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 Savoir et te connaître [Fiona 1 - terminé]

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MBS



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MessageSujet: Re: Savoir et te connaître [Fiona 1 - terminé]   Mer 5 Nov 2008 - 16:49

Le jour commençait à poindre mais les chandelles brûlaient encore dans la grande salle à manger de l’étage. La nuit avait dû être longue car il ne restait souvent que quelques morceaux étiques de bougie et la cire fondue avait recouvert le cuivre brillant des chandeliers. Dans cette semi pénombre, que les derniers feux de l’éclairage ne pouvaient plus combattre, plusieurs personnes, j’en comptais cinq, m’attendaient. Certaines étaient assises, d’autres debout semblant tourner en rond nerveusement. C’était un peu une ambiance Cluedo mais avec une variante de taille ; dans toute cette assistance, il n’y avait qu’une personne innocente : moi.
- J’avais espéré ne pas être obligé d’en arriver là mais les circonstances nous étant décidément contraires…
La voix était celle d’un homme appuyé tranquillement dans une partie sombre de la pièce.
- Vous êtes bien « Jules Favart » ? ai-je demandé.
- Si vous prenez plaisir à m’appeler ainsi, continuez… Cela m’évitera de laisser traîner mon nom hors du cercle restreint de mes complices.
Le détective du notaire quitta l’ombre - je ne l’avais pas distingué jusqu’alors, ils étaient donc six - pour se rapprocher d’un chandelier posé sur un meuble. Il se saisit de la source de lumière et l’approcha du visage d’une des personnes assises.
- Votre amie Ludmilla est une fieffée secrète. Elle ne dit rien, elle n’explique rien… Même quand on l’aide…
Je poussai un cri d’horreur. Le visage de Ludmilla était odieusement marqué par les coups, boursouflé, sanguinolent, un de ses yeux notamment était largement fermé. Elle avait perdu conscience et s’était affaissée sur le fauteuil. Je repensai au bruit entendu dans la nuit, à ce frottement. C’était elle qu’on amenait… Le voyage à Paris s’était donc mal terminé. Avant ou après la soirée au restaurant.
Le détective continua à abaisser le chandelier pour me montrer les bras et les jambes de Ludmilla. Ils étaient attachés par du gros scotch noir épais. Non seulement ils l’avaient tabassée mais en plus sans qu’elle puisse se protéger un minimum de leurs coups.
- Vous devinez la suite ?
- Je vais subir le même sort ? répondis-je, la voix et le cœur pleins de rage. Mais à quoi bon recommencer ce que vous avez si bien réussi avec Ludmilla ? Je n’ai pas plus de réponses que vous ?… Je crois connaître les membres de ce complot contre Ludmilla et ses intérêts. Je suis certaine d’en connaître les raisons… Je pense malgré tout que ce n’est pas là ce que vous voulez entendre de moi. Tout cela vous ne l’ignorez pas et pour cause… C’est le pourquoi qui vous intéresse. Je ne pourrais vous être d’aucune utilité sur ce plan-là.
- C’est ce que vous croyez ou c’est ce que vous dîtes par peur de subir le même traitement, me demanda le détective ?
- A votre avis ?…
Je n’en savais fichtre rien pour dire vrai. Oui, j’avais peur. Bien sûr. Depuis l’explosion de la Carrière, on était clairement passé à un autre stade dans cette histoire. Les « gros méchants » étaient énervés, craignaient de ne pas parvenir à leur fin. Ils étaient désormais prêts à tuer ; le stade de la simple intimidation était clairement révolu. Et cet énervement n’avait d’ailleurs aucun sens : ils n’avaient qu’à attendre une chose : que le 28 mars soit passé. Après, tout l’argent leur reviendrait.
- Qu’est-ce que vous vouliez qu’elle vous dise ?
Je m’étais rapprochée à pas mesurés du fauteuil de Ludmilla, avais posé une main sur son épaule sans susciter la moindre réaction.
- J’aimerais savoir ce qu’elle a fait de mon héritage !
C’était une nouvelle voix, celle d’un homme encore. Un homme qui revendiquait l’héritage du comte de Rinchard mais qui n’était pas le notaire, j’aurais reconnu son onctuosité naturelle.
- Qui êtes-vous ?
- Je suis désespéré que vous m’ayez déjà oublié, mademoiselle Toussaint… Nous avons si longuement conversé tous les deux vendredi dernier.
- Guillaume Dubois ? Le clerc de notaire ?
- J’aurais dû m’appeler Guillaume de Rinchard… Mais ce fumier n’a jamais voulu me reconnaître. Il a préféré tout donner à cette ambitieuse…
La femme qui m’avait conduite jusqu’à la salle à manger intervint dans mon dos.
