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 Rayon de Lune

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Alizé

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MessageSujet: Rayon de Lune   Lun 29 Sep 2008 - 16:41

Avant, il y a bien longtemps, la lune et le soleil se partageaient le ciel. Le soleil apportait sa lumière aux hommes et aux plantes, la lune murmurait ses secrets au grand jour, elle auréolait de son halo les amoureux ; les petits comme les grands. Il en avait toujours été ainsi, lune et soleil amis pour la vie, mais un jour se passa une chose bien regrettable ; une dispute et...la lune partit disant qu'elle ne sortirait plus que la nuit, et c'est ce qu'elle fit.

Hélas, la nuit il fait froid, et la lune s' enrhuma, la pauvre éternuait tant et si fort que suite à un ATCHOUM explosif elle perdit un bout de son écorce. Le morceau lunaire, après une longue chute tomba dans la mer. A peine au contact de l'eau, ce morceau de lune fait de cailloux, de sable et de poussière d'étoile se transforma en une jolie petite fille au teint pâle et argenté, les poissons la nommèrent "Rayon de lune". L'enfant vécut quelque temps au fond de l'eau, tout ce qu'elle voyait l'enchantait et elle ne manquait pas d'amis, malgré cela, elle avait toujours froid, rien ne parvenait à la réchauffer...

Un jour elle entendit le ronronnement d'un moteur. Un bateau !
Curieuse, oubliant toute prudence elle s'approcha et...se sentit soulevée hors de l'eau ; elle s'était fait prendre par le filet du pêcheur. Elle se trouvait maintenant sur un frêle esquif, en face d'elle un vieil homme la regardait, il semblait bon et chaleureux. Ah, cette chaleur... d'où venait-elle ; du regard de l'homme ou de l'astre qui incendiait le ciel ? Sans nul doute cette douceur émanait de l'astre ; elle se sentait merveilleusement bien avec ce soleil qui caressait sa peau blafarde. Elle ne voulut plus connaître le froid des profondeurs marines et demanda au pêcheur de la ramener sur la terre ferme, c'était sans compter sur le vent ! Le vent , arbitre des querelles entre le soleil et la lune, avait pour mission de veiller à ce que jamais le moindre éclat de lune ne profite d'un rayon de soleil, il souffla donc si fort qu'une tempête se leva, renversant tout sur son passage, y compris le bateau et ses passagers. Les poissons alors se mirent tous ensemble formant un banc, nageant, ondulant, un matelas vivant sur lequel l'enfant et le vieil homme se laissèrent transporter...

Arrivés sur la plage, la petite fille épuisée s'endormit. A son réveil le vieil homme avait disparu, à sa place se tenait maintenant une très vieille femme. L'enfant toute tremblante de froid et de peur, lui raconta son histoire. La vieille femme lui proposa de l'héberger pour la nuit, elle fit un bon feu de cheminée, et dit à l'enfant de s'en approcher...
l'enfant avait toujours froid.
La femme jeta sur le brasier ses plus grosses bûches de chêne, la flambée était magnifique...
l'enfant grelottait toujours.
" Je vois dit la vieille femme, seule la magie pourra te délivrer, mais il faut que tu m'aides, je ne peux te guérir seule !"
"Je connais le moyen de te réchauffer, mais auparavant il faut que tu ailles chercher un anneau d'or que j'ai perdu il y a bien longtemps au fond de l'océan."
Rayon de lune retourna sur la plage, appela ses amis les poissons, ceux ci partirent immédiatement et revinrent peu de temps après avec l'anneau.
"Bien, dit la vieille dame, maintenant vois-tu ces hautes montagnes ? derrière il y a une immense forêt, et encore derrière une prairie. Tu verras dans la prairie gambader un cheval blanc, ses yeux sont en forme de croissants de lune. C'est lui que tu dois rencontrer, il te faudra l'apprivoiser et il t'aidera à trouver ce que tu cherches."

Rayon de lune partit, sans amis cette fois, ses compagnons de route s'appelaient confiance et courage. Elle franchit la montagne, traversa la forêt, arriva enfin dans la prairie, où effectivement caracolait un cheval blanc aux yeux croissants de lune...de loin elle s'avançait en chantant , un chant mystérieux qu'on entend que dans le silence des grands espaces marins ou célestes ; le chant des sirènes. Le cheval charmé s'arrêta, laissa l'enfant s'approcher de lui, il fit même quelques pas pour réduire la distance qui les séparait. Le cheval écouta attentivement les confidences de l'enfant, puis il dit : "Je vais t'emmener chez le soleil, auprès de lui tu auras chaud, mais le chemin est long et si je m'endors nous tomberons tous les deux à nouveau dans la mer. Tu auras donc pour tâche de me chanter une chanson tout le temps que durera le voyage ".
Ainsi fut fait, Rayon de lune s'installa confortablement sur le dos du cheval et prit bien soin de ne jamais s'arrêter de chanter :
" Au clair de la lune
Mon ami cheval
Prête moi ta selle
Pour voir le soleil"
Le cheval resta éveillé, il déposa l'enfant au royaume du soleil, celui-ci la reçut comme sa propre fille, le courage de Rayon de lune et son immense besoin de chaleur, effaça des années de fâcheries...

Maintenant, si vous regardez bien le ciel vous pourrez voir la lune alors que le soleil s'est levé, peut-être la verrez vous aussi alors que le soleil n'est pas encore couché.
Et le cheval me direz-vous, il n'a pas oublié l'enfant, il la sait heureuse, et caracole de plus belle à cette idée. Parfois vous verrez dans le ciel la nuit un trait de lumière, ce n'est pas une étoile filante mais un flash d'amour que s'envoient le cheval et l'enfant.


