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 Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1

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Vic Taurugaux



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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 10 Sep 2008 - 14:45

Clé : N.f. issu du lat.clavis , « instrument pour ouvrir et serrer »

Enfin un mot simple. Trois lettres. De même que Vic ou Alf : deux consonnes, une voyelle, vraiment rien de compliqué. Ce ne serait que de moi, je passerais au mot suivant. Mais, je ne sais pas vous, mais moi, je méfie de mon poète. Alf.

Redites-le tout haut, une fois encore, pour voir. Alf. Vous entendez ce léger souffle ? Il débute avec la première lettre de l’alphabet. Après Al comme Alain. Je sais, on ne dit jamais Al tout court. C’est un diminutif. Derrière faudrait un nom de famille. Al quelque chose. Une famille importante. Qu’on masquerait comme dans le mot mafia qui s’écrit aussi maffia. Maintenant, on peut toujours dissimuler son nom, quand on se dit poète, tout est permis.

Vic : voila un mot carré. Vous dites Vic, je dis : c’est moi ! Tout en adoucissant mon C par simple politesse. Dès lors, tout est clair de vous à moi. Mais ce F qui file en fin de mot ? Vous trouvez ça normal, vous ?
F : voilà bien une drôle de consonne. En forme de clé. Pour ouvrir sur quoi ? Et s’il voulait s’en servir pour vous serrer ? Imaginez : vous avancez votre main, il vous la serre …les menottes, tout le tintouin … Et nous voici malgré nous entraînés dans l’énigme. Moi simple détective, vous simple lecteur et lui l’auteur avec bien sûr ses airs de Sainte-Nitouche…
Pourquoi mettre un F à la fin de son nom ? Je pose juste la question comme ça, rassurez-vous, je cherche pas l’embrouille. Il y a sûrement rien d’autre à dire.
Enfin, vous, ca ne vous turlupine pas plus que ça ? Bon, ben je vais vous laissez, sur le forum, il y a certainement d’autres fils bien plus importants à lire … Je ne veux pas vous retenir davantage… Merci pour toute votre attention.











Il y a pourtant un détail qui me chiffonne… Oui, je sais comme mon imperméable … Ma femme me dit toujours : pourquoi on écrit indifféremment clé ou clef et que ça prononce toujours clé ?
Vous ne connaissez pas ma femme ? Il faudrait que je vous la présente un jour.


Voilà, voilà…




Vous avez déjà entendu parlez de Barbe-bleue ? Oui ! Comme tout le monde… vous aussi… La sœur Anne, le chemin qui poudroie

D’accord.

Non ! Pas d’alcool pendant le service. Ou alors, juste un doigt …

Qu’est-ce que c’est que ce F et qu’on n’entend pas…
Le problème avec une énigme, deviner le crime, c’est que celui-ci à toujours la bonne idée de se passer derrière la porte.
Forcément, on n’était pas là. Depuis, on imagine. Des horreurs. Ah ! Oui ! Vous aussi ?

Faut faire la part des choses. Il y a sûrement une explication logique. Ca sert à rien d’aller chercher midi à quatorze heures. Oh, je sais, il y a des gens comme ça. Vic, Alf et clé, voilà des mots où il n’y a rien à dire …

Le trousseau, c’était généralement ce que la femme apportait dans le mariage. Pour compenser. Elle y avait consacré toute sa vie de jeune fille. Dans l’histoire qui nous préoccupe, allez savoir pourquoi, c’est le mari qui donne le trousseau à sa femme. Alf a un F en plus. Un trousseau de clés. Pour que ma femme comprenne ce qu’il y a comprendre chez les hommes. C’est vrai, ceux-ci ne sont pas de mauvais bougres. Barbe-bleue désire une femme. Pour la posséder. Quoi de plus légitime en cela.

Donc voici un garçon aimable, qui livre tout à sa belle car, il se doit de partir en voyage. Elle aura toutes les libertés du monde. Le château est à elle. Sa connaissance. Entièrement. Comment rêver plus grande liberté. Elle pourra tout visiter des couloirs, des courtines, des tours, du donjon… A part bien sûr, cette chambre interdite dont malgré tout, il lui laissa la clé…


On parlera du F demain, voulez-vous ?
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Romane
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 10 Sep 2008 - 14:47

mdr j'hésite à dire combien ces articles m'enchantent, mais là, quand même, ça vaut bien interruption.... mdr mdr

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Jeu 11 Sep 2008 - 9:42

F : quatrième consonne de l’alphabet. C’est une fricative labiodentale sourde. On forme le F en appuyant les dents d’en haut sur la lèvre d’en-dessous. Essayez.

-Fa ! Fa ! C’est la vérité ! Ah ! Mon père et ma mère, que je vous veux de mal !
(Molière, le Bourgeois Gentilhomme, II, 4.)

Et oui, tout le monde n’a pas la chance d’avoir comme vous un professeur de lexicographie. Mais voyez comme avec Vic, les choses apparemment anodines deviennent très rapidement compliquées et savantes. Vic, c’est votre nouveau mot-clé sur votre moteur de recherche. D’un simple mot, il vous sort 36 définitions. A propos de clé, où en êtes-vous de la résolution de notre énigme ? Ce F qu’on garde muet dans le mot clé alors que partout ailleurs, le chef, le suif et même l’œuf, le bœuf font des efforts surhumains pour conserver sa prononciation.

Donc, Barbe bleue lui laissa la clé. Ou plutôt, mais cela ne s’entend pas, la clef. Une clé-fée dont elle ignorait le sortilège.
« Ayant remarqué que la clef du cabinet était tachée de sang, elle l’essuya deux ou trois fois, mais le sang ne s’en allait point. Elle eut beau la laver, et même la frotter avec du sablon et avec du grais, il y demeura toujours du sang, car la clef était Fée, et il n’y avait pas moyen de la nettoyer tout à fait : quand on ôtait le sang d’un côté, il revenait de l’autre ».
(Charles Perrault, la Barbe bleue, les contes de ma mère l'Oye, 1697)
Le sang, c’est toujours un problème pour une jeune épouse. Celui-ci révèlerait bien des choses à un mari. Bon, et après comme d’hab’, il la découpe en morceaux, tout le tintouin, je ne vais pas vous expliquez plus longtemps la routine d’un couple…
La question qui se pose donc est doit-on tout connaître des secrets de l’autre pour pouvoir l’aimer ou doit-on plutôt respecter son jardin secret ? Fi de la confiance ! pense le mari jaloux, Méfie-toi ma fille ! conseille la marâtre. Ces tue-l’amour que ne les attend-on trop entendus.

