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 Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1

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BloodyMary
Appelez-moi Nivéa


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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 5 Oct 2008 - 13:20

*smiley aux grands yeux plein de larmes d'admiration et au sourire béat*
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 6 Oct 2008 - 10:58

Angelus : N.m

Johnny, tu n'es pas un ange,
Ne crois pas que ça me dérange …

Chantait le piaf, sur des paroles de Francis Lemarque dès 1953.

La femelle alouette n’aurait pas dit mieux. Car quoi, dès potron, Minet lui serine chaque matin à tue-tête une sérénade bien vite réchauffée: « Elle serait aujourd’hui comme toujours pleine de grâce et le fruit de ses entrailles forcément béni ! ». L’insistance des cloches à nous rappeler chaque jour l’évidence des choses assomme. Bien sûr qu’Aurore est belle, mais c’est parce que chaque jour, elle renaît différente ! Aussi, vouloir la figer dans une icône d’épouse parfaite, quand sa nuit a été un enfer : il y a de quoi désespérer !
Déjà, le chant du coq passait mal quand, sous prétexte de saluer de timides rayons, ce volatile plus emplumé de son orgueil que de la moindre délicatesse, se pavanait sur ses ergots au lieu de préparer le café…L’annonce faite à Marie engendre donc des migraines, que c’est rien de le dire !

Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent
Je vous salue, Marie.

Par les gosses battus, par l'ivrogne qui rentre…

Francis Jammes.

Discuter du genre des mots (voire effluve précédemment défini) introduit forcément le débat sur le sexe des anges. Qui, en effet, peut se permettre aussi cavalièrement, d’annoncer à la vierge sa future grossesse au milieu d’un tel flot de louanges ? Elue et donc forcément heureuse, celle-ci n’aurait d’autre choix que d’exprimer de timides remerciements ? Car, si on comprend les cruficiés, on peut se dire aussi que la semaine est longue pour tout le monde, et faire la Pieta, dès le Vendredi venu, n’a vraiment rien d’une sinécure !

Quoiqu'ils en disent, vos chérubins, Mesdames, ont forcément un sexe, celui parfois d’une grande gueule ou d’un grand couillon qui poussera, s’il insiste, notre Fanny à finir dans les bras d’un marchand de voiles plutôt que lovée au creux des biceps de son marin.

Mais, finalement, il faut croire que, petit à petit, la nuit se lève autant que le jour et qu’on sortira de l’impasse de l’église. Cette impasse des discours conjugaux convenus qui attribuent à chacun un rôle dont on s’imaginerait de ne jamais s’en défaire, écrasé sous le poids d’un prétendu sacrilège.
Aussi, nous nous garderons de définir plus avant le mot angelus qui se veut avant tout un message, celui de vous souhaiter ce matin particulièrement, à chacune de vous deux Mesdames, et le vrai bon jour et un joyeux anniversaire !

AngeR
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 6 Oct 2008 - 18:10

Caquet : N.m.
« Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire… »
Queneau, Zazie dans le métro. 1959

A son oncle Gabriel qui tel l’archange se trouve désigné pour initier l’héroïne aux mystères de Paris et de son métropolitain, la petite fille choisit plutôt de lui rabattre son caquet. C’était sans compter la présence de son auteur qui, quelques années plus tard, dans les caves de Saint Germain, par l’entremise de Juliette Gréco, la prévient :
Si tu t'imagines
si tu t'imagines
fillette fillette
si tu t'imagines
xa va xa va xa
va durer toujours
la saison des za
la saison des za
saison des amours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

Si tu crois petite
si tu crois ah ah
que ton teint de rose
ta taille de guêpe
tes mignons biceps
tes ongles d'émail
ta cuisse de nymphe
et ton pied léger
si tu crois petite
xa va xa va xa va
va durer toujours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

les beaux jours s'en vont
les beaux jours de fête
soleils et planètes
tournent tous en rond
mais toi ma petite
tu marches tout droit
vers sque tu vois pas
très sournois s'approchent
la ride véloce
la pesante graisse
le menton triplé
le muscle avachi
allons cueille cueille
les roses les roses
roses de la vie
et que leurs pétales
soient la mer étale
de tous les bonheurs
allons cueille cueille
si tu le fais pas
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures


Rabattre son caquet est donc une méthode fort employée lorsqu’il s’agit de clouer le bec à quelqu’un. Ainsi, fut créé le Furetière, dictionnaire dissident de l’Académie Française et dont l’auteur homonyme reprochait à cette noble institution, sa lenteur. Ce lexique évoqué dans : http://liensutiles.forumactif.com/alf-f114/precieux-et-rare-abecedaire-t15617-30.htm#313805, époque six, dit (Remarquez au passage la mise en abîme) :
CAQUET. s.m. Abondance de paroles inutiles qui n'ont point de solidité. Les femmes parlent beaucoup, mais elles n'ont que du caquet, ne parlent que de bagatelles. Cet avocat plaide solidement, mais sa partie adverse n'a que du caquet.
CAQUET, se dit aussi d'une promesse sans effet. Cet homme promet beaucoup, mais il ne tient rien, il n'a que du caquet.
CAQUET, se dit aussi des oiseaux qui parlent. Ce perroquet, cette pie, nous étourdissent avec leur caquet.
On dit proverbialement & figurément, Rabattre le caquet de quelqu'un, pour dire, Rabattre son orgueil, lui fermer la bouche, le menacer, ou le convaincre. On appelle le caquet de l'accouchée, cet entretien de bagatelles qu'ont plusieurs femmes assemblées, comme il s'en rencontre chez les femmes en couche. On dit aussi, qu'une femme est dans les caquets, quand par sa mauvaise conduite elle donne occasion aux autres de médire d'elle.