- Il m’avait promis, le vieux ! Il m’avait promis ! Si tu as un fils, il deviendra le mien qu’il me disait. Il a bien payé les études de Guillaume, ça il n’a manqué de rien… Les bonnes écoles, la fac de droit… Mais c’était pour l’éloigner en fait. Il ne voulait pas que sa fortune passe au fils d’une servante. C’était la déchéance du nom pour lui…
- Sylvie, taisez-vous ! N’en dites pas trop… Miss Toussaint sait se servir de sa tête et elle pourrait bien nous manoeuvrer si elle savait tout… Ce qui compte c’est ce qu’elle sait et que nous ne savons pas.
- Mon cher Jules… Vous permettez que je vous appelle « cher » aussi ?… Je pense toujours que vous en savez bien plus que moi et que je ne vois pas ce que j’aurais à vous dire.
- Dans ce cas…
Je me suis ramassée une gifle qui m’a quasiment jetée par terre. La main qui avait frappé était venue courageusement par derrière. Impossible à prévoir, impossible à contrer. C’était ma première gifle ; jamais on ne m’avait frappé lorsque j’étais enfant. Et je n’avais même pas de nom ou de visage à mettre sur cette lâcheté.
Toujours sans prévenir, j’eus droit au deuxième service qui, cette fois-ci me frappant au haut du visage, fit péter mon arcade sourcilière.
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MessageSujet: Re: Savoir et te connaître [Fiona 1 - terminé]   Mer 5 Nov 2008 - 16:49

- Richard, ça suffit !
Le sang avait sous mes doigts une épaisseur et une chaleur que je trouvais dégoûtante. Ma tête cognait, bourdonnait à m’en rendre dingue. Ambiance rugby de papa… Viril mais pas correct.
- Quel Richard ?… Richard Lepat ?… Qu’est-ce que vous venez foutre dans cette histoire ?…
- Je viens prendre mon pied, Fiona. Chacun ici semble avoir sa petite vengeance à assouvir. Moi, j’ai réussi à assouvir la mienne… Trois années que j’attends ça ! Trois ans ! J’avais une boite de prod qui marchait du feu de Dieu et, à la maison, une petite pouliche qui avait pour moi les plus grandes attentions… Et puis, en une seule semaine, vous avez foutu mon ménage en l’air et poussé ma boite au dépôt de bilan. Channel 27 a interrompu le programme, je me suis retrouvé avec des dizaines d’employés sur les bras, des dépenses engagées qui n’avaient plus d’intérêt. Personne n’a voulu reprendre le concept et plus personne n’a voulu de mes autres diées. Tout cela parce que mademoiselle Fiona avait un sex appeal qu’elle ne maîtrisait pas et une grande gueule qu’elle ouvrait tout le temps.
- Je suis désolée pour vos employés… Peut-être était-il mieux quand même qu’ils changent de patron… Mais vous avez bien dû rebondir, vous ?… Vos bureaux rue du faubourg Saint-Honoré ?
- Oui, j’ai rebondi… Mais avec une seule envie, celle de vous détruire, Fiona ! Et là, j’y suis… Putain, que c’est jouissif ! Et, en plus, je vais avoir une part de l’héritage pour finir me relancer…
- Une part de l’héritage ?…
Je me tournai vers Guillaume Dubois, ou Guillaume de Rinchard, interloquée par l’exigence de l’ancien producteur.
- Lui aussi, c’est un fils caché du comte ?
- De l’ironie… Comme d’habitude… Lorsque vous avez déboulé au nom de Ludmilla Roger vendredi dernier, j’ai demandé à… à « Jules » de découvrir qui vous étiez. Il a commencé par pianoter sur son ordinateur. Sur internet, une fois passé les nombreuses références à vos ouvrages et à vos mérites universitaires, il est arrivé sur un site dont on ne peut pas dire qu’il soit, lui, très en votre faveur… Le site tenu par notre ami Richard… Nous nous sommes mis rapidement en relation avec lui pour connaître tout de vous… Depuis deux ans, vous êtes traquée sans le savoir. Tout ce qui a pu être relevé de négatif, de dégueulasse sur vous, est aussitôt mis en ligne… Et croyez-moi, il s’en trouve des gens pour venir vider leur rancœur sur votre compte. Là où vous passez, vous laissez comme une écume de frustration et d’amertume… C’est ce qui fait votre charme et une bonne partie de votre célébrité. Richard se frotte les mains de notre petite collaboration : il paraît que depuis hier, le nombre de visites augmente de manière spectaculaire sur son site… Vous devinez pourquoi n’est-ce pas ?
C’était la rencontre improbable entre deux hommes voulant se venger. Guillaume Dubois par haine du vieux comte à travers Ludmilla, Richard Lepat qui voulait me faire payer sa déroute. Tous les coups étaient permis, au propre comme au figuré. Entre les deux, comme une passerelle, le détective du notaire… Un notaire qui aurait donc été hors du coup ?
