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 Que reste-t-il du rêve américain?

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Mena

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MessageSujet: Que reste-t-il du rêve américain?   Mar 4 Nov 2008 - 12:02

Quand je vais faire reposer ma tête, je zappe et je tombe sur l’immanquable campagne américaine. J’avoue que je n’ai jamais été proaméricaine, on ne le serait pas à moins, surtout dans mon cas personnel !
J’ai été très surprise, en arrivant en France, de cette fascination que l’Amérique exerçait sur la gente française. Il est vrai que la deuxième guerre mondiale avait fait des ravages, et ILS avaient contribué à « sauver » la France. Lorsque j’entamais une discussion avec des étudiants très collets montés de ma génération, dans les heures de cours où j’assistait à la Sorbonne, par contre ils ne voyaient que ce côté-là « les sauveurs » entrant dans villes et villages distribuant des chewing-gums par poignées, des cigarettes et des gâteaux ! Et lorsque un jour après une récré à l’Institut de l’Alliance Française à Paris, (je fréquentait deux lieux d’études obligatoires précisés dans mon contrat de bourse : 6 heures de cours en Lettres Modernes ou Philo, je pouvais choisir, à la Sorbonne (il n’y en avait qu’une Sorbonne pour moi, dans ce temps là) et six heures de passage obligatoire par semaine aussi à l’Alliance Française, en troisième année, qui correspondait à la formation d’enseignement à la langue française à l’étranger, et j’avais dit au prof, « mais ils ont couru vous sauver parce qu’ils comptaient rester ! voyons… ! je sais de quoi je parle ! » Il avait tourné le dos et entré dans la salle de classe, ce fut le signal pour commencer le cours.

« El Trend el Sur » m’a été inspiré par un vieux souvenir d’enfance, où dans un petit village du sud du Chili, près de la ville de Rancagua, l’une des sœur de ma mère était instit. Et il m’est arrivé de passer des « longues vacances » là-bas. Je vous ferai grâce des circonstances…et des causes…
Au-dessus de la ville de Rancagua, en pleine cordillère il existe un mine de cuivre appelée « El Teniente », là-bas tout était américain : les cadres, les chefs de chantiers et les familles des cadres qui vivaient dans un village bâti à flanc de montagne, et …ils étaient en Amérique. Plus tard j’ai vu la même chose dans une base de l’Otan …en France. L’Amérique avec le style de vie américain …à 120 kilomètres de Paris, dans l’Eure !
Mais en ce temps là l’Amérique était encore toute puissante, le dollar se hissait plus haut que le dernier étage de la Tour Eiffel et le tiers monde, d’où je provenais, n’étions que des miséreux… !
Une autre de mes tantes (chez ma mère ils étaient 7 enfants) avait « fauté », et mon petit cousin était gardé par une de ses sœurs, et elle était « montée » travailler chez les américains à « El Teniente ». Ma mère et moi nous sommes allées lui rendre visite, nous avons dû faire quelques papiers et un jour nous sommes « montées » aussi dans l’ascenseur qui nous amènerait aux sommets où ma tante nous attendait. Nous avons dû traverser un tunnel avant d’arriver à l’ascenseur qui montait de façon verticale, ça me changeait des téléphériques de Valparaiso, mais avant nous avons été aspergées par un bonhomme en costume de cosmonaute (mais je n’en ai vu que des années plus tard, des vrais cosmonautes, à la télé), d’une poudre blanche. Il avait eu tout de même la délicatesse de me mettre un capuchon et de me faire fermer les yeux. Après nous somes passées dans une petie pièce attenante dans les sommets, pour nous sécouer de cette poudre, ma tante nous dit par la suite qu’il s’agissait d’un désinfectant pour tuer nos poux et nos microbes. Nos passâmes la journée avec elle et descendimes avec des chocolats et des gâteaux, quant à « ses patrons » nous ne les avons même pas aperçu, c’était son jour de relâche.
Des années plus tard je m’en suis souvenu de cette épisode de ma petite enfance, lorsque dans une des Bases Américaines de l’Otan, je suis entrée comme « secrétaire », et j’ai travaillé dix huit mois, non pas en France, mais en Amérique ! Même lorsqu’on arrivait dans cette base aérienne, on devait passer presque aux rayons X, mais nous étions très bien payés, mon époux et moi-même. Quand De Gaulle les a mis à la porte, nous étions déjà partis et mon époux avait rempilé à la Marine Royale, et j’ai découvert Toulon, et je ne suis plus jamais repartie.
Qu’ai-je vu l’autre jour à la télé ? Qua la misère touche l’Amérique, que les travailleurs pauvres ce sont des « salauds de pauvres » ! Comme on dirait en France, qu’ils ne sont pas étouffés par les scrupules. Après avoir mis plein de gens à la rue par des banquiers malhonnêtes, il y a sûrement qui crèvent dans la rue, mais ceux-là vous ne les verrez pas à la télé, trop flinguant pour eux ! Ils ont participé et mis des dollars à profusion dans toutes les dictatures d’Amérique Latine ! Comme ils ont laissé des pays exsangues après leur passage, ils se sont rabattus ver les pays arabes. J’attends toujours qu’ils capturent Ben Laden et qu’ils trouvent les armes de destruction massive. Il y a toujours de quoi rêver ! Savez-vous comment la communauté hispano surnomme la guerre d’Irak ? « La Guerre du haricot rouge » (la guerra de los frijoles), car beaucoup d’hispanos tout frais arrivés furent les premiers à être enrôlés dans cette guerre, en échange de la nationalité américaine). Je sais de quoi je parle, j’ai ma petite sœur, je la nomme « la fêlée » mais on s’aime bien tout de même, elle a mal tournée, elle est flic et a obtenue la nationalité américaine, comme quoi dans chaque famille latino nous avons des histoires à raconter…n’est-ce pas ?
Je me demande où se trouve leur démocratie tant vantée ! Quand on sait pertinemment que tout est bon pour écraser les autres, parce pour eux l’argent n’a pas d’odeur, ni encore moins le sens moral ! Je me suis encore engueulée avec ma sœur et comme c’est trop cher par téléphone, je le lui envoie des mails incendiaires !