Bien sûr le Furetière a ses limites. Il lui revient pourtant de marquer son époque.
Déjà, bien avant, Jean de La Fontaine vous prévenait également de toutes ces jacasseries.
Dans :
Ma poule n’a plus que vingt cinq poulets,
Elle en a eu tren-ente,
La poule à ma tan-ante,
Allongeons la jam-ambe,
Allongeons la jambe, la jambe les gars, car la route est longue…

Rares demeurent aujourd’hui nos boy-scouts à y déceler la moindre médisance.

Pourtant, la poule à ma tante n’était autre que caquet bon bec autrement dit la pie bavarde.

L'aigle, reine des airs, avec Margot la pie,
Différentes d'humeur, de langage et d'esprit,
Et d'habit,
Traversaient un bout de prairie.
Le hasard les assemble en un coin détourné.
L'agasse eut peur; mais l'aigle, ayant fort bien dîné,
La rassure, et lui dit: « Allons de compagnie ;
Si le maître des dieux assez souvent s'ennuie,
Lui qui gouverne l'univers,
J'en puis bien faire autant, moi qu'on sait qui le sers.
Entretenez-moi donc, et sans cérémonie. »
Caquet-bon-bec alors de jaser au plus dru,
Sur ceci, sur cela, sur tout. L'homme d'Horace,
Disant le bien, le mal à travers champs, n'eût su
Ce qu'en fait de babil y savait notre agasse.
Elle offre d'avertir de tout ce qui se passe,
Sautant, allant de place en place,
Bon espion, Dieu sait. Son offre ayant déplu,
L'aigle lui dit tout en colère :
«Ne quittez point votre séjour,
Caquet-bon -bec, mamie ; adieu ; je n'ai que faire
D'une babillarde à ma cour :
C'est un fort méchant caractère.»
Margot ne demandait pas mieux.
Ce n'est pas ce qu'on croit que d'entrer chez les dieux:
Cet honneur a souvent de mortelles angoisses.
Rediseurs, espions, gens à l'air gracieux,
Au cœur tout différent, s'y rendent odieux,
Quoique ainsi que la pie il faille dans ces lieux
Porter habit de deux paroisses.


L’aigle et la pie. Jean de La Fontaine. Livre XII fable 11.

Porter habit de deux paroisses: « On dit de deux choses dépariées, qu'on porte ensemble, qu'elles sont de deux paroisses, comme deux bas, deux gants, un pourpoint et un haut-de-chausses de différentes parures. » (Furetière). La Fontaine joue ici sur deux sens de l’expression : sur les couleurs contrastées de la pie, le blanc et le noir mais aussi sur le fait que les « rediseurs » jouent double jeu.
Ainsi des oiseaux qui ne peuvent affirmer leur couleur. (Voir plus haut le contr. le goéland et le choucas.)

Ce babil intempestif n’est donc que fort peu éloigné du cancan du potin et pour tout dire du commérage. Pourtant, prétendre désormais que cette activité ne serait qu’essentiellement féminine ne nous renvoie qu’aux apparences, aux faux-amis qui cherchent exclusivement les définitions dans les racines des mots.

A Paris, chaque ministère est une petite ville dont les femmes sont bannies : mais il s’y fait des commérages et des noirceurs comme si la population féminine s’y trouvait.
Balzac, La cousine Bette.
On voit ici combien la parole des femmes trimballe son lot de préjugés. Vous trouveriez le mot potin plus masculin, méfiez-vous de lui. Il vient du verbe potiner. Cette activité est attestée dès 1800 en raison de l'habitude qu'avaient les femmes, lorsqu'elles se réunissaient en hiver pour causer, d'apporter leurs chaufferettes (potines).
Fort heureusement demeurent les cancans qu’une certaine mode, française de surcroît, dédia un temps à la frivolité féminine. (En angl. French Cancan). Le cancan vient pourtant de fameux combats de coqs où dans les disputes d’écoles de précieux clercs péroraient les uns contre les autres en utilisant force « quamquam » locution latine que nous traduirons désormais par le mot « quoique ».

Comme quoi….
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 7 Oct 2008 - 10:35

Sottise : N.f.
« Ma sottise fait des folies. »
http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-de-laconfiture-t13362-285.htm , Ma sottise.

La sottise dénote un manque d’intelligence, de jugement. Dérivé du mot sot, adj. Et nom à l’origine obscure. Dans les origines de la langue française, (1650) Ménage rapporte l’anecdote suivante opposant le roi Charles le Chauve apparemment en désaccord avec l’enseignement de Jean Scot Erigène:
Le roi prend à partie l’écolâtre en s’asseyant face à lui :
-Dis-moi Jean, qu’est-ce qui sépare un Scot d’un sot ?
-Simplement une table, Sire ».


