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 Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1

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Alf
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 31 Aoû 2008 - 21:12

Vic Taurugaux a écrit:
Alvin ???????????

ALVIN, INE, adj. Méd. Qui a rapport au bas-ventre.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 1 Sep 2008 - 9:38

Alf a écrit:
Vic Taurugaux a écrit:
Alvin ???????????

ALVIN, INE, adj. Méd. Qui a rapport au bas-ventre.

1790 du latin alvus "ventre" et non de l'aîne qui donne l'adj. inguinal ...
Ex. Flux alvin: diarrhée, à ne pas confondre avec logorrhée ... bon je m'enlise avec tous ces mots ...
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 1 Sep 2008 - 10:40

Dans : Ils sont là ! Le poète nous parle du maillot jaune et de ses poursuivants. Tournez un instant , s’il vous plaît, la tête vers le champion !


Héliotrope : n.m. et adj. (1546 Rabelais, d’abord elyotrope XIIème S. empr. Au lat. heliotropi qui a les deux sens ci-dessous et lui-même empr. Au grec heliotropion doublet de heliotropios de hélios « soleil » et trepein « tourner ».

Sens 1 : Plante dicotylédone
a- à fleurs blanches : est communément appelé herbe de Saint-Fiacre ou herbes aux verrues.
b- A fleurs violettes qui permet de composé l’adj. héliotrope : une robe héliotrope est violette. En chim. L’héliotropine est un composé aromatique à base d’essence de sassafras, arbre originaire d’Amérique du Sud, pensez à du vent dans les branches de sassafras, mais qui à curieusement le parfum analogue à celui de l’héliotrope violette et qu’on appelle aussi pipéronal , ce qui n’a rien à voir car cela vient de piperin qui est quant à lui un alcaloïde contenu dans le poivre noir.
c- A fleurs mauves ou autres comme : L’héliotrope du Pérou, à petites fleurs bleus ou lilas, au parfum qui rappelle celui de la vanille. » (Proust, Jean Santeuil.)

Ainsi, vous ne confondrez plus l’héliotrope avec l’hélianthe, autre nom du tournesol. Car l’hélianthe (1615, empr. Au lat. bot. Helianthus, désignant une plante mal identifiée (p-ê. La camomille) et qui est comp. Du grec helios « soleil » et anthos « fleur »
L’hélianthe tubéreux est donc la fleur du topinambour là où l’hélianthe annuel est communément appelé soleil, tournesol.
L’hélianthème alyssoîde, ou faux alysson étant la gerbe d’or ou herbe d’or aux fleurs disposées en épi.


Sens 2 : Minér. Calcédoine à fond verdâtre jaspé de veines rouges. A ne pas confondre non plus avec l’héliodore qui elle est une pierre fine formée de béryl jaune d’or mais qui vient du nom d’une variété de tulipe attesté de 1873. Du grec helios « soleil » et de dôn « don ».

Tout ça pour vous dire encore que le maillot vert récompense le vainqueur d’étape et le maillot blanc à pois rouges, le meilleur grimpeur, mais c’est trop tard, ils sont déjà passés ….


Tournesol : N.m. De l’espagnol « tornasol » (Ne pas confondre ici la Vuelta avec il Giro)

Sens 1
Ancienn. Colorant bleu tiré du croton ou de l’orseille (heliotropium tricoccum) Tournesol en pâte, en pain.

Sens 2 En chim. Cette substance bleu-violette tourne au rouge sous l’action des acides et au bleu sous celles des bases. Ainsi, vous pouvez vérifier le PH de votre piscine ! Et c’est aussi pour ça qu’on appelle plus communément le croton et l’orseille le tournesol des teinturiers.
Les teinturiers, vous savez, ces gens qui colorisent les maillots!
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 1 Sep 2008 - 15:10

Liquidambar : n.m. 1602 vient de l’esp. Liquidambar par l’intermédiaire du lat.sc. formé de liquido « liquide » et ambar « ambre ».

Ne cherchez pas, je n’ai pas trouvé ce mot sous la plume de notre poète. Peut-être même l’ignore-t-il malgré son amour de la chose hispanique. Mais, je le trouve utile à notre propos.

Sens 1 : Arbre ornemental dont plusieurs variétés produisent des résines balsamiques couleur d’ambre employées en thérapeutique comme stimulants des voies respiratoires. Baume de liquidambar.

Sens 2 : Résine de liquidambar ; baume préparé avec cette résine. Syn. Styrax lui-même extrait de l’aliboufier. Syn. De benjoin mot rapportant moins de points au scrabble mais qui possède une étymologie intéressante : en 1479 empr. Au catalan benjui, lui-même emprunté à l’arabe lubän-gäwi « encens de Java »

Ce petit détour dans les senteurs des Îles pour vous expliquer l’emploi de l’adjectif fragrantes qualifiant "les parcelles sucrées de votre plage" dans le poème intitulé prose océane.
En effet cet adjectif est injustement inusité bien qu’il vienne du participe présent fragrans du verbe latin fragrare « sentir ». Son usage n’est plus que littéraire alors que son sens : qui exhale une odeur suave demeure évidente.

Fragrance n.f. l’ayant malheureusement supplanté dans le lexique des critiques gastronomiques qui recherchent toujours plus de synonymes à parfum.

Mais ici, dans ce poème ultra-marin, grâce à notre poète, cet adjectif réactive les souvenirs de ceux qui reniflent les estrans.
Ainsi depuis son rocher du grand Bé, Chateaubriand in Mémoires d’outre-tombe écrit encore : ...des larmes de liquambar et des racines de libanis, qui mêlaient la fragrance de l’angélique, du cédrat et de la vanille.

Sur les plages danoises, face à la mer Baltique où je me suis promené, on ramasse encore dans le sable l’ambre jaune pour en faire des colliers. Fossile de résine renfermant parfois des insectes préhistoriques, ces larmes d’autrefois ne sentent plus rien au contraire de l’ambre gris prisé des parfumeurs mais qui nous provient directement de nos discrets amis, les cachalots.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 1 Sep 2008 - 19:41

Le pastel des teinturiers est l’autre nom de la guède ou de l’isatis.
C’est de sa tige que l’on extrayait l’indigo mais qu’on nommait aussi pastel, vous me suivez ? L’isatis est une plante mais aussi l’autre nom du renard bleu alors que la guède n’est qu’une variété de bleu. Mais existe aussi l’indigotier. Ainsi appelé car ce mot portugais mais d’origine latine indicum et grec indikon serait d’après les navigateurs originaire d’Inde. Mais rien n’est moins sûr car, on trouve aussi cette plante en Afrique et en Asie. En laissant macérer ses feuilles, vous pourrez tout de même en extraire de l’indigotine pour faire du bleu mais aussi de l’indirubine pour faire du rouge.