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Alizé

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MessageSujet: Prince téméraire   Mer 1 Oct 2008 - 15:08

C'était une bien curieuse montagne, elle semblait inaccessible...d'ailleurs, de mémoire d'homme dans le village, personne n'avait jamais osé s'aventurer au delà de la forêt de sapins qui formait une barrière naturelle et sombre, barrière qui marquait l'entrée d'un territoire maudit. Pourtant, un chemin escarpé semblait attendre les pas qui oseraient affronter les ronces, la végétation serrée, atteindre les cimes, et enfin comprendre le mystère.
De la vallée, on pouvait voir des pics blancs se dresser et tels des lances transpercer les nuages, on prétendait même qu'un château aurait été creusé dans la roche , que ses salles seraient d'anciens habitats troglodytes et ses tours les pics aperçus du village.
Loin de là, dans une maison isolée, vivait un jeune homme qui, depuis sa naissance n'avait connu que la misère, il ne rêvait que de s'affranchir de la pauvreté et résolut donc de s'en aller chercher fortune de par le monde.
Rien ne l'aurait détourné de son projet hasardeux, ni le regard de son père, ni l'amour de sa mère. Sa décision était prise, il ignorerait les dangers, il y ferait face au moment voulu, à l'heure du départ et des adieux il ne voulait même pas y penser.

Au revoir chers parents, fort de votre amour je pars, j'affronterai le monde et vous reviendrai riche, avec vous et nos amis je partagerai cette fortune...ayez confiance, je vous aime !

Il marcha par monts et par vaux, rien ne l'arrêtait. Un jour, il s'engagea dans un sentier envahi par les ronces, il gravit un sentier escarpé, il finit son ascenssion par de l'escalade et se retrouva au sommet, au bout de ses efforts...pas encore, devant lui se trouvait l'entrée d'une demeure impressionnante dont il ignorait l'existence.

Un château, ici ?

Il souleva un anneau de métal qui résonna lourdement sur le portail. Un vieillard apparut, l'homme était aveugle et portait à sa ceinture un trousseau de douze clefs.
" - Pourquoi me déranges-tu, que veux-tu de moi ?
- Un gîte et un couvert, je suis épuisé d'avoir tant marché depuis des jours ! En échange de votre hospitalité je vous servirai tel un employé et je vous en serai reconnaissant tel un fils.
- Vois-tu, déclara le vieil homme après avoir réfléchi, je pourrais bien te prendre pour fils, mais il faudrait que tu te couches sur le ventre et que tu supportes que je te t'administre trois coups de bâton, ainsi je croirai à ton dévouement filial et je pourrai accepter tes services dont j'ai grand besoin. L'épreuve passée je t'ouvrirai ma demeure.
- Donne m'en dix si tu veux, mais accepte de me prendre pour fils, répondit le jeune homme.

Non, il n'avait aucunement le désir d'endurer la souffrance...il avait remarqué des sacs bourrés de paille, il s'empara donc d'un sac, le mit sur son dos et s'étendit sur le sol.

- Es-tu prêt ? interrogea l'aveugle.
- Oui, répliqua le jeune homme malicieusement.
Le vieil homme leva son bâton et le laissa retomber sur sa victime, le choc fut vigoureux, et retentit en même temps qu'un cri de douleur.
- Aïe !
Même geste violent répété.
-Aïe, Aïe !
Encore une fois.
- Aïe, Aïe, Aïe, tu me tues, ne frappe pas si fort ! Stop ! Trois coups c'est bon, on en reste là.
Sur ces paroles le jeune homme se releva, envoya le sac de paille au loin d'un coup de pied. Le vieil homme le prit par les épaules, tâta son dos comme s'il voulait vérifier que ses coups n'avaient occasionné aucune fracture, puis il le serra dans ses bras. Ensuite il lui confia dix clefs de son trousseau.
- Les deux dernières me sont réservées. Après le repas, tu pourras commencer à explorer les salles que je t'autorise à visiter... Tu as de quoi t'occuper et t'émerveiller mon fils !

.........................


Dernière édition par Alizé le Lun 9 Mar 2009 - 18:34, édité 3 fois
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Romane
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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Lun 24 Nov 2008 - 4:27

Aussi stupide que cela te paraîtra, Alizé, je réalise que je n'ai jamais lu ce que tu as écrit. Probablement ce récit est passé à la trappe un jour de bug qui ôte le marquage des clochefeuilles, comme dirait Scapinocchio. Je n'ai même pas tilté le jour du dernier rangement !
Cette fois, ça fait "clic" dans ma tête. Je continue à ranger mais je sais que j'ai à te lire, et même j'ai assez hâte parce que je ne connais de toi que ta poésie !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Alizé

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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Lun 24 Nov 2008 - 12:37

Il n'y a pas d'urgence à la lecture puisqu'il n'y en a pas à l' écriture.
J'ai placé ici des contes pour enfants que j'avais l'intention d'écrire.
Le deuxième est loin d'être terminé, mais je n'ai pas le temps d'écrire en ce moment.
Je pense qu'il sera nécessaire que je relise moi même mes contes et que je corrige certaines lourdeurs qui ne m'ont pas sauté aux yeux lors de l'écriture.
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gohelan

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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Jeu 27 Nov 2008 - 1:41

j'ai lu et je trouve tes contes superbes. Tout en restant un peu sur ma faim, j'aimerais que tu développes davantage. Mais ce ne seraient plus des contes, alors!
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Romane
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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Jeu 27 Nov 2008 - 3:26