Dernière édition par Mena le Mar 4 Nov 2008 - 14:47, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Mar 4 Nov 2008 - 14:11

Il ne faut pas oublier que pendant la guerre froide, les États-Unis étaient les leaders d’un des deux camps qui s’opposaient, et que les États-Unis représentaient un modèle préférable à celui de l’Union Soviétique. Et on aura tendance à le penser malgré le coup d’État contre Allende ou l’acharnement qu’ils ont mis pour renverser les régimes à Cuba ou au Nicaragua, ou d’autres actions du même genre. Apparemment, ta petite sœur ne me contredirait pas.

C’est vrai que les Français ont une relation bizarre avec les États-Unis. D’après les sondages, les Français sont moins anti-américains que les habitants d’autres pays comparables ; et pourtant, on stigmatise davantage en France qu’ailleurs l’anti-américanisme que l’on dit primaire. Mais en même temps, les dirigeants français, du moins jusqu’à Sarkozy, ont toujours mis un point d’honneur à mener une politique indépendante – avec l’appui de la population –, contrairement aux Britanniques, par exemple. On a vu ça avec la guerre en Irak.
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Mar 4 Nov 2008 - 14:53

Justement et encore heureux qu'en ce temps là nous n'avions pas encore Sarkozy, pour le deuxième Busch, et que la bourse s'est cassé la gueule, il y a de quoi être sur ses gardes! Ce n'est pas encore fini, malheureusement! Savais-tu que au sud de la Patagonie chilienne, un américain avait acheté je ne sais plus combien de milliers d'hectares de terrain pour en faire "un espace réservé" en chassant même les indiens qui y habitent? Pour l'instant je pense que son projet est tombé à l'eau, mais...Pascua Lama est toujours là!
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Mar 4 Nov 2008 - 15:02

Je ne le savais pas, mais ça ne m’étonne pas.

Il y a quelque temps, j’étais en contact par msn avec mon ex ; je sortais avec elle lorsque je vivais en Norvège. Lorsqu’on avait repris contact, elle et son mari vivaient sur l’île de Tenerife, une île espagnole au large de l’Afrique. Beaucoup de Norvégiens retraités vont s’installer là-bas pour des raisons de climat, et ont surgit de terre des villages avec une administration norvégienne et des noms de rue comme si on était au grand Nord. Elle me disait : « ici, ce serait super s’il n’y avait pas d’Espagnols. » Pourtant, les Norvégiens ne sont pas spécialement réputés racistes.

Ca doit être un effet secondaire et indésirable lié à la domination.
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Mar 4 Nov 2008 - 15:37

Parlant du rêve américain, voilà ce que je viens de trouver dans Le Grand Soir, repris de La Tribune de Genève.

Emmanuel Todd peut se vanter d’avoir prévu la chute de l’Union Soviétique avec dix ans d’avance. Dans Après l’Empire, écrit avant l’invasion de l’Irak mais après le 11/9, il prévoyait la décomposition d’un empire américain qui n’avait pas su choisir entre un vrai statut d’empire ou se ranger en tant que nation comme les autres, ce qui allait, selon lui, entraîner sa perte. Il expliquait la brutalité dont les États-Unis font preuve comme des tentatives désespérées de justifier leur leadership mondial, et avançait un certain nombre d’idées qui pouvaient sembler curieuses, comme la nullité intrinsèque du soldat américain. Le monde prend un peu le chemin qu’il avait prédit et ses analyses ont été reprises par multitude de penseurs depuis.


    Les Américains ont réalisé la plus grande escroquerie financière de l’histoire de l’humanité

    TODD Emmanuel

    Pour l’historien Emmanuel Todd, l’élection de Barack Obama « redonnera quelques années de vie supplémentaires à l’empire ». Elle ne suffira pas cependant à restaurer l’autorité d’une puissance en voie de déclassement.

    L’élection annoncée de Barack Obama sera interprétée comme une régénération de la démocratie américaine, affirme Emmanuel Todd. Suffira-t-elle pourtant à opérer les ruptures espérées ? Historien, démographe, auteur en 2002 d’« un « essai sur la décomposition du système américain », Todd ne cache pas sa perplexité. S’il accueille avec enthousiasme l’accession d’un président noir à la Maison-Blanche, il craint, dit-il, que l’événement ne s’inscrive dans un « processus de dislocation ».

    Voilà six ans, vous dressiez le tableau d’un pays devenu « un facteur de désordre international ». Une élection de Barack Obama pourrait-elle modifier ce constat ?

    Elle donnera dans un premier temps l’image d’une Amérique qui rebondit. Avec Bush, on a eu le pire des présidents - une sorte de Rantanplan, qui fait la guerre, qui par sa maladresse accélère la destruction de l’empire américain. Avec Obama, resurgit le visage d’une Amérique optimiste et dynamique. Une Amérique civilisée, à la politique étrangère plus raisonnable, qui aspire à se retirer d’Irak, qui ne veut pas déclarer la guerre à l’Iran. Une Amérique qui pourrait néanmoins rester aussi anti-russe que la précédente, les démocrates ciblant la Russie comme le seul véritable adversaire stratégique des Etats-Unis.