Qu’Alf se prononce Alf doit donc rester entre nous. Ebruitez son origine elfique n’aurait aucun intérêt car ceux qui ne goûtent pas aux mystères de ses mots, resteront de toute façon sourds à l’enchantement de sa poésie.
http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-d-alfred-t7862-120.htm
Clés multiples…
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Jeu 11 Sep 2008 - 18:30

Chaloir : V. impers. défectif.
Voici un verbe facile à conjuguer. Toujours au présent de l’indicatif, à la première du singulier, dans une phrase forcément négative : Peu me chaut que vous ne me suiviez pas. Terminé. Pour les chalands, les nonchalants auxquels il daigne tout de même faire l’effort d’un participe présent, sa simplicité l’importe sur des verbes comme seoir, choir ou gésir.

Alors, il est curieux que notre poète dans son poème verbe-vole ? http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-d-alfred-t7862-120.htm
L’associe à la fauvette. En effet, le plus clair de son temps, celle-ci zinzinule. C’est son droit d’autant qu’elle est souvent qualifiée de babillarde.
Mon explication, qui n’engage que moi, viendrait plutôt de sa façon nonchalante de nidifier. Sur des basses branches où elle ne couve ses œufs que onze jours durant. Il y en a vraiment qui ne s’en font pas !
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 17 Sep 2008 - 19:50

Hardi : Adj. Et n.m.
Dans le célèbre sketch des Inconnus, Télémagouille, http://video.google.fr/videoplay?docid=-6932951076070655456&ei=KCrRSN30NoGg2gKomcjIAg&q=les+inconnus&vt=lf&hl=fr la réplique culte est :
« Vous m’avez dit de dire Hardy ! Alors, j’ai dit Hardy …. ». Or, cette réponse ne pouvait être validée que si la question avait été formulée de la façon suivante : « Laurel et ... ? »
On ne peut vraiment en vouloir à Véronique de ne pas comprendre le rapport existant entre ces deux acteurs ni entre Jacques Dutronc et sa compagne.

Hardi vient en effet de l’anc. Franç. « hardir » rendre plus dur. Les audacieux comme Philippe Le Hardi se sont ainsi vite reconnus sous la bannière de ce mot. Hardi ! Donna de la force non seulement aux chevaliers, mais également aux gens de mer .
Hardi les gars, virons guindeau,
Goodbye, farewell..


Car, il fallait à l’époque bien du courage pour oser s’embarquer de la sorte.
Mais, ce mot par trop intrépide peut parfois se montrer plus que téméraire, voire carrément effronté :
« Qui te rend si hardi te troubler mon breuvage ? »
Il n’en faut pas plus pour que d’audacieux, ce gaillard ne devienne osé !
« Vous ne trouvez pas ce passage un peu hardi ? »

Il faut donc reconnaître une grande hardiesse à notre poète pour employer ce mot pour désigner impudiquement le désir des dames. Ainsi dans : une odelette, oui-da : http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-d-alfred-t7862-885.htm

Je déclame, cinq fois au matin, ma louange
À ma mie. Et tant pis si d’un soupir quelque ange,
En sa stalle priant, me maudit.
En arbres fourchus à Vigiles ou Matines
Pour célébrer en lais ces fins de nuit mutines
Où elle m’offre son hardi


Faire golo-golo dans la case prend alors des formes littéraires dont nous laisserons la responsabilité à cet auteur.

Mes hommages aux dames…
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Romane
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 17 Sep 2008 - 19:54

mdr mdr mdr il est trop top, ce lexique. Je l'attends comme un feuilleton !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Sam 20 Sep 2008 - 20:06

Marprime : N.f.
Savoir tirez profit de ses adversaires sera notre leçon du jour. Il faut pouvoir se dire que le plus ingrat d’entre eux peut malgré vous apprendre quelque chose. Tenez ! Prenez par exemple ces gens de la Perfide Albion. Vous pensez ne jamais pouvoir leur fait confiance, leur idiome n’est plus là que pour tenter d’asseoir une supériorité de barbare face aux subtilités de notre langue.

Or, il faut reconnaître à ces buveurs d’eau chaude d’avoir vraiment compris ce qu’était un bateau. Malgré la neutralité avec laquelle il nomme les choses, le bateau est leur seul nom commun qu’il désigne par « she ». Bien sûr, pour évoquer la grâce des voiliers, nous avons à notre disposition des mots comme : une goélette, une frégate, une flute, une caravelle etc. Cela ne nous empêche pourtant pas de dire également un trois-mâts barque, alors que la barque est aussi féminine que la chaloupe.

Mais c’est vrai, les voiliers sont féminins. Regardez-les se pavaner devant le premier souffle venu et vous vous apercevrez de toutes les minauderies dont ils sont capables pour attirer dans leurs voiles la vigueur du vent. Ils changent de toilettes au moindre courant d’air, hissant clinfoc et artimon pour mieux se faire prendre dans le lit d’un alizé, prenant des ris dans la grand’voile comme pour mieux s’enrubanner dès que tout cela fraîchit.
La marine française a connu les caprices de ces majestueuses embarcations et sur leurs bords, il n’était nullement question de faire monter des dames, celles-ci auraient vite découvert qu’un voilier est d’abord une maîtresse exigeante. Hisser et affaler les voiles, c’était une dictature comme seules les femmes savent s’en montrer capables dès qu’il s’agit de parler chiffons. Bien sûr, il y eu des exceptions. Ici même, dans nos rangs. http://liensutiles.forumactif.com/lilylalibelle-f158/le-vent-des-lumieres-1-t13676.htm Vous pouvez lire et vous vous apercevrez à votre tour comme elles sont culottées.

Aussi, notre poète qui pour naviguer sous les jupons connaît bien des secrets, à trouver amusant de se servir d’un outil très personnel de matelot pour désigner l’outil caché des dames. C’est vrai que depuis qu’elles montent gaillardement dans nos mâtures, notre équipage ravale sa perfide misogynie.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 22 Sep 2008 - 13:54

Boum: Interject. et n.m.
Parti en fumée du fait d'un bug généralisé sur forumsutiles.
Recomposons sans plus attendre sa définition.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 23 Sep 2008 - 10:00

Boum : Interj. Et n.m. De l’angl. Boom.
Sens1 : Poés. « Boum, quand notre cœur fait boum ! »
Sens 2 : Poés. « Boum ! En un pantoum ! du lat. te amo, ergo sum. http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-d-alfred-t7862-885.htm

Bendir: N.m. Le bendir (arabe بندر, /bandir/) est un instrument de percussion d'Afrique du Nord. C'est un tambour sur cadre assez similaire au daf asiatique, faisant partie des membranophones. Les Berbères l'appellent allun. Il ne faut pas le confondre avec le tar.