Je crois qu'Alizé peut développer sans craindre de perdre le côté conte de ses histoires. Et même, Alizé, je t'y incite. Elles sont poétiques et douces, on en redemande. Pourtant, j'ai passé l'âge, mais voilà... charmée, la Ro !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Alizé

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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Jeu 27 Nov 2008 - 10:42

Normal que tu sois resté sur ta faim Gohelan, le deuxième conte et inachevé. Je me remettrai à son écriture lorsque j'aurai plus de temps.
J'avais l'intention d'écrire des contes lorsque j'ai cessé mon activité professionnelle, il m'aura fallu un an pour que je m'y mette.
J'ai lu de bons contes à mes élèves, mais il leur manquait une dimension, que j'essaie d'apporter dans mes écrits ( si je poursuis), replacer l'enfant dans sa famille, faire comprendre les liens qui se tissent entre les personnages...dans ce sens ils pourraient intéresser les adultes. Je n'oublierai pas bien sûr la poésie dans mes histoires, qu'elle soit présente dans mes contes comme elle l'est dans la vie pour peu qu'on la regarde.
Ces propos semblent disproportionnés alors qu'on ne peut lire précédemment que deux petits bouts de contes !
Merci d'avoir lu ces contes Gohelan et Romane.
Eh oui, ils gardent l'empreinte de la douceur. Ce qualificatif me colle à la peau, il va bien falloir que je l'accepte.
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lison

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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Ven 28 Nov 2008 - 3:01

Alizé, quand mes enfants étaient petits, je leurs faisais la lecture d'une histoire chaque soir. C'était un bon moment pour nous tous et je crois qu'ils auraient beaucoup aimé tes contes. Tu n'aurais pas envi de faire un livre par hasard ?

Bravo tu as éveillé mon coeur d'enfant.
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Alizé

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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Ven 28 Nov 2008 - 11:00

Merci pour ta lecture Lison.
Un livre, pourquoi pas...si j'ai assez d'imagination pour écrire suffisamment de contes.
Je pensais les proposer au "Belles Histoires" individuellement, mais dans ce cas je ne sais pas si ensuite on peut faire éditer un recueil.
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Alizé

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MessageSujet: Prince téméraire (suite)   Lun 19 Jan 2009 - 19:41

C'était une bien curieuse montagne, elle semblait inaccessible...d'ailleurs, de mémoire d'homme dans le village, personne n'avait jamais osé s'aventurer au delà de la forêt de sapins qui formait une barrière naturelle et sombre, barrière qui marquait l'entrée d'un territoire maudit. Pourtant, un chemin escarpé semblait attendre les pas qui oseraient affronter les ronces, la végétation serrée, atteindre les cimes, et enfin comprendre le mystère.
De la vallée, on pouvait voir des pics blancs se dresser et tels des lances transpercer les nuages, on prétendait même qu'un château aurait été creusé dans la roche, que ses salles seraient d'anciens habitats troglodytes et ses tours les pics aperçus du village.
Loin de là, dans une maison isolée, vivait un jeune homme qui, depuis sa naissance n'avait connu que la misère, il ne rêvait que de s'affranchir de la pauvreté et résolut donc de s'en aller chercher fortune de par le monde.
Rien ne l'aurait détourné de son projet hasardeux, ni le regard de son père, ni l'amour de sa mère. Sa décision était prise, il ignorerait les dangers, il y ferait face au moment voulu, à l'heure du départ et des adieux il ne voulait même pas y penser.

Au revoir chers parents, fort de votre amour je pars, j'affronterai le monde et vous reviendrai riche, avec vous et nos amis je partagerai cette fortune...ayez confiance, je vous aime !

Il marcha par monts et par vaux, rien ne l'arrêtait. Un jour, il s'engagea dans un sentier envahi par les ronces, il gravit un sentier escarpé, il finit son ascension par de l'escalade et se retrouva au sommet, au bout de ses efforts...pas encore, devant lui se trouvait l'entrée d'une demeure impressionnante dont il ignorait l'existence.

Un château, ici ?

Il souleva un anneau de métal qui résonna lourdement sur le portail. Un vieillard apparut, l'homme était aveugle et portait à sa ceinture un trousseau de douze clefs.
" - Pourquoi me déranges-tu, que veux-tu de moi ?
- Un gîte et un couvert, je suis épuisé d'avoir tant marché depuis des jours ! En échange de votre hospitalité je vous servirai tel un employé et je vous en serai reconnaissant tel un fils.
- Vois-tu, déclara le vieil homme après avoir réfléchi, je pourrais bien te prendre pour fils, mais il faudrait que tu te couches sur le ventre et que tu supportes que je te t'administre trois coups de bâton, ainsi je croirai à ton dévouement filial et je pourrai accepter tes services dont j'ai grand besoin. L'épreuve passée je t'ouvrirai ma demeure.
- Donne m'en dix si tu veux, mais accepte de me prendre pour fils, répondit le jeune homme.

Non, il n'avait aucunement le désir d'endurer la souffrance...il avait remarqué des sacs bourrés de paille, il s'empara donc d'un sac, le mit sur son dos et s'étendit sur le sol.

- Es-tu prêt ? interrogea l'aveugle.
- Oui, répliqua le jeune homme malicieusement.
Le vieil homme leva son bâton et le laissa retomber sur sa victime, le choc fut vigoureux, et retentit en même temps que le cri de douleur qui l’accompagnait.
- Aïe !
Même geste violent répété.
-Aïe, Aïe !
Encore une fois.
- Aïe, Aïe, Aïe, tu me tues, ne frappe pas si fort ! Stop ! Trois coups c'est bon, on en reste là.