Comme quoi, l’indigo n’est bleu que si on le veut bien. Employé comme nom commun il est variable et comme adjectif, il ne se met jamais au pluriel comme l’orange ou le marron qui eux sont des fruits.
Quand aux pastels, ce sont des bâtonnets de pâte faite de pigments colorés par forcément en bleu. Des pastels, vous en avez de toutes les couleurs. A notez qu’il vient du mot latin pastillus qui a donné pastille mais aussi pastis encore appelé jaune dans le Sud de la France.
Exemple : Ne me prend pas pour un bleu, sers-moi un jaune plutôt qu’un rouge !

Dans son poème Couleurs, Alf dépeignant l’arc en ciel place l’indigo juste après le violet. Ce sont parmi les sept couleurs généralement admise dans ce spectre, les deux qui tirent leur nom d’une plante.
A noter que des violettes, vous en avez de toutes les couleurs en fonction de la saison. Ainsi la violette de la Chandeleur est l’autre nom du perce-neige et la violette d’automne : le colchique encore appelé tue-chien car il est vénéneux. Le violet est aussi la couleur des produits vétérinaires mais ça, c’est à cause du violet de gentiane qui soigne les blessures.


Bleu : Adj et n.m. Voici un mot que tout le monde croit comprendre. Une sorte d’évidence comme si le bleu avait toujours existé. Or, il est clair que nous voyons que ce que l’on nomme et pas inversement. Se servir du nom des plantes pour désigner une couleur est pour cela beaucoup plus aisé.

Le mot bleu à une origine germanique 1121 bloe, blo, blef qui veut dire « pâle, livide » et qui nous permet d’avoir des ecchymoses au corps ou l’âme, mais aussi blond, blanc ou du françique blao : « brillant » ! Tout cela est assez flou, ses racines s’égarent dans le latin médiéval avec blavus, flavus qui s’égare entre le blond jaune et rougeâtre.

Le latin possédait pourtant un mot pour la couleur du ciel ceruleus qui nous donne ceruléen. Mais, de leur côté, les chinois ne font pas non plus la différence entre le bleu sombre et le noir de la nuit, la non-couleur. Les langues celtiques ne distinguent pas sur les mers les différences entre le bleu et le vert.
Et s’il n’y avait eu la monarchie capétienne pour prendre aux Arabes le mot azur et pour en faire la couleur de son blason, il est craindre que le drapeau français n’aurait encore que deux couleurs. Lazur donc importé par les juifs en Europe du Sud fourni aux espagnols azul et aux italiens azzuro pour mettre dans leurs chansons. En fait, tout cela vient du persan lazward qui désigne entre autre la couleur d’une pierre précieuse lazzuli.

Au XIIème et XIIème siècle, le bleu mariale que l’Eglise a confié à la Vierge se marie enfin avec l’azur de la monarchie. La Renaissance lui confère enfin une connotation morale positive surtout que l’on peut désormais se fournir des pigments à base d’indigos et de bleu de Prusse.
Le bleu acquiert donc le statut idéal de la couleur des Cieux, du ciel et de leur pureté. On aime les filles blondes aux yeux bleus quand on se méfie de la perfidie des brunes et le côté fleur bleue séduit.
Il faudra attendre les Américains pour que leur Blues ne devienne la musique des idées noires …
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 2 Sep 2008 - 9:33

Pour les lecteurs courageux qui sont arrivés jusqu'ici, je signale que nous nous nous enfonçons désormais dans la forêt alfique.

http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-d-alfred-t7862-45.htm bas de page 4, haut de page 5:
L'arbre dont j'ai rêvé suivi de J'ai fait un songe...forestier.
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Romane
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 2 Sep 2008 - 12:00

L'une des caractéristiques des poésies d'Alf, est qu'elles sont plutôt à lire qu'à écouter, à de rares exceptions près. A lire lentement, pour en extraire la saveur de chaque mot.
Tu fais un travail remarquable, Vic !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 2 Sep 2008 - 14:49

Arbre :N.m. (1080 issu du lat. arbor)
Les termes pour désigner les arbres sont très curieux. Celui, générique qui permet de différencier ce végétal de l’herbe, n’a rien à voir d’une langue à l’autre. Arbre se traduit par baum en allemand et tree en anglais. Les Grecs disaient drus qui ne nous a donné que dryade. Chacun tient donc à son arbre comme à sa généalogie et il n’est pas question d’emprunts, car par ses racines, l’arbre ne voyage pas.
Voyez les druides. Spécialistes du chêne, on crut un temps pour qu’ils soient si savants de cette matière que l’étymologie de leur nom venait au moins de chez les grecs. Bien sûr, il n’en est rien, ce mot est d’origine celte « derw ».

Si donc l’arbre est unique, il n’en va pas de même de sa descendance. Il cache une véritable forêt de mots. Chaque langue en possède des centaines pour les classifier eux, leurs bois, leurs fruits. Ils sont l’élément de la nature, de la forêt que chacun a besoin de cultiver pour en retirer un précieux matériau ou de la nourriture. Pour ne plus craindre non plus les sortilèges de ses frondaisons car l’arbre fonctionne par arborescence et bien malin est celui qui sait où il veut nous mener.

Pour dire leurs noms, il faut donc un langage sacré. Le latin des botanistes par exemple. Mais celui-ci demeure dans les livres et la tradition orale qui fixe moins les choses donnent des noms plus familiers à tous ces hêtres qui nous entourent. Ce respect du savant reste un problème quand on n’est pas de bois :
…Il a bien fallu, pourtant que je sorte du bois où les arbres sont VOUS, pour affronter, dans la vie des loups, le jour, vide de TOI… (Alf 2005, J’ai fait un songe… forestier !)


Heureusement, les langues se lient facilement pour ceux qui souhaitent appeler un chat un chat et un mélèze un mélèze.
Que ce dernier soit désigné par le savant classificateur en Larix-Decidua ou Pseudolarix amabilis quand il est chinois ne doit pas nous éloigner des arbres de chez nous. Car des mélèzes, il en pousse partout.. . Mélèze d’Amérique, mélèze d’Europe, Mélèze de Dahurie, de l’Ouest, de Sibérie, du Japon ou même laricin que nos amis québécois appellent épinette rouge pour faire de la musique, le relier aux épicéas, ou encore tamarack mais je me demande bien chez qui, ils ont été chercher cela !

