qui frôlent le soleil, notre rêveur saura
Puiser l’âme de l’Art en ses multiples sources.

Le mot exequatur qui n’a ici pour principale fonction que de rimer avec obscur détient surtout à l’oreille, outre son sens impénétrable (obscur), les consonnes x, q, t. L’opacité de ce terme latin permet ainsi au poète le contrepoint nécessaire à des mots comme éther d’Amon-Râ pour désigner la clarté du ciel.
De plus, à mieux y regarder, les traits d’union nécessaires à la morphologie du mot arc-en-ciel ne sont là que pour dessiner la courbe balistique déjà contenu dans la forme du c de l’arc et notre poète ne les oublie pas dans la confection de son néologisme. Un arc ou un art sans traits ne pouvant représenter pour lui tout au plus un artefact. La barre du t rajoutée à la courbure du c doit être donc vue comme une première ébauche, une sorte d’arbalète nous conduisant plus tard à la dimension de la croix, du carrefour, de la multiplication des sens, du x, celui-là même qui permet le croisement des langues.

Car, l’arc-en-ciel comme l’art-en-ciel demeure un phénomène lumineux reliant la boue à l’azur, les mortels aux dieux, le français au latin et, si cette écharpe d’Iris est souvent pointé par le poète, il serait dommage que nous autres lecteurs n’y regardions que le doigt.
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 27 Jan 2009 - 10:54

Vic, thanatologue en chef des textes qui ne veulent pas mourir !
C'est un délice doc, toujours.
Merci.
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 27 Jan 2009 - 11:56

Il y a de quoi être espantouflée à chaque fois, et c'est à chaque fois délicieux. chinois

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Jeu 29 Jan 2009 - 17:42

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Jeu 29 Jan 2009 - 17:44

C'est court. mdr

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Jeu 29 Jan 2009 - 18:17

C'est clair! mdr
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Jeu 29 Jan 2009 - 18:23

Sans bavure ! mdr

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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