Calame: N.m. Roseau servant selon la façon dont on le taille soit à l‘écriture soit à la musique. Les toits de chaume évoquent donc les roseaux, les fumées des chaumines, ainsi les calumets et les chalumeaux. Fumeux, calamiteux qualifiant au choix la calamité contenue dans mon écriture ou dans ma musique.

Calami : du lat. calamus, “roseau taillé pour écrire”. Les Anciens parlaient de lapsus calami, “faute de calame”, ( pour désigner les lapsus faits par écrit en opposition aux lapsus parlés : lapsus linguae.
Dans le poème qui nous occupe un calami pantoum désigne le poème écrit en oppos. A sa forme chantée.

Cornet : N.m.
Sens 1. Encrier. « Objet qui était en forme de corne ».
Sens 2. Instrument de musique à vent. « Cornet à pistons » Bugle en anglais ce qui fait dire que celui qui du cornet dans un orchestre de jazz de la new Orleans, s’appelle un cornettiste. Les cornettistes se réunissent pour faire un boeuf. Voir également cromorne.
Sens 3. Récipient. Ex. Cornet de frites, ou « se mettre quelque chose dans le cornet » quand on souhaite aller déjeuner à l'Operne de Biarritz..

Cromorne à capsule : N.m. Le cromorne est un instrument de musique à vent à anche double. Son nom vient de l'allemand krumm, courbé, et Horn, cor ou corne.
On trouve la première référence à cet instrument en Allemagne en 1489. Également appelé tournebout, il fait partie de la famille des hautbois à capsule, l'anche « encapuchonnée » n'étant pas en contact direct avec les lèvres. La petite taille de son anche double et la percée en cylindre lui donne, à la différence d'autres hautbois à capsule, une sonorité plutôt douce. L'anche est en roseau et le corps de l'instrument est constitué de bois de buis, érable ou poirier, recourbé par chauffage. La plupart des cromornes sont percés de six trous et comprennent éventuellement une double-clé.

Gemmule : N.m. Bourgeon. Si l’encrier du poète promet également ses plus belles feuilles, ce réceptacle d’embryons est également employé dans la théorie de Darwin pour désigner un corps minuscule permettant d’expliquer l’hérédité. Tout à la fois, on peut ainsi se concevoir soi-même et végétal et poète.

Gunbri: N.m. Le GUNBRI (guinbri, guenbri) est un luth à la caisse creusée dans un bloc en bois et au manche "semi-embroché" dans celle-ci. La table est constituée d'une peau tendue au dessus de celle-ci.
Cet instrument, sans doute très ancien, est encore joué au Maroc.



Guiterne: N.f. La guiterne était un instrument de musique médiéval à cordes pincées. La guiterne était jouée avec un plectre et avait des cordes en boyau. La guiterne était un instrument populaire durant le XIVe siècle, elle est mentionnée par Guillaume de Machaut dans La prise d'Alexandrie « Leüs, moraches et guiternes/ Dont on joue dans les tavernes ». Elle est restée en usage jusqu'à la moitié du XVIIe siècle où elle a été finalement remplacée par la guitare.




Kroumm : N.m.
Sens 1 : En breton, le kroumm est avant tout un cercle, une courbe. Ainsi du Kroumm-leac’h, cromlech en français, un lieu courbé, c'est-à-dire où il ya des pierres disposées en cercle.
Sens 2 : Syn. De cromorne.

Launedda: N.f. Instrument de musique utilisé en Sardaigne et composé de plusieurs roseaux dans lesquels on souffle.

Micanon : N.m.
Instrument de musique médiéval, proche de la lyre.



Nymphée : N.m. Lieu où résident les nymphes. Une fontaine, une grotte ou à défaut un coquillage : c-à-d. un sanctuaire pour ceux qui les courtisent. Thétis est une nymphe, à ne pas confonfondre avec Tethys déesse et femme d'Océan.

Operne: N.m.
"Dès le XIIe siècle et jusqu'au XVIIIe siècle, ces animaux qu'on appelait macreuses ou bernacles, ont été supposés donner naissance à des volatiles, canards ou oies. On suppose, sans garantie d'ailleurs, que le simple fait d'avoir vu s'envoler des oies ou des canards sauvages, à marée basse, de rochers surchargés d'opernes ou d'anatifes aurait suffi à donner naissance à la légende".

"Les mauvaises langues ont même avancé l'hypothèse que les clercs auraient poussé à la diffusion de cette étonnante métamorphose : les oies et les canards étant désormais d'origine marine, il devenait licite de les consommer durant le Carême".

Il faut donc considérer ici l’emploi calamiteux du mot operne par notre poète comme une simple coquille : http://www.dailymotion.com/video/x5e5fx_chevaliers-de-loperne_news


Pantoum : N.m. Le pantoum (ou pantoun) est un poème de forme fixe dérivé du pantun malais, semblable à la villanelle.
Le pantoum consiste en une suite de quatrains (d'octosyllabes ou de décasyllabes) où s'appliquent deux systèmes de reprises :
• le deuxième et le quatrième vers de chaque strophe sont repris respectivement comme premier et troisième vers de la strophe suivante,
• et le tout dernier vers du poème doit coïncider avec le premier.
Ces systèmes de reprises impliquent que le poème ne comprenne que deux rimes. Cette forme permet de donner au poème une musicalité particulière très typée. Le pantoum français dérive du « pantun berkait » malais.

Perne: N.f. Mollusque communément jambon.
.. Ex. « Fuir Biarritz et ses futiles opernes, pour Bayonne et son roboratif jambon ! »


Plectre : N.m.
Médiator du lat. Mediator réemprunté à l’anglais : médiateur. Nos amis québécois lui préfèrent le mot pic comme dans l’usage du fingerpicking country, musique de notre cher et regretté Marcel Daddi.
Aujourd’hui les médiators sont banalement en plastique. Autrefois, on utilisait des matériaux « naturels » (plus nobles ?) comme la corne, le roseau ou la plume. Ainsi, sur un clavecin, le plectre était en plume de corbeau. C’est peut-être pour cela qu’il se dénommait également bec. Certains écrivains utilisant indifféremment pour écrire la plume ou le roseau. Un bec désignant également un fin gourmet qui adore les fruits de mer.

Vesse : N.f.
Sens 1 : Instrument de musique médiéval.
La vesse est une forme de cornemuse où la réserve d'air est contenue dans une poche en vessie animale, le plus souvent de porc.
On le désigne parfois sous le terme de TURELURE. (Voir tirelire.) Turelurer comme tirelirer étant le chant de l'alouette mais répété à l'envi forme des turluraines, des turlututus, voire des turlupinades avec l'ajout du suffixe pine qui permet une turlutte, car n'est-ce pas là une façon plaisante de jouer du pipeau?
Sens 2. Les mots désignent parfois autant les contenants que les contenus. Une vessie est d’abord une chose sans importance. Elle appartient dans l’anatomie humaine aux parties honteuses. Comme l’urine qu’on élimine sans plus s’étendre sur la chose. De même, une vesse désigne également un vent, non pas le zéphyr grec de notre aède soufflant dans les roseaux, mais un simple pet, une fumée telle celle qui émane des vesses-de-loup ou de la bouche éhontée de votre dévoué lexicalfcographe.