Sur ces paroles le jeune homme se releva, envoya le sac de paille au loin d'un coup de pied. Le vieil homme le prit par les épaules, tâta son dos comme s'il voulait vérifier que ses coups n'avaient occasionné aucune fracture, puis il le serra dans ses bras. Ensuite il lui confia dix clefs de son trousseau.
- Les deux dernières me sont réservées. Après le repas, tu pourras commencer à explorer les salles dont je t’ai confié les clés... Tu as de quoi t'occuper et t'émerveiller mon fils !

………..

Piqué par la curiosité, le nouveau fils en la demeure s’empressa d’ouvrir les dix salles ; dans la première il découvrit des objets en argent, la seconde contenait des monticules de pièces d’or, la troisième cachait des coffrets emplis de perles fines, la quatrième était l’écrin géant des rubis. Au fur et à mesure de ses explorations le jeune homme allait d’émerveillements en éblouissements, les portes abritaient des joyaux de plus en plus précieux ; dans la dixième salle, la dernière qui lui était autorisée, brillaient des diamants.
Que pouvaient contenir de plus précieux encore les dernières salles ?
Il fit part de sa joie et de sa reconnaissance au vieil homme, usant de mille stratagèmes pour tenter de convaincre son mystérieux bienfaiteur de lui accorder sa confiance et …les deux clés restantes du trousseau.
Rien n’y fit, sous sa barbe le vieil homme souriait.
- Plutôt que de me questionner inutilement, va rassembler mes moutons, cela fait si longtemps que je ne les ai pas sortis. Ils ne connaissent plus le goût de l’herbe verte des prés. Tu peux les conduire partout, mais un conseil, évite la montagne aux fées. Tu n’y rencontreras pas des fées mais des sorcières. Elles sont trois et se jouent des hommes, crois moi, je sais de quoi je parle, ces trois folles m’ont arraché la vue.
Le jeune homme glissa une flûte à sa ceinture, saisit un bâton et alla au bercail où l’attendait le troupeau. En marche vers les pâturages le berger se demandait bien pourquoi il n’irait pas vers la montagne aux fées, il ne trouvait que des bonnes raisons pour occulter les conseils de son hôte. Il était sans crainte. Les bêtes, elles, étaient fébriles et affamées, après tant d’années de privation elles méritaient d’être conduites dans un pré où l’herbe était réputée être grasse, tendre et abondante. Peste soit des recommandations qui sèment le doute dans les esprits !
C’est ainsi que les moutons purent s’en donner à cœur joie, aucun animal n’éprouva le besoin d’aller chercher fleurette plus douce dans un pré voisin, et le berger, lui, put s’asseoir tranquillement à l’ombre d’un arbre. Il sortit sa flûte et entama un air joyeux….attirées par les sons, trois jeunes sorcières arrivèrent et se mirent à danser frénétiquement. Après une première danse, elles hélèrent le jeune homme.
- Eh, joli pastoureau, on aimerait jouer avec toi si tu acceptes les défis !
Tu vas jouer de la flûte et nous nous danserons. Si tu tiens le coup plus longtemps que nous, ton désir le plus cher sera exaucé, si c’est nous qui gagnons, tu devras nous céder tes yeux.
- Je suis d’accord, répondit le berger qui dans son village n’avait pas d’égal dans l’art de la flûte, mais il se garda bien de le dire aux danseuses.
S’ensuivit une folle sarabande ; le garçon soufflait, les fées dansaient…il souffla de plus en plus fort, les fées suivirent le rythme…un temps, car danser de plus en plus vite provoqua leur épuisement. Elles en avaient pourtant de l’énergie les diablesses !
- Arrêêête…on n’en peut plus ! supplièrent-elles à bout de souffle. C’est à peine si elles parvenaient à parler.
- Je ne cesserai de jouer, Mesdemoiselles, que si vous me redonnez les yeux de mon père. Vous le connaissez je crois ?
- C’est ça ton désir le plus cher ? demandèrent les sorcières étonnées.
- C’est mon désir, vous n’avez pas à discuter ou à tenter d’en connaître la raison. J’ai relevé le défi, je l’ai gagné, vous devez exaucer mon désir aussi étrange soit-il.
- En effet, gémirent-elles, alors va près du vieux chêne, tu apercevras une grotte, c’est notre demeure. Les yeux que tu cherches sont sur l’étagère transformés en oranges d’or. Emporte les et donne les à ton père, quand il les aura mangées, il recouvrira la vue. Par contre en entrant chez nous, reste silencieux, n’effraie pas nos enfants, ils risqueraient de prendre peur et le Diable sait ce qu’ils pourraient faire.
Aussitôt dit, aussitôt parti… en courant le jeune homme se précipita vers la grotte, toujours courant il entra, frappant le sol et criant. Il saisit les deux oranges d’or et sortit toujours hurlant à pleins poumons. Les enfants des sorcières, réveillées n’eurent même pas le temps de voir qui était entré, elles se mirent à hurler aussi et, prises de panique, sautèrent dans le feu qui les grilla comme des saucisses !
Un peu plus tard quand les sorcières arrivèrent chez elles, elles retrouvèrent leurs petits carbonisés…pauvres sorcières…
- Malédiction, crièrent-elles, nous avons tellement semé la terreur que nous voilà horriblement punies ! Il ne nous reste plus qu’à fuir cette grotte de malheur !
Toutes trois partirent…en les voyant de loin, on ne reconnaissait plus les fées agiles qui si joliment dansaient, le chagrin les avait métamorphosées en « vieilles ». Sans doute marchent- elles encore, car leurs petits pas fatigués ne les ont conduites dans aucun lieu où la danse est possible.


