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 Nouvelle : Refuge

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béquille mutuelle

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MessageSujet: Nouvelle : Refuge   Dim 28 Sep 2008 - 21:47

Un texte à rapprocher de "La douceur des orangers" posté il y a quelques semaines. Même futur, même vision, probablement pour un recueil de nouvelles.
Merci d'avance de vos lectures.


REFUGE.


Un hurlement troua la nuit et la sirène se mit à hurler. Etienne Saraillon jaillit du lit et saisit le fusil à canon scié sans prendre le temps d'enfiler le moindre vêtement. Les salopards ! Putains d’hyènes puantes ! Ils étaient encore là !
Il avait veillé dans le noir, l'arme sur les genoux, jusqu'à plus d'une heure. Pour se résoudre à aller dormir lorsque ses paupières étaient devenues trop lourdes, en espérant qu'ils n'attaqueraient pas cette nuit. Ils étaient plusieurs dizaines et patientaient en sachant très bien qu’il dormirait tôt ou tard. Une fois de plus, ils avaient attendu le milieu de la nuit où le sommeil ralentit les réflexes. Mais ils avaient tort. A la moindre alarme, l'adrénaline hurlait dans ses veines et le réveillait instantanément.
Il vérifia rapidement les cartouches qu’il avait remplies de chevrotine pour ses visiteurs nocturnes et entrouvrit avec précaution la porte de la chambre. Rien ne bougeait dans le salon, mais l'obscurité était complète.
Ils avaient attendu que la lune se cache pour lancer l'attaque. Ces charognes connaissaient leur boulot.
Il sortit doucement, collé contre le mur, les tempes battantes. S’ils avaient réussi à entrer, il était foutu. Un mois plus tôt, l'un d'entre eux avait pénétré dans la maison et l'avait coincé contre un mur pour promener sous son nez un long couteau à cran d’arrêt. Malgré le noir, il avait vu les yeux brûlants, les pupilles dilatés par le Junk et il avait su qu’il allait mourir. La pointe de la lame avait commencé son œuvre sur sa carotide, et il sentait encore la puanteur qui montait de cette bouche pourrie et du corps qui l'écrasait. Jusqu'à ce que Janette lui plante dans le dos le pic d'alpiniste du grand père Luc. Brillante carrière ! Tant de fois premier de cordée sur les sommets des Alpes, pour finir entre les omoplates d'une merde défoncée.
Il s'allongea sur le vieux parquet et rampa dans la poussière jusqu'au poste d'alimentation pour couper la sirène. Le cœur battant, le fusil pointé devant lui, il se tint prêt à désintégrer n'importe quelle ombre. Une sueur aigre piquait ses yeux. Il faisait au moins trente degrés, et il devait être entre deux et trois heures du matin. La canicule avait encore augmenté ces derniers jours, l'air épais refusait qu'on l'aspire. Pourtant l'été n'avait même pas commencé, on n'était qu'à mi-avril. Voilà qui promettait. Ce n'est pas cette année que l'herbe repousserait.
La peur accentuait la sueur, qu’il essuya d'un bras dégoulinant. Il n'y avait aucun bruit dans la maison, pas de mouvement ou de respiration retenue derrière la porte. Il se glissa prudemment jusqu'à la fenêtre et fouilla la nuit à la recherche d'une ombre ou d'un mouvement. Rien dans le jardin. Aucune vermine accroupie dans la terre, en train de dévorer tous crus ses précieux légumes. De l'enclos non plus ne venait aucun bruit. Les chèvres s'étaient calmées avec l’arrêt de la sirène. Aucun égorgeur n'était à l'œuvre. Apparemment, ils n'avaient pas réussi à franchir la barrière.