- Ca résout de nombreux mystères. Les fameux fichiers pourris sur l’ordinateur de Ludmilla, vous les avez fabriqués à partir de ce site, n’est-il pas ?… Juste pour que j’abandonne Ludmilla entre vos pattes… Il faudra que vous me donniez l’adresse du site, ça doit quand même être rigolo…
- Ca s’appelle IhateFiona.com tout simplement… Si vous aviez eu un jour la possibilité d’écrire vos mémoires, vous y auriez trouvé tout ce que vous avez pu faire dans les deux dernières années. Au jour le jour… Et illustré !
- Et le fameux rendez-vous d’hier après-midi pour cette émission culturelle ?…
- Là, rien n’a vraiment tourné comme nous l’avions imaginé puisque c’est Ludmilla qui a déboulé à votre place, expliqua « Jules ». Le but initial de ce rendez-vous c’était de vous éloigner du château lorsque nous avons compris que vous n’aviez pas renoncé… Eh oui ! Un des honorables correspondants de Richard nous a signalé que vous n’étiez pas rentrée chez vous et que vos cours du mardi ne seraient pas assurés… Officiellement malade, mais quelque part dans la nature. Il était facile de se douter quelle avait été votre direction.
- Votre honorable correspondant ne serait pas des fois un espèce de professeur d’Histoire contemporaine qui croyait que le droit de cuissage n’avait pas été aboli ?
- Je ne révèle jamais mes sources, ma chère… Vous permettez que je vous appelle « ma chère » ?
I hate Fiona ! Il fallait vraiment que ce type soit un grand malade… Et moi une grande gourgandine naïve pour ne rien avoir remarqué de tous ces gens qui devaient m’épier depuis deux ans.
On avançait. J’avais des réponses – à des questions périphériques certes – mais eux n’avaient rien appris de moi. Vu que je ne savais pas quoi leur dire, je trouvai la situation on peut plus normale.
- Revenons à l’essentiel, fit Guillaume Dubois. La question de l’héritage…
- Dont vous avez gonflé le montant pour que Ludmilla se précipite… C’est bien cela ?… Il n’y a pas près de 700 millions d’euros à rafler ?
- C’est exactement ça ce qu’on veut savoir, intervint Jo la dernière personne à ne pas avoir parlé. Guillaume nous promet des millions et vous, vous dîtes qu’il est ruiné. C’est quoi l’arnaque ?…
- C’est ce que m’a dit le notaire. Il doit mieux savoir que moi quand même.
- Le père Rioux, ça fait longtemps qu’il ne s’occupe plus de rien, se marra Guillaume. Il n’a qu’une seule satisfaction professionnelle : il se tape la moins moche et la plus ambitieuse de la boite… Jo, ne reviens pas sur ce truc. Je t’ai dit que de nombreuses données avaient disparu du dossier de l’héritage. C’est justement ces données, et en particulier les papiers à signer pour avaliser la cession des biens, qu’il nous faut retrouver. Après le 28, ça ne nous servira plus à rien.
Là, c’était une info de première et qui éclairait les aberrations de tout ce que nous avions vécu depuis cinq jours. Quelque chose ne tournait pas rond dans le processus de dévolution de l’héritage. Voilà pourquoi il ne fallait pas seulement conserver Ludmilla hors circuit jusqu’à la fin du mois. Elle avait peut-être en sa possession un élément essentiel. Dieu merci, elle ne m’en avait rien dit… Ce mystère se doublait d’une tension que je commençais à percevoir entre Guillaume / Sylvie et le duo « Jules » / Jo. Les seconds, à qui on avait laissé le soin des basses œuvres, suspectaient clairement les premiers de les doubler en minimisant l’héritage et, donc, en réduisant leur part du gâteau. De là, la capture et la séquestration de Ludmilla qui était à ce moment-là un moyen de pression, voire une monnaie d’échange : « si on n’a pas plus, on la relâche et vous n’aurez rien ».
- Donc, c’est finalement très simple. Vous voulez que je vous dise où sont ces papiers ?
- Je savais qu’elle savait quelque chose, bougonna Sylvie… Les intellos ça cache toujours son jeu… C’est comme cette petite salope.
Sans voir son geste, je compris qu’elle désignait Ludmilla toujours inanimée dans son fauteuil. C’était là l’explication de ses propos vengeurs à mon égard. Nous, jeunes trentenaires brillantes et cultivées, nous n’étions que des salopes à toujours faire tourner la tête des hommes. Et seules des salopes comme nous pouvaient les garder ensuite. Ce qu’elle n’avait pu, ou su, faire avec le comte.
- Je n’ai pas dit que je savais où ils étaient… Vous croyez que j’aurais obtenu cette information comment ?
- Vous en avez vu du monde en tant que miss Florence Woodworth, expliqua le clerc de notaire. Le maire du village, le docteur, le notaire, sa petite suceuse préférée… Vous auriez largement pu récupérer ces données si elles avaient traîné quelque part… Après tout, les archives ça vous connaît.