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Irma

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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Lun 19 Jan 2009 - 20:10

Ah oui ! Quand même, la fin est cruelle!
Je raconterai ce conte à mes enfants sans parler des pauvres enfants des sorcières... Smile
Où trouve-tu l'imagination ? C'est foisonnant!
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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Lun 19 Jan 2009 - 20:44

J'ai pas fini !
Si c'est fini pour les sorcières, mais... vous ne voulez pas savoir ce que cachent les deux dernières portes ?
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Irma

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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Lun 19 Jan 2009 - 21:00

Ah mais si ! On veut savoir!
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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Lun 19 Jan 2009 - 21:07

Oui, promis mais je suis paresseuse ou plutôt je papillonne, et je rêve beaucoup surtout maintenant que j'en ai le temps.
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Alizé

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MessageSujet: Prince téméraire (suite)   Mer 21 Jan 2009 - 21:28

Heureux d’avoir débarrassé la montagne de ses créatures malfaisantes, le jeune homme reprit allégrement le chemin du château. Les brebis qui le précédaient n’avançaient guère vite, si bien que dans son élan il se retrouva plusieurs fois au milieu du troupeau…on l’aurait pris pour un pantin dansant et jouant à saute- mouton, la scène était drôle, mais il était seul dans la montagne ; il pouvait donner libre cours à sa joie sans craindre les regards moqueurs.
Dès que le troupeau fut à l’abri dans la bergerie, le garçon se précipita dans les appartements de son père adoptif, il lui tendit un fruit et lui demanda de le manger sans poser de question. Comme par miracle au fur et à mesure que le roi savourait les quartiers d’orange, la vue de son œil gauche devenait plus nette.
- Maintenant cher père, dit le garçon, je peux te donner une deuxième orange, et ton œil droit sera guéri, mais, s’il te plaît, en échange, donne- moi les deux clés qui sont encore accrochées à ta ceinture !
Tout au bonheur de recouvrer une vision parfaite, le vieil homme n’hésita pas à céder les clefs à son sauveur. En tendant son trousseau il souriait, on aurait dit qu’il lançait un clin d’œil malicieux au jeune homme.
Ainsi s’ouvrirent les deux dernières portes !
Vous voulez savoir ce qu’elles contenaient ?
Des fontaines…des fontaines d’eau vive et précieuses…protégées par des animaux féériques.
Dans la onzième salle, la source qui jaillissait était de couleur or, à côté d’elle se reposait un cheval ailé. Le jeune homme éprouva le besoin de se rafraîchir, il se pencha, s’immergea la tête, le buste, il ne s’aperçut pas que de la tête à la taille sa peau était devenue d’Or.
Dans la dernière salle, un âne aux ailes déployées se tenait docilement devant une fontaine où coulait une eau argentée. Cette fois encore, le jeune homme souhaita sentir le contact du liquide précieux sur son corps, il y trempa les pieds, les pieds et les jambes. C’est ainsi que de la taille aux orteils il devint d’argent, mais notre baigneur ne le remarqua pas !
Maintenant au château, il n’y avait plus de secret. Il suffisait de vivre …et le garçon vécu heureux, il se rendait chaque jour utile, le travail ne manquait pas. Parfois il prenait son bâton de berger et accompagnait le troupeau. Avec les bêtes il s’enivrait de l’air des alpages. La vie s’écoulait donc douce auprès d’un père juste et attentionné. Le roi était un homme plein de connaissances et il aimait les partager avec son fils lors des longues soirées au château. Malgré tout, bientôt cette vie privilégiée ne suffit plus au jeune homme, il souhaitait rencontrer d’autres personnes, connaître la ville pourquoi pas. L’animation d’une ville doit être passionnante comparée à l’ennui d’une vie cousue de bonheur donné à profusion !
à suivre...


Dernière édition par Alizé le Lun 9 Mar 2009 - 18:38, édité 1 fois
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Alizé

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MessageSujet: Prince téméraire (suite)   Ven 30 Jan 2009 - 17:46