Le roi ne serait rien sans son bouffon.
Une variation du mot sot a créé le terme sottie ou sotie. La sotie ou sottie était une pièce politique, d’actualité, jouée par les Sots ou les Enfants-sans-Souci. Ces derniers fondaient leur système de satire sur cette hypothèse que la société tout entière était composée de fous. Par-dessus leur costume, les Sots revêtaient les attributs qui désignaient tel ou tel état, telle ou telle fonction : le juge, le soldat, le moine, le noble, etc. Cette forme de théâtre faisait suite à la Fête des Fous ou fête des Innocents et qui était pratiquée dans beaucoup de villes de France jusqu'au XVIIe siècle. On l'appelait encore : fête de l'Ane, des Sous-Diacres, des Diacres-Saouls, des Cornards, des Libertés de Décembre, etc.
Elle avait pour objet d'honorer l'âne qui porta Jésus lors de son entrée à Jérusalem, était répandue dans toute la France au Moyen âge et se célébrait le jour de la Circoncision en janvier. On chantait un office, puis on faisait une procession solennelle et l'on se livrait à toutes sortes d'extravagances.
Ces fêtes étaient organisées par des jeunes gens, souvent des étudiants qui bizutaient ainsi la société en dénonçant sa sottise.
Prendre conscience d’être seul maître de son jugement (de sa fenêtre pour reprendre l’image de La Confiture) est souvent cruel pour les jeunes adultes. Le balancement entre sottise et folie occupe alors bien des cœurs qui rêvaient, il y a encore peu, le monde adulte tout-puissant.
Dans son journal d’un fou, écrit par Flaubert entre 16 et 18 ans, l’auteur prévient son lecteur :
Un fou ! Cela fait horreur. Qu’êtes-vous, vous, lecteur ? Dans quelle catégorie te ranges-tu ? Dans celle des sots ou celle des fous ? Si on te donnait à choisir, ta vanité préférerait encore la dernière condition.

Les chansons douces de La Confiture sont pour cela faussement naïves. Elles bercent d’une voix enfantine ceux qui ont déjà vécu et qui savent qu’une connerie de leur part à un jour tout détruit. Ne reste plus alors pour chacun ou la sottise d’une défenestration ou la folie d’encore penser qu’une petite cuiller est l’ustensile le plus adapté pour ramasser un cœur en marmelade
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 7 Oct 2008 - 14:31

Alléluia

On a quoi en français pour dire Alléluia ?http://liensutiles.forumactif.com/album-de-famille-f12/la-comme-ca-t13466-345.htm#313937 Post de Farouche.

Georg Friedrich Haendel (ou Händel, en anglais George Frideric Handel1 comme il l'écrivait lui-même) (23 février 1685, Halle - 14 avril 1759, Londres) est un compositeur d'origine allemande, naturalisé britannique.
En 1741, il compose son oratorio HWV 56 Le Messie. Celui-ci se conclut par l’ Hallelujah

A défaut de compositeur français aussi doué, et pour répondre à la question de Farouche, la France s’enorgueillit parfois de ses professeurs de musique de l’Education Nationale.
http://fr.youtube.com/watch?v=un2l6BRw_00&feature=related

Mais Haendel composa également des sarabandes. Sarabande dont Antoine de la Furetière (précédemment cité) nous donne sa définition :
« Composition de musique dansée qui est de mesure ternaire [à 3 temps] & qui ordinairement finit en levant, à la différence de la Courante, qui se termine en baissant la main, quand on bat la mesure.
La Sarabande est venue des Sarrasins, aussi bien que la chaconne. Elle a été ainsi nommée, selon quelques-uns, à cause d’une comédienne appelée Sarabanda qui la dansa la première en France. Quelques-uns, croyant que ce mot vient de “sarao”, qui en espagnol signifie “bal”. On la danse ordinairement au son de la guitare ou des castagnettes ».


En fait, la sarabande fait partie des quatre danses principales de la suite à l'âge baroque et se joue ordinairement après la courante. Elle précède en principe la gigue, mais avec possibilité d'intercaler entre elles certaines danses optionnelles ("galanteries") telles que : menuet, gavotte, bourrée, passepied, rigaudon, etc.
Le Sud-Ouest étant ce qu’il est, notre galanterie nous invitera plutôt à entraîner notre hôte Romane, dans cette version castelnaudarienne de la sarabande de Haendel qui, à ma connaissance, demeure la seule à permettre à sa musicienne de continuer de parler tout en jouant.
http://fr.youtube.com/watch?v=R2XqmbGMMRM&feature=related

Imaginez un seul instant qu’avec tout ce qui nous arrive, nous n’aurions plus le droit de sonner les mâtines…


Dernière édition par Vic Taurugaux le Jeu 9 Oct 2008 - 9:17, édité 1 fois
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 8 Oct 2008 - 16:16

Errance : n.f.
On dit d’une embarcation qu’elle court sur son erre quand plus rien n’est encore là pour la faire naviguer.
Errer vient du lat. errare et signifie en vieux français, s’écarter, s’éloigner de la vérité.

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais…

Arthur Rimbaud, Le bateau ivre.
Le poète partage avec l’adolescent ce souci de la déshérence sans lequel, il n’est rien alors que ses ascendants imaginent l’inimaginable pour lui préserver son patrimoine familial.
M. Santeuil […] se demandait parfois si après sa mort, sa fortune, l’honneur réputé de son nom bourgeois loin d’être accrus par son fils, ne tomberaient pas en déshérence.
Proust, Jean Santeuil.