- Et supposons que je les aies… Qu’est-ce qui se passe ensuite ?… Je vous les donne, vous les avez, vous captez les sous et vous nous supprimez… Donc, si monsieur Lepat veut recommencer à me cogner, qu’il retrousse ses manches et ai le courage de m’attaquer de face cette fois-ci… Je n’ai pas ces papiers et si je les avais, je n’aurais aucun intérêt à vous les donner. Vous êtes dans une impasse et vous risquez fort d’y rester un moment. Demandez-vous plutôt quel intérêt je pourrais avoir à posséder ces fameux documents. Dans cette histoire, comme vous l’avez dit tout à l’heure, je suis l’élément qu’on n’attendait pas. Moi je n’avais que des coups à prendre – ce qui est désormais fait – et rien à gagner. Je n’hérite de rien, ce château ne m’intéresse moi aussi que par la masse d’archives qu’il y a dans son grenier et vaguement par son architecture.
- Vous faites le jeu de votre amie depuis le début, intervint Lepat. Avec toujours des arrière-pensées. C’est votre façon de faire… L’air de rien, vous draguez toutes les filles…
- Et, étrangement, ajouta « Jules », miss Woodworth se disait lesbienne…
- Ca vous fera quelque chose de nouveau à écrire dans votre site pourri… Genre, la révélation à laquelle personne ne croira jamais. Ecoutez moi bien parce que je passe à la phase synthèse générale. Point central : je ne sais pas comment toute cette histoire a pris naissance. Je ne sais pas par exemple si Guillaume Dubois est bien le fils du comte de Rinchard…
- C‘est son fils, rugit Sylvie. Vous voulez que je vous donne des détails sur ce pervers !
- Fort bien… Alors, il vous suffirait d’un test ADN pour faire valoir vos droits… Que ne l’avez-vous fait jusqu’ici ?
J’avais dû toucher juste. Le regard, gonflé de questions, de Guillaume Dubois vers sa mère fut éloquent ; elle baissa les yeux pour toute réponse. Il y avait eu relations intimes avec le comte, c’était évident, mais pas seulement avec lui…
- Ensuite, poursuis-je, je ne sais pas par quel biais Ludmilla a obtenu la faveur du comte… Je préfère penser que ce sont ses qualités qui l’ont distinguée aux yeux du comte et non les comportements sexuels que vous lui prêtez, madame… Vous êtes fort mal placée d’ailleurs, je crois, pour lui en faire reproche… Pour les autres, j’ignore comment vous vous êtes tous retrouvés embringués dans cette affaire. Jo, est-ce par sentiment familial que vous avez accepté de braquer un fusil contre des femmes sans défense ?… Ca vous a aidé à vous sentir quelqu’un ?… Peut-être à égaler ce frère que vous savez bien plus brillant que vous… Justement, vous « Jules », vos qualités de limier vous désignaient tout naturellement pour retrouver Ludmilla ; était-ce pour autant une raison suffisante pour basculer dans l’illégalité la plus complète… En allant jusqu’au crime… Je suppose que, comme beaucoup de vos semblables, vous êtes un ancien flic ; ça aurait dû vous retenir au moment de franchir la ligne blanche… Quant à vous, mon si cher Richard, vous dont l’idée à la con m’a pourri la vie pendant toute une semaine, vous voilà à nouveau responsable d’un second grand moment de bordel dans mon existence… Et vous voudriez que je vous trouve des circonstances atténuantes, que je trouve tout à fait légitime votre vengeance de petit escroc qui va vous conduire jusqu’à la complicité de meurtre. Parce que, que je sache, si Daphné, votre petite pouliche, s’est mise à éprouver des choses pour moi, c’est surtout parce que vous vos tapiez toutes les nanas qui passaient dans vos parages et qu’elle en avait sa claque de se saouler la gueule à la vodka. Alors, voilà ce que je vais faire… Considérant que vous êtes tous de grands immatures et totalement irresponsables, je vais aider Ludmilla à se lever et nous allons quitter cette pièce. Vous êtes libres d’aller vous faire pendre ailleurs ou de vous accrocher à cet héritage qui semble perdu pour tous. Nous, on se casse !
Le seul qui a bougé c’est le Richard qui a levé à nouveau la main sur moi. Il a mangé mon plâtre aussitôt.
- Un partout !…

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MessageSujet: Re: Savoir et te connaître [Fiona 1 - terminé]   Mer 5 Nov 2008 - 19:03

Sous les regards interloqués des « gros méchants », qui me faisaient désormais penser davantage à une bande de pieds nickelés, j’ai pris Ludmilla à bras le corps pour la redresser puis, faute d’une meilleure solution à cause de ses entraves, je l’ai soulevée dans mes bras. Je risquais quoi avec cet effort gigantesque ? Me flinguer le dos ?… Etait-ce si grave que cela alors qu’on se préparait peut-être à me flinguer dans le dos.