Boum, quand notre cœur fait boum !
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Romane
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 23 Sep 2008 - 12:04

Ouf, tu l'avais sauvegardé ! Je me posais la question. OUF !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 24 Sep 2008 - 9:35

Je ne l'avais pas sauvegardé, j'ai tout refait le post avec mes petites mimines!Mais le pire, ce n'est pas le bug. Hier soir, 19h25, Alf a lancé une contre-offensive de taille.: http://liensutiles.forumactif.com/litterature-erotique-f76/precieux-et-rare-abecedaire-t15617.htm Cauchemard Cauchemard Cauchemard Cauchemard Cauchemard Cauchemard Cauchemard Cauchemard

J'embauche donc toutes les bonnes volontés à ce qui risque de devenir désormais le fil le plus gigantesque que Lu ait connu!

On est pas payé bien cher mais on se marre bien...
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Romane
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 24 Sep 2008 - 12:57

Yep. J'ai pensé à toi en lisant ce nouveau fil, prometteur de longues heures studieuses. Quand y'en a plus, y'en a encore. Courage, Vic, on est prêts à te lire, si c'est pas un encouragement ça... Ange

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 24 Sep 2008 - 20:06

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Je « lai »…

Anhéler : V. intrans. (Médecine) Respirer difficilement, haleter.

Avers : N.m. Du lat : adversus : qui est en face. De versus, tourner. Donne aversion et adverse.
Sens 1. En numismat. Côté de la monnaie portant l'effigie, exemple « la semeuse ». En langage populaire, le côté « face » d’une pièce, d’une médaille. Syn. Obvers. Le côté pile étant l’envers ou le revers.
Sens 2. En littér. Endroit. « L’opposition toute formelle et matérielle qui peut exister entre l’envers et l’avers d’une même idée, comme entre le recto et le verso d’une même feuille de papier. (J-R Bloch, Destin du siècle).

Cadeler : V. trans.
1. Calligraph. Faire des cadeaux . Les cadeaux (1416) sont des lettres capitalesenjolivures. Capitale, du lat. caput : tête, chef qui permet les chapiteaux décorant le haut des colonnes mais cadeau aussi empr. A l’occitan « capdel » »personnage placé en tête. » Ensuite, (1656) idée d’objet enjolivé, agréable, comme un divertissement offert à une dame dans le programme de la galanterie chevaleresque.
2. (Désuet) (Patois normand) Bichonner.
3. Par contre si vous voulez m’offrir un présent, rien de plus facile. Employez les termes cadeauter ou cadoter directement sur mon M.P.

Canceller : 1293 chanceler « annuler un acte à traits de plume parallèles ou croisés ». Empr. au lat. cancellare (de cancelli, orum, v. chancel) au sens de « disposer en treillis » d'où « disposer en forme de croix, croiser »; XIIIe s. mains cancellées. Donne le mot cancel ou chancel : 1845, lieu entouré d’une balustrade où était disposé le grand sceau de l’Etat. Le sceau, l’empreinte par lequel le Roi scelle et authentifie ses décrets. On ne s’étonnera donc plus que le garde affecté au dit sceau loge à la chancellerie.

Capeler : V. trans.
1687 Terme de mar. d'orig. prob. norm., le verbe signifiant proprement « coiffer »; dér. de capel (v. chapeau) « capeler les haubans » Mettre sur soi, revêtir. Capeler un ciré, une vareuse. Voir une capeline. −P.méton., fam. Capeler l'habit: S'équiper d'un scaphandre. Par extension, recouvrir en parlant d’une vague : chaloupe capelée par une lame.

Droit de vert ou droit de verte moute : loc. nom. m. – En droit féodal, tous les habitants d’une seigneurie avaient obligation de se servir du four , du moulin banal moyennant redevances. Le droit de vert est l’une d’entre elles. 1790 «Toutes les bannalités de fours, moulins, pressoirs à vins ou à huiles, de boucheries, de taureau, de verrat, de forges et autres, ensemble le droit de vert-mouture, usité en Normandie [...] sont abolies et supprimées sans indemnité"

erg alvin isabelle:
Un erg (de l'arabe عِرْق `irq) désigne un désert de dunes, plus précisement des champs de dunes fixes dont seul le sable superficiel est remodelé sans cesse par le vent. Si le mot erg a été adopté dans le langage géographique international, d'autres termes sont utilisés : dans le Sahara, les Touaregs emploient le mot edeyen, les Libyens parlent de ramla, en Arabie et en Asie centrale, les populations locales les désignent respectivement sous les vocables de nefoud et de koum.

Alvin : qui appartient au bas-ventre.du ventre.
Isabelle : Adj. De couleur jaune pâle.
Un isabelle. N.m.Cheval dont la robe a cette couleur.
Du prénom esp. Isabel, peut-être en raison d'une anecdote qui attribue à Isabelle la Catholique le vœu, lors du siège de Grenade en 1491, de ne pas changer de chemise avant la prise de la ville.

Épanneler: verbe trans. Dér. de l'a. fr. pennel, v. panneau au sens de « patron employé dans la coupe des pierres » 1611,
Dégrossir un bloc de pierre par une taille plane qui dégage la forme du sujet.

Gabelle: 1331 « grenier public où l'on faisait sécher le sel » (Statutum Philippi Regis ds DU CANGE, s.v. gablum);
1342 « impôt sur le sel »
Administration chargée de percevoir cet impôt sur le sel. Fermier des gabelles; officiers, employés de la gabelle :
Sous ce doux sire dévot, les fourches craquent de pendus, les billots pourrissent de sang, les prisons crèvent comme des ventres trop pleins. Ce roi a une main qui prend et une main qui pend. C'est le procureur de dame Gabelle...
HUGO, N.-D. Paris, 1832

Glabelle :N.f. Espace sans poils compris entre les sourcils..

Labelle : N.m. Empr. au lat. labellum (dim. de labrum « lèvre »), « petite lèvre ».
BOT. Pétale supérieur de la corolle des orchidées de forme et de couleur particulières, occupant par suite d'une torsion la partie inférieure de la fleur.

Lai : adj.
« ignorant, illettré » issu du lat. ecclés. Laicus : du peuple. Se dit ainsi d’un frère servant, un moine lai ou convers par opposition au clerc, appartenant au clergé et savant. Les prêtres égyptiens remplissaient les clepsydres (...) dès que leur dernière goutte s'était écoulée. Il en fut de même pour les diverses clepsydres plus perfectionnées : dans les couvents, jusque bien avant dans le Moyen Âge, un frère lai ou un moine était chargé de ce service (BASSERMANN-JORDAN, Montres, horl. et pend., 1964, p. 163).