En effet, le poète n’a rien d’un passeur. Il parle en son nom. Point barre. Il dit des choses inédites quitte à se tromper. Pour lui, l’erreur n’a aucune importance. Il se méfie comme de la peste de la sacro-sainte Vérité. De sa droiture. Ou plutôt, de son avenue, de la rectitude de toutes ses promenades où les troupeaux endimanchés s’engouffrent. Car comment jamais pouvoir connaître le chemin de la Vérité, sans, un jour, s’en être écarté et s’être voluptueusement égaré dans tous ses chemins de traverse ?
Le chien qui renifle remarque les indices des cerfs dans la forêt. Des riens. Une fougère cassée, des herbes aplaties. C’est par ici qu’ils sont passés. En vènerie, on parle des erres pour désigner des traces. On dit : aller de hautes erres pour faire comprendre que la bête est passée là depuis longtemps.

Aller ça et là, déambuler, divaguer, rôder, vadrouiller, vagabonder, vaguer comme une âme en peine n’a donc rien de délirant. Cette forme de voyage a de commun avec le rêve en ce qu’elle nous déplace par associations. Regardez brouter les chèvres, elles préfèrent cette plante à celle-ci, puis une autre. On pourrait croire leur activité désordonnée. Il n’en est rien. Il existe une logique à ce chaos. C’est pourquoi la race caprine s’acclimate aux régions les plus hostiles depuis si longtemps. Leur comportement de subsistance porte un nom que l’étymologie confirme : le caprice.

Dans : A demain mon amour, http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-cercueil-de-bloodymary-t11755-960.htm, Bloody Mary dit :
Les frêles esquifs de mes espoirs frelatés
S’échouent encore aux berges de tes plaies.

Les bateaux-fantômes voguent également dans la tourmente de nos souvenirs. Ils espèrent un port, un havre où enfin s’arrêteraient leurs courses folles quand chacun sait désormais que jeter l’ancre relève plutôt de l’utopie.
Donner libre cours à son imagination, rompre toute amarre, permet ainsi de laisser errer sa plume.
Ainsi errer ne signifie pas tergiverser. Toute errance est forcément somnambule. C’est un état fort éloigné du savoir-faire machiavélique. Il ne supporte ni ne dissimule aucun calcul.
Le sourire des anges tristes errait sur ses lèvres de corail rehaussées par de belles dents
BALZAC, Illusions perdues,

L’errance est d’abord subie. Comme celle du Chevalier Errant non pourvu par le Roi d’une mission, d’un quelconque ticket pour la Croisade.
A l’époque, on dénommait enfants, infans, ceux qui n’avaient pas la parole, tous ces gens jugés insuffisamment nobles pour se voir engagés sur le chemin de Jérusalem, pour cette Croisade consistant à sauver le tombeau de notre Seigneur Jésus Christ des mains des Infidèles. Délaissant ainsi la voie de l’Orient, antichambre du Royaume des Cieux, les enfants faisaient procession à rebours (vers l’Ouest) vers le Mont Saint Michel, vers cet Occident où le soleil s’abîme mais où également (illusoire consolation) l’Archange extermine le Démon.
Etre à l’ouest plutôt qu’aujourd’hui combattre en Afghanistan n’a d’autre mérite que de vous laisser la vie sauve. Pour un temps. Celle d’une vie terrestre. D’aucuns nous reprocheront notre manque de sérieux. Gaspiller ainsi son temps à lire sur internet ce qu’elles nous écrivent. Et pourtant :
http://fr.youtube.com/watch?v=8xiXfLXtsT4
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 8 Oct 2008 - 23:19

Je crois que dans quelques jours, quand je...
Bref ; Alleluia ! Merci, Vic !
Je salue ici ce fil magistral et suis en train de me demander : tu cogites aussi en consultation ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Jeu 9 Oct 2008 - 9:16

Romane a écrit:
tu cogites aussi en consultation ?

Ergo sum puisqu'Alf nous oblige à nous mettre au latin ...
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 15 Oct 2008 - 20:03

Légèreté : N.f.
http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-d-alfred-t7862-900.htm#314278
Voc.mar. : être léger de voiles. Se dit d’embarcations qui peuvent se déplacer rapidement à l'aide de leurs voiles. Ex. :…Planches étonnantes où la frégate légère de voiles, la flûte, l'ourque, la galéasse et le chebek sont à l'ancre… (VALERY, Corresp.)

La légèreté qualifie le mouvement. Celui des cœurs, des mœurs, des corps etc. Elle y souligne la facilité et la grâce. Bien sûr, dira-t-on d’une fille facile que c’est une fille légère. S’il n’y avait la lourdeur de penser des misogynes, on l’imaginerait aisément ballerine, funambule entre ciel et terre sur son fil.
Les chevau-légers (attention, pas de x à chevau) créés en 1498 forment une compagnie au sein de la Maison du roi à partir de 1593. Leur armement léger facilite leur mouvement et leur permet ainsi de toujours vaincre lors des charges de cavalerie. Dans l’art équestre, dans le dressage, le cavalier recherchera toujours la légèreté de sa monture. Ainsi dans le passage, (figure de dressage) le cheval demeure en suspension malgré le poids de son cavalier. A croire qu’il s’envole et tout le monde pense alors à Pégase.