Non ! Par Toutatis ! Notre mélèze à nous autres gallo-romains demeure un mot 1552 dauphinois et 1336 savoyard.
Ceci est simplement issu du latin pop. Melacio, du préroman melix , croisement la racine gauloise mel et du nom latin de l’arbre, larix cité précédemment.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 2 Sep 2008 - 15:29

Merisier : N.m. retient également notre attention. Qu’il soit prunus alvium selon notre poète ne nous étonne que très peu. On connaît l’appétit de la gent ailée. Cet arbre doit surtout son m initial à ce que son fruit au contraire de la cerise est amer. Mais, lui-même est synonyme du griottier, le prunier des oiseaux. Et justement, c’est la griotte qui nous intéresse. Je dis la griotte et non l’agriotte comme le ferait un occitan. Lui seul se rappelle que ce fruit est aigre. Son homonyme, la femme griot aussi orthographié griote possède plus de suavité dans sa bouche. Elle parle à la place du noble qui dit des sentences parfois amères quand elle-même ne profère que de la musique. Personne ne s’offusquera qu’elle revienne sur sa parole. Dire, dédire sous l’arbre aux palabres les choses difficiles à entendre, voilà sa destinée.

Le Griotte-Chambertin est issu quant à lui des vignobles de Gevrey-Chambertin où pour une superficie de 2,61 hectares, il livre bon an mal 13600 bouteilles. Par là, il souhaite également agir sur la langue. Sa rareté participe à son millésime mais ce sont ses arômes de fruits rouges qui lui ont donné son nom. Servez-le sur de l’agneau en sauce !

La griotte tout comme la merise aimerait donc un jour être qualifiée de cerise pour régner sur le gâteau. Malheureusement, les places sont chères et dans ce précis de pomologie qui référence les 1501 variétés de cerises ni l’une ni l’autre ne sont encore conviées.
http://pomologie.com/cerise/cerise1/database/index.html
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 3 Sep 2008 - 14:45

Au fond les arbres sont comme les gens. Dans l’anonymat de la forêt, vous n’y reconnaissez qu’une foule. Mais, si vous y voyez un peuple : N m. issu du lat. populus, je veux dire une population, el pueblo, the people, enfin une assemblée de citoyens, c’est que déjà vos sujets se sont alignés pour un premier recensement.
Vous pouvez les compter : cette armée forme une peupleraie. N.f. issu du lat. populus.

Les Métamorphoses écrites par Ovide nous éclairent un peu. Je crois me souvenir de vous avoir parlé de l’ambre. Si peu. Les Héliades, filles du soleil pleurent la mort de leur frère Phaéton, qui avait imprudemment demandé à leur père de conduire son char. Désespérées devant son tombeau, elles s’y sont peu à peu transformées en peupliers.

« Leur mère essaie d’arracher leur corps aux troncs qui les enferment et elle brise avec ses mains les rameaux tendres ; mais il en sort comme d’une plaie, des gouttes de sang …
… De leurs visages gagnés par l’écorce, coulent les larmes que distillent leurs jeunes rameaux, ces gouttes d’ambre, durcies au soleil, que reçoit le fleuve limpide et qu’il envoie aux jeunes femmes du Latium pour qu’elles en fassent leurs parures.
»

Des peupliers : N.m. du lat. bot. Populus, il en existe bien des sortes. Ils appartiennent aux salicacées, la grande famille des saules qui vit en ripisylve, près de la rivière. On en connaît le grisard : le peuplier blanc ; le liard, le peuplier noir de Virginie, l’ypréau, le peuplier de Hollande originaire de la ville d’Ypres, mais surtout votre poète vous parle du tremble, le peuplier tremble dont les feuilles glabres frissonnent au moindre souffle. Le peuplier de Simon nous viendrait de Chine.
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Farouche

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 3 Sep 2008 - 15:07

Tout ça, tout ça... c'est beau la culture (soit dit sans ironie ni mauvais jeu de mots...)

Pour moi, les peupliers se nomment : arbres qui chantent.
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Romane
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 3 Sep 2008 - 15:38

Près, tout près de chez mes parents, un champ de peupliers. Je les ai toujours assimilés au chant, leurs bruissements ne trouvent nulle part leur égal. Je les adore pour cette raison. S'asseoir non loin d'eux, et se laisser inspirer, les fesses sur de vieilles pierres, un bloc sur les genoux, crayon en main... fameux !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 3 Sep 2008 - 19:32

Yeuse : N.f. : empr. A l’occitan euse et du lat. ilex.

(Giono, le chant du monde) « La colline était couverte de grandes yeuse crépues, couleur de fer. »

(Alf, La feuille) http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-d-alfred-t7862-75.htm page 6
« Recroquevillée par Chronos, Zeus , puis Caron,
A craqué, sous mon pied, une feuille marron...
Avait-elle habillé le vieux chêne ou le hêtre ?
L’yeuse, le châtaignier ou l’érable ? Peut-être...


Le nom de cet arbre s’est féminisé grâce à son passage dans la langue d’oc. Il s'est répandu sur tout le pourtour méditerranéen. Les catalans disent alzina, les espagnols encina, les italiens leccio mais les corses leccia. C’est le chêne vert, Quercus Ilex, qui appartient à la grande famille des chênes, Quercus et qui compte 465 espèces. Quercus, l’arbre du Quercy, et du peuple gaulois les Cadurci l ancêtres des Cadurciens et de leur belle cité.

Le chêne était lié chez les Grecs et les Romains comme chez les Celtes au dieu de la Foudre et de l’Orage, (Zeus, Jupiter, Thor) et, par voie de conséquence, à la pluie ; dans le cas de sècheresse, le prêtre coupait une branche de l’arbre qu’il plaçait dans une source pour faire venir l’ondée. Dans plusieurs lieux de Grèce, le chêne avait une fonction oraculaire. Par exemple, on interprétait le bruit provoqué par un pic heurtant du bec un chêne. Pour l’oracle le plus important, trois femmes prophétisaient en écoutant le frémissement des feuilles du chêne sacré de Dodone, autant consulté que l’oracle de Delphes !
Aussi, peut-on comprendre le poème d’Alf comme une réponse à cet extrait :
« Ulysse était parti, dit-on pour Dodone ; au feuillage divin du grand chêne de Zeus, il voulait demander conseil pour revenir à la terre natale : après sa longue absence, devait-il se cacher ou paraître au grand jour ? »
(Homère, Odyssée)

Etonnant, non ?
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 3 Sep 2008 - 20:01

Remuage : N.m.