Il se détendit un peu et s'autorisa même une halte sur le fauteuil du salon, pour se régaler des râles qui s'épuisaient peu à peu en haut du mur de clôture. Des étincelles fusaient dans le noir. Les arcs électriques dessinaient des ombres mouvantes sur le vieux papier à fleurs et une odeur entêtante de chair grillée envahissait la pièce. Il les avait bien eus cette fois. Il avait rehaussé le mur, mis des barbelés, des pièges, des trappes. Rien ne les arrêtait bien longtemps. Alors il avait installé la veille sur le faîte un long fil électrique relié aux batteries qu’il chargeait depuis des jours avec l'éolienne. Celui qui grillait là-haut ne viendrait plus rien voler. Il servirait d'exemple aux autres. Demain matin, il clouerait ce qui en resterait à un long mât que les vermines de sa bande pourraient contempler. Pour les faire méditer avant de se jeter à l'assaut.
Il sursauta et faillit tirer instinctivement dans le noir. Putain, il y en avait un en haut de l'escalier ! Il venait d'entendre grincer la lame mal fixée du plancher, juste devant la chambre de Jimmy. Ce salaud avait deviné où dormait le gosse. Il fallait l'avoir avant qu'il entre. Son cœur se déchaînait à faire mal. Il glissa silencieusement jusqu'au pied de l'escalier et monta doucement. Le temps semblait ralenti. Tout se déroulait dans sa tête comme dans ces anciens films de télévision. Avant cette saloperie de canicule et le chaos qui l'avait suivie.
« Eviter la troisième marche qui craque. Respirer doucement, pour que l'autre n'entende pas. »
Il arriva sur le palier. Une forme claire était collée contre le mur.
« Allez, vas-y ! Jimmy est juste derrière ! Fais voir ce que tu as dans le ventre ! Explose cette ordure ! »
Il avait beau s'invectiver, la trouille le paralysait.
« Tu sautes d'un coup et tu l'ajustes ! »
Il prit son élan, se jeta dans le couloir en hurlant et appuya sur la détente. Heureusement, au dernier moment, il dévia le canon, le coup porta trop haut et enleva seulement un énorme morceau de mur.
– Meeerde ! Janette ! Qu'est ce que tu fous là ? J'ai failli t'arracher la tête ! Bon sang, les Creveurs sont partout autour de la maison comme des chiens autour d'un os, et toi tu te promènes dans le noir sans prévenir. Heureusement que j'ai visé trop haut !
– Justement ! cria-t-elle. Si tu visais mieux, je craindrais moins pour Jimmy. Pendant que tu joues au soldat pour défendre tes chèvres, moi je surveille notre fils. Où crois-tu qu'ils iront s'ils réussissent à entrer ? Ils fileront ici, pour l'emmener avec eux et en faire aussi un Creveur. Ils le bourreront de Junk jusqu'à ce qu'il gueule comme eux en allant égorger son prochain. Pendant qu'ils t'amuseront dans le jardin, ils essaieront de monter jusqu'ici, j'en suis sûre !
– Et tu feras quoi ? Tu les supplieras à genoux de ne pas toucher à ton gentil petit garçon ? Qu'il mérite mieux que leur bande de rats ? Tu me fais rire, tiens ! Tu aurais dû prendre le pic à glace, comme ça tu en aurais peut être amoché un ou deux, avant qu'ils t'allongent sur le parquet. Jimmy aurait de beaux souvenirs avec deux ou trois Creveurs qui se soulagent sur sa mère avant de lui ouvrir le ventre et de la regarder crever en dansant !
– Arrête !
Jimmy criait et pleurait dans sa chambre. Une fois de plus, la sirène le réveillait en pleine nuit. Quelle vie pour un enfant de deux ans ! Etre obligé de vivre dans un enclos fermé de hauts murs piégés, avec un père qui ne lâche pas son fusil.
– Je te dis qu'il n'y a pas d'autre solution ! continua-t-il plus bas. Il faut les arrêter au mur, coûte que coûte. Les griller comme des rats, jusqu'à ce qu'il n'en reste aucun ou qu'ils aillent trouver un refuge moins bien défendu. S'ils passent le mur, nous sommes cuits. Je suis seul avec en tout et pour tout trois fusils en état de marche et des cartouches qui commencent à s'épuiser. Et un pic d'alpiniste. Ils ne doivent pas passer ce putain de mur !