- Arrêtez-vous, Fiona ! Arrêtez-vous ou je tire !
- Mon cher « Jules », il ne vous reste plus que l’assassinat pour compléter votre panoplie du parfait ripoux…
Ma remarque ne lui a pas plu. Un coup de feu a fait voler une bougie sur un des chandeliers de la table.
- La prochaine, c’est pour votre cuisse…
Après le poignet, la cuisse ?… A ma très grande honte, mon héroïsme s’est arrêté là. J’ai fait demi-tour, déposé délicatement Ludmilla sur la table et levé les bras en signe de reddition. C’est ce moment précis que mon amie a choisi pour faire retour parmi nous.
- Laifez la… Elle n’a pas les papiers et elle ne fait rien de toute façon…
Les « s » de Ludmilla étaient devenus des « f » au sortir de sa bouche tuméfiée. Je l’ai aidée à se redresser et elle a pointé sur les comploteurs un regard sans équivoque. Même si un seul de ses yeux restait ouvert, il contenait suffisamment de haine et de force pour les clouer sur place.
- F’est trop tard ! Trop tard ! L’héritage est dévolu et acfepté ! Vous n’avez plus rien à attendre…
- C’est une ruse, estima calmement Guillaume. Tout ce qui passe par l’étude, on le sait…
- Téléphonez à maître Berstein… F’est lui qui a tout traité… Avec Gaby !…
- Qu’est-ce que Gabrielle vient faire là-dedans ?
C’est vrai que je l’avais totalement oubliée ma fournisseuse préférée de bonbons qui font dormir. J’aurais dû m’étonner de son absence parmi la joyeuse bande rassemblée au château ; j’avais raté cette analyse-là aussi.
- C’est ici que je dois faire mon apparition, je crois… Pour confirmer pleinement ce qu’a dit Ludmilla ; l’héritage est bien dévolu et accepté par la récipiendaire.
C’était soit un coup de théâtre, soit un coup monté, cette entrée dans le tempo idéal de Gabrielle Le Poezat. Encore une qui devait avoir indûment la clé du château. Quand Ludmilla serait propriétaire, elle serait bien inspirée de changer toutes les serrures.
- Pas la peine de pointer votre 22 dans ma direction, Julien…
Jules s’appelait donc Julien. Pas étonnant le choix de sa couverture, il avait juste tilté sur le prénom.
- … le château est déjà investi par les forces de l’ordre. Je ne fais que précéder le capitaine de gendarmerie qui vous signifiera votre arrestation pour des chefs d’accusation allant de l’usurpation d’identité jusqu’à la tentative d’assassinat. Le plus simple serait que vous vous rendiez sans résistance.
Croyant sans doute à un bluff, les trois hommes de la bande cherchèrent à s’enfuir. Parce qu’il connaissait bien les lieux, Guillaume Dubois tenta de rejoindre l’escalier en colimaçon qui descendait directement de l’office vers la cuisine. Julien le détective, ouvrant en grand la porte-fenêtre qui donnait sur le balcon, sauta dans le jardin. Quant à Richard, par l’effet de son cruel manque d’imagination, il se mit à courir vers le grand escalier. Je le choppais aux jambes pour le faire basculer en un soleil spectaculaire. Culture rugby quand tu nous tiens ! L’instinct de survie lui donnant la ressource de se redresser, je lui fis goûter à nouveau à mon plâtre en frappant bien fort sur la tempe. K.O. !
- Deux à un pour moi !… A la fin, Richard, c’est toujours moi qui gagne. Tu vas pouvoir méditer cela et, si je me souviens de quelques notions de droit, ça durera plus de trois ans cette fois-ci.
Ses deux complices n’allèrent guère plus loin. Guillaume se jeta dans les pattes de deux gendarmes qui inspectaient la cave. Julien fut cueilli de même au bas du balcon. Jo et Sylvie se rendirent sans résistance, preuve évidente à mes yeux de la supériorité de l’esprit de synthèse féminin.
Le calme n’avait jamais été mis à mal mais la tension, elle, qui était montée très haut, après le coup de feu du détective, retomba. Ca donnait presque envie de refaire de l’humour.
- Ludmilla, il est chouette ton déguisement pour Carnaval… Mieux que moi en Florence Woodworth. Tu vas avoir un succès auprès des mecs…
- T’es conne !…
Je la serrai doucement dans mes bras, ne l’abandonnant qu’aux bons soins du docteur Pouget qui, décidément, était dans tous les bons coups.
- Vous aussi, Gabrielle, dis-je, il faudrait vous enfermer avec ces voyous… Vous avez joué un jeu plus qu’équivoque…
- Ne vous fiez pas aux apparences dans cette affaire. C’était tout l’intérêt de notre projet. Forcer les gens à se concentrer sur de mauvaises pistes pour que l’essentiel se déroule hors des regards.