In Jouons à « Parole-vole »…
…L’étourneau étourdi
Sous la mer des nuages,
Bravant les remuages,
Happe pourtant le mot du cœur qui lui est dit !...


Pour moi dont les méninges subissent dans ce brainstorming un véritable remue-ménage, ce mot provoque en mon cœur un doux remuement. Sachez que c’est d’abord un terme de droit. Ainsi, le transport du vin était encore soumis à un droit de remuage en 1823 et était accompagné d’un billet de remuage de 1720 à 1771.

Sens 1 Techn. Opération consistant à remuer le blé pour l’éventer.

Sens 2 Oenol. Mouvement de vibration et rotation imprimé à chaque bouteille de champagne pendant plusieurs années pour faire tomber le dépôt du bouchon. La personne chargée du remuage s’appelle un remueur alors que la remueuse était une femme chargée de changer et donc de "remuer" les jeunes enfants prisonniers de leurs langes.

Bien sûr, il ne faut pas confondre le remuage avec la remue qui est l'action de changer d’alpage lors de la transhumance.
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Ven 5 Sep 2008 - 9:10

C’est le bouquet !
Après un passage éclair de notre échappée dans la forêt de notre aède, nous devrions nous penchez désormais sur Odes à ces fleurs-là, http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-d-alfred-t7862-75.htm p6 pour encore étaler notre talent de botaniste en herbe !
Il faudrait maintenant selon Alf vous définir définitivement :
La rose, le chardon, l’hortensia, la tulipe, la cardère, le panicaut, l’arum, la guimauve, le coquelicot, la viorne, le laurier, l’obier, le chrysanthème, le xéranthème, le lys, le mirabilis, la joubarbe des murets, l’ellébore, la pâquerette, la bruyère, les euphorbes, le cyclamen, le zinnia, le pissenlit, les glycines, le kerria, le narcisse, le yucca, l’aloès, la belladone, le rhododendron, la lavande, le lin, le pavot, la violette, les arums, les anémones, et le myosotis !
Oh ! Il n’y a pas écrit Interflora là ! Sachez que le lexicographe n’emprisonnera jamais les fleurs dans des cases. Elles sont libres de leur pédigrée. Et, pour les pinailleurs qui voudraient vraiment savoir si le rhododendron est plus un arbre qu’une fleur qu’ils se réfèrent donc aux étymologies précitées.

Désormais, je méfie donc des faux-amis.

Chenu : Adj. Qui n’a rien à voir avec le chêne.

Ce que : "le chenu Roméo cueille pour Juliette n’a rien d’un hommage du quercus au roseau !"

Les Anglais, ces faux-amis, sous prétexte de nous conter fleurette, en voulaient également à notre pucelle pour mieux abattre notre roi. En 1798 Robert Suthey dans son précis intitulé Joan of Arc poétise ainsi en notre langue :
Sur les confins douteux de France et de Lorraine,
Une espaisse forest s’avance dans la plaine,
Où des arbres chenus les troncs desmesurés,
Sont, malgré mille hyvers, par le Temps renversés.


Et bien vous apprendrez, cher lecteur, que ces arbres aux troncs démesurés ne sont pas forcement des chênes, mais plutôt des chauves, des qui n’auraient plus une seule feuille sur le caillou du fait de leurs mille hyvers. Chenu vient du lat. canus "le sage au cheveux blancs". C’est pourquoi votre poète vous demande d’imaginez chère Juliette votre beau Roméo lorsque sa perruque aura blanchie sous le maléfice des ans ! Cueillez ! Cueillez votre jeunesse … Toujours la même complainte!

Moi, l’adjectif chenu ne me fait pas peur. J’accepte son oracle. D’ailleurs dans ma cave, je conserve du chenu, du bon qui mûrit dans des futs de chêne ! Mais celui-là, je le réserve pour les vieux amis.
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Ven 5 Sep 2008 - 11:53

Farouche a écrit:
Tout ça, tout ça... c'est beau la culture (soit dit sans ironie ni mauvais jeu de mots...)

Pour moi, les peupliers se nomment : arbres qui chantent.
... et les saules ?! Smile
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Ven 5 Sep 2008 - 12:40

Vic Taurugaux a écrit:
D’ailleurs dans ma cave, je conserve du chenu, du bon qui mûrit dans des futs de chêne ! Mais celui-là, je le réserve pour les vieux amis.

Exemple de vieux amis sur qui on peut compter, Jok, il comprendra pourquoi!
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Ven 5 Sep 2008 - 12:45

semeur_Kiss_semeur a écrit:


... et les saules ?! Smile

Saule cogneur: N.m. ((en) Whomping Willow) : Arbre magique et violent situé sur les terrains de Poudlard. Le saule cogneur sert a dissimuler le passage jusqu'à la cabane hurlante. Un des moyens de calmer un saule cogneur est: Imobilus
( Joanne Kathleen Rowling, Harry Potter)
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Ven 5 Sep 2008 - 18:27

Lai : Adj. A la différence du clerc « lettré » en lat. médiéval, le frère lai, issu du lat. médiéval laicus est du peuple donc illettré et ignorant. Il ignore donc que le lai : n.m. évolue selon les siècles. Il se méprendra facilement sur sa nature quand notre poète écrit dans son hommage au moyen-âge :

De Monfaucon, le vert langage,
En lais aux rimes bien choisies,
Nous laissera son vieux message,
Ses chansons et sa poésie.


Poème narratif ou lyrique du moyen-âge, relativement bref, contant un récit d’amour ou d’épreuve. « Le lai du chèvrefeuille de Marie de France nous conte les aventures de Tristan et Iseult. Les lais sont une mise en forme de contes oraux, diffusés par les harpeurs bretons, qui sont peut-être même armoricains. La matière de Bretagne comme l’épopée du roi Arthur et de ses chevaliers de la table ronde servent donc de thèmes aux premiers écrits en langue française. Marie de France compose en octosyllabes. Pratiqué par la suite par les troubadours, ceux-ci inventent de nouvelles contraintes : par ex.Machaut invente le huitain.