Lai : N.m. Issu de l’irlandais laid « chant des oiseaux, chanson, pièce de vers ». Marie de France en fait un poème narratif ou lyrique relativement bref et contant un récit d’amour ou d’épreuve. Voir à rossignol, le lai du loastig.
Guillaume de Machaut en 1350 donne au lai une forme poétique et musicale d’un nombre de vers invariable.

Obèle : Obel. N.m. † L'obel simple était le trait horizontal, la «broche», qui menaçait de transpercer le vers suspect. Il était placé en marge du texte, devant les vers «bâtards». Il est avec l’astérisque, le signe critique des éditions anciennes de manuscrit. Les grecs nomment obelos lithos ou obeliskos « petite broche » les benben égyptiens, bétyles taillés dans le granit rose d’Assouan dont le premier modèle fut la pierre dressée à Heliopolis et sur laquelle le soleil se posait à son lever. Peu filiforme, un certain gaulois porteur de monolithe préfère malgré son pseudonyme à cette broche, le sanglier.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 29 Sep 2008 - 18:33

Une fois n’est pas coutume, nous délaisserons Alf désormais perdu tout entier dans son trop précieux soliloque. http://liensutiles.forumactif.com/alf-f114/precieux-et-rare-abecedaire-t15617.htm#313111

Pour dire des choses des autres. Un peu. En effet, un lexique, fut-il lexicalf, ne doit pas devenir un panégyrique. Car l’usage valide les mots que si ces derniers se trouvent employés par plusieurs bouches. Minuscules atomes, ils composeront alors la rumeur qui fonde les langues de sorcières. Pour, non pas médire, dédire, contredire mais plutôt redire enfin autrement les choses dans des styles différents et des emplois infinis.

Ainsi de calomnie. In Arthropode Circus : http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-cercueil-de-bloodymary-t11755-945.htm

Calomnie. N.f. empr. Au lat. calumnia qui vient probblt du verbe calvi « chicaner, tromper ».
« Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur."
Cette première chicane, c’est encore Beaumarchais qui l’emploie.
La calomnie, Monsieur! Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés. Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde, qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville en s'y prenant bien: et nous avons ici des gens d'une adresse !... D'abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l'orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné.
Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement. Le mal est fait ; il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'œil. Elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?
(Beaumarchais, le Barbier de Séville, II, Cool

« Coquille vide aux sourires factices, tu glisses et ça sonne creux… » La notion de calomnie combine la volonté de nuire et le mensonge. Par ce caractère apocryphe, elle se distingue de la médisance. Sa nature est l’imputation. Elle attribue un acte ou une situation mauvaise à une personne. Aussi, la fascination qu’exerce la calomnie vient en partie de sa force intime, (sa coquille) la révélation du Mal dans l’Homme, amplifiée par la croyance ; c’est pourquoi la seule arme contre elle est le silence.
La calomnie est un vice curieux : tenter de le tuer le fait vivre ; le laisser tranquille le fait périr de mort naturelle.
(Thomas Paine, les Droits de l’homme.1792)

Il n’est pas inutile de rappeler que l’idée de calomnie, en grec, s’incarnait dans le mot diabolê. L’art de la calomnie s’y nommait la diablétique et celui qui y restait insensible, l’adiablétos. L’esprit calomniateur, c’est Diabolos écrit Rabelais dans le Quart Livre.
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Alf
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 29 Sep 2008 - 18:57

Mais c'est avec grand plaisir, mon cher Vic, que je prête "mon" titre de fil, qui est d'ailleurs le tien !
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Romane
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 30 Sep 2008 - 0:29

Magnifique démo, et toujours autant esplantée de la manière dont tu t'y prends, Vic. Mieux qu'un feuilleton, pétard de pétard !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 30 Sep 2008 - 18:47

De la calomnie au corbeau, n’existe qu’un trait de plume que nous enjamberons allègrement.


Goéland et choucas

http://liensutiles.forumactif.com/poesies-a-plusieurs-mains-f109/le-goeland-et-le-choucas-gohelan-et-bloodymary-t15577.htm#311839

L’ornithologie nous pousse à nous identifier aux mœurs des oiseaux. La plume appartenant de façon égale à l’écrivain comme à l’étourneau. L’un et l’autre possède en effet la faculté de s’étourdir. En se tournant la tête plus que de raisonnable. Aussi, à l’intérieur de leurs chants, leurs vols, voire leurs entrailles, le voyant décèle mille signes pour son précis d’ornithomancie. Voyez ces deux-la, posés sur la même branche et qui nous font de la poésie. Un observateur inculte vous parlerait trop vite de tourtereaux. Il n’en est rien. Examinez plus avant leurs plumages. L’une est noire, l’autre blanc. Quand l’un s’appelle Goéland, l’autre raille, croaille, croasse ou graille en guise de pseudonyme: choucas.

Dans mon chemin j'ai rencontré
Une pie grièche
Tout au bout d'un bâton plantés
Des clous dedans la tête
Avec que par devant
Des petits enfants
Monsieur le curé derrière
Qui disait ses prières

Margot, Margot
Noire comme le charbon
Blanche comme le coton
Margot

(Malicorne - Les Tristes Noces)

Le voyant est un aveugle qui ne distingue plus rien des couleurs. Sa vision ne repose plus que sur le noir et sur le blanc. Ainsi du goéland et du choucas. De la compagnie des freux, ce dernier est avant tout une corneille. Et, tout comme pour son homologue marin, son apparence parlerait pour lui. Quoique notre folklore rapporte aux plus naïfs d’entre nous, des histoires de merles blancs, la noirceur de son apparence définit une fois pour toute l’âme du corbeau. Ce charognard qui nous « cavent » les yeux, à en croire François Villon, porte on ne peut mieux le nom savant de corvidé.

Ferais-tu le voyage jusqu'aux ruines humaines où j'ai bâti mon nid ?

Se repaître de notre chair ne lui suffit pourtant pas, et il n’hésite nullement à grever nos existences au moyen de lettres anonymes mortifiantes. Car, avant que d’être détrôné par le perroquet des Indes, son cousin polyglotte et chamarré, le corbeau demeurait l’oiseau qui imitait le mieux le parler de l’homme.