    Dans le climat actuel de débâcle, de déroute financière et morale, et compte-tenu de la responsabilité inouie de l’Amérique dans le désordre du monde, la victoire d’Obama va permettre aux pro-Américains des pays occidentaux de dire que l’Amérique est redevenue merveilleuse. Elle redonnera quelques années de vie supplémentaires à l’empire.

    L’accession d’un élu noir à la Maison-Blanche ne confirme-t-elle pas les mutations intervenues au sein de la société américaine ?

    Il se produit des événements vraiment extraordinaires aux Etats-Unis. L’implosion du système financier et du mythe économique, d’un côté ; l’implosion de la structuration raciale, de l’autre. On comprend dans ces conditions que les Américains vivent dans une sorte d’état d’apesanteur. Cela dit, si l’affaissement du sentiment racial est évidemment une bonne nouvelle, le racisme aura vraiment disparu le jour où les électeurs n’attendront rien de particulier d’un président noir. Obama est un homme politique américain. Son discours est truffé des habituelles références aux valeurs religieuses. Il est entouré des personnalités issues de l’establishment démocrate - ces mêmes démocrates qui ont, plus nombreux encore que les républicains, voté les subventions au système bancaire.

    L’élection de Barack Obama ne plaide-t-elle pas pour la vitalité de la démocratie américaine ?

    Ce qui se passe est étrange, et paradoxal. Si l’on observe l’histoire des Etats-Unis, on constate en effet que le racisme n’est pas du tout un petit défaut de la démocratie blanche : il en est le fondement. Au départ, les colons anglais n’attachaient pas une grande importance à la valeur de l’égalité, que ce soit dans la famille ou ailleurs. Ce qui a permis alors d’assimiler des Européens d’origines très diverses, c’est la fixation de la différence sur les Indiens et les Noirs. Dans l’Amérique jacksonienne, le président était un héros des guerres contre les Indiens. Le racisme a été le moteur de l’émergence démocratique. Aujourd’hui, on assiste à l’avènement d’une ploutocratie irresponsable : la montée des inégalités constitue la dynamique fondamentale de la société américaine.

    L’Amérique cesse d’être démocratique au sens économique du terme. Le racisme y est en baisse, mais la démocratie est malade. Elle pourrit sous nos yeux. Dès lors, j’ai peur que l’on tombe très vite de haut. Une partie de l’oligarchie est derrière Obama. Il a du reste ramassé plus d’argent chez les riches que McCain. Son élection sera interprétée comme une regénération de la démocratie américaine. J’ai quant à moi le sentiment qu’elle fait plutôt partie d’un processus de dislocation.

    Les Etats-Unis comptent certaines des meilleures universités du monde. Ils attirent de partout les capitaux, les chercheurs, les entrepreneurs de la nouvelle économie. Ces atouts-là ne leur assurent-ils pas une place centrale dans la compétition internationale ?

    Quelques universités sont en effet très bonnes. Mais la majorité d’entre elles est d’une médiocrité absolue. Sur le terrain de la production scientifique et technologique, les chiffres sont sans équivoque : l’Europe est redevenue le centre de gravité du monde. Ce sont les Européens qui savent construire les centrales nucléaires modernes, ou qui fabriquent des avions gros porteurs - même avec retard.

    L’ouragan Katrina avait en 2005 constitué un premier moment de vérité. On a compris tout à coup que les Américains ne disposaient pas d’assez d’ingénieurs pour protéger les villes, ou les reconstruire. Je pense aussi que le conflit au Caucase a contribué au cours de l’été dernier à précipiter la crise financière. L’inexistence de l’Amérique a été perçue comme un moment d’atterrissage dans la réalité.

    Il reste pour l’industrie américaine des secteurs porteurs. L’informatique, la Silicon Valley...

    Si l’on songe à ce qu’étaient les Etats-Unis en 1945, il serait étonnant qu’il ne reste rien de leur puissance industrielle et technologique. Mais alors qu’ils étaient excédentaires dans tous les domaines, ils enregistrent aujourd’hui un déficit commercial de 800 milliards de dollars. La vitesse de régression est hallucinante, et elle n’épargnera pas l’informatique : l’Inde va bientôt porter l’estocade.

    Le projet économique du candidat démocrate peut-il contrecarrer la dépression qui menace ?

    Il n’a pas de programme économique. Au début de sa campagne, il a bien proposé quelques mesures protectionnistes, mais le déficit commercial est tel que le protectionnisme entraînerait dans une première période une baisse dramatique du niveau de vie.

    Obama se confond avec son image. Or les difficultés américaines vont bien au delà d’une image. Pour le moment, le dollar tient, car à l’extérieur, des institutions, des gens riches, des Etats veulent que les Etats-Unis restent au centre du monde. Mais la situation ne changera pas : elle devrait même se dégrader encore. La question est maintenant de savoir comment, avec la fin de la mécanique des subprimes, on va donner aux Américains les moyens financiers de continuer à vivre aux frais de la planète.

    Les Etats-Unis gardent une forte capacité d’influence sur les leaders d’opinion du monde occidental. Leur image est-elle en train de se troubler ?


    L’Amérique, c’est une image. On ne peut en parler sans évoquer le cinéma, les scénarios de feuilletons télévisés, Hollywood. Il y a dans tout ce qui est américain un côté extraordinairement virtuel. Et voilà que par étape on voit émerger la réalité. Il sera en ce sens très intéressant de suivre l’évolution de l’opinion dans les oligarchies financières occidentales. Elles éprouvent un sentiment de solidarité avec l’Amérique. Mais elles viennent aussi de se faire plumer... Je n’aimerais pas être en ce moment un ploutocrate français de la sphère financière.

    La notion d’« hyperpuissance » a-t-elle un sens pour vous ?