Mais, François Villon qui entreprend des études de clerc et qui est reçu bachelier en 1449, et qui fréquente au quartier Latin les fameux coquillards ces malandrins aux mœurs douteuses, compose quant à lui le Lais : des textes facétieux et parodiques. Ce poète aux mauvaises fréquentations sera emprisonné plus d’une fois. Après la mort du notaire chez qui il travaille enfin, il est condamné à mort à cause de son passé de mauvais garçon. Dans l’attente de son exécution, Villon composera deux poèmes restés célèbres :
La Ballade des pendus et Le Quatrain.

Le lai évoluera en virelai puis en rondeaux, en ballades ou en complaintes.


LA PENDAISON AU MOYEN ÂGE ; LE GIBET DE MONTFAUCON :

Au moyen âge, la pendaison constitue le mode de mise à mort habituel pour les criminels. Le condamné est « pendu la hart au col », « la hart » étant la corde dans le langage du temps. Cette peine est normalement réservée aux roturiers, car, selon la tradition, les nobles, hommes d’épée, doivent périr par le fer, le cou tranché. Aux portes de Paris, sous Philippe le Bel, on installa un gibet demeuré célèbre, le gibet de Montfaucon. C’était le lieu principal des exécutions et les suppliciés y
restaient en place jusqu’à ce que leurs os tombent. Cette construction était une véritable bâtisse de plusieurs étages où des poutres transversales accueillaient les pendus successifs ; cette charogne attirait évidemment les corvidés (pies, corbeaux, corneilles, freux et choucas) comme le suggère le poème de Villon.


Mais laissons la parole à notre homonyme :
Montfaucon était, comme dit Sauval, « le plus ancien et le plus superbe gibet du royaume ». Entre les faubourgs du Temple et de Saint-Martin, à environ cent soixante toises des murailles de Paris, à quelques portées d'arbalète de la Courtille, on voyait au sommet d'une éminence douce, insensible, assez élevée pour être aperçue de quelques lieues à la ronde, un édifice de forme étrange, qui ressemblait assez à un cromlech celtique, et où il se faisait aussi des sacrifices.
Qu'on se figure, au couronnement d'une butte de plâtre, un gros parallélépipède de maçonnerie, haut de quinze pieds, large de trente, long de quarante, avec une porte, une rampe extérieure et une plate-forme ; sur cette plate-forme seize énormes piliers de pierre
brute, debout, hauts de trente pieds, disposés en colonnade autour de trois des quatre côtés du massif qui les supporte, liés entre eux à leur sommet par de fortes poutres où pendent des chaînes d'intervalle en intervalle ; à toutes ces chaînes, des squelettes ; aux alentours dans la
plaine, une croix de pierre et deux gibets de second ordre qui semblent pousser de bouture autour de la fourche centrale ; au-dessus de tout cela, dans le ciel, un vol perpétuel de corbeaux. Voilà Montfaucon.
À la fin du quinzième siècle, le formidable gibet, qui datait de 1328, était déjà fort décrépit.
Les poutres étaient vermoulues, les chaînes rouillées, les piliers verts de moisissure. Les assises de pierre de taille étaient toutes refendues à leur jointure, et l'herbe poussait sur cette plate-forme où les pieds ne touchaient pas. C'était un horrible profil sur le ciel que celui de ce
monument ; la nuit surtout, quand il y avait un peu de lune sur ces crânes blancs, ou quand la bise du soir froissait chaînes et squelettes et remuait tout cela dans l'ombre. Il suffisait de ce gibet présent là pour faire de tous les environs des lieux sinistres.
Le massif de pierre qui servait de base à l'odieux édifice était creux. On y avait pratiqué une vaste cave, fermée d'une vieille grille de fer détraquée, où l'on jetait non seulement les débris humains qui se détachaient des chaînes de Montfaucon, mais les corps de tous les
malheureux exécutés aux autres gibets permanents de Paris. Dans ce profond charnier où tant de poussières humaines et tant de crimes ont pourri ensemble, bien des grands du monde, bien des innocents sont venus successivement apporter leurs os, depuis Enguerrand de
Marigni, qui étrenna Montfaucon et qui était un juste, jusqu'à l'amiral de Coligni, qui en fit la clôture et qui était un juste.

(Victor Hugo, Notre Dame de Paris.)
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Ven 5 Sep 2008 - 19:19

Merci de cet art-là de lire entre mes lignes,
Sans tordre aucun Hugo, sans intentions malignes...
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Ven 5 Sep 2008 - 19:44

Appelant : Adj. N.m. (1390 du part. pres. De appeler)

RIMES CHASSERESSES
Des colverts, des siffleurs, chipeaux, milouins, pilets,
Sarcelles, morillons, palombes, oies, souchets,
Du foulque à l’alouette, on fait des appelants »,
Dit la loi du préfet….


http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-d-alfred-t7862-120.htm

Le droit s’applique aussi aux oiseaux de passage. La partie appelante est celle qui appelle un jugement à l’opposé de l’intimé qui est plutôt prié de préparer sa défense. Les oiseaux et leurs défenseurs réclament désormais justice devant nos tribunaux. C’est que les traditions de la chasse que certains voudraient obsolètes obligent les préfets à désigner appelants des catégorie d’oiseaux. Non pour ester en justice mais pour autoriser la chasse à l’appeau. Des oiseaux captifs appelant leurs congénères migrateurs pour les faire se poser. Ainsi du canard chipeau :

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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 7 Sep 2008 - 14:56

De l’usage des noms d’oiseaux.

Si je ne connaissais Alf sans en avoir savouré jusqu’ici le recueil, dans ce grand anonymat de l’internet, je hèlerais ce poète sans façon pour échanger la parole en français avec quelque chose comme : « Hep ! Truc ! » Car faire le trucq, c’est depuis 1440, si ce n’est une ruse du moins amadouer.

A la chasse, l’appeau n’a de succès que s’il appelle des oiseaux de même famille. Ainsi, les oies restent sourdes à l’appel de la palombe, le chipeau chipote à se poser malgré ce que lui cancane le morillon. De la même façon, si notre poète préféré évoquait l’anas platyrhyncos, le penelope, l’acuta ou le strepera, notre oreille baisserait immédiatement pavillon si n’était la musique de ses vers :
Des colverts, des siffleurs, chipeaux, milouins, pilets,
Sarcelles, morillons, palombes, oies, souchets,
Du foulque à l’alouette, on fait des appelants.