Gabrielle Le Poezat me prit par le bras et m’attira à l’écart de la table. Je crus d’abord que c’était pour faciliter la tâche du médecin qui avait commencé à soulager Ludmilla.
- Vous vous souvenez de notre discussion d’hier soir ?
- Elle était tellement assommante que je me suis endormie avant la fin… Vous voulez parler de la « grosse… situation… ». J’ai cru comprendre depuis que cela faisait référence à la personne du bureau d’à coté.
- Ca vous choque ?
- Parce qu’il doit avoir un quart de siècle de plus que vous ?… Chacun est libre de faire comme il veut… Je n’ai pas à juger de cela…
- Tant mieux que vous soyez ouverte d’esprit, Fiona… Tant mieux… Vous vous souvenez aussi de ce qui avait précédé ?… De ma petite confession coquine… Si je vous disais que ma partenaire numéro 1 s’est déguisée pour Halloween en plein mois de mars…
- Vous et Ludmilla ?…
- Il y a largement prescription, c’était au lycée et ça n’a pas duré plus d’une heure. Comment vous dire ? Le genre d’erreurs qu’on ne regrette pas d’avoir fait mais qui reste quand même une erreur… La seconde tentative me l’a prouvé.
- Je ne vais pas poser une question à la con du genre : alors vous vous connaissiez ?!… C’est juste étrange que vous vous soyez retrouvées dans ces circonstances.
- Fiona, je sais que vous êtes quelqu’un de remarquable dans votre domaine mais là vous êtes comme une étudiante qui se serait trompée de branche après le Bac. Vous êtes perdue et coulée… C’est Ludmilla qui m’a fait engager à l’étude de maître Rioux… Plus exactement, c’est sur la recommandation du comte de Rinchard que je suis entrée il y a un an et demi chez maître Rioux. Il n’était pas prévu à la base que lui et moi nous finissions par nous apprécier aussi en dehors des heures de travail… Ca c’est le bonus inattendu. L’idée du comte et de Ludmilla était d’avoir sur place quelqu’un qui pourrait défendre les intérêts de l’héritier du comte.
- Ils prévoyaient donc des difficultés ?
- Quand Ludmilla est revenue au château et qu’elle a passé avec le comte un accord dont elle vous dira les clauses surprenantes elle-même, elle savait qu’il y aurait du grabuge après le décès du châtelain. Une telle fortune – car le comte n’était pas bien sûr ruiné – ne pouvait qu’attiser les convoitises. Sauf qu’on ne savait pas d’où viendraient les menaces, les tourments et les entourloupes. Ludmilla avait déjà été menacée par la femme de chambre, Sylvie… Le reste du personnel était hostile… Et puis, le comte ayant couru le cotillon ici ou là, il n’était pas impossible que se manifestassent des héritiers putatifs et indésirables.
- J’apprécie l’imparfait du subjonctif…
- Merci… J’étais en quelque sorte programmée pour surveiller tout ce qu’il adviendrait de louche après la mort du comte de Rinchard. J’étais un œil dans la place.
- C’est drôle… Hier soir, quand je suis venue vous voir, c’était avec l’idée de vous proposer d’occuper le même rôle… Sauf que c’est le notaire que je voulais que vous surveilliez… J’avais tout faux…
- Mais je le surveille, Fiona. Je le surveille… Il a du cholestérol, un peu d’hypertension et ça m’inquiète…
- Quand avez-vous compris qui étaient les méchants ?
- Ils se sont forcément découverts lorsque le testament du comte a été ouvert et que Julien, le détective, a été chargé de retrouver Ludmilla… Dont je connaissais pertinemment l’adresse… ou plutôt la nouvelle adresse car elle avait déménagé pour que la tâche des « méchants », étant plus compliquée, ceux-ci en viennent à se dévoiler plus vite.
- C’est comme ça qu’elle a atterri dans le 9.3 !
- Exactement... La lettre que vous avez ouverte vous-même était bien évidemment un leurre destiné à lancer les héritiers frustrés et les ambitieux de tous poils sur la piste de Ludmilla. Julien a trouvé l’adresse de Ludmilla et ils ont commencé à la surveiller en attendant qu’elle donne un signe prouvant son désir d’accepter l’héritage. Votre arrivée dans le jeu a complètement affolé la meute, comme disait un procureur célèbre il y a quelques années. Eux, ils voulaient vous éloigner pour se concentrer sur Ludmilla.
- Et moi je voulais protéger Ludmilla.
- Laquelle voulait, elle aussi, vous éloigner. Rien n’y a fait ! Vous vous êtes accrochée à elle comme à une autre vous même. Pour quelqu’un qui ne croit pas à l’amitié… si je me souviens bien d’une vieille émission de télévision… Vous êtes pleine de paradoxes, Fiona.