Léger vient du lat. pop. Leviairus, dér. De levius : liège.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,

(A.Rimbaud, le bateau ivre)

Le bouchon marque ainsi la frontière, la surface de l’océan qui délimite d’un côté le ciel, de l’autre les abysses. La qualité de sa matière lui permet ainsi d’échapper au naufrage, la tempête ne peut rien contre lui ; il est « facile » et peut se permettre ainsi n’importe quel voyage.

Elle attend de la vague
Inlassable
Insaisissable
La frange écumée :
Légèreté...


La liberté de penser demande donc de la légèreté. Le rêve devient comme du coton, des nuages de ouate dérivant aux caprices des alizées.

…Emmitouflée dans le serge ouaté,
Elle dort…


http://fr.youtube.com/watch?v=F0ivS16j6FM
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 19 Oct 2008 - 19:39

Bagage : N.m.
Bagage est employé au plur. Dans l’expression plier bagages.

J’ai perdu tous mes mots, une nuit de ravages
Sous le noir du ciel que crevait la fenêtre-liberté j’ai plié bagages,

(Le recueil de Romane, Kilomètre Zéro) http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-recueil-de-romane-t7681-585.htm

Homonyme de baguage : opération consistant à baguer un oiseau porteur d’un message.
Ce n’est que vers 1880 qu’on commence à utiliser au figuré le mot bagage pour désigner l’ensemble des connaissances acquises. Ex. j’étale devant vos yeux mon bagage littéraire comme d’autres de la confiture sur du pain.
Car, vers 1265, bagage désigne « ce qu’on emporte avec soi en voyages » Il dérive de l’anç. français bagues « hardes, effets que l’on emporte avec soi ».

Pour faire la guerre, les armées en campagne avaient pris l’habitude de se déplacer. Chaque fantassin devait lui-même porter, outre son arme à la bretelle son bagage, c'est-à-dire tout son fourbi, son barda. Celui-ci demandait à être plier règlementairement comme on se pliait (on obéissait) à la valeur première des militaires : la discipline.
Pour désigner l’attirail du soldat, le mot paquetage est également correct. Il vient de l’allemand Pack « ballot ». Nos amis d’outre-rhin disent : mit Sach und Pack pour « avec armes et bagages ». Lors de la retraite, déserter en rase en campagne est une manœuvre qui oblige donc à ne rien laisser derrière soi pouvant profiter à l’ennemi.
Il est curieux de constater que très tôt l’origine du mot bagage a été mise en relation avec celle du mot bague. Ainsi, dans l’ancien français, l’expression « se retirer bagues sauves » signifie « sain et sauf, avec ses bagages ».

Le baguier est le bagage du bijoutier. C’est un étui renfermant un ensemble d’anneaux de toutes tailles, numérotés, au moyen duquel l’homme de l’art détermine, d’après le doigt de son client, ou de sa cliente, la dimension de la future bague.
On notera encore que seul le français parmi les langues européennes les plus parlées fait une distinction entre l’anneau porté au doigt et la bague. En effet, l’allemand, l’anglais, le néerlandais et le suédois ring, l’espagnol anillo et l’italien anello désignent aussi bien l’anneau que la bague : l’allemand employant fingerring « anneau de doigt » pour distinguer la bague. En français, à la différence de la bague, l’anneau est un cercle lisse. Par contre, l’alliance qu’il symbolise quand il est nuptial ne peut pourtant prétendre à une absence éternelle d’aspérités.

Larguer les amarres peut donc permettre de dénouer un involontaire imbroglio car si je dois désormais vous quitter et faire ma valise, c’est bien parce vous m’aviez toujours invité à la boucler.
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Romane
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 19 Oct 2008 - 19:42

Vic Taurugaux a écrit:
Larguer les amarres peut donc permettre de dénouer un involontaire imbroglio car si je dois désormais vous quitter et faire ma valise, c’est bien parce vous m’aviez toujours invité à la boucler.

chinois

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 19 Oct 2008 - 19:43

Diplomatique la valise....
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Romane
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Dim 19 Oct 2008 - 19:50

Elle se fait accompagner de deux autres, sous les yeux, symboles de ce qu'on laisse et de ce qu'on emporte...

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 20 Oct 2008 - 4:34

Tu pars en voyage Vic?

bisou
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 20 Oct 2008 - 9:25

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mar 21 Oct 2008 - 15:00

Marge : N.f.
Pour les gens habitant en bordure de l’Atlantique, existe le mot : estran pour désigner l’espace de terre que recouvre ou délaisse l’océan au gré de la marée. Ce mot nous vient de l’anc. Angl. Strand, d’où le français d’Angleterre après 1175 Estrande signifiant grève.
On retrouve cette grève (du lat. pop. Grava « gravier ») en bordure de Seine pour désigner cette carrière de sable et de galets qui fut, une fois exploitée, dénommée Place de Grève et où, habitude acquise, les ouvriers venaient vendre leur main d’œuvre aux plus offrants. Aujourd’hui, Paris a recouvert ce lieu et tout ce qu’il représente du combat ouvrier, d’un Hôtel de Ville, tremplin nécessaire à qui vise l’Elysée.
Mais, sous les pavés subsistent toujours la plage et cet espace non délimité où l’eau et la terre se rencontrent, conserve les fruits de leur union : les galets, ces pierres amoureusement polies.