Et vos yeux s’envoleraient bien vite, bien loin de ses pages et de son nom.
Pourtant le colvert est bien classifié anas platyrhyncos, le siffleur anas penelope, le chipeau anas strepera et le pilet l’anas acuta. Mais, de cela vous n’entendez rien. Ce latin de zoologiste est un parler trop savant pour toucher votre cœur. A vrai dire, c’est un langage véhiculaire qui sert simplement à ce que tout le monde parle du même animal quand par exemple on emploie anas platyrhyncos pour un canard qui se prétenderait mallard en Angleterre, stockente en Allemagne, azùlon du côté de Madrid. Pourtant de ce versant des Pyrénées, il est vert et s’appelle le col-vert ou colvert. Au pluriel, cols-verts et colverts. Pour nous, c’est bien plus joli. On voit aussitôt son plumage même si les hispaniques l’imaginent d’une autre couleur. Cette façon de parler, propre au pays, à la région, c’est le langage vernaculaire et qui fait que nous nous comprenons facilement nous qui vivons dans la même contrée. Bien que migrateurs et un peu moins sédentaires, les canards possèdent également leurs propres langues et on parle le siffleur différemment du sarcelle ou du souchet, comme d’autres pingouins jacteraient, le corse, le basque, le manouche ou le breton.

A ce propos, je me dois sans plus attendre de vous signaler dans notre dialecte ce pourquoi le canard col vert s’appelle colvert. Et bien figurez-vous que c’est parce que le plumage de son cou est vert. Sans blague ! Promis, juré ! Tout de moins celui du mâle car, bizarrement chez ce drôle d’animal, la femelle à propos de sa robe, ferait des coquetteries…

Le canard siffleur, même chose : son nom vient de son cri, un sifflement mélodieux wii-wuuuuu (ou hui-ou) que l'on entend fréquemment le soir. Quant à sa femelle émet un rarr très grave. Je me demande parfois si dans ce couple, ils s’entendent vraiment.

Du chipeau, je ne vous dirai rien de son nom parce que je ne sais pas, mais j’ai vu par contre que sa dame ressemble à s’y méprendre, à une femelle colvert. C’est peut-être pour cela qu’il reste monogame toute sa vie et possède aussi des miroirs alaires, des plumes sur les ailes si brillantes qu’il peut sans efforts s’y reconnaître lui-même.

Les milouins tiendraient peut-être leurs pseudonymes du milan.

Le pilet possède la particularité d’avoir une queue longue et pointue rappelant la forme du pilum, le javelot quand les picards et les wallons disent aussi pilet pour désigner une flèche.

Le souchet doit peut-être son nom à son drôle de bec. On l’appelle aussi le canard cuiller pour la même raison.

La sarcelle avait elle-même autrefois vocalisé son nom. En 1594 on disait cercelle du latin pop. Cercedula du lat class. Querquedula : du grec kerkithalis qui reste effectivement une onomatopée du cri de la sarcelle…
Cette façon de déformer la langue ne doit en rien effrayer les nombreux tchatcheurs immigrés de Sarcelles qui redoublent plus qu’à leur tour d’efforts pour présenter leurs identités. Le nom de leur ville n’est que toponymique. C’était la ville où les gallo-romains fabriquait des cerceaux pour leurs tonneaux : Cercella.

Le morillon est une variété de milouin mais du fait de son plumage noir, c’est lui aussi un petit Maure. Un rebeu si vous préférez !

La petite foulque s’appelle aussi la morelle à cause de ses plumes noires.

Je n’aimerais pas pour ma part que l’on me traite ici de mauviette (la petite mauve) sous prétexte que je ne parlerais pas tout de suite de l’alouette qui est le nom de cet oiseau tellement usité par les poètes du moyen-âge et qui requiert à lui seul un chapitre.

Je veux plutôt retenir votre attention sur le fait que ne peut exister aucune hiérarchie d’une langue sur l’autre. Chaque mode de parler possède sa fonction. Ainsi la langue qui relie les savants, les zoologues, botanistes et autres géologues qui classent les éléments du monde grâce à l’emploi du latin classique n’est en rien supérieure à la langue vernaculaire qui est d’un usage plus populaire. La preuve, vous ne la comprenez à moins que d’avoir suivi leurs études. D’ailleurs quand les peuples se croisent, ils sont également obligés de créer de nouveaux idiomes pour pouvoir échanger. Ainsi de la lingua franca ou langue franque qui était parlée autrefois, depuis le Moyen Âge jusqu'au XIXe siècle, dans l'ensemble du bassin méditerranéen, principalement par les marins et les marchands, mais aussi par les bagnards, prisonniers, esclaves et populations déplacées de toutes origines. Cette langue encore pratiquée en Algérie s’appelle désormais le sabir du verbe sabir : savoir.

On parle ainsi des mots sans les savoir. Comme nos anciens esclaves ont disséminé à leur insu les créoles partout où nous les exploitions. Les mots naissent ainsi dans notre bouche et puis d’un coup vers trois ou quatre ans, nous faisons partie d’une langue. Sa complexité, nous ne la percevons pas puisqu’elle est maternelle. Les difficultés lexicales n’apparaissent que dans le parler des autres. Comme un peu pour Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir … et puis, qui découvre tout cela… Monsieur Jourdain qui aurait tant aimé connaître toutes ces choses de la langue de son auteur. Molière, celui qui nous permet aujourd’hui à tous nos répliques lui devait donc bien un interlocuteur. Un autre parleur. Comment vous le présenter ? Je ne peux dire son nom : Machin, Truc ? Voilà ! J’y suis : le Grand Turc, personnage fort savant puisqu’il parle le sabir, ce langage que Monsieur Jourdain peine tant à entendre malgré tous ces professeurs qu’il paie à prix d’or et ignore que parler, c’est gratuit. Il faut dire que le Grand Turc n’est pas là que pour paraître, lui qui sait pourquoi il parle, dont le cœur sait ce qu’il désire quand le mot amour reste incompréhensible pour le Bourgeois qui ne pense qu’à ses avantages. Mais laissons plutôt Covielle et Cléonte nous expliquer la chose :