Un matin au lever du soleil, le berger se rendit près de la fontaine d’or où l’attendait le cheval qui était devenu son confident, il lui fit part de son intention de quitter le château. Le cheval se cabra de joie et dit dans un hennissement.
- Je pars avec toi, j’en ai assez d’être une gargouille de fontaine, de brimer mon élan, de faire comme si j’ignorais avoir des ailes ! Mais je dois te dire que le Roi ne nous laissera pas partir facilement, il enfourchera l’âne et cet animal est plus rapide que moi…
- Que faut-il faire alors pour réussir à nous enfuir ?
- Ignores-tu que dans les contes, des objets magiques nous tirent de toutes les épreuves !
- Des objets magiques ? Je n’en connais pas !
- Eh bien, prenons au hasard, une étrille, une poignée de paille et une cravache…ça fera l’affaire !
Le jeune homme ne se posa pas plus de questions, le cheval son ami était digne de confiance, d’ailleurs bien des aventures lui avaient appris à adhérer envers et contre tout aux caprices du destin, il suffit d’avoir une image claire de ce qu’on désire et d’aller de l’avant …alors il se hâta de réunir les trois objets magiques, puis il sauta sur son destrier et s’envola.
Par quel mystère le vieux roi fut-il arraché à son sommeil ? Je ne saurais vous le dire, en tout cas il se précipita en pyjama vers la salle à la fontaine d’argent, il sauta sur son âne et engagea la poursuite. Le bourricot fusait à une telle vitesse qu’il ne tarda pas à rattraper les fuyards.
- Jette l’étrille, vite ! dit le cheval.
Dés que l’étrille atteignit le sol, une forêt d’épineux surgit devant l’âne, barrant la route au vieil homme. L’âne malgré les coups d’éperon préféra ne pas déchirer sa robe, il entreprit de contourner l’obstacle, et de redoubler d’ardeur pour finalement arriver à la hauteur des deux amis.
- La paille, jette la maintenant ! ordonna le cheval.
Les brins de pailles dans leur chute étincelaient au soleil comme des aiguilles d’or, arrivés au sol ils se transformèrent en pieux qui s’enfoncèrent profondément dans la terre en provoquant des crevasses infranchissables. Une nouvelle fois le Roi dut contourner l’obstacle, pour mieux dévorer ensuite la distance qui le séparait de son enfant. Il arrivait à son niveau, il n’avait plus qu’à tendre le bras pour faire choir le jeune homme et ses rêves.
- Fouette, fouette l’air avec la cravache !
Avant que la main du vieil homme ne s’empare de son bras, le garçon donna un vif coup de cravache, et entre l’enfant et le roi un large fleuve vint les séparer, il s’étirait sans fin du nord au sud, cet obstacle était infranchissable, incontournable, le roi le comprit aussitôt.
- Arrête-toi mon fils, ne pars pas sans m’écouter, il ya quelque chose que tu ignores et que tu dois savoir !
Le jeune homme ralentit sa monture.
- Que dois-je savoir, parle !
- Regarde-toi dans un miroir mon fils et tu verras que tu es devenu un être d’or et d’argent de la tête aux pieds. Couvre-toi si tu ne veux pas attirer la convoitise, sinon il t’arrivera de grands malheurs en ville.
Après avoir prononcé ces paroles, le vieil homme solitaire fit demi tour et repartit en direction de son palais.
Le jeune homme descendit de cheval, s’approcha du fleuve dont les eaux miroitaient et il se vit, terrible image aussi beau et brillant qu’une statue précieuse ; le vieil homme n’avait pas menti ! Il fallait cacher cette anomalie …comment…le garçon désemparé regarda autour de lui, c’est alors qu’apparut un mendiant. En échange de quelques pièces d’or le mendiant accepta de céder son vieux manteau rapiécé. Le jeune homme l’enfila par-dessus ses luxueux vêtements, puis il s’enfonça sur la tête un bonnet de peau. Ce bonnet était tellement moulant, il masquait si bien tous ses cheveux d’or, qu’on aurait pu le croire chauve.

à suivre...


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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Ven 30 Jan 2009 - 17:57

Je ne voudrais pas couper l'élan de ce conte pour enfant, mais j'avais envie de dire que j'aime beaucoup ce côté fantaisiste. Dans cette féérie émane beaucoup de douceur...
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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Ven 30 Jan 2009 - 18:19

Mais non, tu ne coupes rien du tout !
Je raconte petit bout par petit bout, et quand le conte sera terminé je mettrai tout d'un bloc.
J'aime les contes, je suis à l'aise dans ce genre d'écrits.
Merci de me lire.
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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Ven 30 Jan 2009 - 19:03

Je ne suis pas étonnée que tu t'y sentes à l'aise. On dirait que c'est vraiment ton terrain de prédilection, en tout cas ça coule tout seul !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Sam 31 Jan 2009 - 0:55

Vraiment ton terrain de prédilection...pour reprendre les paroles de Ro. J'approuve et attends la suite. chinois
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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Sam 31 Jan 2009 - 1:46

Merci pour votre passage.
Je m'y remettrai lundi.
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MessageSujet: Prince téméraire (suite)   Lun 2 Fév 2009 - 19:07