- Et pleine de questions aussi !… Gabrielle - vous permettez que je vous appelle Gabrielle ? – pourquoi Ludmilla voulait-elle m’éloigner ?… Pour me protéger ?
- Exactement… Vous étiez censée la rencontrer, ouvrir cette lettre, lier connaissance avec Ludmilla, tomber évidemment sous le charme de son intelligence et de sa culture, écraser vos contradicteurs dans le débat et rentrer paisiblement à Amiens.
- Il y a quelque chose qui m’échappe. A quoi est-ce que je servais dans ce plan ? A ouvrir une lettre ?… Ca n’a aucun sens !
- Fiona, cette lettre était un leurre… Elle accordait l’héritage à Ludmilla… alors que Ludmilla n’hérite de rien… Pas un centime !
- Mais qui hérite du comte de Rinchard alors ?
Gabrielle a fait un pas en arrière, s’est raclée la gorge et d’un ton cérémonieux a proféré des mots impossibles à oublier.
- Fiona, je suis heureuse de vous annoncer que vous êtes propriétaire depuis hier après-midi d’un château en Touraine, de 819 millions d’actifs divers, de deux appartements à Paris et d’un à Nice… sans compter quelques liasses de billets pour un montant d’environ 2 millions d’euros.

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MessageSujet: Re: Savoir et te connaître [Fiona 1 - terminé]   Mer 5 Nov 2008 - 20:17

Epilogue


Ludmilla est partie passer la journée en observation à l’hôpital. J’ai voulu l’accompagner ce que le docteur Pouget a énergiquement refusé.
- Elle a été bien secouée, donc il faut qu’elle se repose…
- Et moi donc !… Vous étiez dans le secret des dieux, vous aussi…
- Et j’étais le seul à ne pas vous avoir rencontrée quand vous étiez Fiona Toussaint… Alors, quand j’ai réalisé qui était Florence Woodworth. Vous imaginez le choc !
- Vous l’embrassez de ma part.
- Qui ça ? Florence Woodworth…
- Je pensais plutôt à Ludmilla… Mais je ne pense pas que la romancière la plus célèbre du canton vous fera mauvais accueil si vous posez vos lèvres sur ses joues.

Quelqu’un – peut-être Gabrielle ? – a ramené Ludmilla en fin de soirée. Le visage était déjà moins marqué mais encore si violacé par endroits que je n’ai pas osé amener Ludmilla à s’expliquer lorsqu’elle m’eût rejointe dans la salle des archives.
- Je suis désolée pour ton plâtre, tu sais, fit-elle prenant résolument la parole…
- Comme moi pour ton visage…
- Il y a quand même une différence… Toi tu étais dans la cave et tu ne pouvais rien faire… tandis que moi je t’obligeais à faire des cascades pour me rejoindre… Et dire que Gabrielle passait tout bonnement par la porte pour venir me voir et discuter de la stratégie à adopter.
- Tu t’es bien foutue de moi…
- Pour la bonne cause, tu l’admettras.
- Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter cela !
C’était un moyen, un poil pas franc du collier je le reconnais, de réclamer des explications. Ludmilla se posa sur le siège devant le bureau et commença, avec quelques difficultés d’élocution, a me raconter ces moments passés qui avaient décidé de mon futur.
- Il y a un peu plus de deux ans, j’ai reçu la visite d’un médecin que je ne connaissais pas. Le docteur Pouget comme bien tu t’en doutes. Il venait de la part d’un de ses patients qui venait d’être admis en urgence à l’hôpital et qui demandait à me voir. Tu admettras que ça fait bizarre comme demande, surtout quand le médecin refuse de te donner le nom de ce patient en se réfugiant - comme c’est pratique ! – derrière le serment d’Hippocrate. J’y suis allée… J’aurais dû être furieuse quand j’ai vu de qui il s’agissait. Le vieux comte n’avait donc pas renoncé à sa lubie de me voir devenir sa légataire universelle. Mais je me suis laissée apitoyer par sa détresse. Il allait mourir et tout allait s’éteindre avec lui… Sa vie à lui, il s’en fichait mais il lui était insupportable que toutes ses richesses disparaissent après lui, soient dispersées, éparpillées… Pire encore que tout souvenir de sa lignée s’efface. Ce qu’il voulait me demander, c’était d’écrire son histoire et, en même temps, l’histoire des Rinchard. Le tout en échange de son héritage. Je n’en avais pas voulu sans contrepartie quelques années plus tôt, il souhaitait que je l’accepte au titre de salaire pour ma participation à son autobiographie. Preuve qu’il n’avait rien compris, je lui ai à nouveau expliqué que je ne voulais pas de son argent… surtout comme salaire, ce qui ferait de moi une de ses employés. J’étais prête à l’aider gratuitement, ça oui… mais ma conscience à moi m’interdisait de toucher un centime de sa part en dehors des frais que j’aurais à supporter pour ce travail. C’est lui qui a trouvé le modus vivendi. Que je lui désigne une personne de qualité, en qui j’aurais toute confiance tant sur le plan des mœurs que de l’honnêteté. Quelqu’un qui méritât l’héritage par ses vertus et dont je serais certaine de la perfection des intentions.