La marge de manœuvre que s’octroient ainsi les éléments naturels oblige les humains à penser le terme de limite quand celui-ci leur est appliqué.
Dans la sémiologie psychiatrique, le terme d’état-limite, issu de l’anglais border-line vise à étiqueter des malades qui « flottent » (on n’ose dire entre deux eaux) du moins entre les catégories des atteintes névrotiques et la lourde pathologie psychotique. La névrose ne peut donc entièrement rendre compte de leur tableau clinique très instable, mais ces sujets bien que chambardés perpétuellement par la réalité ne s’en échappent pourtant pas à la faveur d’un délire ou d’une hallucination, comportement signant irrémédiablement la psychose.

Longtemps laissés-pour-compte, ces malades qu’on ne parvenait pas à classifier, erraient d’une thérapeutique à l’autre au gré des outils diagnostiques de leurs consultants. (En français, les laisses désignent à la fois l’estran et les débris que la mer y dépose). Un jour pris en compte, l’autre livrés à eux-mêmes, les états-limites partagent avec les adolescents ce sentiment d’inquiétante étrangeté qui fit dire au professeur Jeammet (pédopsychiatre, spécialiste de l’adolescence) que : « si, on ne peut dire que tous les adolescents sont des états limites, tous les états-limites par contre demeurent des adolescents ».

Dans le film « les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel », réalisé par Laurence Ferreira Barbosa et sorti en 1993 http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8586&nopub=1.html
Valeria Bruni Tedeschi campe le personnage d’un état-limite. Plus soucieuse de soigner les autres que de s’occuper d’elle-même, elle rivalise avec les soignants officiels pour apporter un mieux-être à ses compagnons d’infortune.
La marge humaine est donc un espace possédant sa propre économie entre soi et les autres. « Cour des miracles », elle se juxtapose à la société bourgeoise des bien-pensants, l’enviant tout aussi bien que la réprouvant car irrémédiablement sensible à son hypocrisie.

La marge demeure donc un lieu vivant, encombré d’un fatras de trésors et de souffrances indissociablement enchevêtrés et qui fait dire au poète que le cœur des hommes se trouve, peut-être, dans cet espace commun , qui est à la fois le soi et le non-soi, et qui les oblige à vraiment se rencontrer.
http://www.dailymotion.com/video/xrurx_leo-ferre-la-memoire-et-la-mer_music

ci-dessous Marge Simpson, perpétuellement préoccupée par son ménage. Sinon, elle s'ennuie.

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 22 Oct 2008 - 15:23

Trémail : n.m.
tramail ou trémail, subst. masc. (du b. lat. tremaculum, de tri, trois et macula, maille) « grand filet de pêche formé de trois nappes superposées »
tramail apparaît dans notre langue en 1197. Ce grand filet de trois nappes superposées, dont les deux nappes supérieures (les aumées) sont à larges mailles, alors que la nappe intérieure, (la flue) est plus serrée.
Ce filet principalement dévolu à la pêche de poissons peut servir également à la capture des oiseaux.
Trémail donne par analogie le mot travail. Un travail à ferrer, (on dit au pluriel des travails et non des travaux), est un dispositif plus ou moins sophistiqué (autrefois fixé dans le sol, et de nos jours mobile) conçu pour maintenir de grands animaux (chevaux et bœufs), en particulier lors du ferrage. Cet équipement, témoin d'un mode de vie aujourd'hui disparu, est encore visible dans quelques rares localités rurales. Dans celle d'Angoulême, c'était le « tramail », comme à Asnières-sur-Nouère. Dans celle de Grenoble, par exemple, on parle d' « étrait » ou de « détré », ainsi à Quaix-en-Chartreuse et à Proveysieux, à Mont-Saint-Martin ou encore à Roissard. En Lozère, à Florac, le dispositif était nommé en occitan ferrador.
Ouvrir un filet pour capter les mots d’un ou d’une poète représente donc, si l’on croit le mot que nous tentons de définir, un véritable travail. Celui de mettre bonne ferrure à votre pied. Dans le flot ininterrompu des libres paroles de nos poètes, nous arrêtons au gré de notre convenance tel mot plutôt qu’un autre. Cette pêche aléatoire n’a d’autre mérite que de nous définir à notre tour. Pourquoi ce poisson plutôt que tel autre ? Nous souhaiterions donc attirer un instant l’attention de chacun de nos lecteurs sur l’utilisation du mot trémail promptement qualifié de juillet dans le poème suivant :

La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur, de mon enfance et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j'en laisse
Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
Ö l'ange des plaisirs perdus
Ö rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude …


Paroles et Musique: Léo Ferré 1970
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 29 Oct 2008 - 16:11

Rail : N.m.
Que le mot rail vienne du lat. regula, la règle, cela semble aller de soi. Il est d’abord anglais et désigne dans cette langue dès 1320 des barres de bois horizontales qui serviront en 1734 à guider les roues des voitures. Le progrès aidant, ces barres deviendront métalliques, uniformes et parallèles jusqu’à composer le chemin de fer. Mais rail, c’est d’abord un emprunt à l’ancien français reille, la barre, la barrière.
Le rail d’Ouessant est ainsi placé virtuellement au large de la Bretagne pour délimiter deux voies, l’une ascendante l’autre descendante, nécessaires au trafic des bateaux qui doublent la pointe armoricaine. Cette règle contient les risques de marées noires pour peu qu’elle soit respectée par des commandants de navire trop souvent contraints par les pressions économiques de violer alors la beauté de nos rivages.
Tels les rails de sécurité bordant nos autoroutes, cette loi tracée en plein océan, aux confins de la mer celtique, nous invite tous aux voyages. Car, sauter la barrière, c’est rompre les amarres. Pour celui, ou celle que l’aventure aspire, du moins en imagination, ce rail évoque donc d’abord, outre le danger, le départ…

Un rail de Bloody équivaut également à un rail de coques. [url]http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-cercueil-de-bloodymary-t11755-975.htm [/url] Au bord des rails.