– Chuut ! Ça va, arrête ! C'est fini pour ce soir, ils ne reviendront pas. Bon sang, ça empeste. Qu'est ce que tu as fait ?
– Du porc rôti. J'espère que ça va les refroidir pour quelques jours.
– Ça risque plutôt de leur donner faim, oui !
Janette entra dans la chambre et prit leur fils dans ses bras. La terreur écarquillait ses yeux bleus, et il tremblait de tous ses membres. Même s'il n'avait jamais vu de Creveur, il savait que le danger rodait derrière la barrière et viendrait avec des cris et des coups de fusil. La douceur des bras de sa mère calma peu à peu ses sanglots, mais les tremblements et les regards effrayés ne le quittèrent pas.
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béquille mutuelle

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MessageSujet: Refuge 2ème partie   Dim 28 Sep 2008 - 21:47

Etienne soupira. La tension retombait. L'attaque du jour avait encore échoué, ils étaient saufs pour quelques heures.
Seulement quelques heures sans doute.
Ce qui intéressait les Creveurs, c'était l'eau, bien sûr. Elle valait bien plus cher que l'or ou le pétrole depuis que la sècheresse avait gagné toute l'Europe. On disait que le litre se vendait au marché noir à plus de trois cents euros. Leur source débitait presque dix litres par jour. Une fortune mais surtout une chance immense qui attisait tous les appétits. Quand la canicule et l’arrêt des pluies avaient grillé toute la végétation dans les années vingt, il avait bien fallu se rendre à l’évidence : plus d’eau, plus de nourriture, plus de règles. La loi du plus fort était réapparue. Les cadavres avaient jonché les rues. Les plus chanceux avaient réussi à fuir vers le nord, grossissant le flot des réfugiés partis d’Afrique, d’Espagne ou d’Italie pour traverser une France assoiffée et finir agglutinés dans des camps contre les barbelés barricadant la Scandinavie, seul endroit où les cultures étaient encore possibles. Les rumeurs de massacres contre les occupants des camps, au Danemark ou en Allemagne, avaient poussé Etienne et Janette à ne pas partir. Il avait souvent entendu Grand-père parler de ses bivouacs en montagne, de randonnées en altitude où un ruisseau coulait gaiement, où une source fraîche avait étanché sa soif. Il avait réussi à acheter trois litres d’eau sans se faire égorger ─ cent cinquante euros, déjà ! ─ et convaincu, non sans mal, Janette de s’enfoncer avec lui dans le Vercors.
L’Isère et la Bourne étaient sèches depuis longtemps, les villages désertés, les maisons pillées. Les vallées s’étaient succédées, brûlées par le soleil, calcinant leur espoir. Jusqu’à ce que la chance leur sourît. Près du Pas de l’âne, dans une vallée reculée au pied du Grand Veymont, adossé à un escarpement inaccessible, un carré de verdure résistait. Un demi hectare, à peine, mais déjà largement convoité. Quand ils étaient arrivés, une vingtaine d’hommes, au moins, faisaient le siège du petit fortin qui englobait quelques arpents d’herbe et même des arbres encore verts. Tous avaient compris que de l’eau coulait là. Il n’y avait qu’une possibilité : une source. L’eau qui traverse les montagnes peut mettre parfois des dizaines d’années avant de ressurgir. Celle-ci devait en faire partie et leur tendait les bras, il suffisait de la prendre. Sauf que, depuis le fortin, les balles s’abattaient sur les assaillants. Ces imbéciles, enivrés de chaleur et de rage, fonçaient droit sur l’enclos de rondins, percé de deux meurtrières d’où les occupants tiraient, comme à un stand de foire.