- Et c’est tombé sur moi… Comme quoi la roulette…
- Quoi ?
- Non, c’est rien… Juste un truc dans ma tête depuis le début de cette histoire…
- Pour les mœurs, je ne savais pas trop…
- Sur ce point-là, je crois être plus irréprochable que toi, coquine…
- Pour l’intelligence, la qualité, le désintéressement, l’amour des autres, tu avais tout ce qu’il fallait et même un peu plus… Après que nous ayons passé cet accord, en présence du docteur Pouget, l’état du comte s’est amélioré. Nous avons donc pu travailler régulièrement les mercredis après-midi et les samedis dans la « garçonnière » du docteur. En même temps que le livre avançait, nous pensions à ce qui allait t’arriver lorsque tu allais te retrouver à la tête de tout cet argent… Ce qui m’inquiétait c’était toute la venimeuse affection que le personnel du comte m’avait témoignée pendant mon court séjour là-bas. Pour eux, c’était couru d’avance : l’héritage devait leur revenir. On a donc mis au point toute cette organisation de type écran de fumée que tu es venue compliquer à ton corps défendant. Le livre a été terminé et imprimé – mais seuls deux exemplaires ont quitté les cartons…
- Un pour le docteur Pouget et un pour toi… De là le trou dans ta bibliothèque ! C’était un livre que je ne devais surtout pas voir et surtout lire…
- Tout à fait… Donc, après la fin du travail, j’ai fait une demande de mutation pour la Seine-Saint-Denis, le département où tu es sûre d’être acceptée à bras ouverts, et j’ai attendu – sans être pressée, tu le devines – l’issue fatale. Je n’ai revu le comte qu’une seule fois… Deux semaines avant sa mort. Le docteur Pouget m’a fait venir. C’était trop tard pour lui parler, trop tard pour lui dire que je ne lui en voulais plus, que je comprenais tout ce qu’il avait fait, tout ce qu’il avait dit, qu’on n’avait pas la même logique mais que cela ne voulait pas dire qu’il y en avait une de forcément mauvaise. Le docteur m’a prévenue qu’il fallait que je me prépare au pire d’abord, aux ennuis ensuite. Moi je n’avais qu’une seule mission à remplir : te faire signer ton acceptation de l’héritage. Si le comte avait vécu plus longtemps, nous nous serions connues au colloque de Saint-Denis et la suite aurait été plus simple. Là, il a fallu tout faire dans l’urgence. Tu connais la suite.
- Mais je ne comprends pas… Je n’ai rien signé… Vous avez fait un faux ?
- Tu as signé sans savoir… Au resto, le samedi soir…Sur le livre d’or…
- Enfoirée ! C’est pour ça que ce livre avait une présentation si bizarre… Le texte à gauche et la signature à droite… Et que j’ai signé sur une page blanche !… Et c’est pour ça que tu faisais la gueule à l’idée d’aller au McDonald’s du Stade de France…
- Positivement exact. Et tu sais quoi ?… Si je n’avais pas fait comme ça, tu l’aurais refusé cet héritage… Tandis que là, je sais que tu vas en user avec intelligence et que rien de la fortune et de l’honneur des Rinchard ne se perdra.
- C’est difficile de se dire que tout cela m’appartient désormais… Je vais peut-être te consentir l’usage de cette pièce-ci pour les années qui viennent, histoire que tu trouves à t’occuper dignement tout en remâchant ton remords de ne pas avoir tout accepté pour toi-même… Tout m’appartient disais-je, y compris cette lettre-là que j’ai découvert fortuitement dans la couverture de l’exemplaire du docteur Pouget. Une vieille lettre de 1765 qui évoque un exploit de pêche assez étonnant.
- La lettre ?! Celle du cardinal ?…
- Ton comte était un vieux filou… Il ne pouvait pas détruire un tel document… Il était trop important !… Il t’a fait croire qu’il l’avait fait en brûlant un papier sans importance… et puis il l’a confié au bon docteur qui devait avoir pour mission de te confier la lettre un jour.
- Montre !
Je donnai la lettre à Ludmilla qui la considéra avec une émotion palpable. Son visage décomposé par la violence subie disait toute la douleur des souvenirs qui se rattachait à ce bout de papier qui avait changé sa destinée.
- Tu l’as lue, me demanda-t-elle ?
- Plusieurs fois… Je crois que je la connais par cœur.
- Alors, tout va bien.
Ludmilla approcha la lettre du chandelier posé sur le bureau et l’enflamma.
- Notre rôle c’est de comprendre l’Histoire, dit-elle… Pas de la réécrire.

FIN

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