    Dans le domaine militaire, le monde est déjà multipolaire. L’incertitude tient aux illusions que les Américains entretiennent encore sur eux-mêmes. Ils sont un peu comme les Russes, au moment de l’effondrement du communisme. Lorsqu’ une puissance de cette nature possède encore une armée, elle n’est pas à l’abri de réactions irrationnelles. Les Etats-Unis ont également perdu la place centrale qu’ils occupaient sur le terrain économique. Avec l’aventure des subprimes, ils ne viennent pas moins de réaliser la plus grande escroquerie financière de l’histoire de l’humanité. Autrement dit, ils ne sont plus dans ce domaine une hyperpuissance, mais compte-tenu de l’absence de régulation de l’économie mondiale, ils détiennent une « hypercapacité de nuisance ».

    JEAN-FRANCOIS VERDONNET et OLIVIER BOT


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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Mar 4 Nov 2008 - 15:52

Très intéressant! Voilà quelqu'un qui a très bien étudié et analysé la question!
De toutes façons tous les empires finissent par s'effondrer un jour ou l'autre. L'histoire de l'humanité est jalonnée de ces superpuissances qui un jour ont dû déclarer KO.
Maintenant il restera à voir venir qui des puissances émergentes de par le monde va surpasser ce ex-puissant empire. N'est-ce pas?
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Mar 4 Nov 2008 - 16:08

Conscient que c’est le sentiment le moins bien partagé sur LU, j’affirme quand même que l’humanité mûri ; malgré les crises, malgré les reculs, malgré les dangers croissants auxquels nous sommes confrontés, globalement, l’histoire est orienté vers un mieux.

Si les prévisions de Todd devaient se réaliser, il faudra quand même admettre que l’empire américain n’aura pas été le pire des empires, et que la situation actuelle est quand même préférable que celle qui aurait prévalu si l’Union Soviétique s’était retrouvée seule hyperpuissance. Si la crise dans laquelle nous nous trouvons débouche sur une remise à plat total, comme l’annoncent certains, il n’est pas dit que la même chose recommencera. Ca dépend de l’action des uns et des autres, de nous tous. Le pire n’est jamais sûr.
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Mar 4 Nov 2008 - 16:19

eh oui, et l'histoire n'a jamais servi d'exemple n'est-ce pas? L'homme est le premier prédateur des hommes. Alors pour l'instant nous sommes à court d' idées nouvelles, de générosité et tout ce qui devrait aller avec, c'est-à dire d'humanisme tout court. Ce qui laisse prévoir encore des longues décennies de famines et de misère pour les plus miséreux.
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Mar 4 Nov 2008 - 16:24

Comme je l'ai dit ailleurs, j'ai entendu Naomi Klein (auteur de "No Logo" ) parler de l'actuel enjeu de la présidentielle US, et elle a assuré qui si Obama passe, les partisans de McCain ont prévu un plan qui bloquera tous ses moyens financiers, logistiques et politiques d'appliquer ses réformes et notamment de solutionner la crise.
Elle est catégorique, et c'est une spécialiste assez engagée.
Bref, même si Obama passe, les choses ne vont pas s'arranger comme par miracle, hélas.
J'ai eu la chance d'assister au débat avec Naomi Klein et de lui parler, au festival du livre de Mouans-Sartoux, où elle était pour promouvoir son nouveau livre "La stratégie du choc", où elle explique en détail certaines manœuvres occultes des américains les plus puissants pour garder leur pouvoir à tout prix.


Tenez, un petit test/quiz :
http://tf1.lci.fr/infos/elections-usa/quiz-election

Voici mon résultat (que je confirme d'ailleurs, sauf le profil final) :
"Vous voteriez Ralph Nader
Ardent défenseur des plus démunis et des consommateurs vous êtes le héraut de la lutte contre la mondialisation.
Vous prônez ainsi la mise en place de la couverture maladie universelle gérée par l'État et un système de retraites par répartition garanti si besoin par les pouvoirs publics.
Sur les questions de société, vous êtes très ouvert (marage gay, avortement, régularisation des clandestins).
En politique étrangère, vous êtes opposé à l'attitude habituelle des Etats Unis et à l'utilisation de la force militaire.
En France, vous vous situeriez dans une tendance allant de la gauche anti-libérale du PS à Olivier Besancenot.
Profil : Femme noire pauvre de moins de 35 ans du nord-est"


Nous aurons de toute façon la réponse ce soir, je suppose.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Mar 4 Nov 2008 - 16:30

Décidément, Le Grand soir est une mine d’or ….
Voici la critique de La stratégie du choc
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Mar 4 Nov 2008 - 17:42

Cet article rend bien, en effet, le discours oral que j'ai entendu de Naomi Klein : la mise en application par certains hommes de pouvoir sans scrupule, entre autres notamment les américains, les anglais et aujourd'hui Sarkozy, des idéaux de Milton Friedman, pour qui l'ultralibéralisme ne peut se faire sans une logique de guerre et de récupération des malheurs du peuple, et les mises à profit individuelles du pouvoir politique.

Suite au débat, je me suis dit que j'allais me procurer ce bouquin aussitôt ; maintenant j'en suis sûr. Merci Alex pour ce lien.