Les crows, (les corbeaux), http://liensutiles.forumactif.com/autres-amerindiens-d-hier-et-d-aujourd-hui-f200/crows-t15562.htm, ce peuple sioux adopte pourtant une démarche différente de la nôtre en s’identifiant pleinement à son totem. Les accoutrements de plumes n’ayant pour d’autres fonctions que d’accueillir, d’apprivoiser l’esprit de l’oiseau, de les l’incorporer pour en posséder toutes les compétences. Les crows deviendront d’excellents éclaireurs.
Aussi, dire des corbeaux, groles, corneilles, choucas, qu’ils ne seraient que des oiseaux de mauvais augure reviendrait à ne pas comprendre que dans toute chose existe son contraire.

Et le contraire du noir, c’est le blanc.

Ils s’appellent goéland, sterne, mouettes et albatros. Purs esprits planant au-dessus des eaux, ces âmes des marins disparus en mer sont forcément non-comestibles. Le blanc de leur plumage les fait se confondre aux nuages et au moutonnement de la mer : Le mot goéland est un emprunt au breton gouelan qui signifie pleurer.

Je te siffle un secret, ne le dis à personne:
J'ai, moi, la mort dans l'âme, le crois-tu? Je t'étonne?

Ne tuez pas le goéland
Qui plane sur le flot hurlant
Ou qui l’effleure,
Car c’est l’âme d’un matelot
Qui plane au dessus d’un tombeau
Et pleure…pleure !

« Les goélands » 1905 Damia.

L'albatros est signe de mauvais temps s'il se pose sur l'eau mais annonce du bon vent et du soleil s'il plane. L’oiseau de mer est donc avant tout un oiseau météorologique. De par sa condition de déjà trépassé, il sait le temps à venir. Sa blancheur n’annonce pas la paix éternelle comme la colombe, mais juste une embellie.
Le cormoran est noir. C’est le corbeau de la mer. C’est un excellent plongeur et d’ailleurs l’homme s’en sert pour pêcher. Grâce à un anneau d’étranglement placé sur son cou, le cormoran doit régurgiter sa pêche à son maître. Dévoué et utile piscivore, il nourrit l’homme et gagne donc en réputation.

…Je ne suis pas la mariée
Je suis la délaissée
Sitôt que la belle est entrée
La prend par sa main blanche
Je suis venu vous demander
Un petit tour de danse
Au premier tour qu'elle fait
La belle tombe morte
Chante rossignolet
Il a pris son couteau
Se le plante dans les côtes
Chante rossignolet…

(Malicorne - Les Tristes Noces)

On dirait une gwerz
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 1 Oct 2008 - 14:49

Coagulation : N.f.
Un phénomène de coagulation existe lorsque certains constituants d'une masse liquide (blanc d’œuf, gélatine, lait, sang, etc.) s'agglutinent pour former une masse plus compacte (fromage, caillot). Cette précipitation de particules en suspension dans un liquide est causée par le chauffage, l’addition d’un acide ou par un phénomène de condensation. Ailleurs, nous avions déjà employé, en ce qui concerne l’amour, le mot de cristallisation.

Coagulation s’en écarte pour former des termes comme caillage qui opère sur la caséine du lait, prise en parlant d’un ciment et sédimentation pour des couches plus géologiques que nuptiales. Aussi dire, « je me coagule pour toi » manque sérieusement de poésie. Pourtant, on sent l’idée. Le champ sémantique agirait pour nous et ne nous manquerait que le style pour offrir à cette image son écrin.

Métaphore 1 :
La marche du monde vers l'unification, l'embâcle des grandes fédérations (...) la guerre à l'échelle continentale, tous ces efforts qui travaillent dans le même sens, celui de la coagulation des morceaux ethniques, politiques ou commerciaux d'une planète jusqu'alors fractionnée, trouvent force et appui dans les nouveaux tracés aériens.
MORAND, Excursions immobiles, 1944

Métaphore 2 :
Plus rien ne me passe par la tête,
Que ce sang froid qui a guidé ma main…
Il s’épaissit au fil des rides,
S’appesantit au long de vagues brunes,
Et coagule au bout des cils,
Au bord des lèvres…


(Bloody Mary, a bout touchant) http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-cercueil-de-bloodymary-t11755-945.htm

Le contexte d’un mot offre à ce dernier son emploi. Ainsi, le temps cerne à la fois la cristallisation et la coagulation. Le coup de foudre qui ne dure que l’espace d’une seconde ne peut disparaître dans l’instant même. Mais lui trouver une suite équivaudrait à se monter un film où tout cela deviendrait fluctuant. Le flash est d’abord l’instrument de la photographie qui immortalise l’instant durant lequel tout est advenu. Une fois révélé, le cliché demande à être fixé, une fois pour toute dans une forme définitive.
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 1 Oct 2008 - 20:05

Abacule :N.m
Particules élémentaires d’une mosaïque, les abacules ont une forme cubique. Juxtaposés comme les mots dans le précieux et rare abécédaire de Alf : http://liensutiles.forumactif.com/alf-f114/precieux-et-rare-abecedaire-t15617.htm
Ils forment une figure de femme qui serait, à en croire la préface, la muse du poète.

Mosaïque de l’it. Mosaico, lui-même empr. Au lat. médiéval musaicum est une altération de musivum empr. Au grec mouseion : muse. Effeuiller ainsi la Marguerite en lui susurrant « voluptueuse margarite » à l’oreille, est un amusement dont la seule fin est de titiller et l’ouïe et l’imagination de la lectrice convoitée. La margarite étant un mica calcique dioctaédrique résultant du métamorphisme des bauxites, enfermer ainsi le prénom de sa tendre dans l’abacule lui servant de pendentif devient une orfèvrerie que nous ne pourrons qu’approcher modestement. Pour notre part, notre muse se trouve plutôt dans la margarita qui est également un cocktail, non pas de mots mais de tequila, de jus de citron vert et de liqueur d’orange.
Nous ne définirons donc ici prochainement que quelques mots de cette œuvre admirable, soucieux de ne pas dévêtir entièrement celle que la plume a chatouillée si gracieusement.
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Ven 3 Oct 2008 - 9:43