Etienne avait tout de suite compris que leur futur pourrait être là. Il s’était caché, aux côtés de Janette, à l’ombre d’un gros rocher pour scruter la bataille et avait déclaré qu’ils pouvaient boire les dernières gouttes de leur gourde. L’une des meurtrières s’était brutalement tue au bout de quelques heures, ravivant la haine des assaillants, mais la nuit était déjà là quand les tirs avaient cessé. Les cadavres jonchaient le grand espace découvert aménagé pour la défense du fortin.
Etienne avait attendu que la lune se cache, les yeux grands ouverts, emplis d’une détermination absolue. Il s’était alors glissé vers les corps, avait récupéré armes et cartouches et s’était enfoncé dans le noir.
Quelques minutes plus tard, des cris avaient retenti dans le fortin. Puis deux coups de feu. Tremblant de peur, Janette avait attendu dans la nuit et le silence. Plus rien ne vivait ici, plus d’oiseaux, plus d’insectes. La forêt était morte entraînant ses habitants avec elle. Etienne était réapparu comme une ombre. Il n’avait rien dit. Elle n’avait rien demandé.
En quelques jours, craignant qu’une nouvelle bande se matérialise à l’entrée de la vallée, il avait renforcé l’enclos, surélevé les rondins, creusé un fossé extérieur. Janette s’était occupée du trésor : deux chèvres et des poules, quelques dizaines de kilos de maïs, des légumes, des graines. Et surtout, la source, au fond de l’enclos, loin à l’abri d’un surplomb escarpé. Le premier jour, ils étaient restés assis plusieurs heures à écouter la musique si douce des gouttes cristallines et avaient compris à quel point ils devraient se battre pour les conserver.
Ils ne s’étaient pas trompés. Les bandes s’étaient succédé. Au début, composées de pauvres hères squelettiques que le désespoir poussait vers le fusil d’Etienne bien qu’il les enjoignît à chaque fois de passer leur chemin. Les repousser n’avait pas été bien difficile.
Jusqu’à ce que les Creveurs fassent leur apparition. Peu à peu, dans les villes, les truands, les escrocs, les assassins, s’étaient réunis. Leurs groupes s’étaient organisés, des chefs avaient émergés et ils avaient mis à sac le peu qui restait. Avant de partir à la recherche des rares bastions que la canicule avait épargné. Comme son refuge. Ces porcs auraient tôt fait de le piller et le détruire, il en était sûr. Puis ils partiraient en quête d'un autre endroit à ravager.
Mais ils ne partiraient pas seuls. Janette avait raison d’avoir peur pour son fils. Ils emmenaient aussi tous les enfants qu'ils pouvaient ravir, après avoir violé et tué leur famille. Leurs attaques leur coûtaient cher, et ils devaient sans cesse renouveler leur bande. Leur Meute comme ils l'appelaient. La rumeur disait que les enfants enlevés étaient parqués jusqu'à ce que la faim et la soif leur enlèvent toute résistance. Puis le Junk était mélangé à leur nourriture et ils n'avaient à boire que l'infect alcool de bois que les Creveurs ingurgitaient eux-mêmes avant de monter à l'assaut. Cette saleté faisait des trous dans le cerveau des gosses, décuplait leur haine et leur violence, et ils finissaient par s'égorger entre eux. Les plus féroces devenaient membres de la bande, gavés de haine.
Car un Creveur hait tout. S'il ne l'a pas fait lui-même, les autres ont égorgé son père et violé sa mère. Il n'a plus rien, ni toit, ni famille, et même pas de nourriture car plus rien ne pousse. Il n'a que la Meute, la chaleur et le désert, la faim et la soif. Et la Haine. De tout ce qui existe. Des maisons, des parents et des enfants, des animaux, du jour et de la chaleur et le Junk lui dit de détruire tout ça. Pas de le prendre, il se fout d'avoir un lopin de terre galeux, rongé par la canicule, et convoité par les autres meutes. Un Creveur, ça ne travaille pas, ça tue. Alors il monte à l'assaut. Pour boire, jouir et tuer.