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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Sam 8 Nov 2008 - 10:35

J'ai acheté le bouquin de Klein.
C'est un pavé! Mais il attendra que j'aie lu les deux autres bouquins que j'ai acheté à la même occasion : l'un de Emmanuel Todd et 'autre de Noam Chomsky.
Il ne sera pas dit que je n'ai pas des lectures sérieuses.
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Dim 9 Nov 2008 - 16:07

Je n'ai pas lu les livres dont vous parlez, pas le temps! mais je pense que j'en prendrai un peu ...un de ces jors.
Pour l'instant c'est la victoire, sans conteste, de Barak Obama qui m'intéresse, et je confesse que, pour une fois, j'ai eus vraiment du plaisir à "découvrir" une des faces cachées de cette Amérique qui m'a toujoirs inspirée, et...jusqu'à voir ce qui se passe vraiment, m'inspire encore , de la méfiance.
Je vous en ai déjà parlé avant du pourquoi. Mais Il est vrai que cette capacité que l'Amérique a eut à se défaire, quelque part, de ses vieux démons, cette espèce de clairvoyance à valoriser un des candidats sortis de ses rangs et qui incarne en majorité leur rêve américain, m'a stupéfiait! Et sans tarder j'ai téléphoné à ma petite soeur pour lui dire tout le bien que je pensais de "son pays". Elle m'a répondu, "tu n'as encore rien vu... nous irons plus loin encore ..." j'avais envie de lui demander jusques où? Mars? (la lune s'est déjà fait), Mercure?, l'Eternité? (beaucoup l'espèrent) et notre président français est bien en France et...en retard de au moins deux générations! Il est absolument néo-libéral et pom-pom paillettes! A réfléchir...
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Dim 9 Nov 2008 - 16:11

Ouais, bon, on se calme, on ne se précipite pas.
Avec Mac Cain on pouvait craindre le pire avec un niveau de certitude très élevé.

Ce qu'on peut attendre d'Obama, on en sait rien.
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Dim 9 Nov 2008 - 16:14

D'ailleurs, au rayon des bonnes nouvelles, une certaine Naomi Klein nous annonce ceci :


    Le cadeau de départ du clan Bush : un dernier pillage frénétique des biens publics.
    KLEIN Naomi

    Le hold-up américain des richesses financées par le public, sans aucune contrepartie : une véritable aubaine pour les grandes entreprises. Bienvenue au capitalisme sans risques.

    Durant les derniers jours de la campagne présidentielle, beaucoup de républicains semblent avoir abandonnés la lutte pour le pouvoir. Mais ne vous y trompez pas : cela ne signifie pas qu’ils se reposent. Si vous voulez voir le véritable travail actif des républicains, vérifiez l’énergie qu’ils utilisent pour distribuer de gros paquets des 700 milliards de dollars qu’ils jettent par la fenêtre.

    Lors d’une récente audition d’un comité sénatorial bancaire, le républicain Bob Corker s’est vu assigné cette tache, et avec une date butoire très claire en vue : l’investiture. "Combien pensez-vous qu’il soit possible environ de dépenser actuellement avant le 20 janvier ?" demandait Corker à Neel Kashkari, le banquier âgé de 35 ans qui était avant lui en charge du butin.

    Quand les colonialistes européens ont réalisés qu’ils n’avaient pas d’autre choix que de redonner le pouvoir aux citoyens indigènes, ils ont souvent concentré toute leur attention à dérober les trésors locaux de l’or et de tout le bétail qui avait de la valeur. S’ils étaient vraiment cruels, comme les portugais au Mozambique dans la moitié des années 1970, ils allaient jusqu’à verser du béton dans les ascenseurs des puits des mines.

    Rien d’aussi barbare en ce qui concerne le clan Bush. Plutôt que d’utiliser le pillage ouvert, ils préfèrent les outils bureaucratiques, comme les actions "des actifs précaires" et le "programme d’achats de capitaux". Mais ne vous méprenez pas : le but est bien le même que celui utilisé par les portugais vaincus - un dernier pillage frénétique des richesses publiques avant qu’ils ne rendent les clés du coffre fort.

    Comment autrement expliquer les décisions étranges qui ont dominé lors des discours sur l’argent du renflouement ?

    Quand l’administration Bush a annoncé qu’elle voulait investir 250 milliards de dollars dans les banques américaines en échange de crédits, le plan était alors largement mentionné comme une "nationalisation partielle" - une mesure radicale indispensable pour que les banques puissent encore donner des emprunts. Henry Paulson, le Ministre de l’Economie et des Finances, a eu une idée de génie, nous a-t-on dit, et suivait l’exemple de Gordon Brown. En fait, il n’y a jamais eu aucune nationalisation, partielle ou autre. Les contribuables américains n’ont gagné aucun contrôle significatif sur les banques, et c’est pourquoi les banques sont libres de dépenser ce nouvel argent comme bon leur semble.

    Chez Morgan Stanley, il semblerait que la plus grande partie du butin servira à payer les primes annuelles. Citigroup a fait comprendre qu’ils utiliseraient leur 25 milliards pour acheter d’autres banques, alors que John Thain, le directeur général de Merrill Lynch, disait aux analystes financiers : "au moins pour le prochain trimestre, cela va juste nous servir de coussin".

    Pendant ce temps, le gouvernement américain, est réduit à supplier les banques pour qu’elles utilisent au moins une partie du butin des contribuables pour des prêts - officiellement, la raison de tout le programme.

    Quel est alors le véritable objectif du renflouement ? Mes craintes sont que cet empressement de transactions est quelque chose de bien plus ambitieux qu’un cadeau unique aux grandes entreprises : mais que la version de Bush d’une "nationalisation partielle" est une manipulation pour transformer le trésor américain en un distributeur de billets géant et sans fond pour les banques dans les années à venir. Souvenez-vous que la préoccupation principale parmi les acteurs des grands marchés, en particulier des banques, ce n’est pas le manque de crédits mais le prix des crédits "toxiques".

    Les investisseurs ont perdu toute confiance dans l’honnêteté des grands acteurs financiers, et avec de bonnes raisons.

    C’est là que le renflouement du trésor public paie un maximum. En achetant des intérêts dans ces institutions financières, le trésor public envoie un signal au marché en disant que c’est un pari sûr.