Duel : N.m.
Là, comme ça. Sur le champ. L’humiliation ne souffre pas d’attendre encore. Remettre à demain est toujours une souffrance supplémentaire à qui a trop subi.
Autrefois, l’offensé avait le droit du lieu, de l’heure, de l’arme ; l’épée, le sabre ou le pistolet. Le duel qui réglait ainsi dans le sang les dettes d’un honneur bafoué permettait le choix des armes. Bien sûr, il en fallait du courage. A nouveau affronter celui qui vous rabaissait. Mais, justement, ce prétendu courage et aussi l’honneur ne devaient-ils pas être mesurés à une nouvelle aune ?
De nos jours, le duel est interdit. Trop violent ont estimé les hommes de loi qui s’érigent désormais comme des arbitres mous chargés de chiffrer en dommages et intérêts un contentieux qui ne dira jamais rien de l’affront subi.
On peut donc légitimement se demander, parité oblige, si la scène du divorce, ne répond pas actuellement aux critères du duel. Avant, les histoires d’honneur se passaient uniquement d’homme à homme. Ton sang contre le mien. Les témoins s’assuraient mutuellement de l’impartialité des choses telles que définies dans le protocole. Cela se passait au petit matin. Au chant du coq et c’était d’une virilité inouïe. J’imagine, durant ce temps, à l’idée du drame qui se déroulait à l’abri des regards, des dames se pâmant dans une attente anxieuse.
Aujourd’hui, le sang des femmes coule toujours et on pourrait se demander si, dans une « conflictualité positive » (pour reprendre un mot à la mode), le choix de des armes ne pourrait-il pas parfois leur revenir ? En effet, malgré de nombreuses lois féministes qui ne franchissent que trop rarement le seuil des foyers, les prérogatives masculines agissent toujours dans les drames conjugaux. Humilier quelqu’un (une femme, un enfant voire un mari) se fait souvent dans le secret de la vie intime et échappe donc à la Justice qui n’intervient dans la bataille qu’après selon une vieille coutume héritée sans doute de la cavalerie.
Deux formes de duel existaient. Le premier : « jusqu’à ce que mort s’ensuive » et le second, plus symbolique qui arrêtait le combat « au premier sang versé ».
Si nous reprenions pour le cas du divorce cette deuxième forme, quelle pourrait être l’arme choisie par une femme offensée, humiliée par la violence d’un conjoint égoïste pour une reconquête d’un honneur perdu dans la débâcle conjugale à la faveur d’une ultime et symbolique escarmouche ?
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Ven 3 Oct 2008 - 15:10

Matin : N.m.
Un jour d'un autre matin : http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-de-romane-t7681-570.htm
Il y a eu un soir et il y a eu un matin. Le mot latin mane, nom et adverbe, coexiste avec le préfixe demane –qui a donné en français demain- ; c’est le neutre de l’adjectif manis, variante de manus signifiant « bon » et spécialisé pour désignées leurs heures jugées bonnes. Un dérivé de l’ancien adjectif matu-tos au féminin Matuta, nom d’une déesse identifiée à l’aurore, est matutinus, d’où matinus, qui a donné le français matin, l’italien mattino alors que l’espagnol manana vient de mane et signifie à la fois matin et demain. Cette série latine remonte à une racine ma, signifiant bon. Quant au mot germanique exprimant cette notion-morgan en ancien haut allemand, morginn en ancien norvégien, morgen en ancien anglais (doù morwe, morrow :le lendemain), il a été remplacé en anglais moderne par morning (où le ing final vient du modèle evening, le soir).

L’éveil concret de la nature, l’apparition du soleil –notion exprimée par des mots tels que aube, aurore, figure aisément la fin de l’ignorance. Ainsi quand le jeune Télémaque explique à Mentor comment il a effectué l’apprentissage des lois, il présente son initiation par la métaphore du passage de la nuit au jour.
Je crois maintenant concevoir les maximes du gouvernement que vous m’avez expliquées. D’abord, elles me paraissent comme un songe ; mais peu à peu, elles se démêlent dans mon esprit, et s’y présentent clairement : comme tous les objets paraissent sombres et en confusion, le matin, aux premières lueurs de l’aurore, mais ensuite ils semblent sortir du chaos, quand la lumière, qui croit insensiblement, leur rend, pour ainsi dire, leurs couleurs naturelles.
Fénelon, Aventures de Télémaque.

La résurrection du matin permet l’épanouissement de l’esprit et de la curiosité intellectuelle, et aussi littérairement, le temps de la découverte des sens.
L’aurore un matin me parut si belle que m’étant habillé précipitamment, je me hâtai de gagner la campagne pour voir lever le soleil. […]la terre dans sa plus grande parure etait couverte d’herbe et de fleurs ; les rossignols, presqu’à la fin de leur ramage semblaient se plaire à le renforcer : tous les oiseaux faisant en concert leurs adieux au printemps, chantaient la naissance d’un beau jour d’été […]
Rousseau, Les Confessions.

Et qu’on se croit grosse de cet enfant-torture qu’on n’a pas voulu
Dont on ne sait comment le dégringoler sans en porter encore le poids

Et qu’on ne sait pas tuer.



Matin et naissance sont associés dans la langue. Cette association se retrouve dans de nombreux rites. Dans la civilisation aztèque, pour que la lumière du matin revienne et qu’ainsi le monde renaisse, des victimes humaines étaient sacrifiées. La vie individuelle était détruite pour satisfaire le dieu Soleil, dont dépend la renaissance collective.

Loc. fig., fam. (Ne pas) s'être levé assez matin (pour). (Ne pas) être assez habile (pour):
Alors elle [sa mère] me dicta ses conditions. − (...) Tu l'épouseras donc [François] (...). Seulement, si ce monsieur a cru m'avoir, il ne s'est pas levé assez matin.
VIALAR, Bon Dieu, 1953.

Le matin, c’est donc la clarté, l’intelligence car l’avenir appartient à qui se lève tôt, « avec les poules » et, de l’intelligence il en faut pour démarrer une journée entière pleine de dangers et de risques.
La journée se présente souvent comme une charge. On a le souvenir d’hier. Aussi, il peut parfois être bon de s’adjoindre quelques frères de la côte. Ceux-ci étant des individus qui sont le matin en bas des côtes de Paris et aident les chargements à monter.

Ex. de frère de la côte :[url] http://fr.youtube.com/watch?v=woTcLJvf7fw[/url]
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Ven 3 Oct 2008 - 15:21

Passer à la moulinette de Vic est un délice bien au-delà et sans commune mesure avec le presse-purée.

Le fait que tu aies souligné Et qu'on ne sait pas tuer, me renvoie à la notion de temps. La pensée sur un hier peut s'exprimer un demain, les ondes de mûrissement ne connaissent pas l'instantané et c'est tant mieux, elles prennent leur temps, celui qui leur convient.

La vie est un formidable infini de possibles.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Sam 4 Oct 2008 - 11:04

Page rose.