C’est toujours de la bonne qui suffit à vous assurer un bond trip. Car, comme à son habitude, l'auteur ne mésestime pas le manque, (aiguillon de toutes dérades) et sait nous parler, mieux que quiconque, des quais désaffectés.
La règle qui voudrait que toujours l’on se quitte, a donc la froideur de ses lignes métalliques qui, chemins irrémédiablement parallèles, nous désespèrent d’un inaccessible aiguillage.
Heureusement que bien au chaud dans nos valises, sommeille comme doux souvenir du point kilométrique 0, les heureux clichés de couleur sépia des locomotives fumantes de notre vieille gare de Gallardon
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Mer 29 Oct 2008 - 22:01

Pas mal ! Pas mal du tout ! tong

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Jeu 30 Oct 2008 - 10:59

Rail : N.m.
Que le mot rail vienne du lat. regula, la règle, cela semble aller de soi. Il est d’abord anglais et désigne dans cette langue dès 1320 des barres de bois horizontales qui serviront en 1734 à guider les roues des voitures. Le progrès aidant, ces barres deviendront métalliques, uniformes et parallèles jusqu’à composer le chemin de fer. Mais rail, c’est d’abord un emprunt à l’ancien français reille, la barre, la barrière.
Le rail d’Ouessant est ainsi placé virtuellement au large de la Bretagne pour délimiter deux voies, l’une ascendante l’autre descendante, nécessaires au trafic des bateaux qui doublent la pointe armoricaine. Cette règle contient les risques de marées noires pour peu qu’elle soit respectée par des commandants de navire trop souvent contraints par les pressions économiques de violer alors la beauté de nos rivages.
Tels les rails de sécurité bordant nos autoroutes, cette loi tracée en plein océan, aux confins de la mer celtique, nous invite tous aux voyages. Car, sauter la barrière, c’est rompre les amarres. Pour celui, ou celle que l’aventure aspire, du moins en imagination, ce rail évoque donc d’abord, outre le danger, le départ

Un rail de Bloody équivaut à un rail de coques. http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-cercueil-de-bloodymary-t11755-975.htm Au bord des rails.
Cette poésie, c’est toujours de la bonne qui vous assure un bond trip. Car, comme à son habitude, Bloody ne mésestime pas le manque, (aiguillon de toutes dérades) et sait nous parler, mieux que quiconque, des quais désaffectés.
La règle qui voudrait que toujours l’on se quitte, a donc la froideur de ces lignes métalliques qui, chemins irrémédiablement parallèles, nous désespèrent d’un inaccessible aiguillage.
Heureusement que bien au chaud dans nos valises, sommeille toujours comme doux souvenir du point kilométrique 0, les heureux clichés de couleur sépia des locomotives fumantes de notre vieille gare de Gallardon …
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Jeu 30 Oct 2008 - 11:40

Laughing

Et puis l'envie d'ajouter que partir est forcément venir aussi. J'ai en tête le mouvement perpétuel de tout et toujours, jusqu'à l'ivresse...

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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Ven 7 Nov 2008 - 15:47

Samain : N.prop : origine gaélique : Oíche Shamhna (littéralement la nuit de la fin de l'été)
Dans le refuge des mots : http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-refuge-des-mots-t15079-105.html Alizée nous livre un très joli poème : Samain en soi.
Le 1er Novembre ferme la porte de l’été et ouvre celle de l’hiver. Pour le monde celtique, fin connaisseur des cycles naturels, cette période ouvre également un sas entre le monde des vivants et celui des morts.

Les moines irlandais qui ont mis par écrit les coutumes celtiques, à partir du VIIIe siècle,, ont précisé que le jour de Samain est (selon notre calendrier moderne) le 1er novembre. La fête elle-même dure en fait une semaine pleine, trois jours avant, et trois jours après. Pour les Celtes, cette période est entre parenthèses dans l’année : elle n’appartient ni à celle qui s’achève ni à celle qui va commencer ; c’est une durée autonome, hors du temps. C’est le passage de la saison claire à la saison sombre, qui marque une rupture dans la vie quotidienne : la fin des conquêtes et des rafles pour les guerriers et la fin des travaux agraires pour les agriculteurs-éleveurs, par exemple.
Le nom de Samain signifie «réunion», c’est une fête obligatoire de toute la société celtique qui donne lieu à des rites druidiques, des assemblées, des beuveries et des banquets rituels.
Aujourd’hui, durant cette période, des gobelins, des zombies, des sorcières ou des fantômes sont toujours susceptibles de venir frapper à votre huis. Ils vous réclameront des bonbons sous la menace d’un mauvais sort. Ces créatures maléfiques sont des enfants. Peut-être bien les vôtres mais plus probablement ceux de vos voisins. Ces chenapans ont tourné le mot et disent désormais Halloween. Cela ne change rien à la tradition : quelque soit le mot, vous devez payer le tribut demandé.
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Sam 8 Nov 2008 - 10:32