    Pourquoi sûr ? Non pas parce que leur niveau de risque a été finalement évalué avec précision. Ni parce qu’ils auraient renoncés aux sortes d’outils exotiques et aux taux variables à outrance qui ont créé la crise. Mais parce que le marché va maintenant être assuré que le gouvernement américain ne laissera pas ces entreprises particulières faire faillite. Si ces entreprises se mettent en difficultés, les investisseurs vont dorénavant assumer que le gouvernement continuera à trouver toujours plus d’argent pour les renflouer, puisque leur permettre de faire faillite signifierait perdre totalement l’investissement du capital initial, et pour beaucoup d’entre elles, cela se chiffrera en billions. (Il suffit d’observer le géant des assurances AIG, qui s’est déjà retourné vers les contribuables pour une rallonge, et qui semble apparemment prêt à en demander une troisième fois.)

    Ce fait de relier les intérêts publics aux entreprises privées est le véritable objectif du plan de renflouement : Paulson choisit toutes les entreprises qui sont admises à ce programme - un nombre d’environ plusieurs milliers - une garantie implicite du Ministère de l’Economie et des Finances.

    Pour les investisseurs capricieux et frileux qui cherchent des placements sûrs pour conserver leur argent, ces transactions de capitaux seront encore plus sécurisants qu’un triple A de l’agence d’évaluation Moody.

    Une telle assurance est inestimable. Mais pour les banques, la meilleur partie du cadeau c’est que le gouvernement les paie pour qu’elles acceptent sa certification. Pour les contribuables, de l’ autre côté, la totalité du plan est extrêmement risquée, et pourrait vraisemblablement leur coûter bien plus que l’idée originale de Paulson d’acheter pour 700 milliards de dollars de dettes toxiques. Dorénavant les contribuables ne sont pas seulement dépendants pour les dettes, mais probablement, aussi pour le destin de chaque entreprise qui leur vend ces crédits.

    Il est intéressant de voir que les géants des fonds hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, ont tous les deux bénéficié de ce genre de garantie tacite avant qu’ils ne soient "nationalisés" au début de cette crise. Durant des décennies, le marché avait compris que, puisque ces acteurs privés étaient impliqués avec le gouvernement, on pouvait faire confiance à l’Oncle Sam pour sauver la mise. C’était, comme beaucoup l’ont dénoncé, le pire de tous les maux de la terre. Non seulement les profits sont privatisés alors que les risques sont socialisés, mais le soutien implicite du gouvernement créait ainsi une incitation des systèmes de primes puissantes pour des pratiques d’affaires dangereuses.

    Avec le nouveau programme de rachat des emprunts, Paulson a utilisé le modèle discrédité de Fannie et Freddie et l’a appliqué à une majeur partie du système industriel privé bancaire. De nouveau, il n’y a aucune raison de s’écarter des paris dangereux, particulièrement depuis que le Ministère de l’économie et des finances n’a posé aucune exigence aux banques (apparemment, ils ne veulent pas d’un "controle minimum")

    Pour stimuler plus encore la confiance du marché, le gouvernement fédéral a également annoncé des garanties publiques illimitées pour beaucoup de comptes bancaires de dépots. Oh, et comme si ce n’était pas suffisant, le Ministère de l’économie et des finances a encouragé les banques à se regrouper, certifiant que les seules entreprises qui resteront seront "trop grandes pour faire faillite", et garantit ainsi leur renflouement. De trois façons différentes, le marché est informé haut et fort que Washington ne permettra pas que les institutions financières subissent les conséquences de leur comportements. Il est possible que cela soit l’innovation de Bush la plus créatrice : un capitalisme sans risques.

    Il y a une étincelle d’espoir. En réponse à la question du sénateur Corker, le Ministère de l’économie et des finances a en effet des difficultés à distribuer les fonds du renflouement. Jusqu’à présent environ 350 milliards de dollars ont été demandés sur les 700, mais la plus grande partie n’est pas encore sortie des caisses de l’état. Cependant, il devient de plus en plus clair chaque jour que le renflouement a été "vendu" à la population sous de faux prétextes. Clairement, cela n’a jamais vraiment concerné la fluidité des emprunts. C’était depuis toujours pour mettre en place ce qui est fait : tranformer l’état en une agence d’assurance géante pour Wall Street, un filet de sécurité pour les personnes qui en ont le moins besoins, subventionnés par les populations qui auraient le plus besoins de la protection de l’état dans la tornate économique qui arrive.

    Cette duplicité est une opportunité politique. Qui gagnera les élections le 4 novembre aura une autorité morale énorme. Elle devrait être utilisée pour exiger un moratoire et l’arrêt de la distribution des fonds, non pas après l’investiture, mais dès le départ. Tous les contrats devraient être renégociés, cette fois l’obtention de garanties du public.

    Il est risqué bien sûr d’interrompre le processus du renflouement. Rien ne pourrait être plus dangereux, cependant, que d’autoriser le clan Bush à faire ce cadeau d’adieu aux grandes entreprises - le cadeau qui va continuer à vider les caisses publiques.

    www.naomiklein.org

    Version originale publiée par The Nation (www.thenation.com)

    version française : http://www.robin-woodard.eu/spip.ph...
    Traduit par Anik le 8 novembre 2008.
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Dim 9 Nov 2008 - 16:22

Eh oui! J'ai regardé les programmes hier à la télé et il y a toujours les pubs, avec des stars françaises évidemment qui fait LCL (c'est une banque, je crois) c'est pas le Crédit Lyonnais? Où il vante encore le crédit, ou quelque chose comme ça!
Qui contrôle le sauvetage in extrémis de cette argent mises à leurs disposition?
Personne!
On nous prend toujours pour des billes...voyons...vous vous attendiez à mieux?
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MessageSujet: La déferlante Obama   Mar 11 Nov 2008 - 15:21

La deferlante Obama me ramene à des temps anciens où sur les radios on entendait une chanson que j'ai écouté pendant toute mon enfance elle se nomme "Angelitos negros".
Elle a ensuite été mise à la mode et chantée en français par Dalida. Lorsque je l'ai entendue chanter par elle, j'ai beaucoup aimé, bien que sa prestation ne surpassait pas l'original. Cette chanson a une histoire très belle. Elle a été écrite par Antonio Machín, et voici l'histoire de ce grand musicien.(Source wikipedia)
Antonio Machín (Sagua la Grande, Cuba, 11 février 1903 - Madrid, 4 août 1977) était un chanteur cubain de boléro et de musique populaire. Son répertoire était basé sur la musique cubaine et les balades romantiques.