Le voyage fut long ; des chevauchées entrecoupées de nuits à la belle étoile…Enfin, après une journée particulièrement épuisante à cause de la faim qui lui tenaillait le ventre, une ville fortifiée posée dans une vallée d’ocre enluminée par la magie du soleil couchant attira le cavalier. Il demanda à son cheval ailé de s’approcher, de survoler discrètement la citadelle. Un parc magnifique où régnaient des arbres plus que centenaires fascina le jeune homme. C’est là qu’il demanda au cheval de le déposer. Dans ce jardin particulier se dressait un manoir, le jeune homme reconnut au dessus de la porte, les armoiries de son père adoptif.
Ainsi donc il avait une nouvelle fois choisi les terres de son père !
Se pourrait-il qu’habite ici la fille du roi ?
Le roi, lui avait longuement parlé d’une fille dont il vantait les qualités de coeur et la beauté.
Le jeune homme se sentit en sécurité, il renvoya son cheval sur ces mots :
- Reprends ta liberté mon ami, va où bon te semble. Je garderai de toi ces quelques poils et, lorsque j’aurai besoin d’une monture je te rappellerai.
Il faisait déjà nuit, le jeune homme se pelotonna sous un buisson pour dormir.
Le lendemain matin des exclamations le réveillèrent :
- Un gueux ! Un gueux tapi dans le jardin du Roi ! Sors de là, montre-toi !
Le garçon sortit de sa couchette de fortune. Devant lui se tenait un homme, une bêche à la main, il était vêtu tel un jardinier. C’était son rôle en effet, il avait pour mission d’entretenir le domaine, et il s’en acquittait fort bien…Cet homme, lorsqu’il vit le visage du garçon qu’il avait pris pour un mendiant, ne put s’empêcher de rire.
- Ha, ha, ha, une tête d’ange et des habits de gueux ! Ha, ha, ha…pas un poil sur le caillou ! En fait de tête d’ange tu as plutôt une tête d’œuf, aussi lisse que les coquilles des œufs de mes poules !
- Excusez moi si je vous ai effrayé, ne vous fiez pas à mes vêtements, et surtout ne me chassez pas. J’ai besoin de votre aide et, comme vous le voyez vous n’avez rien à craindre de moi. Prenez moi à votre service en échange de nourriture…une bouchée de pain me suffira sinon je risque de mourir de faim.
Le jardinier était un homme bon, il consentit à garder le jeune homme, il le surnomma « Tête d’ange », à cause de son crâne dénudé qui l’avait tant amusé.
Tête d’ange devint donc le commis du jardinier, avec lui, toute la journée il bêchait, sarclait, émondait, arrosait…La nuit il dormait dans une cabane qu’il avait construite entre les branches d’un cèdre, il aimait le contact avec la nature, le parfum de la végétation endormie…il aimait aussi la vue qu’il avait du château !
Parfois le soir dans l’encadrement d’une fenêtre il apercevait la fille du roi, elle admirait le parc et rêvait avant de s’endormir…de sa cabane Tête d’ange l’observait…lui aussi se prenait à rêver.
Contempler en silence, être les yeux de la nuit, ne suffisait pas au jeune homme, il fallait aussi que la princesse le voit tel qu’il était vraiment. Ils s’étaient déjà croisés au détour d’une allée, mais la jeune fille n’avait pas daigné lever les yeux sur un jardinier vêtu de guenilles.
Un soir, Tête d’ange alluma une lampe, il brûla à sa flamme un des poils du cheval, celui-ci se matérialisa aussitôt devant lui. Le jeune homme ôta ses vêtements de misère, sauta sur l’échine de son ami et se mit à galoper sur la pelouse.
La princesse était à sa fenêtre, son étonnement fut grand de voir ainsi sous les rayons lunaires, un bel homme resplendissant de puissance et de lumière chevauchant Pégase. Elle se demanda si elle rêvait, mais elle vit le jeune homme se diriger vers la cabane du vagabond, elle comprit alors qui il était.
Le lendemain matin lorsque le jardinier du Roi vit ses plates-bandes et sa Roseraie saccagés, il explosa de colère. Rouge d’indignation, il accusa son aide d’avoir manqué de vigilance, n’était-il pas aux premières loges pour empêcher un tel massacre !
- Chenapan, est-ce ainsi que tu surveilles le jardin, les fleurs sont écrasées comme si un cheval les avait piétinées ! N’as-tu donc rien entendu ?
- Un cavalier est venu, Maître, mais je n’ai rien pu faire, il est passé tel l’éclair.
La princesse qui avait entendu les cris du jardinier, et qui voulait surtout dévisager l’homme entrevu cette nuit, s’approcha et intervint :
- Pourquoi accuser Tête d’ange ? Si tu as subi des dommages, prends cette bourse, achète les plans dont tu as besoin pour refaire tes platebandes et, garde le reste de l’argent.
Le jardinier retrouva son calme, la bourse semblait bien pleine, il pourrait réparer les dégâts et s’enrichir. Finalement, cette histoire sous une apparence contraignante, lui était profitable.
à suivre...


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MessageSujet: Prince téméraire (suite)   Sam 28 Fév 2009 - 2:08

Quelques jours plus tard, alors que la lune suspendait son croissant au pignon de la plus haute tour du palais, la princesse se rendit à la cabane, elle avoua ses tendres sentiments au petit jardinier et lui confia un anneau d’or :
- Cette bague je te la donne en gage de mon amour. Je n’épouserai personne d’autre que toi. Fais- moi confiance, mais il te faudra attendre.
La princesse savait son père très aimant, il lui faudrait faire preuve de persuasion pour qu’il accepte de se séparer d’elle. Plusieurs lunes de patience pour venir à bout de ses résistances… elle voulait se marier et elle avait l’intention d’utiliser toutes ses armes de petite fille pour convaincre son père.
A partir de ce jour, le roi dut quotidiennement affronter les demandes insistantes de sa fille qui voulait jouer au jeu des prétendants au mariage, elle cajola son père, elle le supplia, elle se mit en colère, elle bouda, elle pleura,…le roi ne put résister longtemps, il capitula et finalement donna l’ordre de faire fondre une orange d’or. Il invita, comme il était de coutume dans le royaume, tous les jeunes gens de riches familles à défiler devant sa fille.
Un estrade avait été montée dans la cour, la princesse y était assise sur un trône, l’orange posée sur un guéridon devant elle, avec une attention feinte elle regardait les prétendants qui se succédaient. Le roi caché derrière une tenture, crut plusieurs fois que sa fille allait lancer son orange sur un jeune homme particulièrement beau et élégant, c’était le geste attendu, le geste qui aurait montré que la princesse avait jeté son dévolu sur quelqu’un.
L’orange ne bougea pas de la table. On fit défiler les ouvriers, l’orange ne bougea pas. On fit défiler les paysans, l’orange ne bougea pas. Personne ne convenait à la Princesse. On annonça alors au roi que ne restait dans le royaume qu’un pauvre étranger qui n’avait pas de nom.
- Qu’il passe dit le roi, qui croyait que sa fille avait abandonné l’idée de se marier, il la voyait déjà revenir à son bras au château.
Son espoir fut de courte durée, le roi blêmit lorsqu’il vit que la princesse venait de lancer son orange en direction du jeune homme. Une exclamation s’éleva des rangs des courtisans :
- C’est une erreur, l’orange a échappé des mains de la Princesse, il faut recommencer le défilé !
On recommença le défilé. Tous les candidats se présentèrent à nouveau, une fois, deux fois, trois fois…et toujours Tête d’ange était désigné. Le doute n’était plus possible.
Le roi se sentait humilié devant la Terre entière, il était aussi très malheureux alors, pour la première fois depuis la naissance de sa fille il se mit en colère :
- Tu me déshonores ! Vas au Diable ! Disparais de ma vue ! Pars avec ce misérable et ne reviens plus !
Sans dire un mot, la Princesse descendit de l’estrade, prit la main de l’homme qu’elle aimait, et avec lui partit…dans la cabane du Parc.