Etienne savait tout ça. Mourir ne lui faisait pas peur. Plus maintenant. Il se battait pour défendre ses quelques mètres carrés de terrain et sa source depuis déjà quatre ans. Il avait repoussé une dizaine de Meutes, mais qui était là dehors, état particulièrement tenace. Elle faisait le siège de leur refuge depuis trois mois. Il savait que la fin viendrait un jour et qu'elle ne le prendrait pas dans son lit, mais imaginer Janette dans leurs pattes et Jimmy dans la peau d'un des leurs le révulsait.
Sa femme descendit de l’étage et se blottit dans ses bras. Il serra très fort son corps fragile, comme pour absorber l'angoisse qui la faisait encore trembler. Il massa doucement les muscles contractés de son dos et enfouit son visage dans les cheveux bruns pour un petit baiser au creux de son cou. Elle frissonna. Un tout petit frisson qui, pour une fois, ne devait rien à la peur. Son corps exhalait une odeur doucereuse de sueur et de poussière. Elle rognait pourtant tous les jours sur sa ration d'eau pour rester "présentable" comme elle disait. Un demi-litre entier passait à une toilette minutieuse et elle peignait ensuite ses longues mèches pendant plusieurs minutes. Il assistait avec un ravissement toujours renouvelé à ces quelques minutes de calme.
Il goûta sa peau. Juste sous l'oreille, là où elle était si fine et tendre. Chaude et salée. Aucun parfum au monde ne pourrait égaler ça. Il mourrait plutôt que la perdre. Quand les cartouches seraient finies, il continuerait avec le pic à glace et les couteaux. Avec les dents s'il le fallait, mais les Creveurs ne la toucheraient pas.
– Lâche-moi, s'il te plaît. Tu me fais mal, souffla-t-elle. Tu serres comme un Turc, dit-elle en s'éloignant d'un pas pour le contempler.
Il réalisa alors qu’il était toujours nu et plaqua sa main devant son sexe, ce qui la fit rire. Il adorait l'entendre rire.
– C'est vrai qu'en quatre ans, tu es devenu un vrai colosse. Ou plutôt un homme des cavernes, surtout pour l'odeur, plaisanta-t-elle en ébouriffant sa tignasse.
Elle avait sûrement raison. Il avait oublié depuis longtemps toute coquetterie. Elle l'aidait à couper court cheveux et barbe pour éviter les nœuds et la vermine, mais la ration d'eau était juste suffisante pour sa soif. En conséquence, malgré ses remontrances sur son parfum de bouc, il ne se lavait qu'une fois par mois.
La crainte était déjà revenue dans ses yeux. Elle était épuisée, elle ne dormait quasiment plus. Le souvenir de l’homme qu'elle avait épinglé ne voulait pas disparaître. Elle le revoyait toutes les nuits, se retournant lentement pour l'embrasser de ses yeux fous, et tendre vers elle des mains décharnées, avant de s'effondrer sur le tapis. Les entendre gueuler derrière le mur quand la chevrotine leur trouait le ventre ou même les voir embrochés sur les pieux au fond des trappes, c’était une chose. En clouer un soi-même et voir la mort dans ses yeux, c’en était une autre.
– Va te coucher, lui souffla-t-il. J'arrive. Je vais juste faire un petit tour pour être sûr que tout va bien.
Il la laissa seule dans le noir. Ils n'allumaient plus, parce qu’il ne voulait pas vider les batteries qui avaient fait la preuve ce soir de leur utilité, mais surtout de peur d'être la cible d'un tireur embusqué au loin, même s’ils avaient coupé les arbres morts dans un rayon de plusieurs centaines de mètres.
Il savait qu'elle monterait vérifier si Jimmy dormait, qu'elle déposerait un baiser sur sa joue et redescendrait se recroqueviller dans le fauteuil. Puis qu'elle attendrait son retour, en sursautant au moindre chuchotement des vieux murs.
Il ne se rendit compte de rien. Ni de l'endroit où cette ordure de Creveur avait réussi à se planquer, ni avec quoi il le frappa. En tout cas, le premier coup qu’il reçut sur le crâne fut le bon.



FIN
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