Il est célèbre dans le monde hispanique pour ses morceaux El manisero, Dos gardenias, Angelitos negros... El manisero, enregistré en 1930, fut le premier succès cubain à dépasser le million de ventes.

Voici les paroles originales et la traduct. de cette chanson, ensuite vous pourrez fréquenter un lien sur Youtube où on la chante.(je mettrai le lien à la fin)

Pintor nacido en mi tierra / Peintre qui es né sur ma terre
con el pincel extranjero,/ avec un pinceau étranger à la main
pintor que sigues el rumbo/peintre qui suis la voie
de tantos pintores viejos./des autres peintres anciens.

Aunque la virgen sea blanca,/ Même si la vierge est blanche
píntame angelitos negros,/peints-moi des petits anges noirs
que también se van al cielo/ car ils montent aussi au ciel
todos los negritos buenos. /tous les bons petits noirs

Pintor, si pintas con amor/Peintre si tu peints avec amour
por qué desprecias tu color/pourquoi méprises-tu la couleur de ta peau
si sabes que en cielo/ si tu sais bien que dans le ciel
también los quiere Dios. /Dieu aussi les aime bien

Pintor de santos de alcoba,/Peintre des saints d'alcôves
si tienes alma en el cuerpo,/si tu as une âme dans ton corps
por qué al pintar en tus cuadros/pourquoi quand tu peints tes tableaux
te olvidaste de los negros /tu oublies de peindre les noirs

Siempre que pintas iglesias,/Toujours quand tu peints des églises
pintas angelitos bellos,/tu peints des beaux petits anges
pero nunca te acordastes/mais tu ne t'es jamais rappelé
de pintar un angel negro. /de peindre un ange noir.

Siempre que pintas iglesias,/Bis
pintas angelitos bellos,/Bis
pero nunca te acordaste/Bis
de pintar un ángel negro./BIs
[i]
http://fr.youtube.com/watch?v=j8hG3uqO8sY&feature=related
Et voici une autre:
http://fr.youtube.com/watch?v=k8V-EkTeX7U&feature=related
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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Jeu 27 Nov 2008 - 15:22

Un article du Monde de samedi :

Citation :
Avant son décès, en février, William Buckley, le vulgarisateur-rénovateur de la pensée conservatrice américaine, inspirateur d'une génération d'intellectuels et de politiciens, avait dit combien la chaîne de télévision Fox News, qui se revendique de son autorité morale, lui faisait "honte" : pour sa propagande vulgaire, sa réduction caricaturale du conservatisme à quelques clichés. Bien sûr, la crise économique explique pour beaucoup la large victoire électorale de Barack Obama. Mais des voix conservatrices s'élèvent pour émettre l'idée que leur mouvance n'a pas échoué conjoncturellement : celle-ci et Fox, son bras médiatique, ont - ce qui est plus grave - subi une défaite intellectuelle.

Soit parce que ses idées fondamentales ne correspondent plus à ce que devient l'Amérique : une société plus métissée, moins industrielle, plus inquiète quant à son identité et à la réalité de son leadership. Soit parce que le conservatisme, sous George Bush, s'est dévoyé dans un culte de la force qui a montré ses limites et dans des "valeurs" surannées. Dans les deux cas, elle a réduit son influence aux catégories sociales les plus "réactionnaires", dans le sens littéral du terme, les moins en phase avec les évolutions du pays.

Une carte du récent scrutin montre, comté par comté, où démocrates et républicains ont gagné des voix. Ces derniers n'ont progressé que sur un arc de cercle qui va du sud-ouest de la Virginie-Occidentale au nord-est du Texas, incluant Tennessee, nord de l'Alabama, Arkansas, Oklahoma et Louisiane. C'est-à-dire la partie de la vieille Amérique sudiste et raciste la plus rétive aux mutations. Partout ailleurs, sur 80 % du territoire, les démocrates ont avancé.

Observant les contributions financières avant l'élection, le chroniqueur conservateur du New York Times, David Brooks, écrivait, dès le 10 octobre : "Les juristes donnent désormais plus au Parti démocrate qu'au républicain dans une proportion de 4 contre 1. Les dirigeants dans la haute technologie à 5 contre 1. Les banquiers d'affaires à 2 contre 1. Il a fallu bien du talent aux républicains pour perdre les banquiers !" Et il annonçait le désastre à venir. Ce qui mène les républicains à leur perte, jugeait-il, c'est l'abandon du terrain intellectuel.

Marginalisés dans l'après-seconde guerre mondiale, "les conservateurs, conduits par le besoin de conquérir les élites, ont bâti un contre-establishment avec des groupes de réflexion et des magazines. Ils méprisaient les idées des professeurs progressistes, mais pas l'idée d'un esprit cultivé", poursuivait-il. Or, dans une Amérique où la matière grise est devenue la première des matières premières, ils ont rétréci leur champ d'influence pour se refermer sur la vénération de ceux que John McCain allait glorifier sous le nom de "Joe le plombier" : l'artisan ou l'ouvrier blanc peu éduqué aux horizons bornés.