C'est vrai que moi aussi je me demande si tu cogito ergo sum pendant que tu consultat lézot' eum... Ceci dit, il faudrait distribuer ce lexique dans les écoles, qu'enfin la leçon donne le sourire et le savoir dans le même sandwich... Gaga

'scusez il est tôt encore...
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 17 Nov 2008 - 11:53

Cantharide : N.f.
ENTOMOL. Coléoptère de couleur vert doré, d'aspect brillant, dégageant une odeur forte et pénétrante, dont le type est la cantharide officinale. A la différence des cafards, insectes se nourrissant des ténèbres et fuyant, tels de faux-dévots, la lumière, la cantharide se dit plus joyeuse.
Qui n'a vu, sous notre ciel terne et indécis, étinceler la cantharide? (MICHELET, L'Insecte, 1857)
Faussement dénommée d’Espagne ou de Milan, cette fine mouche n’appartient pourtant en rien au règne des diptères et n’a d’espagnole ou de milanaise que la prétention de sa robe. Mais, les étincelles qu’elle promet, ont donné à l’expression Feu Monsieur le Baron tout son sens.
En effet, cet animal est absolument sans pitié pour ses prédateurs qui, malgré sa forte odeur, ne comprennent pas le danger qu’il existe à la consommer. Elle possède une arme redoutable, la cantharidine, substance très toxique, vésicatoire, qu'elle sécrète par tous les pores de son corps. Ce poison violent provoque des brûlures sur la peau et est très dangereux pour les yeux. Malgré cela, les beaux messieurs, toujours à la recherche d’exploits nécessaires selon eux aux pamoisons de leurs nombreuses conquêtes féminines, ont découvert depuis longtemps les vertus aphrodisiaques de cette toxine. Depuis l'antiquité, une poudre faite avec l'insecte est reconnue comme étant un stimulateur de l'érection. Cette réputation est surfaite mais surtout dangereuse. L'absorption de poudre de cantharide provoque une inflammation des voies urinaires. L'érection, pathologique, en est une conséquence parmi d'autres : émissions d'urines sanglantes, vomissements, douleurs abdominales. La surdose peut être mortelle (50 à 100mg suffisent). D'après le spécialiste Yves Cambefort "Son action principale est d'irriter l'urètre, ce qui peut en effet provoquer une forte érection et un gonflement du gland, par une excitation réflexe dont le point de départ se trouve dans les muqueuses urinaires enflammées." (Le Scarabée et les Dieux, Paris, 1994)

Mais la flamme du désir est une prétention toujours nécessaire pour qui lutte désespérément contre l’idée de la mort.

Dans les désormais célèbres « Tontons Flingueurs », Raoul Volfoni, magnifiquement incarné par Bernard Blier osa, à l’encontre de Fernand Naudin, alias Lino Ventura, la prémonition suivante :
- Non mais t'as déjà vu ça ? en pleine paix, y chante et pis crac, un bourre-pif, mais il est complètement fou ce mec ! Mais moi les dingues j'les soigne, j'm'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère, j'vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux 4 coins d'Paris qu'on va l'retrouver éparpillé par petits bouts façon puzzle... Moi quand on m'en fait trop j'correctionne plus, j'dynamite... j'disperse... et j'ventile...

On reste coi à réentendre autant d’agressivité sortant dans un si petit homme. Face à lui, pour nous, l’oncle Lino demeure toujours par sa stature, l’archétype attachant de la virilité, car sa force mâle rassure par la sécurité qu’elle procurait alors aux plus frêles demoiselles. Pourtant, lui non plus, n’était pas toujours à l’abri d’un banal problème de prostate et Michel Audiard lui proposa pour excuser un léger emportement la réplique suivante :
- Patricia, mon petit... Je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L'homme de la Pampa parfois rude reste toujours courtois mais la vérité m'oblige à te le dire : ton Antoine commence à me les briser menu !

On voit par là combien l’élégance est toujours recherchée par les hommes, même dans les moments les plus délicats. Je ne comprends donc pas le ton perfide qu’emploie Bloody Mary dans son poème :
Destin Smalto in http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/le-cercueil-de-bloodymary-t11755-990.htm , qui se veut pourtant un hymne funéraire pour l'un de nos vaillants mais anonymes porte-flingue. Le poison que distille ainsi ce poème de façon faussement désinvolte sur nos petits tracas de garçons dit bien l’esprit féminin qui l’anime. Aujourd’hui, alors que le bling-bling est de retour aux plus hautes instances, il conviendrait pour nos auteures, un minimum de décence dans leur propos, afin de ne pas vexer les espions de la toile employés désormais par Monsieur Darcos (mot-clé). Un style châtié serait donc à conseiller aux membres de notre forum qui chercheraient à tout prix à exprimer sur nos fils leurs plus bas instincts.


D’ailleurs, comme le faisait à juste titre remarquer Maître Folace, alias F. Blanche :
-C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases !



Dernière édition par Vic Taurugaux le Lun 17 Nov 2008 - 15:24, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 17 Nov 2008 - 12:10

"Perfide" mdr mdr
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MessageSujet: Re: Le lexicalf à la portée de tous. Tome 1   Lun 17 Nov 2008 - 12:18

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