Per omnia secula seculorum : Loc. lat.
Pour toujours, dans les siècles des siècles.
Formule liturgique placée en fin de sermon ou d’homélie qui attend Amen comme réponse de l’assemblée des fidèles.
Le siècle présent désigne dans la religion la vie d’ici-bas par opposition au siècle futur : La vie d'En-Haut, la vie éternelle après la fin du monde. Ainsi, jusqu’à la consommation des siècles signifie dans le langage liturgique jusqu’à la fin des siècles, in saecula saeculorum.
Face à l’éternité, il existe un temps fini que désigne le mot siècle du latin secle : la vie terrestre. Saeculum traduit d’abord l’idée de « génération », « durée d’une génération » puis « époque », enfin « espace de 100ans. » Ainsi, un séculier est un membre du clergé qui vit dans son siècle, parmi les hommes par opposition à un moine, un religieux qui depuis sa trappe, son ermitage de façon oblative est déjà en relation avec l’Autre Monde.
La sécularisation des biens du clergé le 2 novembre 1789 marque donc un temps, une révolution en ce que les églises françaises deviennent ce jour biens nationaux.
On comprend donc chez notre poète le choix du latin en place du français pour parler d’une éternité que notre langue ne rend plus. Se décentrer de sa langue, de son pays permet ainsi à l’auteur d’adopter un point de vue autre sur ce qui lui est le plus cher. Ainsi notre homonyme loue-t-il également notre langue exilé sur son rocher de Guernesey dans la Légende des Siècles :
Première série : D’Eve à Jésus.
Le sacre de la femme.
L'aurore apparaissait ; quelle aurore ? Un abîme
D'éblouissement, vaste, insondable, sublime ;
Une ardente lueur de paix et de bonté.
C'était aux premiers temps du globe ; et la clarté
Brillait sereine au front du ciel inaccessible …


Pour un auteur, être un enfant du siècle ne signifie donc pas forcément être un enfant de chœur. Adorer Vénus plutôt qu’Eve ou la Vierge Marie entrouvre également sur l’éternité, car un « Ave Maria » vaut bien mille « Ave Caesar, morituri te salutant » si vous me permettez cette acrobatie…
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Sam 4 Oct 2008 - 15:35

Effluve. N. ?
Quand j’étais petit et que j’allais tous les dimanches à l’église, la formule : in secula seculorum évoquait pour moi la musique d’un écoulement, un peu comme le glou-glou d’une fontaine mais dont l’esprit prophétisait déjà quelque chose de la clepsydre. La messe durait longtemps et, futurs communiants, il nous fallait encore attendre pour croire pleinement au ruissellement du sang de notre Seigneur Jésus-Christ qui, dévalant le Golgotha, allait très bientôt et pour l’éternité se répandre sur la terre toute entière tout comme les stridulantes notes de l’harmonium du bedeau. Mais, était-ce là un pur effet de mon imagination enfantine, une facétie du diable ? Je ne sais toujours. Il faut pourtant aujourd’hui que je vous confesse avoir préférer parfois au Sang, fût-il rédempteur de notre Sauveur, l’idée d’une onde fraîche, chantante, rieuse, d’une pureté siégeant là-bas, encore très loin de moi, de l’autre côté de la nef dévolu rituellement aux travées des filles.
Derrière nous, le bénitier coassait de toutes ses grenouilles nous obligeant à enfouir nos yeux au plus profond de notre missel. Dans ce mystère divin, l’encensoir qui se balançait au dessus de tout cela, dégageait des odeurs de fumée d’une âcreté qui piquait les yeux un peu comme le feraient les flammes de l’Enfer, mais répandant également dans nos cœurs une douceur féminine suffisante pour nous permettre d’espérer. C’est pourquoi sans doute les mots odeurs, senteurs, saveurs voire moiteurs, émanations, exhalaisons, bouffées sonnent-ils toujours pour moi employés au pluriel essentiellement au féminin comme le ferait le mot amour.
Le mot effluve quant à lui tente d’échapper à cette règle. Il lorgne du côté viril du parfum, fricote avec ces mauvais garçons que sont les miasmes, s’affiche avec les fumets, les relents, les arômes, les fluides si bien que le dictionnaire a fini par lui donner le genre masculin. C’est faire peu de cas de sa terminaison. Ecoutez-la : fluve… Avouez, vous sentez, vous autres, quelque chose de mâle là-dedans ? Moi, j’y entends plutôt l’eau qui coule fémininement, y devinant sa force cachée sous une apparente indolence un peu comme des effusions humides qu’on oserait à peine imaginer.
Bien sûr, dictionnaire oblige, son genre masculin est toujours demeuré en odeur de sainteté. Ainsi son emploi dans :
Aux effluves du camembert crémeux et du bleu d'Auvergne odorant, marbré de veines, de la bouteille poudreuse... le chanoine s'échauffait (ARNOUX, Zulma, 1960, p. 52)
Ou encore :
Les caïmans (...) guettent (...) le jaguar qui descend au fleuve pour y boire et qui hume dans l'air leurs effluves musqués
(LECONTE DE LISLE, Poèmes tragiques, 1886)

Mais, depuis mon enfance, j’ai cru remarquer quelques nuances entre les émanations masculines et les parfums féminins et, certains de nos poètes emploient (à tort ?) au pluriel ce mot au féminin comme dans :
Jean-Jacques (...) respirait ces effluves printanières
(GUEHENNO, Jean-Jacques,)
D’autres, sans doute exaltés par on ne sait quelles forces démoniaques osent des néologismes tels que :
Je voyais tes yeux briller dans la nuit, j'avais le cœur tiède et mou... je buvais avec extase les longues effluvions (sic) de ta prunelle fixée sur la mienne
(FLAUBERT, Corresp., 1846)

C’est que le mot effluve charrie bien plus de sens qu’on ne se l’imagine a priori. Il possède des pouvoirs occultes:
Inondée d'amour, vaincue par les effluves magnétiques d'un sentiment si chaud, la duchesse hésitait à faire naître la querelle qui devait les séparer à jamais
(BALZAC, Langeais, 1834)
Désigne l’influence d’êtres supérieurs, mystérieux, divins :
Engendrés dans le sol sous l'influence des divinités célestes (...) et de leurs effluves, ces métaux sont en correspondance, d'après les alchimistes, avec les planètes dont ils portent le signe
CARON, HUTIN, Alchimistes, 1959

Alors qui croire ?
Alf, viril explorateur dans:

Un lierre circonvient son tronc ;
Un effluve envahit ses branches :
ancestral parfum s’exhalant des grottes !


Ou Verlaine qui dans Sagesse prend pitié de notre âme :

D’ailleurs le salut
Viendra d’un Messie
Dont tu ne sens plus
Depuis bien des lieues
Les effluves bleues.
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Shan



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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Sam 4 Oct 2008 - 16:11

Effluve sera masculin, du moins si l'on en croit ces chers Académiciens, et autres dictionnaires français.

Cependant, je me demande bien où ce cher Monsieur Vic Taurugaux s'arrêtera... Cette avalanche de mots, phrases va finir par déplacer les neiges éternelles du Massif du Mont-Blanc vers les îles Jersey et Guernesey...

Help madame Taurugaux, stoppez le s'il vous plait !!

mdr
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BloodyMary
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 5 Oct 2008 - 13:20

*smiley aux grands yeux plein de larmes d'admiration et au sourire béat*
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