Mark Lilla, historien libéral aronien, se désole de ce rabougrissement. "Finita la comedia", écrit-il, quatre jours après le 4 novembre. La désignation de Sarah Palin comme colistière républicaine a été promue et saluée par "les éditeurs de la National Review et du Weekly Standard deux revues néoconservatrices phares, qui se présentent comme les héritiers du conservatisme subtil de William Buckley". Ils ont cherché "un dirigeant populiste jeune auquel ils pourraient raccrocher leur wagon. (...) Après la campagne de Sarah Palin, cette tradition intellectuelle doit être annoncée comme officiellement morte".

Et de se lamenter : tous ces penseurs conservateurs des années 1960-1990, les Buckley, Irving Kristol, Daniel Patrick Moynihan, Gertrude Himmelfarb, Norman Podhoretz, "on était d'accord avec eux ou pas, mais il fallait les prendre au sérieux". Leur conservatisme méprisait le populisme. En considérant les élites comme "un fait de la vie politique et démocratique (...), ils défendaient aussi leur propre statut". Leurs successeurs ont dévoyé leur héritage en prônant les vertus du "bon sens", celles de valeurs rétrogrades (anti-intellectuelles, antimusulmanes, anti-minorités, anti-avortement...) et en flattant l'ignorance qui accompagne naturellement le rejet des élites. Certes, Mme Palin a été l'objet de moqueries déshonorantes, mais elle symbolisait le fait que, chez les conservateurs, "le mépris pour les intellectuels progressistes a glissé vers un mépris pour les classes éduquées en général", écrivait encore David Brooks.

De l'exaltation de l'ignorance à l'exploitation du mensonge sous George Bush, il n'y avait qu'un pas, que les néoconservateurs, convaincus ou cyniques, ont franchi allégrement. Car il fallait une dose d'ignorance pour croire que les Etats-Unis lançaient la guerre à l'Irak parce qu'ils craignaient que son dictateur détienne des armes de destruction massive. Ils l'ont fait précisément parce qu'ils savaient qu'il n'en avait pas : en eût-il possédé qu'ils ne l'auraient pas fait. Les théories de la "guerre préventive", de la "guerre à la terreur" avaient pour avantage de pouvoir être engagées lorsque l'ennemi est sans capacité réelle de rétorsion (d'où la nécessité de mentir sur la menace réelle qu'il constitue). Leur désavantage, comme l'ont montré les cas de la Corée du Nord et de l'Iran, est que, lorsque le risque, militaire ou politique, existe, le primat de la force sans moyens politiques adéquats s'érode.

C'est là que l'alliage ignorance-mensonge a commencé de se fissurer. Aux derniers jours de campagne, face à une supportrice enthousiaste clamant "Obama est un Arabe !", M. McCain avait dû rétorquer : "Non, madame, c'est un homme convenable." Avec la crise économique, cet alliage s'est effondré. Héros absolu du conservatisme, Ronald Reagan avait accédé à la présidence en 1980 en clamant : "L'Etat n'est pas la solution, il est le problème." Vingt-huit ans plus tard, M. McCain a cru possible de mener campagne sur le "moins d'Etat". L'idéologie était nue : de toutes parts fusaient les appels au Trésor pour sauver le système financier.

Le 17 janvier, au début des primaires, M. Obama avait dit : "Je crois que Ronald Reagan a changé la trajectoire de l'Amérique. (...) Il nous a mis sur une voie différente parce que le pays y était prêt, il s'est engouffré dans ce que les gens ressentaient déjà." Les démocrates avaient alors critiqué des propos magnifiant l'ancien président républicain. Or, en l'évoquant, M. Obama signifiait que l'ère reaganienne était close, que lui aussi "s'engouffrait" dans une réalité préexistante - la fin du conservatisme comme idéologie dominante. Certains républicains commencent à craindre qu'il ait eu raison.

Sylvain Cypel

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MessageSujet: Re: Que reste-t-il du rêve américain?   Jeu 27 Nov 2008 - 20:37

le "Rêve Américain" tourne au cauchemar, quoi de surprenant quand on sait sur quoi il est fondé?
C'est juste de relever que le 1er présidentétait un tueur d'indiens!
Un espace volé à des peuples qui avaient le tort d'être là, repeuplé de noirs esclaves parce qu'on a pas pu mettre les indiens au travail forcé pour les blancs...
Ca pouvait pas donner quelque chose d'humainement acceptable!
Mais l'Europe bave toujours devant les Etas Unis qui sont en quelque sorte son bébé, là où elle a accompli ce qu'elle ne pouvait pas faire dans son espace, construit historiquement et tant bien que mal , avec moult rechutes sur un consensus territorrial.
Et a cru au "Rêve" de tous les possibles, beaucoup qui creavaient en Europe (les irlandais entre autre) sont partis parce qu'ils y croyaient!
Mais les fondateurs de l'Amérique, ceux du May Flower étaient des intégristes religieux, ça marque une histoire, surtout aussi courte.

Non, Obama ne fera pas de miracle, on le laissera pas faire s'il en a l'intention, et le clan BUsh lui sabote la voie!

Mais chez nous, qu'est ce qu'on fait d'autre que de renflouer les banques sans aucune garantie que l'argent servira au bien public??? Que de donner toujours plus d'avantage et de latitude aux patrons?
Chez nous aussi il y a des "salauds de pauvres" mais des pauvres, il en faut, ça fait des bataillons prêts à tout pour vivre, à servir n'importe qui! On l'a déjà vu!

Pas étonnée de ce que vous dites, ça confirme ce que je savais, mais fut un temps ou le dire faisait passer pour "Anti américain primaire"...
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