....à suivre


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MessageSujet: Prince téméraire (suite)   Sam 7 Mar 2009 - 3:00

Quelques semaines s’écoulèrent, et le bruit se propagea dans le royaume que le roi souffrait d’un mal étrange qui affectait ses yeux. Il consulta les plus célèbres médecins, mais aucun d’eux ne put diagnostiquer le mal, ils lui prescrivirent des remèdes, rien ne soulagea le malade. Arriva un curieux personnage que les médecins prirent pour un charlatan ; il recommanda au roi de boire du lait d’éléphante.
- Que les plus vaillants chevaliers aillent me chercher ce lait, dit l’infortuné roi qui ne savait plus vers quel saint se tourner.
En entendant les rumeurs qui annonçaient le départ imminent d’une délégation de chevaliers, la princesse alla trouver son père.
- Permettez, Père que mon époux aille vous chercher ce lait !
- Comment ton misérable mari pourrait-il prétendre venir à bout d’une telle mission. Les jeunes gens bien nés m’ont prouvé leur fidélité à maintes reprises, ils me rapporteront le remède. Ton époux est un usurpateur ! Jamais je ne le chargerai d’une telle mission de confiance.
- Père, je vous en prie, permettez à mon époux de prendre un cheval. Il est plein de ressources et d’imagination, je crois en lui plus qu’en tout autre, et je veux vous voir guérir…donnez-vous cette chance supplémentaire, Père !
- Soit, consentit le roi, tu ne saurais me mentir, mais ne reste pas au château, ta place n’est plus ici, retourne dans ta maison.
On octroya à Tête d’ange le plus mauvais cheval, de sorte qu’il dut partir bien avant les autres cavaliers. Il laissa sa monture trotter sur un petit rythme fatigué jusqu’au champ des batraciens, qui n’était autre qu’un grand marécage, là il se laissa choir dans la boue avec son animal…et attendit la venue des autres chevaliers.
Quand ceux-ci arrivèrent enfin, ils le découvrirent enlisé jusqu‘aux genoux, soufflant et tirant essayant en vain de dégager sa rossinante de la boue. Ils eurent envie de rires, mais ils étaient nobles, ils restèrent donc polis.
- Comment ? Toi aussi tu veux tenter ta chance et aider le roi. Bon courage l’ami !
En fait ils ricanaient en leur fort intérieur, et pensaient :
- Pauvre bougre, te voilà dans un beau pétrin, la belle aubaine pour nous, un rival de moins.
Et tant que tu y es, tu n’as qu’à y rester, la petite princesse est bien trop belle pour toi !
Dès que les cavaliers eurent dépassé la ligne d’horizon , Tête d’ange sortit du marais, il tira de sa poche un poil de son cheval ailé, le brûla et son blanc coursier apparut aussitôt.
Tête d’ange se déshabilla en toute hâte, fit un baluchon de ses guenilles qu’il fixa sur le dos de son haridelle embourbée, puis il sauta sur le dos de son fantastique destrier.
Quelques coups d’ailes et il se retrouva au Pays rouge et bleu des éléphants.
Il avait emporté deux flacons de cristal ; il emplit le premier de lait d’éléphante, le second de lait de phacochère.
Sur le chemin du retour il croisa les chevaliers qui ne reconnurent pas en ce jeune homme superbe mi lune argentée, mi soleil d’or, le jardinier du Parc Royal.
- Où allez-vous messieurs ? leur cria-t-il en les apercevant.
- Nous allons chercher du lait d’éléphant, c’est la potion qui guérira les yeux de notre roi, répondirent-ils.
- Inutile d’aller plus loin, je peux vous procurer ce breuvage. J’en ai toujours sur moi.
- Quelle chance ! Dis- nous ton prix l’ami, nous te l’achetons.
- Un prix ? Croyez vous que j’aie besoin d’argent ? Comme vous pouvez le constater l’or et l’argent ne me font pas défaut. Je vous donne le flacon de lait d’éléphante gratuitement, permettez moi seulement de vous marquer la cuisse de mon sceau d’or.
- Soit, acquiesça le plus âgé des cavaliers, qui avait remarqué que personne dans les parages ne les observait.
Ainsi fut fait. Tête d’ange marqua chaque chevalier sur la cuisse, puis il leur remit le flacon de lait de phacochère, gardant pour lui le lait d’éléphante.
Les cavaliers firent demi tour, ils ne remarquèrent pas le cheval ailé quand celui-ci les dépassa.
Tête d’ange rejoignit son haridelle, enfila ses vieux vêtements, et attendit que les cavaliers arrivent à son niveau.
Quand les chevaliers virent le jardinier dans la même fâcheuse posture qu’à l’aller, ils se moquèrent de lui ouvertement, ne ménageant pas leurs sarcasmes.
L’infortune rencontre rarement la pitié sur sa route ! Ah, les beaux seigneurs que voilà !

à suivre....
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Romane
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MessageSujet: Re: Rayon de Lune   Lun 9 Mar 2009 - 14:53

Alizé, il faudrait donner le titre de l'histoire que tu racontes dans ce fil, en éditant ton premier message, pour que ce soit plus parlant. Wink

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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