Covielle
Ce qu’il y a d’avantageux pour vous, c’est qu’il est amoureux de votre fille.
Monsieur Jourdain
Le fils du Grand Turc ?
Covielle
Oui ; et il veut être votre gendre.
Monsieur Jourdain
Mon gendre, le fils du Grand Turc ?
Covielle
Le fils du Grand Turc votre gendre. Comme je le fus voir, et que j’entends parfaitement sa langue, il s’entretint avec moi ; et, après quelques autres discours, il me dit : Acciam croc soler ouch alla moustaph gidelum amanahem varahini oussere carbulath, c’est-à-dire : « N’as-tu point vu une jeune belle personne, qui est la fille de Monsieur Jourdain, gentilhomme parisien ? »
Monsieur Jourdain
Le fils du Grand Turc dit cela de moi ?
Covielle
Oui. Comme je lui eus répondu que je vous connaissais particulièrement, et que j’avais vu votre fille : « Ah ! me dit-il, marababa sahem » ; c’est-à-dire « Ah ! que je suis amoureux d’elle ! »
Monsieur Jourdain
Marababa sahem veut dire « Ah ! que je suis amoureux d’elle » ?
Covielle
Oui.
Monsieur Jourdain
Par ma foi ! vous faites bien de me le dire, car pour moi je n’aurais jamais cru que « marababa sahem » eût voulu dire : « Ah ! que je suis amoureux d’elle ! » Voilà une langue admirable que ce turc !
Covielle
Plus admirable qu’on ne peut croire. Savez-vous bien ce que veut dire cacaracamouchen ?
Monsieur Jourdain
Cacaracamouchen ? Non.
Covielle
C’est-à-dire : « Ma chère âme. »
Monsieur Jourdain
Cacaracamouchen veut dire « ma chère âme » ?
Covielle
Oui.
Monsieur Jourdain
Voilà qui est merveilleux ! Cacaracamouchen, « Ma chère âme. » Dirait-on jamais cela ? Voilà qui me confond.
Covielle
Enfin, pour achever mon ambassade, il vient vous demander votre fille en mariage ; et pour avoir un beau-père qui soit digne de lui, il veut vous faire Mamamouchi, qui est une certaine grande dignité de son pays.
Monsieur Jourdain
Mamamouchi ?
Covielle
Oui, Mamamouchi ; c’est-à-dire, en notre langue, paladin. Paladin, ce sont de ces anciens… Paladin enfin ! Il n’y a rien de plus noble que cela dans le monde, et vous irez de pair avec les plus grands seigneurs de la terre.
Monsieur Jourdain
Le fils du Grand Turc m’honore beaucoup, et je vous prie de me mener chez lui pour lui faire mes remercîments.
Covielle
Comment ? le voilà qui va venir ici.
Monsieur Jourdain
Il va venir ici ?
Covielle
Oui ; et il amène toutes choses pour la cérémonie de votre dignité.
Monsieur Jourdain
Voilà qui est bien prompt.
Covielle
Son amour ne peut souffrir aucun retardement.
Monsieur Jourdain
Tout ce qui m’embarrasse ici, c’est que ma fille est une opiniâtre, qui s’est allée mettre dans la tête un certain Cléonte, et elle jure de n’épouser personne que celui-là.
Covielle
Elle changera de sentiment quand elle verra le fils du Grand Turc ; et puis il se rencontre ici une aventure merveilleuse, c’est que le fils du Grand Turc ressemble à ce Cléonte, à peu de chose près. Je viens de le voir, on me l’a montré ; et l’amour qu’elle a pour l’un, pourra passer aisément à l’autre, et. Je l’entends venir : le voilà.

Scène IV
Cléonte en Turc, avec trois pages portant sa veste, Monsieur Jourdain, Covielle déguisé.
Cléonte
Ambousahim oqui boraf, iordina salamalequi.
Covielle
C’est-à-dire : « Monsieur Jourdain, votre cœur soit toute l’année comme un rosier fleuri. » Ce sont façons de parler obligeantes de ces pays-là.
Monsieur Jourdain
Je suis très humble serviteur de Son Altesse Turque.
Covielle
Carigar camboto oustin moraf.
Cléonte
Oustin yoc catamalequi basum base alla moran.
Covielle
Il dit : « Que le Ciel vous donne la force des lions et la prudence des serpents ! »
Monsieur Jourdain
Son Altesse Turque m’honore trop, et je lui souhaite toutes sortes de prospérités.
Covielle
Ossa binamen sadoc babally oracaf ouram.
Cléonte
Bel-men.
Covielle
Il dit que vous alliez vite avec lui vous préparer pour la cérémonie, afin de voir ensuite votre fille, et de conclure le mariage.
Monsieur Jourdain
Tant de choses en deux mots ?
Covielle
Oui, la langue turque est comme cela, elle dit beaucoup en peu de paroles. Allez vite où il souhaite.


C’est cela Alf. A ma différence, il dit beaucoup en peu de paroles. C’est pour ça que la prochaine fois que vous le croiserez, dites-lui bonjour de ma part avec ces quelques mots :
-Hé l’autre ! Comment tu vas, toi que je te parles, espèce de Mamamouchi ?
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 8 Sep 2008 - 18:47

Le casque d’Astérix le Gaulois possède deux ailes qui changent de position en fonction de l’humeur de l’irascible héros. Ce signe qui renseigne le lecteur sur les états d’âme du personnage ne renvoie pas en bas de page à une note comme le ferait un astérisque pour un texte classique, mais dévoile sur le champ même de la case, la psychologie interne de notre célèbre pourfendeur de romains. Lire de la bande dessinée oblige à déchiffrer dans les dessins des idées non exprimées dans les dialogues et le texte des bulles mais qu’on devine par de discrets indices disséminés dans les cases. Aile se dit ala en latin pour des légionnaires qui ne juraient que par l’aigle impérial, pendant que pour les Gaulois le mot alou désignait l’alouette. Ce modeste oiseau, appelé aussi calandre, cochevis, hausse-col ou mauviette est tout de même capable de voler verticalement, et élève donc notre pensée gauloise bien haut, au-dessus des mœurs de ces fous de Romains. L’alouette, qui chante dès l’aube annonce des jours forcément meilleurs. D’ailleurs,( et c’est encore un signe), ne dit-on pas que l’alouette chante mais plutôt qu’elle tire-lire ? C’est dire. Dans la semi-pénombre de l’aurore, on n’entend que son chant mais on ne la voit pas. Elle est entre ciel et terre, chant désincarné et de tirer l’ire, la colère et le chagrin que provoque la désunion des corps soudés par la nuit est son principal métier.

Hier soir, comme tous les soirs au crépuscule, le rossignol y allait de sa sérénade. Les amants s’apprivoisaient dans les rêts de ses trilles, pour s’aimer la nuit durant sous les frondaisons de la ramée. Cette courtoisie du soir était déjà présente dans la poésie de Marie de France du temps où elle écrivait le Lai du Rossignol qui se dit laostic en breton.
Depuis, la gentille alouette évoque toujours la séparation des amants. Là où chacun laisse des plumes. Malgré tout, avec l’apparition du soleil, l’oiseau continue de monter au zénith. C’est de bon augure. Car quand on s’aime pour fois, c’est forcément pour toujours.

Veux-tu donc déjà me quitter ? Le jour est encore loin de paraître : c’était le rossignol, et non l’alouette, dont la voix a frappée ton oreille inquiète [..]
C’est l’alouette qui annonce l’aurore, et non pas le rossignol : Vois ma Bien-aimée, ces traits de lumière, jaloux de notre bonheur […]
(Shakespeare, Roméo et Juliette.)
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 8 Sep 2008 - 19:03

Qu'est-ce que je me régale ! Dans chaque développement, multiples chemins, multiples atmosphères surgissant ça et là. Quel plaisir !!

Hier soir, comme tous les soirs au crépuscule, le rossignol y allait de sa sérénade. Les amants s’apprivoisaient dans les rêts de ses trilles, pour s’aimer la nuit durant sous les frondaisons de la ramée. Cette courtoisie du soir était déjà présente dans la poésie de Marie de France du temps où elle écrivait le Lai du Rossignol qui se dit laostic en breton.
Depuis, la gentille alouette évoque toujours la séparation des amants. Là où chacun laisse des plumes. Malgré tout, avec l’apparition du soleil, l’oiseau continue de monter au zénith. C’est de bon augure. Car quand on s’aime pour fois, c’est forcément pour toujours.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 9 Sep 2008 - 9:56

Langue : N.f. Issu du lat. lingua.

Une plage pour dire la houle à l’assaut des récifs. La sieste s'y fait l’heure permise où le soleil joue sur la peau des naïades. Les enfants abandonnent leurs fortifications au flot, rouleur éternel de pelles et de râteaux. Il fait chaud. Les dunes s’alanguissent et, à la faveur d’une étreinte, une jeune presqu’île pénètre les bouches de Bonifacio de sa langue de granit. De suite, pour ce charmant Bonifacio, le mot langue devient synonyme de bande. Allez savoir pourquoi.

Pour des explications plus techniques, et prendre langue dans d’autres sens, référez vous à « Langue au chat » http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-d-alfred-t7862-120.htm
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 10 Sep 2008 - 14:45

Clé : N.f. issu du lat.clavis , « instrument pour ouvrir et serrer »

Enfin un mot simple. Trois lettres. De même que Vic ou Alf : deux consonnes, une voyelle, vraiment rien de compliqué. Ce ne serait que de moi, je passerais au mot suivant. Mais, je ne sais pas vous, mais moi, je méfie de mon poète. Alf.

Redites-le tout haut, une fois encore, pour voir. Alf. Vous entendez ce léger souffle ? Il débute avec la première lettre de l’alphabet. Après Al comme Alain. Je sais, on ne dit jamais Al tout court. C’est un diminutif. Derrière faudrait un nom de famille. Al quelque chose. Une famille importante. Qu’on masquerait comme dans le mot mafia qui s’écrit aussi maffia. Maintenant, on peut toujours dissimuler son nom, quand on se dit poète, tout est permis.

Vic : voila un mot carré. Vous dites Vic, je dis : c’est moi ! Tout en adoucissant mon C par simple politesse. Dès lors, tout est clair de vous à moi. Mais ce F qui file en fin de mot ? Vous trouvez ça normal, vous ?
F : voilà bien une drôle de consonne. En forme de clé. Pour ouvrir sur quoi ? Et s’il voulait s’en servir pour vous serrer ? Imaginez : vous avancez votre main, il vous la serre …les menottes, tout le tintouin … Et nous voici malgré nous entraînés dans l’énigme. Moi simple détective, vous simple lecteur et lui l’auteur avec bien sûr ses airs de Sainte-Nitouche…
Pourquoi mettre un F à la fin de son nom ? Je pose juste la question comme ça, rassurez-vous, je cherche pas l’embrouille. Il y a sûrement rien d’autre à dire.
Enfin, vous, ca ne vous turlupine pas plus que ça ? Bon, ben je vais vous laissez, sur le forum, il y a certainement d’autres fils bien plus importants à lire … Je ne veux pas vous retenir davantage… Merci pour toute votre attention.











Il y a pourtant un détail qui me chiffonne… Oui, je sais comme mon imperméable … Ma femme me dit toujours : pourquoi on écrit indifféremment clé ou clef et que ça prononce toujours clé ?
Vous ne connaissez pas ma femme ? Il faudrait que je vous la présente un jour.


Voilà, voilà…




Vous avez déjà entendu parlez de Barbe-bleue ? Oui ! Comme tout le monde… vous aussi… La sœur Anne, le chemin qui poudroie

D’accord.

Non ! Pas d’alcool pendant le service. Ou alors, juste un doigt …

Qu’est-ce que c’est que ce F et qu’on n’entend pas…
Le problème avec une énigme, deviner le crime, c’est que celui-ci à toujours la bonne idée de se passer derrière la porte.
Forcément, on n’était pas là. Depuis, on imagine. Des horreurs. Ah ! Oui ! Vous aussi ?

Faut faire la part des choses. Il y a sûrement une explication logique. Ca sert à rien d’aller chercher midi à quatorze heures. Oh, je sais, il y a des gens comme ça. Vic, Alf et clé, voilà des mots où il n’y a rien à dire …

Le trousseau, c’était généralement ce que la femme apportait dans le mariage. Pour compenser. Elle y avait consacré toute sa vie de jeune fille. Dans l’histoire qui nous préoccupe, allez savoir pourquoi, c’est le mari qui donne le trousseau à sa femme. Alf a un F en plus. Un trousseau de clés. Pour que ma femme comprenne ce qu’il y a comprendre chez les hommes. C’est vrai, ceux-ci ne sont pas de mauvais bougres. Barbe-bleue désire une femme. Pour la posséder. Quoi de plus légitime en cela.

Donc voici un garçon aimable, qui livre tout à sa belle car, il se doit de partir en voyage. Elle aura toutes les libertés du monde. Le château est à elle. Sa connaissance. Entièrement. Comment rêver plus grande liberté. Elle pourra tout visiter des couloirs, des courtines, des tours, du donjon… A part bien sûr, cette chambre interdite dont malgré tout, il lui laissa la clé…


On parlera du F demain, voulez-vous ?
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Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1
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